Publié le 30 Octobre 2020

BD, Paco roca, Les rues de sables, éditions delcourt, avis, chronique, critique

BD - Editions Delcourt - 96 pages - 15.50 €

Parution en 2009

L'histoire : Pour gagner quelques minutes, un homme pressé prend un raccourci en coupant par la vieille ville. Très vite, il se perd dans le dédale des rues et le voici pris dans un labyrinthe ponctué par de curieuses rencontres. Ce quartier n'a aucun sens, ses habitants non plus, qui semblent tous prisonniers ici depuis belle lurette. L'homme pressé, qui devient l'homme sans nom, réalise qu'il est lui aussi captif de cet étrange hôtel, dans ce quartier dans issue.

 

Tentation : Le nom de l'auteur

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Excellente BD qui pourrait paraître "complètement barrée" mais qui ne l'est pas du tout. Ici, Paco Roca nous propose un voyage au fin fond de l'absurdie ! Il règne dans ses pages une atmosphère kafkaïenne et "Eaglelienne", genre hôtel California (you can check out whenever you want, but you can never leave !)

Notre personnage, homme plus ou moins mature, est en retard pour un rendez-vous bancaire avec sa chérie, rendez-vous qui doit aboutir à la signature d'un prêt pour l'achat d'un appartement. Lui est tranquillement entrain d'acheter une statue "Tintin" pour décorer le futur logement. Pressé donc, il entreprend de "couper" à travers la vieille ville. Il y sera encore le lendemain soir et les jours d'après, même s'il se pose dans le seul hôtel où il semble y avoir un peu de vie. Etrange vie tout de même, mais de la vie. Il y croise une factrice qui écrit elle-même les lettres qu'elle poste, un homme qui préfère se préparer et s'habituer à la mort en passant toutes ses saintes journées dans son cercueil, des chaudières qui ne tombent en panne que le dimanche, un homme qui collectionnent les portraits de lui-même par millier, un vieillard qui se prépare tous les jours ou presque pour s'échapper de l'hôtel depuis trente ans... J'en passe et des meilleurs. 

Certains voient dans cet album une mise en page et en images de la folie, une parabole quelque part. Certes, symboles et métaphores sont abondantes et sans doute libres d'interprétation pour les lecteurs. Pour moi, c'est une merveilleuse mise en abyme de l'Homme lui-même... L'Homme qui souffre de solitude alors qu'il vit en "circuit fermé". L'Homme qui attend que toutes les conditions idéales soient réunies pour avancer, réaliser un projet, foncer et qui, de ce fait, s'enlise dans le quotidien. L'Homme qui prétend s'enhardir mais qui n'ose rien. L'homme qui collectionne les objets en guise de souvenirs et qui oublie que ces derniers ne se résume pas à cela, mais qu'ils comportent des émotions, des partages, des sensations multiples. L'Homme qui à force de fermer les yeux, ne voit pas que souvent, la solution est devant lui. L'homme individualiste qui néglige le rôle qu'il a à jouer dans la vie de la collectivité. Et une collectivité vivante, c'est plein de solutions, mais surtout, plein de possibilité !

Il y a tout cela dans cette histoire "délirante" et très divertissante. Une BD aussi intelligente et enrichissante pour tout lecteur qui consentira à se poser, et à réfléchir sur la façon dont il aborde les événements, les non-événements, la vie, les envies et les rêves, tout comme les actes manqués ! Bref, cette BD est porte avant sur l'asservissement psychologique que la société et nous même nous imposons, et que parfois de mauvaise foi, nous portons pour responsable du carcan spatial dans lequel nous évoluons.

 Je conseille donc sans restriction ! 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 28 Octobre 2020

Cinéma, Albert Dupontel, Adieu les cons, film, Virginie Efira, avis, chronique, critique

Film d'Albert Dupontel

Avec Albert Dupontel, Virginie Efira, Nicolas Marié

 

Synopsis : Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l'enfant qu’elle a été forcée d'abandonner quand elle avait 15 ans.
Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

 

 

Mon humble avis : Ah, enfin une salle de ciné pleine ! (autant que la situation actuelle de distanciation sociale le permet). Ca fait du bien d'être plus qu'une poignée à regarder un film sur grand écran et à s'esclaffer de concert.

Mais on ne fait pas que rire dans cet excellent film de Dupontel. Car ici, on est vraiment dans une tragédie... Mais une tragédie burlesque qui oscille sans cesse entre rire et émotion bouleversante sur un rythme effréné... mais savamment dosé pour nous laisser le temps de vivre pleinement chaque sensation. C'est en fait une véritable farce cruelle et tendre que nous livre Albert Dupontel... Comme l'est la vie en fait. Ici, il réunit deux personnages paumés, abîmés : JB qui peut vivre mais ne le veut plus et Suze qui voudrait bien vivre mais ne le peut plus. Alliés dans une quête autant qu'une enquête, ils vont subir moult mésaventures et faire aussi de belles découvertes. Il y a un côté Bonnie and Clyde dans ce duo qui fonctionne à merveille. Et Monsieur Blin, l'aveugle qui l'accompagne n'est pas de trop pour transformer un film duo en trio savoureux.

De ce cynisme savoureux et de sa causticité légendaire, Dupontel montre doigt l'inhumanité et les aberrations de notre système : jeunisme, le tout connecté, le tout numérisé (en 3 clics on sait tout de vous) et surtout, l'inertie, l'opacité de l'administration française qui ne traite que des numéros et non des humains. La médecine, la police, les renseignements en prennent aussi pour leur grade

C'est curieux, Dupontel se dit plus doué pour l'image que pour écrire un texte, et pourtant, ces dialogues sont tous truculents, qu'ils soient décalés, touchants ou tendres et assumés. J'ai eu l'impression que les répliques faisaient mouche à tous les coups ! Quant à l'image, la mise en scène, les effets spéciaux, ils donnent une atmosphère aussi spectaculaire qu'onirique. Chapeau ! 

Que dire des interprètes ? Doués, lumineux, bouleversants, drôles sans le vouloir, donc sans en faire des caisses.

Bref, Dupontel n'a décidemment pas son pareil pour faire du drôle avec du désespéré et du désespéré avec du drôle, le tout en restant efficacement distrayant et cruellement réaliste ! Il frappe vraiment en plein de le 1000. Un énoooorme coup de coeur ce film unique et son auteur atypique ! Courez au cinoche, pendant que vous le pouvez encore ! Car en cette période, un tel bonbon acidulé fait un bien fou au ciné ! Et au moins pendant plus d'une heure et demi de bulle cinématographique, vous pouvez dire "Adieu les cons" !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 26 Octobre 2020

Beyrouk, Le tambour des larmes, littérature, Mauritanie, avis, chronique, blog, traditions

Roman -Editions Elyzad - 240 pages - 9.90 €

Parution en 2015

L'histoire : Une femme marche seule en pleine nuit, dans le désert Mauritanien. Elle s'appelle Rayhana, et elle emporte avec elle le tambour sacré de sa tribu. D'où vient-elle ? Où va-t'elle ? Que fuit-elle ?

Tentation : le pitch

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

 

Littérature mauritanienne

Mon humble avis : J'ai acheté ce roman pour me préparer à mon voyage randonnée en Mauritanie de décembre prochain. Je l'ai commencé, et le lendemain, le voyagiste m'annonçait l'annulation (non surprenante) de ce même voyage. 

Mais je suis tout de même partie en Mauritanie avec Rayhana, et ai vécu ce pays de façon sans doute plus réelle, sans filtre, qu'en y mettant mes pieds de touriste, même si marcheuse. Certes, je n'ai pas eu chaud, je n'ai pas peiné dans le sable... Mais j'étais dans le coeur, dans le sang, dans les larmes, dans la révolte, dans la détresse de cette jeune bédouine en fuite. J'ai aperçu ce qu'était être une femme bédouine, issue d'une fameuse tribu, encore à notre époque.

Ce roman est très fort, puissant, dur. Localisé et en même temps, assez international (excepté sans doute les pays très industrialisés, et encore, le fond du sujet touche tout le monde, à différents degrés : la place de la femme et ses droits / non droits ici dans une société). Dans le tambour des larmes, il s'agit d'une société tribale, patriarcale.

Rahyana est une jeune fille lorsqu'elle "faute" avec un "étranger" de passage près de son campement. Les conséquences pour cette ingénue seront terribles et point de départ du roman. C'est Rahyana qui raconte son histoire, en alternant les chapitres sur sa fuite et ses rencontres, et les chapitres sur les longues et terribles épreuves qui l'ont conduite à fuir, en emmenant le tambour sacré de sa tribu, pour que tous ceux qui l'ont abimée en plein coeur souffrent dans ce qu'ils ont de plus hiératique et dans leur fierté.

Volontairement, je dévoile très peu cette bouleversante histoire. L'écriture est très agréable, teinté de poésie, de lyrisme ou d'onirisme qui s'accordent à merveille avec les lieux, les croyances de ces terres désertiques et brûlantes. J'ai été prise aux tripes par la détresse de cette jeune fille, et surtout, par son impuissance, malgré sa rébellion. J'ai tant espéré que sa quête ne soit pas veine. Mais le monde est cruel, ici, là-bas, partout.

Le tambour des larmes est très intéressant au-delà de son histoire humaine. Il permet d'apprendre beaucoup sur la vie tribale, les rites ancestraux, tantôt dignes, tantôt très éculés. Beyrouk confronte dans ces pages deux mondes opposés et pourtant si proches géographiquement : celui des tribus bédouines et celui des moyennes et grandes villes déjà dans l'hyper mondialisation et l'individualisme.

Je pouvais m'y attendre mais j'ai été choquée par l'hypocrisie et l'ambiguïté des coutumes tribales... La "sagesse" légendaire et la tradition de l'hospitalité sont tellement prégnantes... Et en même temps, une nouvelle vie est refusée. De même, j'ai peut-être naïvement découvert que la pratique de l'esclavage est encore monnaie courante en Mauritanie, malgré la loi qui l'interdit. Le mythe de la tribu nous fait parfois rêver, nous petits européens avides de grands espaces. Et pourtant, le poids de la vie communautaire y est aussi lourd que chez nous voire plus, et la vie bien plus âpre encore.

Un magnifique et envoutant roman et un pays méconnu à découvrir. Entre louange et magie du Sahara et dénonciation de secrets honteux. Une voix de l'Afrique, à travers celles des femmes.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 24 Octobre 2020

roman Ciao Bella, Serena Giuliano, Italie, avis, chronique, critique

Roman - Editions Pocket - 271 pages - 6.95 €

Parution d'origine au Cherche-Midi en mars 2019

L'histoire : Anna est angoisée phobique... De tout, de l'autoroute jusqu'aux pommes de terre germées ! Elle doit affronté une deuxième grossesse alors que son premier accouchement fut une véritable épreuve qui aurait pu mal finir. Aussi, la voilà à pousser la porte d'une psy et à fouiller les origines de ses phobies dans son enfance italienne, son déracinement, l'abandon de son père, les violences de celui-ci envers sa mère. C'est donc à une reconstruction que nous assistons au fils des séances psy et des années, jusqu'à un bel épanouissement !

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Les étagères d'Armelle, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis : Cette aussi belle qu'intrigante couverture irrigue la blogo et les étals de librairies depuis plus d'un an. Aussi quand l'occasion de plonger dans ces pages s'est présentée, je me suis dit "Banco".

Et aucun regret, ne boudons pas le plaisir de se faire plaisir dans une relative légèreté. Je dis relative, car ce roman est bien plus profond qu'il n'y paraît. C'est d'ailleurs ce que semble nous dire la couverture : ne pas se fier aux apparences, et regardez bien sous la surface, où se cache la vérité des êtres et leur histoire.

Oui, le style peut paraître assez simple, mais il est soigné, agréable et vraiment pétillant. Il laisse une place de choix à l'humour, la dérision et l'autodérision. Aussi, entre deux passages très émouvants et même assez difficiles psychologiquement parlant, et bien on ne se prive pas de rire et d'apprécier les bons mots, les bonnes expressions de la romancière et sa façon de montrer du doigt les incohérences de notre époque. 

Chaque séance de psy est l'occasion pour Anna de plonger dans son passé et d'analyser son présent pour grandir et vivre mieux. Pour Serena Giuliano, c'est l'occasion d'aborder des sujets sensibles et actuels tels que la violence conjugale, l'inégalité des femmes, notamment dans le domaine professionnel, l'exil et l'intégration, le racisme. Suite à la séparation de ses parents, Anna l'adolescente italienne s'est retrouvée à vivre dans l'Est de la France. Aussi, ses souvenirs nous emmènent souvent en Italie et l'on goûte avec plaisir aux saveurs, au soleil, aux us et coutumes de cette région méditerranéenne.

Il a manifestement beaucoup d'autofiction dans ce livre. Car comme son personnage Anna, Serena Giuliano s'est fait connaître d'abord sur les réseaux sociaux puis via un blog dédié aux "Mamans en déroute". Ciao Bella est son premier roman, et je mettrais ma main au feu que cela ne sera pas le dernier.

Ciao Bella est donc un roman finement et astucieusement ficelé, qui alterne émotions et fous rires et cela fait du bien. Des personnages qui se relèvent et trouvent leur voie, qui n'oublient pas d'où ils viennent et qui vont apprendre à pardonner en écoutant l'autre, et en s'écoutant soi-même. On le déguste autant qu'on le dévore, donc cela mérite un coup de coeur pour une chouette histoire "décomplexante" et de bons moments de lecture !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Octobre 2020

David Foenkinos, Littérature, Rentrée Littéraire 2020, La famille martin

Roman - Editions Gallimard - 240 pages - 19.50 €

Parution le 1er octobre 2020, Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Le narrateur est romancier et subit une fâcheuse panne d'inspiration... Alors, il décide alors de descendre dans la rue : la première personne rencontrée deviendra l'héroïne de son prochain roman. Il s'exécute, rencontre Madeleine Tricot, qui lui présente sa fille, Valérie Martin. Le narrateur pénètre alors au coeur de cette famille (Valérie, Patrick, Lola et Jérémie) somme toute banale, ce qui ne sera pas sans conséquences.

 

 

Tentation :J'adore Foenkinos, je le guette, je l'attends

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Quel plaisir de retrouver l'univers charmant, frais, lunaire et décalé de David Foenkinos, sa fantaisie, ses manies d'écritures, ses sujets obsessionnels et son style bien à lui, son observation de détails qui semblent insignifiants mais qui, sous sa plume inimitable, deviennent des vérités capitales et souvent très drôles. Ces aspects-là s'étaient fait plus discrets dans les derniers opus de mon écrivain chouchou. 

La famille Martin est un roman original XXL, qui se déguste et se dévore en même temps. Certes, ce n'est pas le chef d'oeuvre du siècle mais le moment de lecture est savoureux, distrayant et très émouvant. J'ai lu sur la page FB de Gallimard que cette histoire est vraie, Foenkinos, lassé de la fiction, avait annoncé à son attachée de presse qu'il fonctionnerait ainsi pour son prochain roman. Après, où s'arrête la réalité de la fiction et la fiction de la réalité, je n'en n'ai aucune idée. Mais cette forme romanesque tient vraiment la route. La Famille Martin nous démontre évidemment que la réalité dépasse bien souvent l'imagination fictionnelle, et que tout le monde, vous, moi, peut devenir un personnage de roman. Il s'agit d'observer différemment, et de maîtriser l'exercice de l'écriture, du rythme etc... 

Et c'est ce qui va se passer dans ces pages, tant les confidences et l'évolution, voire les bouleversements qui surgissent dans la famille Martin dépassent les espoirs du romancier en quête d'inspiration ! Evidemment, pour notre narrateur, il n'est pas simple de rester neutre, de garder sa place d'observateur ! Bref, observer et recueillir l'intime sans y participer, dur, dur, notre romancier va être mis à rude épreuve. Et des personnages vivants et libres ne sont pas toujours évident à gérer !

Tout ceci ressemblerait presque à une chouette comédie de boulevard, sauf qu'en s'intéressant à des personnages réels, en entrant dans leur vie, Foenkinos est évidemment confronté à leur vrai quotidien, à leurs vrais problèmes... Qui peuvent être ceux de chacun d'entre nous : l'usure du couple, l'adolescence, le harcèlement moral et psychologique au travail, la routine, les souvenirs, les amours manqués. Foenkinos s'attaque donc avec justesse et fausse légèreté aux contradictions et maux sociétaux de notre époque. Mais n'ayez crainte, il n'oublie pas de nous parler d'amour, de la très belle relation touchante qu'il noue avec Madeleine. C'est vrai quoi, après tout, un auteur irait bien au bout du monde pour un de ses personnages ! Je n'en dis pas plus, et vous laisse découvrir.

Juste un petit bémol... j'ai trouvé quelques longueurs dans le schéma narratifs. En effet, chaque soir, l'auteur reporte par écrit ce qu'il a appris sur ces personnages. Sauf que juste avant, les rencontres avec ces derniers sont contées... Cela amène des redondances pas toujours utiles à mes yeux. Ah oui, j'allais oublier... Etant donnée la forme de ce "faux roman", il est évidemment souvent question du travail du romancier, la part de réalité et de fiction dans chaque livre.

En tout cas, ce fut un plaisir de retrouver mon chouchou dans cette histoire résolument optimiste et tendre ! Car non seulement, la famille Martin ne s'en sort pas mal, mais le romancier pense renouer avec la fiction... Ce qui annonce de belles heures de lecture dans les prochaines années !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Octobre 2020

Grégoire Delacourt, Danser au bord de l'abîme, roman, littérature, critique, avis, chronique

Roman - Editions Audiolib - 6h54 d'écoute - 19.45 €

Parution d'origine chez JC Lattès en décembre 2016

L'histoire : Emma vit à Bondues, travaille à Lille. Mère de trois enfants, elle dépasse juste la quarantaine. Lors d'un déjeuner dans une brasserie, elle croise le regard d'un homme. Aussitôt, elle sait. Elle sait qu'elle irait pour lui au bout du monde, au bout d'un monde, même s'il n'est pas très loin.

 

 

 

Tentation : Pourquoi pas

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Il est plus subjectif que jamais ! Car je reconnais qu'il y a là une véritable oeuvre, formidablement écrite et l'antagonisme et la force dévastatrice des sentiments très bien analysés. Mais voilà, je ne suis pas (ou plus) faite pour ce genre de roman, à moins que ce soit ce genre de roman qui ne soit plus fait pour moi... Ce qui revient au même résultat.

Les histoires d'amours passionnelles ne m'émeuvent plus, pire, elles m'agacent... Surtout quand tout y est si délicat, si subtile, si contemplatif, si minimaliste dans les échanges, si implicite, si intérieur... et si maniéré dans les descriptions qui en sont données. Les lèvres à peine effleurer une fois décident de tout quitter : travail, enfants, mari. Personnellement, je trouve cela très romanesque... mais je n'y crois pas trop, où je ne comprends pas (plus), cette confiance aveugle et ce don total de soi. Ceci représente la première partie du roman, première partie qui n'est pas épargnée par les drames présents ou passés.

La deuxième partie n'est pas plus joyeuse et je l'ai vraiment subie, puisqu'elle m'a "obligée" à revivre une expérience douloureuse : une longue agonie suite à un cancer. Dans le livre, celui d'Olivier, le mari d'Emma. Dans ma vie, celle de mon père, il y a vingt-cinq ans... Que je n'ai pas su vivre correctement à l'époque (si toute fois il y a une façon correcte d'affronter ce genre de situation) et que je n'ai pas envie de revivre, même en littérature. Grégoire Delacourt ne lésine pas sur les détails de cet déchéance (in)humaine et pourtant, parvient à mettre de la poésie là où pour moi il n'y en a pas. Et que c'est long ! A croire que Grégoire Delacourt aime se regarder écrire. D'ailleurs, je n'ai pas apprécié le style de narration choisi par l'auteur... Un décompte numéraire qui annonce chaque petit chapitre, puis ensuite, un compte progressif jusqu'à la fin... Je n'en n'ai pas compris l'utilité, sauf que cela alourdit l'ensemble. Reste le parallèle avec l'histoire de la chèvre de Monsieur Seguin qui ne profite qu'une journée de sa liberté. Assez sympa.

Bref, je n'ai ressenti aucune empathie pour Emma, qui au contraire m'a agacée au plus haut point. Les personnages secondaires (surtout ceux de "L'hôtel de plein air) sont caricaturaux. Je n'ai pas adhéré à ce roman sur l'adultère, l'envie de liberté, la passion, le désir mais surtout la maladie et m'y suis ennuyée. Pas pour moi donc, trop irréaliste et trop de pathos. Pas d'émotion ni d'instruction à travers cette lecture pour moi. Dommage. J'avais tant aimé la fraîcheur "La liste de mes envies", je n'ai jamais retrouvé un tel plaisir de lecture avec les autres romans de Grégoire Delacourt qui j'ai pu lire depuis.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 18 Octobre 2020

Cet été, j'ai découvert deux lacs très connus d'Ille et Vilaine (35), où je n'avais pas encore pris le temps d'aller !

Le premier, le lac de Trémelin sur la commune d'Iffendic.... pas très éloigné des légendes du roi Arthur. (Ouest de Rennes)

Le deuxième, l'Etang de Boulet, sur la commune de Feins, au nord de Rennes. Tous les deux possèdent une plage très vivante en été et appréciées pour la baignade. Mais le tour pédestre de ses lacs vous mènent  dans des havres de paix de toute beauté. Et, le soir venu, les plages redeviennent tranquilles, idéales pour un pique-nique entre amis ! Bref, des coins de nature accessibles et très reposant, tant pour le corps que pour l'esprit ! Des écrins de verdure !

UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
Lac de Trémelin

Lac de Trémelin

UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
Etang de Boulet !

Etang de Boulet !

UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE
UN DIMANCHE AU FIL DE L'EAU BRETONNE

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Voyage en Bretagne

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Publié le 16 Octobre 2020

Roman, Sophie Tal Men, Avis, chronique, critique, Qui ne se plante pas ne pousse jamais, bretagne, cap fréhel

Roman - Editions Livre de Poche -285 pages - 7.70 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en 2019

L'histoire : Avant que la maladie ne l'emporte, Jacqueline voudrait s'assurer que Margaux sa petite fille et Alexandre, son petit fils d'adoption, soient heureux, biens dans leur tête et dans leur vie, sur le bon chemin. Il y a un peu de travail, Jacqueline s'y emploie donc !

Tentation : Pourquoi pas, une si joyeuse couverture !

Fournisseur : Les étagères d'Armelle, merci pour le prêt !

 

 

 

 

Mon humble avis : Un roman où il est tant question de chocolat ne peut pas faire de mal ! Le chocolat, mon pêché mignon, noir à 72% et en carrés ! Bon, le chocolat de Margaux est un peu plus élaboré puisqu'elle est commerciale internationale pour son maître chocolatier de père. Il n'empêche, ce roman gourmand excite les papilles gustatives et nous offre, en bonus de fin, quelques recettes à expérimenter !

Quid de l'histoire en elle-même ? Je ne suis pas déçue, je n'attendais pas autre chose que ce que j'ai trouvé dans ces pages. Une lecture tranquillou, reposante, bon enfant, avec de belles valeurs morales, divertissantes, bref, agréable à lire... Mais qui ne révolutionne pas la littérature, d'ailleurs ce n'est pas son ambition. Le scénario de base est du style "déjà lu" et le développement relativement attendu et la fin... logique ! Mais peu importe... Toutes les littératures ont quelque chose à offrir ou à apporter. En l'occurrence, j'ai regardé ma vie à travers le prisme des mots de Sophie Tal Men et de ses personnages. Le titre déjà, peut être considérer comme étant à double sens... Oui, sans erreur, on n'apprend rien, on n'évolue pas... Et également, difficile de se déployer si l'on ne plante pas un minimum de racine. Et puis il y a le célèbre leitmotiv du roman : "La vie, c'est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber". Sophie Tal Men décline en différentes versions la deuxième partie de la phrase... Et chacun est libre d'en faire autant... Et ma vie, depuis le déconfinement, est comme une boite de chocolat : pleine de possibilités, de saveurs, d'inconnu, de choses et de lieux à découvrir... Et ceci, presque sur mes genoux. En tout cas, dans un rayon de 150 kilomètres de chez moi, et j'avoue, je profite un max et découvre enfin correctement ma région, parce que j'en prends le temps de profiter et d'apprécier ce que j'ai près de chez moi, que je me plante un peu, je m'éparpille moins ! Bref, je pioche dans ma région comme dans une boite de chocolats ! Et je mets plein de petits extras dans mon ordinaire, comme conseillé par Jacqueline dans le roman. D'ailleurs, une bonne partie de cette histoire se déroule dans les environs du Cap Fréhel en Bretagne où je suis retournée il y a quelques jours... Donc visualisation totale des lieux pour moi !

Je ne vais pas ergoter dans un sens ou dans l'autre : une lecture sympathique entre deux romans plus conséquents.

 

La fameuse fauconnerie du Cap Fréhel... Désertée de ses occupants en cette saison !

La fameuse fauconnerie du Cap Fréhel... Désertée de ses occupants en cette saison !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Octobre 2020

2084 la fin du monde, roman, avis, chronique, religion, critique, islam radical, Boualem Sansal, dictature

Roman - Editions Ecoutez lire - 7h56 d'écoute - 18.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2015

L'histoire : L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, "délégué" de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la Religion...

Tentation : La blogo à l'époque

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Il y a dans ce titre une référence évidente à 1984, de George Orwell... Que je n'ai toujours pas lu, donc je ne ferai aucun autre parallèle entre ces deux oeuvres dans ce billet.

Difficile de chroniquer un tel roman, quelque part trop cérébral et alambiqué par rapport à ce que je suis. La narration, assez nébuleuse n'est d'ailleurs pas évidente à suivre. Elle nécessite une grande concentration, notamment pour repérer chaque personnage et les situer dans la "hiérarchie" de l'Abistan. Dans ce cas, la lecture audio, qui empêche les retours faciles aux pages précédentes, n'est sans doute pas idéale. Pour être honnête, j'ai fini par renoncer à suivre les tenants et les aboutissants de l'histoire, les pérégrinations d'Ati et de son compagnon, et leurs multiples rencontres. Bref, je serais bien incapable de raconter ce livre si l'on me le demandait.

Et pourtant, j'ai pris un plaisir immense à cette lecture ! Etrange non ?! C'est que le sujet de fond me passionnait, et que j'étais admirative du talent de l'auteur pour mettre en mots, en humour, en puissance, en absurde, en glace, en sagesse, en rage, tous les faits qu'il évoque et dénonce. Chaque paragraphe énonçant et expliquant un nouvel aspect des dictatures, avant tout religieuses ici (mais cela peut aussi fonctionner sans dieu (la preuve en Corée du Nord), me lançait comme des décharges inspirantes et invitantes à la réflexion, au développement. En quelques sortes, j'ai eu l'impression d'un flash back dans mes années philo du lycée. Si je n'avais écouté ce livre en me baladant, j'aurais répondu aux démangeaisons de mon cerveau qui turbinait, qui s'éclatait dans toutes ses réflexions et de mes doigts : j'aurais ressorti des copies doubles, un stylo plume, et je me serais éclatée à disserter des heures sur ces sujets.

Dans ce roman d'anticipation, conte philosophique moderne, Boualem Sansal invente un Etat théocratique. A travers l'histoire, le quotidien et les réflexions de ses personnages, Sansal dénonce ces dictatures religieuses, et surtout, l'extrémisme religieux sous toutes ses formes et toutes ses conséquences. Certes, on comprend très vite que c'est l'Islamisme qui est pointé du doigts - puisqu'hélas, des actes rappellent ceux de Daesh - mais les critiques de l'auteur s'adaptent à toute religion monothéiste, donc aussi au catholicisme. Pour détailler la mise en place et le fonctionnement de ses dictatures, Boualem Sansal développe de nouveau sujet telle que le pouvoir, la soumission, pensée unique, l'ignorance, la mécréance, la croyance, la foi, la peur, la domination, pensée, contre-pensée, la délation, liberté, aveuglement, répression, révolte, confort de la méconnaissance, manipulation, frontière, guerre, mensonge, j'en passe et des meilleurs. Ca commence en 2084, mais bien des réalités sont actuelles, ou s'adaptent hélas déjà très bien à notre époque.

2084. La fin du monde... Un étrange roman aussi riche que confus où il est difficile d'y voir clair et où, pourtant, le message est d'une limpidité lumineuse et brillante. Pas impossible que je me l'achète en version papier, pour m'y replonger à des endroits précis, et laisser mon cerveau s'éclater, à se faire des noeuds, à sursauter de clairvoyance, à développer les évidences pour son propre plaisir !

« ... nous avons inventé un monde si absurde qu’il nous faut nous-mêmes l’être chaque jour un peu plus pour seulement retrouver notre place de la veille » 

« Les plus dangereux sont ceux qui ne rêvent pas, ils ont l'âme glacée… »

"La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité."

"La patience est l'autre nom de la foi, elle est le chemin et le but, tel était l'enseignement premier, au même titre que l'obéissance et la soumission, qui faisaient le bon croyant."

"Mécroire, c'est refuser une croyance dans laquelle on est inscrit d'office"

"Croire que l'avenir nous appartient parce qu'on sait est une erreur courante."

"La soumission engendre la révolte et la révolte engendre la soumission : il faut cela, ce couple indissoluble, pour que la conscience de soi existe."

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 12 Octobre 2020

Film d'animation Josep, Espagne, Franquisme, Aurel, réfugiés espagnols

Film d'Aurel

Avec les voix de Sergio Lopez, Valérie Lemercier, Gérard Hernandez, Bruno Solo

 

Synopsis : Février 1939. Submergé par le flot de Républicains fuyant la dictature franquiste, le gouvernement français les parque dans des camps. Deux hommes séparés par les barbelés vont se lier d’amitié. L’un est gendarme, l’autre est dessinateur. De Barcelone à New York, l'histoire vraie de Josep Bartolí, combattant antifranquiste et artiste d'exception.

 

 

Mon humble avis : Un OVNI dans les salles françaises... A l'époque où les films d'animation son sur-vitamités, sur-colorés, sur-pixelisés, sur réalistes au point qu'on ne sait parfois plus distinguer le réel de l'animation, voici Josep, qui nous fait faire un bond en arrière, tant dans le temps et l'époque décrite (1939), que dans la méthode... Comme si l'on revenait aux origines de l'animation. D'ailleurs, l'effet est très étrange et au début, il faut tout de même un petit temps d'adaptation à cette animation lente, saccadée, parfois immobile.  En fait, une fois que l'on est immergée dans l'histoire, car bien sûr, on ne peut que l'être, on a vraiment l'impression de lire une bande dessinée, de parcourir chaque planche avec attention et presque de tourner les pages soi-même. Et évidemment, tout cela devient comme magique, intimiste. Les décors et paysages sont minimalistes et pourtant, ils semblent prendre de la place et jouer leur rôle de sensation d'étouffement, de froid, de faim, de temps qui passe, d'ennui, de violence, d'horreur. 

L'histoire est intéressante, elle permet de prendre réellement conscience de ce que furent les camps de la honte en France, leurs conditions de non vie, le comportement ignoble de certains français...

L'histoire est aussi émouvante, poignante et passionnante. Il y règne un certain suspense et l'on ne peut qu'être touché par le destin des personnages. 

Mais surtout, l'histoire est très habilement construite et présentée, en prenant le postulat des souvenirs d'un vieillard narré à son petit-fils qui découvre ainsi tant le passé de son grand-père, qu'une partie de l'Histoire de France. On est donc dans la transmission. Un film d'animation magnifique à voir, pour que rien ne tombe dans l'oubli, qui rend hommage à l'artiste et résistant Josep Bartoli, et qui place bien le dessin et le crayon comme un outils de résistance.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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