NOUS SOMMES A LA LISIERE, de Caroline LAMARCHE

Publié le 5 Juillet 2019

Nouvelles - Editions Gallimard - 176 pages - 16.00 €

Parution le 7 février 2019 :

Le sujet : 9 nouvelles sur les lisières de l'humain... Son animalité, ses libertés, ses envies, la folie, sa solitude, sa mégalomanie au dépend de la nature... Tout ce qui l'approche du trop loin, du point de non retour, à moins que la lisière soit déjà franchis... et que l'essentiel soit en danger. Et presque dans chaque nouvelle, un animal tient un rôle primordial.

Tentation : Le billet de Clara

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : J'ai lu ce recueil, prix Goncourt de la Nouvelle, il y a déjà quelques semaines et hélas, les aléas de la vie ne m'ont pas permis de rédiger de suite mon billet. Et c'est dommage, car mon plaisir de lecture fut intense mais alors que je me penche de nouveau sur ce titre, je réalise que l'histoire de certaines nouvelles m'échappe déjà.

Et pourtant oui, je me suis régalée tant des propos et de leur mise en scène, que par l'écriture magnifique de Caroline Lamarche.

Dans la plupart des nouvelles, un animal (ou une espèce animal) est présent, presque comme le miroir de l'Homme... L'homme tel qu'il aimerait être, l'Homme destructeur de la nature, l'Homme fragile. Il y a Frou Frou, une cane en convalescence d'abord dans un refuge animalier, puis chez Louis, l'un des bénévoles qui partage une relation extraordinaire avec elle. Jusqu'à ce qu'un jour, Frou Frou puisse redéployer ses ailes et reprendre sa liberté d'animal. Et le bénévole est partagé : bonheur d'avoir "réparé" l'animal, tristesse de le voir partir. C'est cette nouvelle qui m'a le plus remué et parlé... Puisque, si pas de Frou Frou dans ma vie, des chats, que je remets sur pattes et à qui, parfois, je rends la liberté.

Il y a aussi un hérisson sur une route... Une jeune femme s'arrête pour le ramasser et le déposer à l'abri dans des buissons. Cet acte l'amènera à se questionner sur sa vie, sa relation amoureuse.

Il y a des fourmis... que la bêtise humaine gratuite détourne le chemin et perturbe le quotidien, l'organisation ancestrale. Et des Hommes qui prennent la nature comme un terrain de jeu, peu importe les traces indélébiles qu'ils y laissent.

Il y a Fish le chat, qui tient compagnie à deux jeunes filles paumées et SDF, et qui restera le lien entre ces jeunes filles et le narrateur, un homme qui s'est pris d'affection pour elles et leur compagnon à 4 pattes...

Il y a un écureuil, un merle, un cheval... Des animaux qui nous disent tant sur nous, qui nous révèlent à nous-mêmes et qui nous éclairent sur notre monde, sur notre vie et ce que nous en faisons. L'interaction entre l'Homme et la nature, et l'animal. Quelle soit réelle ou juste ressentie, par l'un ou les deux protagonistes. C'est tout ceci que nous conte Caroline Lamarche, dans un style parfois onirique, toujours fluide, direct, et une émotion profonde, délicate, belle et réparatrice. Une magnifique puissance littéraire.

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Anne Duhem 12/07/2019 21:44

J'ai lu Le jour du chien l'année dernière, j'étais un peu mitigée,ton billet me donnerait bien envie de renouer avec l'auteure.

MistiCat 11/07/2019 12:04

Ta chronique me donne très envie de partir à la découverte de ces nouvelles !

A_girl_from_earth 06/07/2019 11:17

Ah ben dis donc, je ne suis pas très nouvelles mais ce recueil me dit bien. Déjà la thématique à travers ce titre. Les lisières de l'humain, joli image. Et puis les animaux sans doute. On y résiste mal.:)

Clara 05/07/2019 08:40

Ah génial ! Ca me fait hyper plaisir !