FAHRENHEIT 451, de Ray BRADBURY

Publié le 25 Avril 2020

Ray Bradbury, Fahrenheit 451, roman, SF, Science Fiction, anticipation, dystopie, avis, blog, chronique, littérature

Roman SF - Editions Ecoutez Lire - 5h03 d'écoute 

Parution d'origine en France chez Denoël en 1955

L'histoire :  451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s'enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture, source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres, dont la détention est interdite pour le bien collectif.  Guy Montag est donc un pompier pyromane... Jusqu'au jour où sur un chantier, il dérobe une fois de plus un livre, qui rejoint les autres qu'il cache soigneusement chez lui. Mais ce livre là changera sa vie, car il l'ouvrira, le lira et commencera à comprendre beaucoup de choses. Montag devient alors la cible principale de ses collègues, et se lance dans une course poursuite... vers la liberté !

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Je ne lis pas souvent de SF simplement parce que c'est un genre littéraire que j'ai découvert comme tel via la blogosphère et que depuis, ma PAL s'est empli de centaines de romans plus conventionnels. Et pourtant, à chaque fois que découvre un classique de cette littérature SF, je me prends une véritable claque, un choc qui m'amène à vénérer ma lecture. D'ailleurs, j'ai écouté ce livre en audio, mais je prévois me le procurer en format papier, afin d'en relire certains passages, au gré de mes envies.

Je ne vais pas faire une étude sur ce texte sur lequel tout à déjà été dit (remarque, je n'ai jamais la sensation d'en faire), mais vous inciter à le découvrir de toute urgence si ce n'est pas déjà fait. C'est un bijou, un véritable chef d'oeuvre, si dense et intense dans ses dénonciations, ses craintes, ses analyses sociétales, même si ici, on est supposé être dans un avenir plus ou moins proche.

Fahrenheit 451 équivaut à 232.8 degrés Celcius, et c'est le point d'auto inflammation du papier, donc évidemment des livres. Dans cette dystopie, Bradbury a imaginé une société où posséder un livre serait un crime et le lire, encore plus. Les pompiers n'existent plus pour éteindre les feux, mais pour les provoquer, à chaque découverte de stocks de livres. Les livres brûlés ne sont pas une "nouveauté", moult doctrines et religions l'ont fait de par l'histoire, par esprit de censure, n'autorisant au peuple que des lectures précises. Ici, c'est mondial et aucun livre n'est épargné.

Dans ce roman aucune religion ni idéologie purement dictatoriale pour remplacer les livres, ces objets si dangereux puisqu'ils amènent les citoyens à penser, à réfléchir, à connaitre autre chose que ce dont la société les abreuve. Juste la dictature sociétale ; celle du divertissement à outrance, de l'abêtissement qui vous est servi sur un plateau et qui vous envahit tellement de toute part qu'il devient l'unique vérité, l'unique réalité, l'unique possibilité. Donc aucune sensation de domination, de manque de liberté, de malheur, de peur ou autre... En fait, plus vraiment de bonheur à part celui de la consommation et de la vacuité cérébrale. Puisque l'on imagine même plus que l'on puisse penser. Donc plus aucun souci dans la vie, plus aucune réflexion, plus aucune remise en question... mais plus de choix non plus.

Comme à chaque lecture de ce type, je suis estomaquée par l'imagination ultra visionnaire de ces auteurs. Bradbury a écrit Fahrenheit 451 en 1953 (en pleine période du maccarthysme aux Etats Unis)  et l'action est sensée se dérouler environ cinquante ans plus tard, donc il y environ vingt ans. Dans les habitats qui se ressemblent tous, les Hommes sont fascinés par leurs murs qui sont devenus des écrans... Les murs parlent et on parle au mur qui apporte tout à domicile : divertissements, informations, voix diverses, publicités... Les voix des murs deviennent la famille... Et en 2020, où en sommes-nous avec nos réseaux sociaux, nos amis FB, instagram, nos conversations par écrans interposés... Bref, ce n'est qu'un exemple d'anticipation parmi tant d'autres figurants dans cette histoire, mais vraiment, c'est bluffant.

Alors, vite, ruez-vous sur ce roman pendant que nous en avons encore le droit. (dès que les librairies seront réouvertes) Fahrenheit 451 est vraiment puissant, passionnant, captivant. Il y fait l'apologie de la liberté de penser, de la liberté d'expression, de la liberté de choisir sa culture, de la liberté de choisir son activité de détente ou son moyen d'apprentissage. Et, surtout, c'est une ode à la mémoire. La mémoire de l'histoire et de la culture, que celle-ci soit écrite ou orale... mais cette mémoire que rien ne peut enflammer ni éteindre. Magistral, vraiment. Un énorme coup de coeur trop énorme pour décrire vraiment mon enchantement littéraire !

 

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Commenter cet article

Sébastien Fritsch 17/06/2020 12:33

J'aime beaucoup Bradbury et son côté visionnaire, ainsi que la manière très réaliste et humaine avec laquelle il donne vie à ses personnages. Ce roman là est incontournable.

Antigone 13/06/2020 11:22

J'ai découvert ce roman à l'adolescence et, comme tu dis, une claque !

Céline 25/04/2020 19:42

C'est marrant, cette semaine je me disais que ce livre-là il me le faut ! c'est quand même un classique SF.
Je pense qu'il fera partie de mes prochains achats ;)

A_girl_from_earth 25/04/2020 19:16

Je l'ai lu il y a tellement longtemps que j'envisage de le relire un jour. Ce ne serait pas du luxe. Magnifique billet en tout cas. Les classiques ont (presque) toujours ce quelque chose de transcendant qui inspire. Je viens de finir La ferme des animaux d'Orwell (première lecture) et pareil, j'admire la plume et les idées.

Anne 25/04/2020 16:55

Il traîne dans ma PAL (en version papier). Je note bien la piqûre de rappel ;-)

keisha 25/04/2020 09:07

Figure toi que je n'ai jamais lu ce roman, pourtant je devrais (on attend la réouverture des biblis)
Tu en fais une belle étude, si, si!

Géraldine 25/04/2020 09:56

Et bien pour une fois que je lis un "classique" avant toi ! Ca va m'occuper mon samedi cette première ! Ben oui faut vraiment que tu le lises enfin quoi !