PARLEZ MOI DE LA PLUIE, d'Agnès JAOUI

Publié le 4 Octobre 2008

Résumé : Agathe Villanova, féministe nouvellement engagée en politique, revient pour dix jours dans la maison de son enfance, dans le sud de la France, aider sa soeur Florence à ranger les affaires de leur mère, décédée il y a un an.
Agathe n'aime pas cette région, elle en est partie dès qu'elle a pu. Mais les impératifs de la parité l'ont parachutée ici à l'occasion des prochaines échéances électorales.
Dans cette maison vivent Florence, son mari, et ses enfants. Mais aussi Mimouna, femme de ménage que les Villanova ont ramenée avec eux d'Algérie, au moment de l'indépendance. Le fils de Mimouna, Karim, et son ami Michel Ronsard entreprennent de tourner un documentaire sur Agathe Villanova, dans le cadre d'une collection sur "les femmes qui ont réussi".On est au mois d'Août. Il fait gris, il pleut. C'est pas normal. Mais rien ne va se passer normalement.

Film réalisé par Agnès Jaoui, avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Jamel Debbouze

                          

Mon humble avis : Il est celui d'une fan inconditionnelle du duo Bacri / Jaoui. De ce fait, à chacune de leur nouvelle collaboration cinématographique, c'est les yeux fermés que je me précipite dans une salle obscure, sans même lire le synopsis ou les critiques. Bacri/Jaoui, c'est un cinéma Français sans effets spéciaux, aux scénarios délicieux et aux dialogues truculents. Un cinéma toute en élégance, toute en pudeur. Un cinéma qui nous touche au plus profond de nous même, qui remue nos blessures intimes, nos secrets, nos obsessions, nos peurs mais aussi nos petits et grands plaisirs de la vie. Un cinéma qui montre que la vie passe mais laisse des traces, parfois invisibles, qu'il faut prendre le temps de lire chez les autres mais aussi au fond de soi même.

Parlez moi de la pluie ne trahit la réputation de... personne. Certes, le début traîne un peu en longueur et j'ai regretté de ne pas comprendre / entendre correctement certaines phrases. Un quart d'heure plus tard, mon inquiétude passagère s'était dissipée.


Ce film entre dans la catégorie comédie. Il est en effet par moments très drôle. J'ai ri de bon coeur pour être terriblement émue l'instant d'après. Ça, c'est la Bacri/Jaoui's touch, l'alternance d'humour et d'émotion intense !
Les dialogues, incisifs comme à l'accoutumée, brillent de vérité, visent et touchent juste ! Comme dans une "bataille navale" qui deviendrait une "bataille sentimentale" où les termes ne seraient plus "touché / coulé" mais "Touché /bouleversé" ! On y retrouve des joutes verbales qui restent dans la subtilité, sans aucune vulgarité. Un véritable délice !

Si l'on a vu leurs autres films, l'excellent jeu d'acteur de Bacri et Jaoui ne nous surprend plus franchement . Jaoui en femme indépendante qui cache, ou découvre ses faiblesses, intrigue. Et je ne sais pas, mais il y a dans la voix de cette actrice, lorsqu'elle crie, pleure ou évoque une détresse intime, quelque chose qui me bouleverse. (Tout comme Catherine Frot d'ailleurs !). Bacri, dans le rôle de boulet, looser, bras cassé reste toujours aussi drôle que touchant. On ressent toujours de la pitié, non, de la désolation, pour ce genre de personnage. La surprise vient du jeux très subtile de Jamel Debbouze que l'on trouve enfin là où on ne l'avait jamais vu ! Enfin un rôle sans pitreries, où l'on regarde évoluer un homme talentueux, profond, vulnérable, tout en finesse et non Jamel le comique.

Comme "Un air de famille", le film porte sur les nons- dits et les rancoeurs familiales. Mais cette fois ci, les protagonistes se retrouvent pour 10 jours dans la maison familiale. Chacun arrive avec ses certitudes personnelles et son ignorance des autres. A moins que ce ne soit le contraire : sa certitude des autres et son ignorance personnelle. Les blessures intimes s'entrechoquent pendant dix jours. Elles révelent des secrets, d'autres fissures, mais aussi des forces insoupçonnées. Pendant 10 jours, chacun semble réaliser qu'il faut écouter l'autre pour le connaître et pour se connaître soi même. Chacun se découvre dans le regard des autres. Puis chacun repart dans sa vie, grandit, parfois "guéri", en tout cas plus fort car plus ouvert à l'autre. L'autre peut-être aussi l'inconnu qui se cache au fond de nous même.

Quand à nous spectateurs, on rentre chez nous touchés par cette histoire, comme en état de grâce. De belles émotions habitent notre coeur . Et surtout , nous ressentons l'énorme satisfaction d'avoir vu un beau film, intelligent et élégant ! Révérence !

Et pour le plaisir, un teaser :

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Christine 06/10/2008 10:51

Bon film, je ne suis pas fan de Djamel Debbouze mais ce rôle lui convient parfaitement.