ARIANE BOIS HEILBRONN : INTERVIEW EXCLUSIVE !

Publié le 13 Avril 2009

Il y a quelques jours, Thierry Cohen avouait le coup de coeur littéraire qu'il avait eu récemment pour le roman "Et le jour sera pour eux comme la nuit", d'Ariane Bois Heilborn, lors de l'interview exclusive qu'il m'avait accordée pour ce blog et que vous pouvez relire ICI.

Quelques temps plus tard, j'eus l'agréable surprise de recevoir un mail d'Ariane Bois Heilbronn, qui se portait directement volontaire pour répondre à l'une de mes interviews. Bien entendu, il n'a pas fallu me prier beaucoup pour que je lui envoie quelques questions auxquelles elle a répondu avec gentillesse et simplicité.


Bonjour Ariane; Vous êtes grand reporter. Etes vous en Free Lance où travaillez vous pour un journal ou une société particulière ?J'imagine que votre vie, c'est 2 jours à gauche, une semaine à droite et 1 nuit chez vous ! Me trompe-je ? Quel style de sujet couvrez vous ?
AB : Bonjour,  je suis grand reporter dans le groupe marie claire, ce qui est un titre. Ma fonction est celle de chef des informations au sein de la redaction avantages.  J' ai travaillé à la radio ( rfi ), à la tv ( la cinq première version ), pour des news ( l'express ). Je  travaille à 4/5, donc pas le mercredi pour m o'ccuper de mes enfants .Je couvre des sujets  de société ( le surendettement, les nouvelles valeurs qui sortent de la crise, le statutdes beaux parents,  le coaching parental ) ainsi que des   pages  news plus courtes, en fonction de l'actu . Je voyage plutôt en France désormais mais j'ai beaucoup bougé en  Europe. Enfin je collabore aux pages livres et je lis donc 6 à 8 romans par mois pour ces pages là .


Et dans ce tourbillon de la vie, un jour, vous vous êtes posée pour  écrire un roman.  Ce fut une envie soudaine, un besoin qui vous titillait  depuis un moment, où juste une évidence qui ne s'explique pas ?
AB : C'est une histoire que je portais en moi depuis 21 ans, il me fallait juste trouver le ton, le style, laisser passer le temps pour filtrer les émotions, trouver les personnages . Un jour, je n'ai pu faire autrement que me mettre à écrire . Je crois que l'on n'écrit que parce qu'on y est obligé, par une tension intérieure .


Pouvez vous nous présenter votre livre en quelques lignes ?
AB :  C'est l'histoire d'une famille bourgeoise parisienne confrontée au malheur absolu, le suicide d'un jeune de 20ans. Rien ne laissait présager un tel drame, et pour les parents Pierre et Laura, la soeur Diane, le petit frère Alexandre ainsi que la mamie, il va falloir vivre avec cette douleur, ces questions, cette culpabilité. Le silence va s'installer et la famille presque exploser. Il faudra la menace d'un autre drame pour que cette famille  arrive à se parler et à vivre de nouveau ensemble, différents à cause du deuil, mais ensemble quand même.


Le sujet est grave de votre livre est grave. Comment s'est il imposé à vous ? Je suppose qu'il vous touche particulièrement ?...
AB : j'ai perdu mon frère il y a 21 ans dans des circonstances  comparables, mais pas analogues et je voulais témoigner de l'après .Comment arriver à se reconstruire après un tel drame ? Qu'est ce qui fait une famille et peut on etre une famille après la perte de l'étre aimé ? Je voulais montrer que le deuil, quel qu'il soit, isole les  gens les uns des autres au lieu de les rassembler .C'est un voyage intérieur où chacun avance à son propre rythme.


Pour créer les personnages de votre roman, vous êtes vous inspirée de votre entourage ou ne sont ils issus que de votre imaginaire ?
AB :  J'ai inventé un petit garçon, frère de Denis, le jeune homme qui se défenestre, car il sert à faire avancer l'action, il place les parents devant leurs responsabilités : ils réalisent qu'ils ont, avec cet enfant, encore beaucoup à perdre. Je me suis inspirée de certains traits de caractére de ma famille, surtout ma grand mère qui était un personnage très romanesque ! En ce qui me concerne, j'étais à l'époque la fille et maintenant je suis  aussi la mère ( j'ai 5 enfants ), j'ai donc  plongé dans ces émotions  ressenties et imaginées aussi à l'époque du drame .

 
Combien de temps furent nécessaires pour l'écriture de se roman, puis pour  qu'il soit accepté par un éditeur. Avez vous eu des phases de découragement ?
AB : 
j'ai écrit le livre en 10 mois, ce qui est relativement rapide, mais après j'en ai fait 49 versions , ce qui a pris un an ! .J'ai  eu des contacts très fructueux avec des editeurs et j'ai failli signer avec deux grosses maisons. Cela ne s'est pas fait et je me suis un peu découragée,mais j'ai eu la chance d'avoir  des gens autour de moi  qui croyaient vraiment au texte. Quand ramsay m'a telephoné et dit qu'ils le prenaient tel quel,ce fut une grande joie ! 


Depuis la sortie de votre livre, les critiques professionnelles sont élogieuses et les lecteurs paraissent tout aussi enchantés par leur lecture. Une telle reconnaissance pour un premier livre, ça doit faire fichetrement plaisir ?!!
AB : oui, c'est une belle aventure ! Je savais au fond de moi que l'on pouvait aborder un thème grave si l'on se montrait sincère et si on ne rajoutait pas dans la dramatisation, la souffrance. Les  critiques comme celles de Pierre Assouline ont été capitales car elles ont fait connaître mon livre à un public large. Je recois des lettres bouleversantes et des courriels aussi d'anonymes. Je les rencontre au cours des 3 signatures que j'ai  menées et ils partagent avec moi leur vécu, leurs émotions. C'est très satisfaisant et aussi bouleversant !


Votre roman est elle la promesse d'une nouvelle carrière, d'une carrière  parallèle à la première, ou bien aviez vous juste envie d'écrire ce livre, > comme un coup d'essai ? En résumé, d'autre projet romanesque en tête ou en court ?
AB : C'est une très bonne question ! J'aime mon métier de journaliste et je ne me vois pas du tout arrêter, le rythme me manquerait je crois ! Mais j'ai envie de continuer à raconter des histoires et il me faut trouver le temps, entre ma vie privée et le boulot .J'ai plein d'idées qui courent dans ma tête en permanence, mais il faut qu'un peu de temps se passe .pour l'instant je suis encore dans cette histoire là, de deuil et de retour à la  vie.


Quelle genre de lectrice êtes vous ? Occasionnelle, régulière, passionnée ? Si vous deviez partir en reportage demain pour une semaine au japon, suivit de 3 semaines en sibérie, quels sont les 3 livres que vous emporteriez ?
AB :  Je lis enormement, environ  10 livres par mois en français et aussi en anglais car j'ai habité aux Usa pendant 5 ans et j'aime lire en VO. Ma valise en vacances comporte plus de livres que de vêtements !  J'emporterai avec moi  un ouvrage de Joyce carol Oates qui pour moi est une des meilleures écrivains américains et  aussi Philippe Roth. J'aime beaucoup Anne Marie Garat en France et je n'ai pas lu son dernier ( gros ) livre, je l'emporterai avec moi . Enfin j'aime la poésie et j'ai toujours une anthologie qui traine sur ma table de chevet: celle de Patrick Poivre d'Arvor,toute récente, est  très bien faite.


Enfin, on en revient au début... Vous êtes grand reporter. Si vous deviez réaliser un portrait d'un auteur (classique ou contemporain) pour un  reportage télé ou un magazine, lequel remporterait votre choix ? A qui
voudriez vous rendre hommage, ou qui rêveriez vous de rencontrer, d 'approfondir ?
AB : J'aimerai rencontrer Olivier Adam  que j'ai vu au salon du livre et dont j'ai beaucoup aimé le dernier titre, mais je n'ai pas osé m'approcher ! Sinon je serai ravie de prendre le thé avec Alice Ferney  dont le talent me sidère. Et j'ai eu la chance de découvrir  récemment Thierry Cohen,que vous avez recu  sur votre blog : nous ne nous  connaissions pas et pourtant nos livres ( son premier pour lui ) parlent des mêmes choses. Nous nous sommes reconnus et tout de suite apprécié.  C'est un maitre dans sa catégorie et un homme formidable



                                                   

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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courriol 23/10/2014 15:27

excellente interview et excellente romancière. Je l'ai rencontrée à la Fête du Livre e Saint Etienne et je souhaite traduire ses livres en roumain. Qu'elle réponde à mes derniers mails, s'il vous plaît ! jlcourriolyahoo.fr

alain 09/06/2009 19:26

je viens de terminer ce roman que j'ai trouvé très attachant et prenant,l'écriture est belle ,on est de suite prisonnier de ce livre que je n'ai pu lacher;il faut  non seulement avoir vêcu un tel drame ,ce qui est le cas pour Ariane Bois ,mais avec le temps avoir pu s'en distancer pour le rendre si réel et si émouvant. aucune fausse note tout au long de ce drame familial merveilleusement analysé,Merci Géraldine pour l'interview  qui revèle ce nouveau talent

Géraldine 10/06/2009 13:21


@ Alain : Quel plaisir de vous revoir ici ! Merci pour votre commentaire avisé !


BBontour 12/05/2009 14:52

Bonjour,Votre blog est intéressant, mais que de fautes d'orthographe ! (par exemple dans l'interview d'Ariane Bois)Cordialement

mary dollinger 18/04/2009 19:55

Bravo Géraldine, tes interviews deviennent incontournables. Celui-ci donne très envie de lire le roman de cet écrivain plus que dynamique.

Géraldine 19/04/2009 16:45


@ Mary D :  Merci. Mais c'est surtout les auteurs qu'il faut remercier n'est-ce pas ! Car sans auteur,pas d'interview, même si je prends énorment de plaisir à ces petits exercices
journalistiques !


Cyril 15/04/2009 18:05

Bonjour Géraldine,Très sympathique entrevue.Cette femme, cette reporter, cette maman a bien du mérite et de passion pour faire autant. Tant qu'elle fait ce qui lui plait, cela ne pourra donner que du bon. C'est la base de la passion.Et en plus, elle me paraît très abordable pour avoir su t'approcher pour cette entrevue. C'est rare de nos jours. Cela méritait d'être signalé.bisous

Géraldine 19/04/2009 16:21


@Cyril : C'est clair que j'ai été étonné en super bien par cette prise de contact. Et que je lève mon chapeau à quelqu'un qui arrive à mener autant d'activité de front tout en s'occupant de sa
famille !


mary 14/04/2009 18:28

Merci à toi Géraldine et à cette auteure qui me paraît vraiment sensible et je lirais son livre dès que possible. Tu sais que ce sujet m'est particulièrement proche et ce sera sans doute u peu difficile parfois. Mias partager un deuil le rend  peut-être un peu moins lourd à porter. Bisous j'espère que tu vas mieux.

Géraldine 17/04/2009 15:00


@ Mary : oui, je pense que le témoignage des autres sur le deuil peut aider chacun sur ce chemin douloureux.


belledenuit 13/04/2009 12:57

Interview très intéressante. Merci pour ce partage Géraldine.

Géraldine 14/04/2009 15:28


@ belledenuit : c'est surtout l'auteure qu'il faut remercier d'être venue spontanément vers moi pour partager ses expériences et sentiments sur le sujet de son écriture !


A_girl_from_earth 13/04/2009 12:45

6 à 8 romans par mois dans le cadre du travail en plus de tout le reste, wow, impressionnant!Merci pour la découverte de cette auteure Géraldine, je ne me lasse pas de tes interviews!

Géraldine 14/04/2009 15:26


@ AGFE : merci pour le compliment. moi je te remercie pour ta fidélité ! je suis effectivement aussi épatée par ces
personnes qui ont le temps de lire autant, tout en trravaillant et en s'occupant de leur famille. On ne doit pas avoir la même mesure du temps. je pensais que les journées ne faisait que 24h, à
priori, pas pour tout le monde !!!

Au fait, j'm'a trompée : mon billet sur la taverne du doge est pour le 16 donc jeudi. mais dans ma liste alphabétique, le lien y est déjà, tu peux de lire quans tu veux ce billet !


Christine 13/04/2009 11:45

C'est super car maintenant c'est les écrivains qui demandent à faire des interviews. J'ai très envie de lire ce livre.

Géraldine 14/04/2009 15:24


@ Christine : n'est-ce pas ! Il y a vraiment de styles d'écrivains. des disponibles, sympas, accessibles... et les autres.... qui sont très content que du dépenses ton fric dans leur livre et passe
quelques heures à les lires, mais qui ne peuvent pas passer un quart d'heure à répondre à quelques questions qui sonrt qui plus est sensée être une mini pub pour leur bouquin et leur personne
!


Philippe 13/04/2009 11:15

Joyeuses Pâques !

Géraldine 14/04/2009 15:22


@ Philippe : merci et à toi aussi, même si j'arrive un peu tard. bon, la prochaine fête à chocolat c'est Noel maintenant, ça va faire long !