ANNE REVAH : INTERVIEW EXCLUSIVE !!!

Publié le 26 Avril 2012

Anne Révah est l'auteure de Manhattan paru fin 2009 et de Pôles Magnétiques paru en ce mois d'avril 2012. Deux parutions chez Arléa Editions.

 

 

 

Ma récente lecture de Pôles magnétiques m'a bien plu et inspirée, j'avais envie d'en savoir un peu plus. Alors, j'ai interrogé l'auteure. Et Anne Révah a accepté de répondre à mes questions.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Votre 2ème roman, Pôle Magnétiques, vient de sortir, deux ans après le succès de Manhattan. Ce nouveau roman est il initié par le succès du premier ou était il déjà “écrit” quelque part, évident, incontournable ? 

A.R : J’ai commencé Pôles Magnétiques juste après la sortie de Manhattan. Je voulais écrire une histoire d’amour…

 

 

Ce qui m’a frappée dès les premières pages, c’est la finesse et la qualité de l’écriture. Est-ce chez vous un “don” de naissance ou le fruit d’un long travail ?

A.R : Dit comme ça, c’est un peu délicat de répondre, j’écris depuis l’adolescence, mais je travaille ce que j’écris bien sûr.

 

 

Comment écrit Anne Révah ? De jour, de nuit, dans un bureau, sur la table de la cuisine, avec mille post it ou directement ? Sur écran ou sur papier ?.... Une manie ?

A.R : Je n’écris jamais la nuit…J’écris tous les jours, parfois une demi-heure, parfois des heures, je me promène avec mon ordinateur.

 

Premier titre : Manhattan (lié à une tâche sur la peau qui fait penser à l’île New Yorkaise). Le 2ème roman se situe en Arizona, dans le Far West Américain.... Une attirance, une fascination pour le nouveau monde, où simplement ses larges possibilités romanesques ?

A.R : Je ne connais pas très bien les Etats-Unis, mais j’aime les paysages américains, l’étendue, et l’idée d’une traversée.

 

 

Pôles Magnétiques se déroule donc à Tucson, ville entourée de désert. Le désert a une symbolique très forte d’isolement, de chaleur, d’infini, de soif, de danger, d’égarement, de méditation. J’imagine que cette symbolique est voulue et n’est point hasardeuse. Mais, mais, pourquoi pas le Nevada, ses déserts et ses casinos où même Colorado Springs, avec la fissure du Grand Canyon comme symbole qui aurait pu servir aussi votre sujet non ?

A.R :En fait, je ne suis jamais allée à Tucson, mais j’ai découvert la ville à l’occasion des expéditions sur Mars qui me fascinent, la NASA a des laboratoires importants à Tucson, en regardant sur internet les informations sur Tucson, et sur Mars, j’ai découvert par hasard qu’il existait le désert de Sonora, alors que justement j’avais été très impressionnée par les images de Mars rapportées par des sondes, c’était des images d’un gigantesque désert rosi. C’est comme ça que j’ai choisi Tucson et le désert de Sonora…

 

 

Le climat, la sècheresse et la chaleur tiennent un rôle important dans le roman. Dans votre vie, avez vous déjà fait l’expérience des transformations personnelles  liées à un changement climatique conséquent ? Est-ce le climat qui est seul responsable de ses changements où les “torts” peuvent ils être partagés avec la distance, l’éloignement de son noyau ?

 A.R : Je pense que des modifications du monde extérieur, familier, la chaleur ou le froid, les lumières inhabituelles, sont des occasions de changement en soi, dont on pense rien, juste qu’on ressent et qui installe les conditions de grand changement, de rencontre, de hasard.

 

 

Ce roman analyse l’infiniment petit du début et de la fin de l’amour... Vous croyez à l’aspect magnétique qui attirent deux êtres.... Mais en même temps, ne dit on pas, qui se ressemble s’assemble. Hors, quand on est pôle, il faut être Nord et Sud pour se rejoindre.... Où se trouve l’autre ?

A.R : Je voulais parler de l’évidence dans certaines rencontres amoureuses, une radicale évidence, il n’y a pas mieux que les forces magnétiques pour dire cela, on ne peut pas donner d’explication, de justification, ça s’impose.

 

 

 Me trompe-je ? Mais il me semble que le sujet de l’écart entre la force sociale affichée par les femmes  et la précarité intérieure et camouflée soit pour l’instant votre sujet de prédilection... Pourquoi ? Si Clarisse était une femme du 19ème siècle, aurait elle put être le même personnage malgré un contexte historique et matériel différent (le fiacre à la place de l’avion !)

A.R : Je n’avais pas du tout envisagé la question sociale, j’aime imaginer qu’il y a ce qu’on montre de soi et ce qu’on est vraiment, on passe beaucoup de temps à exposer quelque chose de soi dans les relations avec les autres, je me demande souvent comment sont les gens dans leur intimité…

 

 

Aussi bien dans Manhattan que dans Pôles Magnétiques, le rôle de l’écrit, de la confession par lettre ou texte est bien présent. L’expression épistolaire vous est elle chère et habituelle ?

A.R :Dans Manhattan, la narratrice écrit une lettre à sa mère, mais dans Pôles Magnétiques, Clarisse lit pendant son voyage un texte que Léonard lui a donné, c’est une nouvelle qu’il a écrite, et qui raconte la fin d’un amour…vous n’allez pas me croire mais je n’avais même pas remarqué que je l’avais faite comme une lettre, je vais réfléchir !

 

 

La déception mène souvent à la colère et/ou à la tristesse. Alors comment, en amour comme en amitié, peut on supporter la colère et la tristesse mais pas la déception, l’origine de tous les maux ? On peut supporter les conséquences mais pas la genèse des conséquences ?

A.R : Dans l’étymologie de déception, il y a la question d’avoir été trahi. Il n’y a pas que la tromperie amoureuse comme déception, il y a des moments d’abandon, de lâcheté qui sont des évènements aussi. Je ne sais pas si c’est être déçu qui abime l’amour ou le fait de ne pas affronter les motifs de déception, pour qu’ils ne distillent pas à notre insu leurs fiels.

 

 

Pourquoi la vérité personnelle est elle si dure à entendre pour l’autre ?

A.R  Est-ce qu’il faut dire une vérité à l’autre ? y a-t-il des vérités d’ailleurs ? Il faut être juste avec soi…

 

 

Quelle lectrice êtes vous ? Quels sont vos 3 derniers coups de coeur littéraires ?

A.R : J’aime Julien Gracq, Lawrence Durrell, et Marguerite Yourcenar

Mes lectures récentes et coups de Coeur: Jean Philippe Toussaint, et surtout Annie Ernaux dont je viens de lire plusieurs textes réunis dans l’édition Quarto Gallimard.

 

 

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Interviews exclusives !

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Isa 30/04/2012 18:37


Très intéressant. ça me donne envie de découvrir Anne REVAH mais plutôt le roman "Manhattan".

Géraldine 04/05/2012 21:47



@ Isa  : Pourquoi pas, cela permet de suivre l'évolution d'un auteur !



sylire 26/04/2012 22:28


C'est intéressant d'avoir l'éclairage d'Anne Revah sur son livre. Merci à vous deux !

Géraldine 01/05/2012 00:10



@ Sylire : My pleasure my dear Sylire !



gambadou 26/04/2012 18:42


Belle analyse du livre qui donne très envie de découvrir cette auteure

Géraldine 01/05/2012 00:11



@ Gambadou : Oui, une auteure a découvrir maintenant, à ses débuts... Tu n'as que deux livres à lire pour la connaitre. Dans quelques années, tu auras sacrément du retard et pas mal de livre à
intégrer dans ta PAl pour connaitre vraiment son univers.



Mary 26/04/2012 14:08


 Merci de nous offrir de belles rencontres et des moments de réfléxion .


You are the Best !!!

Géraldine 01/05/2012 00:12



@ Mary : Merci ! J'aimerai que ces moments et ces rencontres soient plus nombreux, mais ils demandent tellement d'énergie !



keisha 26/04/2012 08:10


Géraldine est la meilleure, comme d'habitude! j'aime tes interviews personnalisés et travaillés (je me répète, mais il y a là un talent à exploiter, la miss!)

Géraldine 01/05/2012 00:13



@ Keisha : Et bien écoute, on verra ce qui sortira du bilan de compétences que je commence. mais il faut aussi être raccord avec le marché de l'emploi. Avoir du talent n'est hélas pas suffisant,
il faut sutout les bonnes rencontres !