RENCONTRE AVEC TATIANA DE ROSNAY

Publié le 4 Mai 2013

SAM_2842.JPGC'était encore une fois le mois dernier. Tatiana de Rosnay a accepté l'invitation de la librairie Le Failler à venir présenter son dernier roman : A l'encre Russe. Cet événement s'est déroulé dans une bibliothèque rennaise, en présente de l'éditrice Héloïse d'Ormesson.

 

 

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Extraits de mes petites notes....

 

 

 

 

 

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 L'intervenant : L'encre Russe est l'histoire de Nicolas, un écrivain qui cherche à connaître son identité auprès de son père par la littérature. Et comme vous, il entretient une relation très particulière avec son éditrice....

TDR : Mon roman " Quand elle s'appelait Sarah" avait été refusé par mon ex éditeur. J'ai rencontré Héloïse d'Ormesson alors que j'étais journaliste chez Elle. Héloïse a publié ce livre refusé par 20 éditeurs (vendu depuis à plus de 2 millions d'exemplaires dans le monde depuis, pour info) Alors pourquoi quitter un tel éditeur . En plus, chez mon ex éditeur, mes anciens romans, épuisés, n'étaient plus édités. Héloïse les a réédités. Alors malgré l'appel des sirènes, je resterai chez Héloïse d'Ormesson. Je ne réponds pas aux messages des autres éditeurs que je pense ne lisent pas mes livres mais regardent juste les listes!

 

 

 

 

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HDO : Toute l'aventure de Sarah et celle avec Tatiana est le rêve  pour tout éditeur. C'est la consécration et la concrétisation du rôle d'un éditeur.

On a grandi ensemble. Il y a un côté conte de fées. Cette relation harmonieuse vient de nombreux paramètres dont le facteur chance. Tatiana ne voulait plus proposer son roman. J'ai pu lire le livre suite à une succession de hasards. Et le destin de ce livre nous à tous dépassés.

 

 

 

TDR : Elle s'appelait Sarah, ce n'était pas le best seller feu de paille puisqu'il y a eu un après Sarah. Il y a eu un travail sur le terrain, avec les libraires.

 

 

 

 

 

 

 

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L'intervenant : Dans l'Encre russe, Nicolas s'aperçoit qu'il y a des trous dans son histoire lorsque qu'il veut refaire ses papiers d'identité...

TDR : Oui, c'est un homme qui a grandi dans l'ombre d'un père perdu en mer, un père un peu comme Gatzby Le Magnifique, quelqu'un de fantasque. Nicolas s'est construit autour d'un vide. Mon oncle Arnaud de Rosnay a disparu en mer en Asie en 1984. J'avais envie, quelque part, d'exprimer ela et j'ai dédié ce livre à Arnaud.

Il y a des écrivains qui racontent leur histoire, comme Delphine de Vigan par exemple. Moi, j'ai transposé, ce n'est pas vraiment de la distance. Il y a beaucoup de moi dans ce livre, le succès littéraire, le cinéma, l'histoire du passeport... Je me suis retrouvé dans sa situation quand, en 2009, alors que je voulais refaire mon passeport pour aller sur le tournage de Sarah aux Etats Unis, la mairie du 14ème m'a dit qu'il me fallait désormais prouver que je suis française !

Nicolas est mon alter ego mais je n'ai pas pris de distance. J'avais envie de raconter le point de vue d'un homme.

 

 

 

 

SAM_2838.JPGTDR : Dans les livres, tout est permis. On peut raconter une histoire sans donner son propre avis, pour complexifier les pistes. Nicolas n'a pas le problème de la page blanche, tout comme moi. Nicolas est addicte aux réseaux sociaux, (moi aussi !) Il est paresseux et aime se complaire dans le regard des femmes. Il est seul dans sa vie de tous les jours et entourés par des milliers de gens. On peut vraiment se perdre dans les réseaux sociaux. Ce n'est pas l'écrivain qui parle mais mais la femme.

Quand est venue l'histoire de mon passeport, 3 pistes se sont offertes à moi puisque ma famille a des origines anglaises, Mauriciennes et Russes. Je suis allée rencontrer ma famille à St Petersbourg. J'ai visité les maisons des grands écrivains. J'avais envie de raconter comment écrivent les écrivains de façon très technique, comment on écrit physiquement un livre, ce qu'est l'univers d'un écrivain, ainsi que la minute même de l'inspiration où naît un livre.

 

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Moi : Comment écrivez vous ? Quelles sont vos habitudes ?

TDR : La seule personne a être au courant de mon livre en court est mon mari. J'écris dans une petite chambre de bonne, dans le bruit, mais on ne me dérange pas. Au menu : thé, cachou et chocolat au lait !

Mes parents lisent aussi le livre mais c'est difficile pour une famille d'avoir une romancière.

 

Moi : Pourquoi écrire en Anglais ?

TDR : J'ai deux langues maternelles, l'Anglais et le Français. Quand j'ai commencé à 11 ans, j'ai écris pour ma mère en Anglais. Elle m'a encouragée. Don j'ai continué à écrire pour elle en Anglais. Il y a donc dans ma cave plein de romans écrits en Anglais qui ne seront jamais publiés.

C'est "L'appartement témoin, écrit en Français pour mon mari qui été édité en premier quand j'ai eu le courage d'affronter un éditeur. Plein de roman en Français ont suivi...

 

 

 

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  TDR... Puis j'ai écrit "La mémoire des murs", roman pivot pour moi qui m'a menée vers Sarah. Comme la journaliste était américaine, je ne me voyais pas l'écrire en Français. C'est mon mai qui m'a fait réaliser que je l'avais écrit en Anglais, parce qu'il avait été plus long que d'habitude pour le lire. Ce livre a d'abord était refusé. Puis j'ai écrit deux autres livres en Anglais.

 

 

Moi : Puisque vous êtes bilingue, pourquoi ne pas vous traduire vous même ?

TDR : Me traduire voudrait dire pour moi réécrire le livre. Hors une traduction a besoin d'une distance Voilà pourquoi je ne me traduis pas.

 

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TDR... POur l'Encre Russe, je me suis un peu traduite pour les passages clés. J'ai pris un grand plaisir à le faire. Mais je fais confiance à Héloïse et lui laisse apprécier la traduction

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme d'habitude quelques photos d'effets de mains d'auteur...

 

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  Et puis, la romancière et la blogueuse 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Auteurs : rencontres et conférences

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Commenter cet article

Marie 12/05/2013 10:56


Il y a toujours une question qui m'interpelle à propos de cet auteur : pourquoi a-t-elle intitulé un de ses livres "Elle s'appelait Sarah" avec exactement le même titre que la chanson de JJ
Goldman et avec le même thème, plus ou moins la même histoire ?


 

Géraldine 28/05/2013 22:46



@ Marie : Le titre d'origine était Sarah's key, et l'éditrice français, a pris le titre de Goldman comme un clin d'oeil.... avec effectivement un thème très proche.



sophie 08/05/2013 00:41


Quelle chance !

Géraldine 12/05/2013 19:34



@ Sophie : j'avoue ! Ce sont des événements culturels dont j'aurais du mal à me passer maintenant.



A_girl_from_earth 08/05/2013 00:35


C'est une vraie belle collection de belles rencontres livresques que tu commences à avoir là ! Superbe la dernière photo ! Et bravo pour la retranscription !

Géraldine 12/05/2013 19:30



@ AGFE : Beaucoup me demande si j'enregistre en dictaphone. Et bien non, puisque je ne suis pas équipée. C'est donc artisanal, un stylo et un cahier. Cela me permet peut-être de noter l'essentiel
et de ne pas faire des rapports de 3 heures !



macha 05/05/2013 22:11


merci beaucoup, j'ai beaucoup apprécié les questions sur la traduction..... quelle veinarde tu es de rencontrer tant d'auteur!! :)


 

Géraldine 07/05/2013 12:37



@ Macha : De rien ! Prochaine rencontre à rapporter ici : Alain Mabanckou !



lasardine 05/05/2013 19:24


toujours intéressantsn ces billets recontres! merci à toi!

Géraldine 07/05/2013 12:38



@ Lasardine : De rien ! Tout le plaisir est pour moi. C'est vrai, j'ai de la chance, rennes et sa principale librairie sont très actifs dans ce domaine.



sylire 05/05/2013 09:43


Je n'ai lu d'elle que "elle s'appelait Sarah" que j'avais beaucoup aimé. J'aime beaucoup la femme qu'elle est. Je trouve qu'elle a beaucoup de charme et qu'elle est fort sympathique et ouverte.
J'ai donc lu ton interview avec grand plaisir !

Géraldine 07/05/2013 23:11



@ Sylire : Merci, c'est effectivement une femme de talent et de distinction, de classe remarquable !



L'Irrégulière 04/05/2013 13:51


chanceuse !

Géraldine 07/05/2013 23:13



@ L'Irrégulière : Oui, j'avoue... Je l'ai saluée de ta part



Philippe D 04/05/2013 08:11


Une belle rencontre sans doute.


Je t'ai fait un cadeau (empoisonné) : je t'ai taguée. Sans obligations bien sûr.


Bon weekend. 

Géraldine 09/05/2013 18:30



@ Philippe : Et voilà, mes réponses sont prêtes, publication le 10/05