Publié le 7 Septembre 2019

Littérature, afrique du sud, karel Schoeman, avis, chronique, blog, retour au pays bien-aimé

Roman - Editions 10/18 -251 pages - 9 €

Parution d'origine chez Phébus en 2006

 

L'histoire : George vit en Suisse. Sa mère vient de décéder, son père est mort plus tôt. Alors George décide de retourner au pays de ses ancêtres, l'Afrique du Sud, là où il est né. Terre qu'il a quitté à l'âge de cinq ans. Il a reçu la ferme de sa mère en héritage, et tiens à s'y rendre. Son retour en terres afrikaners sera loin de tout ce qu'il pouvait imaginer. Pour ceux de là-bas, il restera toujours l'étranger, mais aussi l'enfant du pays qui revient. Cette situation deviendra étouffante pour lui.

 

Tentation : Toujours dans ma découverte de la littérature sud-africaine

Fournisseur : Ma CB

 

 

Un roman et une plume de référence dans la littérature sud-Africaine

 

Mon humble avis : Ce roman a été écrit en 1972 (mon année de naissance, soit dit en passant), mais surtout, en pleine crise ségrégationniste en Afrique du Sud. L'auteur, Karel Schoeman, a reçu, en 1999, des mains du président Nelson Mandela, la plus haute distinction sud-africaine : The order of Merit. Voilà qui introduit bien cet ouvrage.

Je pense qu'il faut un peu connaître l'Histoire de l'Afrique du Sud pour apprécier ce roman et ne pas le trouver complètement "space". L'Histoire de l'Afrique du Sud depuis l'arrivée des premiers néerlandais en 1652. Cela tombe bien car ces derniers temps, en parallèle d'autres lectures, je lis aussi un récit sur l'Histoire ô combien complexe de la nation Sud-Africaine. Ainsi, j'ai pu appréhender un peu plus facilement "retour au pays bien-aimé", en apprécier la subtilité et sans doute, ne pas abandonner ce roman en cours de route.

Car l'atmosphère dans cette histoire est très singulière et oppressante, bien qu'il ne se passe rien de particulier, et qu'aucun réel danger ne semble menacer (nous ne sommes pas du tout dans un thriller !)... pour nous lecteurs (pour les personnages, c'est autre chose). Les choses sont assez longues à se mettre en place et quand elles le sont, on espère toujours qu'elles évolueront un peu plus. Sauf que non. L'histoire, le passé et le destin de ces hommes et femmes rencontrés par George rendent cela impossible.

Avec George, enfant du pays exilé avec ses parents depuis des décennies mais qui revient sur les terres familiales, Karel Schoeman nous présente quelques familles qui ont toutes un lien de parenté. Des familles Afrikaners (blanches), qui suite aux événements du pays, ont dû pour la plupart fuir la ville pour s'installer dans leur ferme, perdre leur vie confortable pour devenir des paysans vivant presque en parfaite autonomie, mais surtout, en autarcie, expliquée par l'Histoire en partie (apartheid)

Karel Schoeman dresse ainsi le portrait d'une certaine Afrique du Sud, pétrie de croyances et embourbée dans une Histoire qui serait écrite d'avance, dans des traditions, dans la peur de l'autre. Bref, des afrikaners on ne peut plus repliés sur eux-mêmes, dans une vie terne et dure. Des gens qui n'imaginent même pas qu'ils pourraient vivre une autre vie, s'ils le voulaient. Des gens qui renouvellent le même modèle à chaque génération, sans se rendre compte que les nouvelles générations ne peuvent pas s'épanouir, dans tous les sens du terme. Certains ne rêvent que de partir, sans rien connaître d'autre du monde, d'autres pensent toujours à la vengeance et à une certaine victoire.

Tout cela est traduit très particulièrement ici par l'auteur. L'important n'est pas dit ni nommé par les personnages, ou si peu, toujours en cachette et à mots couverts. Les dialogues disent beaucoup en ne disant pas grand-chose justement... Les personnages s'en tiennent à quelques remarques factuelles et superficielles. Tout est dans les silences, les non-dits, les regards, bien souvent en biais. Il en est ainsi avec l'étranger qu'est George, mais aussi entre ces gens entre eux.

Le thème central du roman est bien entendu l'exil... L'exil intérieur et spirituel, l'exil au sein même de son propre pays, ou encore l'exil dans le sens le plus courant du terme. Ceux qui partent... Qui ont eu la chance de partir, ou qui ont fui... alors que d'autres ont eu le courage de rester. Il est évidemment question du mal du pays, du passé. Et surtout, "retour au pays bien aimé" parle du retour de l'exilé, du fait que, même s'il est de la famille, il restera un étranger, tant les différences entre l'exilé et les "restés" sont énormes et que le lien familial semble bien dérisoire pour ressentir une proximité, une ressemblance. Tant le pays lui-même semble avoir changé, tant il ne ressemble plus en rien à l'image sublimée transmise par les parents, par les souvenirs, par les photos.

A mes yeux, ce roman est plus intéressant qu'agréable à lire. Certains moments m'ont vraiment pesé et, si je n'avais eu un objectif précis et quelques connaissances en me plongeant dans ce livre, possible que je l'eu abandonné. Bref, je suis vraiment sortie de ma zone de confort avec "Retour au pays bien-aimé". Je ne le regrette pas pour autant, c'est ainsi que l'on se construit une culture. Mais je me répète, ayez quelques connaissances sur l'Histoire du pays, s'il le faut, faites un détour par Wikipédia... Sinon, vous risquez d'être vraiment désarçonnés par cette lecture.

 

Ca tombe bien, je réalise que cela fait juste 6 mois 1/2 que j'ai acheté ce livre, je peux donc l'inclure dans le Challenge objectif PAL !!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 5 Septembre 2019

Roman - Editions Audiolib - 14h10 d'écoute - 24 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en janvier 2018

L'histoire : Février 2017, le tout Paris assiste aux obsèques de feu Marcel Péricourt, qui laisse ainsi sa fille Madeleine à la tête de son empire financier. Et le même jour, Paul, jeune fils de Madeleine, fait une tentative de suicide qui le laissera lourdement handicapé à vie.

Cupide et pensant être bien entourée et conseillée, Madeleine consacre donc beaucoup plus de temps à son fils qu'aux affaires... Quelque temps plus tard, Madeleine est ruinée. Mais Madeleine n'a pas dit son dernier mot. Au fil des années, elle va bâtir une revanche implacable contre ceux qui l'ont trahie.

Tentation : Ma lecture d'Au revoir là-haut

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman est comme une suite d'Au revoir là-haut. "Comme" car pas vraiment. Au cinéma, on dirait que c'est un spin off. Un personnage est repris et développé. Aussi, nul besoin, je vous assure, d'avoir lu le premier roman pour apprécier celui-ci à sa juste valeur.

Sa juste valeur d'ailleurs, qu'elle est-elle ? Génialissime ! Quel régal de lecture ! Quelle succulence ! J'ai adoré vraiment, et même, j'ai préféré ce tome-ci au précédent. Couleurs d'incendie est moins grave et dur, il est même souvent drôle. En effet, ce livre ne commence pas en pleine guerre des tranchées et n'évoque pas le douloureux sujet des gueules cassées.

Nous sommes à Paris, entre les années 1927 et le début des années 40. Pierre Lemaitre déroule pour nous plus d'une décennie de vie parisienne très documentée, dans différents milieux : bourgeois, populaire, financier, politique, industriel. Il est d'ailleurs assez étonnant de constater que presque un siècle plus tard, les préoccupations, les revendications, les mécontentements, les fonctionnements et dysfonctionnement politiques sont toujours les mêmes. A croire que personne n'apprend rien du passé. C'est donc un réel kaléidoscope de toute une époque, et l'époque joue autant son rôle dans l'histoire que les personnages réels. Vous vous demandez sans doute la signification du titre : couleurs d'incendie ? C'est qu'au fil des années, les gens et le Monde changent de couleurs, des couleurs qui s'intensifient et qui deviendront l'énorme incendie que fut la deuxième Guerre Mondiale.

Certes, le livre est épais (contraire à mes principes et mes goûts), mais vraiment, je n'ai pas vu le temps passer. J'adore la façon subtile, fine mais limpide qu'a Pierre Lemaitre de  se moquer de ses personnages et de leurs travers, voire de leurs vices. C'est souvent drôle et toujours délectable !

Quant à Madeleine, elle offre un magnifique portrait d'une femme des années 30, car la condition des femmes de cette époque est bien entendu un des sujets en toile de fond de ce roman. Elle est très attachante et devient réellement admirable d'intelligence, de finesse, de détermination, d'esprit et d'imagination pour mener à bien sa terrible vengeance. Quatre personnes, qui l'ont plus ou moins directement menée à la ruine, pour des raisons que vous découvrirez avec plaisir lors de votre lecture, en feront les frais, et quels frais ! Dans l'épreuve, Madeleine est devenue une femme implacable.

Bonus de la formule audio, comme pour "Au revoir là-haut", le texte est lu par Pierre Lemaitre lui-même, avec brio et une vivacité telle que le livre semble vivre réellement ! Captivant !

Vous l'aurez compris, ce roman est INCONTOURNABLE !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 3 Septembre 2019

Ces jours qui disparaissent, BD, éditions Glénat, avis, chronique, album

BD - Editions Glénat - 192 pages - 22.50 €

 

Parution en septembre 2017

L'histoire :  Une course poursuite contre le temps perdu...

Que feriez-vous si d'un coup vous vous aperceviez que vous ne vivez plus qu'un jour sur deux ? C'est ce qui arrive à Lubin Maréchal, un jeune homme d'une vingtaine d'années qui, sans qu'il n'en ait le moindre souvenir, se réveille chaque matin alors qu'un jour entier vient de s'écouler. Il découvre alors que pendant ces absences, une autre personnalité prend possession de son corps. Un autre lui-même avec un caractère bien différent du sien, menant une vie qui n'a rien à voir. Pour organiser cette cohabitation corporelle et temporelle, Lubin se met en tête de communiquer avec son « autre », par caméra interposée. Mais petit à petit, l'alter ego prend le dessus et possède le corps de Lubin de plus en plus longtemps, ce dernier s'évaporant progressivement dans le temps... Qui sait combien de jours il lui reste à vivre avant de disparaître totalement ?

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : J'ai ADORE cet album. Tout m'a plu, sauf peut-être la fin qui m'a laissée le coeur serré, mais c'est sûrement voulu par l'auteur. Et oui, l'émotion, la belle émotion ne nuit pas à la santé !

Le sujet de l'histoire est génialement trouvé et déroulé par un maître. Univers science-fiction ou trouble de la personnalité  subi par Lubin, le personnage principal ? Allez savoir ? D'ailleurs, il me semble que chaque lecteur peut interpréter la vie de Lubin comme il le souhaite, en fonction des échos qui résonnent en lui.

Tout au long de cette BD, nous ne sommes qu'avec le vrai Lubin. Son double, nous ne le voyons et le lisons qu'à travers des vidéos et des mails échangés.

Au début, les mésaventures de Lubin, avec ce double qui lui vole son corps et sa vie amusent beaucoup et feraient presque rêver. Oh oui, un autre moi qui un jour sur deux ferait tout ce qui me répugne, comme le ménage, la paperasse etc... Le pied non ?

Mais, de un jour sur deux, les jours de vie de Lubin s'espacent de plus en plus. Un jour sur trois, par semaine, par mois etc. Là, Timothée Le Boucher nous emmène dans une autre dimension et une autre palette de sentiments. Notre empathie pour Lubin devient totale, notre inquiétude s'installe, le drame semble inéluctable, l'album ne se lâche plus et nous tient captifs ce cette histoire. Nos réflexions personnelles s'approfondissent encore... Car évidemment, le cas de Lubin peut-être un trouble de la personnalité, mais peut aussi être la métaphore de n'importe maladie grave...Et le message serait : lutter contre l'envahisseur, ne pas lui laisser la victoire sans batailler.

Puis vient la visite chez ce "psy qui guérit" qui ébranle toutes les convictions que l'on a pu se forger. L'ensemble pourrait presque se résumer à "Etre ou ne pas être"... mais pour quelle raison.

Vraiment, j'ai tout aimé dans "ces jours qui disparaissent" : le suspens, le rythme, l'histoire très humaine qui y est contée, les personnages, principaux ou secondaires, sont tous très bien croqués et attachants.

Je vous recommande vivement cette lecture émouvante autant que divertissante, et maîtrisée de A à Z. Ce roman graphique se penche sur la dualité qui est en chacun de nous et surtout incite à profiter du moment présent, à se rapprocher de l'essentiel, à vivre chaque jour comme s'il était le dernier !

 

L'avis de Noukette et de Moka

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 1 Septembre 2019

thriller, avis, chronique, Patricia Hespel, la fille derrière la porte, blog

Thriller - Editions Pocket - 339 pages - 7.20 €

Parution d'origine aux Editions "Les nouveaux auteurs" en avril 2017

L'histoire : Suite à l'adultère de son mari, Emmy, en grande dépression, a tout perdu : ses enfants, son boulot, sa vie de famille, bref, le bonheur, ou au moins un semblant de bonheur.

Alors qu'elle touche le fond, enfin une main se tend... Celle de sa voisine, qui entreprend de la remettre sur pied. Emmy accepte cette main, elle s'en mordra les doigts.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Ce thriller a reçu le Prix du Suspens Psychologique, prix ayant comme principal membre du jury Franck Thilliez himself. Autant dire que c'est une excellente référence pour choisir un bouquin frémissant, et que cette référence est largement méritée !

Je vous préviens tout de suite, mieux vaut prévoir une longue plage de temps libre pour vous plonger dans cette histoire, pour éviter de devoir interrompre votre lecture à de multiples reprises. Car les flash-back sont nombreux, dans différentes périodes pars forcément chronologiques et ce pour les deux principaux personnages. Aussi, pour garder tous détails et indices potentiels, je vous conseille de bien vous installer et de vous déconnecter du monde réel le temps qu'il faudra !

Que dire pour vanter un thriller sans spoiler et gâcher le plaisir des futurs lecteurs que vous pouvez être...  Oui, le suspense est implacable, et va en grandissant, juste qu'à devenir limite insupportable. Mais en même temps, l'auteure nous réserve tellement de surprises, de rebondissement, de faux semblants qu'on ne peut pas lâcher le bouquin. Pour une fois, car c'est rare, les deux personnages principaux de ce thriller sont des femmes... Que ce soit du côté de la gentille ou de la méchante, de la chanceuse ou de la malchanceuse. Ces personnages sont très fouillés, jusque dans leur lointain passé et, même si l'on ignore comment, tout finira par s'imbriquer et "s'expliquer". Je mets des guillemets car difficile d'expliquer quand la folie s'installe dans une âme. Et là, la vengeance va loin, très loin, le schéma du roman est extrêmement travaillé et tient du génie. Comment l'idée d'un tel roman peut sortir d'un cerveau ? Et surtout, pourquoi pas du mien ! Le dénouement est on ne peut plus imprévisible ! Le tout, avec un rythme crescendo, qui ne faiblit pas !

Le Plan de cette fille derrière la porte est vraiment diabolique, nous conduit dans le milieu S.M et nous dit haut et fort : méfiez-vous des mains tendues et toujours, oui, toujours, ne laissez jamais personne avoir une emprise psychologique sur vous, quel que soit votre état. Car au-dessous du trou où l'on peut être, il y a pire, il y a l'enfer !

Vous cherchez un bon thriller pour vous divertir ou vous changer d'autres lectures plus "conséquentes", vous avez donc ce qu'il vous faut : la fille derrière la porte.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 30 Août 2019

Film de Ira SACHS

Avec Isabelle Hupper, Brendan Gleeson, Marisa Tomeï

 

Synopsis :  Frankie, célèbre actrice française, se sait gravement malade. Elle décide de passer ses dernières vacances entourée de ses proches, à Sintra au Portugal.

 

 

Mon humble avis : Comme je me suis.... ennuyée ! Mes "coséanseurs" ont un peu plus apprécié que moi, mais aucun enthousiasme débordant dans notre équipe.

Il faut beaucoup de temps pour comprendre le lien réel entre les personnages, à savoir leur degré de familiarité entre eux et avec Frankie. Du coup, impossible dans les premiers temps de saisir l'éventuelle subtilité de leurs rapports.

Les personnages ne font que se croiser et s'éparpiller, donc le film est comme une succession de saynètes dont le puzzle tarde à se former, et lorsqu'il est achevé, on se demande vraiment dans quel sens il faut le regarder.

On passe beaucoup de temps à voir les acteurs arriver sur un lieu, puis à les voir repartir du lieu. Et dans les dialogues souvent courts, voire inachevé, les personnages sont si distants entre eux qu'ils peinent vraiment à faire passer des émotions alors que le synopsis laisser penser que le film pourrait être vraiment émouvant.

Il semble que toute l'action se déroule sur une journée... Etonnant tout ce que les gens ont le temps de faire dans une journée, tout en ne faisant rien... Impression d'errements ne menant à pas grand-chose.

Et puis, comme je m'ennuyais, j'ai noté des fautes de raccord, des manques de crédibilité...  J'ai vu le film en VO, sachant que les personnages s'expriment tantôt en Anglais, tantôt en français, suivant leur nationalité et leur lieu de vie. Et comme par hasard, le peu de Portugais rencontrés au cours du film parle un Anglais très fluide, sans aucune hésitation de vocabulaire etc... Même un ado qui n'a pas eu le temps de vivre 10 vies s'exprime parfaitement dans la langue de Shakespeare !

Cette chronique d'un deuil annoncé est donc très déroutante, et si qualités il y a, elles doivent être discrètes... Donc si vous aimez les films discrets et mornes, allez-y. Mais de mon côté, je n'ai vraiment pas aimé et je me languis de voir un film qui me réjouisse pleinement, il me semble que ces derniers temps, le cinéma ne m'a pas emportée plus que ça. Mais de très bons films sont annoncés dans les semaines à venir, donc ça ne saurait tarder ! 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 28 Août 2019

Amélie Nothomb 2019, soif, roman, blog, avis, chronique

Roman - Editions Albin Michel - 152 pages - 17.90 €

 

Parution le 21 août 2019 : Rentrée Littéraire !

Le pitch : Pour éprouver la soif, il faut être vivant !

 

Tentation : l'attente de 364 jours comme d'hab'

Fournisseur : Ma CB, comme d'hab aussi !

 

 

 

 

Mon humble avis : Eh bien, quelle surprise ! Quel changement de cap ! Quel renouvellement ! Enfin, c'est que qui m'a semblé lors de ma lecture, même si l'écriture d'Amélie Nothomb reste reconnaissable entre mille !

Pour la première fois, Amélie Nothomb s'exprime en "Je" mais sans être "Elle". En fait, elle s'exprime pour ou à travers Jésus, depuis son procès, jusqu'à la résurrection, en passant par le chemin de croix, la crucifixion et la mort. J'avoue que je suis restée baba devant une telle audace, une telle idée (non mais où mon écrivaine bien-aimée trouve-t-elle toutes ses idées ?!).

Au début, je me suis tout à fait amusée, comme d'habitude, de cette parodie de procès où, en présence de Pilate, les témoins à charge défilent à la barre... Lazare, l'ancien aveugle, les mariés de Cana. Bref, les 37 miraculés officiels de Jésus viennent tous se plaindre de quelque chose lié au miracle dont ils ont bénéficié... Ben oui, quand on fait, il y a toujours des gens pour se plaindre de ce que l'on n'a pas fait, ou de ce que l'on aurait pu faire. Même si nous sommes en l'an 33, on se croirait vraiment en 2019, sur les réseaux sociaux ou autre, où chacun déverse sa haine, son idiotie, et surtout son ingratitude envers et contre tout et tous ! Très contemporain tout cela.

Puis vient la nuit que Jésus passe au cachot, le chemin de croix, la crucifixion, l'agonie interminable, la mort et la résurrection. Tout au long de ces étapes, nous sommes dans la tête de Jésus, dans ses pensées, dans celles que suggère Amélie Nothomb. A travers toutes ces pensées, c'est l'être humain qui est vu et revu sur toutes les coutures, pour le pire comme pour le meilleur, des pires vices aux plus grandes bontés, de ses besoins vitaux à ceux on ne peut plus superflus. Et parmi ses besoins, il y a la soif ! Et la soif, ce peut être un grand verre d'eau, le nectar d'un vin... mais aussi, l'envie de... l'envie, le projet, le besoin, l'énergie.

Ce nouvel opus d'Amélie Nothomb est vraiment rondement mené et maîtrisé dans une logique nothombienne parfaite. J'en loue vraiment l'originalité Oui mais... Cette année, je n'ai pas trouvé dans le roman que j'attends le plus, le divertissement intelligent, cynique, drôle malgré le tragique des situations. Et puis aussi, évidemment, on connait la fin de l'histoire. J'en profite pour préciser que les très très cathos risquent de crier au blasphème ! En fait, l'agonie de Jésus m'a paru interminable, tout comme son monologue qui m'a perdue durant quelques pages. J'ignore si la parution du roman "Ainsi philosophait Amélie Nothomb" a influencé ma romancière favorite, mais j'ai souvent eu l'impression que nombre de phrases par page auraient pu, à elles seules, être un sujet pour le bac de philo... Aussi, point de repos pour l'esprit, si l'on veut apprécier pleinement tout ce qui y est dit, il faut être concentré. Mais comme les paroles importantes qui méritent réflexion, voire dissertations, sont très denses et se suivent avec certaine cadence, ben, je n'ai pas pu prendre le temps de méditer vraiment sur ces sujets.

Conclusion : Je pense que Soif est le roman d'Amélie Nothomb le plus original de ces dernières années, mais que, pour le coup, il ne m'a pas offert ce que j'attendais : cette lecture succulente, divertissante dans laquelle je me retrouve à chaque fois. Mais cela ne m'empêche pas de dire : vivement l'année prochaine !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Août 2019

BD - Editions Delcourt - 112 pages - 17.95

 

Parution en mai 2018

Le sujet :  Constand Viljoen, général des armées sud-africaines pendant l'apartheid, prend la tête des milices d'extrême-droite à la veille des premières élections démocratiques du pays. Cinquante mille hommes constituent cette nouvelle armée boer en 1993. Ce sera l'un des plus grands défis que devra relever Nelson Mandela, qui, à force de patience et de charisme, réussira à éviter la guerre civile.

Tentation : Titre et sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Encore une BD passionnante, qui éclaire une partie et une époque du monde. J'ignore si ce pan de l'Histoire a eu des échos en France, ou si elle est juste tombé dans l'oubli général, et surtout du mien... Parce que d'autres Histoires mondiales se sont superposées depuis.

Mandela et le Général est une oeuvre de fiction, librement inspirée des entretiens et des enquêtes menées par John Carlin en Afrique du sud. En effet, à l'époque des faits, l'auteur était journaliste correspondant pour le journal Anglais "The independant" à Johannesburg. A ce titre, il a rencontré les deux protagonistes principaux de cette histoire, Nelson Mandela et le Général Constand Viljoen. On peut donc se dire que cet album est très proche de la vérité et de la réalité.

La libération de Mandela en 1990 est la fin d'une époque et le début d'une autre, qui n'est pas plus simple que la précédente et qui porte encore son lot de violence et de haine inter raciale.

Sur la route du pouvoir via les premières élections libres et égalitaires en Afrique du Sud en 1994, Mandela usera de toute la sagesse, l'intelligence et la diplomatie pour éviter une guerre civile sanglante et interminable. Pour cela, c'est une cachette qu'il rencontrera le leader de l'extrême droite très fasciste, Constant Viljoen. Celui-ci acceptera de combattre l'ANC uniquement par voie politique, en non par les armes. Il témoignera quelques années plus de son admiration pour Mandela "qui a montré l'exemple à l'Afrique et au monde en renonçant volontairement à la présidence au bout d'un seul mandat"

Le but de Mandela était de parvenir à une paix durable et une véritable stabilité démocratique. Pour cela, il avait compris qu'il devait devenir le président de tous les sud-africains, en prenant en compte des peurs des uns et des aspirations légitimes des autres.

C'est donc ce chemin sinueux vers la paix qui nous est conté dans cette BD, en nous offrant en alternance les deux visions : celle des noirs d'un côté et celle des blancs de l'autre.

En parallèle, je lis un gros bouquin sur l'Histoire de l'Afrique du Sud, ce qui m'a aidé à comprendre certaines nuances de cet album que je vous conseille absolument. J'en suis à 1912, justement date de la création de l'ANC.

Mon seul bémol va au graphisme, pas toujours très net et qui ne m'a pas particulièrement parlé. Par contre, certaines pages ne sont occupées que par un seul dessin, celui-ci très évocateur, qui va droit au coeur.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 24 Août 2019

Film de Ninsha Ganatra

Avec Emma Thompson, Mindy Kaling, John Lihtgow, Hugh Dancy

 

Synopsis :  Une célèbre présentatrice de « late show » sur le déclin est contrainte d’embaucher une femme d’origine indienne, Molly, au sein de son équipe d’auteurs. 
Ces deux femmes que tout oppose, leur culture et leur génération, vont faire des étincelles et revitaliser l’émission.

 

 

Mon humble avis : J'ai vu ce film en V.O... je vous conseille cette version à moins que vous soyez super doués en anglais. En effet, le débit de paroles et de dialogues est intense, donc pas toujours facile de suivre les sous-titres. 

Il y a dans ce film un air de déjà vu... un air de "Le diable s'habille en Prada". Une patronne autant imbue qu'imbuvable qui mène la vie dure à ses employés, et notamment, à Molly, la petite nouvelle. Ca reste évidemment bien agréable à regarder, surtout que le film est bien construit et traite de sujets bien contemporains, mais bon, pas de quoi bouleverser le cinéma !

Ici, nous ne sommes pas dans la mode mais dans les coulisses d'un "talk show". Intéressant de voir ce qui se cache derrière les rideaux, même si ce n'est pas très glorieux. Certes, nous sommes aux USA, mais on ne peut que se demander si cela se déroule de la même façon en France. En fait, le vrai talent semble issu de l'ombre que de la lumière. Oui, ce sont les auteurs de gags qui sont les vrais créateurs.

Sujets contemporains donc comme je le disais plus haut : l'efficacité redoutable des réseaux sociaux (pour le pire comme pour le meilleur), la vie privée qui n'a plus rien de son adjectif qualificatif, le machisme de certains milieux professionnels, les jobs conçus comme des sièges éjectables et donc les humains comme des kleenex. Et last but not the least : le jeunisme. Les rides passent mal à l'écran, comme dans tant d'autres boulots.

Certes, ici, l'audience de l'émission en question est en chute libre depuis des années. Il semble que ce ne soit pas l'animatrice qui soit la cause de cette chute, mais le manque de renouveau. Et même si tout le monde en est conscient, l'animatrice en tête, elle a bien du mal à accepter que le renouveau ne vienne pas d'elle, mais d'une jeune recrue qui ne connaît rien à la télé... mais qui en a dans la tête. Late Night est donc un film profondément féministe et qui prône l'intergénérationnel. Anciens et nouveaux sont parfaits pour se compléter, si chacun accepte le changement, l'évolution.

Evidemment, ce duo féminin, incarné par la toujours classe Emma Thompson et la jeune et fraîche Mindy Kaling est savoureux jusque dans l'ironie, l'autodérision, le sarcasme, dans la résolution et la probité de l'une et dans le réveil de l'autre. Le tout, avec de l'humour bien sentie, même s'il est parfois vache !

Un bon film que l'on suit avec plaisir, avec des dialogues décapants donc... mais sur un ton de déjà-vu.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma d'ailleurs

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Publié le 22 Août 2019

Roman - Editions Audiolib - 3h09 d'écoute - 20.90 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en 2015

L'histoire : Une femme est assise sur un banc, en pleine nuit, en gare de l'Est. Elle confie ce qui l'a amenée sur ce banc. Quelques heures avant, Nelly était sur la scène d'un théâtre et jouait une pièce de Pirandello... lors que dans la salle, elle a aperçu un homme qu'elle pensait avoir oublié.... C'est alors la crise de panique attaque, et la comédienne s'effondre.

 

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce roman n'est pas du tout un coup de coeur, et je ne pense pas qu'il me restera longtemps en mémoire. Et pourtant, j'ai pris énormément de plaisir à l'écouter. Parce que la lecture qu''en fait Véronique Olmi est magistrale, très habitée mais aussi très enveloppante. J'ai appris via l'interview de Véronique Olmi en fin d'enregistrement qu'elle est aussi auteure de pièces de théâtre et comédienne, ceci explique cela. L'interprétation du texte vaut à elle-seule cette écoute.

L'écriture aussi est magnifique, soignée, ciselée, chaque mot semble choisi avec précision. Le style est pénétrant, envoûtant. L'ensemble m'a paru... voluptueux... Oui, c'est le mot qui me vient à l'esprit.

J'ai aimé me sentir comme la confidente de Nelly, cette femme de 47 ans, qui se raconte sur un banc de la gare de l'Est, en pleine nuit. J'ai aimé la façon dont elle fait dérouler ses réflexions, ses observations sur la vie, la sienne, celle de ses proches... ou des inconnus. Nelly nous parle aussi de théâtre, son métier qui l'habite entièrement, jour et nuit, sauf le lundi. Chaque jour de la semaine est vécu par Nelly la comédienne comme un cheminement vers LE moment extrême, celui du lever de rideau, où tout disparaît, même le trac...

Mais ce soir-là, elle l'a aperçu, l'homme qu'elle avait enfoui au fond d'elle pour l'oublier, au point de ne même plus jamais prononcer son prénom. Et là voilà qui s'effondre, qui ne peut plus jouer... La panique attaque, le cauchemar de tout acteur de théâtre. La pièce s'interrompt.

Ce court roman est donc un bel hommage au théâtre et à celles et ceux qui le font. Il se concentre sur le fameux moment de "la bascule", ce moment et ses ingrédients qui font que plus rien n'est possible comme avant. J'aimais mieux quand c'était toi plonge dans l'âme et le corps, car il s'interroge sur la question : que faisons-nous de ceux que nous avons aimé après la rupture. Jusqu'à quelle profondeur les enfouissons-nous, et que faut-il pour les faire re surgir ? Cette deuxième partie, qui touche à l'amour passionnel, m'a moins beaucoup parlé que la première. Mais le style et l'interprétation étaient toujours aussi délicats et agréables à écouter.

J'aimais mieux quand c'était toi fait donc partie pour moi des romans agréables, mais qui ne me marquent pas au fer rouge, que l'on peut lire sans le regretter, et que l'on peut ignorer sans s'en mordre les doigts !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 20 Août 2019

Récit - Editions Léo Scheer - 205 pages - 18 €

Parution le 21 août 2019 : Rentrée Littéraire

 

Le sujet : Nathalie Rheims a toujours ignoré ses reins. Les reins fonctionnent seuls et sont donc le siège de l'inconscient. Jusqu'au jour où ceux-ci se rappellent subitement et brutalement à elle quelques jours avant que ne paraisse son dernier roman lors de la rentrée littéraire 2017. Ces reins, qui ont emporté toutes ses aïeules par une maladie congénitale, on décidé de ne pas l'épargner. Ce livre est le récit de cette insuffisance rénale aussi foudroyante que soudaine. Et pour la vaincre, il faudra toutes forces médicales, la combativité personnelle et l'amour des proches.

 

Tentation : J'aime beaucoup la plume de Nathalie Rheims

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

 

Mon humble avis : Pour son vingtième livre, Nathalie Rheims nous offre un récit. Celui de l'insuffisance rénale génétique qui l'a foudroyée il y a deux ans, qui l'a prise presque par surprise. Presque, par ce que l'auteure a toujours fait un déni sur le risque annoncé depuis des générations que cette maladie la frappe un jour. Presque, parce que ce déni empêchait même la romancière de s'alerter aux premiers symptômes, tels que les dix kilos perdus en quelques semaines. Même entre la vie et la mort à l'hôpital, l'auteure refuse d'abord la mise sous dialyse, celle de sa mère de sa mère défunte restant pour elle un traumatisme qu'elle se refuse à vivre... Et sans doute, dans tout cela, se cache la raison réelle de son refus de maternité.

Le récit couvre presque une année... Entre l'entrée aux urgences et la renaissance, presque un an plus tard, via une greffe de rein. Mais ne prenez pas peur devant ce résumé... Car même si les faits ne sont pas contournés, si les choses sont nommées, on ne se noie pas dans un jargon médical, tel n'est pas le but de ce livre. En fait, on est très loin du factuel et du jour après jour, même si, évidemment, le combat contre la maladie se fait parfois répétitif, sous les assauts tout aussi répétitifs du mal, qui ne laisse aucun répit, ni à la patiente, ni à l'équipe médicale, ni aux lecteurs que nous sommes.

La plume magnifique de Nathalie Rheims, si joliment littéraire, nous fait oublier que nous sommes dans un récit, presque un témoignage. Cette plume intense nous saisit de partout, de l'âme au coeur, en passant par le ventre et les tripes. Beaucoup d'émotion dans ces pages, dans les mots, les sensations plus ou moins conscientes, les ressentis, les peurs, la souffrance, les petites joies, les déceptions de cette femme entre la vie et la mort... Entre les mains d'une équipe médicale qui se battra contre vents et marées. Ce livre est donc aussi un formidable hommage rendu au personnel soignant, à sa dévotion, à son opiniâtreté.

Nathalie Rheims nous parle donc de ce à quoi l'on pense lorsque l'on est presque partie, que l'on revient, que l'on s'éloigne de nouveau du rivage et qu'un miracle vous ramène définitivement sur la plage. Ce miracle, c'est celui de l'amour et d'une compatibilité génétique improbable qui rendra possible une greffe de rein. Oui, mais recevoir l'organe d'un être bien vivant, même si cet organe promet la vie, n'est pas si aisé et l'acceptation pas si évidente. C'est un long cheminement, que l'urgence ne vous offre pas forcément. Vous l'aurez compris, ce récit est aussi un vibrant témoignage d'amour et de retour à la vie, même si celle-ci ne sera plus jamais pareille. Il y aura un avant et un après.

Outre les qualités évidentes et la force de l'écriture, ce récit m'a touchée aussi pour une raison personnelle. Et oui, la génétique c'est attaquée à moi aussi et m'a terrassée. Une saloperie de facteur 5 dans le sang qui me vient de la branche paternelle et qui m'a choisi moi, en premier, pour se manifester deux fois et me conduire aux urgences en train de mourir de douleur, d'un AVC. Le genre de malédictions, injustes, qui font que dans la vie, il y a un avant et un après. Alors forcément, les mots de Nathalie Rheims semblaient parfois s'adresser à moi, comme écrits pour moi.

Un très beau texte, à lire évidemment.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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