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Publié le 12 Juin 2020

BD, Formica, Fabcaro, Avis, Chronique, blog

BD - Editions Six pieds sous terre - 13 €

Parution en septembre 2019

L'histoire :  C'est dimanche, c'est le jour du repas en famille, tout le monde est ravi de se retrouver ensemble autour de la table. Alors que tout est prévu pour faire de ce rendez-vous un moment d'amour et de partage surgit tout à coup la question à laquelle personne n'avait pensé : De quoi on pourrait parler ?

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1 déconfinée !!!

Mon humble avis : Est-il possible d'écrire et de dessiner une bande dessinée entière sur des gens qui n'ont rien à se dire et se demande bien quoi se dire, le tout sans lasser le lecteur, voire même en l'amusant franchement ? Réponse OUI !

Défi relevé haut la main par Fabcaro, avec cette tragédie en trois actes, en trois lieux, en trois temps. Même si le deuxième lieu n'est que pour mériter la mention "en trois actes", puisqu'il s'agit de la salle de bain.

Bref, une famille se réunit, comme d'habitude, un dimanche midi.... Les grands-parents, leurs deux filles et gendres et deux petits enfants. Et quasiment tout au long de cet album, les personnages se demandent ce qu'ils pourraient bien se dire, cherche désespérément un sujet de conversation, quitte à voter à main levée pour le choix du sujet... A chaque amorce de conversation, c'est évidemment la cata... Soit les idées sont trop divergentes, soient trop semblables. Et puis surgit la concurrence entre gendres à qui a le mieux réussi dans la vie... selon l'Iphone dont il dispose. Bref, ça part complètement en live, en free style,  en burlesque, et même en ubuesque. Fabcaro ose tout, même quelques cadavres vite oubliés dans l'indifférence familiale. C'est caustique et incisif à souhait !

Le génie dans l'auteur est de tout dire et tout dessiner sans rien dire en fait. Au lecteur "d'analyser" cette caricature certes exagérée, mais bien sentie, de la société actuelle, de sa vacuité, du nombre de ses sujets tabous, de ses (non) repères, de l'ennui, de la langue de bois, de ses habitudes si rituelles et formatées qu'on ne sait même plus si elles font plaisir... Fabcaro montre à la loupe bien grossissante et déformante ce qui se passe dans certaines réunions de famille, ou ce que l'on aimerait parfois qu'il s'y passe. Ce qu'on dit, ce qu'on tait, ce qu'on pense si fort que cela s'entend. C'est vraiment jubilatoire, d'autant que cet album est servi par de très jolis dessins, qui parlent souvent d'eux-mêmes... Comme quoi, parfois, voir sans rien dire suffit à tout montrer ! Bref, l'esprit et la connivence familiale vus comme un leurre !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Juin 2020

Place Tiananmen, juin 1989, BD, Chine, dictature, Printemps de Pékin

BD - Editions Seuil Delcourt - 102 pages - 17.95 €

Parution en avril 2019

Le sujet : 30 ans après 1989, le témoignage inédit d’un des leaders étudiants de l’occupation de la place Tiananmen à Pékin décrit comment se sont brisés les espoirs d’une génération et comment s’est façonnée la Chine contemporaine.

Voilà 30 ans, le 15 avril 1989, commence l’occupation de la place Tiananmen par

  les étudiants réclamant que la démocratie accompagne les réformes économiques. Le 4 juin, Deng Xiaoping envoie l’armée massacrer les étudiants rassemblés pacifiquement. Zhang Lun était en charge de l’intendance et du service d’ordre. Il livre pour la première fois son témoignage sur cet épisode crucial de l’histoire mondiale.

 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Voici "encore" un album tellement nécessaire pour que l'Histoire ne tombe pas dans l'oubli. Et oui, le Printemps de Pékin, c'était en 1989, c'est déjà de l'Histoire... dont les répercussions ne sont pas encore terminées... Puisqu'il y a eu tant d'"autres Printemps" depuis, et surtout, quelques mois après, la Chute du Mur de Berlin.

Cette BD est très instructive, passionnante et émouvante à lire, car ma génération se souvient encore des images télédiffusées à l'époque, et notamment celle inoubliable de ce jeune étudiant chinois qui s'est dressé en pleine rue devant les chars (de l'armée de "Libération Populaire") pour les arrêter. Ce que l'on ne sait pas, ou plus, à notre époque, c'est que lorsque cette photo a été prise, une grande partie du massacre de la place Tiananmen avait déjà eu lieu. Si des journalistes internationaux se trouvaient alors sur place, c'est parce que quelque temps avant, avait lieu une rencontre historique entre Deng Xiaoping et Gorbatchev.

Cette oeuvre est très dense, d'autant plus que pour convenir au format BD, les événements sont condensés. Aussi, pour ma part, je n'ai pu la lire d'une traite. En prologue, un trombinoscope présente les principaux protagonistes d'alors (les bons, comme les méchants), sachant qu'au fil des pages, se glissent quelques personnages inventés pour dynamiser la présentation du sujet. Enfin, en post face, un cahier montre des photos et objets d'alors, revient sur un siècle d'histoire Chinoise et offre une analyse simple mais efficace de ces événements et de leur perception internationale....

Ce que l'occident n'a peut-être pas vraiment compris à l'époque, c'est que le Printemps de Pékin n'était ni une révolte (puisque les étudiants sont restés pacifiques, employant la grève de la fin) ni une révolution. Le peuple réclamait juste plus de démocratie et l'occupation de la place Tiananmen découlait de l'espoir suscité par le Parti politique lui-même alors que les réformes stagnaient.

L'un des auteurs, Lun Zhang, témoigne en fait de ce qu'il a vécu, puisqu'il était au premier rang des étudiants de l'époque et très parti prenante dans le mouvement. Il fit partie des 21 leaders du mouvement les plus activement par le gouvernement Chinois. Il a fui la Chine via Hong Kong, avant d'arriver en France, où il a refait sa vie.

Tiananmen 1989 est donc bien évidemment un BD à mettre dans toutes les mains, dès l'adolescence, une BD plus que nécessaire pour éviter l'oubli de l'Histoire et sans doute sa répétition.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Mai 2020

BD Les petites victoires, Yvon Roy, avis, blog, chronique, autisme

BD - Editions Rue de Sèvres - 160 pages - 17 €

Parution en octobre 2017

Le sujet :  Comment réagir face à la maladie d’un enfant ? Comment faire le deuil de l’enfant parfait rêvé et donner toutes ses chances à un enfant différent ? Face à l’autisme de son fils, Max choisit le combat. Pendant huit ans, il se plonge à corps perdu dans l’éducation d’Olivier, pour lui apprendre l’autonomie que sa maladie lui refuse.
À rebours des indications médicales d’alors, il confronte petit à petit son fils à ses peurs, l’entoure, l’accompagne. Chaque petite victoire compte alors et donne la force de continuer. Un témoignage poignant qui interroge, au-delà de la question particulière de l’autisme, sur nos rôles de parents.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Cette histoire autobiographique est très touchante et très humaine. Malgré le sujet (l'autisme juvénile), cet album est très facile d'accès et s'adresse justement à toutes et à tous... En effet, certains choix d'éducation de Max envers son tout jeune fils autiste lourd sont tout à fait adaptables pour celle d'un enfant neurotypique. Car Olivier n'est pas qu'un autiste lourd, il est aussi et avant tout un enfant.

Petite remarque sur le pitch, qui est celui de l'éditeur... L'autisme n'est pas une maladie (il n'existe pas de traitement), mais un syndrome, dans lequel le porteur peut évoluer. Mais l'évolution sera propre à chacun. Aussi, les méthodes utilisées par Max avec son fils Olivier ne fonctionneront pas avec chaque enfant autiste, et il pourrait être dangereux de ne se fier qu'à cet exemple tout en sortant de tout accompagnement professionnel. Car rappelons le, il existe autant d'autismes qu'il y a d'autistes.

Mais ça n'empêche que cet album est une petite merveille d'amour, qui n'élude rien des difficultés, des doutes, des découragements, mais aussi des petites joies qu'éprouve Max à partager la vie de son fils Olivier. Et pourtant, Max revient de loin... Après le diagnostic d'Olivier, il a comme on peut dire "péter les plombs", au point qu'il se sépare de sa femme et qu'il néglige son fils... Jusqu'à une prise de conscience... Désormais, il consacrera sa vie à son fils. C'est cette relation nouvelle et évolutive qu'Yvon Roy développe ici, avec justesse et un graphisme qui colle parfaitement au sujet. On ne peut qu'être admiratif devant ce père qui monte au front de l'autisme et qui ne laisse rien au hasard, qui ne baisse pas les bras, qui se bat à chaque instant pour sortir au maximum son fils de l'autisme et l'amener ainsi à une relative indépendance. C'est donc à force d'une hyper stimulation quasi constante que Max change les choses qui semblaient enracinés, aux dires des professionnels.

Les petites victoires est une BD pleine d'amour, de tendresse, et surtout une belle histoire d'espoir, magnifiquement racontée. Une histoire qui peut aussi aider à changer le regard des autres, le regard des non-initiés à l'autisme devant le comportement parfois si particulier de ces enfants, notamment en public. Et ces petites victoires, si minimes puissent elles paraître, amènent chacun à relativiser tant de problème paraissant énormes et insurmontables. Donc en bonus, une belle leçon de vie. A lire, évidemment.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Avril 2020

Les jardins du Congo, Afrique, BD, Nicolas Pitz

BD - Editions La boite à bulles - 144 pages - 21 €

Parution en août 2013

L'histoire :  1940, les Allemands envahissent une Belgique neutre, sans véritable défense. Durant l'Occupation, comme de nombreux autres jeunes de Chimay, Yvon veut échapper aux camps de travail : il décide de se cacher dans la forêt. Les semaines passent, puis les mois et les années... Au total, ce sont quatre interminables années qu'il va passer dans les bois à lutter contre la peur, la faim et la folie...
Lorsqu'il peut enfin sortir de son refuge, Yvon éprouve un besoin vital de changer d'air pour effacer ses cauchemars et se donner l'occasion de démarrer de plain pied sa vie d'adulte. Il prend donc le premier bateau en partance pour le Congo, la colonie belge si pleine de promesses. Mais dans une Afrique qui aspire irrémédiablement à son indépendance, Yvon parviendra-t-il à préserver cet équilibre de vie qu'il a trouvé à l'autre bout du monde ?

Tentation : Titre et couv'

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cette BD est inspirée des souvenirs du grand-père de l'auteur, il s'agit donc d'une biographie, qui développe autant l'aspect familial qu'historique par ses contextes : au début, la deuxième Guerre Mondiale en Belgique, puis la colonisation et l'indépendance au Congo Belge.

Cet album est très intéressant, c'est indéniable, puisqu'il nous ramène dans une époque que nous n'avons pas vécue. L'aspect visuel, planches, dessins, police de caractère sont très agréables, fluides à suivre, colorées.

Et pourtant, je ne lui octroie que 3 pattes ! Pourquoi diable ?

Par ce que ma lecture ne m'a pas été si agréable : elle m'a mise mal à l'aise de par ses descriptions très réalistes de l'époque coloniale, de ses us et coutumes, de cette suprématie blanche répugnante, qui poursuit l'esclavage, sans en être conscient. Certes, c'était une autre époque, Yvon n'a eu une jeunesse et un environnement familial facile, certes, il est lui-même bosseur pour se construire un empire. Mais il ne se remet jamais en question dans sa façon de traiter les noirs, même si, dans son entourage amical, d'autres sont pires que lui. Et pourtant, il s'était juré de ne jamais devenir comme son père... il ne voit pas qu'il suit le même chemin, mais sous une autre contrée, donc dans des nuances différentes qui lui échappent. D'ailleurs, quand il sera obligé, plus tard, de rentrer en Europe, son comportement envers ses employés reste sujet à caution.

Aussi, à part dans les premières pages lorsqu'Yvon survit en forêt lors de la Guerre Mondiale, je n'ai pas pu développer d'empathie envers lui, à cause de son comportement envers la population noire et la faune locale. Il fuit ses démons, mais ne cherche pas, à mes yeux, à les comprendre, à les analyser. C'est curieux, mais cet album ne m'a pas sembler dresser un portrait très reluisant du grand-père de Nicolas Pitz.

Il n'en reste pas moins que culturellement, cette histoire est intéressante et bien menée.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Avril 2020

BD, Bande dessinée , Caravane, Désert, voyage

BD - Editions Boite à bulles - 150 pages - 19 €

Parution en août 2009

 

L'histoire :   Un jeune homme étranger traverse le désert en compagnie de chameliers touaregs. Au cours de son voyage, il apprendra à connaître le vent, le sable, la nuit et surtout la caravane elle-même, immuable et mouvante, suspendue au-dessus du temps.

Tentation : La couv' et le titre

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Cet album est paru tout d'abord au début des années 2000, mais en noir et blanc. La version 2009 est une réédition en couleurs. Ceci le rend peut-être un peu plus attractif au premier abord.

En fait, les dessins sont ultra minimalistes, simplissimes, naïfs. Certaines planches se veulent sans doute hypnotiques, comme peut l'être le désert, la répétition des pas, du quotidien, le rythme lent de la caravane, etc... Bref, cet aspect-lade cet album ne m'a pas séduite. De belles aquarelles auraient tellement mieux habillé le sujet.

Par contre, j'ai beaucoup aimé les magnifiques textes en entre pages et les quelques bulles qui économisent les mots, comme les hommes du désert pour ne dire que l'essentiel. Les textes narratifs sont inspirés et inspirants, même si pas toujours limpides. Méditatifs, poétiques, spirituels, lyriques, philosophiques. Au-delà du voyage dans les dunes du grand erg, cet album offre une odyssée au coeur de l'âme et de soi-même.

Cet album est un hymne au voyage et un bel hommage aux hommes du désert, à leur force, à leur croyance, à leurs légendes. Et c'est aussi une célébration des éléments... La terre, le vent, le sable, l'eau... et quelque part, la caravane, c'est chacun de nous en particulier et dans la multitude.

Narrée comme un conte, cette histoire est aussi une belle parabole sur la vie, qui est aussi une traversée. Car je pense qu'on peut la lire au premier degré (une traversée du désert comme une initiation), mais aussi à un autre degré : le désert et les efforts qu'il impose et tout ce qu'il suppose étant une formidable métaphore de la vie, dans ce qu'elle est dans son entièreté : la douleur et la beauté, la résignation et la révélation au cours d'un long voyage, comme une caravane, qui invite à la contemplation, à prendre son temps, à mûrir à son propre rythme.

"Le fil de la solitude erre dans le désert, la caravane est son fourreau"

"L'homme est ignorant - dit un chamelier - il veut toujours aller plus loin. Le coeur, par contre, est sage : il n'ambitionne que de battre".

"Il n'y a pas de distance dans le désert. Le lointain est dans les sandales du voyageur"

"Le désert - m'explique un guide - change sans cesse. Si tu l'observes bien, tu verras que sa capacité de changement est infinie. C'est pour cela que le désert est éternel".

"La caravane est chose fragile... Ce n'est pas celle qui arrivera qui est partie. Celle d'aujourd'hui n'est pas celle de demain."

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Avril 2020

BD, Jérémie Dres, Dispersés dans Babylone, Judaïsme, Ethiopie, rastas, reggae, avis, blog

BD - Editions Gallimard - 184 € - 22 €

Parution en 2014

 

Le sujet :  Pourquoi le reggae fait-il si souvent référence au judaïsme ? Cette question, qui tourne, à l'obsession, entraîne Jérémie Dres d'Addis-Abeba à New York dans une vaste et passionnante enquête, où se mêlent destins individuels et grandes légendes.

 

 

Tentation : Pitch et titre

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cette BD est foncièrement intéressante et pour qui parviendra à se concentrer et à intégrer tout ce qui y est dit, il y a de forte chance pour qu'elle devienne passionnante.

Parce qu'effectivement, l'album est très dense dans les informations données et pour moi, il a manqué un glossaire pour me rappeler à mon bon vouloir les expressions, termes utilisés pour nommés les différentes branches du judaïsme et mouvements accolés. J'irai même jusqu'à dire qu'un schéma avec groupes, sous-groupes, époques, flèches etc m'aurait bien aidée à sortir de cette lecture vraiment plus enrichie, en y voyant clair quelque part.

J'avoue que cette oeuvre répond à des questions que je ne m'étais jamais posée, parce que j'ignore tant du sujet. Des juifs noirs ? Ah bon... Oui... En fait, pourquoi pas, mais comment.

Le lien entre le reggae, les rastas et le judaïsme ? Cela apparaît très vite si l'on connait l'Histoire du Judaïsme, les 12 tribus, qui passe depuis longtemps et encore maintenant par l'Ethiopie... Haïlé Sélassié, Rastafari etc... Le retour à la terre des origines aussi pour les afro américains etc... Mais cela reste tout de même assez nébuleux pour moi, la BD manquement de clarté et de synthèse finale. Peut-être qu'il me faudrait relire l'album et prenant des note, en composant moi-même un schéma... Mais pas envie.

Il reste tout de même de bons intérêts à cette bande dessinée qui est aussi une quête identitaire personnelle de l'auteur et un questionnement sur ses racines. Je pense que les lecteurs qui auraient déjà de bonnes connaissances sur le sujet apprécieront sans doute plus cette lecture que moi en se sentant moins perdus.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Mars 2020

Album, BD, Fabcaro, Moins qu'hier et plus que demain, avis, chronique, blog, humour

BD - Editions Glénat - 64 pages - 12.75 €

 

Parution en mai 2018

Le sujet : Acceptez-vous d’être débordés par les tâches du quotidien ? D’aller déjeuner chez vos beaux-parents chaque premier dimanche du mois ? De mettre une liste sur le frigo pour savoir qui fait quoi dans la maison ? Et d’avoir des idées divergentes sur l’éducation de vos enfants ? Alors félicitations, vous voici unis par les liens d’un mariage précaire et conflictuel !

Auteur du désormais culte Zaï Zaï Zaï Zaï, Fabcaro nous offre dans ce nouvel ouvrage un portrait acide et décomplexé des relations de couple. Situations cocasses, moments absurdes, incompréhensions, quiproquos, confidences sur l’oreiller... une série de strips qui nous fait autant méditer sur la société que sur nous-même mais qui, surtout, n’oublie jamais de nous faire rire.

 

Tentation : Nom de l'auteur et sujet

Fournisseur : La bib N°1

 

Mon humble avis : Comme j'avais adoré Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro dont je garde un souvenir mémorable, je me régalais d'avance devant cet album... Qui n'a pas eu le même effet sur ma petite personne.

Certes, c'est décalé, caustique à souhait, cynique, cocasse et parfois drôle. Oui, parfois ! Fabcaro met en scène une situation par page et ces situations minutées forment une journée une fois regroupées. Toutes des saynètes ne m'ont pas forcément fait rire, certaines sont tombées à plat pour moi, qui manque peut-être d'humour. Je me suis par contre franchement amusée du seul personnage vraiment récurrent, qui ouvre et qui clôt l'album, dans la même position et le même état d'esprit : dans son lit, en attendant toujours que sa copine Géraldine (eh oui !) revienne de la boulangerie, au bout de plus de vingt quatre heures ! Il préfère imaginer 36 raisons que de se rendre à l'évidence !

Bref, Fabcaro passe au vitriol le couple et sa routine et ses désillusions. Et oui, Mars et Venus ne sont vraiment pas faits pour se comprendre. Le fossé de communication qui le sépare est devenu un gouffre ! Derrière l'humour cynique et des dialogues percutants, l'analyse de notre époque, complètement dysfonctionnelle, reste intéressante, mais l'ensemble m'a semblé trop inégal pour me séduire autant que Zaï Zai... Agréable, vite lu, mais vite oubliable quant à moi !

 

L'avis de "Lectures sans frontières"

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Mars 2020

BD, album, Afrique, Congo, Gabon, colonisation, rapport de Brazza

BD - Editions Futuropolis - 144 pages - 20 €

 

Parution en juin 2018

Le sujet :  Au XXᵉ siècle naissant, alors que le bassin du Congo devient le théâtre de tensions internationales croissantes, la presse se fait l'écho de crimes commis envers les populations locales. Quelque part au nord de Bangui (actuelle Centrafrique), deux administrateurs coloniaux français assassinent un homme dans un raffinement de cruauté. Révélée le 15 février 1905, ce qui devient rapidement «l'affaire Gaud et Toqué» est un véritable choc pour l'opinion. Pour le gouvernement, l'urgence est d'en démontrer le caractère isolé. Sous la pression parlementaire, une mission d'enquête est envoyée au Congo sous la direction d'un explorateur à la réputation d'honnêteté incontestée : Pierre Savorgnan de Brazza. Après quatre mois d'enquête, et contre l'attente du gouvernement, Brazza et ses collaborateurs livrent un rapport terrible et terrifiant. Il sera aussitôt «oublié» dans un coffre-fort du ministère des colonies...

 

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : Bib N° 1

 

Mon humble avis : Une BD comme je les cherche : instructives, qui me révèlent des tas de choses que j'ignorais. Le rapport Brazza est indubitablement de celles-ci. D'ailleurs, ce n'est pas vraiment une lecture plaisir, car elle nécessite de la concentration à plusieurs niveaux.

Les bulles sont nombreuses et très denses. Beaucoup de texte, avec une police de caractère qui m'a parfois menée à devoir déchiffrer certains mots. Les visages des personnages ne sont pas non plus évidents à démarquer, à retenir, à reconnaître. Certains se ressemblent, d'autres évoluent au cours du grand voyage de la mission Brazza au Congo et au Gabon : pilosité, maigreur etc... D'autant plus qu'entre les membres du gouvernement parisien et les administrateurs de différents grades des colonies, cela fait pas mal de monde et de noms à situer (j'ai parfois abandonné, sans que cela m'empêche de saisir l'ensemble de ma lecture). Les illustrations sont de style aquarelle, superbe pour les paysages, moins pour les personnages, qui se retrouvent avec des tâches sur le visage, dans le cou... Tâches sensées sans doute représenter les ombres mais qui me semblent bien aléatoire et me dérangent toujours.

Il n'empêche que cette BD est incontournable, puisqu'elle délivre au grand public le fameux rapport Brazza, qui date de 1905 et qui a toujours été réservé à l'oubli (ou la censure, c'est comme on veut), jusqu'à ce que récemment, des historiens s'y intéressent. Ce rapport est bien sûr accablant pour la France, quant à son comportement dans les colonies, (ici le Gabon et le Congo Brazza) face aux populations indigènes et l'utilisation des matières premières. C'est horrible, effarant et pourtant bien réel. Tortures, rafles, "esclavage" (même si celui-ci était officiellement aboli), enlèvements, séquestrations dans des conditions insalubres, exploitation, assassinats, meurtres etc... Bref, de la pure barbarie sur ceux qui sont nommés "les sauvages". Cherchez l'erreur ! Voici le "beau" C.V de la France en ces terres Africaines et occupées. L'Etat ne semblait pas au courant, puisqu'elle laissait globalement la gestion des colonies aux compagnies concessionnaires qui exploitaient terres et ressources. Cela évitait à l'Etat d'investir, puisque compagnies s'engageaient à le faire.  Durant "L'acte de Berlin", l'Etat Français s'était engagé au respect des populations locales et à des investissements visant à améliorer les conditions de vie sur place... Hors, sur place, comme nous le démontre cet album, c'est une toute autre histoire.

Le Rapport Brazza permet vraiment d'apprendre tout ce que l'on nous a caché, autant politiquement que dans notre éducation scolaire. Il permet aussi de comprendre un peu mieux comment fonctionnaient les colonies à l'époque mais aussi, et oui,  les conséquences de ceci dans l'actualité contemporaine... et quotidienne, si l'on prend le temps de s'y intéresser. Car hélas, même si tout est dorénavant "légiférer" et un peu plus surveillé par des organismes mondiaux, il est bien triste de constater que les choses n'ont pas vraiment changé.

Malgré quelques difficultés de lecture, je recommande donc chaudement cet album poignant, dont le personnage central, Pierre Savorgnan de Brazza (A qui la capitale du Congo doit son nom : Brazzaville) est très attachant et permet de se dire qu'il existe tout de même quelques hommes bons (ou moins pires car naïfs peut-être) dans cette Histoire... Et bonus habituel du genre, à la fin, un cahier réexplique et resitue le tout de façon claire et passionnante, via extraits de documents d'époque et interview d'historiens.

Plus d'infos sur le Congo et sa colonisation entre autre, c'est sur Wiki

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Février 2020

BD - Editions Urban Comics -136 pages - 15.50 €

Parution en février 2016

 

L'histoire :  L'avenir professionnel de Steve n'a jamais paru aussi prometteur. On vient tout juste de lui proposer d'imaginer les nouvelles aventures du plus célèbre de tous les héros : Superman. Côté personnel, il s'apprête cependant à connaître les moments les plus douloureux de son existence : son père a disparu sans laisser de message, laissant sa mère en plein désarroi. Au même moment, il apprend qu'une maladie génétique menace sa vie mais également celle de ses futurs enfants. Dans son imaginaire, Steve dispose de pouvoirs incommensurables, capables de faire bouger les planètes, mais dans la vraie, Superman n'est qu'une créature de papier, impuissante... Vraiment ? Un symbole est-il capable de sauver la vie d'un être humain bien réel ?

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : J'ai emprunté cet album à la bib car le pitch annonce qu'il y est question de "Super héros"... et je suis fan des personnages à super pouvoirs... Ici, il est question de Superman, qui n'est point mon préféré, puisque je j'apprécie beaucoup plus ceux issus de l'écurie Marvel.

Quid de cette lecture... qui fut quelque part fastidieuse, mais intéressante. Mais qui me laisse néanmoins perplexe. En général, une bande dessinée se lit d'un trait. Pour c'est un oiseau, il m'a fallu plusieurs cessions de lecture. En fait, pour résumer les choses, je dirais que pour moi, ce fut expérimental, tant dans le déroulé un peu anarchique de l'histoire, que dans la formule narrative, de quand les graphisme qui sont tout de même par moments bien particuliers.

Le personnage de Steve et toutes ses questions existentielles ne m'ont pas passionnée vraiment... D'autant que ce même à tout ceci un drame familial lié à une maladie génétique et dégénérative (la maladie d'Huntington) En fait, je trouve dommage que les auteurs aient mélangés ces deux sujets, même si évidemment, la conclusion réunit les deux dans une évidence : on est tous, à plus ou moins grande échelle, les super héros de notre vie, ou d'une vie, en fonction de ce que l'on est amené à affronter.

Mais l'aspect intéressant de cet album sont les études thématiques sur les mythes des super-héros (ici Super man), des modèles de perfection qu'ils représentent au-delà de leur super pouvoirs (justice, souvent outsider, invulnérabilité, pouvoir, perfection, courage)

Il est montré aussi que nous nous comportons souvent comme ces héros... En effet, la façon dont nous nous habillons ne s'approche-t-elle pas d'un certain costume dans notre représentation ? N'avons-nous jamais le sentiment de ne pas être de ce monde, de venir d'ailleurs tant celui-ci nous semble étranger à nous même ? N'avons-nous pas, chacun au fond de nous, une identité secrète que nous taisons au reste du monde ?

Les auteurs montrent aussi que tous ces pouvoirs cumulés pourraient devenir les pires dangers du monde... s'ils tombaient du "côté obscur de la force". Bref, cet album est donc aussi une réflexion sur toute forme de pouvoir.

Bref, une BD avec des passages franchement intéressants mais trop entremêlés dans les dérives existentielles et privées du personnage... Alors voilà, si vous aimez les albums d'aspects expérimentaux et réfléchir sur le fondement des super héros, cet album pourrait vous plaire, tout en vous laissant perplexes en même temps ! Mais je ne crois pas que "c'est un oiseau" me marquera longtemps, malgré la fascination que j'avais pour le sujet !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Janvier 2020

BD, Kurt Cobain, Nirvana, avis, chronique, blog

BD - Editions Urban Comics - 96 pages - 14.50 €

 

Parution en février 2017

Le sujet :  When I Was an Alien revient sur l'enfance de Kurt Cobain, jeune garçon d'Aberdeen féru de musique. Au calme et à la solitude de la vie en banlieue se substitue rapidement un quotidien ponctué de répètes entre amis. Peu à peu Kurt fonde Nirvana, le groupe de grunge qui a bouleversé le paysage musical à jamais. Contient : Kurt Cobain: When I Was an Alien

 

Tentation : Une coïncidence !

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Il y a quelque temps, les médias annonçaient que le vrai gilet que Kurt Cobain portait lors du devenu mythique concert "Unplugged in New York" (1993), avait été vendu aux enchères, tel quel, non lavé depuis le jour J, avec les trous de cigarettes etc... pour 334 000 $ ! Et quelques jours plus tard, je tombais sur cette BD à la bib ! Allez hop, on embarque. Nirvana ! Ah que de souvenirs ! Le grunge, la désillusion, un homme à fleur de peau, le rock dans toute sa splendeur... Qui de ma génération ou d'une autre n'a jamais joué de "l'air guitare" en remuant tête et cheveux comme Kurt ? Bon, et puis le destin tragique... le suicide, le club des 27 qui s'étoffent au fil des années...

Peut-être cet album parlera bien aux archi fans du groupe Nirvana. Mais de mon côté, j'avoue ne pas avoir accroché. Les dessins déjà... Relativement brouillons et surtout des nez très étranges, avec un tracé supplémentaire et point du tout utile, mais qui se voit comme... le nez au milieu de la figure et qui a donc capté mon attention sur chaque planche, au point de m'agacer. Et rien d'autre de marquant, d'agréable ou d'assez réussi pour attirer l'attention.

Cette BD couvre une longue période de la vie de l'artiste, depuis sa petite enfance jusqu'au début du succès. Mais il m'a semblé que les événements étaient assez survolés, l'émotion (artistique ou humaine) ne m'a pas atteinte. Les auteurs ne sont pas parvenu à rendre compte des tréfonds différents de Kurt Cobain, ni de son caractère d'écorché vif, sa désespérance, sa colère. Non, rien de tout ça n'émerge un tant soit peu. La difficulté à distinguer certains protagonistes des autres m'énervait. Et surtout, j'ai eu l'impression de ne pas apprendre grand-chose de cet homme et de ce groupe dont je ne sais, à la base, presque rien.

Bref, une "rencontre" ratée pour moi, qui lisait cet album comme si c'était une esquisse, un brouillon d'un projet plus abouti. A vous de voir ! Mais cela m'a tout de même remis de la bonne musique dans la tête, alors pour le plaisir et le souvenir, je partage !

 

Et donc le fameux gilet ! Quand on dit que les achats d'occasions sont l'avenir !

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Rédigé par Géraldine

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