Articles avec #bd... tag

Publié le 29 Octobre 2018

BD - Editions Gallimard Jeunesse - 120 pages - 16.90 €/tome

 

Parution du premier tome en 2010

 

L'histoire :  Bienvenue est étudiante aux Beaux-Arts de Paris. Elle manque d'argent, enchaîne les petits boulots et vit en colocation avec Lola, sa cousine délurée. Entre les enfants qu'elle garde, le nouvel amant de sa mère, les peines de coeur de Lola, et la jeune fille suicidaire qui a décidé d'être son amie, Bienvenue a le sentiment de ne s'occuper que des autres et cherche un sens à sa vie...

 

 

Tentation : Ma "fanitude" de la série Aya de Yopougon de la même auteur

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Déjà, en entamant le tome 1, assurez-vous que vous pourrez vous procurer très vite, ou en même temps, les deux autres tomes. Je me suis faite avoir, n'ayant au début que les deux premiers tomes... Et le deuxième tome s'achève vraiment dans le vide, donc j'ai été frustrée jusqu'à ce que je puisse me procurer le troisième. Qui plus est, les 3 tomes forment vraiment un ensemble, qui permet d'approfondir les personnages, d'apprendre à les apprécier e fonction de leurs évolutions. (Voilà pour mon conseil avisé !)

Je dirais que quelque part, les aventures et mésaventure de Bienvenue font pensée à celle d'Aya, le personnage phare de la célèbre série de Marguerite Abouet. Bienvenue est une jeune fille débordée par les problèmes des autres, au point d'enfouir les siens et ainsi, de ne pas pourvoir les solutionner. Bienvenue est sollicitée par tout le monde, pour régler pacotilles ou grand désespoir, sans jamais se demander si Bienvenue va bien et si elle a les épaules assez fortes pour porter tout cela. En fait, Bienvenue est la version européenne/parisienne d'Aya l'africaine. Ces albums sont donc très agréables à lire, vivants... Mais évidemment, ils n'ont pas le charme ni l'exotisme des Aya de Yopougon... Point de palmier, ni de case, ni de boubous, ni de chemin en terre. Et évidemment, point de toutes ces expressions africaines qui rendaient les Aya très drôles.

Il n'empêche, l'histoire fonctionne bien et l'on s'attache de plus en plus au personnage, qu'ils soient secondaires ou principaux. Même si certains sont agaçants dans le premier tome, ils évoluent par la suite et révèlent le meilleur d'eux même sur la fin.

Bienvenue, c'est aussi la vie plus ou moins communautaire d'un palier d'un immeuble parisien, palier de chambres de bonne améliorée, habitées par des personnages plus ou moins haut en couleurs, en caractère et en problématique. Et finalement, tout le monde apprend à se connaitre, à ne plus se regarder le nombril, puis à s'entraider, de façon très touchante. Bien sûr, c'est Bienvenue qui est le lien et la colonne dorsale qui unit tout ce petit monde.

Et puis, la morale de l'histoire... Et bien pour Bienvenue, ce sera de réaliser que s'éloigner un peu des problèmes des autres est parfois salutaire... Cela leur permet de se retrouver face à leur propre responsabilité et décision, de ne pas compter sur une seule personne et ainsi, tout le monde se met à la tâche... Et alors seulement, Bienvenue trouvera enfin le temps et le calme pour réfléchir et faire la paix avec elle-même, pour enfin profiter de la vie ! Et être sa bonne samaritaine à elle, et non plus celle des autres !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 27 Octobre 2018

BD - Editions Soleil - 144 pages - 17.95 €

 

Parution en octobre 2016

 

L'histoire :  Le dernier voyage que Jung a effectué en Corée le confronte à une famille qui voit en lui leur fils perdu depuis 40 ans. Faut-il faire un test ADN ? Et si la réponse était positive ? Comment ont-ils perdu cet enfant ? Quid de sa famille en Belgique, qui l'a chéri et élevé ?! Partagé entre Europe et Asie, entre le souvenir de ce qui a été et tout ce qui aurait pu être, Jung tente de définir son métissage.

 

 

 

Tentation : Ma lecture des tomes précédents

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Quelle ne fut pas ma surprise, il y a quelques jours, de trouver en bibliothèque cet album dont j'ignorais l'existence, alors que les 3 premiers tomes m'avait enchantée, captivée, chamboulée ! Bref, la parution de ce 4ème tome m'est passée inaperçu... Pas qu'à moi me semble-t-il, car je n'ai point lu de billet le concernant sur les blogs de mes copines. Pourtant, il y a 4 ou 5 ans, les albums de Jung se voyaient partout !

Jung, le petit coréen adopté par une famille belge, a aujourd'hui 50 ans. Il en avait 44 lors de son premier voyage en terre natale. Et dans ce tome, nous l'y accompagnons pour le quatrième voyage. Entre temps, il est devenu "célèbre" là-bas, grâce à ces BD bien sûr, mais surtout pour leur adaptation cinéma ! Certes, la célébrité est relative, mais réelle, surtout auprès des gens touchés de près ou de loin par l'adoption internationale d'enfants Coréens... ou d'ailleurs.

La quête identitaire de Jung n'est pas achevée, d'ailleurs, l'auteur se demande si une quête identitaire se termine un jour. Dans la première partie de ce tome, avant de s'envoler de nouveau pour la Corée, Jung donne la parole à sa mère adoptive, qu'il n'a pas vue depuis 3 ans. C'est l'occasion de revenir sur l'arrivée de Jung en Europe, de son adaptation en tant qu'enfant, tant à la langue, qu'à la famille, qu'à son environnement. Jung et sa mère évoque aussi le suicide de Valérie, soeur de Jung, également adoptée en Corée.

J'ai été ravie de retrouver Jung dans ce tome, et le serai bientôt une nouvelle fois, puisque l'auteur annonce l'écriture d'un cinquième tome. J'ai eu l'impression de retrouver un vieil ami, mais aussi une part de moi, puisque, même s'il est adulte maintenant, Jung revient toujours sur des moments de son enfance. Et une enfance, nous en avons tous eu une !

Jung apprivoise de plus en plus la Corée, à chacun de ses voyages là-bas... Ce qui en fait, ne simplifie pas tant que ça sa démarche... Plus il passe de temps en Corée, moins il se sent Européen, puisque dans la rue, les gens lui ressemblent... mais il ne les comprend pas lorsqu'ils parlent. L'identité est vraiment une vaste question... Le physique, la langue, la mémoire, les coutumes; les traditions ancestrales, le mode de vie contemporain, mais aussi l'amour que l'on reçoit, les souvenirs... C'est tout cela l'identité. Et lorsqu'une mère biologique se profile, et qu'il est question de test ADN... Et bien réponse dans le tome 5 sans doute !

Au niveau du ton, ce quatrième tome est dans la même lignée que les précédents, pas de rupture. Traits fins, humour, auto dérision, émotions, sincérité, complicité avec le lecteur... Bref, une retrouvaille inespérée pour moi, et qui m'a fait du bien. Et oui, on s'attache !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 15 Octobre 2018

BD - Misma Editions - 96 pages - 18 €

 

Parution en avril 2016

 

L'histoire :  Bienvenue au Club des chats ! Au Club des chats, on a le droit de se poursuivre dans toute la maison, de faire ses griffes sur le canapé, de renverser le sac de croquettes, de gratter la terre des pots de fleurs, et même de dormir toute la journée... Tout ce qui rend un chat vraiment heureux,  quoi ! Dans le club, il y a Marie, une jeune artiste peintre, et ses trois chats : Choupi, Plume et Nounours. Ces trois-là sont champions pour les bêtises et pour troubler le calme et la concentration de leur maîtresse. 

 

Tentation : Quelle question !

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Tiens, une BD coréenne ? Pour être honnête, on le devine par le nom de l'auteure et par la ville de Séoul qui y est citée. Mais point par les traits des personnages... La plupart ne sont pas humains d'ailleurs. Il y a Marie, ses copines et le facteur. Mais les autres, ce sont des animaux. La cafetière est une vache, la bédétiste est une poule etc... Donc, en plus du club des chats, nous voilà un peu dans Zootopie. Mais si cette BD est Coréenne, il semble bien que le comportement félin soit universel !

Bien sûr, si vous détestez les chats, fort possible que cet album vous laisse de glace. Mais si vous les aimez au point de vivre chez eux et non plus chez vous, cet album est pour vous. Même si c'est gentillet, c'est bien drôle et évidemment, on y retrouve tout ce qui fait la vie des chats, le quotidien des humains, et les interactions entre l'un et l'autre ! Pour le pire, comme pour le meilleur. Et, comme il se doit, c'est le pire qui est souvent le plus drôle. Surtout qu'ici, les 3 chats de Marie parlent humains et pensent tout haut !

Les plus grosses gaffes félines, et chaque singularité, tic ou toc de propriétaires gagas de leurs chats sont ici compilés dans une histoire simple qui est surtout composée de saynètes ou le loufoque, voire l'ubuesque, n'est jamais très loin. 

Les dessins, colorés, sont classiques et limpides, comme des dessins qui s'adresseraient à des enfants, ce qui ajoute de la détente au parcourt de ces pages.

Alors, si vous avez besoin d'un bon moment de relaxation sans prise de tête, d'une lecture qui vous fera dire que finalement, vos petits monstres félins sont bien sages par rapport à d'autres, n'hésitez pas à pénétrer dans ce club des chats... Une lecture ronronnante vous attend !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD..., #Un monde de chat

Repost0

Publié le 1 Octobre 2018

BD - Editions Grand Angle - 64 pages - 15.90 €

 

Parution le 10 janvier 2018

 

L'histoire :  Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

 

Tentation : La couv of course, y'a un chat !

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Enorme coup de coeur pour cette BD ! Pépite à lire d'urgence ! 

C'est bien simple, tout m'a plu dans ces pages. Grâce aux joyeux, colorés et significatif dessins, nous savons dès la première page où l'auteur nous emmène... Sur la côte normande... où la côte, justement, recule dangereusement.

On ne l'imagine pas tout de suite, mais le sujet de cette histoire est particulièrement grave... puisqu'il s'agit du choix de la fin de vie. Et pourtant, tout au long de la lecture, on sourit, on est ému, on rit, on s'attache sacrément à cette toute aussi sacrée Madeleine et à son compagnon de matou. Madeleine est vraiment une mamie qui a la patate, du caractère et de l'humour

Autour de Madeleine, on rencontre d'autres personnages de la commune, personnages qui s'inquiètent et /ou s'énervent devant l'entêtement de Madeleine à ne pas quitter sa maison en haut de la falaise rognée un peu plus chaque jour par les éléments. Tout ce petit monde met cette obstination sur le compte de la cécité de la vieille dame... Qui dans une confidence touchante et bouleversante, révélera à l'un d'eux la raison qui la vrille à sa maison.

Le génie de Bruno Duhamel tient dans le fait que "jamais", qui traite du deuil et de la fin de vie, est en fait une BD très divertissante, rafraîchissante, pleine d'humour, de tendresse et de délicatesse... même si elle n'empêche pas la réflexion et l'émotion... Tout y est justesse !

Je ne pense pas que beaucoup de réalisateurs de cinéma lisent sur mon blog, mais si l'un d'eux avait la charmante idée de porter "Jamais" à l'écran, je me ruerai dans mon cinéma préféré pour passer un bon moment avec cette fantaisiste et grande gueule Madeleine. Je passe le message au cas où !!!

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 9 Septembre 2018

BD - Editions Gallimard - 112 pages - 9.90 €

 

Parution en 2012

 

L'histoire :  En pleine guerre d'Indochine, Olivier Bertaux, jeune capitaine de l'armée française, est missionné dans un coin perdu de la forêt vietnamienne. Alors que les attaques viêt-minh se multiplient, cet ancien résistant communiste se voit gagné par la fièvre. Sa raison vacille dans la solitude du fortin. Aussi, quand il capture une jolie révolutionnaire, il choisit d'y voir sa rédemption, d'oublier les hommes et la guerre...

 

 

Tentation : Couv-¨Pitch - Sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Cette BD nous ramène à l'époque où la France ne pouvait être complète si elle perdait un bout lointain de "son" territoire... le Vietnam qui revendiquait son indépendance. Nous sommes en 1947.

Les dessins sont simples mais assez colorés pour être agréables à regarder et suffire au sujet.

Nous suivons l'arrivée d'un jeune officier blanc bec venu de métropole. Il prend la direction d'un fortin éloigné... En pleine jungle et manifestement, cernés par "les ennemis", le Viêt-Minh. Il découvre certes les coutumes, le climat et les maladies de là-bas, mais aussi et surtout, les méthodes utilisées contre l'ennemi... Il tente de remettre de l'ordre et d'imposer ses ordres, mais bon, un virulent chefaillon vietnamien (assez caricatural) l'entend autrement, alors qu'il aurait pu prétendre au poste de commandant si sa peau avait eu une autre couleur. Surtout quand Olivier, notre blanc-bec prend sous son aile une jeune guérillera blessée et soupçonnée d'espionnage au profit du Viêt-Minh. Maï devient sa maîtresse, mais aussi sa bonne à tout faire... Bref, sa concubine rouge (parce que communiste).

Cette BD m'a appris ce que les livres d'Histoire ne l'ont pas fait, par ce que la vérité dérange évidemment. Les officiers français qui "sauvaient" la vie de certaines vietnamiennes en en faisant leur maîtresse, quel que soit leur âge. Les méthodes plus qu'hypocrites de l'armée française qui autorise certaines tortures mais n'en tolèrent pas d'autres sous prétexte qu'elles furent méthodes de la gestapo... Hum hum.

L'histoire "d'amour"  est assez survolée et sonne un peu le déjà vu, en tout cas, ne se démarque pas par son originalité.

De même, la révolte que l'on sent naître chez Olivier, révolte contre les méthodes et les expéditions punitives est intéressante mais pas assez approfondie, alors qu'elle aurait pu donner naissance à une BD passionnante sur le débat intérieur que vit ce jeune officier... Surtout après qu'il ait fait certaines révélations à sa concubine rouge. Mais hélas, les auteurs ne s'attardent pas sur ces révélations qui certes, donnent de l'ampleur au sujet, mais qui sont vite recouvertes par les pages suivantes.

Donc au final, on a une BD intéressante et agréable à lire, mais qui aurait pu l'être beaucoup plus !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 1 Septembre 2018

... UNE TRAVERSEE DU KOSOVO DE L'APRES-GUERRE

 

BD - Editions Soleil - 65 pages - 17.95 €

 

Parution en 2012

Le sujet :  Juin 1999.
À la fin du conflit au Kosovo, un magazine propose à Gani Jakupi – qui résidait alors en Espagne – de s’y rendre accompagné par un photographe, afin d’y faire un reportage sur son retour au pays. Une occasion inespérée pour lui de revoir ses proches.

 

Tentation : Titre et sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

 

Mon humble avis : Attention, énorme coup de coeur ! Par contre, si vous cherchez un roman graphique distrayant, passez votre chemin, celui-ci ne l'est point. Son sujet est trop grave. Mais "La dernière image" est très instructif... et méditatif... Oui, je pense que ça n'a pas fini de tourner dans ma tête. Cet album est plus que marquant, il est imprégnant

Une préface nous permet d'appréhender au mieux notre lecture, et une postface nous aide à analyser en profondeur, via divers points de vue, ce que nous venons de lire. Ceci, grâce à des interviews menées par l'auteur auprès de journalistes et de photographes de guerre réputés.

A l'origine, cet album devait être un article pour la presse espagnole. Celui-ci n'est jamais paru. Alors Gani Jakupi, déjà bédétiste, l'a transformé en roman graphique. Et c'est tant mieux je pense. Les articles de presse passent et trépassent dans la multitude, et dans la consommation médiatique que nous faisons. Certes, un album atteindra moins de public, mais il restera et marquera pour toujours... car le lecteur en aura choisi la lecture et se sera pausé. L'information lui arrive certes bien après le conflit, (donc avec un recul dont la presse ne peut pas toujours se permettre) et ne sera pas absorbée entre le fromage et le dessert.

Gani Jakupi, kosovar d'origine, nous emmène donc dans cette région du monde aux conflits compliqués à comprendre : les Balkans... Et plus précisément, au Kosovo, là où la guerre contre les serbes vient de s'achever officiellement. Officieusement, c'est autre chose... Le danger est partout, diverses armées (dont internationales) sont là, les vengeances commencent, le tout dans un pays meurtri, une terre brûlée avec des survivants de la déportation et d'un nettoyage ethnique. Gani est accompagné par un photographe de guerre et ensemble, ils doivent concevoir un reportage pour un journal espagnol.

En fait, il m'a semblé que le Kosovo ne servait "que" de "toile de fond" au sujet, qui hélas, pourrait être développé dans tous pays en guerre. Car derrière cette histoire de "retour au pays", se cache le vrai sujet de cet album : le métier et le rôle des photographes et journalistes de guerre. Et là, les différents personnages rencontrés au fil des pages nous livrent leur version de leur profession... Les dangers sur place, la neutralité pas toujours facile, l'adrénaline, l'importance du témoignage (à tous prix ou pas), la chasse au scoop pour être le premier sur place, les horreurs qu'il faut "supporter" et auxquelles il faut faire face, le besoin viscéral des victimes de conflits à raconter leur drame auprès d'un journaliste pour que leur histoire ne reste pas veine, que le Monde sache. C'est par ces journalistes que l'histoire de chacun rentre dans l'Histoire

Le tout, avec la pression des médias et "le goût" du public qui se blase de plus en plus vite, sans savoir qui sera touché et comment et par quelle info...

"Quand le public veut voir du drame, il s'en fout de la misère"

La censure liée aux supports commerciaux des chaînes ou des journaux. Avec aussi parfois le reproche de photographier ce que le public considère comme outrage mais dont il se repaît néanmoins. C'est via une multitude de saynètes et de situations différentes que Gani Jakupi abordent ces sujets et les approfondit, comme je l'ai dit plus haut, avec une postface composée d'interviews de quelques-uns de ces photographes de guerre.

"La «dernière», l'image ultime, c'est le Saint Graal de tout reporter-photographe. C'est celle qui vaincra la résistance du public blasé, qui a tout vu et ne s'émerveille, ni ne s'émeut plus de grand-chose. Pour certains, c'est la photo la plus choquante, la plus inquiétante ; pour d'autres, celle qui résume en un cliché tout un événement, un destin, un phénomène." (Gani Jakupi)

Outre le fait que sa lecture est plus que remuante, La dernière image rappelle la guerre du Kosovo, guerre et victimes vite oubliées, et permet de la comprendre un peu mieux. Mais cet album est surtout un outil de réflexion incontournable sur la fonction et le fonctionnement des médias, la neutralité de ceux-ci... Mais surtout, sur l'utilisation personnelle que nous en faisons.

Vraiment, lisez cet album graphique, je suis sûre qu'il restera longtemps gravé dans votre mémoire, comme dans la mienne. Très marquant. D'une force et d'une richesse rares !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 22 Août 2018

BD - Editions Presque Lune - 83 pages - 15 €

 

Parution en juillet 2017

 

L'histoire :  Suite au décès de son ami Jan Stage, ancien reporter de guerre et écrivain danois, son éditeur et ami, Morten Hesseldahl, décide d'écrire en collaboration avec le dessinateur Henrik Rehr ses aventures à Cuba et en Amérique du sud. Déçu par la tiédeur des idées révolutionnaires dans son pays au Danemark, idéaliste et plein de fougue, le jeune Jan poursuit ses rêves utopiques et décide de s'engager dans la révolution Cubaine. Il y rencontrera certains leaders de la révolution dont Che Guevara et Régis Debray, mais la réalité peu à peu le rattrape et érode inexorablement ses illusions. Déjà connu pour ses romans graphiques à succès Mardi 11 septembre (éditions Vent d'Ouest) et Gavrilo Princip (éditions Futuropolis), le dessinateur Henrik Rehr confirme ici son engagement pour mettre en valeur ce touchant témoignage.

 

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Tiens, un roman graphique danois, sur un personnage Danois que forcément, on ne connait pas en France, mais qui a trempé dans pas mal d'événements historiques révolutionnaires de la deuxième moitié du XXème siècle... Voilà qui peut être intéressant et en tout cas assez rare pour être notifié.

Oui, par moments, non à d'autres. Les graphismes en noir et blanc sont agréables à regarder mais ils ne permettent pas toujours de bien distinguer certains protagonistes. Surtout que cet album met en scène des hommes très connus à stature internationale (genre Le Che) et d'autres plus locaux suivants les pays traversés (La Bolivie etc...) L'ensemble m'a paru tout de même un peu désordonné, très elliptique pour que je m'y retrouve vraiment, même si évidemment, certains passages sont captivants car plus ou moins connus, et c'est là, justement qu'il est intéressant d'en savoir un peu plus ou de faire quelques révisions.

Jan Stage est censé être journaliste /correspondant à l'étranger, mais hélas, cet aspect est à peine visible.  J'ai regretté aussi que le personnage de Jan Stage ne soit pas plus approfondi, histoire de le rendre attachant. Non pas qu'il soit détestable, loin de là, mais son histoire et lui m'ont plutôt laissée indifférente. Et c'est dommage, car dans un tel contexte géopolitique, je suppose qu'il y avait moyen de faire captivant !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 4 Juillet 2018

BD - Editions Daniel Maghen - 108 pages - 19.50 €

 

Parution en août 2013

L'histoire :  Alban, jeune soldat français envoyé en Louisiane et porté déserteur, partage à présent la vie des indiens Minetaree. Solidement lié d'amitié avec le trappeur Toussaint Charbonneau, il a abandonné tout espoir de retrouver Louis, l'ami qui l'avait accompagné en Amérique avant de tomber aux mains des Pawnees. Sa décision est prise, il va rentrer en Europe... Malheureusement, son chemin croise celui de guerriers Shawnees, et d'une bande de miliciens. Si ces derniers sauvent la vie d'Alban, ils se révèlent d'une sauvagerie et d'une cruauté bien supérieure à celle des indiens qu'ils sont censés combattre...

 

Tentation : Sujet et dessins

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : La qualité première de cet album est sans conteste la beauté de ses dessins et planches, en style aquarelle. Quelle force ! Et quel apaisement ces dessins apportent dans un récit qui est plutôt brutal. La beauté de la nature face à la rudesse de certains hommes. Quel talent de la part de l'auteur ! Ses planches pourraient constituer une exposition où je me rendrais avec plaisir !

Patrick Prugne nous propose un voyage dans le temps et dans les terres... Dans le temps, car nous remontons à l'époque des colons qui occupaient les Etats-Unis et continuaient à migrer par milliers en vue de la terre promise... malgré ses dangers, les guerres indiennes, la manipulation de l'homme blanc envers l'homme rouge, les alliances des uns et les trahisons des autres. Le contexte historique est bien décrit, et il permet de comprendre le rôle joué par Anglais et Américains dans toutes ces guerres indiennes.

Dans les terres aussi, car nous commençons notre voyage depuis les plages proches de Philadelphie pour aller jusque dans le Midwest. Ce road trip en pays hostile, nous l'effectuons avec Angèle, jeune paysanne française, fraîchement débarquée pour partir à la recherche de son amant et de son frère, dont elle est sans nouvelle depuis des années.

Je découvre que cet album est la suite d'un autre... Frenchman... Ceci, pour info pour vous potentiel lecteur car pour moi, il est trop tard. Mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier vivement cet album. Il nous emmène au coeur des tribus Pawnee, indiens pacifistes, qui finalement décide d'entrer en guerre contre les colons tant ceux-ci les massacres impunément...

Cette BD romanesque est vraiment passionnante et se révèle comme un véritable voyage sensoriel et poétique grâce à ces peintures qui nous plonge dans cette nature sauvage et luxuriante, pas encore abîmée par l'empreinte de l'homme occidental !

PAWNEE, BD de Patrick PRUGNE
PAWNEE, BD de Patrick PRUGNE
PAWNEE, BD de Patrick PRUGNE
PAWNEE, BD de Patrick PRUGNE

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 6 Juin 2018

BD - Editions Sandawé - 56 pages - 15 €

 

Parution en Mai 2017

 

L'histoire :  Vétéran de la 1ère guerre mondiale, Moroni Fenn est un mormon tourmenté. Son comportement violent lui vaut d'être envoyé, bien malgré lui, au Mexique pour assurer la sécurité des colonies des "Saints des Derniers Jours" qui y sont implantées. En chemin, il sauve une petite Indienne exhibée comme un animal sauvage. Un geste qui va réveiller les fantômes de temps qu'on croyait révolus.

 

 

Tentation : Couv et Pitch

Fournisseur : Bib n°3

 

 

Mon humble avis : Et zut, en empruntant cette BD bien tentante, je n'avais pas vu qu'il s'agissait d'une trilogie... dont le deuxième tome n'est pas encore paru !

Bon, peu importe, que ce petit bémol ne vous empêche pas de piocher ce superbe album lors de votre prochaine virée en bibliothèque.

Déjà, les dessins sont savoureux et nous plongent dans les contrées arides et type western de la Sierra Madre au Mexique. Ils nous ramènent aussi cent ans en arrière et nous propose une belle histoire, faite de rebondissements, parfaitement distrayante. Où il est question de l'ombre des Indiens Apaches et Chiricahua, qui ont normalement disparu de la contrée une bonne vingtaine d'années plus tôt, avec l'abdication de Geronimo.

Il est question aussi, sur les toutes premières planches, de la Première Guerre Mondiale, des tranchées, des américains, qui rentrèrent (pour les plus chanceux) chez eux traumatisés. Nous suivons ainsi le parcourt de l'un d'eux, Moroni Fenn. Il a la particularité d'être mormon. Suite à la guerre, il erre dans Salt Lake City très alcoolisé. Il est alors envoyé au Mexique par les Saints des derniers jours pour y maintenir l'ordre. Car l'on apprend ici qu'à cette époque, aux USA, les mormons ont aboli la polygamie dans leurs rangs. Certains mormons, désireux de poursuivre cette tradition, migrèrent au Mexique.

A la fin de cet album, un cahier des plus instructifs nous informe encore plus sur ce sujet, et l'on découvre ainsi que les protagonistes de cette histoire sont inspirés de personnages ayant existé. L'un des auteurs, féru d'histoire d'indiens et de cow-boys (mais surtout des indiens), nous livre alors un historique passionnant et instructif sur les guerres indiennes, sur la "cohabitation" entre indiens, mexicains et colons et la disparition de certaines tribus, notamment, celles des Apaches, "les Indiens sans plume".

Donc à lire évidemment, même s'il faudra attendre quelque temps encore pour suivre les aventures de Moroni, de sa femme et de la jeune indienne Buy. J'ai hâte !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0

Publié le 30 Avril 2018

BD - Editions Steinkis - 192 pages - 22 €

 

Parution en février 2017

 

L'histoire :  Grégory et Nadège sont comblés par la naissance de leurs jumeaux, Charles et Tristan. Pourtant leur univers s effondre lorsque le diagnostic tombe : Tristan est sourd profond.

Comment alors, en tant que parents entendants, un parcours du combattant pour aider leur fils à s épanouir dans notre société d hyper-communication ? Comment respecter son identité propre dans ce monde qui laisse, au final, peu de place à l altérité ?
Bref, comment prendre les bonnes décisions pour Tristan ?
 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Cet album est la transcription graphique de la vie d'un des auteurs, Grégory Mahieux. C'est donc une histoire vraie, mais hélas pas unique mais très représentative... Puisque nombre de parents d'enfants porteurs de handicap se retrouvent certainement dans les mêmes situations.

Ici, il s'agit de la surdité profonde de Tristan, l'un des jumeaux. Sachant qu'ajouté à cela, Charles, l'autre jumeau, souffre d'une grave et restrictive intolérance alimentaire, mais qui est somme toute, comparé à la surdité de Tristan, très vite gérée par Nadège et Grégory.

Cet album n'est pas du tout larmoyant ni plaintif envers le handicap, même si bien évidemment les parents auraient préféré que leur fils soit "normal".  Bien sûr, certains passages provoquent de fortes émotions, notamment de la joie devant les progrès de Tristan. Mais aussi l'admiration devant le courage tant des parents que de Tristan pour affronter le handicap, adapter la vie à celui-ci et surtout à déployer une énergie folle pour que leur enfant puisse progresser, être intégré dans le monde entendant et promis à l'avenir le plus ouvert possible.

Mais le plus souvent, même si le père y met beaucoup d'humour "noir", c'est la colère et le découragement que le lecteur ressent et partage avec les parents. Car oui, malgré la loi de 2005 obligeant à l'intégration des enfants handicapés dans le système scolaire classique, la réalité est toute autre.

Nous suivons donc le parcours du combattant, le casse-tête chinois, le labyrinthe, la mauvaise foi des employeurs, les lourdeurs et les lenteurs administratives, les contradictions des différents services médicaux et paramédicaux, le manque d'aides sociales, le manque de pédagogie à tous les niveaux, que ce soit envers les parents ou envers Tristan lui-même, etc... Bref, toutes ces situations qui donnent envie de s'arracher les cheveux, auxquelles sont confrontés Nadège et Grégory... Qui se battent griffes et ongles pour leur garçon, avec une énergie et une obstination qui forcent l'admiration, mais qui, heureusement portent leurs fruits.

Et de notre côté, on en apprend des choses... Notamment, la différence linguistique hypocrite que fait l'administration entre "intégration" et "inclusion". Bref, le lecteur est souvent révolté par ce qu'il lit.

Ce parcours se déroule dès la naissance des deux bambins et s'achève ici avec la rentrée en CM1 de Tristan. Peut-être que dans quelques années, nous retrouveront la famille de Tristan en BD, pour suivre son évolution. J'aimerais bien avoir des nouvelles de cette famille si courageuse et si aimante.

Une BD magnifique, parfaitement maîtrisée tant dans le graphisme que dans le texte (très présent, mais à bon escient), des bulles.

Une BD d'utilité publique, certainement. A lire, évidemment !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

Repost0