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Publié le 18 Avril 2018

BD - Editions Casterman - 212 pages - 20 €

 

Parution en mai 2017

4ème de couv'  Après Polina, le nouveau roman graphique de Bastien Vivès !« – Y a beau avoir plein de monde, j'ai toujours l'impression d'être toute seule.
– Même quand t'es avec nous ?
– Non, avec vous c'est chouette. »

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

 

Mon humble avis : Il y a 5 ans (et oui, le temps passe vite !), j'avais lu Polina, album de Bastien Vivès et était restée sur une impression mitigée... "Une soeur", trouvé à la bib, était donc l'occasion de clarifier mon ressenti envers cet auteur. Hélas, le bilan n'est pas terrible, je pense que ce bédéiste ne me convient pas. Il ne me touche pas, ou en tous cas pour cette lecture, pas dans le bon sens. Et ses dessins me laissent toujours une sensation de manque... Bien souvent, les personnages n'ont pas d'yeux, les traits étant réduits à leur plus simple expression. Et bien pour moi, un visage sans yeux, c'est comme un aquarium sans poisson, ou une maison sans chat, il manque une âme !

Quant à l'histoire, elle m'a plutôt mise mal à l'aise, même si j'étais à l'origine enchantée de passer quelque temps de vacances estivales sur une île Bretonne avec Antoine et Titi, l'ado de 13 ans et son jeune frère, héros de ce roman graphique.

Ils passent donc les deux mois d'été avec leurs parents dans leur résidence secondaire. Mais cette année, une amie de leur mère, qui vient de subir une fausse couche, vient passer quelques jours chez eux, avec Hélène, sa fille de 16 ans.

Ce qui m'a choqué déjà, c'est que les parents installent Hélène, jeune fille on ne peut plus pubère, dans la chambre de leurs fils, dont Antoine, pré-pubère. Si j'étais mère, c'est une situation que j'éviterai absolument.

Il va évidemment se passer que la belle Hélène va dévergonder l'innocent Antoine qui jouait encore au Pokémon en début de vacances.

Nous assistons donc aux premiers émois d'un ado et à un amour de vacances... Sauf que très peu de sentiments transparaissent... Il y a l'alcool, le shit, la bande de copains peu recommandables. Et le sexe. Cru. On assiste aux débuts d'ébats d'Hélène et Antoine : Masturbation, fellation etc... Avec parfois, le petit frère qui dort à côté. De plus, la fameuse Hélène passe pour une sacrée allumeuse et frise la caricature de la provocation.

Bref, j'ai trouvé cela très précoce pour un ado de 13 ans, plutôt brutal et pas plaisant à lire, d'autant qu'il faut parfois se concentrer pour distinguer clairement de quel personnage émanent les bulles, ce qui enlève encore de la fluidité à un récit qui assez plat et qui met mal à l'aise.

Seule la toute fin est surprenante et bouleversante. Mais c'est trop peu pour être enthousiaste.

Bref, je n'ai pas accroché et si message il y a dans ce roman graphique (on peut bien en imaginer quelques-uns), je les trouve maladroits.

Une histoire d'enfants qui grandissent à l'insu de leurs parents... Mais pour adultes !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Avril 2018

BD - Editions La boîte à Bulles - 96 pages - 18 €

 

Parution en 2011

L'histoire :  Pourtant doué à l'école, le jeune Jacques préfère devenir apprenti dans les imposants ateliers de construction navale, à Bordeaux.  A l'usine, Jacques apprend son travail dans l'atelier des moteurs, au traçage, puis sur la coque du navire « L Indochinois ». Mais il apprend aussi et surtout à se faire respecter. C est qu il y a les ouvriers bienveillants... et les autres ! Les apprentis (ou arpettes, pour reprendre l'expression consacrée) sont souvent considérées comme corvéables à merci, voire comme des souffre-douleurs... Et puis, nous sommes en 1936...

 

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Cet album nous parle d'un temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître... Bordeaux en ces temps-là, les manifs dans les rues et les congés payés... Nous sommes en 1936, Le Front Populaire, Léon  Blum, les jeunesses communistes pleine d'espoir, une Espagne, pas très loin, qui vacille... Et au milieu de tout cela, la vie d'un petit apprenti dans les chantiers naval et des conditions de travail proches de l'exploitation. La grande Histoire et la petite se complètent ici parfaitement.

J'ai trouvé très intéressant cette plongée dans cette année 36 et celles qui ont suivi. Une époque tellement révolutionnaire dans les acquis sociaux, que tout cela résonne encore de nos jours. Sauf qu'à l'époque, on manifestait pour les 40 heures et quelques jours de congé par an.

Pour écrire cet album, l'auteur s'est inspiré des mémoires écrites de son père, mais aussi de celles encore gravées dans son esprit. Des petits détails, des anecdotes de bande de copains encore un peu utopiste et malgré les difficultés de la vie, pleine de fraîcheur. Tout est parfaitement relaté par des dessins nets, assez simples et agréables. Les couleurs donnent un aspect un peu rétro papier journal, même si sur chaque page, une couleur plus vive est mise en évidence. Les bulles ne sont pas trop chargées de texte. Bref, une BD à la lecture très fluide.

Jacques, le personnage principal de cette histoire, est très attachant. Il a quitté l'école, malgré ses bons résultats, pour amener un salaire de plus à la maison. Mais ce qu'il vise surtout, c'est le début de son émancipation. Et cela se saisit nettement au fil des pages et des quelques années qui passent. Jacques gagne en maturité, son regard sur les choses et le monde change, mais son attachement à sa famille et son dévouement restent les mêmes.

Une bien bonne lecture donc, un témoignage intéressant sur une époque, que je vous conseille si elle peut croiser votre route !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Mars 2018

BD - Editions Casterman - 64 pages - 15 €

 

Parution en 2004, à priori réédité en 2014 !

L'histoire : Dans les tranchées de 14-18, un homme est psychologiquement soutenu par les lettres d'amour qu'il reçoit de sa femme Geneviève. Des lettres de Valentines. Quand quelques mois plus tard il rentre chez lui, il apprend que celle-ci est décédée...

 

Tentation : le sujet

Fournisseur : La bib' N°1

 

 

 

 

Mon humble avis : Cet album commence dans les tranchées de la Guerre 14-18, puis nous conduit à Paris et enfin dans les Pyrénées, tout en nous ramenant dans les tranchées lors des flash-back évoqués par les personnages.

Cette histoire est l'occasion de rendre un bel hommage aux Poilus, aux Gueules Cassées, à leur courage, tout en rappelant leurs "conditions" de vie... Et de mort...

Certaines planches sont très fortes en émotion, notamment celles qui évoquent le front et les dialogues entre Augustin (notre homme) et un tout jeune soldat...

Les illustrations sont magnifiques... Un mélange d'aquarelles, de peintures (huile ? Acrylique ?) Les images du front sont tragiquement évocatrices, même s'il est parfois difficile de reconnaître les personnages dont il est question.... Mais en même temps, c'est sans doute très réaliste. Dans la boue etc, les poilus devaient facilement se ressembler...

Nous passons également par Paris, le Paris du début XXème, avec ses bordels, sa bourgeoisie, ses soirées chics où nous croisons Matisse.

De la guerre, nous passons à la démobilisation et au retour des soldats chez eux. Leurs espoirs, leurs craintes, leurs projets, leur étonnement d'être encore en vie et en un seul morceau.

Sauf que pour Augustin, son retour prend l'aspect d'un cauchemar, puisqu'il apprend que sa femme, qui lui écrivait pourtant des lettres langoureuses, est décédée depuis presque un an.

Les sujets de la mort, de la jalousie, de l'amour inavoué, de la passion épistolaire sont donc évoqués. Mais j'aurais aimé qu'ils le soient plus en profondeur, de façon moins anecdotique et quelque part plus ordonnée (enfin, c'est mon impression !) Et puis la fin m'a semblé trop abrupte, trop ouverte. Une belle BD donc, un récit bouleversant, mais... je ne sais pas, il me manque quelque chose pour être plus enthousiaste !

"Regarde-moi bien, Augustin, mon visage... ma jambe en moins. La guerre m'a tué de la pire manière qui soit... en me laissant la vie. "

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Mars 2018

BD - Editions Dupuis - 56 pages - 15 €

 

Parution en 1991 !

L'histoire :  Karl Vandesande, ingénieur agronome à la retraite, vit tranquillement à Bruxelles. Passionné d'art africain, il a même commis un livre sur le sujet. Et voilà qu'un mécène lui propose de retourner au Congo, maintenant état indépendant, pour pouvoir écrire la suite. Karl Vandesande n'hésite pas : retourner là-bas, n'est-ce pas retrouver l'Afrique, ses amis, sa jeunesse ? Pourtant, depuis quinze ans, bien des choses ont changé. Les trafics louches, la corruption, la dictature battent maintenant leur plein. Et "Missié Vandisandi" découvre bientôt qu'il est mêlé à des histoires qui le dépassent. Et, dès lors, un sentiment diffus de peur l'étreint...

 

Tentation : Le palmier de la couverture (oui, il m'en faut parfois très peu !)

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Pour être vite honnête, je n'ai pas apprécié la trame de l'histoire qui aurait pu être intéressante si elle avait été moins elliptique ! Une préface annonce ces ellipses et explique les choix de l'auteur. J'étais donc prévenue... Mais à ce point-là, pas vraiment. On passe vraiment d'une situation à l'autre sans pont

Hermann laisse la possibilité au lecteur de "boucher" les trous par son imagination pour comprendre l'histoire, car il ne souhaite pas un lectorat mou et démobilisé. Bref, il attend de celui qui tourne les pages qu'il fasse preuve d'intelligence. La démarche ne me plait pas plus que ça, car elle peut se révéler méprisante pour celles et ceux qui cherchent de la lecture détente et distrayante.

En fait, dans cette BD, les trois quarts du scénario reposent sur des non-dits et des sous-entendus. Etant donné que le format BD classique n'est pas idéal pour se plonger longuement dans une histoire et faire ses propres déductions (comme cela peut l'être à la lecture d'un thriller de plusieurs centaines de pages par exemple)... et bien je suis sortie de cet album avec une sensation de faim, de noeuds non dénoués et plus de suppositions que de clarté.

Certes, on devine des histoires louches de trafics, de corruption de haut niveau mais quoi précisément ? Aucune idée ! Qui tire les ficelles et pourquoi, les dernières pages ne nous le disent pas.

Cependant, les dessins sont agréables, certains personnages hauts en couleurs, les paysages sublimes (qui nous conduisent même jusqu'aux Seychelles), et l'ambiance africaine semble bien retranscrite et la lecture n'est pas ennuyeuse. Mais ce n'est pas suffisant pour apprécier cette BD !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Mars 2018

BD - Editions Dargaud - 64 pages - 14.99 €

 

Parution en avril 2017

 

L'histoire :   Paul Baron est un des vérificateurs du Guide Mondial des Records, il passe son temps à peser des courges, à assister à des concours aussi divers qu'étranges, à contrôler tout ce que les hommes peuvent inventer pour tenter de se distinguer de la masse. Activité plutôt inoffensive, sauf lorsque l'un des candidats tente de battre un record d'assassinats.

 

 

Tentation : Titre/sujet + scénariste

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Un régal, un délice que cette BD, aucun bémol à signaler ! Tout m'a plu, depuis le graphisme, jusqu'au scénario en passant par la police de caractère ! Bref du pur plaisir de lecture où les pages semblent se tourner d'elles-mêmes.

En fait, je ne m'étais jamais questionnée sur comment fonctionner un livre sur les records... genre le Guinness Book. Avec cette BD, on entre donc dans l'univers de ce type de livre. Depuis les lettres envoyées par les "recordmen" supposés pensant mériter de figurer dans le livre des records, en amont, jusqu'aux conséquences de la publication de ces dits records, en aval. Et, en étal, le boulot de Paul Baron, huissier, qui est chargé de valider et d'homologuer ces exploits (secteurs humain et animalier). Pour cela, il sillonne la France et rencontre des personnages hauts en couleur, touchants, utopistes, rêveurs, prétentieux, fantaisistes, irrévérencieux, hilarants et parfois dangereux. Ce dernier adjectif est là pour ajouter suspens et enquête policière à cet album, qui, déjà bien riche en sujet, n'en n'avait pas particulièrement par captiver et distraire son lecteur. Alors avec cet aspect-là en plus... Et bien nous avons une BD franchement géniale, très drôle mais aussi beaucoup plus profonde qu'elle n'y paraît... et qui amène forcément à un certain questionnement.

Oeuvre cocasse car franchement l'imagination de certaines personnes pour figurer dans le livre des records et sans limite. Elle va même au-delà de l'incongru et de l'ubuesque !... Et cela prouve qu'une bonne partie de l'humanité doit s'ennuyer à mourir pour s'entraîner à de tels exploits. Exemples en vrac :"Je peux superposer 231 osselets dans ma main droite", "Je peux faire péter avec 2 doigts un mètre carré de papier bulle en une minute", "J'arrête un ventilateur avec la langue"

Mais il y a aussi des records beaucoup plus touchant, comme le 100 mètres nage libre catégorie de + de 100 ans !

Mais surtout, avec cette BD, Benacquista et Barral s'interrogent sur ce que l'anonymat a d'intolérable, sur la peur de certains de ne s'illustrer en rien de particulier, "sur le goût de la performance remplacé par l'exploit débile, sur ce qui pousse les gens à se singulariser et à ne pas se contenter d'être juste eux-mêmes.

"A quoi bon s'emmerder à grimper l'Everest quand on peut avaler trois hot-dogs en trente secondes"

Bref,  cet album est un véritable miroir de notre société : tantôt acide, tantôt touchante... Où votre exploit dit qui vous êtes. Une société qui, si vous ne faites rien d'extraordinaire, vous fait vous sentir comme un looser, comme un "rien". Surtout que ces exploits cachent aussi beaucoup d'échecs. Tiens, pourquoi ne pas créer un guide mondial de l'échec ? Bonne idée Paul ! Les deux auteurs livrent donc une histoire qui devient une ode à la normalité.

Allez zou ! On lit cette BD et on s'éclate tel qu'on est ! 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 28 Février 2018

BD - Ediitons Delcourt - 48 pages - 14.50 €

 

Parution d'origine en 2002

Réédition en 2015

 

L'histoire :  À la sortie de l'entraînement, Titou, la star du FCE, est une fois encore sollicité par une vieille femme qui lui réitère sa supplique : venir au repas d'anniversaire de son mari atteint dune grave maladie et fan inconditionnel du joueur. Surmontant ses réticences, il accepte et passe une agréable soirée jusqu'à l'arrivée d'un invité surprise qui va faire basculer son destin de façon tragique

 

Tentation : Le nom de Davodeau

Fournisseur : Ma bib N°3 (Et oui, car me voici inscrite dans une 3ème bibliothèque !)

 

 

Mon humble avis : Cet album fait partie de la trilogie "Un monde si tranquille", dont j'ignorais l'existence... Et donc foi de moi, les 3 tomes peuvent manifestement se lire indépendamment ! Ah, mes recherches me disent que j'en ai lu le tome 1 : La gloire d'Albert !

Ici, Etienne Davodeau brode son histoire autour du monde du football et en dresse un portrait aussi comique que cynique et tout le monde en prend un peu pour son grade ; joueurs, suporters décérébrés, journalistes, propriétaires de club présentés aux manières de mafia. Mais à travers l'oeil et les dessins de Davodeau, c'est un peu la société en général qui est pointée. Car même si cette histoire se déroule dans le milieu du foot, ce sport est tout à fait secondaire dans le récit. La cible de l'auteur est avant tout la "fanitude" et l'hyper-médiatisation. Et oui, que ce soit dans le domaine sportif, ou artistique, les admirateurs ont l'impression, voire sont persuadés que l'objet (et oui, l'être devient un objet) de leur admiration, qui devient aussi celui de leurs fantasme, leur appartient. De même pour ceux qui ont "lancé" la star en question, qui ont peu de scrupules dans l'exploitation extrême de l'individu, dont on peut se demander si ce dernier est encore considéré comme tel.

On peut bien imaginer que Davodeau a rebondi sur la victoire des bleues en 1998... Le personnage principal se nomme Titou... Ce n'est pas très loin de Zizou. Et l'histoire proposée par l'auteur est à mi-chemin entre thriller, chronique sociale, et farce rocambolesque par forcément crédible, mais avec des personnages attachants et drôles, malgré leurs actes... Et oui, car on apprend vers la fin le lien qui unit Titou la star de foot et l'un de ses géoliers, récemment licencié.

Côté dessins, j'ai pas forcément adoré et je me serais bien passée d'un moment un peu gore et change la face de la farce ! Pour être franche, depuis 2002, Davodeau a fait beaucoup mieux. Mais, l'histoire reste intéressante, si on lit à travers les lignes, oups les bulles.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Février 2018

BD - Editions Dupuis - 104 pages - 22.90 €

 

Parution en septembre 2012

 

L'histoire :  Comment résister au totalitarisme ? Avec poésie et amour ! Qu un petit garçon essaie d embrasser son « amoureuse », cela n a normalement rien de dramatique. Sauf si la scène a lieu à l école, dans un pays du bloc soviétique, bien avant que le mur n ait même commencé à se fissurer...

Tentation : Couv' et pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

 

"On peut tout penser, mais on ne peut pas tout dire".

 

Mon humble avis : Voici encore un très bel album, réussi, aux dessins agréables, sur un sujet sensible et intéressant : le totalitarisme, vu à hauteur d'enfant.

L'histoire se déroule en Russie à l'époque Stalinienne, où l'on n'aime personne autant que Staline et la mère patrie.

N'embrassez pas qui vous voulez montre parfaitement le tiraillement des enfants entre l'éducation propagandiste et exclusive qu'ils reçoivent à l'école (donc via l'administration), et celle que leur donne leurs parents à la maison, discrètement, par chuchotements en prenant garde ne pas attirer ni l'attention des voisins ni celle de la milice.

Les personnages sont très attachants, même les plus durs d'entre eux, comme l'institutrice ou le directeur de l'école. Parce qu'on les voit aussi évoluer dans leur vie personnelle, où leur réelle pensée et façon d'être se révèlent, dans le secret.

Le héros de cet album est Viktor, que l'on imagine en école primaire. Il est très mature et vif d'esprit... C'est normal, son père est un auteur dissident. Une de ses petites amies attend le retour de son papa... Le texte ne le dit pas clairement, mais celui-ci a certainement été envoyé au goulag.

Bref, nous évoluons autour de ses enfants que l'administration harcèle et menace pour obtenir la vérité, et qui les pousse à se trahir entre eux, et même à trahir leurs parents. Quel poids pour ces bouts de choux. Mais cet album montre la force de l'amitié, de l'amour et de l'intelligence.

N'embrassez pas qui vous voulez est un formidable outil de réflexion sur la liberté de pensée et ses pouvoirs, sur la création, l'imagination. Mais surtout, sur la vérité, avec des scènes saisissantes, révélatrices et touchantes.

Et quand on lit un tel album, on ne peut que ce dire : que notre enfance française fut douce, si l'on a eu la chance que celle-ci le soit.

 

PS : Suivi d'un post face très intéressant, sur la vérité à travers le temps,  via les mots de Marzena Sowa, d'origine polonaise, lors d'un voyage dans sa terre natale.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Janvier 2018

BD - Editions Delcourt - 128 pages - 17.95 €

 

Parution en août 2016

 

L'histoire :  Jun Sang, né un 16 février tout comme son cher dirigeant Kim Jong-il, est un petit garçon de Corée du Nord comme tant dautres. Très fier de son anniversaire, il vit comme on lui apprend à lécole : le grand leader veille sur lui, lui désigne ce quil doit faire et ceux quil doit haïr de toutes ses forces. Mais ce paradis et la foi indéfectible de Jun Sang en Kim Jong-il va être de courte durée...

 

 

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Encore une petite pépite de BD dénichée à la bibliothèque, et encore une histoire magnifique, même si pas très gaie. Mais une histoire où l'on apprend ou où l'on révise ce que l'on sait vaguement, sans y poser d'image, parce que tout cela est si loin... et hélas, très peu traité par les médias il me semble... Même si la Corée du Nord est depuis quelques mois au coeur de l'actualité internationale très tendue, ce qui s'y passe réellement nous parvient plus par les arts que par les journalistes qui ont, j'imagine, peu ou pas accès à ce pays. Et si accès il y a, celui-ci doit être très limité et très surveillé. En lisant "L'anniversaire de Kim Jong Il, on pense forcément au célèbre album Pyongyang de Guy Delisle. C'est deux BD sont en fait très complémentaire. Pyongyang offre la vision d'un expatrié français dans ce pays on ne peut plus dictatorial et cet album-ci donne la voix à un enfant Nord-Coréen, qui nous conte donc son quotidien.

Au début de cet album, Jung Sang a 8 ou 9 ans et ne trouve rien d'anormal à la vie qu'il mène dans son pays. A la dernière page, il a atteint les 16 ans. Et c'est un tout autre jeune homme. C'est donc un long pan de sa jeune vie qui se déroule devant nous.

La première partie, alors que Jung Sang, conditionné à tous niveaux par l'Etat, vit encore en Corée Du Nord dans un sentiment d'exaltation, d'admiration et de dévotion pour "notre Guide", est dessinée en couleur.

La deuxième partie, celle de l'exil familial et de l'enfermement dans un camp de redressement à la frontière chinoise, la période la plus dure, est en noir et blanc. Tout comme les visages qui changent, qui se creusent alors que la faim devient dévorante.

Enfin, quand après et malgré les épreuves l'espoir renaît, les couleurs refont surface !

Cette BD retrace la vie ordinaire d'un enfant tout aussi ordinaire dans une famille on ne peut plus ordinaire. Si le titre est "l'anniversaire de Kim Jong Il", c'est parce que notre jeune héros est né le même jour que le dictateur. Donc, comme en Corée du Nord, les anniversaires ne se fêtent pas, sauf bien sur celui du "Président démocratique", Jung Sang bénéficie de l'atmosphère festive nationale de cette journée !

Cette histoire, magnifiquement mise en page, est extrêmement poignante et dans ce sens, pas très facile à lire malgré les grammes d'humour de notre jeune personnage. On réalise à quel point la dictature nord-coréenne est sévère, à quel point l'embrigadement et la propagande se font à tous les niveaux et dans tous les domaines. Cet album revient aussi sur la grande et dévastatrice famine qu'a connu la Corée du Nord, la "débrouille" obligatoire  chaque Coréen pour remplir son bol de riz journalier, la peur d'être dénoncé, le travail obligatoire des adultes comme des enfants. Bref, un enfer, qui n'a encore rien à voir à celui des camps de redressement d'une cruauté indicible.

Un album aussi émouvant qu'éprouvant, indispensable, et qui s'achève par une touche d'humanité bienvenue, accompagnée d'un peu d'espoir, à l'échelle de quelques personnes sur les 25 millions de Nord-Coréens qui subissent la monstruosité du régime totalitaire de Kim Jong Il.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Décembre 2017

BD - Editions Delcourt - 256 pages - 23.95 €

 

Parution en octobre 2016

L'histoire :  Peut-on être amis quand tout nous sépare ? Les étapes qui construisent nos vies d'adulte sont-elles les mêmes lorsqu'on a des existences très éloignées ? Obstacles du quotidien, premiers amours, premiers travails, rapport aux parents... Sur fond de transformation du Vietnam, deux jeunes femmes que tout sépare vont vivre une amitié de celles qui montrent que certaines questions sont universelles...

 

 

Tentation : Le nom de l'auteur

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Si je me suis dirigée vers cet album, c'est grâce au nom de l'auteure et ma toute petite (si, si !) curiosité "people". Lolita Séchan, ce patronyme ne vous évoque peut-être rien, mais pourtant, Lolita est la fille du chanteur Renaud, et donc la Lola de la fameuse chanson éponyme. Bien sûr, depuis la chanson, la petite fille est devenue adulte...

Mais, entre une mère-poule et un père célèbre et souvent dans "les brumes" (d'où aussi le titre de l'album), Lolita a bien du mal a trouvé sa place dans la vie, son rôle, sa direction. En fait, elle est aussi un peu dans les brumes, la peur viscérale de se tromper, de ne pas faire le bon choix. Alors, pour se trouver, elle prend un vol sec pour le Vietnam. Deux mois plus tard, à Sapa, elle se lie d'amitié avec Gom, qui n'est alors qu'une gamine. Mais pas n'importe laquelle, ni n'importe où. Gom est une jeune Hmong, et les Hmongs sont une des centaines de minorités qui vivent au nord Vietnam, et qui sont méprisées et délaissées par les vietnamiens.

Parce qu'elle se retrouve au Vietnam, Lolita multiplie les voyages là-bas, et à chaque fois, son amitié avec Gom grandit, s'enrichit, s'intensifie au fil de années... Lolita s'affirme, le Vietnam change, et Gom devient une adulte.

C'est tout cela que raconte Lolita Séchan dans cet album magnifique, touchant, très émouvant. Même si, je le reconnais, je n'ai pas été particulièrement fan du graphisme qui m'empêchait parfois de distinguer les visages facilement. Mais peu importe, l'ensemble est si riche qu'il serait dommage de s'arrêter à ceci.

Les brumes de Sapa est donc autant un carnet de voyage qu'un journal intime, mais jamais impudique. Très documenté, il retrace l'Histoire des Hmongs et dénonce le traitement de cette ethnie qui vivant au Vietnam, n'y a pas les mêmes droits que les Vietnamiens (scolarisation, santé, papiers d'identités etc... Ce savoir, Lolita Sechan le tient de son observation et de ses conversations avec les Hmong. Intéressant aussi : Lolita avoue mettre du temps à aimer le Vietnam. Il lui faudra plusieurs séjours là-bas pour apprécier ce pays, en tomber amoureuse, malgré ses contradictions. J'ai apprécié cela, plutôt que d'avoir affaire à une touriste qui "trouve tout magnifique et super parce que c'est exotique". Bref, c'est un regard critique qui nous est ici donné tant sur le pays, que sur la notion de voyage.

Sur plus d'une décennie, nous suivons donc l'évolution de deux jeunes femmes. Lolita, l'européenne, qui lutte contre le poids familial pour respirer et se trouver, même si elle ne peut respirer sans sa famille. Gom, elle, lutte contre les traditions ancestrales de son ethnie pour gagner sa liberté. Oui mais, tout n'est pas si simple, car "plus on rêve grand, plus on a de chance d'être malheureux"

Récit initiatique, récit de voyage, récit de transformation, cette histoire est absolument magnifique, sensible et sincère (l'auteure y a travaillé 5 ans et l'on y sent ses tripes), parsemée de jolies phrases tellement vraies qu'on aimerait retenir et aussi, d'un bel humour et de beaucoup de douceur.

Un album incontournable !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Décembre 2017

BD - Editions Bamboo - 70 pages - 14.90 €

 

Parution en mai 2016 et mai 2017

 

L'histoire :  Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c'est la vie de tous qui est chamboulée. Les parents essaient de lui faire oublier le drame qu'elle a vécu, Lynette se découvre un caractère de mamie gâteau et les amis du couple apprivoisent doucement cette petite qui s'adapte à sa nouvelle vie. Mais pour Gabriel, ce sera bien plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n'a jamais pris le temps d'être père. Des premiers contacts distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d'imaginer.

Tentation : La blogo il me semble !

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Ne faites pas comme moi ! Si vous commencez le tome 1, assurez-vous d'avoir le tome 2 à portée de main ! Car le premier numéro s'achève sur un cliffhanger insoutenable. Donc lire les 2 tomes à la suite, n'oubliez pas, vous me remercierez.

Je chronique donc ici les 2 tomes, en restant très évasive sur le deuxième, histoire de ne pas trop spoiler le premier ! Le premier, bouleversant est un coup de coeur, le deuxième, émouvant l'est un peu moins, mais de si peu.

Le graphisme, les couleurs, les dessins sont tout simplement sublimes, délicieux comme des bonbons acidulés que l'on laisse fondre dans la bouche. L'émotion est là, tout comme l'émerveillement devant cette petite fille du bout du monde qui fait fondre la carapace des plus durs ; à savoir Gabriel, le grand-père d'adoption. Et oui, lorsque l'enfant paraît, le monde semble s'adoucir. Les bulles ne manquent pas d'humour non plus. Les personnages principaux comme secondaires sont tous attachant, autant pour leurs petits défauts que pour leurs grandes qualités.

Bref, cette BD paraît être un bijoux tout doux jusqu'à ce que les choses se gâtent dans un retournement de situation des plus inattendus qui nous conduira au Pérou, pays d'origine de la fillette, dans le deuxième tome, tout aussi réussi graphiquement. 

Cette histoire évoque la génération d'hommes qui sont bien plus doués et disponibles pour être grands-pères qu'ils ne l'étaient, trente ans plus tôt, pour être pères.

Mais, évidemment, le sujet principal de ces deux tomes reste l'adoption, le désir viscéral de devenir parent, envers et contre tout... Et donc de certaines dérives des réseaux d'adoption. Le tout sur la partition de l'Amour, lui aussi envers et contre tout, dans une tranche de vie de gens ordinaires.

A lire !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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