Articles avec #cinema francais tag

Publié le 15 Avril 2016

Tout pour être heureux : Affiche

Film de Cyril Gelblat

Avec Manu Payet, Audrey Lamy, Laure Atika

 

Synopsis : Antoine, bientôt quarantenaire, dilettante, égoïste et insatisfait ne s’est jamais réellement senti investi d’une mission pour s’occuper de ses filles, âgées de 5 et 9 ans.Infantilisé par sa femme Alice, Antoine n’arrive pas à trouver sa place dans son foyer et décide subitement de la quitter pour une histoire sans lendemain.Lorsqu’Alice lui confie leurs filles quelques jours par surprise, Antoine va se retrouver sur un continent inconnu. Et alors qu’il était incapable d’assumer son rôle de père à l’intérieur du noyau familial, il va finir par devenir une véritable « mère juive ».Après avoir quitté sa femme par nostalgie de sa liberté d’antan, le nouvel Antoine va se retrouver confronté à une nouvelle nostalgie, celle de sa vie de famille…

 

 

Mon humble avis : "Tout pour être heureux" parle de ces bonheurs que l'on a au creux des mains sans s'en apercevoir et que l'on gâche, évidemment. Ici, c'est la vie de famille, les enfants, la paternité.

Pour évoquer cela, Cyril Gelblat met en scène un adulescent presque quadragénaire. Adulescent, car irresponsable, qui vit comme un gamin en donnant la priorité à ses potes et à sa poursuite d'un hypothétique succès dans son job de producteur musical. Sauf qu'à la maison, il a femme et enfants. Femme qui ne supporte plus l'irresponsabilité de son délitant de mari. Comme je la comprends. Le personnage incarné (certes à la perfection mais tout de même) par Manu Payet, on a franchement envie de lui donner des coups de pieds aux fesses : insupportable ! Heureusement, il va se réveiller et s'éveiller à la présence imposée de ses enfants pendant deux semaines et là, on commence à l'apprécier cet Antoine, qui nous offre de belles émotions et de superbes scènes d'échanges filiaux, pimentées par des réflexions et questions enfantines délicieuses.  D'ailleurs, les deux gamines (dont l'une est jouée par la fille du réalisateur) sont des rayons de soleil. L'évolution de la relation entre ce père qui se révèle et ses filles qui le découvrent est vraiment touchante, comme l'est aussi celle entre Antoine et sa soeur (Aure Atika). J'ai beaucoup apprécié aussi cette relation fraternelle.

Ce film n'est pas une grosse comédie, mais une observation sociétal sur ces adultes qui oublient de grandir. Rien n'est caricaturé, ni manichéen, depuis le début jusqu'au dénouement qui ne cède pas à a facilité.

Autre atout du film à ne point bouder, de superbes scènes d'enregistrements musicaux en studio et la découverte, pour moi, d'une chanteuse géniale, talentueuse et touchante : Joe Bel, qui joue pour la première fois au cinéma. Donc inutile de préciser que la bande originale est très présente tout au long du film, et très pénétrante ! Un pur bonheur musical !

Je ne pense pas que ce film me marquera à long terme mais quoiqu'il en soit, il permet de passer un agréable moment dans un fauteuil en velours !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 5 Avril 2016

 

Good Luck Algeria : Affiche

Film de Farid Bentouni

Avec Sami Bouajila, Chiara Mastroiani, Franck Gastambide

 

 

Synopsis : Sam et Stéphane, deux amis d’enfance fabriquent avec succès des skis haut de gamme jusqu’au jour où leur entreprise est menacée. Pour la sauver, ils se lancent dans un pari fou : qualifier Sam aux Jeux Olympiques pour l’Algérie, le pays de son père. Au-delà de l’exploit sportif, ce défi improbable va pousser Sam à renouer avec une partie de ses racines.

 

 

Mon humble avis : Dommage que titre et affiche soient ce qu'ils sont car ils risquent de n'attirer que le spectateur en demande de grosse comédie. Déjà, ceux-ci seront déçus car même si certaines scènes sont drôles, ce film est bien plus qu'une grosse comédie, je dirais même que le fond est sacrément sérieux. Ce film est bien mieux qu'une grosse comédie.

Certes, il lui manque le "petit quelque chose" pour en faire un grand film et j'ai ressenti quelques longueurs.

Il n'empêche, ce film est à voir car il représente une formidable leçon  de courage ! N'hésitez pas à emmener au ciné les membres de votre entourage qui attendent que tout leur tombe du ciel ou simplement, qui traverse une crise de découragement !

Surtout que ce film est inspiré d'une histoire vraie, à savoir celle du frère du réalisateur. Donc, ce n'est pas que du cinéma !

En fait, j'aime beaucoup une phrase du Dauphiné Libéré qui dit : ""un film qui bascule de la fantaisie cocasse d’une situation comique à un questionnement progressif et sensible sur l’identité."

C'est tout à fait cela ! Car le personnage de Sam (forcément bien interprété, voire même génialement interprété par Sami Bouajila, ne cessera de se questionner tout au long du film : Sur son entreprise, sur la viabilité de celle-ci, sur le réalisme de ce projet fou qu'est son inscription pour les J.O, sur sa capacité physique et psychologique à aller au bout de ce challenge. Mais aussi sur ses liens à sa famille, à ses racines algériennes qu'ils semblent avoir tant négligées. A travers les personnages de Sam, de son père algérien, de sa mère française, Good Luck Algéria offre aussi une belle réflexion sur la bi-nationalité, le déracinement, l'intégration et les différences culturelles qui séparent la famille restée au bled et celle qui a émigré.

Le père de Sami est très touchant, accroché qu'il est à ses racines, mais tourné vers l'avenir de ses enfants en France comme il a toujours été, et comme il sera toujours : que ses enfants est la chance de... le choix de...

Good Luck Algeria est donc un film qui fait du bien, profondément humain, universel,et qui offre, par-dessus le marché, pour la "modique" somme d'une place de ciné, un magnifique voyage dans nos montagnes enneigées et dans une Algérie qui nous est plutôt inconnue. Et je le répète, une formidable leçon de courage !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 28 Mars 2016

 

Rosalie Blum : Affiche

Film de Julien Rappeneau

Avec Noémie Lvovsky, Kyan Khojandi, Alice Isaaz, Anémone

 

Synopis : Vincent Machot connaît sa vie par cœur. Il la partage entre son salon de coiffure, son cousin, son chat, et sa mère bien trop envahissante. Mais la vie réserve parfois des surprises, même aux plus prudents... Il croise par hasard Rosalie Blum, une femme mystérieuse et solitaire, qu'il est convaincu d'avoir déjà rencontrée. Mais où ? Intrigué, il se décide à la suivre partout, dans l'espoir d'en savoir plus. Il ne se doute pas que cette filature va l’entraîner dans une aventure pleine d’imprévus où il découvrira des personnages aussi fantasques qu’attachants. Une chose est sûre : la vie de Vincent Machot va changer…

 

 

Mon humble avis : Ah Rosalie Blum, une comédie fraiche et profonde à la fois, touchante, émouvante et forcément subtilement drôle. Même si la trame du film est assez tragique, puisque nous avons affaire à des personnages qui vivent chacun de leur côté dans une profonde solitude.

Mais comme ce film fait du bien, comme il est doux à regarder, avec le sourire et une profonde affection pour chacun des protagonistes, sauf pour la mère ignoble, caractérielle et castratrice de Vincent, interprétée par Anémone. Ceux-ci ont chacun les blessures secrètes ou criantes, leur fantaisie... Le personnage de Rosalie, joué par la sublime Noémie Lvovski, est intrigant, touchant, mystérieux. On s'interroge sur la pesanteur de son passé qui la maintient dans un état de lassitude, de mélancolie, de nostalgie... Jusqu'à l'apparition de ce Vincent dans sa vie, qui va donner un autre éclat à son regard pour la mener à l'émerveillement.

Adaptation d'un roman graphique éponyme, que je n'ai pas lu mais qui avait connu un succès retentissant sur la blogo à l'époque, l'histoire de Rosalie est une réelle invitation au bonheur simple, à l'ouverture à l'autre.

La réalisation est soignée et originale, même si l'on ne prend conscience de cette singularité qu'à la moitié du film. On sent vraiment l'amour de Julien Rappeneau pour ses personnages, pour ces gens de l'ombre qu'il met dans la lumière, pour ces personnes qui paraissent ternes au premier abord mais que le réalisateur grandit en révélant la belle et unique personne qui sommeille en elles. Des personnes qui éclosent au contact des autres, du rêve, du possible.

Rosalie Blum est un film profondément humain, qui donne envie de gentillesse, qui évoque aussi la deuxième chance de chacun, la première chance à saisir aussi, le poids insupportable d'une mère possessive et envahissante.

Une première fin inattendue, et une deuxième fin qui explique en 30 secondes la genèse de l'histoire.

En tout cas, j'ai vraiment adoré cette jolie histoire. Rosalie Blum est un film absolument charmant, qui fait du bien, qu'il faut voir, bien sûr ! Et puis, dès la première minute, il y a un super matou !!!

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 23 Mars 2016

Médecin de campagne : Affiche

Film de Thomas Lilti

Avec François Clusez, Marianne Denicourt, Isabelle Sodoyon

 

 

Synopsis : Tous les habitants, dans ce coin de campagne, peuvent compter sur Jean-Pierre, le médecin qui les ausculte, les soigne et les rassure jour et nuit, 7 jours sur 7. Malade à son tour, Jean-Pierre voit débarquer Nathalie,  médecin depuis peu, venue de l’hôpital pour le seconder. Mais parviendra-t-elle à s’adapter à cette nouvelle vie et à remplacer celui qui se croyait… irremplaçable ?

 

 

Mon humble avis : Quel joli, beau et bon film ! Le cinéma Français sait vraiment rendre hommage à ses concitoyens, les plus isolés, les plus discrets, ceux qui sont loin des projecteurs.

Pour moi qui suit citadine et donc loin des déserts médicaux, ce film prend tout de même un goût de nostalgie. Celle de l'époque de mon enfance en banlieue calme, où le médecin "de famille" (terme qui avait une signification alors), se déplaçait à domicile, avec sa mallette et soignait, auscultait, vaccinait toute la famille en même temps ou presque. Médecin qui connaissait notre environnement de vie, notre cuisine ou notre salle à manger.

Maintenant, on attend une heure dans une salle d'attente pleine de microbes et l'auscultation est chronométrée. Enfin bref...

Thomas Lilti, le réalisateur, est avant tout médecin généraliste, même s'il ne pratique plus réellement depuis 3 ans (je le sais car film vu en avant-première en présence de celui-ci et de François Cluzet). Mais comme l'a dit si justement une spectatrice dans la salle, avec ce film, Thomas Lilti soigne la médecine générale, et il diagnostique le pourquoi de ses souffrances. Le médecin de campagne est dévoué corps et âme à ses patients, jours et nuits, 7 jours sur 7. Il s'embourbe avec sa voiture dans les chemins de terre, se "bat" contre les animaux de basse-cours, est autant médecin généraliste, qu'assistant social, que psy, qu'ami, que membre à part entière de la vie locale. Hors il semble que les étudiants en médecine ne veulent plus de cette vie, rendue encore moins attrayante devant la difficulté du conjoint du médecin à trouver un emploi dans ces zones reculées.

Bref, tout cela est magistralement, subtilement filmé par Thomas Lilti et l'interprétation est bien sûre irréprochable, que ce soit par les têtes d'affiche, que par les rôles secondaires jusqu'aux figurants. On a vraiment l'impression d'être au coeur d'une communauté, on sent ce lien invisible mais qui lie tout le monde. Il y a dans cette histoire une impression de bien vivre ensemble, impression qui n'est pas édulcorée et qui n'élude pas les difficultés. Quoi qu'il en soit, même si certains passages sont "durs" ou très touchants, ce film fait du bien. Quelque part, sans être une comédie (même si quelques passages prêtent à rire), ce film donne la banane et de l'espoir.

Enfin, et surtout, je décerne mon César de la meilleur actrice à la sublissime, lumineuse, juste,  solaire, magnifique, douce et déterminée Marianne Denicourt ! Si merveilleuse qu'elle en ferait presque de l'ombre au grand François Cluzet !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 14 Mars 2016

ON A TOUS UN RÊVE DE GOSSE !

DieuMerci ! : Affiche

Film de Lucien JEAN-BAPTISTE

Avec Lucien Jean-Baptiste, Baptiste Lecaplain, Firmine Richard, Michel Jonaz

 

Synopsis : À sa sortie de prison, Dieumerci, 44 ans, décide de changer de vie et de suivre son rêve : devenir comédien. Pour y arriver, il s’inscrit à des cours de théâtre qu'il finance par des missions d'intérim. Mais il n'est pas au bout de ses peines. Son binôme Clément, 22 ans, lui est opposé en tout. Dieumerci va devoir composer avec ce petit "emmerdeur". Il l’accueille dans sa vie précaire faite d'une modeste chambre d'hôtel et de chantiers. Au fil des galères et des répétitions, nos deux héros vont apprendre à se connaître et s’épauler pour tenter d'atteindre l'inaccessible étoile.

 

 

Mon humble avis : "Dieumerci ! On a tous un rêve de gosse" est un joli film : intéressant, intelligent, émouvant et drôle aussi. Oh, pas hilarant non plus, ce n'est pas son but, mais certains passages donnent l'occasion de rire avec plaisir.

Il faut savoir que le scénario s'inspire partiellement de la vie même de Lucien Jean-Baptiste, à savoir : tout plaquer pour réaliser son rêve de gosse suite à un drame familial (à savoir la perte d'un enfant, dont il est aussi question dans le film). Le passé professionnel du personnage est donc pur invention.

L'histoire oscille entre profondeur et légèreté, et même les scènes qui pourraient paraître légères cachent un sens profond sous couvert de l'humour. Point de burlesque ici, mais de la nuance et une belle observation contemporaine sociétale et ... artistique.

Car bien sûr, notre Dieumerci qui décide à 44 ans de se lancer dans le théâtre professionnel rencontre bien des déconvenues, des bâtons dans les roues, des désapprobations de ses proches, de l'incompréhension, des moqueries. Et il doit aussi faire face aux préjugés liés au racisme primaire... Il n'y a pas de rôle pour les noirs au théâtre comme au cinéma.

Mais Dieumerci va s'accrocher contre vents et marées, va se coltiner un petit con d'apprenti-comédien collé à ses basques (Baptiste Lecaplain), petit con plus qu'insupportable mais fera tout pour parvenir à ses fins.

C'est qu'il a un sacré talent ce Dieumerci. Et quel plaisir pour nous, spectateurs, d'assister aux répétitions d'une école de théâtre. Ces répétitions sont bouleversantes, pour s'achever en apothéose lors du concours général ! On réalise à quel point Dieumerci est talentueux, sa voix vient nous cueillir jusqu'au fond du ventre, on redécouvre la splendeur et la magie des textes et pièces classique ! On sort ému de ce film, mais avec la banane, car Dieumerci est avant tout un feel good movie plein d'espoir. Et surtout, il nous donne envie de (re)plonger corps et âme dans le patrimoine littéraire, qu'il soit français ou so british !

Quel plaisir aussi de retrouver la chaleur, les saveurs, les expressions antillaises avec cette chère Firmine Richard !

A ne pas bouder, bien au contraire !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 19 Février 2016

 

Joséphine s'arrondit : Affiche

Film de Marilou Berry

Avec Marilou Berru, Mehdi Nebbou, Medi Sadoun, Josiane Balasko

 

 

Synopsis : Depuis deux ans, Gilles (homme-parfait-non-fumeur-bon-cuisinier-qui aime-les-chats) et Joséphine (fille-attachiante-bordélique-mais-sympathique) s’aiment. Tout est parfait. Jusqu'à une nouvelle inattendue : ils seront bientôt trois. Ne pas devenir comme sa mère, garder son mec et devenir une adulte responsable, tout un tas d'épreuves que Joséphine va devoir affronter, avec Gilles... à leur manière.

 

 

 

Mon humble avis : Enfin une comédie où la salle entière éclate de rire ! Ca faisait longtemps !

Faut dire, y'a matière dans ce film survolté, qui frôle parfois le burlesque, mais curieusement un burlesque hyper réaliste, sans jamais être vulgaire.

Les répliques, méritant d'être mémorables voir cultes, fusent et claquent, toujours justes et très drôles.

Certaines scènes pourraient aussi devenir anthologiques, notamment une montrée dans la BA, lorsque Josephine se regarde dans le miroir de la salle de bain et y voit sa mère, alias Josiane Balasko. Et oui, petit rappel, Josiane Balasko et Marilou Berry sont mère et fille à la ville !... et la ressemblance  est plus que frappante, ce qui rend tout ceci encore plus hilarant.

Joséphine s'arrondit traite de la grossesse, attendue ou pas, et de toutes les angoisses qui vont avec : depuis la prise de poids, jusqu'à l'accouchement. Et surtout, se transformer d'urgence une adulte responsable pour devenir un bon parent !

C'est Marilou Berry qui réalise elle-même ce 2ème film tiré de la célèbre bande dessiné de Pénélope Bagieu. La réalisation est parfaite : pêchue, pleine de petits détails, elle laisse aussi place à l'émotion derrière des situations très comiques. Car si le film évoque les angoisses de la grossesse, il n'élude pas non plus les moments de joies et de pur bonheur ! Et autant le premier opus était tourné sur Josephine seule, ce 2ème opus s'ouvre sur le couple et la vie à deux.

Les personnages sont tous attachants et bien campés et forment une sacrée bande bien rafraichissante, qui fait plaisir à voir.

Film à voir que l'on soit parent ou pas, que l'on prévoit l'être ou pas. C'est drôle pour tout le monde. Joséphine s'arrondit, un chouette moment de fraicheur et de détente au ciné à ne pas manquer !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 17 Février 2016

Les Innocentes : Affiche

 

Film d'Anne Fontaine

Avec Lou de L'Aâge, Vincent Macaigne, Agata Buzek

 

 

Synopsis : Pologne, décembre 1945.Mathilde Beaulieu, une jeune interne de la Croix-Rouge chargée de soigner les rescapés français avant leur rapatriement, est appelée au secours par une religieuse polonaise.D’abord réticente, Mathilde accepte de la suivre dans son couvent où trente Bénédictines vivent coupées du monde. Elle découvre que plusieurs d’entre elles, tombées enceintes dans des circonstances dramatiques, sont sur le point d’accoucher.Peu à peu, se nouent entre Mathilde, athée et rationaliste, et les religieuses, attachées aux règles de leur vocation, des relations complexes que le danger va aiguiser...C’est pourtant ensemble qu’elles retrouveront le chemin de la vie.

 

 

 

 

Mon humble avis : Il faut savoir que ce drame est inspiré d'une histoire vraie...

"Les innocentes" est un film magnifique, bouleversant, poignant et terriblement troublant. Encore un récit qui fait froid dans le dos. Si je suis allée voir ce film, c'est aussi parce que l'une de mes jeunes nièces est entrée dans les ordres il y a un peu plus de deux ans. Et, en tant que proche, on s'interroge toujours pour comprendre mieux, différemment, connaître, s'approcher, partager. Les Innocentes permet entre autre de pénétrer dans la clôture, l'intérieur du couvent interdit au public, qu'il soit familial ou autre. De voir la vie des soeurs de l'intérieur.

Neuf mois avant ce mois de décembre 1945, soldats allemands puis russes ont envahi le couvent, violant la plupart des soeurs. Sept d'entre-elles se retrouvent enceintes. Alors bien sûr, ce film montre une fois de plus la cruauté humaine, la bestialité masculine. Mais surtout, par les dialogues subtils entre la jeune infirmière et les soeurs, il permet une réelle réflexion sur la foi, la vocation, les voeux prononcés par les soeurs et surtout, sur et la maternité. Imaginer ces femmes, vierges pour la plupart, faisant don de leur corps à Dieu et, sans doute après un long cheminement, ayant renoncé à la maternité se retrouver enceintes dans de tels circonstances, et bien c'est juste odieux.

Les dogmes de l'église et certaines croyances sont tout aussi révoltants à entendre pour l'athée que je suis, quand ces viols sont expliqués par la Mère Abbesse à peu près par ces mots "C'est Dieu qui l'a voulu, il faut apprendre des épreuves que Dieu met sur notre route" etc... Pour moi, ça reste intolérable et incompréhensible, comme cette notion d'obéissance totale à cette Mère Abesse. Cette obéissance là est pour moi inconcevable, je la perçois comme de la soumission.

Deux reproches pour moi envers ce film. Certains dialogues puissants et sans doute d'importance première sont trop murmurés (en plus avec l'accent polonais) pour être bien saisis par le spectateur. Enfin, les soeurs se ressemblant toutes très fort avec leur voile, il est difficile les reconnaitre et donc de suivre leur parcours individuel. Car, sans trop dévoiler le film, on peut dire que chacune d'entre elles aura une réaction différente devant cette maternité imposée. Enfin, il faut aussi préciser que la relation qui unie la jeune infirmière aux soeurs évolue toujours et est juste lumineuse, magnifique et bien sûr, toute en pudeur, délicatesse et intensité.

A voir, sans hésiter, si vous aimez être amenés à certaines réflexions intimes et personnelles.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 13 Février 2016

 

Chocolat : Affiche

Film de Roschdy Zem

Avec Omar Sy, James Thierrée, Clothilde Hesme

 

 

Synopsis : Du cirque au théâtre, de l'anonymat à la gloire, l'incroyable destin du clown Chocolat, premier artiste noir de la scène française. Le duo inédit qu'il forme avec Footit, va rencontrer un immense succès populaire dans le Paris de la Belle époque avant que la célébrité, l'argent facile, le jeu et les discriminations n'usent leur amitié et la carrière de Chocolat. Le film retrace l'histoire de cet artiste hors du commun. 

 

 

 

Mon humble avis : Ce film est un biopic sur un personnage méconnu : Chocolat, premier clown noir, au début du XXème siècle. Mais pas que. C'est aussi un formidable "arrêt sur image" de cette époque et de la société d'alors.

Hélas, force est de constater qu'en plus de 100 ans, les choses n'ont pas beaucoup changé en France quant aux sujets de l'immigration, des sans-papier et du racisme primaire et animal.

Bien qu'à l'époque du film, on expose encore les "nègres" qui sont encore considérés comme des sauvages et des indigènes.

Parmi eux, il en est un qui se fait une place au soleil : Chocolat. Parce que le clown blanc Footit le repère et en fait son partenaire. Les numéros du duo sont drôles et remportent un vif succès. Mais en 2016, cette drôlerie met aussi mal à l'aise. Car bien évidemment, c'est toujours Chocolat qui se prend les coups de pieds aux fesses etc.

Mais il reste tout de même une profonde et belle amitié entre Toofit, le clown blanc mélancolique et plus sombre et Chocolat, le clown noir désinhibé et solaire, mais qui souffre de quelques addictions périlleuses.

Alors oui, dans ce film, on rit, on est énormément touchés par les personnages et les situations qu'ils vivent, mais on est aussi révolté avec la boule au ventre, ou dans la gorge un goût amer.

Le duo Chocolat /Footit est un pur bonheur à voir. Si bien interprété ! La complicité qui les lie et la complexité de leur relation est vraiment palpable et fait plaisir à voir en tant que spectateur. Quel bon choix d'acteurs ! Omar Sy, tout le monde le connait. Il n'y avait que lui pour camper autant ce Chocolat et porter le film tant par son talent que par son nom en haut de l'affiche, assurant la venue des spectateurs.

La découverte pour moi, c'est James Thierrée ! Son nom ne vous dit rien ? Thierrée est un enfant de la balle, et le petit fils de Charlie Chaplin. Donc du talent dans les veines, dans les gènes. C'est lui qui a créé tous les numéros de cirques du duo. Et en tant que clown blanc torturé et mélancolique, il est tout simplement merveilleux.

De mon côté, je pressens une pluie de César pour ce film : Meilleur film, meilleurs comédiens, meilleurs décors, costumes etc...

Bref, un film à voir pour le plaisir, pour l'histoire et l'Histoire, pour le spectacle, pour ses très justes propos !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 4 Février 2016

 

Les Saisons : Affiche

Film documentaire

de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud

 

 

Synopsis : Après avoir parcouru le globe à tire d’ailes avec les oiseaux migrateurs et surfé dans tous les océans en compagnie des baleines et des raies mantas, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud reviennent pour ce nouvel opus sur des terres plus familières. Ils nous convient à un formidable voyage à travers le temps pour redécouvrir ces territoires européens que nous partageons avec les animaux sauvages depuis la dernière ère glaciaire jusqu’à nos jours.
L’hiver durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très bref, une forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.
Les Saisons est une épopée sensible et inédite qui relate la longue et tumultueuse histoire commune qui lie l’homme aux animaux.

 

 

 

Mon humble avis : Je ne me lasse pas de ce type de documentaires ! Qui plus est, voir ceci sur grand écran au cinéma, c'est vraiment tip top +, +, + ! On a vraiment l'impression d'y être !

Car Les Saisons vous permets de voir la forêt européenne comme vous ne la verrez jamais, même si vous passez des heures à vous y promener ! Un tel documentaire bénéficie de l'oeil avisé des cameramen agrémenté de sacrés zooms, des techniques cinématographiques, des connaissances des naturalistes et de la patience et du temps que l'on prend rarement. Et même si on le prenait, pas sûr qu'on en voit autant, et d'aussi près.

Les Saisons développe l'histoire et les évolutions de la forêt depuis l'air glacière. Très peu de textes et de voix off, nous sommes tout aux images et aux sons de la nature. 

La première partie est simplement sublime, pose un sourire béat sur nos lèvres. De nombreux animaux sont très comiques sans le savoir et nous font donc rire. D'autres nous émeuvent et certains nous font trembler. Car évidemment la nature n'est pas sans une certaine violence, il faut bien que tout le monde mange à sa faim et protège ses petits. Mais, si les scènes de chasse et de poursuites nous sont magistralement montrées, la mise à mort et le festin nous sont épargnés. En tout cas, hiboux et chouettes m'ont bien fait rire, les écureuils sont trop mimi et dans l'ensemble, les oiseaux semblent être les véritables commères de la forêt !

La deuxième partie noue le coeur, car elle voit l'arrivée de l'homme dans des forêts jusqu'alors préservée de cette présence qui conduira à sa perte. L'homme classera alors les animaux qui jusqu'alors vivaient harmonieusement en 2 catégories : les utiles et les nuisibles. L'homme gagnera en force et, d'apprenti sorcier, deviendra force géologique qui modifie les climats et donc le mode de vie des animaux et leur accès à leur espace naturel en le morcelant. 

D'ailleurs, face à certains plans larges de paysages (campagnes, forêt), j'ai vraiment pris conscience de l'impact de la présence humain. Ce qui a toujours existé pour moi, je ne m'étais je pense jamais posé la question de savoir si cela existait il y a mille ans ou plus. Par exemple, la campagne, avec ses champs, ses prés, est une fabrication purement humaine, même si c'est loin d'être la pire. Les chemins forestiers, creusés et façonnés par l'humain pour la pratique de la chasse, a divisé l'habitat animalier. Et c'est sans parler de la déforestation qui commença notamment avec l'apparition de la marine marchande, ou de la marine de guerre, pour la construction des bateaux.

Bref, un documentaire magnifique et instructif sur notre bien le plus précieux, sur nos poumons que nous mettons à mal chaque jour que nous étendons notre propre territoire et notre soit disant suprématie. A voir absolument !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0

Publié le 28 Janvier 2016

 

Les Chevaliers blancs : Affiche

Film de Joachim Lafosse,

Avec Vincent Lindon, Louise Bourgoin, Valérie Donzelli, Reda Kateb

 

Synopsis : Jacques Arnault, président de l’ONG "Move for kids", a convaincu des familles françaises en mal d’adoption de financer une opération d'exfiltration d'orphelins d’un pays d’Afrique dévasté par la guerre. Entouré d’une équipe de bénévoles dévoués à sa cause, il a un mois pour trouver 300 enfants en bas âge et les ramener en France. Mais pour réussir, il doit persuader ses interlocuteurs africains et les chefs de village qu’il va installer un orphelinat et assurer un avenir sur place à ces jeunes victimes de guerre, dissimulant le but ultime de son expédition...

 

 

 

Mon humble avis : Ce film, tourné au Maroc, s'inspire de l'affaire de l'Arche de Zoé, qui survint en 2007, au Tchad, mais laisse une large place au fictionnel.

J'aime ce genre de film, qui permet ensuite d'aller boire un verre avec mes "coséanseurs" et de discuter réellement, de se questionner, de se positionner... même si le film ne prend pas réellement position, il relate. Un peu comme un reportage en fait. Un reportage qui s'intéresse aussi aux caractères complexes des personnages.

Les chevaliers Blancs, c'est un film dont les sujets principaux sont les rapports entre l'Afrique et l'Occident, le Néocolonialisme, l'humanitaire, et les conséquences de l'ingérence. "L'enfer est pavé de bonnes intentions", voilà une expression qui pourrait presque résumer le film à elle seule. Presque car ce film est vraiment dense et permet moult ressentis.

Jusqu'où va la bonne foi ? La bonne foi pardonne -t-elle l'aveuglement, la prétention, même si celle-ci est quelque part de sauver le monde ? Comment ce qui saute aux yeux du spectateur n'a-t-il pas sauté aux yeux des protagonistes ? Le spectateur voit bien que la différence criante dans les façons de communiquer entre les blancs et leur argent, et les Tchadiens qui ne pensent qu'à l'avenir de leurs enfants.

Certains pourront trouver certaines longueurs dans ce film. Mais je pense qu'elles sont nécessaires pour rendre compte de la langueur, de la lenteur de l'Afrique, des démarches, des aléas. Alors, il y a l'attente, la patience, l'impatience.

Ce film, entre plénitude et tension, est intense, captivant et servi par des acteurs très classes, tout en nuances et/ou discrétion (excellente Louise Bourgoin et bien sûr le bluffant Vincent Lindon). C'est simple, on oublie que l'on a affaire à des comédiens, à un film. On a l'impression de vivre cette histoire, en spectateur impuissant certes, mais de la vivre tout de même.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

Repost0