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Publié le 12 Février 2019

Film d'Antoine Raimbault

Avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas

 

Synopsis :  Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l'injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

 

 

Mon humble avis : Un film judiciaire français, il y avait longtemps, et cela change de ce type de film américain que nous voyons bien plus souvent et dont nous connaissons les codes presque par coeur.

Oui, ici, nous sommes dans les arcanes de la justice française, au coeur d'un procès retentissant, dans une cours d'assise, là où les caméras de télévision ne pénètrent pas et où nous citoyens, nous contentons des dessins des dessinateurs judiciaires pour imaginer ce qui se passe à l'intérieur de notre justice...

Notre justice... oui, car c'est bien de celle des Hommes dont il est question ici. Un homme est accusé de meurtre... sans preuve irréfutable et encore moins de cadavre... Tout se joue sur l'intime conviction, et c'est là qu'est le danger. Oui, c'est glaçant quand on entend l'avocat général demander aux jurés d'avoir de l'imagination ! L'avenir, la vie d'un homme et d'une famille aux mains de l'imagination d'une poignée d'hommes et de femmes. Oui, en fait, ça fait peur, ça questionne beaucoup sur un certain fonctionnement d'une certaine justice et ses manquements parfois ubuesques où la vie d'un homme est déjà jouée par la rumeur, les médias etc...

Une intime conviction est inspirée d'une histoire vraie, seul le personnage de Nora (la grande Marina Foïs, toujours surprenante et juste) est partiellement inventé. Olivier Gourmet qui joue le célèbre avocat Dupont Moretti est presque plus vrai que nature, donc forcément fascinant, captivant, qui rend bien compte de ce qu'est être avocat dans ce type d'affaire.

Ce film est parfaitement réalisé (à part quelques moments où l'articulation des personnages est limite et m'a amenée à ne pas saisir toutes les phrases), sans effets, sauf ceux d'un naturel et d'un réalisme appréciable. L'ensemble est captivant, la tension est palpable et réelle. Un thriller judiciaire ou un film judiciaire en mode thriller, à vous de choisir, mais à voir. Une bonne leçon sur le doute et cette fameuse présomption d'innocence si souvent oubliée, que ce soit dans la justice ou dans notre petite vie quotidienne et des événements plus anodins. Fascinant et implacable et efficace, vraiment.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 4 Février 2019

Film de Philippe Godeau

Avec Omar Sy, Lionel Louis Basse, Fatoumata Diawara, Germaine Acogny

 

Synopsis :  Depuis son village au nord du Sénégal, Yao est un jeune garçon de 13 ans prêt à tout pour rencontrer son héros : Seydou Tall, un célèbre acteur français. Invité à Dakar pour promouvoir son nouveau livre, ce dernier se rend dans son pays d’origine pour la première fois. Pour réaliser son rêve, le jeune Yao organise sa fugue et brave 387 kilomètres en solitaire jusqu’à la capitale. Touché par cet enfant, l’acteur décide de fuir ses obligations et de le raccompagner chez lui. Mais sur les routes poussiéreuses et incertaines du Sénégal, Seydou comprend qu’en roulant vers le village de l’enfant, il roule aussi vers ses racines.

 

 

Mon humble avis : Tiens, un troisième road-movie d'affilé, après La mule et Green Book. Et encore un très beau film... Cette rentrée ciné 2019 nous gâte bien !

Cette fois-ci, ce sont les routes (ou les pistes) du Sénégal que nous parcourront ! Sous un soleil de plomb et pourtant, grâce au personnage de Yao, cette histoire est fraîche autant que son sourire est grand avec ses dents bien blanches.

J'aime que le point de départ de ce film soit la lecture d'un livre par Yao, même si c'est le livre d'un acteur français d'origine Sénégalaise, Omar Sy. Comme quoi, la lecture ouvre au monde et donne des ailes.

Aucun pathos dans ce film qui montre le Sénégal tel qu'il est, entre modernité et traditions, avec de superbes arrêts sur images... Comme lorsque le taxi se retrouve "prisonnier" en pleine rue par tout un peuple en prière. Ou encore lorsqu'au bord du fleuve, Omar Sy assiste à la prière dansée (et ô combien pleine de grâce) de Germaine Acogny.

Yao est un film sur la fidélité, la famille, les racines, les croyances, l'attachement, les énormes différences culturelles entre les Sénégalais et les français d'origine Sénégalaise, les Bounty (noir à l'extérieur, blanc dedans)... Et pourtant, tout le monde se rejoint dans les émotions.

Mais le sujet principal reste le rapport au temps qui diffère évidemment entre les cultures. L'européen qui court après les temps... Le sénégalais qui laisse le temps au temps. Il reviendra bientôt... pour l'européen, c'est dans la demi-heure... pour le Sénégalais, c'est juste à un moment...

Yao est un film qui fait du bien, sur une belle complicité naissante qui deviendra un lien indéfectible; nourri par des dialogues délicieux avec un enfant autant naïf que très intelligent, toujours naturel, et un adulte qui découvre un autre monde, celui dont il vient !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Janvier 2019

Film d'Olivier Assayas

Avec Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaingne, Christa Théret

 

Synopsis :  Alain, la quarantaine, dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Leonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard… Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer.

 

 

Mon humble avis : J'ai beaucoup aimé ce film, même si je ne pense pas qu'il puisse plaire à un large public. D'ailleurs, je suis allée le voir seule, mes amies n'étant pas tentées ! En effet, "Doubles vies" est un film très parisien : se déroule à Paris, personnages typiquement parisiens et un sujet qui l'est également : l'édition. 

C'est pour ce sujet d'ailleurs que je suis allée au cinéma. Car dit édition, dit écrivains, éditeurs, lecteurs... Mais ce film est bien plus que ça. Il dresse le tableau de nos époques et l'analyse, via les avis des différents protagonistes, qui ont tous raison et tort à la fois. Nos époques... Parce que tout bouge très vite. Ce qui était vrai hier (l'essor monumental du livre numérique) n'est déjà plus vrai aujourd'hui. Le livre numérique est déjà en forte baisse et ne remet plus du tout en cause l'existence du livre papier. Et voilà celui que personne n'attendait... le livre audio qui connait un énorme succès...

Ce film explore donc, et dissèque l'évolution de notre rapport à l'art (qu'il soit littéraire, musical etc... qui, sous prétexte de démocratisation, devrait devenir gratuit. Le respect de l'art et de son créateur passe sous la trappe de la consommation à coup de click...

L'évolution de l'art de faire de la politique et/ou de l'information est aussi passée au scanner. Et au centre de tout cela, l'hyper connexion et les réseaux sociaux qui chamboulent tout et font de notre époque celle où l'on n'a jamais autant écrit, mais jamais aussi mal écrit. En fait, Olivier Assayas a approché sa loupe sur toutes les formes de communication, anciennes, comme modernes, ou encore , atemporelles finalement. Car oui, nous sommes attachés à nos bonnes vieilles traditions qui ont bien fait leurs preuves

Il est aussi question des critiques littéraires VS les blogueurs, des limites de l'autofiction, du droit d'y mettre en scène de vraies personnes sans leur demander leur avis, sous prétexte que tout est camouflé sous des pseudonymes.

Les dialogues sont très très présents dans ce film, riches et très intenses, les divers protagonistes dissertant régulièrement de tous ces sujets lors d'apéro dînatoires semi-mondain. Ceux-ci sont passionnants et demandent de l'attention pour les assimiler et y glisser, pour nous-mêmes, nos avis sur les questions. D'ailleurs, j'avoue que j'aurais bien aimé participer à ces "joutes verbales" tant ces sujets m'intéressent et me concernent.

Donc, si vous êtes lecteurs, blogueurs, écrivains (en herbe ou en prairie verte), sensibles à la question des modes de communication et de de consommation, Doubles vies vous ravira. En cas contraire, je crains qu'il vous ennuie un peu.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 9 Janvier 2019

Film de Gilles de Maistre

Avec Daniah De Villers, Mélanie Laurent, Langley Kirkwood

 

Synopsis :  Mia a onze ans quand elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite inséparables. Trois ans plus tard, Charlie est devenu un lion imposant. Mia découvre alors le secret que cache la ferme : son père vend les lions à des « chasseurs de trophées ». Mia n’aura désormais qu’une obsession : sauver Charlie, à tout prix.

 

Mon humble avis : On peut aisément deviner, entre le synopsis, et la bande annonce que ce film est beau, même très beau. Emouvant bien sûr, dépaysant aussi, de par les paysages de la savane sud-africaine. Oui, tout est magnifique, captivant et fascinant. Mon seul petit bémol est que, comme ce film est aussi destiné aux enfants, j'ai trouvé quelques passages un peu gnian-gnian... A moins que ce soit la traduction et les voix enfantines choisies qui donnent cet effet. Mais sinon, rien à redire... Nous avons une belle histoire, entre conte et fiction, bien ancrée dans les préoccupations écologiques et de protection des espèces actuelles.

Mais à dire, il y en aurait beaucoup... Alors je vais me concentrer sur deux choses... Cette formidable amitié qui lie Mia et Charly, le lion blanc. Il faut savoir que celle-ci est réelle et qu'il n'y a aucun trucage. En fait, ce film a été tourné sur trois ans, avec le même lion, excepté le tout bébé. Ainsi, la jeune actrice et l'acteur qui joue le rôle de son frère ont vécu en imprégnation avec le lion dès son plus jeune âge et ce pendant les trois années de tournage afin que cette amitié soit réelle et crédible. Et c'est l'équipe du film qui s'est adapté aux caprices, à la force ou au danger potentiel de l'animal, dans le respect de son intégrité naturelle. Le film montre parfaitement que l'amitié avec un animal (quel qu'il soit) est vraiment vécue par l'humain et par l'animal. Il démontre aussi que l'animal est doué de sentiments et d'émotions.

Par ce film, j'ai découvert l'existence de chasses en enclos... J'étais déjà rouge de rage, de dégoût et de colère devant ces photos d'Européens posant fièrement devant leur trophée lors d'un safari, non pas photo, mais chasse... Et bien en fait, il y a des fermes qui élèvent des lions... pour que ceux -ci soient amenés dans un enclos et que le connard d'occidental puissent lui tirer une flèche ou une balle bien à l'abri, sans transpirer... Et prendre la pause tout en cachant le grillage qui forme l'enclos, pour faire croire qu'on a vécu une terrible aventure... C'est répugnant, c'est dégueulasse, mais hélas, c'est légal, là-bas... Ce qui est outrant également, c'est d'apprendre dans le générique que la population de lion sauvage baisse chaque année un peu plus et que, pourtant, l'espèce n'est pas considérée comme menacée...

Pour en revenir au film, le message, certes un peu idyllique, mais réel et bienvenu, est que chacun peut changer le monde, par un petit pas, en tenant à ses rêves, ou en se dressant face à une injustice.

A voir évidemment, et pour les sensibles, à part une scène difficile, qui est d'ailleurs plus suggérée que montrer, il n'y a pas d'image difficile à supporter, public enfant oblige de toutes façons.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 5 Janvier 2019

Film de Ludovic Bernard 

Avec Lambert Wilson, Jules Benchetrit, Kristin Scott Thomas

 

Synopsis :  La musique est le secret de Mathieu Malinski, un sujet dont il n’ose pas parler dans sa banlieue où il traîne avec ses potes. Alors qu’un des petits cambriolages qu’il fait avec ces derniers le mène aux portes de la prison, Pierre Geitner, directeur du Conservatoire National Supérieur de Musique l’en sort en échange d’heures d’intérêt général. Mais Pierre a une toute autre idée en tête… Il a décelé en Mathieu un futur très grand pianiste qu’il inscrit au concours national de piano. Mathieu entre dans un nouveau monde dont il ignore les codes, suit les cours de l’intransigeante « Comtesse » et rencontre Anna dont il tombe amoureux. Pour réussir ce concours pour lequel tous jouent leur destin, Mathieu, Pierre et la Comtesse devront apprendre à dépasser leurs préjugés…

 

 

Mon humble avis : Le scénario n'a rien d'original... L'histoire d'un jeune qui se retrouve dans un tout autre environnement socioculturel que le sien, un environnement qu'il pense ne pas être fait pour lui, qu'il rejette avant de comprendre qu'il est sa chance... Les messages du film ne sont pas inédits non plus : l'importance de la persévérance, chacun mérite sa chance, tout le monde peut avoir un certain or au bout des doigts si on l'aide à éclore, à cheminer vers l'excellence...

Et cependant, durant la séance, j'ai eu l'impression que tout le monde était en état de grâce, tant dans la salle que sur l'écran. La présence de la musique classique, qui envole n'est sans doute pas étrangère à cette sensation... Tout comme les doigts qui s'envolent avec maestria sur le piano et qui sont fascinant. Un talent que l'on ne peut qu'envier, comme celui de l'oreille parfaite du personnage principal.

Ce n'est pas un feel good movie, car sérieux, pas franchement léger ni drôle... Seule une réplique a fait rire la salle. Mais c'est un film qui émeut, qui fait du bien parce qu'il est apaisant.

Cette histoire est bien portée par ses comédiens... On connait déjà le talent de Kristin Scott Thomas et de Lambert Wilson... Mais j'ai découvert celui de Jules Benchetrit, fils de Samuel du même nom et de Marie Trintignant. Un don à suivre évidemment... 

Et oui, chose surprenante, j'ai pris énormément de plaisir à regarder ce film au scénario assez commun. J'étais bien. C'est ce qui compte non ?

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Décembre 2018

Film de Frédéric Tellier

Avec Pierre Niney, Anaïs Desmoutiers, Chloé Stefani, Vincent Rottiers

 

Synopsis :  Franck est Sapeur-Pompier de Paris. Il sauve des gens. Il vit dans la caserne avec sa femme qui accouche de jumelles. Il est heureux. Lors d’une intervention sur un incendie, il se sacrifie pour sauver ses hommes. A son réveil dans un centre de traitement des Grands Brûlés, il comprend que son visage a fondu dans les flammes. Il va devoir réapprendre à vivre, et accepter d’être sauvé à son tour.

 

Mon humble avis : Encore un film magnifique en cette fin d'année. Un film, inspiré d'une histoire vraie, qui met ses comédiens en état de grâce et qui bouleverse, à juste titre et sans exagération ses spectateurs. 

Un film qui rend hommage, ou honneur, à ces hommes du feu qui sont là pour nous protéger,, nous secourir coûte que coûte... Leur devise étant "sauver ou périr".

Sauver ou périr commence comme une chronique de vie dans une caserne de pompiers de Paris. Les entraînements, les temps morts qui se transforment en jeux sportifs, les vies des uns et des autres. Puis la sirène, tout le monde s'active et connait son rôle par coeur. Et le terrain... Une crise cardiaque, un accident de la route, un incendie. Et toutes ces scènes qui mettent en avant le héros du film et son épouse, Franck et Cécile. Puis la catastrophe arrive (sans acharnement d'images insoutenable). Franck sort grand brûlé d'un incendie... Deux mois de coma, 2 ans d'hospitalisation, de rééducation, d'opérations. Le soutien de la famille, les doutes, la souffrance, la colère, l'angoisse de l'avenir, le refus de ce qu'il est devenu...

Sauver ou périr, c'est un film magnifique et magistralement interprété et réalisé.  Il nous parle de ces hommes qui vivent leur métier par passion et qui sont au service de leur concitoyens quoiqu'il arrive, quelques soient les dangers et les conséquences. A une époque où les hommes en uniforme qui sont là pour nous défendre et nous protéger sont plus souvent hués et caillassés qu'admirés et respectés, ce film est très important... même si je doute que les caillasseurs aillent le voir.

Mais en dehors de la vie en uniforme, Sauver ou périr est aussi et surtout une histoire forte sur l'avant et l'après, sur la résurrection d'un homme, sur l'amour, ses doutes et sa force, sur le mental. Pas de résurrection sans un mental en béton armé, et sans objectif, sans projet, sans réalisation personnelle, même si celle-ci est à des années-lumière des rêves précédents. Pierre Niney incarne à la perfection cette résilience, cet acceptation du nouveau soi nécessaires à ce que de la survie, on puisse revenir à la vie, la vie simple, différente peut-être, mais la vie.

Conclusion : On peut être fier de nos hommes du feu... et de notre cinéma !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 12 Décembre 2018

Film de Jeanne Herry

Avec Gilles Lellouche, Elodie Bouchez, Sandrine Kiberlain,Olivia Côte, Miou-Miou, Stefi Celma

 

Synopsis :  Théo est remis à l'adoption par sa mère biologique le jour de sa naissance. C'est un accouchement sous X. La mère à deux mois pour revenir sur sa décision...ou pas. Les services de l'aide sociale à l'enfance et le service adoption se mettent en mouvement. Les uns doivent s'occuper du bébé, le porter (au sens plein du terme) dans ce temps suspendu, cette phase d'incertitude. Les autres doivent trouver celle qui deviendra sa mère adoptante. Elle s'appelle Alice et cela fait dix ans qu'elle se bat pour avoir un enfant. PUPILLE est l'histoire de la rencontre entre Alice, 41 ans, et Théo, trois mois.

 

 

Mon humble avis : Quel film, mais quel film ! Et pourtant, tout en pudeur, en sobriété (pas de musique par exemple), et d'une telle justesse, comme le confirme l'une de mes "coséanseuses" qui a adopté deux enfants. C'est un film que l'on regarde en apnée, entre tristesse et bonheur devant toute la bienveillance qui entoure cet enfant

Nous suivons le parcours de Théo (et parallèlement celui de sa future maman), depuis le moment où il est remis à l'adoption et celui où il arrive enfin chez sa mère adoptive (la formidable Elodie Bouchez, qui semble bien de retour sur grand écran !

J'ai apprécié que ce film casse un peu les codes ou les préjugés... L'assistant familial (autrement dit la famille d'accueil) est un homme, Gilles Lellouche. C'est donc un homme qui pouponne, qui change les couches, qui fait le peau à peau, qui s'inquiète du développement du nourrisson. Et cet homme a lui-même une famille, il est déjà père et tout va bien dans sa vie. Ensuite, c'est à une mère monoparental que les services sociaux accordent l'adoption. Elodie Bouchez, qui en début de processus d'adoption est en couple. Mais ce processus est tellement long que lorsque "l'enfant paraît", elle est mère célibataire et cependant ultra prête, tant son cheminement et les années l'ont fait grandir, mûrir etc.

On sort admiratifs de ce film, admiratifs notamment envers ces services sociaux souvent décriés... Car l'on apprend ici l'énorme travail qui est fait, le nombre de personnes qui s'investissent pour le bien être de l'enfant avant tout.

J'ai été bouleversée d'apprendre et de constater tout ce qu'un tout petit bébé peut comprendre et garder comme cicatrice de l'abandon... Au point d'en faire une dépression. Je n'imaginais pas qu'un être âgé de quelques heures puisse autant ressentir cette notion d'abandon. 

Même si ce film pourrait presque être un documentaire, il est bouleversant et doit beaucoup à un scénario et des dialogues ciselés, jamais encombrants... A tel point que l'on oublie qu'il y a justement un scénario. Tout est "juste ce qu'il faut". Tout comme les comédiens qui apportent une aura supplémentaire, tant ils semblent tous en état de grâce. Ce film ne vient pas vous chercher, il vous prend, il vous saisit. L'émotion vient d'elle-même, naturellement, juste parce qu'un petit être vient de naître et non parce que la prodigieuse réalisatrice Jeanne Herry en aurait décidé ainsi. Tout est naturel dans ce film, rien ne parait fabriqué, comme la vie en fait ! Allez, on file au ciné !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Décembre 2018

Film de Jean-Paul Rouve

Avec Ludivine Sagnier,, José Garcia, Jean-Paul Rouve, Pauline Clément et  Ramzy Bedia

 

Synopsis :  Lola a deux frères : Benoit, qui se marie pour la 3ème fois, et Pierre, qui débarque en retard au mariage… Excuses, reproches, engueulades, brouilles, chacun essaye de vivre sa vie de son côté. Benoit va devenir père sans y être prêt. Lola fait la rencontre de Zoher alors qu’elle s'occupe de son divorce. Quant à Pierre, ses problèmes professionnels s'enveniment. Tout dans leur vie devrait les éloigner, mais ces trois-là sont inséparables.

 

 

Mon humble avis : J'apprécie l'Homme Jean-Paul Rouve et les films dont il tourne la manivelle.... Et quand, cerise sur le gâteau, on sait que David Foenkinos est coscénariste de Lola et ses frères, et bien le bon film est garanti !

Jean Paul Rouve nous parle souvent de toi, de moi, de nous, de vous et s'est pour cela qu'il m'émeut toujours, en toute simplicité, sans jamais en faire trop. Ses personnages et ses films sont simples... Comme la vie... Donc compliqués aussi. Dans les rapports humains, dans la trajectoire que les personnages se donnent dans la vie, dans les obstacles qu'ils rencontrent...

Les films sur les fratries me parlent toujours... Puisque je les compare souvent à celle que je compose avec mon frère et ma soeur... Ce que nous sommes, ce que nous pourrions être, ce que nous n'avons pas été, ce que nous ne serons jamais, sur ce que j'aimerais que nous soyons.

Et ce qui différencie toujours les membres d'une fratrie, c'est la réussite des uns et les échecs des autres... Que ses échecs ou réussites soient professionnels ou personnels. Et ce qui distingue une fratrie d'une autre pour gérer et intégrer ces différences personnelles, c'est la communication... Partage ou non-dit... Oh pas de grand secret de famille dans ce film... Juste des secrets personnels... La perte d'un emploi, la difficulté d'avoir un enfant... Tout cela se tait... Par fierté, pour ne pas gâcher le bonheur des autres, parce qu'on croit l'autre incapable de comprendre notre détresse, par honte...

C'est tout cela que nous montre Jean-Paul Rouve avec sa finesse habituelle, son regard aiguisé sur les petites choses de la vie, son humanité, simple, aimante, bienveillante. Alors bien sûr ce film n'est pas un drame, puisque les dialogues sont assez piquants pour nous amener à sourire ou à nous émouvoir... Et puis Jean-Paul Rouve aime les gens, ses personnages et leur offre la possibilité de rebondir... Un beau message d'espoir aussi. Bref, un très beau film français... A voir, pour que nos artistes français puissent poursuivre leur oeuvre et que la diversité cinématographique perdure. Que l'on puisse, pendant des années encore, voir des films simples, qui ne coûte pas des fortunes et des fortunes, et qui sont "juste beaux". !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Novembre 2018

Film de Kheyron

Avec Kheyron, Catherine deneuve, André Dussolier

 

Synopsis :  Waël, un ancien enfant des rues, vit en banlieue parisienne de petites arnaques qu’il commet avec Monique, une femme à la retraite qui tient visiblement beaucoup à lui.
Sa vie prend un tournant le jour où un ami de cette dernière, Victor, lui offre, sur insistance de Monique, un petit job bénévole dans son centre d’enfants exclus du système scolaire.
Waël se retrouve peu à peu responsable d’un groupe de six adolescents expulsés pour absentéisme, insolence ou encore port d’arme.
De cette rencontre explosive entre « mauvaises herbes » va naître un véritable miracle.

 

Mon humble avis : Un film que la bande annonce rend "sympatoche" et que l'on va voir pour se distraire.... Et dont on sort bouleversés, mais avec la banane ! 

Mauvaises herbes est de cela. Certes, il y a l'humour des dialogues et de certaines situations qui vous amène à sourire ou rire. Mais il y a surtout tout le reste. En passant, je voudrais dire qu'il serait bien que les critiques officielles et la presse cesse de vendre à tout bout de champs des films sous la bannière "comédie", quand ces films sont bien plus que cela (idem par exemple pour "Le grand bain). Par exemple, le Dauphiné Libéré dit : une comédie hilarante... Leur journaliste a-t-il vraiment vu le film ? Car hilarant non. Emouvante, grave et souvent drôle oui.

Il y a les flash-back qui nous montrent d'où vient Waël, ce qu'il a vécu, et ce à quoi il a survécu : enfant des rues dans un pays en guerre... Et ces flash-back arrivent sans prévenir, vous saisissent et donne une profondeur sans fond à Waël, que l'on ne peut qu'admirer.

Il y a la relation qui unit Waël et Monique, dont on découvre les racines et la force au fil du film.

Il y a les solitudes et les envies de faire, pour l'autre, pour les autres. Celle de Dussolier qui veut vraiment raccrocher ces jeunes en décrochage, celle de Deneuve qui protège son poulain, quitte à sortir des rails. Et le tout, dans une bienveillance qui fait du bien, jamais mièvre même si cela semble parfois utopique.

Et surtout, il y a cet ancien gamin de pays en guerre qui devient un véritable moteur d'éducation, de repère, de dialogue, de confidence, de communication. Le lien est enfin créé entre ces jeunes et la société et ce lien est loin d'être standardisé... C'est ce qui fait sa force, son intelligence, sa finesse. Et les confidences que provoquent ou reçoit Waël vont lui permettre de mettre à jour et de dénouer des situations bien dramatiques que vivent ces jeunes. Il faut savoir que Kheyron, acteur, réalisateur et surtout scénariste du film a été éducateur... Les ados rebelles qu'il décrit dans ce film, il les a donc rencontrés et s'y est "confronté" pour de vrai. Kheyron sait donc de quoi il parle dans son film.

Alors oui, ce film est un miracle et même plus, un trésor. Une preuve de plus que la diversité est enrichissante et qu'il peut en naître le meilleur, le bon. Et tout ceci est démontré ici sans pathos, avec un rythme allègre. C'est un film qui donne peut donner la foi en l'humain, même s'il ne range pas sous le tapis le pire de l'humain, il n'en fait pas étalage. Au contraire. A voir, vite, d'urgence, à conseiller etc... Ce film profondément humaniste doit faire un tabac et remuer un max de monde, car c'est grâce à ce genre de film que notre monde peut devenir meilleur.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Novembre 2018

Film de Pierre Salvadori

Avec Pio Marmai, Adèle Haenel, Audrey Tautou, Damien Bonnard

 

Synopsis :  Yvonne jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux.

 

Mon humble avis : Une affiche et une bande annonce prometteuses. Et tous ces mots et ces phrases accolées à l'affiche rendaient ce film encore plus alléchant.

Justement, reprenons les une par une ces incitations...

- La comédie de l'année... Certainement pas. Une comédie sympatoche oui, mais guère plus.

- Jubilatoire... Faut pas exagérer ! Assez plaisant suffit pour décrire ce film

- Rires en cascades... Euh non... Quelques éclats éparpillés.

- Une comédie hilarante et bourrée d'émotion... Comédie sans qualificatif suffit. J'espérais un film bien plus décalé et plus téméraire dans l'hilarité supposée. Certes, le comique de situations est souvent bien exploité et quelques répliques sont franchement bien senties. Mais bon... Bourrée d'émotion... Quelques passages sont effectivement émouvants et incitent à réfléchir sur le statut de victime et la colère légitime... Mais pas de quoi nouer la gorge ni arracher les larmes.

Bon j'arrête là mon précédé de chronique qui va devenir répétitif. En Liberté est une comédie qui se regarde bien sûr, qui détend, sans pour autant casser 3 pattes à un canard. Je dirai que son atout majeur est son excellente distribution, Adèle Haenel en tête, qui crève l'écran. 

Alors sentez-vous libre d'y aller... ou de ne pas y aller !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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