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Publié le 19 Octobre 2018

Roman - Editions Gallimard - 3h12 d'écoute - 14.99 €

 

Parution d'origine chez Finitude en 2016 (existe en format poche)

 

L'histoire : Celle d'une famille où règne une folie douce.  Une famille atypique qui ne laisse place qu'à la fantaisie et au bonheur... le tout, sous les notes et la voix de Nina Simone... En attendant Bojangles. Les parents dansent devant leur fils et leur pie, surnommée Mademoiselle Superfétatoire 

 

Tentation : Pourquoi pas

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Il y a deux ans, librairies et blogs affichaient tous ou presque cette couverture, qui, hélas, ne m'inspirait pas trop. Quelle erreur ! Bon, en même temps, ma frilosité de 2016 m'a permis d'en lire la version audio parue en 2017... Et ça, c'est un réel bonus. Car cette version qui déjà est admirablement interprétée, offre le plaisir d'intermèdes musicaux... Quelques notes ou passages de la fameuse chanson de Nina Simone qui donne son titre au roman.

Depuis quand un roman ne m'a-t-il pas emportée à ce point, je l'ignore ! Mais mon enthousiasme est tel que mes mots paraîtrons bien fades pour l'expliquer et le partager !

La prose tout d'abord : fluide, enjouée, soignée mais guère trop. Du bonheur à écouter... Surtout qu'à un moment de ma lecture... je me suis aperçue que l'auteur glissait beaucoup de rimes au fil de ses phrases. Etait-ce systématique, je ne pourrais le dire car l'attention ne se fixe pas toujours avec précision sur les mots, mais sur l'atmosphère, l'action, le message, l'histoire. Parfois, le support que sont les mots passent au second plan.

Le choix narratif : L'auteur alterne à chaque chapitre des passages du journal intime du père du narrateur, pour ensuite laisser le narrateur s'exprimer et témoigner lui-même de son vécu. Ce sont donc les versions du père sans doute jamais devenu vraiment adulte qui donnent le change à celle du narrateur, l'ancien enfant maintenant adulte.

La fantaisie est omniprésente. Délicieuse et drôle, on s'émerveille des trouvailles de l'auteur pour construire ses personnages atypiques, leur donner vie, éduquer leur enfant comme bon leur semble, et ce fameux "bon leur semble" paraît en même temps si évident. En fait, c'est la logique de cette folie douce qui semble bien plus rationnelle que la triste réalité. Où est la folie dans notre monde ?

Au début, j'ai pensé que cette fantaisie était purement romanesque... Avant de comprendre que non... Qu'elle traduisait ce que l'auteur appelle "folie douce", celle de la mère. Et de ce fait, je ne me trouvais plus dans un roman un peu loufoque mais dans une tragédie aussi légère d'apparence que bouleversante dans son contenu réel et sa finalité. En fait, le sujet réel de "En attendant Bojangles" est la folie de la mère du narrateur. Folie pathologique bien sûr. La folie douce peut-elle durer pour toujours ? Pas sûr... Lorsque la folie devient envahissante. Et pourtant, cette folie douce amuse, étonne, divertit le lecteur, avant que celui-ci ne saisisse que pour le personnage, elle est souffrance.

Mais la folie douce n'est pas le seul sujet du roman, qui est aussi une formidable histoire d'amour, entre ces parents qui s'aiment qui qu'ils soient, tels qu'ils sont et surtout, pour ce qu'ils sont. C'est l'histoire d'un amour fou et une ode à la liberté d'être différent !

Un roman aussi lumineux que grave, aussi déjanté que juste et délicat, aussi léger que qu'émouvant. Pour moi, un pur chef d'oeuvre, qui marque, qui reste, qui laisse une empreinte ! A lire, à écouter, à relire, à offrir...

 

L'avis de Sylire et de Keisha

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 13 Octobre 2018

Roman - Editions Les Escales - 288 pages - 17.90 €

 

Parution le 30 août 2018 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Au bord du lac Leman... Ismaëlle perd son père, pêcheur de métier. Dès lors orpheline et émancipée, la jeune fille prend la place de son père. Une femme dans un monde d'homme.

C'est à cette époque que des corps sont retrouvés flottants sur le lac. Quelques uns, puis des dizaines et enfin, des centaines.

C'est aussi à cette époque qu'Ezéchiel, le fils de l'Orgre, reprend possession du palais dévasté de son père sur les hauteurs du lacs. Les deux jeunes gens vont se rencontrer.

 

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : #Rakuten  & Joseph Gibert via les Matchs de la Rentrée Littéraire 2018 (#MRL18), merci pour l'envoi

 

NB : Chaque année, je participe avec joie à l'événement annuel de la blogosphère littéraire : Les matchs de la rentrée littéraire proposé par Rakuten (ex Priceminister)... Quelques blogueuses marraines de l'événement nous proposent une série de titre... parmi lesquels nous en choisissons un que l'on reçoit très vite... sous condition de le lire bien sûr, mais surtout dans faire l'article de la façon la plus originale possible sur le média ou réseau social de notre choix.

J'ai été couronnée ces deux dernières années, remportant ainsi deux "smartbox" Zen... En 2016 et 2017, les livres que j'avais choisis dans LA liste m'avaient beaucoup plu, donc forcément bien inspirée. Je ne pense pas que le miracle se reproduise cette année... Quoiqu'il en soit, j'ai fait de mon mieux, tout en restant honnête sur mon ressenti.

 

 

Mon humble avis : Parfois, en lisant, je me fais colère. Car lorsque j'ouvre une oeuvre, c'est pour l'aimer, puisque l'envie et la gourmandise littéraire m'ont menée vers elle. J'y trouve l'occasion de la paresse que j'aime, chez moi... Lire pour ne pas avoir à faire autre chose de plus contraignant. Lire par avarice de soi-même, pour ne pas se partager, pour rester dans ma luxure livresque. Et, de temps à autre, il y a mon orgueil qui fait de moi la colère... 

Parce que je ne comprends pas un livre, que je ne parviens à y pénétrer, à le saisir, que je suis sans doute trop "petite" pour apprécier sa puissance, et trop ignare pour en repérer les fondements, les références. Parce que ma sensibilité et mes goûts ne me laissent pas le loisir d'apprécier sa poésie. Parce que j'aime qu'une histoire s'ouvre sur un mystère qui se dévoile au fil des pages...  Dans "fais de moi la colère", l'énigme n'a fait que s'épaissir de plus en plus, jusqu'à me conduire dans l'obscurité.

Sans doute ce roman trouve nombre de racine dans la culture biblique... Le prénom des personnages déjà (Ismaëlle et Ezéchiel), les sept péchés capitaux disséminés ça et là, mais laissant l'avidité (l'envie) au premier plan, la bête aquatique (Mammon) qui avale et pourrait rappeler l'histoire de Jonas. Mais ce n'est que peut-être, je ne suis sûre de rien.

L'écriture de Vincent Villeminot est très poétique... Hors, je ne suis pas sensible à ce genre littéraire surtout lorsqu'il est décrit par l'adverbe "très" ! La poésie m'ennuie le plus souvent et, par exemple, jamais je ne plonge dans un recueil. La poésie est sans doute là pour atténuer la violence des propos et situations, mais je l'aurais préférée absente, d'autant plus qu'elle y est très hachée... Le texte étrange aurait gagné en force et en portée dans ma chair. Il m'aurait saisie et placée alors que nageais sans direction dans des métaphores le plus souvent indéchiffrables pour moi. Car oui, il est question, de dictature, de génocides, des exactions criminelles et à grandes échelles des dictateurs africains, du blanchiment de l'argent de ces mêmes monstres dans des coffres d'une Suisse bien tranquille, de ce fait complice, même si chacun y dort tranquillement.

Mais quid de cette bête, la Mammon, qui hante le lac et avale les corps ? Serait-elle le mal qu'il y a au fond de chacun de nous et qui nous rend près à tout pour "nous", pour avoir toujours plus ? Et tous ces corps qui remontent par centaines du lac, voire par milliers ? Tout cela, je ne l'ai pas vraiment saisi. D'autres lecteurs ont fait le lien avec les migrants qui se noient dans la Méditerranée devant l'indifférence quasi générale et la peur de tous. Cette idée ne m'est pas venue lors de ma lecture, qui a fait de moi la colère, parce que je n'ai pas su apprécier le travail et l'art d'un auteur sans doute à sa juste valeur. Ai-je compris ce que j'ai lu ? Je ne le pense pas, en tout cas, pas en profondeur.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Octobre 2018

Roman - Editions Gallimard - 7h26 d'écoute - 15.99 €

 

Parution d'origine chez Flammarion en août 2013

 

L'histoire... Inspirée d'une vraie et de la Grande Histoire. En Argentine en 1987 quelques années après la chute de la dictature... Lisandra Puig, femme d'un renommée psychanalyste est retrouvée morte, défenestrée. Vittorio, son mari est accusé et incarcéré. Il se dit innocent et Eva Maria, l'une de des patientes est décidée à le démontrer...  Vittorio et elle pensent que le coupable se cache dans la patientèle du médecin

 

Tentation : Mon coup de coeur pour "Le confident"

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Hélène Grémillon, si vous passez par ici, dites-moi, pourquoi vous n'avez rien publié depuis "La garçonnière". J'aime tant vous lire, et laisser un talent tel que le vôtre s'endormir, ce n'est juste pas possible. Et si c'est un éditeur qui ne vous permet pas de partager votre plume, c'est un scandale !

La garçonnière est un roman d'une force rare, peut-être encore plus que "Le confident". Même s'il s'inspire d'une histoire vraie, on ne peut qu'admirer la construction, le style et l'écriture ciselée mais jamais prétentieuse d'Hélène Grémillon.

Ma lecture remonte déjà à plusieurs semaines, aussi mon billet est fait de ce qui reste, à froid. Et je dirais, presque une envie de le relire... Puisque c'était ici une audiolecture, pourquoi pas, bientôt, m'y plonger par le papier.

L'histoire se lit presque comme un roman policier doté d'un suspense étouffant... Puisqu'il y a un meurtre supposé et donc un présumé coupable... Même si, aux yeux du lecteur, ce dernier change constamment au fil des découvertes d'Eva Maria et des petites clés disséminées de ci delà par l'auteure.

Parmi les assassins potentiels, se trouvent les patients du docteur Puig... Qui lui ont tous livré des secrets personnels ou d'Etats, avoué des crimes, confesser une douleur plus forte que tout, liée à une haine et une envie de vengeance. D'une façon ou d'une autre, nous assistons à certaines séances de la plupart de ces hommes et femmes. Ainsi, Hélène Grémillon nous conduit au plus profond de l'intime. Dans l'antre d'où rien ne sort jamais... Le cabinet d'un psychiatre... qui reçoit tout un éventail de personne et qui entend l'indicible.

N'oublions pas que l'intrigue de ce roman se déroule en Argentine quelques années seulement après la fin de la dictature militaire... Qui dit juntes militaires, dit Disparus, Fusillés, Torturés, Prisonniers, Exilés, Enlèvements... Et en Argentine, les bébés volés... Et le mouvement des mères de la place de Mai. Et bien de ces événements historiques, la romancière nous en propose différentes versions... Celles des bourreaux, celles des victimes... Qui tous côtoient le cabinet de Puig... 

Et au milieu de tout cela, la mort de Lissandra Puig... Et son personnage si bien façonné, si bouleversant finalement.

La garçonnière est un roman sur le pire et le meilleur de l'humain...Que ce soit par amour, par vengeance, par envie d'être aimé, par l'envie d'aimer, pour protéger, par lâcheté, par inhumanité, par jalousie, par désamour. Tous ces sentiments y sont développés avec une justesse incroyable.

C'est aussi l'histoire d'un énorme gâchis, qui rappelle que dans la Grande Histoire prend de la place, il ne faut pas pour autant oublier les "petites" histoires, celles qui sont personnelles, méconnus mais tout aussi dramatique.

Et le titre dans tout cela ? Tout au long du roman, je me suis interroger sur celui-ci, sur sa signification. Patience... Les toutes dernières phrases en livrent le secret et le sens, dans un dénouement glaçant qui noue la gorge.

Un roman si fort est à lire de toute urgence, évidemment !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 29 Septembre 2018

Roman - Editions Gallimard - 5h50 d'écoute - 17.99 €

 

Parution d'origine en août 2016

 

L'histoire : Myriam, épouse et jeune mère au foyer de deux enfants, décide de reprendre son activité professionnelle. Avec Paul, son mari, ils se lancent dans le recrutement d'une nounou, avec des critères très strictes. Leur choix est sans appel. Ce sera Louise. Louise qui se révèle très vite extraordinaire, au delà des espérances. Louise qui devient indispensable, qui prend de plus en plus de place au sein de la famille. Au point d'en faire partie, c'est du moins ce que Louise ressent...

 

Tentation : La renommée du roman

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Prix Goncourt 2016... Forcément, cela attire regards, curiosité et conduit à la lecture de dizaines d'avis sur la blogosphère... Alors, je m'attendais à du waouh...

Et ce waouh presque général se traduit chez moi par un : Ouais, pas mal mais...

L'avantage de ce Goncourt est qu'il se lit facilement, accessible et compréhensible par tous. Point de noeuds à se faire au cerveau pour suivre l'intrigue et la saisir, en tout cas dans ce qu'elle a de plus apparent... Car bien sûr, au-dessous de cette histoire somme toute assez classique, Leila Slimani a glissé une bonne donne de finesse dans le portrait de ses personnages, et surtout celui de Louise, qui restera une inconnue aux yeux de Myriam et Paul...

Comme quoi, lorsque les apparences conviennent, on ne cherche pas à creuser derrière, on ne prend même pas le temps d'imaginer qu'il peut y avoir derrière une histoire, une autre réalité, une douleur. Je pense que c'est cela le véritable sujet du roman... Quand les apparences conviennent et arrangent, on efface le doute et l'on ne s'intéresse pas à l'autre face, par manque de temps, d'intérêt, d'imagination, de sensibilité peut-être... ou simplement d'altruisme, même si l'on se vente d'en déborder... même si l'on se trouve aveugle devant une solitude béante.

Alors, certes on a froid dans le dos car le début du roman s'ouvre sur l'issue de celui-ci... Donc forcément, on sait vers quoi l'on se dirige... Et pourtant, je m'attendais néanmoins à plus de suspens, à plus d'effroi et de tension. J'espérais un "page turner".  A mes yeux, c'est comme s'il manquait des étapes alors que certaines se répètent. Quant à la fin... Et bien sans spoiler, je peux dire que... Ayant écouté la version audio empruntée à la bibliothèque et copiée sur mon disque dur... J'ai vraiment cru qu'il me manquait un chapitre, au point que sur Facebook, j'ai fait appel à mes amies pour savoir si "ma dernière phrase" était bien "la dernière phrase". Donc une toute fin qui laisse sur la faim, avec une sensation d'inachevé.... ou de commencement interrompu...

Je pense que sans le tapage littéraire et médiatique autour de Chanson douce, j'en aurais attendu moins et sans doute plus apprécié la lecture qui reste néanmoins de bonne facture et agréable !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 15 Septembre 2018

Roman - Editions Thélème - 2h36 d'écoute - 20.95 €

 

Parution d'origine chez Julliard en 1961

L'histoire : Sur une île de Key Largo en Floride, Josée, jeune française, coule des jours très- trop tranquilles auprès d'Alan, son américain de mari. Lassée de cette vie et de la jalousie de son époux, Josée s'envole pour la France où elle espère retrouver sa chère liberté.

 

 

Tentation : Mon goût pour les écrits de Françoise Sagan

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Tous les livres que j'ai lu de Françoise Sagan m'ont conduite au septième ciel. Il en est tout autre pour ce roman ci. Je n'ai même pas atteint ces merveilleux nuages. Pour tout dire, je suis restée sur le plancher des vaches. Donc déception totale, heureusement, cette audiolecture est très courte, ce qui ne laisse pas vraiment le temps de parvenir à l'agacement... mais presque.

Certes, le plaisir d'entendre la plume, voire la voix de Françoise Sagan reste agréable. On retrouve bien sûr ici son ton inimitable, fait de désinvolture et de cynisme, surtout envers ces personnages, dont elle se moque bien. Les dialogues sont, comme d'habitude, assez caustiques, ce qui n'est pas fait pour me déplaire. Donc dans la forme, ce roman n'est pas désagréable à écouter, d'autant que l'interprétation qui en est faite est juste parfaite (on pourrait même imaginer que c'est Sagan elle-même qui nous lit son oeuvre). Il ne faut pas oublié non plus que ce roman évoque une période on ne peut plus révolue.

Mais dans le fond, je n'ai adhéré à... rien. Les personnages ne sont que mondains. Ils se noient autant dans l'alcool que dans une oisiveté qui les rend très superficiels, assez inintéressants, et franchement ni aimables ni touchants. Ils sont capricieux. Ils s'ennuient donc forcement sont ennuyeux. Même la fluctuation des sentiments amoureux m'a plus semblé prendre racine dans l'inconstance que dans l'âme ou le coeur. A moins que ces affections (notamment la passion exclusive, la jalousie, la manipulation amoureuse) ne soient pas assez creusées pour captiver la lectrice que je suis.

Bref, c'est une sensation d'insignifiance que je garde de ma lecture, que j'oublierai sans doute très vite. Si vous n'avez jamais lu Françoise Sagan (ce qui est un horrible tort auquel il faut remédier au plus vite), ne commencez pas par ces soi-disant "Merveilleux nuages" !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 7 Septembre 2018

Roman - Editions Julliard - 149 pages - 16.00 €

 

Parution en août 2018, rentrée littéraire

 

L'histoire : Le narrateur décrit son année d'hypokhâgne, école où tout moyen est bon pour parvenir à l'excellence, quel l'on soit étudiant, professeur ou directeur... Puisque ces classes préparatoires formatent l'élite de demain.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

Mon humble avis : Mon choix s'est porté sur ce premier roman parce qu'il y a quelques années, une de mes nièces est entrée en classe préparatoire à Henri IV. Elle en partit en courant un mois plus tard, dégoûtée des "valeurs humaines" qui y étaient prônées. Alors, par ce roman, j'espérais être la petite souris dans les entrailles de ces prépas, usines à broyer de la jeunesse, à tuer l'innocence, à enterrer les rêves.

Et me voici bien embêtée avec La purge. Tout d'abord, la 4ème de couv, assez proche de mon "résumé qui la résume", est assez mensongère quant au contenu du roman. Les premières pages correspondent à peu près à l'attente, puisque l'on partage effectivement le quotidien de ces étudiants (pression, humiliation, privation de sommeil et de nourriture etc). Mais la suite se perd dans des descriptions ultra longues de personnages, de pièces. Il m'a semblé que chaque petit dialogue, aussi court soit-il, était nécessairement introduit par des pages et des pages d'inventaires détaillants le plus minutieusement possible chaque centimètre carré d'un visage, d'une paire de chaussures, d'une tenue vestimentaire, d'une allure... De ce fait, pour moi, les propos manquaient de profondeur, d'affect, d'utilité et bien sûr, d'intérêt.

La purge est un pamphlet contre ces classes préparatoires qui forment l'élite de demain... Avec des profs qui se croient Dieu et certains élèves qui s'imaginent déjà élevés au rang de ses saints... Tout est fait pour décourager ou pour formater... Le par coeur remplace la réflexion, la curiosité, la découverte. Un certain savoir camoufle l'ignorance. Le chemin et le rythme militaire sont tracés. Exit ceux qui ne suivent pas. 

Le propos recherché est donc louable... Mais la forme l'est beaucoup moins à mes yeux.

Le style tout d'abord... Il peut être considéré comme magistral... ou comme ampoulé, pédant. La maîtrise de la langue et de la culture française du jeune auteur est bien entendu époustouflante ! Oui mais... de ce fait, pas accessible à tout le monde... Pour moi, ce fut impossible de dévorer ce roman, tant sa lecture nécessitait de la concentration pour apprécier les effets de style, traduire les innombrables métaphores très très recherchées et souvent nébuleuses. Comme certains chanteurs à voix s'écoutent chanter, j'ai eu la sensation qu'Arthur Nesnidal se regardait écrire, jubilait de son utilisation de notre belle langue, sans penser forcément aux lecteurs qui liraient ses pages... Ou alors, s'il y pensait, et bien pour moi, il reproduisait le système qu'il dénonce en tombant alors dans son propre piège... Ne s'adresser qu'à une certaine élite, seule capable de le suivre, et exit les lecteurs à la culture moyenne dont je suis. Possible qu'au fil des pages souvent rébarbatives car trop empesées et maniérées, Arthur Nesnidal purge certains de ces lecteurs.

Le contenu ensuite... Arthur Nesnidal pointe du doigt le mépris qui règne dans l'univers préparatoire... Celui des prof envers les élèves, du directeur envers les étudiants, des étudiants nantis envers les étudiants boursiers, des citadins envers les paysans etc... Mais pour moi, il le fait de façon maladroite... Il dénonce ce mépris en usant juste du même mépris, de la même condescendance... et l'ensemble reste assez superficiel, puisque les personnages ne sont pas creusés, on ne les connait pas de l'intérieur. L'auteur se contente le plus souvent de trois ou quatre pages de descriptions sur la laideur physique de l'un, ou l'absence de goût vestimentaire de l'autre.

Donc bref... Certes, c'est très bien écrit... mais finalement trop bien pour toucher, passionner, captiver, émouvoir. Et surtout, par son style, ce roman s'adresse beaucoup plus à ceux qu'ils dénoncent et qui ne forment qu'une infime partie de la population française qu'à la masse... Un roman qui dit dénoncer l'élitisme tout en usant de ses manières... Et bien ça me laisse perplexe... Une certaine simplicité aurait, je pense, bien mieux servi le sujet ! Aussi brillant soit-il, Arthur Nesnidal s'est pour moi éloigné de celui-ci.

 

2/6

"La rumeur est une lèpre, qui vole d'une haleine bouffie de mesquinerie à des oreilles complices déjà contaminées." (La purge, A. Nesnidal)

"Plaindre, c'est tendre la main vers le misérable parce qu'il est misérable ; il y a dans ce geste une forme de hiérarchie qui compare les malheurs et désigne le faible" (La purge, A. Nesnidal)

"La fierté des parents a de ces prophéties qui lorsqu'elles s'écroulent, semble tuer l'enfant.......Rien n'est plus obligeant que la confiance d'un proche" (La purge, A. Nesnindal)

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Août 2018

Roman - Editions Albin Michel - 162 pages - 17.50 €

 

Parution le 22 août 2018 : Rentrée Littéraire !

 

L'histoire : Les prénoms épicènes sont autant masculins que féminins. C'est pourquoi, Claude et Dominique décide de nommer celle qui restera leur fille unique et détestée de Claude...

 

Tentation : Quelle question ?!

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

Mon humble avis : A y'est, ma gourmandise littéraire annuelle est arrivée, aussitôt achetée dès sa sortie du four et aussitôt dévorée (la semaine dernière) ! Comme chaque année, je n'ai pas manqué mon rendez-vous avec mon péché mignon et mon auteure favorite.

Evidemment, mon petit résumé ci-dessus reste succinct... mais l'est déjà un peu moins que la phrase énigmatique qui occupe la quatrième de couv du dernier né Nothomb.

Pas un coup de coeur pour moi cette année, tout simplement parce qu'au contraire de ces prédécesseurs, Les prénoms Epicènes ne m'a pas semblé "écrit pour moi" ! A chaque fois, je me retrouve dans l'un ou l'autre de des personnages, même si ce n'est que pour une courte période de sa vie. Cette année, non.

En 2017, Amélie Nothomb s'était penchée sur la relation mère/fille, avec une mère maladivement jalouse de sa progéniture.

Le cépage 2018 prend racine dans la filiation père/fille... Et ce père déteste sa fille, qui comprend cela très jeune et le déteste donc tout autant ! Bien entendu, la 3ème partie nous apprendra la raison de cette haine tenace... Et c'est là que tout le talent et la magie de ma chère Amélie Nothomb prennent toute leur forme... Celle d'un couperet, d'une guillotine presque. Voilà ce que je me suis dit en découvrant avec stupéfaction l'essence de cette haine ! Il est question de manipulation et de vengeance obsessionnelle, machiavélique même ! Où l'on se dit vraiment qu'une telle histoire ne peut naître que de l'esprit fantasque d'Amélie Nothomb, et de celui personne d'autre. A mes yeux, Amélie Nothomb est décidément la reine du couperet, de la cruauté envers ses personnages ! Violence psychologique et affective, il n'est pas question de torture à la Maxime Chattam par exemple.  Mais oui, Amélie Nothomb est sans pitié avec les êtres de sa création. C'est peut-être pour cela qu'elle semble garder une certaine distance avec eux, distance que permet la narration sous forme de conte... Ces dernières années, les romans d'Amélie Nothomb pourraient presque tous s'ouvrir sur la fameuse phrase :"Il était une fois"

Bien évidemment, on retrouve certaines obsessions d'Amélie Nothomb... Le champagne... La survivance... L'adolescence....

Pour conclure, Les prénoms Epicènes, un bon cru mais pas un millésime, à mon humble avis évidemment. Ce qui ne m'empêche pas de dire : vivement l'année prochaine !!!

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Août 2018

Récit - Editions Audiolib - 3h30 d'écoute - 15.75 €

 

Parution d'origine chez Fayart en 2015, existe aussi en poche

Le sujet : Ce récit s'ouvre sur un enterrement, celui de Lulu, le père de Marc Lavoine. Au fil de ces pages, Marc Lavoine se souvient et raconte. La vie de Lulu, forcément mêlée à la sienne ou vis et versa. Ce père qui buvait, qui aimait trop et partout, qui vivait pour l'Huma, le Parti et le syndicat, et qui mentait...

 

 

Tentation : Médias et blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Qu'il chante ou qu'il parle, ça voix ne fait chavirer. Cette voix chaude, qui vient de l'intérieur, qui caresse ou bouscule, qui pénètre de partout. Celle de Marc Lavoine... Alors imaginez le bonheur d'avoir cette voix rien que pour moi pendant les quelques heures d'écoutes de ce livre. Rien que pour cela, cette audiolecture est inestimable.

Mais ce n'est pas tout ! Car le texte est aussi délicieux que la voix de Lavoine. Un texte tout en poésie, en émotions, en rudesse, en sensibilité, en douceur, en amour, en rancoeur pardonnée, en humour, le tout avec style élégant qui n'en fait pas trop non plus.

Dans "L'homme qui ment", Marc Lavoine s'adresse à son père défunt, retrace la vie de la tribu familiale au sens large, dresse un bilan de l'influence de Lulu sur la vie des autres. Par la vie de Lulu, ce sont aussi celle des autres qu'il dévoile, tout en pudeur. 

De ce Lulu qui serait tout ce que je déteste chez un homme, Marc Lavoine dresse un portrait sans concession mais néanmoins plein de tendresse, ce que permettent le recul des années et la maturité de l'auteur. Ce portait de famille nous fait sourire, nous révolte ou nous sert la gorge.

Lulu est un homme qui aime sa famille, qui vit comme dans un film italien, et qui aime beaucoup trop et trop souvent ailleurs, prenant ses enfants à témoins. 

Marc Lavoine nous offre aussi un formidable flash-back sur une autre époque décidément bien révolu... Celle des trente glorieuses, de la fin de la guerre d'Algérie et du retour des soldats, la lutte des classes, de l'espoir euphorique quant à l'avenir etc...

Un texte magnifique, autant intimiste qu'universel, autant familial que sociétal, qui sonne vrai. Un hommage à ce père si particulier, mais aussi à la mère, qui a tant subi cet amour destructeur. Mais aussi, les premiers pas vers la célébrité. C'est beau, et forcément, à lire et/ou à écouter !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Août 2018

Roman - Editions Arléa - 264 pages - 10.50 €

 

Publication en septembre 2011

 

L'histoire : Quelque part dans le Finistère Sud, une femme est là, sur la plage, seule. Anne attend. Dans une semaine, son amant viendra la rejoindre. Anne espère et dans cette expectative, elle observe ce qui se déroule autour d'elle, comme au fond de son esprit.

Elle décompte les jours qui la sépare des retrouvailles, et se cramponne à son téléphone , aspire à entendre sa ridicule sonnerie, annonciatrice de la voix de son Amour, qui viendra, c'est sûr. Sauf si...

 

Tentation : Sylire + le sujet

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Comme j'ai aimé ce livre, si bien écrit, si délicat et intimiste. Cette histoire où il ne se passe pas grand-chose, mais qui nous fait vivre au gré des marées, hautes et basses, au sens propre comme au figuré. Il y a les marées hautes qui obligent les vacanciers à s'agglutiner sur le sable sec... Et les marées basses, qui élargissent l'horizon et qui éparpillent les gens. Et dans le coeur d'Anne, c'est un peu pareil. Flux et reflux. Espoir et joie, déception, souffrance, solitude, compagnie et souvenirs qui remontent à la surface.

Pourtant, Anne fait partie des personnages littéraires à qui j'aimerais botter les fesses, les remuer, leur ouvrir les yeux. Les tirer de tant de naïveté, de tant d'aveuglement. Mais je me suis sentie bien avec elle, dans cette petite station balnéaire nommée d'un simple "S", son Hôtel de la Plage". Toute une petite galerie de personnages dont on apprendra peu par des instants volés, des conversations captées par bribes, sans le vouloir. Et d'autres qui diront beaucoup par le regard, une attention où juste quelques mots.

J'ai vraiment adoré toutes les observations et déductions potentielles que fait Marie Sizun à travers l'oeil et l'esprit d'Anne. Sur la plage... Oui, il y a les habitués, qui se placent toujours aux mêmes endroits. Les propriétaires de villa, les locataires... Ceux du camping. Le clan des familles, celui des jeunes couples, des esseulés, des jeunes adolescentes toutes longilignes et la main clouée au portable. Il y a les nouveaux, qui cherchent une place, qui n'osent pas le centre. Il y a les discrets, les bruyants qu'on aimerait fuir de plusieurs dizaine de mettre. Ceux qui se collent à vous alors que la plage est grande. Ceux qui s'ennuient ensembles. Ceux qui lisent. Ceux qui s'assoupissent, malgré le brouhaha constant de la plage (où d'autre parviendrons nous à dormir dans un tel boucan ?). Les seniors, qui s'installent toujours dans un même cercles tellement étroit que les pieds se touchent et que seuls les dos voient la mer qui n'est qu'un décor devenu aussi habituel qu'un meuble dans un salon. Pourquoi si serrés ? Pour tout de même s'entendre quand les oreilles faillissent ? Bref, je me suis régalée de toutes ces descriptions tant j'y ai retrouvé les observations estivales annuelles.

Et Anne dans tout cela ? Car ce roman aurait pu aussi s'intituler Anne. Anne attend, cramponnée à son téléphone, l'appel puis la venue de l'être aimé. Elle est à son service, à sa disposition d'une façon on ne peut plus unilatérale. Car l'Amour d'Anne est marié, à des enfants. Donc Anne est l'autre, celle qui doit rester inexistante de l'officielle et qui de ce fait, subit tant pour quelques heures de bonheur, ou d'espoir de quelques heures... Mais Anne cheminera et réalisera la nocivité de sa dépendance affective. Elle découvrira que l'absence de sentiment rend libre, supprime la souffrance, permet d'être soi. 

Pas de grand suspens dans ce roman, mais quelques rebonds et quelques surprises qui prouvent que le monde est petit. L'écriture entraînante, jamais pesante, très agréable rend ce récit addictif... Trop d'ailleurs car pour la petite histoire, j'ai entamé ma lecture chez moi, quelques jours avant d'aller à la plage. Cela faisait un moment que je réservais ce roman pour cet été dans la ferme intention de le lire sur le sable. Pas eu le temps d'arriver à la plage que je tournais déjà la dernière page !

 

 

L'avis de Sylire

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Juillet 2018

Roman - Editions le livre qui parle - 5h12 d'écoute - 15€90

 

Parution d'origine chez Flammarion en 2016. Existe aussi en poche.

 

L'histoire : Durant l'hiver 1926, la reine du crime Agatha Christie a disparu durant quelques semaines. Plus tard, dans son autobiographie, la célèbre romancière dira avoir perdu le texte relatant les faits de sa disparition, qui resta donc un mystère pour tout le monde, depuis son mari, jusqu'à la presse et tout un pays qui y alla alors évidemment de toutes les suppositions : kidnapping ? assassinat ? Suicide ? Brigitte Kernel se glisse dans la peau d'Agatha et de son imagination, tente de reconstituer la vie d'Agatha lors de cette disparition.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Un mystère autour d'Agatha Christie, elle-même reine du mystère, voilà une lecture bien tentante. Certes, je n'ai pas lu de roman de celle-ci depuis belle lurettes, mais dans ma jeunesse, presque chacune de ses enquêtes sont passées entre mes mains !

Dans ce roman, il flotte d'ailleurs une atmosphère très proche de l'écrivaine Anglaise, et le ton à la première personne du singulier employé rappelle celui d'un de ces personnages phares : Miss Marple !

Agatha Christie a alors 36 ans quand elle choisit de disparaître volontairement des "écrans radars". Elle vient de perdre sa mère adorée et de découvrir les tromperies de son époux, Archibald Christie. Personne ne saura vraiment ce qui s'est passé à ce moment-là. Toutes les hypothèses sont avancées, même celle de l'amnésie.

Brigitte Kernel nous propose sa version, et nous accompagnons donc Agatha Christie durant ces deux semaines, depuis une fugue et une tentative de suicide ratée, jusqu'à une série de déguisements pour ne pas être reconnaissable jusqu'à une station thermale pour un couler des jours tranquilles... Quoique...Agatha Christie n'ait jamais imaginé le retentissement médiatique qui entourerait sa disparition et les complications que cela engendrerait pour elle.

Le style est simple et fluide, la lecture agréable (malgré quelques longueurs) et divertissante, bien qu'un peu trop "tea time" et linéaire pour moi. Le personnage d'Agatha Christie ne parait pas toujours agréable et compréhensible et semble parfois un peu idiote. Comme je l'ai dit, même s'il y a l'atmosphère "Miss Marple" ce roman n'atteint pas le génie de Mrs Christie, donc la disparition reste et restera "son crime le plus parfait, jamais résolu"... Un livre distrayant et original, qui replonge le lecteur dans l'Angleterre des années 20. Ne pas s'attendre à de l'exceptionnel permet de ne pas être déçu.

 

L'avis de Sylire

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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