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Publié le 24 Mars 2015

 

L'IMPOSTURE DES MOTS - Yasmina KHADRARoman - Editions Pocket - 168 pages - 5.80 €

 

Parution d'origine en janvier 2002 chez Julliard

 

L'histoire : En 2001, l'officier supérieur de l'armée Algérienne Mohammend Moulessehoul a déjà révélé qu'il était aussi Yasmina Khadra, auteur reconnu de romans policiers. Il a alors démissionné de l'armée, et arrive en France, avec femme et enfants. Il y est attendu par son éditeur français, son attachée de presse et se lance dans la promotion de son dernier roman. Sauf que l'attente et les questions des uns et des autres ne sont pas celles qu'il espérait.

 

Tentation : J'aime l'auteur et l'homme

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Mes 3 précédentes lectures de Khadra m'avaient autant subjuguée que bouleversée. J'aime beaucoup l'homme, passionnant à écouter lors des rencontres littéraires, et qui fait preuve de beaucoup de bonhommie. Il est aussi accessible puisqu'il y a quelques années, il avait accepté de répondre à l'une de mes interviewes.

Mais, j'avoue, je n'ai pas accroché avec ce texte. Déjà, la vraie quatrième de couv est trompeuse. Elle semble annoncer un témoignage sur l'époque où Khadra a révélé sa véritable identité et vis et versa. Et bien non, celui-ci débute plus tard.

Certes, il y a la belle écriture de l'écrivain, des passages très touchants et des sujets intéressants abordés. Comment réapprendre à "être" après 30 ans d'armée, d'obéissance et de guerres. Comment évoquer une armée telle qu'on la vécue, une armée décriée par l'opinion internationale, politique ou médiatique, qui lui reproche à tort des faits qui ne sont pas de son fait ? Comment faire oublier le commandant militaire pour exister en tant qu'écrivain ?

Il y a aussi de belles questions, universelles, bien posées : est-ce la souffrance qui fait le rêve ou le rêve qui fait la souffrance ?

Alors oui, il y a de bonnes choses dans ce livre, même de très bonnes.

Mais le choix narratif ne m'a pas particulièrement plu. Le narrateur (Khadra lui même, l'imposture des mots étant hautement autobiographique), converse beaucoup avec des personnages dont on met un moment à comprendre d'où ils viennent : à savoir, de ses précédents roman ou de l'au-delà. J'ai trouvé ses passages maladroits, peu convaincants.

Ensuite, j'ai eu l'impression de lire un long apitoiement de l'auteur (on ne m'aime pas, on ne me comprend pas, je suis malheureux, je veux qu'on m'aime, qu'on me lise), qui passe son temps à s'auto sermoner comme pour se faire pardonner en public cet auto apitoiement d'où transparaitait presque une certaine taille d'égo. En tous cas, c'est ainsi que je l'ai perçu, même si je sais, pour avoir rencontré Yasmina Khadra à de multiples reprises, que Khadra est un homme adorable, simple, presque ingénu, et avec un humour subtil et délicieux.

Bref, il semble que je n'ai pas capté l'objectif de ce récit.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Mars 2015

Roman - Editions Audiolib - 9h d'écoute - 22.90 €

 

Parution d'origine : août 2012 (existe aussi en format poche)

 

L'histoire : Tanger. Lakhdar et Bassam sont deux adolescents qui regardent en rêvant les ferries traverser le dédroit de Gibraltar. Leur vie semble pourtant toute tracée au Maroc.

C'est alors que Lakhdar est surpris en posture indésirable avec sa cousine Meryem. En fuyant les coups de son père, Lakhdar fuit sa famille pour la vie. Une vie qu'il construira, étape par étape, alors que le monde se transforme.

 

 

Lu par Othmane Moumen

 

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Mon humble avis : Comme j'ai aimé cette histoire, on ne peut mieux servie par la voix d'Othmane Moumen. Charmée comme un serpent, hypnotisée, captivée par le destin de Lakhdar, hors du commun pour moi mais sans doute, et hélas, assez universel à l'heure actuelle.

Comme j'aurais aimé être assise à la terrasse d'un café, multipliant les bières fraiches, accompagnée de Lakhdar qui m'aurait ainsi raconté lui-même sa vie. Nous serions devenus amis, car c'est un profond sentiment d'amitié, teinté d'admiration, que j'ai ressenti pour lui. C'était au-delà de l'empathie.

Lakdhar, qui regarde ce détroit de Gibraltar, avec en face, l'Espagne. Dans le mot "détroit", il y a "étroit". Et le monde, il est bien trop étroit pour Lakhdar qui rêve de liberté, et qui longtemps, sera sauvé par sa passion pour la lecture (la lecture de polar en français, ce qu'il trouve dans les librairies de Tanger). Sa culture et son ouverture d'esprit sont alors bien plus large que celle des siens et de son entourage.

Ce jeune homme croisera nombre de personnes qui influenceront son destin, en bien, en mal... Quoique, Lakhdar est un garçon qui garde son libre arbitre et sa clairvoyance.

De l'errance, il sera sorti par les Frères Musulmans qui lui offrent un poste de libraire au groupe de La diffusion de la pensée coranique. Son pote Bassam n'est alors pas très loin, pour l'instant. Puis il y aura Judith, la touriste espagnole rencontrée à Tanger, avec qui il liera une relation tant amoureuse qu'amicale et culturelle.

Lakdhar, courageusement, ira de petits boulots en petits boulots, qui le mèneront sur la Méditerranée, qui le coinceront des semaines dans un port espagnol. Là, Lakdhar devient un "sans papier", mais son chemin se poursuit jusqu'à Barcelone.

Lakdhar est un personnage vraiment intéressant, dans ses réflexions et son regard sur le monde. D'ailleurs, ce roman est très ancré dans l'époque. Il y est question de l'attentat de la place Jeema el Fna à Marrakech, des Printemps Arabes, des émeutes Grecques ou Espagnoles. Un monde en mouvement, en crise, tant identitaire, religieuse, qu'économique. Il y a des soupçons de terrorisme, de mystérieux voyages au Moyen Orient...

Ce roman est d'une richesse incroyable sur l'humain, sur ce qui le retient ou pas de basculer. Sur l'envie, sur les barrières, sur la religion, sur les espoirs d'une jeunesse, sur l'exil, sur la découverte de l'ailleurs au-delà des idées que l'on en avait, sur la liberté possible ou non à travers une religion.

Je me souviendrai longtemps de Lakdhar. Un garçon qui devient, au fil des pages, un homme. Un homme bien et bon, même s'il ne fait pas toujours bien, il fait le bien. Où que tu sois et qui que tu sois Lakhdar, je te tire mon chapeau, je pense à toi, j'admire ton cran et ta fidélité à toi même. Tu m'as vraiment émue et touchée.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 6 Mars 2015

Roman - Editions Buchet Chastel - 288 pages - 15 €

 

Parution le 1er janvier 2015

 

L'histoire : Victor, jeune bachelier provincial, débarque à Paris où il est admis dans une grande classe préparatoire d'hypokhâgne. Sa première année se déroule dans un désert relationnel, tant il est invisible aux yeux des autres étudiants. La deuxième année, arrive Matthieu, à priori aussi peu à sa place que Victor dans cette prépa. Les deux garçons lient connaissance en partageant quelques clopes dans la cours. Quelques jours plus tard, Matthieu se suicide à l'intérieur de l'école. Tout le monde entend le cris, puis le bruit de la chute. Ami supposé de la victime aux yeux de tous, Victor n'est alors plus transparent...

 

 

Tentation : Mes précedentes lectures de l'auteur.

Fournisseur : Dominique, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis : Comme les autres oeuvres de Jean-Philippe Blondel, Un hiver à Paris prend racine dans un événement autobiographique. Ce suicide a eu lieu alors que l'auteur était lui même étudiant dans cette prépa. La réalité occupe donc quelques pages dans le livre. Elle est brute, métallique, rapide, sans appel. Le reste, c'est le talent de Jean-Philippe Blondel qui nous plonge dans un destin en pleine construction, entre certitudes, étonnements, découvertes, remises en question et décisions.... dans un monde de requin, dans un monde où votre naissance est sensée tracer votre vie. Et déroger à cette vie tracée, c'est un peu quitter son monde, s'en écarter par différences, malgré l'amour.

Jean-Philippe Blondel évoque ici, avec grand tact, délicatesse, justesse, émotions (mais émotions point dégoulinantes) le grand écart qui sépare les provinciaux de la vie parisienne. De cet écart, va naitre la solitude de Victor. Il n'est pas né "dedans", alors on ne le voit pas, on l'ignore. Le milieu populaire dont il est issu le prive de popularité dans cette micro société dont il ne possède pas les codes. Il est transparent aux yeux des autres. Ce thème de la transparance aux yeux des autres m'a beaucoup touchée, me rappelant sans doute de douloureux souvenirs. A l'école, j'étais celle qu'on choisissait en dernier pour composer une équipe de sport. J'étais celle dont on ne se souvenait pas. De là vient peut-être mon réflexe de pitrerie qui fait que bien souvent, et hélas, maintenant, on ne voit que moi, on n'entend que moi trop souvent, sans que je ne puisse lutter contre cette image déformée que j'offre de moi.

Enfin bref, revenons en au roman, qui dénonce la brutalité et la concurrence imptoyable que l'on trouve dans ces grandes écoles de prépa. Cette concurrence est parfois bien plus entretenue par les profs que par les élèves eux mêmes... pas préparés, à la sortie de l'adolescence, à l'âge où l'avenir se joue, à se battre contre ça. Le comportement de certains profs qui s'acharnent à humilier les élèves, à les enfoncer plus bas que terre est bien montré ici... tout comme les conséquences que cela peut avoir. Mais attention, il y a dans ces pages beaucoup de nuance et aucun manichéisme.

Le suicide. Celui ci était en 1984... mais tous les ans, il y en a d'autres, dans le même établissement ou dans des collèges et lycées. Parce qu'il manque une main tendue, une parole, un regard, un "je te vois, je connais, je partage". Chacun s'interroge sur le pourquoi de l'acte, parfois par des réflexions toutes faites, mais peu se penchent sur le "comment éviter cela".

Enfin, il y a le "reste" du roman... Le vie de Victor qui, suite à ce suicide, prend un tournant inattendu. Parce qu'il a fumé quelques clopes avec Matthieu, chacun en déduit qu'ils étaient amis. Victor devient alors victime, victime de la victime, tout le monde le voit, l'approche, lui parle, cherche son amitié. Le succès soudain de Victor est lié à un malentendu. Et malgré lui, Victor va profiter de ce malentendu et deviendra l'absent des autres : le frère qui a fui, le fils décédé etc... lors de rencontres et de relations très touchantes.

C'est un roman magnifique, servi par un style efficace, des phrases courtes et sans fioritures, un roman dont j'ai du mal a parler alors mieux vaut que vous le lisiez vous même, certainement d'une traite !

 

Comme j'ai eu la chance d'assister à une rencontre littéraire avec Jean-Philippe Blondel ce mercredi, j'ai repris ma petite collection de photos "d'effets de mains d'auteurs" !

Comme j'ai eu la chance d'assister à une rencontre littéraire avec Jean-Philippe Blondel ce mercredi, j'ai repris ma petite collection de photos "d'effets de mains d'auteurs" !

UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL
UN HIVER A PARIS, de Jean-Philippe BLONDEL

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Février 2015

Roman - Editions Noir sur Blanc - 176 pages - 14 €

 

Parution le 4 septembre 2014 (Rentrée littéraire)

 

L'histoire : Novembre 1953, à New York. Dans quelques jours, le centre d'immigration d'Ellis Island fermera définitivement ses portes. John Mitchel, le directeur, en est le dernier gardien. Seul sur l'ile après le départ du dernier migrant, il prend alors papier et stylo et se souvient de la quarantaine d'années passée sur l'île, de ses centaines de visages croisés, de destins bouleversés, de Liz, de Nella, des choix parfois coupables qu'il a du faire, coupables face la nation dont il tenait la porte d'entrée, coupables face quand sa fonction lui interdisait plus d'humanité.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur  : La bib'

 

 

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Mon humble avis : Pas étonnant que quelque temps après sa visite du musée de l'immigration d'Ellis Island, cette histoire soit venue dans la tête de Gaëlle Josse. Ellis Island, quand on y pose les pieds, on n'en revient pas tout à fait indemne. Je parle en connaissance de cause. 

Hiver 1994, j'étais à New York, après un séjour estudiantin de 5 mois en Floride. En presque 24h de bus, j'étais passée des 35° subtropicaux à la déroute enneigée de la mégalopole. A New York, je songeais à faire prolonger mon visa afin de trouver un travail en qualité de jeune fille au pair, nanny comme on dit là-bas.

Lorsque mes pas de touriste m'ont menée sur Ellis Island, inutile de vous dire comme mon émotion était grande. J'avais 21 ans et je me demandais si New York allait m'engloutir, l'Amérique me rejeter ? Ou si c'est moi qui allait croquer la Grosse Pomme ! Obtiendrais-je le fameux sésame pour rester sur le sol Américain. Finalement, ce ne fut ni l'un ni l'autre, l'aggravation subite de l'état de santé de mon père m'a obligée à rentrer en France 3 semaines plus tard.

Mais quoiqu'il en soit, je marchais dans les traces de 12 millions de prétendants à l'immigration qui, entre 1892 et 1954, foulèrent cette île pour quelques heures, jours ou semaines, attendant la délivrance d'un papier faisant d'eux un citoyen Américain, qui parfois était refusé. Ces hommes et femmes arrivaient là après 3 semaines de traversée transatlantique dans des conditions inhumaines et pour la plupart, fuyaient la pauvreté, une guerre, le racisme, une famine, une interdiction de culte, la persécution. Moi, je ne fuyais rien, je voulais juste prolonger une expérience enrichissante.

Venons-en au roman tout de même. A part quelques personnages secondaires, tous les protagonistes de cette histoire sont fictifs. Ils sont néanmoins criants de vérités. A travers la voix de John Mitchel, Gaëlle Josse couvre, d'une écriture sublime, soignée, précise et juste, quarante ans d'histoire de cette ile, porte du rêve américain. Le personnage de John est très touchant, emmêlé dans les contradictions de sa vie et des choix qu'il regrette, qui le laissent à jamais mélancolique. Les lieux, les odeurs, la surpopulation, les cris, les pleurs, les rêves brisés, les morts, les maladies amenées par les émigrants sont parfaitement retranscrits par Gaëlle Josse, tout comme la grande Histoire du monde qui est vécue ici en vase clos et de loin, apporte son lot d'exilés.

Ce roman est les mémoires d'un homme qui a vécu toute sa vie sur cette île dont il a géré le quotidien, d'un homme qui malgré ses hautes fonctions, restait un homme. Un homme qui a aimé légalement, et inégalement.

De l'émotion, il y en a ici à chaque page, mais en retenue, sans pathos ni grands effets. C'est un roman, mais avec assez de réalisme historique pour être lu comme un témoignage. C'est un roman sublime qui rappelle que la première puissance mondiale actuelle s'est construite par l'immigration et que pratiquement chaque américain contemporain descend de hongrois, d'Irlandais, de Français, de Polonais, d'Italien (etc) qui sont passés par Ellis Island. 

La fin m'a surprise sans vraiment me surprendre en fait. Elle ne pouvait pas vraiment être autre. Et puis, elle reste ouverte et j'y ai mis ma petite idée qui me plait bien.

Une lecture dense et intense, où l'intime rejoint l'universel, à découvrir, sans aucun doute !

 

 

Pour en savoir plus Ellis Island : Wikipedia

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Février 2015

Roman - Editions Flammarion - 389 pages - 21 €

 

Parution : le 27 août 2014 (Rentrée littéraire)

 

L'histoire : Serge, un romancier, est invité en résidence dans une petite ville du Morvan pour un mois. Juste avant son arrivée, un fait divers remue la commune et ses habitants. Le vieux Commodore a disparu. Meurtre ou disparition volontaire, les langues vont bon train malgré l'arrestation d'un suspect. Contre lui même, Serge va se laisser happer par ce fait divers, au risque de déplaire à plus d'un....

 

Tentation : L'auteur à LGL

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

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Mon humble avis : Première incursion pour moi dans l'oeuvre de Serge Joncour. L'auteur m'avait bien donné envie de me plonger dans ce roman, tant pour son sujet que sa situation géographique : Le Morvan. Le Morvan, j'y ai passé de nombreuses vacances d'enfance en camping sauvage et y suis retournée l'an dernier, comme en pèlerinage.

L'atmosphère et la topographie de la région sont très bien rendues. Cependant, j'ai mis du temps à entrer dans ces pages et cette histoire / intrigue, puisque celle-ci évolue doucement vers les pentes du polar. J'ai eu du mal à prendre pour argent comptant la fascination soudaine de Serge pour Dora, une des protagonistes supposée du fait divers, tout comme ses décisions toujours reportées au lendemain de ne plus se mêler de cette affaire... et enfin, tout comme cet espèce d'irrespect du romancier envers ses hôtes, en ne prenant aucune précaution pour éviter des retards toujours plus marqués aux rendez-vous.

Et puis l'ambiance a fini par me happer aussi, comme par m'hypnotiser quelque part. Le ton mélancolique qui se dégage de ce texte, mélangé à des dialogues au contenu parfois ubuesque (notamment ceux entre Serge et le gendarme), cela m'a plu. D'autant plus que le suspens va crescendo.

Dans cette histoire, Serge Joncour se penche sur une petite ville de province, ses habitants, ses hypocrisies, ses peurs, ses mensonges, ses rumeurs, ses non-dits, son inertie nocturne, ses projets, les manipulations des uns et des autres, les stratégies d'un maire pour regrouper ses zouaves autour d'un projet titanesque qui sépare la ville en deux camps.

Ce projet, c'est la construction d'une usine d'énergie propre et renouvelable qui détruirait l'environnement en saccageant une partie de la forêt. Ainsi, Joncour s'interroge sur un sujet on ne peut plus d'actualité : les contradictions de l'écologie à tout prix ou de l'écologie comme faire-valoir.

Même si j'ai bien apprécié les monologues introspectifs du narrateur, celui-ci m'a semblé comme étant un personnage un peu fade, comme manquant de caractère. Aussi, je n'ai pas développé de grande sympathie pour lui, sauf lorsque tout le monde lui tombe dessus dès qu'il sort des clous.

Serge Joncour évoque aussi largement le statut d'auteur, d'écrivain etc....Là, nous avons de très bons moments, bien jubilatoires, et sans doute vécus par Joncour. Les cocktails au jus d'orange et toujours les mêmes petits gâteaux, la fierté des gens de s'afficher auprès d'une célébrité dont ils ne connaissent rien, les clubs d'écriture qui tourne en eau de boudin ou encore, les rencontres avec les lecteurs, lecteurs qui n'ont, bien souvent, rien saisi de la démarche de l'auteur, ni du sens de ses livres et des messages sous-jacents délivrés par ses personnages. Bien souvent, les bras m'en sont tombés pour lui.

Et puis, il y a la fin, avec une révélation qui, pour moi, est un peu tombée comme un cheveu sur la soupe, comme si, ayant fait le tour de la situation, Joncour s'était soudainement dit : bon allez, il faut en finir ! Mais la fameuse démarche peut être tout autre. En effet, peut-être, fallait-il démontrer que rien ne sert de chercher ou de comprendre, tout finit par s'éclaircir...

L'écrivain national ne m'a pas transportée, a mis du temps à m'embarquer, mais m'a finalement bien baladée ! Je ne regrette pas du tout cette lecture étonnante et quelque part, assez originale et bien pourvue d'ironnie et de cocasseries.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Février 2015

Roman - Editions Audiolib - 5h30 d'écoute - 22.30 €

 

Parution en audio en 2010. Existe aussi en format poche !

L'histoire : D'où vient la vie ? Où s'arrête l'univers ? Pourquoi il y a-t-il quelque chose au milieu de rien. Et Dieu dans tout cela ? Depuis plus de 3000 ans, la vision de l'homme ne cesse de changer, au fur et à mesure des progrès scientifiques et d'autres révélations.

C'est le roman du monde que nous conte Jean D'ormesson.

 

Tentation : Ma curiosité

Fournisseur : Sylire, merci pour le prêt !

 

Lu par Hervé Lacroix

 

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Mon humble avis : Quelle lecture écoute fascinante, captivante, subjuguante, instructive, enrichissante, limite hypnotique pour moi ! Bref, je ne tarirai pas d'éloges ! Même si, par moment, mon esprit avait du mal à suivre le fil et garder le cap, tant  ce livre est dense, dense, dense, à chaque ligne ! ... et le sujet, plutôt sérieux, même si l'écriture de Jean d'Ormesson n'est jamais déshabillée d'humour.

Dans cet oeuvre, l'académicien déroule le roman de l'univers (et de la vie), tel qu'il a été connu au fils des siècles. Depuis l'homme de Cro-Magnon qui ignorait tout de ses origines et de l'étendue de la planète, jusqu'à nous, ses contemporains, qui malgré notre libre arbitre, figurons dans des statistiques qui nous révèlent notre avenir et s'avèrent véridiques. En passant par les époques où la terre était plate et le centre de l'univers. Plus le passé de l'Homme est lointain, plus celui-ci s'éclaircit et se précise, grâce à l'évolution de la science. Pythagore, il y a 2500 ans, pensait que c'était l'oeil qui éclairait l'objet. Or, c'est l'objet qui émet la lumière. Quand la science progresse et crée une nouvelle théorie, elle détruit la précédente. Par contre, une nouvelle oeuvre artistique ne se fait pas au détriment d'une autre. Et Dieu dans tout cela ? Entre les religions polythéistes et d'autres monothéistes, avec la science, l'oeuvre qui peut lui être attribuée n'est plus si claire. Les Etats Unis, pays majeur dans les découvertes scientifiques, est aussi celui qui compte le plus de créationnistes, alors que cette même science a démontré depuis longtemps la véracité de la théorie de l'Evolution de Darwin.

Bien sûr, il n'y a pas toutes les réponses, car certaines questions existentielles n'en n'ont pas. Rien ne prouve l'existence de Dieu, rien ne prouve son inexistence. Et, dans d'autres domaines, les certitudes d'aujourd'hui se trouveront sans doute erronées demain. Les courants philosophiques se suivent et se contredisent, des théories naissent tous les jours !

Voilà, il y a tout ça dans ce livre et tant d'autres choses encore. C'est une chose étrange à la fin que le monde (début d'un poème d'Aragon) est un roman qui unit et réunit brillement la littérature et les mathématique.

Vous croiserez au fil des pages ou des plages le chemin de tous ces grands hommes qui ont fait votre savoir et vos connaissances actuels : (dans le désordre, vous pouvez vous amuser à les remettre dans le bon ordre : Hawkins, Newton, Archimède, Planck, Saint Augustin, Einstein, Platon, Copernic, Homère, Darwin, De Vinci, Virgile, Spinoza, j'en passe et des plus illustres !

 

Un fascinant voyage enchanteur, très érudit, dans le labyrinthe du temps, qui peut être comme Socrate et moi, vous fera dire : "Je sais que je ne sais rien." Car si ce livre montre l'étendue de l'univers, il m'a aussi montré celle de mon inculture.

Un livre qui donne envie de la combler. Un livre que je relirai, par bribe, pour mieux m'en imprégner

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 27 Décembre 2014

Roman - Editions Rue Fromentin - 176 pages - 16 €

 

Parution le 18 septembre 2014 - Rentrée littéraire

 

L'histoire : Quand, le soir venu, le libraire tire le rideau de fer de sa librairie, on imagine celle ci plongée dans un silence immobile jusqu'au lundi matin... Il n'en n'est rien. Les livres se réveillent, se parlent, se racontent des histoires, se rendent visite d'une étagère à l'autre. Bref, ils vivent ! Et devant l'arrivée des nouveautés et autres bestsellers, certains se désespèrent de trouver un jour des mains qui les emmèneront et des yeux qui les liront. Alors, une solution devant ce dictat commercial : La révolution !!!

 

 

Tentation : La blogo et Price Minister

Fournisseur : Price Minister, merci pour l'envoi

 

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Mon humble avis : N'ai-je jamais lu de roman aussi original, audacieux et bien pensé ? Je ne pense pas ! Ou alors, "c'était y'a longtemps, ou alors, j'ai oublié" !

C'est pour cela que j'estampille sans hésiter "Sous les couvertures" de mes 4 étoiles, pour féliciter l'auteur de sa trouvaille mais surtout, d'avoir atteint l'objectif que l'on sent fixé. Bref, voici un livre à la hauteur de l'ambition de son auteur, Bertrand Guillot.

Pourtant, je l'avoue, sur la fin, une petite lassitude s'est installée en moi, devant les récits des stratégies révolutionnaires de nos amis les livres. Mais peu importe, car en même temps, l'analogie du comportement livresque avec le comportement humain potentiel en de telles circonstances est troublante et bien amusante ! Normal ! Les livres ne sont ils pas écrits par des humains et qui plus est, pour plaire à d'autres humains ?!

Bertrand Guillot donne donc vie, parole, sentiments et émotions aux résidents d'une certaine librairie. Et cette librairie, et bien elle est une micro société où cohabitent des êtres bien différents et pas souvent d'accord ! Il y a les Best Seller et les nouveautés, qui ont le droit d'être sur la table, tant convoitée, près de la caisse, relégant les autres livres vers d'autres rayonnages où l'on se sent serré comme dans une boite à sardines ! Pas évident ainsi de séduire le public. Ainsi,  Premieroman, Douleur-d'écrire, Rouge, Mauve, Polar, Conteur, Veille Gloire, l'Académicien, Grand réluquent avec envie cette table et se donnent 2 jours pour la conquérir, afin d'éviter les cartons du lundi qui les mèneront au pilon. Et pendant ce temps, chez lui, le vieux libraire se morfond devant la mort annoncée de son commerce, alors que sa jeune employée se ronge les ongles devant l'inertie conservatrice de son patron.

Cette histoire est un véritable conte qui ferait merveille en étant adaptée en film d'animation. Le style narratif m'a fait pensé aux Schtroumpfs qui parlent Schtroumpfs ! LOL ! Car ici, les bouquins parlent livre aussi, descriptions et dialogues sont truffées de métaphores et parallèles avec le vocabulaire "bouquinesque" savoureux, drôles, touchants, hilarants, mimis tout plein, en tout cas, bien trouvés et qui prouvent un sacré travail et une géniale imagination de la part de l'auteur.

Quelques exemples pris aux hasard :

- Des livres qui ne voient pas plus loin que le bout du chapitre (bout du nez)

- Des livres qui sont avides d'encre fraiche (chair fraiche)

- Ils pointent un coin de page discret (pointer du doigt) ou frissonnent de leur page 110.

- Ils haussent ni le ton ni l'accent circonflêxe de leur couverture.

J'en passe et des bien meilleures que je ne retrouve plus et qui prennent tout leur sens et leur humour dans le context !

Bien entendu, ce roman n'est pas qu'une jolie histoire extraodinaire. Sous les couvertures est aussi et surtout un fabuleux outils de réflexion et de constatation sur le monde littéraire d'aujourd'hui et d'hier. Bertand Guillaud se moque gentillement de certains écrivains si grandiloquents qu'ils n'atteignent aucun lecteur, si ce n'est les journalistes, de romanciers qui deviennent leur propre nègre, des réacs qui ne voient pas que le monde bouge....

Tout est passé en revue,  depuis les prix et les salons littéraires, en passant par la  Rentrée, les chiffres de vente, l'arrivée de la liseuse, l'évolution du comportement du lecteur, les stratégies édirotiales et commerciales, le phénomène de la blogosphère littéraire, le tout, sous l'ombre menaçante du grand A, qui n'a rien à voir avec l'Amour, mais plutôt avec un grand fleuve Sud Américain.

Ici, ce sont les livres qui essayent de trancher entre eux sur les éternelles questions : Qu'est ce que la littérature ? Qu'est-ce qu'un grand livre ? Qu'est-ce qu'un livre utile ? Un livre a-t-il le droit d'être inutile et de mériter tout de même l'admiration ? Quel style de livre nécessite le plus de talent, le plus de travail ? Et... y'a-t-il de la place pour tout le monde ?

Cela tombe bien, les réponses qui se laissent deviner sous les couvertures sont assez raccord avec les miennes ;)

Bref, vous voulez de l'original, du frais, du mimi tout plein avec une bonne dose de réflexions sans aucune leçon de morale, glissez vous Sous les couvertures et réchauffez vous au fil de ces pages insolites !

 

 

J'ai lu ce livre dans le cadre de :

 

 

Ma note : 19/20

 

7/6

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Décembre 2014

Nouvelles - Editions Audiolib - 1h40 de lecture - 17 €

 

Parution chez Audiolib en février 2013

 

Le sujet : L'auteur revient sur des phrases toutes faites, que l'on utilise sans y penser vraiment, sans forcément en connaitre le sens... et ces phrases, il les décortique !

 

Tentation : Le bouquin lui même, lors de sa sortie en 09/12.

Fournisseur : Sylire, merci !!!

 

 

 

 

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Mon humble avis : Encore un titre alléchant, qui semble promettre ironnie, cynisme, dérision, quelle soit douce ou tranchante. Rien trouvé de tout cela dans cette lecture, ou alors, de façon pas assez durable ou pas assez marquante. Bref, je n'ai pas fait le plein de bonnes phrases qui me feraient briller lors d'un diner.

Certes, Delerm pointe le doigts sur de belles vérités qui passent inaperçues dans notre quotidien. Elles peuvent prêter à sourire (mais point à rire !) ou même émouvoir aussi, comme avec la phrase "Je ne m'en servirai plus maintenant".

On reconnait ses propres ennemis, qui disent, à la porte du métro, "On va d'abord laisser passer les gens", mais qui se collent à la porte du métro histoire d'être sûr de pouvoir y entrer en premier, bouchant ainsi le passage.

On avoue se reconnaitre dans la réflexion "ça passe trop tard", phrase qui excuse le fait que nous ne regardons pas les émissions culturelles alors que notre époque nous permet de les enregistrer ou encore de les visionner en replay...

L'hypocrisie général du retardataire qui lance, pour détourner l'attention et désarmorcer le reproche "ça fait longtemps que vous attendez" ?

Par contre, d'autres décorticages ne m'ont pas parus justifiés, bref, m'ont semblés être du blabla pour pas grand chose. Un serveur qui annonce qu'une assiette est chaude, pour moi, ne fait que passer ce message pour m'éviter un désagrément et non une dizaine d'autres comme "je me donne de l'importance etc...."

De même, le "d'abord bonjour" des vendeurs en grandes surfaces culturelles.... Par expérience, je n'y vois qu'un rappel du respect de la politesse. J'ai longtemps travaillé en comptoir en aéroport, et je vous jure que le nombre de gens qui chaque jour, viennent vers vous et vous disent "où sont les toilettes", sans dire un bonjour, un merci, un au revoir, c'est hallucinant, et révoltant. Les gens ne sont pas de chiens !

Bref, du bon, du moins bon mais rien d'excellent, d'inoubliable. Je trouve vraiment le titre déplacé car je ne vois pas en quoi Delerm pourrait passer pour un vieux con dans ces courtes dissertations sur 42 phrases toutes faites. En tout cas, je n'ai pas réussi à apprécier vraiment mon écoute, à m'y accrocher "naturellement", malgré la voix charmante et chaude de Pierre Arditi.

Alors, un conseil, si vous voulez découvrir Delerm et le format audio, penchez vous plutôt sur "Les enregistrements pirates", que j'avais beaucoup appréciés !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 6 Décembre 2014

Roman - Editions J'ai Lu - 382 pages -14 €

 

Parution le 3 septembre 2014 - Rentrée littéraire

 

L'histoire : Quatre histoires, quatre époques différentes et des personnages que rien ne semble relier. C'est la cinquième époque qui les réunira dans une seule et même histoire.

 

 

Tentation : Silvana de chez J'ai Lu

Fournisseur : J'ai Lu, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Le charme de ce roman, qui semble être un recueil de nouvelles au premier abord, ne m'a pas sauté aux yeux... Puis il s'est immiscé en moi doucement mais sûrement, au point que j'ai vraiment apprécié cette lecture, même si j'ai, comme on dit, pris mon temps.

Première histoire : Une grande ado dans les années 80, à Cannes. Mélodie souffre du manque d'affection de ses parents et de la distance culturelle qui les séparent. Elle nourrit de grands rêves, obtient son accréditation comme stagiaire au Festival de Cannes... et y rencontre un pianiste.

Cette jeune femme m'a touchée dans sa rebellion et ses rêves, et je me suis revue en 1997, l'année du 50ème anniversaire du Festival de Cannes, alors que j'y étais en tant qu'hôtesse d'accueil et que je montais le tapis rouge des marches du palais. J'étais en "Camaïeu" entourée de Chanel et de Dior !!! Ce qui m'a dérangée, le style narratif qui semble vraiment être un prétexte afin que l'auteure puisse énumérer ses goûts musicaux de l'époque.

Deuxième histoire : Un jeune homme pleure sa femme, décédée, alors enceinte de 8 mois... renversée par un chauffard à New York. Le jeune veuf se replie sur San Francisco, puis dans un coin tranquille du Sud Est Américain. Il écrit son journal de bord qui l'amènera à sa résurrection. De très belles réflexions sur le deuil, l'absence, la vie, l'absence de celui qui n'était pas encore présent (à savoir l'enfant).

Troisième histoire... épistolaire, entre Agnès et Alceste, deux résistants lors de la Seconde Guerre Mondiale. Lui est dans le maquis, elle transmet informations et vivres. Une histoire d'amour fulgurente sur fond de guerre, de zone "libre", de trahison, d'occupation. Et une phrase qui m'a marquée et qui dit en gros : "La guerre nous oblige à haïr un peuple entier sans prendre en compte l'individu qui est en face de nous". Cet échange épistolaire est de plus en plus dense, de plus en plus touchant et réellement intéressant sur le contexte historique.

Quatrième histoire : A San Francisco, Benoit rencontre par hasard un vieil ami de lycée. Benoit est en instense de divorce, alors que son ami est fraichement amoureux. L'un semble avoir envie de renouer avec l'amour passion en voyant son ami le vivre, et se demande comment il en est arrivé à cet échec, jusqu'à ce que la vérité insoupçonnable devienne évidence.

Cinquième époque.... Celle qui relie tous les personnages rencontrés précédemment.  Elle est annoncée par la quatrième de couv'. Sans doute, pendant la lecture de l'ensemble, on espère une issue grandiose et sans doute, peut on s'étonner de la relative simplicité de ce lien entre tous. Et puis non, je pense que c'est la simplicité de ce lien qui m'a touchée, qui me fait dire que chacun est la somme de l'histoire des autres, et qu'une histoire collective est la somme d'histoires individuelles.

Aussi, j'ai refermé ce roman en me disant : Pas mal, pas mal, bien vu même ! Et qui plus est, bien écrit. L'Oeil du prince, une lecture que je ne regrette donc pas, et que je vous conseille.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 5 Novembre 2014

Roman - Editions Albin Michel - 166 pages - 15 €

 

Parution le 1er octobre 2014 / Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Quatre lycéennes se jurent une amitié éternelle alors qu'elles abordent le plus grand événement de leur vie : Le passage à l'âge adulte. Chacune tient un journal qui fait écho à celui de l'autre. Et pendant ce temps, au lycée, elles préparent la représentation d'une pièce de théâtre : Roméo et Juliette.

 

Tentation : J'aime l'auteur

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

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Mon humble avis : A chaque fois, Eric-Emmanuel Schmitt provoque la même sensation chez moi, celle du naturel. Comme si les mots, les phrases, les chapitres, l'histoire coulaient commme un long fleuve tranquille. Même si ces mêmes histoires, la vie des personnages qui se déroulent sous nos yeux sont bien plus tumultueuses. C'est ce que j'aime chez cet auteur : il nous raconte le plus souvent des drames, mais qui restent lumineux quelque part, sans pathos, sans nous mettre mal à l'aise ni nous culpabiliser. Il crée des personnages qui ici auraient pu être vous ou moi, si toutefois vous êtes de sexe féminin. En tout cas, il y a matière ici à s'identifier à au moins l'une de ses jeunes filles, même si leur âge est pourtant bien révolu pour moi.

Elles sont 4 : Anouchka, Julia, Colombe et Raphaëlle. Elles se trouvent semblables, normal, elles sont les meilleures amies du monde et se jurent de le rester pour la vie entière. Sauf qu'elles sont en première au lycée et que cette année va être déterminante pour elles. Elles vont en effet surfer entre l'adolescence et l'âge adulte. Un âge adulte qu'elles attendent avec impatience, pour être femme, vraie femme, mais qu'elles redoutent, tant le monde autour d'elles semble n'être qu'une hécatombe de l'amour.... Au point que l'une d'elle souhaite même fabriquer ses propres anticorps contre l'amour, pour s'en protéger. Car l'amour, une fois la flamboyance des premiers temps, devient danger et synomyme de souffrance. Ces 4 jeunes filles s'interrogent sur la durée de vie des sentiments en regardant autour d'elles. Leurs corps achèvent de se transmuter en celui de femme. Les émois amoureux s'annoncent, les déceptions, les expériences, la honte, la trahison, ne pas savoir qui l'on est vraiment ni qui l'on a envie de devenir, le mensonge pour exister aux yeux des autres, et ce mensonge aura des conséquences dramatiques.

Tous ces sujets et bien d'autres encore, mais en résumé la recherche identitaire des jeunes à l'aube d'un nouvel âge, Eric-Emmanuel Schmitt s'y penche avec brio, classe et délicatesse par le biais des journaux intimes "chorale" des 4 jeunes filles, toutes attachantes, à leur manière (ma préférence allant à Raphaëlle, celle qui me ressemble le plus je pense, qui réalise, suite à un certain déclic, qu'elle peut être aussi concernée par l'amour alors que jusqu'ici, elle semble survoler tout cela avec une presque désinvolture).

Entre ces extraits de journaux intimes, s'insèrent des conversations entre Julia et les autres, conversation que l'on imagine via un "tchat" ou par textos.

Mon seul petit reproche (Liliba m'avait mis la puce à l'oreille), c'est un peu l'invraissemblance du style, très (trop) élégant pour des lycéennes. Mais ce n'est qu'un mini reproche, car cela évite une lecture en langage parlé, et toutes les vulgarités qui pourraient aller de concert.

Le poison d'amour est donc un excellent roman sur les affres de l'amour et du passage à l'âge adulte, qui se lit avec sérénité et réel plaisir, même s'il n'empêche pas de s'autoquestionner et de déplorer cette interrogation : combien de jeunes heureux et bien dans leur peau, et à quel prix, pour combien de jeunes fouettés par la vie et par leurs semblables ?

Un livre sur des questions essentielles, quelque part initiatique, mais qui ne file pas le bourdon, grâce à la douce plume (mais pas moins efficace) d'Eric-Emmanuel Schmitt !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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