Articles avec #litterature francaise tag

Publié le 17 Août 2012

Roman- Editions Albin Michel - 344 pages - 20 €

 

 

 Parution en aout 2011, rentrée litt sept 2011

 

 

  

L'histoire : Benjamin, un écrivain sans inspiration, Héloise, une faiseuse de miracles, un violon qui apparait, un hamster qui mange des pommes, une étrange concierge qui disparait, des péroquets poêtes, des artistes plastiques qui ressemblent à des clowns et sortent dont ne sait quelle époque, un philosophe qui est peut-être mort.... C'est tout ce petit monde que nous suivons à travers l'Europe, l'Histoire et ces pages.

 

 

 

tentatrice : L'auteure au salon du livre de Rennes

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

 

 

 

-toile3.jpg 

Mon humble avis :Voici un roman qui me laisse perplexe, dubitative et sans avis réellement tranché. Entre réalisme et fantaisie, entre onirisme et vérité historique, le roman vogue et la lectrice que j'étais ignorait si le livre voguait, tanguait volontairement, avec un but précis, où s'il errait un peu au hasard, là où les personnages plus incongrus les uns que les autres voulaient bien mener tout le monde. A la toute fin, j'ai cru apercevoir, l'espace d'un instant, l'endroit où l'auteur a voulu nous conduire et depuis ma lecture (4 jours), j'ai oublié... Je n'ai gardé que le classique toute vérité n'est pas bonne à savoir, la vérité libère quelqu'elle soit, et il ne faut négliger personne. Rien de bien nouveau en soit. ERRATUM... Après la réaction de ce billet, j'a reparcourru mes petites croix... Et j'ai retrouvé un message fort dans ce livre, un message qui me touche personnellement... La nuit n'éclaire pas tout parle aussi de ces familles, ou des ces gents qui pensent que le silence est "leur seul royaume" et n'y voient pas "leur prison".

Et pourtant, ce livre est très original en soit, par sa forme narrative entrecoupée de poèmes, par sa légèreté apparente qui contredit les vérités historiques qu'il décrit (celle qui se déroule entre la Russie et l'Europe dans le première moitié du 20ème siècle. L'écriture est très agréable et ponctuée de belles phrases comme on les aimes et d'aphorismes que l'on coche dans la marge. 

 Mais dès le début, pour moi, une sauce n'a pas prise... la rencontre entre Benjamin et Héloise, rencontre qui semble comme arriver par magie ou du ciel.... Pourquoi ces deux personnages se rencontrent -ils ? Parce qu'ils sont seuls et on un compte à régler avec leur passer pour que leur avenir s'ouvre. Certes, mais cela n'explique pas comment Héloise se retrouve à côté de Benjamin dans un bar, lui parle, et que sans question ni "rebellion" celui ci la suive dans toute l'Europe. Pour moi, cet aspect là a sonné creux, surtout que les dialogues entre les deux personnages principaux ne remplissent pas grand chose. On est dans une quête identitaire d'où ne sort que fantaisie et légèreté (excepté les événements historiques cités) et cela ne donne lieu à aucun dialogues intéressants entre les deux héros, même si ces mêmes dialogues ne sont pas dénués d'humour. Comme si nous restions toujours à distance, parce que même les personnages qui livres les clés de son passé à Héloise, semblent tous sortir d'un monde improbable... En fait, il règne dans ce livre une atmosphère qui mélangerait Alice au Pays des merveilles et Minuit à Paris de Woody Allen. Car moult écrivains, musiciens, artistes américains, anglais, russes des années entre les deux guerres sont cités. Malheureusement, une fois de plus, ma pauvre culture sur ces époques m'ont fait survoler cet aspect sans doute très recherché et approfondit du roman.

Et puis il y a aussi ce Markus, genre de philosophe et meilleur ami de Benjamin, qui disparait, meurt, ne meurt pas, finalement, on ne sait pas ni vraiment ni pourquoi...

Ce livre est vraiment déconcertant, je l'ai lu rapidement et avec plus d'agrément que de désagrement malgré quelques longueurs et répétitions. Il  en émane un hommage à la littérature et à ses pouvoirs (ou ses prétendus pouvoir), ça c'est sûr. Je pense que ce livre a beaucoup pour plaire aux lecteurs qui aiment le décalé, ce qui frôle l'absurde, le fantaisiste, le contenu à l'opposé du contenant. Faites vous partie de ces lecteurs ? (en tout cas, je pense à quelqu'un en particulier !!!)

 

"La vérité ! La vérité ! Qui veut la savoir bon Dieu ?! Pas moi, certainement. La littérature, c'est beaucoup mieux. Un petit monde docile, chatoyant et contrôlé. Des personnages riches, bancals, touchants. Des poètes, des équilibristes, des belles dames au grand coeur. Des villes pleines de lumières, des Babels pleines de langues ou chacun cherche son chemin et le trouve, même, peut-être...Pourquoi vouloir la vraie vie, la vérité vraie ? La vraie vie ne marche jamais."

 

" J'ai soupiré en pensant aux vérités qu'il fallait apprendre à fréquenter, sans peur et sans colère".

 

"La vie est envisageable que si on lui prête ce qu'elle n'a pas"

 

" Avec tout ce que je n'avais pas su accomplir, il y avait justement de quoi écrire tout un livre".

 

" Ma mère, la seule gardienne d'une mémoire familiale qui n'était pas la sienne et dont elle ne possédait que des bribes formant un puzzle à jamais impossible à reconstituer".

 

"Je pensais que le silence était notre seul royaume. Et notre prison. Je ne savais pas qu'au dehors, il y avait es êtres humains qui échangeait des considérations sur ces choses. Je croyais qu'il n'y avait que la poésie ou l'écriture pour contourner tout ce monstrueux et dégoutant foutoir, ce scandale assourdissant ! La disparition des nôtres !"

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 13 Août 2012

Roman - Editions Sabine Wespieser - 182 pages - 18 €

 

 

Parution le 12 janvier 2012

 

 

L'histoire : Alice et Cécile sont des amies d'enfance. Presque quincagénaires, elles ont tout vécu ensemble, fidèles l'une à l'autre, inséparables, fusionnelles...

Mais depuis quelques années, la vie les a éloigné. La vie ou autre chose ? Et puis, c'est l'accident...

Cécile, dans le coma, se souvient et s'adresse en silence à son amie Alice. Alice se souvient aussi, mais à la terrasse d'un café, sans rien connaître de l'état de son ancien ami.... Jusqu'à ce que les deux récits se rejoignent....

  

Tentation : La blogo + passage de l'auteur à la Grande Librairie

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

-toile3.jpg

 

 

Mon humble avis : J'attendais beaucoup de ce livre dont j'ai lu nombre d'éloges. Au final, il me laisse un goût peut-être amer, car très réaliste. Si l'âme de livre m'a totalement séduite, il n'en est pas de même pour la forme narrative qui a mis du temps à m'accrocher et qui a lutté pour ne pas m'égarer trop souvent.

Commençons par ce point là... 2 voix, voire 3....Je n'ai jamais réellement su, en plus de Cécile allitée dans son coma et d'Alice attablée dans un café, si  l'auteur n'intervenait pas directement lors de certains chapitres. D'ailleurs, ceux ci sont plutôt courts et permette un rythme de lecture soutenu. Mais j'ai parfois eu du mal à deviner qui parlait, à vraiment séparer les deux voix, d'autant plus que de nombreux personnages apparaissent, nommés différemment selon que ce soit Cécile ou Alice qui les évoque. J'ai donc mis un temps certains à superposer le personnage de "mon père" et de "Laurent" par exemple...Je n'ai jamais saisi non plus avec certitude la situation matrimoniale actuelle d'Alice. Autre point qui m'a souvent déroutée... Les deux amies se remémorent toute leur vie, depuis leur première rencontre dans la petite enfance à la dernière, à la dernière il y a quelques années où un mur de glace les séparait. C'est très sympa de traverser à nouveau les années 80, 90, les années Mitterrand etc... Mais aucune des deux narratrices ne suit une chronologie précise, de ce fait, elles évoquent des mêmes faits à des moments et parfois avec des points de vue différents. Difficile alors de départager la répétition et le regard différent, et surtout, pas évident pour moi de placer certains événements à leur bonne place dans l'histoire... Cet aspect "désordonné" m'a fatiguée et supprime donc une étoile dans ma "notation".

Parlons du contenu du livre maintenant.  De ce côté là, je n'ai aucun reproche à lui faire. Ce roman est magnifique et décrit à merveille le sentiment de l'amitié et tous les stades qui jalonnent cette longue aventure, souvent bien plus longue que l'amour. Je lève mon chapeau à l'auteur qui a sur décrire l'infime, ce qui ne se dit pas dans l'amitié, ce qui ne se soupçonne même pas. Car ici, Kéthévane Davrichewy se penche sur l'amitié totale, fusionnelle, celle où tout se partage : les secrets, les joies, les peines, l'avenir, les rêves, les passions, les illusions. TOUT. On essaye de devenir ce que l'autre attend de nous. Et malgré cet absolu, l'auteur lève le voile sur des secrets plus ou moins importants cachés par l'une ou l'autre des protagonistes. Il y a celle qui admire l'autre et celle qui envie l'autre. Il y a les jalousies qui s'installent, même si elles sont tues, voire étouffées pour ne pas blesser l'autre et maintenir le lien, la relation sans laquel le monde s'écroulerait. Car dans cette relation, il y a notre histoire, notre passé, nos repères et nos promesses d'avenir.

Et puis il y la vie. Chacun prend sa route, quitte à décevoir l'autre ou à se tromper soit même. Il y a les mots qui blessent, la jalousie encore plus forte devant ce qui ressemble au succès dans la vie de l'autre. L'envie de ce que l'on a pas, plus ou jamais eu et avec quoi "tout aurait été différent". Comme le décrit l'auteur, il y a le passage à l'âge adulte. Il y a la perte des illusions, la fin du pacte. Mais pourtant, le lien est toujours là. L'amitié sous toutes ces coutures,admirablement décortiquée par Kéthévane Davricheny. Alors malgré mes réserves sur la forme narrative, je vous recommande tout de même chaleureusement ces "Séparées". Si vous vivez ou avez vécu cette amitié absolue, ce livre ne pourra que vous interpeller. Un livre imparfait qui évoque parfaitement cette relation forte, exigeante, parfois envahissante mais incontournable.

 

 

L'avis de Gambadou, Clara, Audouchoc

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 9 Août 2012

Roman - Livre de Poche - 217 pages - 6.00 €

 

 

 

Parution en poche en août 2009.

 

  

L'histoire : Fin des années 70. C'est l'histoire d'un luthier parisien qui rencontre l'Histoire en Irlande. Il y pénètre avec son ignorance. Celle ci deviendra révolte, partage, passion, admiration, question, opinion, amitiés, adoption. Le combat de l'IRA devient le sien, lui qui sera toujours le petit français. Et puis, il y aura la trahison.

 

 

 

Tentation : Le choc reçu avec Retour à Killibegs

Fournisseur : Ma PAL, achat au salon de Rennes, exemplaire dédicacé !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-toile4.jpg

 

Mon humble avis : Mon traître précède Retour à Killybegs. Avec ces deux romans, il ne s'agit pas de début et de suite, aussi, ils peuvent être lus dans l'ordre qui se présentera à vous. Il s'agit en fait de deux voix, de deux versions différentes de la même histoire... Retour à Killibegs donne la parole au traître, grand homme de l'IRA, Thyron Meehan. Mon traître, et bien c'est le narrateur qui s'exprime, ce narrateur qui est le trahi, et aussi, sous couverture d'un personnage romanesque, l'auteur. Sorj Chalondon a vécu cette histoire qui ne cicatrise pas. A la différence près qu'il n'était pas luthier, mais journaliste.

Nous avons donc ici le regard de l'étranger, Antoine : étonné, curieux, maladroit, attentif, l'enthousiaste, naïf, volontaire, fier "d'assister à" puis de "faire partie de". Un regard auquel le lecteur éloigné de la cause irlandaise peut facilement s'identifier. Que l'on soit dans un pays en guerre ou paradisiaque, juste loin de chez soi et de notre quotidien, vient cette question de savoir si l'on en fait vraiment partie, si l'on est intégré, question légitime qui ne trouve pas forcément de réponse ferme et définitive.

Dans "Mon traître", Antoine tombe amoureux d'un pays en guerre intérieure, contre l'occupant anglais principalement. Malgré l'horreur générée par le conflit, Antoine découvre une chaleur humaine sans borne, l'accueil, les bières qui coulent dans les pubs, les chants en l'honneur des hommes tombés au combat. C'est une immersion totale dans l'Irlande du Nord que nous décrit Sorj Chalandon. Très vite, Antoine rencontre Thyron, monument de l'IRA, qui le prend sous son aile et l'appelle "fils". Avec Sheila sa femme et quelques autres irlandais, il deviendra la famille de coeur d'Antoine, l'AMI comme la vie vous en apporte peu. Ce n'est un secret pour personne, puisque le titre le crie déjà haut et fort, cet ami se révélera être un grand traître de l'IRA. Pour quelle raison ? Les deux livres donnent des soupçons de réponses, mais aucun n'est forcément dans l'âme de Thyron. Aucun ne le juge vraiment.

Alors que Retour à Killybegs pose surtout la question de la trahison face à la patrie, aux frères d'armes, aux idéaux, "Mon traître" évoque en plus cette question au sujet de l'amitié. Car ce roman est surtout le récit d'une amitié presque filiale, où l'un admire et l'autre protège et initie. Dès les premières pages, dès la première rencontre d'Antoine avec Thyron, l'auteur nomme l'irlandais par ces mots glaçants et durs, même si justifiés : Mon traître. Ils sont douloureux, en tant que lecteur, on les trouve violents, peut-être même trop forts et injustes. Et pourtant, la vérité ne les démentit pas.

Une amitié peut elle tolérer le mensonge, peut-elle survivre à la trahison, peut-elle même avoir exister dans ces conditions ou n'était elle qu'hypocrisie et manipulation ? Je n’ai pas la réponse non plus. Parfois, il me semble la tenir dans mes mains et l’instant d’après, je me dis.... “Oui, mais tout de même”....

Quant à l'intégration de l'étranger en terre inconnue, je n'ai pas forcément de réponse, mais celle qu'apporte ce roman me met du baume au coeur tout de même. Malgré la tragédie, Mon traitre  donne une note optimiste et prouve que rien n’est simple, rien ne se résume en un mot ou une personne. Tout est l’ensemble composés de uns.

 

 

 

L'avis de Clara, Constance, Midola, AGFE

 

 

PS ; Depuis ma lecture, je suis passée, par hasard, devant un luthier à Rennes. Je suis entrée dans la boutique pour discuter avec le luthier et lui dire qu'il existait un livre dont le personnage était un luthier.... Bien entendu  mon luthier aux yeux bleus avait lu Mon traitre. Nous voici à discuter de Sorj Chalandon... Et d'après mon luthier, les descriptions que l'auteur fait de ce métier sont parfaites, très réalistes, tant dans la description que le ressenti... 

 

 

Ce livre peut entrer dans mon challenge ILE-DESERTE2

                                                                   Pour l'Irlande

 

Les falaises de Killybegs

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 18 Juillet 2012

 

Roman - Edition J'ai lu - 153 pages - 4.80 €

 

Parution chez J'ai lu en Juin 2012, sinon, 2010

 

 

 

L'histoire : Bastien est un septuagénaire, qui vit isolé, fui de tous ou presque et qui depuis toujours, est gardien d'école...

Rose et son fils Paul habitent le même immeuble que lui et vont lier connaissance, puis s'attacher au vieil homme. Il s'avère que Bastien est un passionné de bouddhisme et du tibet. L'enfant comme la mère se régalent de son savoir.

Une belle amitié va naître, qui va mener Rose et Bastien sur le toit du monde, au Tibet...

 

 

 

 

Tentation : La couv, et le pitch

Fournisseur : J'ai lu éditions, merci !

 

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

 

Mon humble avis : Si la fin avait été autre, ce livre aurait été un vrai coup de coeur, voire une petite pépite qui fait tant de bien...

Mais revenons en au début. Comment rester de glace devant cette couverture et ce bâtiment reconnaissable entre mille : il s'agit du Potala, à Lhassa, palais où demeurait le Dalaï Lama avant de se voir contraint à l'exil en Inde devant l'invasion chinoise et l'annexion du Tibet par ces derniers. Bref, une telle promesse de voyage ne se refuse pas !

Ce roman est court mais cela ne l'empêche pas d'être bien complet. Tout d'abord, l'histoire d'amitié naissante entre une mère, son jeune fils et un vieillard qui cache bien des secrets touchera tout le monde.

Bastien, malgré le secret qu'il porte, est un homme d'une richesse intérieure exceptionnelle. Outre la sagesse acquise dans la pratique du bouddhisme et d'arts martiaux orientaux liés à la circulation de la force intérieure, Bastien connaît parfaitement la culture lamaïque, tibétaine, les mandalas, leur signification... Plus tard, Rose réalisera même que le vieil homme parle couramment le tibetain, ce qui n'est pas courant dans nos contrées. D'où lui vient tout ce savoir ? D'une passion qui remonte à l'enfance ou d'un passé inavouable ? Mystère, lire le livre pour savoir. Mais on se régale des échanges entre Bastien et le petit Paul, de la complicité qui naît entre eux. Et surtout, que l'on possède quelques connaissances sur le Tibet et le Bouddhisme, ou que l'on soit complètement profane en la matière, en se délecte et l'on s'enrichit des explications données par l'auteur via son personnage, explications accessibles à tous. Je ne connaissais pas les symboles des Mandalas et bien me voici moins ignare. Et surtout, quand vous lirez le passage où Bastien décrit et explique son mandala à Paul, vous comprendrez clairement le chemin qui mène à l'Eveil, au nirvana.

Ensuite, vient la partie du voyage, puisque Rose emmène Bastien à Lhassa, et lui offre ainsi le rêve d'une vie. Quel bonheur de se balader dans les rues de la ville, de visiter temples en ruine ou bien debouts, de pénétrer dans l'antre suprême, le Potala. Et quelle horreur de constater à quel point l'occupation chinoise détruit la culture Tibétaine, et de réaliser qu'à l'époque où se déroule l'histoire (je pense fin des années 80), Lhassa comptait plus de militaires chinois que de Tibétains. Voici encore un livre qui sait intelligemment rappeler qu'il existe au loin des pays occupés, et hélas, sans pétrole...

Dommage que les 10 dernières pages s'achèvent sur ce qui ressemble presque à un cours magistral sur la littérature autour du lien supposé entre le Tibet et les nazis... Cette partie m'a semblée fastidieuse à lire et a perdu mon intérêt. J'aurais préféré qu'elle suive le rythme du livre, par des explications accessibles à tous... Mais j'en retiens tout de même que Jean-Marie Blas de Roblès dénonce les méfaits d'une certaine littérature qui fait passer pour vrais des faits historiques absolument pas avérés, voire complètement inventés par des auteurs en mal de sensation, où juste mal intentionnés, qui font croire qu'ils ont effectué telle expédition en 1939, sans avoir quitté leur confortable Allemagne.

Néanmoins, que ces 10 dernières pages ne vous décourage pas de lire ce livre, car limite, vous pouvez presque vous passer d'elles.

Un mot sur la forme narrative originale et bien menée par l'auteur... Un livre à quatre mains... Paul est devenu grand, et raconte l'histoire de leur rencontre avec Bastien, puis le voyage de sa mère avec le vieil homme au Tibet. Il soumet chaque chapitre au regard de sa mère, qui intervient alors, donne sa vision des événements, corrige un peu, ou s'étonne tout simplement des souvenirs de son fils, et de l'impact que ce vieil homme au savoir incommensurable à eu sur l'enfant.

Une très belle histoire. Un livre pour ceux qui aiment voyager loin ou dans leur fauteuil, que la culture Tibétaine attire un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, ou pas du tout, c'est l'occasion de s'initier avec plaisir.

 

 

 

Et moi, j'en profite pour ajouter cette image que beaucoup connaissent en autocolant ou portent en pin's sur le revers de le veste pour manifester leur soutien au Tibet occupé par la Chine...

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 9 Juillet 2012

Roman - Editions J'ai Lu - 94 pages - 4.95 €

 

 

 

Parution en format poche en janvier 2012

 

 

L'histoire : C'est l'histoire d'un homme et d'une femme qui partagent l'essentiel, mais pas tout. Qui n'insistent pas sur l'Amour, peut-être par confort. Qui sont marqués autant par ce qu'ils sont l'un pour l'autre que par ce qu'ils ne sont pas.

Jusqu'au jour où le temps a passé... Il est trop tard. Reste à s'interroger, à regretter, à aimer, toujours, finalement ? C'est une histoire par défaut.

 

 

 

 

Tentatrice : Silvana de chez J'ai Lu

Fournisseur : J'ai Lu, merci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-toile3.jpg

 

 

Mon humble avis : Les aimants.... On pourrait s'attendre à deux amoureux fusionnels, toujours incrustés l'un dans l'autre. Non, ils le sont "au sens des lapidaires du Moyen Âge : de fer et de diamant. Ils s'aiment sans le savoir, sans en être sûr, sans se le dire. Puis ils se séparent, mais la vie les ramène l'un vers l'autre, inexorablement. Inséparable, par confort (liberté) sans doute, ils deviendront âme soeur, comme s'ils formaient une fratrie. Et leur relation sera celle de la confidence, du partage culturel.

Ce roman est avant tout un magnifique portrait d'une femme exceptionnelle, hors normes aux yeux du narrateur, comme s'il devait toujours lever les yeux pour la regarder et la voir. Il semble qu'il ne puisse pas lui donner ce "secret" qu'elle recherche et qu'elle a en elle. Le narrateur dit toute son admiration pour cette femme, Ava. " Seule sur la plage, elle lançait des boules de neige à la mer et elle remontait le niveau des eaux".

Les aimants, c'est aussi l'histoire d'un Lien qui unit deux être différents mais complémentaires. Ce lien nait au début des années 80 et tiendra 25 ans.... Alors l'auteur distille quelques descriptions des décriées 80's qui, finalement, étaient encore bien douces comparées aux années 2000, où nous vivons "dans un monde de damnés, paniqués, fous d'eux- mêmes, prêts à tout pour cannibaliser l'autre.

En lisant, j'ai ressenti une étrange impression. Comme ci l'histoire était secondaire devant l'incroyable qualité d'écriture. Aphorismes, réfléxions philosphiques, poésie, tout est formidablement relié par une prose qui ressemblerait à un ruban de soie que l'on aime faufiler sans fin entre ses doigts pour en jouir encore de la douceur sans aspérité, de la pureté, du sacré. Quelle prose ! Je me demande, en lisant ce type d'écriture, comment et où les auteurs apprennent à manier aussi bien la langue française. J'en conclus que cela doit être un don ! Car même si j'ai suivi un enseignement supérieur, même si je baigne dans les livres depuis toute petite, et bien je me sens minuscule devant un telle écriture. Je ne parle pas de mes fautes d'orthographe qui résultent plus souvent de mon inattention, mais de cette fluidité, de la rareté du vocabulaire choisi et maîtrisé sans que cela paraissent pompeux. Amoureux et fascinés de proses exceptionnelles, ce livre est pour vous.

Il est court et néanmoins, je pense que ma culture et ma personnalité me font dire que même si je remarque le diamant, et bien celui ci brille un peu trop pour conserver mon attention et mon confort de lecture. J'ai apprécié que ce livre ne s'étendent pas plus sur un sujet pourtant traité avec maestria.

Petit bonus bien plaisant : en fin de livre, l'auteur nous offre quelques explications sur le genèse de ce roman, sur sa méthode d'écriture....

Un livre proche de la perfection donc, mais qui m'a un peu lâchée sur la fin, sans doute par son aspect bien plus "contemplatif" et très peu flamboyant. C'est une très belle littérature, sans doute trop haut de gamme pour moi, je n'en ferai donc pas un coup de coeur mais vous le conseille chaleureusement, si vous êtes sensibles aux très belles plumes.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 5 Juillet 2012

 Roman - Edtions Robert Laffont et Audiolib - 8h d'écoute - 21.90

 

 

Parution du roman le 29/03/2012

 

 

 L'histoire Andrew Stillman, grand reporter au New York Times, se fait assassiner le lendemain de son mariage quelque peu mouventé. Mais il reprend connaissance 3 mois plus tôt... Il a donc 3 mois pour changer le cours des choses et surtout, découvrir qui sera son assassin. Une intrigue pleine de suspens qui, des rues New York, nous entraine aussi au fin fond de la Chine et de l'Argentine.

 

 

 

tentatrice ; Chloé, d'Audiolib

Fournisseur : Audiolib, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

 

étoile3etdemi

 

Mon humble avis : Les vieux adages ont la peau dure. Genre, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, ou ne jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau mais pour l'instant, je n'ai pas soif... j'en suis, avec ce roman, la preuve vivante.

Mes dernières lectures de Marc Levy m'avaient tellement déçue, que l'année dernière, je décidais de tourner la page sur cet auteur. Et puis voici qu'Audiolib me propose le dernier Levy en partenariat, et je dis oui, car j'aime les livres audio et me suis dit, tiens, une autre façon de lire l'auteur, donc peut-être de le ressentir.

Ah ah, bien m'en a pris car j'ai vraiment apprécié cette lecture écoute ! Je pense que le lecteur n'y est pas pour rien, car il met vraiment une vie vive dans ce roman, vie et rythme que ma propre lecture n'aurait peut-être pas apporté. Il faut dire que Michelangelo Marchese, dont j'ai déjà apprécié la voix dans "Le mec de la tombe d'à côté" (billet à venir), sait parler à son auditeur. Une voix grave et chaude. J'adore. Il m'a raconté une histoire huit heure durant. Franchement, en cette période de vacances, je recommande le livre audio à tout ceux qui : prévoient un voyage en train, en avion, des après midi sur les plages bruyantes. Difficile dans ces conditions de se concentrer sur un livre. Avec l'audiolib, en fermant les yeux, il est possible de se croire seul au monde au beau milieu d'une foule et d'être ainsi au calme, à écouter et suivre une histoire. Autre avantage de ce format sur la plage : pas d'ombre du livre sur le corps, donc bronzage intégral !

A propos de l'histoire, qu'ai-je pensé du nouvel opus de Marc Levy ? Bon, très bon. De tous petits bémols sur de toutes petites longueurs, sur une fin que j'aurais préféré autre (mais bon, c'est strictement personnel !) et parfois, un style qui se fait, en quelques occasions, un peu gnangnan et cassant ainsi le rythme. En effet, l'usage du terme "automobile" dans un dialogue entraîne chez moi un certain blocage de désuétude. Bagnole, voiture, auto, caisse, tire, carrosse, Fiat, Peugeot ou Ford, mais pas automobile Monsieur Levy ! Ca m'a vraiment fait drôle dans la bouche d'un personnage d'à peine 30 ans. De même, il me semble bien qu'un Scanner ne fait pas de bruit de martellement, par contre, un IRM oui, ç'est pire qu'un marteau piqueur.

Cela mise à part, cette histoire, à priori rocambolesque, est savamment construit, les personnages très humains, avec défauts et qualités, donc très attachants. Le suspens est double. Que va-t-il advenir de la romance entre Andrew et Valérie (bluette qui devient presque secondaire), et surtout, qui est le futur assassin d'Andrew. Alors s'il avait eu des pages, mon livre audio aurait été un page turner.

Dans ce roman, j'ai l'impression de retrouver en partie le Marc Levy "Des enfants de la liberté". En effet, sous prétexte d'une forme romanesque, l'auteur dénonce des fais avérés, historiques et graves. Il est en effet question de vol d'enfants par le gouvernement chinois pour les mettre à l'adoption et générer des devises... Et des conséquences sur les familles adoptantes lorsque ce scandal est révélé par la presse sous la plume d'Andrew Stilman. Puis, le journaliste est confronté à d'autres vols d'enfants, dans un contexte historique qui tend à disparaître de nos mémoires et que Marc Levy remet à sa juste place : La dictature Argentine de la fin des années 70, avec ses disparus, ses torturés, les mères de la place de Mai et ses tortionnaires impunis. Certains passages sont même durs à écouter. Alors franchement, je trouve que Marc Levy a ici écrit un livre qui peut réunir bien plus de monde, lecteurs à la recherche de livres léger pour les vacances mais aussi, lecteurs qui aime qu'on lui rapelle certaines vérités. Je pense que l'auteur pourra regagner certains lecteurs perdus, même si je ne me suis jamais inquiété pour ses ventes !

Dernières petites ou grosses questions soulevées dans ce livre... Les journalistes qui dévoilent des scandales (etc) sont ils en droit de le faire s'ils ruinent la vie de milliers d'innocents. Jusqu'où va le devoir de vérité de la presse.... Et autre question; s'il vous était donné la chance de revivre les événements, voire de les modifier, que feriez vous ? En tout cas, Si c'était à refaire, et bien je relirais (écouterais) ce livre sans hésitation !

 

 

  

 N'hésitez pas à consulter le catalogue bien fourni d'Audiolib !  http://www.audiolib.fr/

                                                                                  https://www.facebook.com/audiolib

 

  Et puis si la force de la persuasion n'a pas été assez avec moi, glissez votre prise de casque sur votre PC, fermez les yeux et écoutez cet extrait !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 27 Juin 2012

Roman - Editions Albin Michel - 455 pages - 22.30€

 

 

Parution en août 2011 - Rentrée litt septembre 2011

 

 

L'histoire : Anne vit à Bruges au temps de la Renaissance, Hanna dans la Vienne impériale de Sigmund Freud, Anny à Hollywood de nos jours. Toutes trois se sentent différentes de leurs contemporaines; refusant le rôle que leur imposent les hommes, elles cherchent à se rendre maîtresses de leur destin. Trois époques, trois femmes: et si c'était la même?

 

 

Tentation : La conférence de l'auteur à laquelle j'ai assisté

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

-toile4.jpg

 

 

Mon humble avis : Ce billet risque d'être court car ma lecture remonte à fin février et la vie fait que je ne le rédige que mi mai, soit 3 mois plus tard. Ce sera donc plus un billet souvenir et ressenti.

Je sais que j'ai adoré ce livre, que j'en ai fait un livre hérisson plein de petits post it avec des citations que j'ai recopiées. L'écriture d'Eric Emmanuel Schmitt m'a une fois de plus été douce,naturelle et soignée, poétique et imagée. Bref, une écriture qui me plait et me touche beaucoup.

Le livre m'a bouleversée à plusieurs reprises, tant je me suis sentie proche de ces 3 femmes, malgré nos différences sociales, culturelles et séculères certaines. Toutes 3 se posent des questions existencielles sur l'amour, la mort, la vie, leur devoir conjugal, la maternité, le regard et les attentes du monde sur elles. Alors, chacune va, à sa manière, tenter de prendre les choses en main pour rester maitresse de sa vie quitte a bousculer l'ordre préconçue ou même sa petite vie tranquille.

Anne, dans le Bruges de la Renaissance, est celle qui m'est la plus lointaine par son mysticisme qui par moment m'a dépassée. Hanna dans le Vienne de Freud, m'a fascinée avec sa découverte de la psychanalise et de son bien fait. Anny m'a émue, car elle vit dans mon époque. Nos difficultés ne sont pas les mêmes, mes les résultats se rapprochent, même si je ne suis pas une star Hollywoodienne, je partage certain de ses démons finalement.

Eric Emmanuel Schmitt, par ce livre, voulait montrer à quel point être une femme libre était dur, quelque soit la période, sachant que chaque époque a proposé ou propose, face au mal être, à la révolte ou à une certaine "hérésie", son remède : la religion à la Renaissance, la psychanalyse au 20ème siècle, et les solutions chimiques, légales ou non, au 21ème siècle.

Et moi, femme de mon époque, et bien j'avoue user des deux derniers remèdes, suite à une overdose du premier !

Schmitt admire la femme dans ce livre et lui offre un miroir à travers l'Histoire (qu'aurai-je été en ces temps là), et chaque époque est extrêmement bien décrites. Le cynisme et l'humour qui décrivent l'univers impitoyable d'Hollywood apportent des moments truculents.

Chacun des personnages devient bien plus complexes qu'aux premiers abords. Les 3 femmes prennent la parole, à leur façon, à tour de rôle au fil des chapitres, ce qui est parfois cruelle pour le lectrice que je suis et qui aurait bien lu l'histoire d'Hanna d'une traite, sans l'interrompre par le destin des deux autres. Mais, bien sûr, le destin des 3 se rejoindra... Surprise et fin sympatique, bien trouvée.

C'est un livre aussi passionnant qu'émouvant à lire. Et puis derrière chaque livre de Schmitt, il y a une bonne dose de philosophie qui donne toujours à réfléchir à son propre niveau. Une philosophie universelle, accessible à tous. Le chemin vers soi est long, est pas toujours confortable. Par contre, cette lecture est délicieuse et enrichissante, je ne peux donc que vous la conseiller.

 

 

 

 

 

« Oui, celle qui rédige ces pages ne sait plus quoi penser. Je crains d'être différente. Affreusement différente. Pourquoi ne puis-je me contenter de ce qui enthousiasmerait une autre ? » Hanna

 

« je ne sais pas être la femme que notre époque exige. Je peine à m'intéresser aux sujets de notre sexe, les hommes, les enfants, les bijoux, la mode, le foyer, le cuisine et... ma petite personne. Car la féminité ordonne qu'on porte un culte à soi, à son visage, à sa ligne, à ses cheveux, à son apparence. » Hanna

 

« Simple fillette égarée au pays des femmes et contrainte à mimer l'adulte, je vis dans l'imposture. » Hanna



 « Plus le prodige se reproduisait, moins il l'intriguait. La rareté crée le miracle, la répétition l'efface. » Anne.

 

« Pourtant, je comprends bien : une part de moi souffre. J'ai l'impression d'être une erreur. Une erreur complète. En fait, je ne me hisse à la hauteur de rien, ni de ce que la vie m'offre, ni de ce qu'elle attend de moi ». Hanna

 

«  Anny, le public t'adore pour l'histoire que tu lui racontes. Pas pour ce que tu es. » Anny



 « je suis gaie, oui, mais je ne suis pas heureuse. Les autres me considèrent comme une fille marrante, une fêtarde sans complexes, mais cette agitation cache ma vérité. Un maquillage. En général, les gens qui se badigeonnent de fond de teint dissimulent une vilaine peau. » Anny.

 

« Je crois que ma tristesse a un rapport avec l'amour. J'ai besoin d'aimer, d'aimer plus, d'aimer vraiment. J'ai l'impression que je n'y suis pas arrivée. » Anny


 « Avec le recul, il explique pourquoi Hanna ne s'accordait ni avec elle même ni avec les autres. Elle s'estimait toujours en situation d'imposture. Elle se voyait à distance, se blâmait, se condamnait »

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 15 Juin 2012

Roman - Editions Flammarion - 336 pages - 19.90 €

 

 

Parution : 16 mai 2012

 

 

 L'histoire : Noam n'a pas 5 ans lorsque sa mère est renversée par une voiture, devant lui qui courrait pour traverser le passage piéton. Un témoin dira "C'est la faute de l'enfant".

Cette culpabilité rongera l'enfant, l'ado et l'adulte qui, même s'il réussit sa vie professionnelle, lutte contre les cauchemars et son obsession de la mort, ne s'attache à personne, ou presque. Une vie sans but, sans sens, vécu ou plutôt subie au jour le jour

Jusqu'au jour où sa petite nièce lui glisse à l'oreille qu'il mourra du coeur en même temps que 5 autres personnes. Aidé de sa psychothérapeute et d'autres personnages qui feront leur entrée dans cette histoire, Noam se lance à coeur perdu dans une quête qui le mènera à Jérusalem, en Hongrie, aux Pays Bas... Pour trouver une réponse qui était si près...

 

 

 

 

 

Tentation : L'auteur of course

Fournisseur : Gilles Paris et Flammarion, merci pour l'envoi.

 

 

 

 

 

 

-toile3.jpg

 

Mon humble avis : Pas si simple que cela. Le pitch, la quatrième de couv et les hautes études que j'ai faites sur l'auteur (3 livres lus et 3 interviews), m'ont incitée à réserver ce livre pour mes vacances, me persuadant que ce serait la période idéale pour me glisser dans ces pages. Vacances, oui, mais tout dépend du style de vacances. Et là, je plaide coupable, j'ai réalisé qu'une croisière en catamaran aux Seychelles ne s'accordait pas du tout avec la lecture. De ce fait, je n'ai lu "Si tu existes ailleurs" qu'en dilettante, 10 pages par ici, 5 pages par là et n'ai pu alors en apprécier la substantifique moelle à sa juste valeur. Dans le train, dans le bus, dans l'avion ou sur le bateau, me manquait toujours le crayon à papier pour apporter mes petites croix dans la marge, ces croix qui me permettent de revenir sur les passages que je juge essentiel dans un livre. L'auteur m'excusera, car en contre partie, je lui ramène une bonne vingtaine de photos de son livre prises sur les plus belles plages du monde !

Toujours est il que sous une couv et un ptich d'apparence plutôt légère (que l'on peut trouver dans le livre si on le souhaite), se cache un livre profond qui amène le lecteur à de multiples réflexions sur sa façon de penser sa vie, de la mener aussi et surtout, d'appréhender la mort. Pour cela, l'auteur a recourt à différentes philosophies, croyances, religions, méthodes thérapeutiques officielles ou... parallèles. Des explications très enrichissantes mais jamais envahissantes sont données sur tout ceci. Et c'est là que je pêche, car passionnée par tous ces domaines, mon dilettantisme exceptionnel ne m'a pas permis de suivre correctement la cohérence et l'évolution du parcours de Noam.

C'est donc un livre à emporter en vacances, oui, mais en prévoyant le lire quasiment d'une traite !

Bien sûr, le personnage de Noam m'a touchée car il me ressemble. Heu non, c'est moi qui me trouve des similitudes en lui. Il a 35 ans, ne s'est remis ni d'un grave accident ni d'une rupture amoureuse, il travaille mais sa vie sentimentale, voire relationnelle se révèle désertique... Sans compter son obsession et sa peur viscérale de la mort. C'est à peu près tout moi sauf que j'ai 5 ans de plus et qu'à priori, je crains plus la souffrance que la mort (je parle par expérience de la première). Il s'agit d'être à un carrefour de sa vie, et de devoir prendre une nouvelle direction sans se renier afin d'accepter de vivre et d'aimer pleinement, sans peur et "sans reproche"

Thierry Cohen nous emmène donc dans une quête qui se déroulera dans une Jérusalem merveilleusement décrite, dans une famille hongroise où l'amour domine et à Amsterdam où... Mysticisme, logique, manipulation, où se trouve la vérité quand tout semble dépasser la raison ?

La romance est secondaire dans ce roman dont la question principale est presque : voudrions nous connaitre notre heure, et que ferions nous si nous la connaissions. Question presque aussi bateau que "Et si je gagnais au loto", sauf que Noam est véritablement confronté à cette situation et que cela change tout. Surtout que la prophétie de sa nièce lui annonce cinq morts simultanées, et qu'une jeune autiste désignera ces personnes... que Noam ira rencontrer. Le temps pressera-t-il ou pas ? Réponse en fin du livre !

On retrouve le sujet fétiche que l'auteur décline au fil de ces romans avec un certain degré de mysticisme. L'Amour. Universel, personnel, conjugal, filial, parental, amical. L'Amour comme solution. L'Amour comme évidence nécessaire.

Si tu existes ailleurs.... n'a pas bénéficié de ma concentration. Néanmoins, pour être honnête, je dirais qu'une lecture plus suivie m'aurait tout de même fait préférer les 3 premiers romans de Thierry Cohen.

 

 

 

TC Félicité 1

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 11 Juin 2012

Roman - Folio Editions - 111 pages - 4.60 €

 

 

Parution sous format poche : Décembre 2002

 

 

  L'histoire : Le narrateur est l'homme. L'homme qui sombre. Qui fait naufrage et qui dit pourquoi. Il le dit à sa fille d'à peine deux ans. Il lui explique la mort de sa mère, son travail, le monde, la société. Non, vraiment il n'en peut plus. Il a baissé le bras. Et si la lueur venait de l'inattendu ?

 

 

 

 

Tentation : Le sujet et l'auteur

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

étoile3etdemi

 

 

Mon humble avis : Non, ce n'est pas un énième livre sur la dépression. Comme il y a 10 000 raisons de tomber en dépression, il y a moult façons de la vivre et d'y survivre et donc autant de manières de traiter le sujet. Philippe Claudel a choisi une version aussi bien intérieure qu'extérieure, presque factuelle et surtout le moment fatidique de l'abandon : plus envie de se battre. Le narrateur explique les raisons qui lui font baisser les bras, mais ne détaille pas la douleur. Il constate ce qui le rend étranger à lui même et aux autres. Comme s'il laissait au lecteur le soin de l'interpréter, de la ressentir, de l'imaginer en fonction de son être profond. D'ailleurs, il me semble qu'aucun personnage n'est prénommé dans le texte, ce qui permet à chacun de se l'approprier où d'y voir qui il veut.

Notre homme subit la vie comme un rouleau compresseur. Sa femme est décédée d'un accident de voiture, lui laissant leur fillette encore bébé à élever. L'extérieur l'agresse, que ce soit la vulgarité gratuite de notre société, la bêtise humaine, l'indifférence, et pire que tout la haine qui semble le caractère le plus naturel de l'Homme. Et son travail... Il supporte toute la sainte journée un collègue que l'on pourrait qualifier de bourrin. A eux deux, ils sont des hyennes. A l'hopital, lors d'un accident mortel ou d'un décès, ils appellent la famille. Leur rôle, par un procédé bien rodé : pousser la famille dans la douleur de la nouvelle a accepter le don d'organe. "Nous sommes là pour prendre aux morts et donner aux vivants" Notre narrateur est donc chaque jour en contact avec la mort. Pas de mort, pas de travail... Concept pas facile à vivre, surtout quand son collègue bâcle la mission pour aller supporter, en déguisement de supporter de foot, le PSG lors d'un match.

C'est un texte aussi violent que doux. Violent car presque froid dans ce constat incompris. J'ai lu sur certain blog que le narrateur était psychotique. Je ne le crois pas. Il est bien conscient de ce qu'il vit, il cherche juste une branche à laquelle se retenir.

Et doux car l'homme parle à sa fille, lui parle de ses caresses, de ses nuits de veille quand elle est malade, de ses premiers mots, de ses cuisses potelées, de ses rires. Mais elle est tellement trop jeune pour l'aider.

Cette confession se déroule presque en temps réel, même si l'esprit du narrateur voyage entre son appartement, un couloir de métro ou un bar pour revenir dans "le confessionnal". Où pendant 3 heures, son collègue et lui tentent de conduire "une cliente" effondrée par la mort de sa fille d'accepter le don d'organe. Notre narrateur sort du protocole, lâche prise, pète les plombs et alors, peut-être trouvera-t-il la main qui le relèvera.

Tout est dit avec un ton extrêmement juste. Mon seul bémol irait au personnage de la babysitter que je trouve bien trop déjanté et peu crédible. Car si j'étais parent, même usée jusqu'à la corde, je crois que jamais je ne confierais mon enfant à une fille aussi vulgaire, disjonctée, très peu clean et pas concernée du tout par son rôle.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 7 Juin 2012

Roman- Editions Livre de Poche - 272 pages - 6.50 €

 

 

Parution en poche en avril 2009

 

 

L'histoire : Mercredi 23 mai, Justine reçoit un appel. Malcom, son fils de 13 ans est à l'hôpital, dans le coma. Sur un passage piéton, il a été fauché par une voiture qui ne s'est pas arrêtée. Des témoins ont relevé une plaque d'immatriculation incomplète.... Alors que le coma de Malcom se prolonge, Justine n'a plus qu'une idée en tête.... Retrouver celle qui a fait ça (un témoin : elle avait les cheveux blonds) et comprendre pourquoi, pourquoi et comment elle a pu ne pas s'arrêter...

 

 

 

Tentation : L'auteur + ma PAL

Fournisseur : Ma PAL !!!

 

 

 

 

 

 

 

  

 

-toile2.jpg

 

 

Mon humble avis : Et bien il est mitigé. Bien sûr, le sujet est prenant et révoltant. La lâcheté des uns, la douleur d'une mère atteinte dans la propre chair par l'intermédiaire de son adolescent de fils, plongé sans un profond coma.

La souffrance de la mère, Justine est extrêmement bien décrite, tout comme celle de son mari, Andrew et la différence dans laquelle celles ci s'expriment, créant un espace de plus en plus béant entre eux. Chacun s'enferme dans son cauchemar qui est pourtant commun à l'autre. Et puis il y a l'entourage aussi... Celui qui réagit "comme il faut", et l'autre qui baisse les yeux pour ne pas affronter la détresse des blessés. Il y a la vie quotidienne, professionnelle qui prend tantôt l'aspect d'un refuge, tantôt celui d'un envahissement secondaire.

J'ai apprécié aussi la double nationalité francobritanique de cette famille, qui amène de l'espace, une autre langue pour dire l'indicible et qui explique encore un peu plus la disparité des réactions. Et puis cela donne quelques expressions anglaises bien placées (et dieu sait que cette langue m'est savoureuse) et des traductions de chanson que l'on fredonne souvent phonétiquement. Enfin, le personnage de la belle mère Anglaise m'a bien plu.

Pour l'instant, j'encense.... Alors... Alors voilà, c'est la mère, Justine, qui m'a agacée. Ses plaintes, ses doutes, ses révoltes, ses questions, même si légitimes, sont bien trop récurrentes dans le roman que j'ai donc trouvé très redondant dans son ensemble. Son lymphatisme a lâché mon intérêt. Non que je ne le comprenne pas, non que je le juge (toujours l'éternelle question de qu'aurais-je fait à sa place).... Mais la quatrième de couv, décidément souvent coupable m'annonçait "Seule contre tous ou presque, Justine veut découvrir la vérité, jusqu'au bout et à n'importe quel prix"..."Tatiana de Rosnay entraîne son lecteur dans un étourdissant suspens psychologique...". Et bien tout cela, je ne l'ai pas vu, pas ressenti, ce qui fait que je suis un peu restée extérieure à cette histoire, même si, évidemment, je n'étais pas insensible à la fin que l'auteur allait me proposer. D'ailleurs, là aussi... Il y a un coup de théâtre... Je l'ai vu tout de suite, ses conséquences me sont apparues clairement en une seconde, bien avant que les protagonistes ne saisissent l'ampleur de ce qui se passe devant eux. Cela n'ôte rien à l'horreur de la situation, mais cela n'a pas apporté pas beaucoup de frémissements à la lectrice que j'étais et qui reste partagée par cette sensation d'impatience, d'ennui malgré toutes les qualités que ce roman renferme.

Tatiana de Rosnay a fait bien mieux et refera bien mieux, j'en suis sûre. 

 

L'avis d'Esmeraldae, de Stéphie, de Lasardine

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0