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Publié le 28 Mars 2020

Roman, littérature, Niels Labuzan, Ivoire, Botswana, avis, chronique, blog, exploitation animale, protection animale, braconnage conséquences

Roman - Editions JC Lattès - 349 pages - 18 €

Parution en janvier 2019

L'histoire : Au Botswana, dans le delta de l'Okavango, Erin (Européenne) dirige une concession (réserve) privée. Avec Bojosi son bras, (ancien braconnier), elle protège et surveille ainsi la faune locale et sauvage d'une main de fer. Mais dans son idéal, ce n'est pas assez. Elle veut participer pleinement à la compréhension du fonctionnement du trafic d'ivoire, à tous les stades, et remonter jusqu'à la source : le consommateur, l'acheteur, le client. Aussi, avec le soutien du ministère de la faune sauvage du Botswana, elle se lance dans un projet aussi fou que dangereux : à Paris, deux fausses défenses, dont la contrefaçon est indécelable. Au coeur de ses défenses, une puce électronique. Une fois ces deux défenses intégrées dans le réseau des braconniers, Erin suivra leur chemin... Même si c'est un chemin sans foi ni loi, qui mène à un milieu d'une violence extrême.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

Une immersion dans le monde du trafic d'ivoire.

Mon humble avis : Quand un livre nous fait de l'oeil deux fois de suite à la bib', on se dit : je prends, tant pis pour ma PAL. Surtout que le sujet et le lieu de l'intrigue répondent à mon intérêt particulier qui dure depuis un an : période pré et post voyage en Afrique du Sud.

Cette lecture fut émotionnellement très dure pour moi. En effet, Niels Labuzan nous propose une immersion sans filtre au coeur des réseaux de braconnage, du trafic d'animaux sauvages, et principalement celui des défenses d'éléphants, de l'ivoire. Le lecteur n'est pas épargné, tant dans la description révoltante de certains charniers de plusieurs centaines de bêtes, que dans la violence humaine qui règne dans ce type de réseau. La prise de conscience n'est pas nouvelle pour moi, mais son ampleur, si. Ces si nombreuses ramifications sont ahurissantes et les chiffres donnés par l'auteur, qui s'élèvent à plusieurs centaines de tonnes de défenses agissent comme des électrochocs. Ce roman est extrêmement documenté. D'ailleurs, le sujet n'est mis sous forme de roman que pour toucher le plus grand nombre et immerger le lecteur. Un roman permet de dire parfois bien plus qu'un essai ou un documentaire. En lisant Ivoire, on se rend bien compte des différentes façons de penser des protagonistes sur place, que ce soit dans les défenseurs ou les tueurs d'animaux. Cela apporte donc une "humanité". Et quand il y a hommes, il y a complexités, différences culturelles, sociales, financières. Il y a vie dans l'opulence et extrême pauvreté. Ainsi, lorsqu'on lit ce roman, on se trouve presque obligée à plus d'indulgence envers le petit braconnier au fond de sa savane (cela ne veut pas dire que l'on excuse ou encense, loin de là), mais on réalise la complexité de la situation. Le petit braconnier n'a aucune conscience de la situation dramatique de certaines espèces animales, et il ne pense qu'à ce soir. Là où les défenseurs, les institutions internationales de protection et nous autres, européens dans nos canapés à regarder des reportages télés, pensons à l'avenir, dans 10 ans, dans 20 ans. 

Dans ce réseau d'exploitation animale, chaque niveau ignore ce qu'il adviendra des défenses qu'il fournit, chaque niveau ignore d'où proviennent les défenses qu'il transporte. Ce sont des véritables mafias qui règnent par la terreur sur leur sujet. Et bien sûr, à quasi chaque niveau (depuis certains rangers sous payés), jusqu'aux Etats (pas forcément directement concernés hein !), en passant par les douanes, les transports maritimes ou aériens, j'en passe et des meilleurs, il y a de la corruption.

Tout cela pour que des chinois puissent soi-disant perpétrer leur culture, à savoir posséder une défense sculptée chez eux, ou d'autres objets fabriqués avec d'ivoire... Et à savoir que nombre de ses chinois ignorent même que la défense provient d'un animal tué juste pour celle-ci, certains ne sachant même pas que les défenses ne tombent pas seules, qu'elles ne poussent pas dans la terre, ou qu'elles ne sont pas le fruit d'un arbre.   C'est un commerce particulier, en constante mutation... où c'est la demande qui fait l'offre, et non le contraire. Bref, tout cela est à pleurer. Et de là où je suis, je me trouve bien impuissante.

A savoir que l'Europe et les institutions internationales de protection des animaux sauvages ne sont pas en reste au niveau de l'hypocrisie et/ou de l'ignorance. Par exemple, dans la liste noire des pays braconniers, le Soudan ne figure pas, car il ne possède pas d'éléphant sur son territoire. Alors qu'il est une véritable plaque tournante du trafic d'ivoire. Par contre, dans cette protection et le combat contre le braconnage, le Botswana fait figure d'image.

J'ai eu parfois un peu de mal avec le style de l'auteur qui m'a semblé un peu irrégulier. Des pages et des pages se lisent toutes seules d'une écriture agréable et fluide, quand d'autres hachées, avec une ponctuation qui m'a parue aléatoire ou maladroite, des phrases qui n'en sont pas, sans verbe, sans fin, sans début. Trop implicite pour moi.

Il n'empêche que ce roman glaçant, éprouvant émotionnellement est vraiment à lire pour comprendre la complexité de ce commerce, qu'il soit licite ou illicite, et surtout saisir son étendue (géographique), son amplitude (dans le nombre effroyable d'animaux concernés) et ses conséquences : extinction prochaine de certaines espèces et mutation de quelque une... Et oui, vous l'ignoriez souvent mais les éléphants ont des défenses de moins en moins grandes... Pourquoi, la réponse est dans ce roman incontournable, même s'il vous bouscule. Car ici ce ne sont que les personnages qui sont fictifs (mais sans doutes inspirés de personnes existantes), tout le reste est hélas bien réel.

 

"Elle en a peut-être trop fait. Incapable de se rendre compte du moment où il faut accepter de perdre. Le tout est de bien choisir son engagement, et de prendre conscience de ses propres limites, elle a cru qu'elle n'en n'avait pas... Elle n'a pas suffisamment écouté." (Pensée d'Erin)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Mars 2020

Les guerres intérieures, roman de Valérie Tong Cuong, rentrée littéraire 2019, avis, blog, culpabilité, responsabilité

Roman - Editions JC Lattès - 238 pages - 19 €

Parution le 21 août 2019, RL sept 2019

L'histoire : Pax est un acteur mature... mais de seconde zone. Un jour, le miracle arrive enfin : un rendez-vous immédiat avec un immense réalisateur américain. Avant de s'y rendre, Pax passe vite fait chez lui pour se changer. Il entend alors des bruits brutaux inhabituels provenant de l'appartement au-dessus du sien. Il s'interroge, s'inquiète mais passe outre : le rendez-vous et sa future réussite avant tout.

Quelques jours plus tard, il apprend qu'une agression a eu lieu dans son immeuble et qu'Alexis, une jeune étudiant, a été laissé pour presque mort.

Dans les semaines qui suivent, les aléas de la vie l'amènent à rencontrer la mère d'Alexis, dans un tout autre contexte. Commence alors pour Pax un réel combat intérieur : la culpabilité, le mensonge, la rédemption possible ou pas...

 

tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Lors de la rentrée littéraire de septembre dernier, les avis sur ce roman se sont multipliés : nombreux étaient élogieux, d'autres mitigés. Quand je suis "tombée" sur ce titre lors de mon dernier passage à la bib, je l'ai saisi, et aussitôt lu, aussitôt dévoré. Bref, j'ai adoré cette histoire marquante et la façon dont elle est traitée.

Valérie Tong Cuong évoque magistralement, avec une plume soignée, délicate mais on ne peut plus fluide notre société actuelle, ses déviances, ses antagonismes.... Depuis un certain temps, l'individu oublie le plus souvent sa responsabilité collective et citoyenne. L'aide à autrui passe après une longue réflexion sur les risques (majeurs ou mineurs) qui en découlerait. De plus, il est mal vu de s'occuper des affaires des autres, ce qui est considéré comme une intrusion déplacée... Sauf qu'en même temps, tout le monde étale sa vie sur les réseaux sociaux. Seuls les drames collectifs réunissent les êtres. Les drames individuels ne sont pas les problèmes des autres. On s'insurge contre le sort des migrants qui se noient en Méditerranée mais celui du SDF que l'on croise régulièrement "indiffère" par confort, parce que trop près de nous, rendant bien plus facile le potentiel coup de main par exemple. Les guerres intérieures est donc un roman sur la lâcheté, l'indifférence contemporaine lorsque l'on est directement concerné...

Ici, elle est mise en scène dans un climat général anxiogène (les attentats, les 2 jeunes femmes qui se font poignardées sur un quai de gare) et dans le quotidien de 3 personnages principaux. Pax, celui qui ignore les bruits  suspects et violents dans l'appart , habité de puis peu, au-dessus de chez lui... Ces bruits sont ceux de l'agression gratuite du jeune Alexis, qui sera presque laissé pour mort. Pax tait à la police qu'il a vu, de dos, un homme descendre les escaliers. Puis Pax rencontre accidentellement et sans le savoir la mère d'Alexis. Une relation intime naît entre les deux adultes... Une relation qui prend forme sur une énorme omission et qui double d'intérêt lorsque l'on apprend qu'Emi, la mère  d'Alexis, vit une situation de responsabilité non assumée, une culpabilité similaire à celle de Pax. Lorsque Pax rencontrera Alexis, il n'aura de cesse de tenter de réparer sa lâcheté, de redonner à Alexis le goût de la vie. Mais est-ce suffisant pour trouver la rédemption, effacer cette culpabilité qui envahit toute la vie ?

La lâcheté, la culpabilité, l'individualisme, la torture des cas de conscience (les fameuses guerres intérieures), la société dévoreuse des hommes sous prétexte de la rentabilité, les conséquences d'un traumatisme, voici tous les sujets que ce magnifique roman aborde avec délicatesse, émotion maîtrisée, et qui a la maestria de constater plus que de juger. Un roman qui invite à retrouver l'humanité collective et individuelle. Je conseille sans retenue !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 6 Mars 2020

Roman - Editions Gallimard - 5h30 d'écoute - 17.99 €

Parution d'origine aux Editions de Minuit en septembre 2016

L'histoire : Sybille, divorcée, vit avec son fils Samuel à Bordeaux. Infirmière au travail, dépressive chez elle. Jusqu'au jour où Samuel, parti à la dérive se retrouve en garde à vue... Sybille réalise qu'elle n'a pas vu son fils grandir et virer d'un mauvais coton, parce que depuis les premières disputes avec son ex mari, Samuel est devenu secondaire. Consciente qu'il lui faut sauver son fils d'un avenir sombre et le reprendre en main, elle met sur pied le projet fou de partir avec lui, durant 3 mois à cheval dans les montagnes du Kirghizistan.

Tentation : La blogo a l'époque de la sortie du roman

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Ce livre est une pépite ! Nous accompagnons Sybille et Samuel dans les montagnes et les plaines de l'Asie Centrale, au grès des rencontres, des dangers, des silences, des quelques mots échangés entre mère et fils, des peurs et de petits miracles, qui n'en sont pas pour autant très symboliques et encourageants. 

De temps en temps, des flash-back, via la narration ou via les souvenirs qui tournent dans l'esprit de Sybille, nous apprennent à la connaitre et à comprendre les raisons qui ont conduit à ce qu'elle considère comme une collection d'échecs et d'actes manqués. Sybille en devient bouleversante de fragilité, de force, de courage et de persévérance.

Le lecteur comprend en même temps que Sybille que si elle veut "reconstruire" et retrouver son fils, il lui faut commencer par elle-même.

Ainsi, les voilà tous les deux dans les grands espaces du Kirghizistan, livrés à eux-mêmes. C'est un retour à l'essentiel, au minimum, aux valeurs de la vie, à la survie qui ne dépend que de nous, à l'origine. Ce roman d'aventure initiatique est une magnifique histoire qui met en valeur les difficultés des relations parents/enfants, notamment lors de l'adolescence. La mère se bat contre elle-même pour son fils, son fils lui livre bataille. Pas à pas, la mère et le fils se retrouvent, comme au fil des montagnes traversées, avec des hauts et des bas. Mais les barrières entre ces deux êtres vont peu à peu tomber, dans des petits détails, qui sont pour le lecteur des moments de grâce au milieu de l'âpreté de cette expédition qui peut paraître insensée.

Parmi les sujets qui importent à Sybille de faire comprendre à son fils : l'aberration de la peur et du rejet de l'autre, de l'inconnu, le respect des différences et l'enrichissement que celles-ci procurent.

Continuer est avant tout une magnifique histoire d'amour maternel sur fond de splendides chevauchées dans un décor naturel extraordinaire... Certes, la fin n'est pas celle que l'on imaginait, mais elle reste dans l'optimisme... Il faut continuer !

Ce roman a été librement adapté au cinéma en 2019, sous le même titre, avec Virginie Efira dans le rôle de Sybille.

 

L'avis de Sylire

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Mars 2020

La vie devant soi, Romain Gary, Roman, Avis, chronique, blog, Goncourt 1975

Roman - Edition Folio - 274 pages - 9.50 €

Parution d'origine aux Editions Mercure de France en 1975.

L'histoire : Celle de Momo (diminutif de Mohammed), le narrateur,  un garçon d'une dizaine d'années qui se dit algérien musulman. Momo est orphelin et vit chez Madame Rosa, dans une pension clandestine pour enfants de prostituées, au sixième étage (sans ascenseur) d'un immeuble Parisien. La vieille dame est une juive rescapée des camps de concentration nazis d'Auschwitz. Malade, elle refuse d'aller à l'hôpital et, sous des airs un peu brutaux, s'occupent des enfants avec une affection particulière pour Momo, qui lui rend bien. La vie devant soi est l'histoire d'amour indissoluble entre Momo et Madame Rosa

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Enfin, enfin, j'ai lu ce roman, prix Goncourt 1975, paru la même année sous le pseudonyme Emile Ajar et devenu depuis un classique incontournable... sur lequel tout a été dit !

Quelle est donc mon ressenti subjectif de ce livre ? Pour être honnête j'ai éprouvé quelques difficultés à rentrer dedans, tant le style m'a prise au dépourvu. Le style, c'est celui de Momo, un gamin parisien qui a 10 ou 14 ans, et qui mène une vie dure d'orphelin clandestin. C'est un môme qui voit tout, qui voit trop pour son âge, qui entend tout, qui entend trop pour son âge, qui se forme et s'instruit comme il peut dans la rue au fil de ses rencontres, et avec ce que Madame Rosa lui apprend de la vie. C'est donc le style d'un gamin, avec des erreurs de mot, des phrases pas toujours dans le bon sens etc... Bref, au début, il faut suivre, s'adapter.

Puis, je me suis habituée à cette narration et cette écriture qui est sont si parfaites pour donner vie et réalisme à cette histoire qui n'était pas racontable autrement ! Alors, la grandeur de l'oeuvre m'a sauté aux yeux, j'ai souri à la lecture des expressions bien à lui de Momo, l'émotion m'a prise à la gorge et les pages se sont tournées toutes seules. La vie de Momo et de Madame Rosa est terrible, leur soleil est l'affection sans borne qu'ils se vouent, jusqu'au dévouement le plus extrême.

Mille et un thèmes sont abordés dans ce roman, donc impossible de les évoquer tous ici. Mais parmi eux, sont particulièrement développés les suivants : le traumatisme des rescapés de la guerre, et notamment celui des juifs, puisque Mme Rosa est juive, encore persuadée "qu'on va venir" la chercher. Le sort des enfants de prostituées dans les années 70, et des prostituées elles-mêmes, qui pour éviter que leurs enfants 'illégitime et non déclarés" soient "absorbés" par l'assistance publique, les confient quelque temps à des pensions clandestines, comme celle de Madame Rosa. Le thème "du droit des peuples à disposer d'eux même", c'est ainsi qu'il est nommé dans la bouche de Momo, et qui est en fait le droit à mourir dignement, donc l'euthanasie, est très développé. Et puis, évidemment, il y a le thème de l'enfance bafouée, clandestine et particulièrement pour Momo la vie et le sort des orphelins, sans parents, sans réelles origines. Et puis l'époque aussi.

Alors oui, j'ai adoré ce que Momo m'a raconté et sa manière de le faire, même si derrière ses réflexions amusantes se cachent bien d'autres choses. Quel que soit son âge, Momo est un garçon qui la vie a obligé à grandir trop vite. Momo est autant ingénu que clairvoyant sur la vie et la société, ses dysfonctionnements, ses hypocrisies, il est tellement timide et en même temps spontané et réfléchi, tellement digne dans un monde où plus grand-chose ne l'est qu'il ne peut que provoquer admiration et affection XXL. Momo et Madame Rosa sont des personnages hors du communs, qui je pense laissent une trace au fer rouge dans l'esprit du lecteur et l'accompagnent pour la vie qu'il a encore devant soi !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 21 Février 2020

Ulysse from Bagdad, littérature, livre audio, Eric Emmanuel Schmitt, migrants, Irak, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 7h10 d'écoute - 18 €

Parution d'origine chez Albin Michel en 2008

 

L'histoire : Il s'appelle Saad Saad, ce qui signifie Espoir Espoir en français ou Triste Triste en Anglais. Il est Irakien. La dictature a pris fin, remplacée par le chaos total dans le pays. Sa petite amie est morte sous les bombes et Saad Saad devient le seul homme vivant de sa famille. A lui seule, il doit assumer la vie de sa mère, de ses soeurs et ses neveux nièces. Saad Saad n'a plus le choix, il doit quitter l'Irak et rejoindre l'Angleterre, où il pourra travailler et envoyer de l'argent au pays, argent nécessaire à la survie de ses proches. Saad se met en route. Ce roman est l'histoire de son voyage, envers et contre tout.

Tentation : le sujet et le nom de l'auteur

Fournisseur : Bib°3

 

 

Mon humble avis : Eric Emmanuel Schmitt, un de mes auteurs chouchou, donc une valeur sûre... Et ce roman ne fait que confirmer cela.

Ulysse from Bagdad a paru en 2008, et ce qui est terrifiant et déprimant à la fois, c'est de constater qu'il est encore on ne peut plus d'actualité, peut-être même encore plus encore qu'à l'époque, puisque le nombre de migrants tentant la traversée de la Méditerranée par tous les moyens ne cesse d'augmenter.

L'histoire s'ouvre sur l'enfance de Saad, sous la dictature de Saddam Hussein, dans un pays emprunt entre autre à la paranoïa, la censure et la délation etc. Très vite, nous parvenons à son adolescence puis à ses études de droit. Entre temps, Saddam est tombé sous les américains... Puis le chaos s'est installé autant dans le pays que dans la famille de Saad, avec nombre de décès.

Commence alors ce projet de voyage vers l'Europe, via des moyens insensés, que l'on n'imagine même pas. Cette odyssée terrible nous emmène jusqu'en Egypte, en Libye, puis à travers la Méditerranée. Pour aller jusqu'où ? Pour y trouver quoi ? Durant ce périple, Saad rencontrera ce que l'Homme peut être de meilleur, comme de pire.

Eric Emmanuel Schmitt fait encore merveille et miracle dans ce roman au sujet si tragique et douloureux, et éloigné de notre confort d'Européens protégés. On est au plus près de ces migrants, presque dans leurs âmes et leurs coeurs. Dans leurs jambes, leurs fatigues, leurs peurs, leurs faims, leur décès, leurs espoirs parfois vains parfois récompensés... Et surtout, les conditions inhumaines, pire que bestiales dans lesquelles certains tronçons de ce voyage interminable se font.  On ne peut qu'être admiratif devant la pugnacité, le courage, la persévérance de ces hommes, ces femmes et enfants qui sont prêts à perdre la vie pour la gagner. Gagner la vie, la vraie, la vie libre, loin des bombes, loin de la pensée unique, loin d'un désert infertile.

Bien sûr, avec Eric Emmanuel Schmitt, on attend, on espère et on trouve des réflexions à portées philosophiques accessibles à tous. Schmitt, avec des mots simples, avec une clarté déconcertante, conduit son lecteur à réfléchir sur des idées que son l'humanité, les migrations, la domination, la liberté, la démocratie, la guerre, la notion d'ennemie, les frontières, les nations, l'échelle de valeurs attribués aux hommes surtout par les occidentaux qui prônent pourtant haut et fort des valeurs comme "liberté, égalité, fraternité", valeurs qui ne sont en fait réservées qu'à leurs égaux et leurs semblables. Et ce qui est génial avec Schmitt, c'est que de situations à priori complexes ou difficiles à verbaliser, il donne une explication simple, limpide, nette... Toujours servie par une écriture très agréable, emprunte de tendresse, d'empathie et non dénuée d'humour, malgré un sujet tragique.

Ce roman qui est hélas loin d'être périmé est à lire et à faire lire, absolument, à toute personne de 15 à 99 ans... Pour que les mentalités, les coeurs, les lois, les âmes, s'élargissent... Et que l'Humanité soit partagée.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 17 Février 2020

roman le répondeur, Luc Blanvillain, Chronique, avis, blog, littérature, livre

Roman - Quidam Editeur - 260 pages - 20 €

Parution le 2 janvier 2020 : Nouveauté

 

L'histoire : Baptiste est un jeune imitateur, qui en attendant gloire et célébrité, officie dans un petit théâtre associatif qui prend l'eau.

Jean Chozèse est un romancier célèbre (ancien Goncourt !) mais taiseux, qui tente de travailler d'arrache pied sur son prochain et très attendu roman. Pour cela, Chozèse doit se débarrasser des tracas du quotidien, et surtout de son environnement social envahissant.

Chozèse propose donc à Baptiste un job peu commun et inattendu... Etre son répondeur. A savoir, Chozèse lui confie son téléphone portable et "la bible" de ses connaissances, à Baptiste de se débrouiller avec tout cela et de faire illusion, en prenant sa voix ! Pour le meilleur et sans doute pour le  pire !

 

Tentation : Le billet de Keisha

Fournisseur : Des chèques Kdo reçus à Noël !

 

Mon humble avis : Ah ! Comme je me suis régalée de cette lecture dont le sujet m'a semblé si original et audacieux. J'ignore si l'idée a déjà été exploitée dans d'autres contrées littéraires, en tout cas, ce roman est jubilatoire.

Mon seul petit bémol serait l'usage un peu excessif de vocabulaire ampoulé... Au début, j'allais chercher dans le dictionnaire  sur internet la signification de ces mots qui m'étaient mystérieux, puis j'ai cessé, pour ne point couper mon rythme de lecture. Mais  bon, il s'agit vraiment d'un mini bémol car il est un peu hypocrite, à notre époque où tout part à vau l'eau, de pointer d'un mauvais doigt une excellente maîtrise de la langue française jusque dans des termes enfouis faute d'usage sans doute.

Bref, quid de l'histoire ? Rondement menée et rythmée, celle-ci peut paraître un peu déjantée, des passages encouragent dans ce sens, mais elle est dans le fond assez sérieuse et riche en émotions, en interrogations, en sujets abordés et bien sûr, en rebondissements.

Comment rester soi quand on est en même temps quelqu'un d'autre ? Comment ne pas abuser d'une telle confiance quand elle vous est donnée ? Comment et quand décider si l'on a le droit d'intervenir dans la vie des autres pour l'améliorer... au risque de la détériorer. Car après tout, Baptiste répond au téléphone avec la voix de Chézose et les quelques infos qu'il a sur ses interlocuteurs, mais c'est avec son coeur qu'il parle. Il devient tout à tour confident des uns (la fille de Chézose), défouloir des autres (l'ex femme de Chézoze), j'en passe et des meilleurs (les journalistes, les traducteurs, les attachés de presse, le père...). Il reçoit même des confidences sur lui-même ! On ne peut qu'être admiratif devant les prouesses d'improvisations de Baptiste, tantôt hilarantes, tantôt très touchantes, comme si le temps s'arrêtait. Evidemment, on se doute qu'un jour il fera une bourde, se mélangera les pinceaux entre son propre téléphone et celui de son patron. Oui mais quand, quoi, comment ? Surprise !

Bien que ce roman soit très divertissant, c'est aussi de belles histoires d'amitié, un portrait non exhaustif des us Germanopratins, et une belle réflexion sur le pouvoir des mots, des dits et non-dits familiaux ou sociétaux, sur les difficultés de communiquer avec son entourage.

Comme Keisha, je craignais un peu la fin, me demandant comment Luc Blanvillain pourrait conclure son histoire. Et bien elle reste fidèle au reste du roman, tout en étant inattendue : digne de Baptiste, digne tout court !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Février 2020

roman , antoine Laurain, le service des manuscrits, littérature, blog, avis, chronique, rentrée littéraire hiver 2020

Roman - Editions Flammarion - 214 pages - 18 €

Parution le 8 janvier 2020 : Nouveauté

 

L'histoire : A 44 ans, Violaine Lepage est l'une des éditrices les plus réputées de Paris. C'est elle qui a édité "Les fleurs du sucre", roman en lice pour le prix Goncourt, qui figure même sur la dernière liste ! Problème, Violaine de connaît pas l'auteur(e) Camille Désencres, le contrat ayant été signé par mail... Et l'auteur reste aux abonnés absents alors que sa présence est indispensable en cas de couronnement au fameux prix. Et cela se corse encore plus pour Violaine lorsqu'une lieutenante de police débarque dans son bureau : des crimes similaires à ceux décrits dans le roman ont été commis !

 

Tentation : La blogo et Cédric Armen

Fournisseur : Des chèques Kdo reçus à Noël !

 

Mon humble avis : Huitième roman d'Antoine Laurain (je n'ai lu que Le chapeau de Mittérand). Aussi, on peut bien imaginer qu'Antoine Laurain connait bien le sujet du milieu de l'édition. Et il nous emmène dans son épicentre, le lieu de certains possibles et de beaucoup d'impossibles : le service des manuscrits, là où échouent les milliers de romans écrits chaque année par des romanciers en herbe, en jachère ou complètement infertiles. 

Les romans qui se déroulent dans le milieu éditorial sont assez courants, mais ils attirent toujours autant. Oui, les lecteurs acharnés (peut-être écrivains refoulés), adore connaître les secrets, les us et coutumes, le fonctionnement du graal : une grande maison d'édition. Sur ce sujet, Antoine Laurain nous régale, et comme je disais plus haut, il sait forcément de quoi il parle.

Mais un lieu n'est pas suffisant pour étoffer un roman. Il faut aussi une histoire, qui tant qu'à faire, soit palpitante, potentiellement amusante, intrigante, avec moult rebondissements et du suspense. Là aussi, Antoine Laurain nous captive avec ce roman mystérieux "Les fleurs de sucre" et son auteur aussi obscur qu'inconnu. Là aussi, cela pourrait sonner comme du déjà vu (les mystérieux romans/auteurs sont de bons sujets de littérature) sauf que non. La construction est diaboliquement efficace et la façon dont Antoine Laurain traite son sujet, et surtout le clôt, tient vraiment du jamais vu. Le final est des plus inattendus... Sauf que pour moi, il m'a semblé incomplet, donc m'a laissé un peu sur ma faim. Car seule une des deux énigmes (auteur / et / ou coupable des crimes commis) est résolu. Donc oui, j'en voulais un peu plus. Qui sait, Laurain nous réserve peut-être une suite dans ses tiroirs ?! Ce qui ne doit pas vous empêcher de vous offrir une lecture des plus agréables qui soit !

Voilà, je ne peux en dire plus, sous peine de spoiler et de gâcher votre futur plaisir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Février 2020

Roman La parthénogenese, Anne-Laure Julien, littérature, avis, blog, chronique

Roman - La P'tite Hélène Editions -274 pages - 22 €

Parution en juin 2019

L'histoire :  Parthénogenèse (nom féminin, du grec parthenos, vierge) : reproduction sans intervention d’un mâle dans une espèce (Larousse). Par exemple, les phasmes.... Ou encore la famille de Sophie. De mère en filles, les pères sont "inconnus" au bataillon, plus ou moins éjectés du programme !

Sophie est donc de ces mères célibataires qui jonglent entre son travail, ses filles, sa grand-mère, ses amants, sa meilleure amie en soit-disant "post partum", sa belle soeur qui ne supporte pas sa belle mère qui ne la supporte pas plus etc... Sophie est forte et gère tout ceci à bout de bras. Oui, mais... qui s'intéresse vraiment à elle, même si elle crie haut et fort qu'elle est très bien toute seule ?

Tentation : Un mail de l'auteure

Fournisseur : l'auteure, merci pour l'envoi !

 

Mon humble avis : Cela fait des années qu'en tant que blogueuse, je refuse toute demande d'auteurs méconnus lorsqu'ils me proposent de m'envoyer leur roman. Déjà, c'est souvent en version numérique (out of question for me !) et j'ai été tellement souvent déçue que... Jusqu'à ce qu'Anne-Laure Julien m'envoie un mail... Que je m'attarde sur le pitch qui me tente bien... Et que je vois sur la couv' une fameuse 4L, la première voiture que j'ai conduit après mon permis !

Et finalement, ô joie ! Ô bonheur ! Quelle lecture plaisante, divertissante, souvent hilarante et parfois émouvante... Surtout si l'on lit entre les lignes... Car on sent bien que l'auteure nous laisse deviner la profondeur essentielle de son roman dans ce qu'elle ne dit pas... Comme tout humain qui se protège derrière son armure. L'armure de cette histoire, c'est déjà la plume efficace, délicieusement ironique, voire caustique, rythmée et très inventive de l'Anne-Laure Julien, sans que la qualité littéraire en pâtisse. Donc l'humour en grand via le personnage très cash qu'est Sophie, qui n'a pas la langue dans sa poche, n'a pas froid aux yeux, ne veut pas qu'on la trouve gentille mais l'est tout de même... puisque finalement, elle règle pas mal des problèmes de son entourage, parfois à son insu. A côté de Sophie, c'est tout une galerie de portraits savoureusement croqués, depuis les plus attendus jusqu'à plus inattendus, comme feu Mr Monnier, ancien épicier du village juste décédé, de ces épiciers dont on ne fait plus. Chacun des personnages dispose d'un chapitre, voire parfois quelques-uns. Ce qui fait que l'on ne s'ennuie pas une minute dans cette Parthénogenèse.

Sophie vit ou survit à une série d'événements plus ou moins majeurs, plus ou moins communs de la vie : l'amant qui s'en va et revient dans les deux sens, le divorce de la mère de sa meilleure amie Claire, l'accouchement d'Emmanuelle et son post-partum (lié en fait à la présence de sa régente belle-mère chez elle, l'annulation en dernière minute du mariage de Claire, ses incartades avec son cousin allemand, les réflexions insupportables de sa tante envahissante, un trajet en voiture avec le psychopathe qui doit épouser son amie, la désintégration du psychopathe. Le tout, en 4L déglinguée, en Renault Espace débordante, dans la ferme familiale, à la ville etc. On n'est vraiment pas loin du Vaudeville !

Mais derrière ses personnages et ces situations décrites, Anne-Laure Julien dresse un portrait très juste de notre époque, surtout via les moeurs (au sens littéral et au sens large). Une époque où l'amour est devenu nécessaire à la survie d'un couple par exemple, là où, dans les générations précédentes la bonne entente suffisait. D'où sans doute le nombre croissant de divorces. L'auteure pointe du doigt les idées reçues sur les femmes (notamment les célibataires), le machisme, voire le sexisme de la société, l'envasement des traditions familiales et des façons de penser, les clichés qui ont la peau dure! Elle examine à la loupe les relations belle-mère /belle-fille, avec des belles-mères que ne veulent surtout pas perdre l'amour oedipien de leur fils par exemple. Il est aussi question de différence de classes sociales, de famille recomposée et décomposée, du harcèlement moral que subissent certaines femmes par leurs époux sans même s'en rendre compte, de la culpabilisation. En fait, il est question de tant de choses qu'il est impossible, et de toute façon déplacer de toutes les citer. Et mise à part l'ignoble personnage Charles/Robert/Bobby, on sent bien que derrière son persiflage, Anne-Laure Julien cache une belle affection pour ses personnages.

La parthénogenèse est donc un roman majestueusement diligenté, intelligent en mêlant humour et observation sociétale et surtout, écrit d'une plume irrésistible. Bref, j'ai ADORE ! Alors si vous voulez un livre qui fasse grand bien et vous divertisse sans tomber dans une littérature formatée, lisez la Parthénogenèse !

Vous pouvez vous procurez ce roman directement chez l'éditeur : ICI

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Janvier 2020

Roman, Stéphane Audeguy, Histoire du lion personne, Sénégal, XVIIIème siècle, lion, fauve, félin

Roman - Editions Points - 166 pages - 6.50 €

Parution d'origine aux Editions du Seuil en 2016

 

L'histoire : Au Sénégal à la fin du XVIIIème siècle. Yacine, gamin orphelin sous protection du Père Jean, quitte son village pour aller travailler à la ville, à St Louis. En chemin, il trouve un tout jeune lionceau, manifestement "abandonné par sa mère. Yacine emmène avec lui ce lionceaux qu'il nomme Kena, ce qui, dans sa langue natale, signifie "Personne". Mais en sauvant le lionceau d'une mort certaine, Yacine empêchera à tout jamais son retour dans la savane, porteur de l'odeur humaine qu'il sera désormais et dénué des codes de survie de son milieu naturel. Personne grandit avec Yacine chez Pelletan, l'employeur de celui-ci et directeur de la Compagnie du Sénégal. Tout au long de ce livre, nous suivrons Personne, depuis le Sénégal jusqu'à son périple en France, notamment dans ma ménagerie royale. Oui, cette histoire est celle de Personne et de son fidèle compagnon, Hercule, le chien bâtard, entre 1786 et 1796.

 

Tentation : Couv, pitch, titre ! Tout en fait !

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : C'est lors de ma récente lecture du roman "Nous autres" (coup de coeur), de Stéphane Audeguy que j'ai découvert l'existence de l'Histoire du lion Personne, que je me suis empressée d'acquérir.

Personne est un lion et le personnage central de cette histoire proche du conte, conte plutôt amère toutefois. Une fois de plus, Stéphane Audeguy me prouve qu'il est un narrateur hors pair avec cette fresque qui pourrait paraître surannée, avec un style aussi magnifique et soigné aux apparences désuètes. 

Peut-on parler à la place d'un autre, surtout si cet autre est d'une autre espèce : un lion ? Stéphane Audeguy s'essaie à cet exercice périlleux. Mais en fait, le lecteur réalisera vite que l'auteur parle de Personne et non à la place de Personne. Il laisse aux lecteurs le soin et la liberté d'imaginer ce que pense et ressent Personne, chacun en fonction de sa sensibilité évidemment. La mienne, concernant les animaux étant devenue XXL, j'avoue que j'ai parfois eu du mal à supporter ce que Personne subissait... Cette lecture fut pour moi assez éprouvante par moment, voilà pourquoi je ne l'ai pas dévorée comme je l'imaginais au début.

Stéphane Audeguy dresse également un portrait de la France Coloniale de l'époque, puis de la métropole, qui traverse la révolution de 1789. Le fond historique et culturel de ce roman lui ajoute quelques intérêts supplémentaires, même si ces derniers n'étaient pas nécessaires pour rendre captivante et touchante cette histoire. Au cours de celle-ci, nous affrontons toute la bassesse humaine, qui s'exprime d'autant plus dans le rapport à l'animal. Mais nous croisons aussi de très jolies personnes, qui sont là pour redonner foi en notre espèce. Les 3 humains qui ne voudront que du bien à Personne et son copain Hercule sont des personnages très attachants : Yacine (passionné de maths et littérature homérique), Pelletan et Jean.

Histoire du lion Personne est un fabuleux témoignage d'amitiés inter espèces, sur l'énigme animale, un roman si riche qu'il est impossible de tout évoquer ici. En tout cas, ce livre laisse une sacré emprunte de patte de lion dans l'esprit et le coeur. Il et est, à sa façon, une plaidoirie contre l'asservissement des animaux aux fantaisies et distractions humaines, pour la protection des différentes espèces et surtout sur la notion de bien-être animale, qui si elle explose à notre époque, était déjà, il y a longtemps, la préoccupation de personnes en avance sur leur temps. Et surtout, il nous dit qu'il ne faut rien oublier, ni personne. Stéphane Audeguy remet les oubliés de l'Histoire et des histoires en surface avec brio.

 

"La bêtise humaine est d'une prodigieuse étendue ; sa plasticité est inépuisable".

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 10 Janvier 2020

Roman - Editions Gallimard - 296 pages - 19 €

Parution le 22 août 2019 : Rentrée littéraire !

 

L'histoire : Lassé de Paris, Sacha, romancier, s'installe un peu au hasard dans la petite ville de V, que l'on situe dans le sud est. Il y loue un meublé et se remet à l'oeuvre. Par des connaissances communes, il retrouve, par hasard aussi, "l'autostoppeur" comme il l'a toujours appelé...Vingt ans avant, Sacha lui avait demandé de sortir de sa vie... Les voilà réunit, Sacha rentre sa femme Marie et son fils Agustin, et réalise que le surnom donné à son ancien ami lui correspond toujours... L'autostoppeur n'a pas changé.

 

Tentation : Médias et sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : A la bibliothèque, j'ai levé le pousse, ce livre est arrivé, alors je suis entrée dedans. Je l'ai ouvert, j'ai lu les premières pages qui m'emmenaient ailleurs, comme toute promesse d'une nouvelle vie, d'un nouveau départ, de nouvelles personnes rencontrées... L'aventure en quelque sorte, comme avec chaque nouvelle lecture, sauf que celle-ci semblait en promettre une bien différente. Oui, elle l'est, originale même, mais au fil des étapes ou des chapitres, elle paraît bien improbable. Et malgré la longue liste des villages aux noms amusants, tendres ou autre traversés par l'autostoppeur (que j'ai fini par lire en diagonale), les paysages et les pages se ressemblaient tous et devenaient très répétitifs.

Certes, on dit souvent que dans un voyage comme dans la vie, ce n'est pas l'objectif mais le trajet emprunté pour atteindre l'objectif qui compte. Sauf que là, l'objectif de l'auteur reste flou et ce trajet, en fait, on ne le partage que très peu, via des cartes postales reçues par Sacha, le narrateur. Quant à l'autostoppeur compulsif, il apparaît de plus en plus comme un collectionneur (limite un consommateur de bleds)que comme un contemplatif. Bref, rien n'est vraiment approfondi et son personnage, de fantaisiste, perd rapidement de son charme pour devenir insaisissable et presque insupportable. Bref, je ne suis pas parvenue à la moindre empathie ou affection pour lui.

Le possible rêve que nous propose à priori l'auteur (partir par les routes, au hasard...) ne fait plus rêver, tant on n'apprend rien sur personne ni aucun lieu, tant cet autostoppeur toujours ado dans sa tête agace et choque dans son abandon de ses responsabilités parentales... Quant aux personnages qui l'attendent, Marie, Sacha et l'enfant Agustin, ils ne semblent pas faire grand-chose de leur vie et même leurs états d'âmes, peu approfondis, ne les rendent pas plus passionnants ni réellement sympathiques. Si amour il y a, si respect de la liberté il y a, nécessitent ils une telle soumission aux caprices de l'autre, un telle attente celle de Pénélope.... Oui, on peut imaginer qu'en écrivant ce roman, Sylvain Prudhomme a peut-être pensé à l'Odyssée d'Homère. Sauf qu'Ulysse a surmonté toutes les sirènes et est revenu. Et la soumission de Marie, qui telle une bo-bonne attend le potentiel retour ponctuel de son conjoint m'a énervée, limite révoltée. On n'est plus en 1950 ! On est en 2019 !

Le style est particulier aussi, il faut un peu de temps pour s'y adapter. Certes il est soigné et agréable, mais les dialogues ne sont jamais annoncés ni vraiment séparés du reste du texte. Dommage, l'idée de départ était bonne, mais le développement me paraît presque prétentieux de traitement. Au final, même si l'on devine que les sujets sur la quête de soi, la liberté etc sont les leitmotive de ce roman, et je n'en suis pas sortie enrichie, ni spirituellement, ni culturellement. J'en suis sortie contente d'en avoir terminé avec cette histoire qui devenait interminable. Une lecture décevante et vaine pour moi. Je suis restée sur le bord de la route.

9/6

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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