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Publié le 20 Février 2010

01060120851.JPEGRoman - Editions Folio- 205 pages - 5.32 €

Résumé :

Le roman s'ouvre sur le transfert du corps d'Antoine Blin, du Panthéon... au cimetière de sa banlieue natale. Ce modeste employé des postes, un floué de la vie, un gibier pour les arnaqueurs de tout poil, est passé soudain de l'ombre à la lumière. A quarante-quatre ans, Antoine est élu Monsieur tout-le-monde et célébré comme l'une des personnalités les plus populaires du pays. C'est par une journée de canicule que tout a basculé, dans la ville moite et étouffante. Depuis quelque temps, Antoine est persuadé qu'il 'sent', une odeur tenace et obsédante. En sortant de chez son médecin, il fait la première rencontre qui va changer son destin, jusqu'à sa fin tragique. 'Le syndicat des pauvres types' est une fable subversive et cruelle. Antoine, antihéros solitaire, à l'écart de la marche du monde, aura à peine le temps de goûter aux feux de la gloire qu'il meurt assassiné. Eric Faye mêle avec délectation l'absurde et le quotidien, l'angoisse et l'humour.





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Mon humble avis :  Inutile de vous dire que c'est ce titre aussi attractif qu'impertinent qui fut à l'origine de cet achat compulsif. La quatrième de couv' me promettait un bon moment de lecture amusant et sans doute légèrement décalé. Un monsieur "Tout le monde" qui est recruté par "le syndicat des pauvres types" et qui est, en même temps, sélectionné par une émission de téléréalité. Le voilà élu Monsieur tout le monde de l'année. Ca, c'est si vous n'avez pas eu le courage de lire le résumé, un résumé qui garantit délectation, absurde, quotidien, angoisse et humour. Je pensais aussi pouvoir ajouter à cela cynisme, insolence et j'ouvrais ce livre espérant y trouver une histoire qui me révolterait presque pour son inconvenance.
Hélas, au fil des pages, point d'humour, point de mordant ni de sardonique, ni même de bons mots ou de phrases choc que l'on apprendrait par coeur pour bien les placer un soir en société et produire son petit effet. Par contre, le livre foisonne de quotidien comme promis, à tel point que cela devient ennuyeux. Les moments qui auraient pu être intéressants sont bâclés et les autres s'étalent sur des pages. Et cette histoire de syndicat ne rime pas à grand chose, n'est pas du tout aboutie. On parle vaguement des exclus de la société de consommation, de la solitude, de la téléréalité, de cette gloire aussi vite acquise qu'éphémère. Ces sujets ne sont que survolés et auraient mérité approfondissement. Mais j'ai tenu le coup car là où l'auteur se révèle très doué, c'est que l'on se demande vraiment là où il veut nous mener, ce qui est le minimum vital que l'on attend d'un livre. Parvenue à la dernière page.... Ô Stupeur, ô tremblement... Il m'a semblé que l'auteur n'ait voulu nous mener nulle part. A moins que je sois peu futée et que toute cette philosophie me soit passée au dessus de la tête. Dans ce cas, devrais-je songer à m'inscrire au syndicat des pauvres filles ?


 

                                                                                                              

Livre lu dans le cadre d'une lecture commune avec Cynthia

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Février 2010

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Essai - Editions Folio -  113 pages - 2 €


Présentation de l'éditeur :Abbeville, 1765. Le chevalier de La Barre est accusé d'avoir profané une statue du Christ. Victime d'un règlement de comptes, condamné sans preuves et au mépris de la loi, le jeune homme est torturé, décapité et brûlé avec, entre les mains, un livre interdit, le Dictionnaire philosophique d'un certain Voltaire... Directement mis en cause dans cette affaire, Voltaire s'insurge et utilise sa meilleure arme pour dénoncer l'injustice : sa plume. 



















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Mon humble avis : J'avoue ne pas être très à l'aise pour chroniquer un tel livre car ma culture littéraire et historique ne me permet pas d'apprécier cette littérature à sa (sans doute) juste valeur. D'ailleurs, le nombre d'étoiles accordé à ce livre tient plus du plaisir de lecture et de l'apport culturel que de la valeur intrinsèque du manuscrit.
Un jeune homme est jugé arbitrairement, torturé et mis à mort pour des prétextes fallacieux, certains inventés, d'autres exagérés par un homme qui le jalouse. L'affaire prendra une ampleur européenne tant l'émotion est vive autour de cette barbarie. Voltaire écrit donc à certaines de ces connaissances pour prouver l'innocence du jeune homme et le réhabiliter. La chronologie notée dans ce livre est un peu difficile à suivre et il y a nombre de redondances. Néanmoins, on en apprend beaucoup sur la justice, les superstitions et les méthodes du XIIIème siècle. On réalise que la justice de notre époque est certainement moins cruelle et sanguinaire qu'à l'époque, mais qu'elle est parfois toujours aussi peu équitable et juste. Le concept d' innocents accusés à tort n'est hélas point une nouveauté.
A noter tout de même, en entrée de livre, une présentation passionnante de la vie manifestement peu ordinaire de Voltaire. Peut-être celle méritera-t-elle un jour un billet avec "The voltaire's life" comme unique sujet !

"Sur cet exposé non moins extravagant qu'odieux, on obtint  des monitoires, c'est à dire , des ordres à toutes les servantes, à toute la populace d'aller révéler au juges tous les contes qu'elles auraient entendu faire, et de calomnier en justice, sous peine d'être damnées" (en d'autres termes, délation obligatoire, quitte à être mensongère, sous peine de damnation.)

" Quelques fois, les plus grands malheurs ont ouvert le chemin de la fortune"


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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Février 2010

http://images.vefblog.net/vefblog.net/a/l/albertine/photos_art/2009/06/Albertine124481746568_art.jpgEssai - Editions Denoël - 139 pages - 12 €

Résumé : Avez-vous peur de mourir dans votre sommeil, enseveli sous l'écroulement de votre bibliothèque ? L'accumulation de livres ne met-elle pas en danger l'existence même de votre famille ? Classez-vous les volumes par thème, langue, auteur, date de parution, format ou selon un autre critère de vous seul connu ? Peut-on faire voisiner sur une étagère deux auteurs irrémédiablement brouillés dans la vie ? Autant de graves questions se posant à cette espèce en voie de disparition : les bibliomanes, qui, outre la passion de posséder les livres, ont celle de les lire.
Les bibliothèques sont des êtres vivants à l'image de notre complexité intérieure. Elles finissent par composer un labyrinthe dont pour notre plus grand, et dangereux, plaisir nous pouvons très bien ne plus sortir.
Dans ce petit traité sur l'art de vivre avec trop de livres apparaissent, parmi nombre d'autres, Pessoa tentant de devenir bibliothécaire, Matisse postulant au poste de «contrôleur du droit des pauvres» ou encore le capitaine Achab et le mystère de sa jambe abandonnée à Moby Dick. En fait, ces milliers de pages qui occupent nos étagères sont peuplées de fantômes bien vivants qui, une fois rencontrés, ne nous quittent plus.


C'est un livre voyageur, qui vient de chez  Marie et qui va donc pouvoir poursuivre sa route.
             
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Mon humble avis :    Un livre avec un tel titre et une telle couverture ne pouvait que finir par arriver chez moi. Surtout que les chroniques à son sujet se sont multipliées sur la blogosphère, aiguisant à chaque fois un peu plus ma curiosité et mon envie de le lire.

L'auteur est ce que l'on appelle un bibliomane. Il possède une bibliothèque de 10 000 livres, ce qui pourtant est peu comparé à nombre de bibliomanes référencés dans cet essai, puisque certains collectionnent jusqu'à 300 000 ouvrages. Ce qui nous fait déculpabiliser, nous pauvres LCA (Lecteur compulsif anonymes), drogués aux livres et à la frénésie de leur achat que nous sommes sur la blogosphère littéraire. En effet, mes livres tiennent encore sur deux étagères (certes, empilés dans tous les sens, pas un espace de perdu), donc mon cas n'est pas si grave que cela, même si, comme le remarque l'auteur, il est limité par la petite superficie de mon lieu de vie.
Jacques Bonnet décortique la vie de ces lecteurs obsédés par leurs objets de culte. Cette analyse est très juste, souvent drôle et rassurante. Oui je suis normale, non je ne suis pas seule à toucher mes livres, à les garder (même si, sacrilège, un déménagement dans les DOM m'a obligé il y a 3 ans à en vendre une partie, celle à laquelle j'étais la moins attachée évidemment.). Pendant toute cette partie, je me suis régalée, sincèrement. Si ce livre m'avait appartenu, j'aurais mis des petits croix un peu partout dans les marges. Et puis l'auteur se mets à évoquer les bibliomanes célèbres et pour la plupart illustrement inconnus de mon humble personne. Et là, cela devient un véritable listing, barbant, inutile et même rébarbatif à souhait. Je me suis mise à survoler, à lire en diagonale, à compter le nombre de pages qui me restait à lire, bref, à m'ennuyer ferme. Dommage, ce livre aurait pu être un véritable bijoux à posséder incontournablement dans sa bibliothèque. Il en reste une lecture qui fut d'abord divertissante, puis bien trop érudite pour me plaire. Et puis de bonnes phrases tout de même.

 

 

'S'instaurent alors des rapports étranges entre le bibliomane et ses milliers de livres. Les mêmes rapports qu'entre le jardinier et la plante grimpante envahissante: la plante se développe d'elle-même, d'une manière invisible à l'oeil nu mais avec un progrès néanmoins constatable au bout de quelques semaines; l'homme, à moins de la couper, ne pouvant qu'indiquer la direction qu'il souhaite lui voir prendre. Ainsi, les bibliothèques deviennent des êtres vivants". 

 

« Georges Perec a jadis courageusement tenté d’énumérer les classements possibles de bibliothèques :

Alphabétique

Par continents ou pays

Par couleurs

Par date d’acquisition

Par date de parution

Par formats

Par genres

Par grandes périodes littéraires

Par langues

Par priorité de lecture

Par reliures

Par séries

Mais Perec était conscient qu’aucun de ces classements n’est satisfaisant à lui tout seul et que dans la pratique, toute bibliothèque s’ordonne à partir d’une combinaison de ces classements. »


Moi, mon classement, c'est le format et où il y a de la place. Il y a aussi les anciens poches, plus petits, les livres brochés et enfin, les polars et thrillers, les livres liés au voyage (récits ou romans). 

« Là où le collectionneur s’inquiète jusqu’à l’obsession des livres qu’il n’a pas encore, le lecteur enragé s’inquiète de ne plus avoir les livres, traces de son passé ou espoirs de son futur, qu’il a lus et qu’il relira peut-être un jour. »

«  « En vérité une bibliothèque, quelle que soit sa taille, n’a pas besoin pour être utile qu’on l’ait lue entièrement ; chaque lecteur profite d’un juste équilibre entre savoir et ignorance, souvenir et oubli », Alberto Manguel. »

 

 

L'avis de Keisha , de Leiloona,  Moka,  et de Marie,

                                                                                   

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Février 2010

Roman - Editions Folio - 159 pages - 5,32 €

Résumé : Mme Lure est une vieille femme comme on en croise sans les remarquer. Dans l'appartement de son mari disparu, elle maintient chaque chose à sa place, tranquille et pour toujours. Elle évite tout souvenir, mais rêve grâce aux brochures de voyages qu'elle étale sur la table de la cuisine. Yvonne Lure entre dans les photographies, y sourit, y vit.
Un jour, surprenant les doigts voleurs d'un jeune homme dans un grand magasin, elle se met à le suivre de façon irréfléchie jusqu'à son campement, sous l'arche d'un pont.
Qu'ont-il en commun, Yvonne, celle qui garde, et Vargas, l'errant ? 


 





 



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Mon humble avis :                   Je vous salue Jeanne Benameur, pleine de grâce,

                                           Le génie et la modestie sont avec vous,

                                           Vous êtes estimée entre tous les auteurs

                                           Et vos livres, fruitS de vos entrailles, sont enchanteurs.

 

                                           Chère Jeanne, mère "des demeurées" ou "des mains libres"

                                            Ecrivez pour nous vos chers lecteurs,

                                            Nous vous seront toujours reconnaissants.

 

                                            Merci.  

 Voilà déjà ce que m'a inspiré la lecture Des Mains libres. Dès les premières pages, j'étais comme en apesanteur et cette sensation ne m'a pas quittée jusqu'à la fin. La plume de Jeanne Benameur est toujours aussi gracieuse et pudique et spacieuse.
Madame Lure est une vieille dame "invisible", qui d'ailleurs ne voit pas les autres, ni les choses ni le monde. Elle vit d'habitude et depuis toujours veille à la bonne distance entre les objets. Elle n'a jamais regarder quelqu'un dans les yeux, ses mains n'ont jamais caressé... même si pourtant, Madame Lure a été mariée. Un jour, elle surprend Vargas un jeune gitan voler une plaque de chocolat. Elle le suit... Va alors s'installer entre eux une relation dont seule Jeanne Benameur a le secret : relation faite, de lectures, de silences, de respects, de dons. Chacun sera alors en mesure de partir à la découverte du monde selon sa propre dimension. Deux personnes que tout sépare se relie : Vargas l'homme de la route, Mme Lure qui n'a jamais quitté son appartement et son petit quartier.
J'ai tout de suite était touchée par le personnage de Mme Lure qui chaque semaine, prend une brochure de voyage avant de s'installer dans sa cuisine et de partir en voyage... Elle choisit ne photo, une plage, un homme noir portant quelque chose sur sa tête, un animal exotique... Et la voilà partie, les mains sur sa toile cirée et les pieds sur son carrelage qui fait office de sable chaud.
Ce livre est magnifique, d'une finesse remarquable et provoque des émotions assez rares... Oui, manifestement, il suffit parfois d'une improbable rencontre pour que tout change autour de vous, subrepticement... Et votre destin prend une autre direction.


"Elle donne vie parce qu'elle crée les images, les sons et les odeurs, parce qu'elle imagine. Maintenant, elle sait. C'est cela qui reposait dans le silence de la bibliothèque. Elle est vivante."

" Des questions. Elles n'en a jamais posé de sa vie. Soudain, elle se rend compte qu'il y en a tant que les branches d'un arbres. Où étaient elle tout ce temps ? Qu'en avait elle fait ? Est-ce que les questions vivent en nous sans que nous le sachions."

" Est-ce que le regard de celui qui lit et de celui qui ne lit pas est le même" ?

" Il y a dans le monde des jardiniers invisibles qui cultivent les rêves des autres".

" C'est celui qui se souvient qui vieillit le plus vite "?

" Est-ce que c'est dans les villes qu'on apprend à être semblables ?"


                                                         
                                                                    B

Ceci est une lecture commune avec Goelen et Stéphie !

Du même auteur sur ce blog : Les demeurées.
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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Janvier 2010

Roman - Editions Stock - 245 pages - 17,50 €

 

   

 

Le mot de l'éditeur : « – T’as passé une bonne semaine ? 
Je ne sais pas quoi dire. Si je dis oui, il va être triste, ça voudrait dire que je me passe bien de lui et que l’Autre n’est pas si mal. Si je dis non, il sera très en colère contre Zélie et l’Autre parce que je suis malheureuse à cause d’eux. 
Je dis : – Moyen. »

Du haut de ses neuf ans, Ninon observe le monde. Un monde où les adultes ne s’aiment plus, où les mots n’ont pas de sens, où les mensonges sont rancuniers, où tous les gens l’appellent « Mon dieu ! » en faisant de grands yeux. Parce qu’elle ne le comprend pas, Ninon décide de s’en détourner et de vivre avec son père qui n’a plus rien. Rien, sauf elle. 
Ensemble, ils refont leur monde, construisent une maison à partir de rien, traient les chèvres, vendent sur les marchés, oublient l’école et les bonnes manières, sans se soucier des bien-pensants, ni de Mme Kaffe, l’assistante sociale.



 venant de Sylire et terminant son voyage chez moi !







                                                                               
       

                                                                                          
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Mon humble avis :  Ce magnifique premier roman est sorti il y a près d'un an, a été un vif succès de librairie, a fait le tour de la blogosphère et est enfin arrivé entre mes mains !
Dès les premières pages, la jeune héroïne Ninon, du haut de ses 9 ans nous emmène dans son univers... des parents plutôt immatures qui se séparent et vivent sans le sous. Mais Ninon n'est pas Cosette, loin de là ! Ninon ne subit pas sa vie, elle la choisit. Elle mène une vie dure mais ne s'en soucie pas, même si elle vit mal la séparation de ses parents.
Ninon est heureuse dans son monde et nous le fait savoir. Son plaisir à elle, c'est de manquer l'école, de vivre pieds nus, de traire les chèvres et de vivre dans une cabane de fortune avec son père. Bien sûr, Ninon n'est pas comme les autres, mais se pose les questions des enfants de son âges et craint Mme Kaff. Elles ne comprend pas le monde des adultes et se crée pleins d'images et d'expressions bien à elle, que Maud Lethielleux traduit par de bons mots d'enfant succulents. Il en résulte un livre d'une fraîcheur et d'une spontanéité naturelles rares qui donnent le sourire. Une lecture émouvante et touchante, grâce à un personnage plus attachant et espiègle que jamais. Ninon nous fait comprendre que le monde des adultes n'est pas logique et que le bonheur d'un enfant peut être simple, loin des jeux vidéos et autres méfaits d'une société ultra consommatrice. Mais surtout elle nous chuchote que les règles strictes de la société rigide en mesures sociales et éducationnelles ne conviennent pas à tout le monde, que cette société met des barrières à notre épanouissement et ce, parfois, dès notre petite enfance. C'est un long débat...A oui, j'allais oublier de préciser, c'est surtout un livre sur l'amour, celui d'une petite fille pour son père, sa soeur, la nature, les animaux....Et n'oubliez pas que la vérité sort de la bouche des enfants !


                                                        

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L'avis d'Aifelle, de Sylire, de Soie, de Sylvie, de Florinette, de Keisha, d'Anne, de Stéphie



Et le prochain roman de Maud, "d'où je suis je vois la lune" sortira chez Stock le 9 mars !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Janvier 2010

http://www.lexpress.fr/images/jaquettes/63/9782879296463.gifRoman - Editions de l'Olivier - 255 pages - 20 €

Résumé : Paul Anderen vit seul avec ses deux enfants, Manon et Clément, depuis un an, depuis que Sarah, leur mère, a mystérieusement disparu sans leur donner le moindre signe de vie. Le roman s’ouvre sur un déménagement. Renonçant à habiter plus longtemps leur maison en banlieue parisienne, symbole d’une vie de famille autrefois vivante et unie, Paul part, avec ses deux enfants, à St Malo, sa terre natale. C’est là, près de la mer, qu’il espère donner un second souffle à sa vie.Devenu moniteur dans l’auto-école familiale reprise par son frère, il est le passager privilégié des vies d’Elise, Justine, Bréhel, des élèves avec lesquels il se lie. D’autres rencontres suivront, avec le « Grand » par exemple, avec Combe, des personnages banalement extraordinaires, comme le sont si souvent ceux d’Olivier Adam, et qui aident Paul à réinventer un quotidien, imaginer le meilleur et essayer d’y croire, malgré l’absence mordante de Sarah.








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Mon humble avis : Sarah, la femme de Paul, a disparu sans explication il y a un an. Avec Manon et Clément, ses deux jeunes enfants, Paul retourne sur la terre de son enfance, Saint Malo, dans l'espoir de reprendre pied dans la vie.

Voici un livre bouleversant, d'une justesse incroyable, à tel point que l'on pourrait le croire autobiographique. C'est une histoire triste avec quelques notes d'optimisme, comme le sourire de Manon ou la joie que Clément prend à partager une partie de foot avec son père. L'amour que porte ce père à ses enfants vous fend le coeur, et son désarroi devant l'absence de sa femme vous glace le sang. On ressent parfaitement la dualité à laquelle Paul doit faire face : rester digne et s'occuper du mieux qu'il peut de ses enfants et l'envie de se laisser couler, de se noyer entre autre dans le whisky. Tous les sentiments sont extremement bien décrits, comme ceux des personnages que croisent Paul dans sa nouvelle vie et auxquels on s'attache bien vite. Ces personnages ont tous une blessure personnelle à soigner et, malgré sa détresse, Paul va, à sa façon, aider ces gens à surmonter leur faiblesse. Des gens blaissés par la vie, qui se soignent mutuellement. A leur tour, ces personnages pourront, si l'on imagine une suite, aider Paul et ses enfants à se reconstruire.

L'absence de Sarah est présente tout au long de ce roman, même si le sujet est tabou, que personne n'ose réellement l'évoquer, sauf les enfants dans leurs cauchemars. Le lecteur se demande si les dernières pages lui expliqueront cette disparition, lui offriront une réapparition.... Le lecteur, comme le personnage de Paul, ne préfère peut-être ne même pas savoir. Qu'est-ce qui est le plus dur à supporter : l'incertitude qui va avec l'espoir vain, ou la vérité, qui peut-être douloureuse. Faut il savoir ou ne pas savoir pour reprendre la vie ?
L'écriture est précise est varie entre franchise et lyrisme. En effet, Olivier Adam n'a pas son pareil pour décrire les paysages marins de Bretagne et leur atmosphère. Les couleurs, les odeurs, les sons, le mouvement des marées, les plages de St Malo, de St Lunaire (me semble-t-il). Mon seul petit reproche serait que ces passages de descriptions picturales soient un peu trop redondants. Mais peut-être est-ce là pour ajouter encore un peu plus de mélancolie à ce récit. La mer, quand on sait la regarder, peut souvent apporter ce genre de sensation.
Des vents contraires, un livre fin, intelligent, sur l'humanité de la désespérance. A lire, mais pas forcément avec le coeur à marée basse.


Ceci est une lecture commune avec Stéphie. Pour lire son avis, c'est par
ICI

 
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L'avis d'Edelwe

Du même auteur sur ce blog :A l'abri de rien

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Janvier 2010

http://images-booknode.com/book_cover_l_echappee_belle_45331_250_400Roman - 125 pages - Editions France Loisir / Dilettantes - 9.50 €



Résumé : Simon, Garance et Lola, trois frères et sœurs devenus grands (vieux ?), s’enfuient d’un mariage de famille qui s’annonce particulièrement éprouvant pour aller rejoindre Vincent, le petit dernier, devenu guide saisonnier dans un château perdu au fin fond de la campagne tourangelle. Oubliant pour quelques heures marmaille, conjoint, divorce, soucis et mondanités, ils vont s’offrir une dernière vraie belle journée d’enfance volée à leur vie d’adulte.














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Mon humble avis :  Et oui, ma couverture n'est pas la même que la vôtre, puisque mon livre, je l'ai déniché en septembre sur une brocante au doux prix de 0.50 € !!!
Ce n'est pas le livre du siècle mais quel agréable divertissement, dévoré en quelques heures. Un véritable rafraîchissement ! De la légèreté, de l'humour qui cachent tout de même des réflexions un peu plus sérieuses, notamment sur l'affection que peut se porter une fratrie. Comment chacun y perçoit l'évolution des autres et s'inquiète du bonheur ou du malheur de ses frères et soeurs. Et puis bien sûr, certains n'osent avouer leur crainte : que vais-je devenir sans mes frangins et ma soeurette maintenant que chacun a fait sa vie ? Et beau milieu de cette fine équipe, une belle soeur, cible privilégiée plus ou moins involontaire de Lola et Garance, qui donne l'occasion de répliques bien diaboliques et qui subit leur sarcasme tant elle est... pénible, et gnian gnian. D'ailleurs, elle se retrouve abandonnée au mariage. Car sur un coup de folie, Garance, Simon et Lola décident de s'échapperd'un mariage protocolaire pour aller rejoindre le quatrième élément de la fratrie, Vincent. Ils prennent une perm', font le mur, s'échappent, se font la belle.... Vincent, qui vit et restaure le château de famille. Tous les quatre, ils vont avoir deux jours pour vivre comme avant, jouir d'une liberté, retrouver un goût d'enfance perdue. On partage avec eu ce bien être de campagne, fait de pique nique et de baignade dans la rivière. Le récit est court, il aurait mérité quelques approfondissements. Mais quoi qu'il en soit, pour moi qui sortait de la sombre histoire de "A l'abri de rien" d'Olivier Adam", ce petit roman fut une belle échappée !


" Ce que nous vivions là, et nous en étions conscients tous les quatres, c'était un peu de rab, un sursis, une parenthèse, un moment de grâce. Quelques heures volées aux autres.... Encore combien d'année avant d'être encore vieux ?"



L'avis de Gambadou, Cuné

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Janvier 2010

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/9782879295848.jpgRoman - Editions Points- 219 pages - 6 €

Résumé :  Plus rien n'arrête le regard de Marie ou presque. Ce jour là, des hommes en haillons sont postés prs du Monoprix. Sans savoir pourquoi, elle pénètre dans la tente, se joint aux bénévoles pour servir des repas de ceux qu'on apppelle les "Kosovars". Négligeant sa famille, indifférente aux attentions de son mari, à la tendresse de ses enfants, Marie se consacre à la survie de ces hommes en perdition. Elle leur donne tout, jusqu'à sa raison.




















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Mon humble avis :  Marie  souffre d'une veille blessure jamais refermée : la mort subite de sa soeur dans un accident de voiture. Elle a donc ce que l'on appelle "des antécédents dépressifs". Sa vie actuelle n'arrange rien : licenciée de son poste de caissière, elle vit petitement avec son mari et ses 2 enfants. Elle est prête à basculer. Quand d'un seul coup, un événement la détourne de son propre malheur, de sa propre souffrance. Elles rencontres "les kosovars" (les réfugiés de Sangatte) et les bénévoles qui tentent de les aider de leur mieux, avec les moyens du bord, et bien sûr au delà de la loi. Marie trouve une nouvelle cause à sa vie, une nouvelle révolte. Elle s'oublie et se trouve utile enfin. Elle s'investit corps et âme dans l'équipe des bénévoles, s'attache à certain réfugiés. Comme elle est déjà malade, qu'elle n'a déjà plus vraiment les pieds sur terre, Marie ne reconnaît plus ses limites et ne fait pas les choses à moitié. Elle donne tout : son temps, son argent, ses vêtements, sa vie de famille. Oui, au fur et à mesure, elle s'éloigne et néglige sa famille. D'ailleurs, son comportement ternit la réputation de sa famille qui devient banie et sujet de moqueries ou d'agressions pour les enfants. Mais la seule obsession de Marie reste: les réfugiers et leur sort. Déjà fragile, elle y perdra la toute dernièreraison qui lui permettait encorede se tenir debout. Malgré le soutien de sa famille, elle sombrera dans une dépression que l'on peut appeler folie, même si le livre s'achève sur une note desespoire.
Bouleversant, ce livre est formidablement orchestré par Olivier Adam. On (re) découvre le sort de ces centaines de réfugiés de Sangatte dont les médias ne s'intéressent plus guère. On réalise à quel point il leur en a fallut du courage pour arriver jusque là, et que ce jusque là, justement, c'est encore l'enfer. On se révolte devant l'indifférence des uns, on admire le dévouement des autres. Mais surtout, on vomit devant le comportement des policiers qui se comportent en vrais cowboys. Et là, parenthèse politique : pourquoi, alors qu'on renvoie certains réfugiés en charter chez eux alors qu'ils ont tant investi pour arriver là, fuient une situation politique dangereuse pour eux, espèrent rejoindre des membres de leur famille... On en fait venir d'autres, comme un coup de pub politique, des afgans à qui on offrent globalement un an tout frais payer avec études... Alors que les réfugiés luttent pour leur vie et ont fait preuve d'un courage surhumain pour.... pourquoi en fait. ? Fermeture de la parenthèse politique.
Le portrait de Marie est un chef d'oeuvre. On pense qu'elle va revivre mais non, elle  bascule mais que faire. On ne peut la juger puisque l'on devine derrière son comportement une maladie sournoise. Et tout cela est dit avec respect, sobriété et ô triste réalité.
Un livre à lire pour la détresse physique des uns et morale des autres.
Un livre où le pire et le meilleur de l'humanité se croisent, se frôlent, se rencontrent.
Marie, une femme que l'on oublie pas, qui m'a touchée en plein coeur.
A puis à l'abri de rien, personne n'y est : ni de la misère, ni de la dépression.

PS : Un livre qui rappelle aussi le film
Welcome,auquel Olivier Adam avait participé à l'écriture


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Les avis de Belledenuit, Stéphie, Calypso


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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Janvier 2010

http://www.laprocure.com/cache/couvertures/9782848050690.jpgEssai - Editions Sabine Wespieser - 247 pages - 20 €


Résumé : LE PIRE, C'EST LA NEIGE. Relisant, après la mort d'André Pieyre de Mandiargues en 1991, les nombreuses lettres du poète depuis leur rencontre, au début des années soixante, alors qu'elle s'apprêtait à lui consacrer son diplôme de fin d'études, Jacqueline Demornex décide de revenir sur la fascination littéraire et amoureuse que lui inspira l'écrivain dont l'année 2009 marque le centenaire.
Le pire, c'est la neige - le début d'un poème de Mandiargues - est une longue invocation : comment un homme, fût-il une grande figure du monde des lettres, peut-il jouir d'un tel ascendant sur une jeune femme qui par ailleurs s'épanouissait en toute liberté ? 













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Mon humble avis :Dès les première pages, j'ai su que je me sentirais bien dans ce livre. L'écriture est élégante et rafinée. Quant au style, il intimiste, sans fausse pudeur et sans vulgarité non plus. Un livre comme un cocon, qui réchauffe en cette période hivernale.
Jacqueline Demornex nous conte sa vie, depuis qu'elle quitta son Jura natal pour la capital avec des envies d'études de lettres. Elle choisit le poète de Mandiargue comme sujet d'étude, le rencontre et se laisse envahir par son sujet : amitié, respect inaltérable sur des décennies, fascination littéraire, admiration humaine, passion amoureuse, sexuelle. Impossible de ce passer l'un de l'autre, malgré le temps, la distance, la différence d'âges, les mariages....Son modèle écrit, mais Jacqueline sèche. L'écriture et la passion sont donc au centre du récit, même si cette passion n'empêchera pas Jacqueline Demornex de vivre sa vie, de se marier, de s'émanciper. En effet, l'auteur balaie avec nous ces quarante dernières années. Avec elle, on revit les années soixante, mai 68, la libération sexuelle, les années 70... Tout cela ajoute un intérêt supplémentaire à ce récit, qui nous rappelle que les mentalités ont bien changées. On entre dans les journaux féministes pour lesquels l'auteur à travaillé "Elle", "Madame Figaro. Oui, on lit avec ardeur et langueur et même temps la vie de cette femme éprise de livre, d'écriture, d'amour et de liberté, à une époque où l'amour s'écrivait encore encore par lettres, lettres qu'elle a retrouvées.

"Mon pays, c'est les livres. Si les livres me passionnent, j'éprouve pour les auteurs une curiosité intense, et difficile à satisfaire. J'admirais les comédiens et les peintres. Leur métier les mettait aux prises avec l'audible et le visible : mes textes appris par coeur, la couleur... Mais les écrivains ? D'où venaient leurs livres ?"

"On n'évoque pas l'essentiel. On le tait. Silence sur l'amour. Mes parents nous ont il jamais dit qu'ils nous aimaient ? Les "Je t'aime" en famille m'ont toujours paru des indécences ou des tics de feuillertons américains.

"Cette Motocyclette (grand succès littéraire de Mandiargue) t'avait conduit dans un pays qui n'était pas le tien : la grande célébrité. Trop de regards s'étaient penchés sur tes textes, qui s'en trouvaient délayés, appauvris, vidés de leur substance, comme des photos surexposées".

 

..." Je savais que l'on a rien sans rien, et qu'il faut payer cher ce que l'on désire absolument. Echangerai volontiers jeunesse et beauté contre pouvoir d'écrire.... Renoncer à séduire pour enfin écrire, le marché me convient".

 

A Mandiargue : "Dans quel espace te trouves tu ? Tu as disparu des librairies et plus personne ou presque ne te llit aujourd'hui."

Voilà une bonne transition pour évoquer ici André Pieyre de Mandiargues à qui Jacqueline Demornex rend sa place :

André Paul Édouard Pieyre de Mandiargues, né le 14 mars 1909 à Paris et mort le en 1991à Paris également, était un écrivain surréaliste français dont l'œuvre comprend des poèmes, des contes et des romans, des essais, des pièces de théâtre, ainsi que des traductions.

André Pieyre de Mandiargues a obtenu le Prix Goncourt pour son roman La marge en 1967, roman qui fut adapté au cinéma en 1976 (sous le même titre, voir : La Marge).

L'une de ses nouvelles fut également adaptée comme « sketch » (avec Fabrice Luchini) dans le film érotique Contes immorauxde Walerian Borowczyk en 1974.

En 1979, il reçoit le Grand Prix de poésie de l'Académie française. Dans son récit, Jacqueline Demornex évoque aussi le roman La Motocyclette paru chez Gallimard, 1963.

Le pire c'est la neige est un extrait d'un poème de Mandiargues.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 29 Décembre 2009

Nouvelles - Scolaire/Universitaire - 3.33 €


Résumé : La mort d’Olivier Bécaille, Un mariage d’amour, Jacques Damour : trois nouvelles sur le thème du retour du disparu. Pour voyager dans les grands thèmes du XIXe siècle et découvrir l'univers de Zola.





Nous sommes dans la rubrique "L'avis des ados". C'est donc ma nièce Camélia qui s'est intéressée à la nouvelle Jacques d'Amour









 
L'avis de Camélia, 13 ans : Cette nouvelle se passe vers de 1871 et raconte l'histoire d'un homme nommé Jacques DAMOUR manipulé par un peintre : Berru. Il prend donc parti pour la Commune. Elle fut férocement réprimée par l'armée versaillaise : 20 000 Communards trouvèrent la mort et 7 000 autres furent déportés. C'est ce qui arriva à Jacques DAMOUR qui partit pour la Nouvelle-Calédonie... Ce dernier étant marié à une certaine Félicie et avait deux enfants dont Eugène qui mourut pendant la Commune.  Jacques promit de le venger, et Louise qui était réstée avec sa mère jusque là se sépara difficilement de ses proches et après deux ans de solitude il prend une barque avec d'autre anciens communards sur un coups de folie afin de retrouver les siens. La barque est retrouvé et tous ceux qui s'y trouvaient sont portés disparus. Des actes de décès sont écrits. DAMOUR, lui avait survécu. Il était donc le seul à savoir son éxistence. N'osant pas se faire reconnaître vivant comme il s'était enfui de Nouvelles-Calédonie. Il part pour les Amérique afin d'y faire fortune. Lorsqu'il apprit que l'amnistie venait d'être voté il rentra en France plus pauvre que jamais. Par le hasard il y rencontre Berru qui le mene à Félicie remarié avec des enfants. DAMOUR décide donc de lui laissé son heureuse vie et de rejoindre sa fille Louise qui lui donne une de ses résidences secondaires. Jacques reprend une vie équilibrée sans oublier qu'il avait promis à son fils de le venger !

        J'ai apprécié ce livre grace aux thèmes originaux : le retour du disparu, mais la fin est énigmatique alors que l'on attend la vengeance qu'il doit à son fils.

 

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Rédigé par Géraldine

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