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Publié le 5 Juillet 2019

Nouvelles - Editions Gallimard - 176 pages - 16.00 €

Parution le 7 février 2019 :

Le sujet : 9 nouvelles sur les lisières de l'humain... Son animalité, ses libertés, ses envies, la folie, sa solitude, sa mégalomanie au dépend de la nature... Tout ce qui l'approche du trop loin, du point de non retour, à moins que la lisière soit déjà franchis... et que l'essentiel soit en danger. Et presque dans chaque nouvelle, un animal tient un rôle primordial.

Tentation : Le billet de Clara

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : J'ai lu ce recueil, prix Goncourt de la Nouvelle, il y a déjà quelques semaines et hélas, les aléas de la vie ne m'ont pas permis de rédiger de suite mon billet. Et c'est dommage, car mon plaisir de lecture fut intense mais alors que je me penche de nouveau sur ce titre, je réalise que l'histoire de certaines nouvelles m'échappe déjà.

Et pourtant oui, je me suis régalée tant des propos et de leur mise en scène, que par l'écriture magnifique de Caroline Lamarche.

Dans la plupart des nouvelles, un animal (ou une espèce animal) est présent, presque comme le miroir de l'Homme... L'homme tel qu'il aimerait être, l'Homme destructeur de la nature, l'Homme fragile. Il y a Frou Frou, une cane en convalescence d'abord dans un refuge animalier, puis chez Louis, l'un des bénévoles qui partage une relation extraordinaire avec elle. Jusqu'à ce qu'un jour, Frou Frou puisse redéployer ses ailes et reprendre sa liberté d'animal. Et le bénévole est partagé : bonheur d'avoir "réparé" l'animal, tristesse de le voir partir. C'est cette nouvelle qui m'a le plus remué et parlé... Puisque, si pas de Frou Frou dans ma vie, des chats, que je remets sur pattes et à qui, parfois, je rends la liberté.

Il y a aussi un hérisson sur une route... Une jeune femme s'arrête pour le ramasser et le déposer à l'abri dans des buissons. Cet acte l'amènera à se questionner sur sa vie, sa relation amoureuse.

Il y a des fourmis... que la bêtise humaine gratuite détourne le chemin et perturbe le quotidien, l'organisation ancestrale. Et des Hommes qui prennent la nature comme un terrain de jeu, peu importe les traces indélébiles qu'ils y laissent.

Il y a Fish le chat, qui tient compagnie à deux jeunes filles paumées et SDF, et qui restera le lien entre ces jeunes filles et le narrateur, un homme qui s'est pris d'affection pour elles et leur compagnon à 4 pattes...

Il y a un écureuil, un merle, un cheval... Des animaux qui nous disent tant sur nous, qui nous révèlent à nous-mêmes et qui nous éclairent sur notre monde, sur notre vie et ce que nous en faisons. L'interaction entre l'Homme et la nature, et l'animal. Quelle soit réelle ou juste ressentie, par l'un ou les deux protagonistes. C'est tout ceci que nous conte Caroline Lamarche, dans un style parfois onirique, toujours fluide, direct, et une émotion profonde, délicate, belle et réparatrice. Une magnifique puissance littéraire.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Juillet 2019

Sophie fontanel, Grandir, roman, vieillesse

Roman - Edition J'ai Lu - 157 pages - 6.10 €

Parution d'origine chez Robert Laffont en 2010

 

L'histoire : Sophie est journaliste de presse féminine, spécialiste de la mode. Il lui faut tout gérer... Son métier et sa mère, très vieillissante. Sophie nous conte l'accompagnent de sa mère dans le dernier âge, avec toutes les questions et les découvertes que cela comportent. Tout comme les petites joies et les grandes tristesses de la fatalité.

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Ce roman, cela fait des années qu'il traîne dans ma PAL et que j'en reporte à chaque fois la lecture... Tant j'en craignais le sujet... L'accompagnement en fin de vie n'étant pas très excitant, voire même pour moi terrifiant. Et puis, j'ai pris mon "courage" à deux mains et je ne regrette pas.

Ce texte est magnifique ! Il aurait même pu devenir un de mes coups de coeur si une légère lassitude ne s'était pas installée en moi dans mes derniers moments de lecture. Tant de pudeur et de justesse pour évoquer un tel sujet, je dis bravo. En fait, il ne s'agit pas vraiment de fin de vie, puisque ce roman ne s'achève pas par le grand voyage. Donc pas de deuil, si ce n'est celui de la jeunesse et de l'indépendance. Cette fin reste ouverte, même aucun lecteur ne se fera d'illusion, puisque nous sommes ici face à la vie, la vraie vie, à l'issue inéluctable.

Dans ce roman, qui est une autofiction, Sophie Fontanel évoque le grand âge de sa mère, celui où la mémoire s'absente et le corps glisse. Le corps est fragile, il se casse... Et tout ceci amène à la dépendance et l'organisation matérielle et humaine que cela impose pour les autres... Et l'attente, la résignation, la résilience, la patience et l'impatience, les nouvelles occupations qui semblent si dérisoires aux valides pour celui ou celle qui avance en âge. Il y a les silences et aussi ces moments où les proches parlent pour ne rien dire, juste par gène ou pour emplir l'espace silencieux. Il y a la pudeur et le respect de la pudeur nécessaire quand vient le moment de faire une toilette. Et puis, il y a des moments magiques qui prouvent que la mémoire n'est pas tout à fait partie, qu'il en reste des choses dans la tête... Ici, lorsque Sophie répond à sa mère par une scène du Misanthrope, et que celle-ci poursuit la scène avec délice et perfection. Grandir est vaste de sujets abordés autour du sujet de la vieillesse, de la vie, de la jeunesse, du miroir qu'offre le parent vieillissant etc. Les responsabilités accrues de Sophie permettent à sa mère une certaine insouciance. Mais il y est surtout question de sagesse, de tendresse et de beaucoup d'amour, quand vient le moment où les enfants prennent soin de leurs parents comme ceux-ci l'ont fait à leur naissance. La différence, c'est que les parents apprennent les gestes aux enfants pour les mener à l'indépendance. Les enfants font ces gestes parce que les parents sont désormais contraints à la dépendance.

Et c'est là vraiment que l'enfant, même s'il est adulte depuis belles lurettes, grandit réellement. En s'ouvrant différemment aux parents, en donnant sans retour, en prenant conscience de toute une réalité, en se questionnant vraiment sur un certain sens de la vie, de la parentalité. En accompagnant sa mère, Sophie va grandir et désormais vivre autrement, supprimant des carcans qu'elle s'était elle-même imposé. Et c'est en vieillissant puis en disparaissant que les parents complètent et achèvent l'éducation de leurs enfants, même devenus grands. Quand la boucle est bouclée.

Tout cela est écrit majestueusement, dans un style vivant et tendre (sans pour autant omettre les difficultés, les moments de découragement etc), sans jamais tomber dans le pathos. Je craignais que cette lecture soit pesante pour moi, en fait, elle fut un moment de grâce, vraiment inattendu.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 27 Juin 2019

Roman littérature avis de lecture, blog
Trois jours et une vie, de Pierre Lemaître

Roman - Editions Audiolib - 6h21 d'écoute - 19.40 €

Parution d'origine chez Albin Michel en mars 2016.

L'histoire : Un village de province entouré de forêts. Un jeune garçon isolé des autres. Lui aime construire des cabanes dans les bois alors que les autres sont sur leur play station. Et puis il y a la mort du chien des voisins, renversé par une voiture et que le maître achève d'un coup de fusil, sous le regard traumatisé d'Antoine.

C'est alors que l'enfant du voisin disparaît et ne réapparaîtra jamais. Stupeur dans tous le village, qui y voit l'annonce de catastrophes à venir...

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Partenariat avec Audible

 

Mon humble avis : Ce qui m'épate avec Pierre Lemaitre, c'est le brio avec lequel il passe d'un genre littéraire à l'autre avec ce qui semble être une facilité déconcertante.... Le thriller, c'est avec Robe de marié que j'ai découvert Lemaître. Puis le roman historique avec "Au revoir là-haut". Et ici, un roman noir sur un fait divers, mais qui n'est ni historique ni thriller. Pas de rythme haletant, ce n'est pas le but, et pourtant, nous voici prisonniers de cette atmosphère pesante, sombre, de cette histoire et de ses personnages. De l'étude que fait l'auteur de chacun des protagonistes, jusqu'à leur profondeur la plus sombre. Les protagonistes individuellement, mais aussi collectivement, puisqu'ils forment un village où certains parlent beaucoup quand d'autres se taisent pour mieux observer. De l'attente, du secret que nous connaissons... Sera ou ne sera pas dévoilé ? Est-il connu d'un autre que nous et du principal intéressé ?

En tout cas, le drame, la situation de culpabilité pesante, un coupable involontaire tellement innocent que l'on partage ses peurs, son désarroi, sur plusieurs époques et donc jusqu'à l'âge adulte. Mais évidemment vient la question de la justice.

Un drame qui dure trois jours mais qui hante toute une vie... Le tout écrit avec justesse et délicatesse par un auteur qui n'a plus à faire ses preuves.  L'émotion est là sans être sur-exploitée. Je pense qu'ouvrir un Lemaitre est une garantie de qualité, et ce, quel que soit le genre littéraire. J'aimerais être une petite souris pour voir sur quoi ce Monsieur travaille actuellement !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 15 Juin 2019

Nouvelles - Editions Livre de poche - 216 pages - 6.90 €

Parution d'origine chez Albin Michel en 2010

L'histoire... ou plutôt les histoires... Ont comme fil rouge Ste Rita, la sainte des causes désespérées... L'on rencontre une supposée empoisonneuse de maris qu'un prêtre mènera peut-être à la rédemption. Un marin qui apprend en pleine mer le décès de l'une de ses filles... Une première dame de France qui exècre et menace la réélection de son président de mari... Un escroc qui vend des bondieuseries en Chine et qui va retrouver son bourreau vingt ans plus tard. La question au fil des pages est : sommes nous accrochés à un destin ou libres de changer ?

Tentation : Un bon Schmitt fait toujours du bien

Fournisseur : Ma PAL !

 

Mon humble avis : Quelques jours à passer loin de chez moi et incapable de choisir un livre dans ma PAL organisée pour les mois à venir. Je prends un livre que je repose et ainsi de suite. Bref, pas inspirée. Alors, la solution, un livre d'Eric-Emmanuel Schmitt, car je sais que je vais aimer et l'aspect terrain connu me rassure. Et puis, à l'époque de sa sortie, ce recueil a reçu le prix Goncourt de la nouvelle... 

Une fois de plus, Schmitt me divertit comme j'en ai besoin et me plonge aussi dans de profonde réflexion. Ce que j'aime particulièrement chez cet auteur, c'est qu'il met la philosophie au rang du divertissement, sans prise de tête. Et toujours dans un style fluide et agréable.

Schmitt se penche ici sur le courant de pensée du déterminisme... Tout serait déterminé d'avance, et quoique l'on puisse faire, rien ne changera notre destin. Bien sûr, même s'il se penche sur ce sujet, on voit bien que l'auteur de l'approuve pas. Il est donc question aussi de rédemption qui n'efface pas les maux commis ou de damnation, de conscience individuelle. Mais surtout, Schmitt s'interroge sur le moment où nous devenons ce que nous sommes amené à être réellement et comment nous y parvenons.

Ces quatre nouvelles sont d'égales qualités, même si celle qui apporte son titre à ce recueil est sans doute celle qui m'a la plus touchée et embarquée, car elle prend la teinte et le rythme d'un thriller. La dernière nouvelle, "un amour à l'Elysée", montre comme les autres que la distance que l'on prend sur certains événements nous donne une autre vision, d'où émane l'essentiel... 

Cerise sur le gâteau, le livre s'achève sur le journal d'écriture d'Eric-Emmanuel Schmitt. Passionnant à lire  et à méditer ! Il y défend l'art de la nouvelle, du travail que cela demande et disserte sur la nuance de taille entre la simplicité et le simplisme, sur la plupart des romans qui n'ont pas leur juste taille.... Bien trop longs ou trop court. L'essentiel étant d'aller à l'essentiel sans prendre de détours inutiles. Et ça, mon auteur chouchou sait parfaitement le faire ! Donc, ne faites pas de détours lorsque vous croiserez ce recueil, allez à l'essentiel et lisez le !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Juin 2019

autofiction, justine levy, livre audio, avis, critique

Roman - Editions Audiolib -4h d'écoute - 18.30 €

Parution d'origine chez Stock en février 2010

 

L'histoire : Alors qu'Alice, sa mère, se meurt à l'hôpital d'un cancer, Louise apprend qu'elle est enceinte. Une vie s'en va, une autre arrive. Et si celle-ci se nourrissait de l'autre, prenait la place de l'autre.  

 

 

Tentation : Ma PAL audio (et oui, elle existe !)

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Estampillé roman, ce livre est tout de même une autofiction. A une époque, je me régalais de ce type de littérature, surtout quand elle émanait d'auteurs bien ni dans leurs têtes, ni dans leur corps... Bref, j'aimais cette littérature tendance nombriliste et auto-apitoiement. Il semble que j'ai évolué car Mauvaise fille ne m'a pas prise aux tripes et m'a par moment agacée par la répétition des propos tenus.

Il n'empêche la fragilité de Justine Levy reste touchante et l'on en comprend les racines (ou du moins en partie). Cette mère qui n'a jamais été adulte, qui l'a négligée à un point inimaginable et même irresponsable... A 5 ans, la petite Louis -Justine finissait ivre en vidant les fonds de verre lors des soirées chez sa mère, soirées au minimum alcoolisées, cannabissées voire plus, était oubliée à l'école, j'en passe et des meilleurs. Bref, c'est une enfant qui n'a pas été considérée comme telle, qui n'a reçu ni amour ni tendresse maternels... Et dont le célèbre père BHL, parcourait le monde. Et pourtant, cette Louise adulte semble adorer sa mère et l'accompagne dans sa dernière ligne droite. Mais elle pense que sa fragilité fait d'elle une mauvaise fille. Et l'on peut aisément comprendre ses peurs et angoisses face à la maternité qui s'annonce. Comment être une bonne mère quand on n'a pas vraiment été une petite fille, que l'on n'a pas reçu ce que l'on doit transmettre ?

Le chassé-croisé de la mort et de la naissance est un sujet évidemment intéressant à sonder, tout comme celui du deuil qui suit et qui se superpose avec les premiers mois de vie de l'enfant.

L'écriture est simple et enjouée, un peu comme parlée, cela s'écoute bien, d'autant que Marielle Ostrowski, l'interprète, met vraiment ce texte en valeur.

Mais voilà, comme je l'ai dit, j'ai trouvé certains propos répétitifs et je ne suis pas entrée en empathie avec cette mère agonisante, ni avec Louise /Justine en deuil et ses lamentations. C'est peut-être stupide de ma part, mais je pense que l'ensemble m'aurait plus touchée s'il était le témoignage d'une illustre inconnue, ou alors, un vrai roman. Mais là, le fait de pouvoir mettre de réels visages sur certains des protagonistes a mis à mal mon émotivité. A moins que j'aie un coeur de pierre.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Mai 2019

Amélie Nothomb, philosophie, Marianne Chaillan

Roman - Editions Albin Michel -204 pages - 17 €

 

Parution le 27 février 2019

L'histoire : Amélie Nothomb est morte. Au paradis, elle est accueillie par Plectrude et Déodat... Comme c'est étrange, ce sont les noms de certains de ses personnages ! Déodat lui explique comment fonctionne le paradis. Il y a celui des musicien, des boulangers, des cinéastes... Bref, les défunts se retrouvent autour d'une passion commune. Amélie Nothomb se voit attribuer sa place au paradis des philosophes. Quelle imposture se dit elle, aussi, fait elle appel de cette décision. Un procès est donc organisé et à la barre, se succèdent des témoins inattendus... Une brochette de feu philosophe qui semblent tous s'accorder sur l'idée qu'Amélie Nothomb mérite sa place parmi eux... mais pour des raisons bien différentes !

 

 

Mon humble avis : Quelle idée extraordinaire que ce roman... philosophique !

Du pur Nothomb, sans être du Nothomb. Les situations incongrues, le style narratif ne sont vraiment pas sans rappeler mon auteure fétiche ! On s'y croirait vraiment, sauf que la plume et l'idée sont de Marianne Chaillan, professeure de philosophie.

Via ce roman, Marianne Chaillan offre une autre lecture possible de la bibliographie d'Amélie Nothomb. Une autre lecture pour moi en tout cas, qui lit ses romans par pur plaisir des bons mots et excellentes citations, par amusement, par comparaison des personnages avec ma petite personne, et pour les réflexions qui en émane.... Mais ma culture philosophique personnelle datant de mon âge de pierre, je n'ai jamais creusé plus loin et ne me suis jamais poser la question suivante : "Amélie Nothomb est elle une écrivaine philosophe. "

"Amélie Nothomb écrit des récits fictionnels dans la forme. Mais dans le fond, ce sont des ouvrages philosophiques" dit ici Annah Arendt. Et Nietzsche précise : "Les livres d'Amélie sont très puissants. Sous leur apparente simplicité, se cache de la dynamite philosophique".

Le roman débute sur une atmosphère bien barrée et drôle, puis l'ensemble devient plus sérieux, au fil des passages  des témoins à la barre. Ainsi, défilent des philosophes très connus, d'autres sans doute un peu moins, mais dont tous les discours et les analyses des romans de Nothomb sont passionnants. J'aime la philo, j'ai fait deux terminales littéraires (mais sans redoubler mon bac, astuce ou os médicale), avec 8 heures hebdomadaires de cette matière. Et je me suis régalée à retrouver ses réflexions. Ce roman peut être donc aussi perçu comme une bonne révision de certaines bases de la philo, et notamment des grands courants de pensée, et des différentes écoles. Les démonstrations des témoins sont assez simples au début (genre un peu la philo pour les nuls), puis le tout s'approfondit et va crescendo... Au point que certains passages sont devenus un peu ardus pour moi. Mais rassurez-vous, qui dit "passages" dit "pas longs".

Ainsi, avec Ciceron, Nietzsche, Rousseau, Heiddeger, Sartre, Spinoza, Kant, Jankélévitch, Hannah Arendt, Lévinas, nous révisons les grandes idées, sujets ou courants que sont le stoïcisme, le déterminisme, la question du langage, l'Autre, la banalisation du mal, la beauté, la laideur, la liberté, l'existence, le moi, l'épicurisme, l'existentialisme, le fatalisme etc... au grès de certains romans d'Amélie Nothomb dont est donné à chaque fois un court résumé.

Et aux détracteurs de ma chère Amélie qui reprochent le peu de pages de ses romans, et bien voici la réponse qu'Heidegger donne : "Comme Gide, Amélie Nothomb n'écrit pas seulement pour être lue, mais pour être relue. N'est-ce pas pour cette raison que ces textes sont courts ?" Et tac !

Ce roman de Marianne Chaillan me donne en tout cas bien envie de relire mes Nothombs (donc tous moins un, le premier, que je garde avoir encore du Nothomb à lire lorsqu'elle ne sera plus) et d'y trouver ce que je n'ai peut-être pas vu...  Et que je verrai éclairée par cette lecture... ou tout simplement parce qu'au fil des années, on change et l'on voit les choses différemment. Mais peu importe en même temps, la lecture est un espace de liberté, où chacun peut voir ce qu'il veut voir, ce dont il a envie ou besoin !

Et petit rappel, cet ouvrage est un roman... il finit donc par une chouette et amusante pirouette, on ne peut plus digne du personnage mis à l'honneur ici !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Mai 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h10 d'écoute - 20.90 €

Parution d'origine chez Stock en mars 2018

 

L'histoire : Sur une ile de l'archipel du chien, les habitants vivent tranquillement, loin des tracas du monde. Le maire attend qu'une station thermale s'installe, qui créerait de l'emploi pérenne et amènerait des visiteurs... Tout semble remis en cause lorsque trois cadavres sont découverts un matin sur une plage... Ce sont trois jeunes noirs... manifestement des migrants. Le maire, le prête, le médecin, l'instituteur, s'entendent pour "taire cette affaire" et décident de jeter les corps dans l'antre du volcan. Mais dès lors, la vie ne sera plus jamais pareille sur l'île, et l'arrivée d'un mystérieux commissaire de police ne fera qu'accroître les inquiétudes.

Tentation : La blobo

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Philippe Claudel livre ici une parabole, qui sous les traits d'une tragédie antique, fait effroyablement échos à l'actualité. Ce roman est donc aussi contemporain qu'atemporel, et dans le style narratif choisi par l'auteur, prend presque un ton désuet.

L'actualité dont il est question ici, mais qui a toujours existé, c'est l'exil, la migration, le refuge recherché ailleurs. D'où ces trois noyés, qui représentent les milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui se sont noyés dans la Méditerranées ces dernières années, pour fuir l'enfer de leur pays, en ignorant qu'ils "s'aventuraient" dans un autre enfer, celui couronné par la pire des choses, l'anonymat. Et bien sûr, derrière tout cela, se cachent des trafics en tout genre, et notamment le trafic humain avec des passeurs peu scrupuleux.

Dans l'Archipel du chien, Philippe Claudel examine à la loupe les comportements humains, qu'ils soient collectifs, individuels, ou gouvernementaux (même si c'est ici à la taille d'une île, d'un microcosme) devant ce drame... La politique de l'autruche est représentée ici par le fait que les notables de l'île décident d'enterrer littéralement le problème, en jetant les trois corps dans le cratère du volcan. La nature profondément lâche de l'humain est donc mise en exergue ici, tout comme la difficulté, le danger même d'avoir raison seul contre tous, la raison individuelle face au déni collectif. L'étranger, l'homme venu d'ailleurs sera toujours l'indésirable et la victime ou le bouc émissaire idéal. L'idéalisme sans compromis peut être dangereux. Claudel fait donc le douloureux constat que fonctionnement et dysfonctionnement d'une société ne peuvent se faire sans "petits arrangements entre amis. Et le premier talent de l'Homme, est de se détruire en détruisant ce qui le fait vivre.

Le socle de ce roman est donc solide et bien pensé. Néanmoins, j'émets plus de réserve sur la forme fable prend peut-être trop de place dans la narration pour me captiver. Ce roman ne m'a pas passionnée alors que la quatrième de couv me promettait une atmosphère proche du thriller. Je pense aussi que la version audio ne rend pas service à cette oeuvre. La lecture en est trop lente pour être entraînante. Et les voix prises par le lecteur Féodor Aktine, pour interpréter chacun des personnages ne sont pas toujours judicieuses. Certaines frôlent la caricature. La voix du commissaire m'a même fait penser à la voix française de Tanos, le grand méchant de la série ciné les Avengers...

Une lecture en demi-teinte pour moi malgré le talent de Claudel. A vous de voir.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Mai 2019

Roman - Editions Sonobook - 3h05 d'écoute - 17.50 €

 

Parution d'origine aux Editions Rivages en janvier 2015

L'histoire : Celle d'Octavio, un paysan vénézuélien analphabète, qui part dans un long périple lors du quel il refera son histoire et celle de son pays, où il rencontrera des brigands chevaleresques, des hôtes et un peuple étranges, et traversera une rivière.... un voyage initiatique.

 

Tentation : Mon beau coup de coeur pour Sucre noir, du même auteur

Fournisseur : La bib' N°3

 

Mon humble avis : J'ai tellement aimé Sucre Noir, deuxième roman remarqué de Miguel Bonnefoy, que lorsque je suis "tombée" sur son premier roman à la bibliothèque, j'aurais pu tuer pour être la première à l'avoir en main ! Bon heureusement, je n'ai pas tué ! Parce qu'Octavio ne m'a pas embarquée dans ces tribulations.

Oh, j'ai aimé le style, la langue évidemment. J'ai même (fait très rare) apprécié les descriptions, qui m'ont emmenée ailleurs, vers des terres que j'aime tant, autour des tropiques. Les manguiers, les frangipaniers, les fleurs, le piaillement des oiseaux de là-bas. Cela m'a bercé.

Et pourtant, l'onirisme et le sens complexe à me yeux de cette histoire m'ont laissée sur mon siège de voiture, là où j'ai écouté. Oui, je n'ai pas vraiment saisi le message que l'auteur souhaite délivrer. Le symbolisme et les métaphores sans doute présents dans ce roman m'ont également échappés. Aucun des événements de ce voyage ne m'a vraiment accroché, j'ai finalement écouté ce roman sans l'entendre, à moins que ce ne soit le contraire, que je l'ai entendu sans l'écouter. Sur la fin néanmoins, quelques phrases m'ont marquée, évoquant , résumant l'Histoire, la situation et la "personnalité" du Venezuela comme nation.

Bref, ma rencontre avec Octavio ne sera pas mémorable du tout, dommage ! Par contre, ce qui est étrange, c'est qu'il me semble que le roman s'ouvre sur l'incendie d'une église. Et j'ai entamé cette écoute le lendemain du brasier de Notre Dame de Paris. En tout cas, je me souviens, sur le coup, ça m'a fait tout bizarre.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Mai 2019

Roman - Editions Audiolib -11h44 d'écoute - 23.90 €

 

Parution d'origine chez Grasset en août 2016

L'histoire : 1945, Dresde... Sous les bombes, une femme accouche et juste avant de décéder de ses blessures dit : Il s'appelle Werner Zylch, il est le dernier des nôtres. Surtout faites qu'il garde toujours ce nom.

1969, Manhattan. Werner est adulte. Il se sait adopté mais ignore tout de son histoire. Il rencontre Rebecca dont il tombe immédiatement amoureux. Mais l'Histoire va se mêler de leur histoire et la rendre difficile, voire impossible.

 

Tentation : Blogo + sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Ce roman a reçu le prix de l'Académie Française et c'est je trouve assez mérité, car il est fichtrement bien ficelé et nous emmène dans une histoire captivante, très romanesque et fort agréable à lire... ou à écouter, selon le format que vous choisirez.

Effectivement, c'est un livre que l'on ne lâche que très difficilement. Deux époques s'alternent au fil des chapitres. 1945 en Allemagne et 1969 à New York. 1945 et ce qui s'en suit possède un intérêt historique indéniable et le récit de l'accouchement sous les bombes est glaçant, bouleversant. En effet, l'auteure se penche sur le destin de certains allemands... Les scientifiques, les ingénieurs, qui vivent quelque part loin de la guerre et ignorent la finalité de leur travail. Bien entendu, leurs destins n'en n'est pas plus doux pour autant, même si certains d'entre eux parviennent à migrer aux Etats-Unis qui les accueillent de façons plus ou moins officielles et plus ou moins "accueillantes"... Mais à cette époque, c'était la "guerre" entre les Russes et les Américains à qui récupérerait le plus de scientifiques Allemands.

1969 et les années qui suivent... Werner est un jeune homme démonstratif, assez sûr de lui, ambitieux, qui réussit dans les affaires immobilières avec son ami Marcus. A eux d'eux, ils s'enrichissent bien vite et fréquentent alors le "Tout New York" de l'époque, genre Andy Warhol  et autres célébrités. Le fameux Werner ne m'a pas été plus sympathique que cela. Les personnages qui l'entourent sont bien plus attachants (comme Marcus ou sa soeur Lorraine)...

Et puis, il y a la rencontre avec Rebecca, puis avec les futurs beaux-parents et les révélation de la mère de Rebecca qui vont agir comme un tremblement de terre mais qui permettra à Werner, de relier son présent à son passé, de connaître ses premières années, de savoir comment il est devenu américain adopté avec un patronyme allemand et de savoir, en fait, qui il est vraiment.

Même si ce roman se lit fort bien et captive et divertit, j'avoue avoir été un peu déçue par une partie du dénouement qui explique pourquoi "le dernier des nôtres". Je m'attendais à quelque chose de plus, comment dire... de plus... non, de moins annoncé au fil des dernières pages en fait. J'espérais un uppercut, que je n'ai pas eu. Et il m'a semblé qu'un "petit trou" de l'histoire de Werner n'était pas bouché. Dommage... Mais pas bien grave, j'ai passé un très bon moment d'écoute avec ce roman.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Avril 2019

Littérature, roman, Emmanuel Carrère, la classe de neige, prix fémina 1995

Roman - Editions Folio - 148 pages - 6.80 €

 

Parution d'origine chez Gallimard en 1995

 

L'histoire : Dès le début de cette classe de neige, Nicolas est différent des autres enfants... Son père craignant un accident de car scolaire, conduit lui-même Nicolas jusqu'au chalet... Nicolas arrive donc un jour en retard, alors que l'ambiance est déjà installée et les groupes formés. Qui plus est, la valise de Nicolas est resté dans la voiture du père reparti... Tout commence mal pour Nicolas... L'ombre d'un danger semble planer sur l'enfant...qui imagine tant d'histoires... Mais les histoires qu'il imagine, où qu'il entend chez lui, son aussi proche de la réalité mais si loin de la vérité qui modifiera à jamais la jamais la vie de Nicolas. Pour lui, il y aura toujours une vie d'avant la classe de neige... et une autre, celle d'après.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Ce roman, qui a reçu le Prix Fémina en 1995, est resté au moins 7 ou 8 ans dans ma PAL. Il faut dire que mon exemplaire comporte une dédicace de l'auteur, rencontré lors d'une conférence. Celle-ci dit :" A Géraldine, en espérant qu'elle lise avec plaisir cette lecture pas vraiment plaisante". Curieuse dédicace, qui m'a donc refroidie un bon bout de temps... A tort !

C'est une histoire d'enfants... mais évidemment pour adultes tant elle est, mine de rien, sordide. Et pourtant, l'auteur nous épargne les détails, l'horreur est plus suggérée, et ce en quelques lignes. Au lecteur "d'imaginer" le reste.

Les lecteurs rapides dévoreront ce roman en une fois, tant il est captivant... Le mot captivité partage évidemment la même racine... Nous sommes presque dans un huit clos (entre le chalet et les montagnes enneigées) où, dès le début, nous devinons que quelque chose ne tourne pas rond. La tension augmente, sans jamais que le lecteur puisse deviner d'où viendra la catastrophe... D'autant que Nicolas est le premier à échafauder des histoires glaçantes pour impressionner un camarade de classe, d'autant aussi que les enfants ne sont point tendres entre eux... Et puis il semble que Nicolas soit un angoissé "de nature"

Bref, la menace semble partout, tout près... Elle éclatera finalement si loin, et si près aussi.

Dans ce roman, Emmanuel Carrère se penche sur le sujet du mensonge comme naissance du mal... Sujet qui sera développé quelque temps plus tard par l'auteur dans "L'adversaire". Autre thème dans ce roman : la peur, celle de tous les jours, des enfants qui se sentent différents, qui ont du mal à s'intégrer. Alors, plutôt que d'être victime, autant devenir martyr... 

En tout cas, aussi glauque et glaçante puisse être l'atmosphère (qui tient presque du thriller psychologique) de ce court roman, cette lecture est en fait bien plaisante et saisissante, car le sujet parfaitement maîtrisé. Bref, de la bonne littérature !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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