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Publié le 18 Février 2019

Roman - Edition J'ai Lu - 250 pages - 8.00€

Parution chez J'ai Lu en mars 2018

 

L'histoire : Il est milliardaire et a racheté le vieux monastère de Saorge, qu'il a réhabilité en résidence d'écrivains. D'un courrier signé "Un Cognito", il a invité certains des plus réputés écrivains actuels à passer un week-end au monastère et à participer à une exceptionnelle conférence littéraire. Se dirigent donc vers ce lieu qu'on dit hanté Amélie Latombe, Delphine Végane, Yann Moite, Christine Légo, David Mikonos, Kathy Podcol, Frédéric Belvédère, Michel Ousbek, Jean de Moisson et Tatiana de Roseray. Dix écrivains, comme les dix petits nègres d'Agatha Christie ? Est-ce un hasard ? Les écrivains vont vite se rendre compte que rien ne se passe normalement, surtout lorsque certains d'entre eux disparaissent étrangement.

Tentation : Le billet d'Antigone

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Une idée fort sympathique que de réunir ces célèbres et rentables auteurs de notre époque dans un même lieu pour de sacrées et mystérieuses aventures. Sympathique aussi de s'appuyer sur plusieurs facettes de ces hommes et femmes réels pour les transformer en personnage : la facette connue du public, celle des rumeurs et légendes urbaines qui courent et celle, méconnue, que sont sans doute ces romanciers dans la vraie vie, loin des caméras, des salons littéraires et des journalistes. Et l'on a parfois du mal à démêler le vrai du faux !

Les premiers temps, tout commence très fort et le lecteur de peut s'empêcher de rire devant les portraits dressés de ces célébrités où, évidemment, le "yin et le yang" sont poussés à l'extrême. On sourit aussi devant l'audace, l'imagination et les trouvailles de Guillaume Cherel pour évoquer justement ces travers de personnalité ou encore, mettre en scène d'autres stars du petit écran ou autre... réseau sociaux, journalisme ou autre. Oui, vraiment, on se régale.

Puis, les présentations faites, l'auteur entre dans le vif du sujet : ce fameux week-end dans le monastère de Saorge, suite à l'invitation du milliardaire Un Cognito. Les situations d'abord incongrues, puis loufoques et enfin ubuesques, commencent et se poursuivent. Au début, le lecteur s'en amuse bien fort et puis finit par se lasser et par être déçu en constatant que tout cela ne mène à rien. Ce roman s'achève comme on dit en "eau de boudin" Rien ne s'explique, le dénouement n'en n'est pas vraiment un et la "morale" de l'histoire est bien floue.

L'auteur ne cache pas le fait qu'il surfe sur l'ambiance des Dix petits nègres d'Agatha Christie... mais le problème à mes yeux est que justement, il ne fait que surfer et que rien n'est approfondi... Tout comme l'analyse du milieu et de la production littéraire actuelle qui est bien faible, en s'appuyant essentiellement sur les égos des uns et les névroses des autres, ou de chacun.

Ce roman reste distrayant entre deux lectures plus sérieuses, mais il n'atteint pas les espoirs que l'on y met en lisant la quatrième de couv' ! Car même si l'on est dans une farce de type "qui aime bien châtie" bien, je trouve que l'ensemble aurait pu être plus abouti.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 25 Janvier 2019

Roman - Editions Pocket - 395 pages -7.50 €

Parution d'origine aux Editions de Noyelles en 2014

L'histoire : Jeune diplomée de médecine, Marine voit enfin son rêve se réaliser : retourner s'installer sur l'île bretonne de son enfance et en être le médecin. Oui mais Marine ne semble pas la bienvenue et fait face à l'hostilité des îliens. Son cabinet reste longtemps déserts... Serait-ce lié à un secret de famille, que Marine a découvert dix ans plus tôt et qui entoure la mort de ses parents. Marine devra surmonter bien des épreuves pour comprendre et, enfin, digérer un lourd fardeau.

 

Tentation : Titre, pitch, ile, Bretagne

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Il fut une époque où je suis partie m'installer sur une île (la Guadeloupe) certes bien plus grande que celle dont il est question dans ce roman, aussi, le sujet m'intéressait : l'aspect îlien, l'acceptation, l'intégration etc...

Je regrette que ce sujet pourtant annoncé sur la quatrième de couv' arrive si tard dans cette histoire et soit finalement assez peu approfondi. D'autant plus que l'hostilité des îliens est en fait en lien direct avec l'histoire familiale de Marine. Ensuite, de désert, le cabinet médical de Marine passe presque directement à très actif, sans que l'auteure ne prenne le temps d'analyser cela ni de nous conter les rapports avec ces fameux patients tant attendus puis enfin arrivés. Je trouve cela dommage.

Pour autant "Pour l'amour d'une île" reste un roman très agréable à lire et intéressant. J'y ai découvert un pan de l'Histoire bretonne durant la seconde Guerre Mondiale (en même temps, même si je vis à Rennes depuis 13 ans, j'avoue n'y connaitre pas grand-chose à ce sujet, honte à moi). Le roman débute en 1971 (Marine arrive sur l'île pour remplacer le médecin à la retraite), pour très vite faire un grand et long saut en arrière dans le temps, à l'époque où Marine, adolescente vit sur le continent avec son grand-père et son frère. Pour nous, lecteur, c'est une plongée dans une époque et un mode de vie bretons, que l'on imagine bien finistérien, même si l'île en question n'est jamais nommée. C'est lorsqu'elle est jeune lycéenne que Marine découvre le secret sur la mort de ses parents. Celui-ci la bouleversera à jamais et participera à forger une Marine solitaire et peu encline à s'ouvrir au monde. Puis, aux deux tiers du livre environ, Armelle Guilcher nous ramène dans les années 70, dans "le présent" de Marine. Pour être honnête, Marine m'a souvent agacée dans sa façon de rester figée sur ses positions sans chercher à en savoir plus, ou en n'osant pas, de peur de... (Comme rester 3 mois à attendre un "peut-être noyé", à broyer du noir et se lamenter, sans oser aller à "la pêche" aux informations). Ceci n'est pas dans mon tempérament, donc cela m'énerve quand je trouve ces traits dans un personnage.

L'une des forces de cette oeuvre est évidemment son écriture. Si belle, si soignée, si maîtrisée, si agréable à lire, mais jamais crânement. Les descriptions des paysages, des us et coutumes et de la rudesse d'une vie sur petite île cernée par l'océan sont parfaites et parlantes. De ce fait, j'ai été bien contente d'être sous ma couette à l'abri des grosses tempêtes hivernales. C'était comme si j'y étais, sauf que j'étais bien au chaud !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Janvier 2019

Roman - Editions Audiolib - 5h13 d'écoute - 19.00 €

Parution d'origine chez Calmann-Levy en mars 2018

 

L'histoire : Un accident de skate board et Louis, 12 ans, se trouve plongé dans un lourd coma. En rentrant de l'hôpital, Thelma, sa mère, découvre dans la chambre de son fils un curieux carnet : Louis y a dressé sa liste des merveilles, à savoir ses rêves, ses projets... Alors, Thelma prend la décision de réaliser "les merveilles" de son fils, pour tout lui raconter et lui montrer que la vie est belle, qu'il faut qu'il se batte et sorte de ce coma. Thelma n'a qu'un mois devant elle. Car dans un mois, si Louis reste toujours aussi inerte, le médecin débranchera les machines qui maintiennent Louis dans un semblant de vie.

 

Tentation : La couv' toute colorée et le pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Je ne me souviens pas avoir lu d'avis sur la blogo à propos de ce premier roman lors de sa sortie au printemps dernier. Aussi, le hasard de notre rencontre en est-il encore plus magique !

Cette histoire, loin de tout pathos mais n'évitant pas non plus la réalité est un chef d'oeuvre mêlant habilement gravité et fraîcheur, si si, malgré ce que le sujet pourrait annoncer.  Ce n'est pas compliqué, La chambre des merveilles est un réel délice, si agréable à lire (ou à écouter), si émouvant, si touchant, si positif, si bananien (mot que je viens d'inventer pour dire qu'il donne la banane), bref, une pure merveille ! Et en même temps, c'est un roman paisible malgré un désolant décompte (donc un relatif suspense), qui fait se sentir bien et qui amène à nous interroger sur les priorités que l'on donne à notre vie et sur les liens qui nous unissent à nos proches.

Thelma est une mère monoparentale, qui voit l'évolution de sa carrière comme l'étoile à atteindre, et qui est en froid avec sa propre mère. L'accident et le coma de son fils Louis vont chambouler toute sa vie et la mener, via une espèce de road movie, vers une voie qui va l'aider à se révéler elle-même et surtout à elle- même, parce qu'elle écoute la voix de son fils à travers ce carnet des merveilles. Elle va ainsi redécouvrir son fils, mais aussi sa propre mère et les liens qui les unissent par-dessus les discordes. Et pourtant, ce carnet lui en fait voir des vertes et des pas mûres, l'emmène à Tokyo, lui font rencontrer Maîtres Gim's, s'inscrire à des cours de foot etc... Car les rêves de son fils, qu'elle réalise, lui raconte, lui fait écouter grâce aux moyens modernes, sont on ne peut plus riches, variés et inattendus.

Aussi, le lecteur s'amuse du périple sur lequel cette mère courage s'engage, mais sans jamais oublié la raison de cette engagement : ce jeune garçon cloué sur un lit d'hôpital, entre la vie et la mort.

La chambre des merveilles est portée par une écriture agréable. Ce roman est un condensé d'émotions pures et belles, très riches en divers sujets (notamment le milieu du travail pour les femmes... qui fait écho à l'actualité de #metoo).  Et, malgré un sujet de départ qui peut sans doute effrayer, on passe un excellent moment de lecture, on est porté par une sorte de douceur et d'espoir. Car ce roman en regorge. De l'espoir, de l'amour, du courage, de la persévérance, et surtout, la foi en ce que l'on fait, que cela puisse paraître vain ou non.

Ouvrez donc la porte de cette chambre des merveilles, qui vous emportera de pages en pages dans une magnifique histoire.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 13 Janvier 2019

Roman - Editions Des oreilles pour lire - 3h15 d'écoute - 16 €

 

Parution d'origine  chez Grasset en 2014

L'histoire : Celle de Jeanne, au tout début du XIXeme siècle, dans le Morbihan. Jeanne est une sorte de géante dotée d'une force extraordinaire. Batelière, elle sauva de nombreux marins de la noyade. C'est sa vie qui nous est contée ici.

 

 

Tentation : Pitch + Bretagne

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Quelque part sur la presqu'île de Rhuys, une rue est nommée rue Jeanne le Mithouard, et une petite plaque résume sa vie et lui rend hommage. C'est à cette vue que l'auteur a voulu en savoir plus sur cette Jeanne, qu'à l'époque on appelait aussi "La France". Cédric Morgan raconte ici ce qu'a pu être sa vie. Nous sommes donc dans une fiction sur un personnage ayant existé. Les lieux cités sont, quant à eux, bien réels.

Cédric Morgan se penche donc sur le destin de Jeanne, qui est une héroïne enfouie et oubliée de l'Histoire, comme bien d'autres. Jeanne est une femme simple, mais si grande qu'elle dépasse même tous les hommes des environs. Elle est dotée d'une telle force qu'elle fait des travaux d'homme, jusqu'à devenir batelière. Passeuse, elle transporte personnes, animaux et marchandises dans les environs de d'Arzon, Sarzeau, Vannes, Logeo à la seule force de ses bras etc. Elle se marie avec Louis, un pêcheur au long court, qui passe plus de la moitié de l'année dans les eaux froides de l'Islande. De cette union, naîtront trois filles, dont seulement deux survivront.

Jeanne est une femme extraordinaire qui même une vie ordinaire. Elle n'a jamais eu conscience de sa particularité ni de l'importance de ses exploits, tant pour elle tout lui semblait normal. Elle devint une figure locale et sa renommée alla aussi plus loin. Même les médailles reçues pour ses sauvetages en mer la laissèrent dubitatives. Seuls les soixante francs promis en récompense de sa bravoure par l'administration lui firent dire qu'ils amélioreraient un peu son quotidien.

Ce roman est un formidable portrait d'une femme d'une autre époque et en même temps, assez atemporelle. Une femme qui gère sa vie, qui s'en contente malgré sa rudesse qui est aussi due au temps d'alors. L'histoire commence vers 1800 pour finir environ quarante ans plus tard. Ce qui fait que ce livre est aussi le tableau d'une région et d'une époque, de ses us et coutumes, de ses croyances etc...  Il est évidemment question de la mer, de ses dangers, des gens qui y vivent et qui en vivent. Le tout décrit par une écriture soignée, simple et agréable.

Maintenant, pour être honnête, ce n'est pas forcément le genre de roman et d'histoire qui me transporte et me passionne. Malgré l'intérêt réel et culturel de cette histoire, j'ai trouvé qu'elle manquait en peu d'entrain, d'autant plus que la lecture qui en faite dans le format audio est assez lente et monotone. Pour autant, je ne regrette pas cette audio-lecture même si le format papier doit peut-être mettre plus en valeur la qualité de ce destin hors du commun tout de même.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 14 Décembre 2018

Roman - Editions Un livre qui parle - 14h14 d'écoute - 17.95 €

 

Parution d'origine en 1857

L'histoire :    Pour son malheur, Emma Bovary est née femme et vit en province. Mère de famille contrainte de demeurer au foyer, elle mène une existence médiocre auprès d'un mari insignifiant. Pourtant, Emma est nourrie de lectures romantiques et rêve d'aventures, de liberté et, surtout, de passion. L'ennui qui la ronge n'en est que plus violent, au point de la pousser à l'adultère...

 

Tentation : Allez, on s'y met

Fournisseur : Bib n°1

 

 

Mon humble avis : Me voilà bien... J'ai "audiolu" ce classique il y a six mois et depuis, je procrastine la rédaction de mon billet. Forcément mes souvenirs se sont étiolés et évoquer un livre ultra analysé et sur lequel tout a été dit n'est pas chose aisée. Bref, ce n'est pas ici que les lycéens en recherche de disserte à copier/coller trouveront matière...

J'ai écouté ce roman jusqu'au bout parce que je faisais autre chose en même temps, ce qui m'a aidé à tromper mon ennui, ou plutôt ma lassitude. Je détapissais et repeignais ma salle de vie. Pour justifier mon ennui, il me faut rappeler que j'ai été traumatisée par les classiques à l'époque du collègue et que plus de 30 ans plus tard, je trouve plus d'intérêt à les découvrir soit avec plaisir, soit avec peine mais de mon plein gré... L'envie et la curiosité de les connaître sont bien là et réelles, ma culture générale souffrant de trop de lacunes.

De ce que j'avais entendu de-ci-delà de cette chère Emma, je pensais avant lecture que celle-ci m'agacerait. Ce qui n'a pas manqué. Certes, au début, je me suis trouvé quelques accointances avec Mme Bovary, puis son tempérament capricieux, plaintif et nonchalant m'ont fait dire que non, finalement, Emma et moi ne nous ressemblions pas. Son cher mari m'a semblé aussi bien mou. Et au fil des pages, les situations sont devenues assez répétitives.

Heureusement, il y a le style de Flaubert, que j'ai apprécié et dont je me suis même délectée par moment. J'ai même été étonnée des pointes d'humour et de cynisme de Gustave. Je ne m'attendais pas à ces traits d'esprits. Bien évidemment, cette étude de la société du XIXème siècle en province, ses moeurs et son hypocrisie, est intéressante et permet un voyage dans le temps.

Voilà six mois plus tard ce qu'il me reste de ma lecture de cet énorme et incontournable classique, ce n'est pas terrible. Zola m'avait plus charmée, même emballée l'année dernière. Après, pour être honnête, en tant que femme, je me demande toujours, avec le tempérament qui est le mien, comment j'aurais géré ma vie (en tout cas la partie de ma vie qu'il m'aurait appartenu de gérer à cette époque), si j'avais été dans les situations d'Emma Bovary... Car n'oublions pas que toute cette histoire est à remettre dans son contexte historique. D'ailleurs, ce serait amusant qu'une reconnue et bonne plume se lance dans l'écriture de Madame Bovary 2020... L'environnement serait différent, mais les réactions et les comportements ?

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Décembre 2018

Biographie - Edition Folio - 202 pages - 7.25 €

Parution d'origine chez Gallimard en janvier 2015

 

Le sujet : Jérôme Garcin développe les principaux moments de la vie d'un homme méconnu d'un grand nombre et pourtant au destin inouï et primordial. Jacques Lusseyran, devenu aveugle à huit ans, fut un grand résistant pendant la deuxième Guerre Mondiale. D'un caractère et d'une érudition hors norme, l'homme vécut l'enfer du camp de concentration de Bucchenwald, avant devenir un professeur de lettres françaises très reconnu aux Etats Unis et un auteur français.

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Kdo d'anniv de ma cousine !

 

Mon humble avis : Même en cherchant bien au fond de ma mémoire, le nom de Jacques Lusseyrant m'était inconnu... Et c'est bien là cette lacune que Jérôme Garcin souhaite combler auprès du grand public... ou du moins des lecteurs.

Car oui, la France oublie nombre de ses sauveurs, pour n'en garder que les plus célèbres. Effectivement, dans ces pages, nous croisons pas mal de pseudonymes connus (comme Vercors) ou encore de patronymes qui fleurissent sur les plaques de rue mais dont nous sommes bien incapables de dire qui, quoi, quelle histoire se cache derrière eux.

Jacques Lusseyrant a à peine dix-huit ans lorsqu'il crée un réseau de résistants parisiens, composé à majorité d'adolescents comme lui. Puis vient la dénonciation, la prison, la concentration, la libération d'un homme toujours jeune mais qui doit se reconstruire et construire sa vie, une vie militante.

Cette biographie est forcément intéressante à lire. Il y est question de la grandeur d'un homme malgré sa cécité. D'un homme qui n'a jamais vu son handicap comme un obstacle mais au contraire, comme une chance lui permettant de voir autrement... et mieux. Le thème de la cécité du résistant et sa façon de la vivre sont donc largement évoqué. L'on apprends d'ailleurs qu'à cette époque-là et pour encore de longues années, les handicapés étaient interdits de grandes écoles nationales ou de hauts postes dans la fonction publique.

C'est donc un destin hors norme qui nous accompagne au fil des pages. Maintenant, pour être honnête, cette lecture ne m'a pas "emportée", même si certains passages sont passionnants ou bouleversants. J'ai regretté quelques longueurs et répétitions. Et puis, en tant qu'homme de famille, le personnage ne m'a pas paru aimable. Mais qui suis-je pour juger un homme qui n'est pas pour rien au fait que j'ai la chance de vivre en pays libre. Sa vie privée ne me regarde pas... mais elle aurait peut-être dû prendre moins de place dans cette biographie.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Décembre 2018

Roman - Editions Gallimard - 8h35 d'écoute - 24.90 €

 

Parution d'origine chez Gallimard en 2015

L'histoire : Maud, 21 ans, entame sa première mission humanitaire pour une ONG, en qualité de chauffeur de camion. Cette mission la conduit pas à pas vers la Bosnie, en compagnie de 4 autres bénévoles masculins. Au fil de la route, les confidences vont se faire, les tensions vont se nouer et Maud va découvrir une toute autre face de l'humanitaire

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis :

On peut toujours compter sur Jean-Christophe Rufin pour nous emmener ailleurs et nous inviter à voir le monde autrement... En tous cas, ici, c'est une autre vision du monde "merveilleux et bienveillant" de l'humanitaire en époque et en pays en guerre que nous montre l'auteur. Et l'on peut imaginer, étant donné son CV, qu'il connait ce dont il parle. Certes, nous sommes ici dans un roman... mais l'on peut penser que l'auteur à du croiser sur sa route des situations assez semblables.

La plume de Rufin, toujours aussi fine, fluide et agréable n'est nullement en cause dans ma dépréciation de cette audio lecture.

La version de l'humanitaire que propose ici Rufin est tout de même intéressante. Elle permet de réaliser qu'avant tout, les humanitaires sont évidemment des humains, avec des forces, des failles.... et des égos, parfois surdimensionné. On réalise aussi que les motivations pour ce genre de missions peuvent être très variées. Mais, pour ma part, j'ai vraiment découvert qu'il était très difficile de rester intimement neutre dans ces pays en guerre... La neutralité est la base de toute mission humanitaire... Et le problème surgit quand elle n'est plus là, et que certains bénévoles s'investissent dans ces missions dans un but purement militaire...

Jean-Christophe Rufin nous explique aussi comment certaines ONG perçoivent les "bénéficiaires". Il semble que pour celle-ci, les bénéficiaires n'aient pas de visages, pas d'histoires, que pas grand monde se préoccupe vraiment de leur humanité. Cette indifférence au bénéficiaire étant bien évidemment bien supérieure à la neutralité obligatoire. L'essentiel étant de trouver des bénéficiaires pour porter secours et mériter le titre d'ONG.

Bref, c'est une image assez désillusionnée que Rufin nous donne de l'humanitaire.... même si, certes, elle est certainement réelle parfois. Mais pourquoi -as en faire un roman. L'idée de départ est justifiée.

Le problème pour moi, c'est que les personnages sont finalement assez peu intéressants individuellement et même exécrables en tant que groupe (et de ce fait, difficile de s'attacher à ne serait-ce que l'un d'eux). Entre eux, tout n'est que conflit, comme si le monde en manquait. Le récit est assez linéaire et devient de plus en plus répétitif et finit par traîner en longueur, pour s'achever sur un final très /trop romanesque par rapport au reste. Donc, j'avais hâte de passer tous les check-points et de parvenir à la fin du roman... décevant donc... pour moi. Enfin, ennuyant sur la durée.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Novembre 2018

Roman - Editions Grasset - 180 pages - 17 €

Parution le 29 août 2018 : Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Besançon dans l'Est de la France. Le père du narrateur vient de décéder. En mettant de l'ordre dans les affaire de feu son père, le narrateur découvre un petit carnet, plein de notes, de tentative, de souvenirs... Il prend alors la plume pour reconstruire le passé de son père... Et lui donner les honneurs qu'il n'a jamais vraiment eu, mais qu'il a tant espéré. Ainsi, il redécouvre son père, non plus du point de vue d'un enfant, mais d'un adulte sexagénaire, qui, lui aussi, à fait son chemin.

 

Tentation : la hasard de la bib'

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Tiens, un livre de la rentrée dispo à la bib... Je prends. Ce titre, je l'avais bien vu à droite à gauche, mais sans y prêter vraiment attention.  Sa présence sur la première liste du Goncourt m'avait même échappée.

Comme quoi le hasard fait bien les choses. J'ai adoré ce livre et donc, comme le veut la logique, je l'ai dévoré !

Premier ingrédient nécessaire à la dégustation d'un roman... Le plume, le style; l'écriture... Ceux de Guy Boley sont de ceux qui vous accrochent tout de suite, qui imposent un rythme cadencé, joyeux, drôle quand il faut l'être, touchant  et poignant quand vient l'heure, toujours soigné et sans être emphatique. C'est un livre qui parle "du peuple" et qui s'adresse donc à tout le monde. Et les mots ! Ah la richesse des mots ! Guy Boley jonglent en finesse avec eux avec ce qui semble être d'une telle facilité que cela en est bluffant... et  rappelle que oui, il existe bien des plumes qui manie admirablement bien notre belle langue française sans s'adresser uniquement à l'élite !

Autres ingrédients... Le sujet... Et bien ici, il s'agit des sujets, tant ils sont multiples et bien abordés, juste comme il faut, pour ne pas frustrer ni lasser. Et puis, quand un auteur sait aller à l'essentiel, toute broderie se révèle inutile, et c'est le cas de de Guy Boley...

Il y a les habitants de la petite commune, le grand père mort écrasé jamais connu, la mère un peu rustre, l'ami de toujours Pierrot et le père... René à qui se livre est dédié mais dont le destin par les autres personnages, rôles secondaires mais si essentiels.

Il y a l'amour des livres (pour finir la Bible pour l'un, le dictionnaire pour l'autre).

Il y a le travail des mains, la sueur, la forge, le dépôt de train et ses travailleurs et puis la boxe... En amateur de haut niveau. 

Il y a le théâtre et son apprentissage... Où le père comprend que pour jouer Jésus, c'est comme boxer.

Il y a la vie qui peut tailler un artiste mais que le destin plonge dans l'ignorance des autres et l'oubli... Pour jaillir post mortem !

Il y a tout ce qu'on ignore sur les rêves des autres, et notamment ceux de nos parents.

Il y a le déclin après la gloire (même si locale), le déclin après la fierté personnelle. Ce déclin qui recouvre même les souvenirs. Il y a le refus d'un fils de voir son père choir, devenir une loque, après avoir vu Dieu en son père. 

Il y a un monument qui s'effondre mais qui se relève grâce aux mots du fils, à ce roman, et qui trouve enfin la gloire méritée...  "Mon père ce héros" !

Quand Dieu boxait en amateur est donc une pépite, un véritable coup de coeur pour moi...  La plume de Guy Boley, j'adorerais qu'elle soit mienne. Oui, c'est comme cela que j'aimerais être capable d'écrire. A lire, si vous aimez les mots et notre belle langue française !

 

6/6

"C’est un artiste, mon père, il est né comme ça et il n’y est pour rien : sensible, créateur, naïf, orgueilleux, entêté, innocent, fragile et responsable."

Guy Boley

"Ce quartier fut toute sa vie, sa seule mappemonde, sa scène de théâtre, son unique opéra. Il y grandit, s’y maria, procréa."

Guy Boley

"Les voies du Seigneur sont impénétrables, donc aussi vermoulues que celle de la grammaire"

Guy Boley

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Novembre 2018

Roman - Editions Stock - 208 pages - 17.50 €

Parution le 22 août 2018 (Rentrée littéraire)

L'histoire : Le "Baoul", voilà comment les autres l'appellent Antoine. Là, haut, dans un village Corse, le Baoul (l'idiot) raconte... Comment on le traite ici depuis des décennies années et même avant et même avant que l'adolescente Florence soit retrouvée assassinée et que toutes les âmes que comptaient le village le pointe du doigt... De tout ça, Antoine parle avec... sa chaise... puis son pied de chaise...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Julie Estève livre ici un magnifique roman en donnant la parole à ceux à qui l'ont rarement... Les idiots du village, les "Baouls" comme on dit en Corse où cette histoire prend racine à l'aube des années 80.

Comme on dit, Antoine n'est pas tout seul dans sa tête, à moins que justement, il y n'y soit trop seul. Car trop différent, trop simple, trop rêveur, trop isolé, trop fui, trop moqué, trop rejeté, trop haï par tous, sauf par son frère aîné... Alors, pour qu'il soit moins seul et qu'on puisse le comprendre, se mettre à sa place, vivre un peu sa vie, Julie Estève nous invite dans son esprit et pour cela, use de la première personne du singulier. Ainsi, ses joies, ses émotions, ses peines, ses peurs, ses rires, ses souvenirs, ses colères, ses incompréhensions deviennent  nôtres le temps de notre lecture. Disons plutôt que nous pouvons devenir lui... Et forcément, nous émouvoir de sa poésie, sa candeur, son intelligence simple mais bien plus limpide et efficace qu'une intelligence dite normale.

Par Flash-back, Antoine nous raconte ainsi toute sa vie, et celle du village depuis sa toute jeune enfance. Car Antoine est partout et voit tout. Jusqu'au jour où tout et tous le désignent coupable idéal du meurtre de la jeune Florence et l'envoient pour 15 ans en prison. Antoine sait tout de cette histoire mais ne dit rien. Parce qu'il ne sait pas dire, ou qu'il ignore que ce qu'il sait est important.

A travers le personnage très touchant d'Antoine, Julie Estève pointe le doigt sur le grand mal de notre société stéréotypée et bien cadrée : la peur de la différence, le rejet de l'étranger, du "pas comme nous", du pas normal, du marginal. 

Cette histoire racontée avec une simplicité où se mélange tendresse et douleur, voire colère pas Antoine est finalement cruelle. 

J'ai néanmoins eu un peu de mal avec le style. Certes, l'écriture de l'auteur se veut la plus proche possible des mots et des moyens d'expression d'un simplet... Mais, par écrit, quelques "n'" "ne" de négations n'entacheraient en rien l'objectif et rendrait la lecture un peu plus fluide à mes yeux (ceci n'est qu'un exemple).

Cette lecture fut bien sûr très plaisante et émouvante. J'ai aimé rencontrer cet Antoine et être lui pour me révolter de la férocité des soi-disant bien "pensants". J'ai tourné la dernière page depuis plusieurs semaines (oui, très en retard dans mon blog je suis) et j'avoue qu'avec le recul, je suis plus marquée par le personnage que par l'histoire elle-même, dont j'ai déjà oublié la fin. Mais est-ce si important de retenir une fin ?

 

5/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 23 Octobre 2018

Recueil de nouvelles - Editions Gallimard - 198 pages - 19 €

 

Parution le 11 octobre 2018 : Rentrée Littéraire

 

Les histoires :  Anton, Eytan, Angus, Julian, Aaron, Lior, Ethel, Anna, Ruth, Ambre, Brune... Les héros romanesques de Gilles Paris ont tous en commun une part d'enfance déchue, le désir de s'échapper, happés par l'espoir d'une vie plus lumineuse. Des bords de Seine aux rivages du lac Léman, de la mer des Éoliennes à l'océan Atlantique, leurs destins intranquilles se nouent et se dénouent, à l'heure où les paysages s'incendient en fin de journée.

 

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

 

Mon humble avis : Je lis très peu de recueils de nouvelles, qui ne sont pas dans mes choix littéraires de prédilection et qui, de fait, me sortent de ma zone de confort. Et en toute logique, je les trouve très difficiles à chroniquer... Puisque chaque nouvelle peut être aussi riche qu'un roman entier ! Pas une histoire mais plusieurs, des personnages à foison... mais évidemment, un fil rouge...

L'enfance  et l'adolescence au passé, au présent, au futur. Voilà ce qui lie les personnages de Gilles Paris. Une enfance souvent douloureuse, injuste, rêvée, regrettée. Avec autour, des adultes qui aident ou qui pèsent. Par leur maladie, par leur fantaisie, leur folie, leur égoïsme, leur souffrance, leur deuil, leur amour, leur jalousie, leur secret bien gardé, leur concupiscence infantile, leur incapacité à grandir. Alors, ces enfants, qui observent, subissent, apprécient ou analysent, réagissent sont obligés, sans s'en rendre compte, de grandir plus vite que prévu, et par un moyen ou un autre, décident de chercher la lumière et la trouvent.

Autour d'eux ou jamais loin, la nature, les arbres, la mer, l'océan. Et la lumière du soleil qui éclaire différemment, depuis l'aurore jusqu'au crépuscule, pour laisser place aux étoiles et à l'onirisme et aux rêves les plus fous. Et le vent, qui enlace ou qui chasse...

Gilles Paris n'a pas son pareil pour adoucir les maux de la vie par des mots et des images tendres, qui enveloppent, qui réchauffent ou émerveillent. Des mots qui caressent, des phrases qui se déversent doucement dans l'esprit du lecteur pour l'atteindre en plein coeur et l'émouvoir en finesse. L'écriture de Gilles Paris est vraiment très agréable à lire, avec ses métaphores si imagées, poétiques, onirique, enfantine, mais pas tant que ça. Des métaphores dignes de ceux qui savent regarder le monde et l'aspirer.

Au moment où je rédige ce billet, curieusement, sans que je puisse vraiment me l'expliquer, je me dis que la démarche de Gilles Paris envers ses personnages me fait penser à une célèbre chanson... L'envie, de Johnny, par Goldman...

Il leur donne l'obscurité puis la lumière

Il leur enlève ce qui est vain et secondaire

Pour qu'ils retrouvent le prix de la vie enfin

Pour qu'ils aiment leur terre il leur donne l'exil

Il leur donne la nuit pour qu'ils aiment le jour

Et leur donne le jour pour qu'ils aiment la nuit

Il leur donne la solitude pour qu'ils aiment les gens

Et les fait aimer être sains pour vaincre la maladie

Mais surtout, il leur donne l'envie

L'envie d'avoir envie

D'allumer leur vie.

 

4/6

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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