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Publié le 22 Mai 2019

Roman - Editions Audiolib - 6h10 d'écoute - 20.90 €

Parution d'origine chez Stock en mars 2018

 

L'histoire : Sur une ile de l'archipel du chien, les habitants vivent tranquillement, loin des tracas du monde. Le maire attend qu'une station thermale s'installe, qui créerait de l'emploi pérenne et amènerait des visiteurs... Tout semble remis en cause lorsque trois cadavres sont découverts un matin sur une plage... Ce sont trois jeunes noirs... manifestement des migrants. Le maire, le prête, le médecin, l'instituteur, s'entendent pour "taire cette affaire" et décident de jeter les corps dans l'antre du volcan. Mais dès lors, la vie ne sera plus jamais pareille sur l'île, et l'arrivée d'un mystérieux commissaire de police ne fera qu'accroître les inquiétudes.

Tentation : La blobo

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Philippe Claudel livre ici une parabole, qui sous les traits d'une tragédie antique, fait effroyablement échos à l'actualité. Ce roman est donc aussi contemporain qu'atemporel, et dans le style narratif choisi par l'auteur, prend presque un ton désuet.

L'actualité dont il est question ici, mais qui a toujours existé, c'est l'exil, la migration, le refuge recherché ailleurs. D'où ces trois noyés, qui représentent les milliers d'hommes, de femmes et d'enfants qui se sont noyés dans la Méditerranées ces dernières années, pour fuir l'enfer de leur pays, en ignorant qu'ils "s'aventuraient" dans un autre enfer, celui couronné par la pire des choses, l'anonymat. Et bien sûr, derrière tout cela, se cachent des trafics en tout genre, et notamment le trafic humain avec des passeurs peu scrupuleux.

Dans l'Archipel du chien, Philippe Claudel examine à la loupe les comportements humains, qu'ils soient collectifs, individuels, ou gouvernementaux (même si c'est ici à la taille d'une île, d'un microcosme) devant ce drame... La politique de l'autruche est représentée ici par le fait que les notables de l'île décident d'enterrer littéralement le problème, en jetant les trois corps dans le cratère du volcan. La nature profondément lâche de l'humain est donc mise en exergue ici, tout comme la difficulté, le danger même d'avoir raison seul contre tous, la raison individuelle face au déni collectif. L'étranger, l'homme venu d'ailleurs sera toujours l'indésirable et la victime ou le bouc émissaire idéal. L'idéalisme sans compromis peut être dangereux. Claudel fait donc le douloureux constat que fonctionnement et dysfonctionnement d'une société ne peuvent se faire sans "petits arrangements entre amis. Et le premier talent de l'Homme, est de se détruire en détruisant ce qui le fait vivre.

Le socle de ce roman est donc solide et bien pensé. Néanmoins, j'émets plus de réserve sur la forme fable prend peut-être trop de place dans la narration pour me captiver. Ce roman ne m'a pas passionnée alors que la quatrième de couv me promettait une atmosphère proche du thriller. Je pense aussi que la version audio ne rend pas service à cette oeuvre. La lecture en est trop lente pour être entraînante. Et les voix prises par le lecteur Féodor Aktine, pour interpréter chacun des personnages ne sont pas toujours judicieuses. Certaines frôlent la caricature. La voix du commissaire m'a même fait penser à la voix française de Tanos, le grand méchant de la série ciné les Avengers...

Une lecture en demi-teinte pour moi malgré le talent de Claudel. A vous de voir.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Mai 2019

Roman - Editions Sonobook - 3h05 d'écoute - 17.50 €

 

Parution d'origine aux Editions Rivages en janvier 2015

L'histoire : Celle d'Octavio, un paysan vénézuélien analphabète, qui part dans un long périple lors du quel il refera son histoire et celle de son pays, où il rencontrera des brigands chevaleresques, des hôtes et un peuple étranges, et traversera une rivière.... un voyage initiatique.

 

Tentation : Mon beau coup de coeur pour Sucre noir, du même auteur

Fournisseur : La bib' N°3

 

Mon humble avis : J'ai tellement aimé Sucre Noir, deuxième roman remarqué de Miguel Bonnefoy, que lorsque je suis "tombée" sur son premier roman à la bibliothèque, j'aurais pu tuer pour être la première à l'avoir en main ! Bon heureusement, je n'ai pas tué ! Parce qu'Octavio ne m'a pas embarquée dans ces tribulations.

Oh, j'ai aimé le style, la langue évidemment. J'ai même (fait très rare) apprécié les descriptions, qui m'ont emmenée ailleurs, vers des terres que j'aime tant, autour des tropiques. Les manguiers, les frangipaniers, les fleurs, le piaillement des oiseaux de là-bas. Cela m'a bercé.

Et pourtant, l'onirisme et le sens complexe à me yeux de cette histoire m'ont laissée sur mon siège de voiture, là où j'ai écouté. Oui, je n'ai pas vraiment saisi le message que l'auteur souhaite délivrer. Le symbolisme et les métaphores sans doute présents dans ce roman m'ont également échappés. Aucun des événements de ce voyage ne m'a vraiment accroché, j'ai finalement écouté ce roman sans l'entendre, à moins que ce ne soit le contraire, que je l'ai entendu sans l'écouter. Sur la fin néanmoins, quelques phrases m'ont marquée, évoquant , résumant l'Histoire, la situation et la "personnalité" du Venezuela comme nation.

Bref, ma rencontre avec Octavio ne sera pas mémorable du tout, dommage ! Par contre, ce qui est étrange, c'est qu'il me semble que le roman s'ouvre sur l'incendie d'une église. Et j'ai entamé cette écoute le lendemain du brasier de Notre Dame de Paris. En tout cas, je me souviens, sur le coup, ça m'a fait tout bizarre.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Mai 2019

Roman - Editions Audiolib -11h44 d'écoute - 23.90 €

 

Parution d'origine chez Grasset en août 2016

L'histoire : 1945, Dresde... Sous les bombes, une femme accouche et juste avant de décéder de ses blessures dit : Il s'appelle Werner Zylch, il est le dernier des nôtres. Surtout faites qu'il garde toujours ce nom.

1969, Manhattan. Werner est adulte. Il se sait adopté mais ignore tout de son histoire. Il rencontre Rebecca dont il tombe immédiatement amoureux. Mais l'Histoire va se mêler de leur histoire et la rendre difficile, voire impossible.

 

Tentation : Blogo + sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Ce roman a reçu le prix de l'Académie Française et c'est je trouve assez mérité, car il est fichtrement bien ficelé et nous emmène dans une histoire captivante, très romanesque et fort agréable à lire... ou à écouter, selon le format que vous choisirez.

Effectivement, c'est un livre que l'on ne lâche que très difficilement. Deux époques s'alternent au fil des chapitres. 1945 en Allemagne et 1969 à New York. 1945 et ce qui s'en suit possède un intérêt historique indéniable et le récit de l'accouchement sous les bombes est glaçant, bouleversant. En effet, l'auteure se penche sur le destin de certains allemands... Les scientifiques, les ingénieurs, qui vivent quelque part loin de la guerre et ignorent la finalité de leur travail. Bien entendu, leurs destins n'en n'est pas plus doux pour autant, même si certains d'entre eux parviennent à migrer aux Etats-Unis qui les accueillent de façons plus ou moins officielles et plus ou moins "accueillantes"... Mais à cette époque, c'était la "guerre" entre les Russes et les Américains à qui récupérerait le plus de scientifiques Allemands.

1969 et les années qui suivent... Werner est un jeune homme démonstratif, assez sûr de lui, ambitieux, qui réussit dans les affaires immobilières avec son ami Marcus. A eux d'eux, ils s'enrichissent bien vite et fréquentent alors le "Tout New York" de l'époque, genre Andy Warhol  et autres célébrités. Le fameux Werner ne m'a pas été plus sympathique que cela. Les personnages qui l'entourent sont bien plus attachants (comme Marcus ou sa soeur Lorraine)...

Et puis, il y a la rencontre avec Rebecca, puis avec les futurs beaux-parents et les révélation de la mère de Rebecca qui vont agir comme un tremblement de terre mais qui permettra à Werner, de relier son présent à son passé, de connaître ses premières années, de savoir comment il est devenu américain adopté avec un patronyme allemand et de savoir, en fait, qui il est vraiment.

Même si ce roman se lit fort bien et captive et divertit, j'avoue avoir été un peu déçue par une partie du dénouement qui explique pourquoi "le dernier des nôtres". Je m'attendais à quelque chose de plus, comment dire... de plus... non, de moins annoncé au fil des dernières pages en fait. J'espérais un uppercut, que je n'ai pas eu. Et il m'a semblé qu'un "petit trou" de l'histoire de Werner n'était pas bouché. Dommage... Mais pas bien grave, j'ai passé un très bon moment d'écoute avec ce roman.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Avril 2019

Littérature, roman, Emmanuel Carrère, la classe de neige, prix fémina 1995

Roman - Editions Folio - 148 pages - 6.80 €

 

Parution d'origine chez Gallimard en 1995

 

L'histoire : Dès le début de cette classe de neige, Nicolas est différent des autres enfants... Son père craignant un accident de car scolaire, conduit lui-même Nicolas jusqu'au chalet... Nicolas arrive donc un jour en retard, alors que l'ambiance est déjà installée et les groupes formés. Qui plus est, la valise de Nicolas est resté dans la voiture du père reparti... Tout commence mal pour Nicolas... L'ombre d'un danger semble planer sur l'enfant...qui imagine tant d'histoires... Mais les histoires qu'il imagine, où qu'il entend chez lui, son aussi proche de la réalité mais si loin de la vérité qui modifiera à jamais la jamais la vie de Nicolas. Pour lui, il y aura toujours une vie d'avant la classe de neige... et une autre, celle d'après.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Ce roman, qui a reçu le Prix Fémina en 1995, est resté au moins 7 ou 8 ans dans ma PAL. Il faut dire que mon exemplaire comporte une dédicace de l'auteur, rencontré lors d'une conférence. Celle-ci dit :" A Géraldine, en espérant qu'elle lise avec plaisir cette lecture pas vraiment plaisante". Curieuse dédicace, qui m'a donc refroidie un bon bout de temps... A tort !

C'est une histoire d'enfants... mais évidemment pour adultes tant elle est, mine de rien, sordide. Et pourtant, l'auteur nous épargne les détails, l'horreur est plus suggérée, et ce en quelques lignes. Au lecteur "d'imaginer" le reste.

Les lecteurs rapides dévoreront ce roman en une fois, tant il est captivant... Le mot captivité partage évidemment la même racine... Nous sommes presque dans un huit clos (entre le chalet et les montagnes enneigées) où, dès le début, nous devinons que quelque chose ne tourne pas rond. La tension augmente, sans jamais que le lecteur puisse deviner d'où viendra la catastrophe... D'autant que Nicolas est le premier à échafauder des histoires glaçantes pour impressionner un camarade de classe, d'autant aussi que les enfants ne sont point tendres entre eux... Et puis il semble que Nicolas soit un angoissé "de nature"

Bref, la menace semble partout, tout près... Elle éclatera finalement si loin, et si près aussi.

Dans ce roman, Emmanuel Carrère se penche sur le sujet du mensonge comme naissance du mal... Sujet qui sera développé quelque temps plus tard par l'auteur dans "L'adversaire". Autre thème dans ce roman : la peur, celle de tous les jours, des enfants qui se sentent différents, qui ont du mal à s'intégrer. Alors, plutôt que d'être victime, autant devenir martyr... 

En tout cas, aussi glauque et glaçante puisse être l'atmosphère (qui tient presque du thriller psychologique) de ce court roman, cette lecture est en fait bien plaisante et saisissante, car le sujet parfaitement maîtrisé. Bref, de la bonne littérature !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Avril 2019

Roman - Editions Livre de Poche - 285 pages - 4.90 €

Parution d'origine en 1952

4ème de couv' :  En Nouvelle-Guinée, une équipe de savants auxquels s'est joint le journaliste Douglas Templemore cherche le fameux " chaînon manquant " dans l'évolution du singe à l'homme. En fait de fossile, ils trouvent une colonie, bien vivante, de quadrumanes, donc de singes. Mais a-t-on jamais vu des singes troglodytes et enterrant leurs morts ? Tandis que les hommes de science s'interrogent sur la nature de leurs " tropis ", un homme d'affaires voit en eux une potentielle main-d'oeuvre à bon marché. La seule parade aux noirs desseins du sieur Vancruysen est de prouver l'humanité des tropis. Pour obtenir la preuve nécessaire, Doug risquera sa tête d'une façon surprenante qui conduira à de longs débats !

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Celui-ci n'arrivera jamais à la cheville de ce roman et ne pourra ni le résumer, tant cette histoire est dense en sujets, ni lui rendre l'hommage qu'il mérite... Parce que je ne n'ai ni le style ni la culture pour cela... juste des sensations, de la réflexion, de la curiosité.

Les animaux dénaturés... Un livre qui a rejoint ma PAL il y a deux ans... Suite au choc littéraire reçu lors de la lecture de La planète des singes, de Pierre Boulle et quelques recherche sur la toile, j'ai appris que Pierre Boulle s'était (entre autre) inspiré de ce roman de Vercors. Vercors, pour moi, c'était la résistance et Le silence de la mer.

Il m'a fallu du temps pour lire Les animaux dénaturés. Pas par manque d'intérêt bien au contraire, mais pour analyser et digérer tout ce que j'y lisais, et comparer tout cela avec mon propre système de pensée, mes observations, mes expériences etc... Aussi, si vous cherchez un roman à dévorer, changez d'adresse. Celui-ci se déguste, et chaque ingrédient mérite toute l'attention et la concentration pour ruminer, être d'accord, pas du tout d'accord, changer d'avis, retrouver le sien, douter, hésiter, bref, être emmené dans une débat kafkaïen sur ce qui différencie l'homme de l'animal. Une question que finalement, on  se pose rarement dans notre quotidien.

J'ignore si c'est vrai, mais Vercors part du principe qu'à l'époque de son roman, l'Humain n'était pas défini... Hors comment décider si une nouvelle espèce est humaine ou animal si l'Homme n'a pas de définition précise.

La mise en bouche des animaux dénaturés ressemble à une petite bluette charmante dans les environs de Londres. Puis, vient l'expédition en Nouvelle Guinée et la découverte de ces fameux tropis... Les questions commencent, avec quelques expériences éducatives, découvertes... qui se répandent bien vite, jusqu'aux oreilles d'industriels peu scrupuleux... Doug souhaite protéger ces êtres de tous projets qui les exploiteraient... Alors, pour savoir si Homme ou Animal, Doug expérimentera l'impensable et réalisera l'inimaginable... (Je ne dis rien, sinon, ce serait spoiler).

Le débat Kafkaïen débute lors de son procès tout aussi Kafkaïen ou divers scientifiques témoignent à la barre, se contredisent les uns les autres, laissant les membres du jury déconcertés... Si les tropis sont des hommes, alors il y a meurtres. Mais si les tropis sont des animaux, alors, il n'y a point de meurtres. Mais personne dans la cour n'est capable de définir l'humain. Alors, une cession de scientifiques est créée pour aboutir à une définition... et ceci se poursuivra jusqu'à la Chambre des Communes...pour revenir à la cour et achever le procès de Doug...

Discrètement usant de cynisme et d'humour, Vercors profite de son sujet pour se moquer de la justice et de ses limites, mais aussi des politiques et de leurs contradictions évidentes. ("En théorie, vous avez mille fois raison peut-être. mais vous savez bien qu'en politique, avoir raison ne sert à rien") Bien sûr, il démontre que l'Homme croit tout savoir et qu'il se sent supérieur en tout. Autre question qui ressort : Naissons nous hommes ou le devenons nous ?

Et les animaux dénaturés dans tout cela ? Vous le devinerez bien... C'est nous, les Hommes. Dénaturés par les lois, par la civilisation, par les croyances, par les religions, la métaphysique, l'éducation qui font de nous des êtres avares, égoïstes, menteurs etc... "L'animal fait un avec la nature, l'homme fait deux. Pour passer de l'inconscience passive à la conscience interrogative, il a fallu ce schisme, ce divorce, il a fallu cet arrachement. N'est-ce point là la frontière justement ? Animal avant l'arrachement, homme après lui ? Des animaux dénaturés, voilà ce que nous sommes....... Ne traitez-vous pas la nature en étrangère, sinon même en ennemie ? Or que ferions nous sans elle ?.... Il y a longtemps que Marx et Engels se sont employés à prouver que l'homme se définit par les transformations qu'il impose à la nature..."

Honnêtement, j'espère que mon billet vous incitera à lire ce roman presque philosophique passionnant, même si ardu tout de même, si on veut le lire autrement que comme un pur divertissement. D'ailleurs, si vous le lisez comme tel, vous serez sans doute déçus et y trouverez des longueurs dans les dialogues et débats. Mais dites vous bien que mon billet ne peut évoquer et louer qu'une partie infime des animaux dénaturés, qu'il faut déguster, digérer, méditer, méditer, méditer.

Tout au long de ma lecture, je n'ai cessé de me demander... Et si Vercors vivait encore et se lancer demain dans l'écriture de ce roman... Qu'y dirait-il ? Quelles questions poserait-il ? Puisqu'en 60 ans, le monde a évolué, les lois également, et surtout, la condition et la protection animale est de plus en plus au coeur des débats... Depuis quelques années, l'animal est reconnu comme un être doté de sentiments et de sensibilité... La maltraitance animale est légalement sensée être devenue un délit... mais pas encore un crime... beaucoup de progrès restent à faire...

Enfin, il y a quelques jours, une nouvelle espèce humaine a été découverte aux Philippines...

Quand une lecture d'un livre vieux de plus de 60 ans est rejointe par l'actualité !

Comme animaux dénaturés, la chance que nous avons, est de savoir et de pouvoir lire ! Alors, amis animaux dénaturés, lisez ce roman si passionnant et enrichissant !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Avril 2019

Roman - livre audio - amitié - deuil
Les témoins de la mariée, de Didier van Cauwelaert

Roman - Editions Audiolib - 4h58 d'écoute - 18 €

Parution d'origine chez Albin Michel en 2010.

L'histoire : Roissy. Ils sont les les 4 meilleurs amis du futur marié et donc ses témoins... Sauf que le futur marié est décédé la veille dans accident de voiture... Et que, dans quelques instants, descendra d'un avion en provenance de Chine la promise, dont ils ne connaissent rien et à vrai dire... ne savent pas bien trop quoi faire. Que lui dire, que lui avouer, que lui cacher, elle qui ignore encore qu'elle est veuve avant d'être devenue épouse ?

 

Tentation : Sujet + le nom de DVC

Fournisseur : La bib N°3

 

 

Une belle histoire d'amitié, même post mortem !

Mon humble avis : Un chouette coup de coeur pour ce roman polyphonique qui surprend beaucoup, divertit pas mal, questionne souvent et émeut quand il faut, à savoir de temps en temps, tout en amusant le lecteur. Et évidemment, sans genre de pathos qui dégouline et me fait dorénavant fuir ! Non, ici, il y a du rythme, et l'auteur part d'un drame pour nous emmener dans une drôle d'aventure, toujours entre un genre qui frôle le burlesque, le comique et le profond... Car bien sûr, Les témoins de la mariée peut conduire à deux niveaux de lectures, suivant les envies du lecteur.

En fait, mon coup de coeur pour Les témoins de la mariée vient surtout du fait que, comme les personnages, j'ai été complètement menée par le bout du nez par Didier Van Cauwelaert. Tout un labyrinthe d'indices, de retournements de situations et un final des plus inattendus, surprenant, inédit et en fait, véritablement bouleversant, qui remet les compteurs à zéro, qui encouragerait presque à relire le livre, différemment, éclairé par cette finale.

Le roman s'ouvre sur la voix de l'auteur... qui met en place l'histoire et les personnages. Ensuite, chacun des personnages s'exprimera à son tour, et nous aurons ainsi différentes perceptions de mêmes événements. Nous pénétrons dans l'esprit et l'âme de chacun.

Le défunt, Marc, photographe célèbre était un homme à femmes.... Qui avait subitement annoncé son mariage avec une chinoise inconnue de tous et surtout de ses 4 meilleurs amis. Ces meilleurs amis, si proches de Marc et des un des autres, vivaient presque grâce et sous la protection de Marc, qui fournissait emplois, gites etc... Et tout au long de cette longue journée (c'est d'ailleurs mon seul mini bémol...c'est fou tout ce que ces personnages parviennent à faire en une seule journée, parisienne qui plus est....), chacun se demandera s'il est manipulé par l'autres, ou les autres... Qui peut-être voudrait prendre sa place ? Est-ce que la fiancée voudrait les voir se quereller pour mieux régner... Et pourtant, les témoins, par instinct de protection, se trouvent obligés de manipuler la fiancée... Derrière tout cela, il y a le frère du défunt... qui déteste cette bande d'amis parasites...

Et avec ce dénouement des plus inattendus, qui donne toute son originalité au roman, nous réalisons que nous venons de lire une magnifique histoire d'amitié, bouleversante en fait, qui commence dans le vivant et se prolonge bien après la mort. Bref, j'ai adoré ! Une histoire qui fait du bien et qui manipule en même temps, c'est chouette non ?!

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Avril 2019

Littérature, lecture, avis, Sucre Noir, Miguel Bonnefoy, roman

Roman - Editions Rivage livre audio - 4h29 d'écoute - 19.60 €

 

Parution d'origine chez Acte Sud en août 2017

L'histoire : Dans les Caraïbes... Quelque part au Venezuela... Au 18ème siècle, un navire de pirate fait naufrage... après une mutinerie, mais surtout, après avoir caché et protégé un inestimable trésor. Depuis, les légendes vont bon train sur ce trésor. Au début du 20ème siècle, la famille Otéro est rattrapée par cette légende. Et, sur plusieurs générations, il y aura ceux qui cherchent le trésor, et ceux qui ne le cherchent pas. Qui le trouvera ?

Tentation : La renommée du roman lors de sa sortie

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Le premier chapitre m'a fait peur, comme si ce choix de lecture ne me correspondait pas... L'impression d'être sur le Black Pearl de Pirates des Caraïbes. Et puis, toute réticence s'est envolée et je me suis laissé happée par cette chasse au trésor, qui est en fait assez secondaire dans cette histoire, mais qui permet une passionnante et intéressante observation de l'Humain dans ce qu'il a de pire, comme de meilleur.

Le ton du roman, tout à fait maîtrisé, est assez suranné.... Comme si cette histoire émanait des profondeurs d'une mémoire collective, et d'une transmission trans-générationnelle orale. La lecture assez neutre qui en est faite m'a dérangée au début, puis plus du tout, tant elle était adéquate par rapport au texte.

Roman vous avez dit ? Oui, mais bien plus ou tout autre.... Récit d'une légende, saga, fable, conte, héritage familial, récit biblique genre premier testament, parabole ? Un peu tout à la fois mais sans jamais désordonné.

Outre le dépaysement exotique et temporel, voire atemporel, Sucre Noir déploie une force symbolique d'une puissance rare... Oui, tout y est symbole, depuis le caractère des personnages et leur évolution, jusqu'à évidemment, cette cherche de trésor. Le trésor... Ce peut -être un simple rêve inaccessible ou une richesse inestimable. On peut parcourir la planète à sa recherche sans se rendre compte qu'il est à nos côtés. Il est espéré grandiloquent et prendre en fait une forme toute simple... Comme le bonheur. Souvent sans le savoir, on vit tous sur un trésor, nous même... A nous de le faire grandir, de l'aimer, et surtout, de le partager. Un trésor, le nôtre comme celui que dame nature nous offre, non partagé ne mène à rien qu'à la perte, à la folie, à l'obsession, à l'exclusivité dangereuse. Tout cela est au niveau personnel... Mais l'auteur développe aussi ce sujet à la dimension sociétale (avec la découverte du pétrole au Venezuela etc).

Bref, un texte puissant et simple et divertissant à la fois, comme déterre d'une autre époque (comme un trésor, on y revient !) et qui dit tant sur l'humanité en 200 pages. Une belle leçon de vie et d'amour.  Et qui dit aussi que l'Histoire est un éternel recommencement ! A lire sans hésiter !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Avril 2019

Roman - Editions J.C Lattès - 192 pages - 17 €

Parution le 6 mars 2019

 

L'histoire : Les gratitudes, ce sont les vrais mercis, ceux qui dépassent les mercis de courtoisie, de politesse, d'habitude. Ce sont ces mercis que l'on devrait dire à celles et ceux qui, par leur rencontre et leur action, au delà du "petit" service, ont vraiment changé notre vie. Ces mercis que l'on tait parfois par gêne, où que l'on aimerait dire alors qu'il est trop tard.

Michka vient de décéder en EPADH. Marie, sa jeune voisine, raconte Michka, leur relation, sa vieillesse avec les mots qui disparaissent, la perte de repaires, et la gratitude urgente qui ronge Michka.

 

Tentation : Ben, un de Vigan, c'est incontournable !

Fournisseur : Kdo de ma Maman.

 

 

Que reste-t-il lorsque les mots s'envolent ?

Mon humble avis : Une fois de plus, Delphine de Vigan m'a touchée en plein coeur, avec simplicité, justesse, pudeur, finesse et beaucoup de tendresse sur un sujet douloureux, qui nous a tous concerné (via la perte d'un être cher) ou nous concernera tous un jour où l'autre, lorsque viendra notre tour... Celui de la fin de vie... Mais avant cette fin redoutée puis salvatrice, il y a l'amoindrissement des capacités, la vieillesse, le cerveau qui fonctionne moins vite ou plus très bien, la dépendance et ici, le sujet central... Les mots qui s'envolent, qui disparaissent, qui se confondent... Ce que l'on nomme l'aphasie. Que reste-t-il sans les mots ? Comment échanger, comment se faire comprendre, comment communiquer ? La mise en mots de cette disparation est magistralement décrite par Delphine de Vigan à travers le personnage si attachant de Michka.... mais aussi à travers celui de Jérôme, son orthophoniste et de Marie, jeune voisine de Michka qui vient souvent lui rendre visite. Dans Marie, on peut aisément retrouver des pans de vie de l'auteure elle-même. Aussi, peut-être Michka a-t-elle réellement existé, et ce roman, l'expression d'une réelle gratitude que la fuite du temps n'a pas rendu possible au bon moment. Ce sont Marie et Jérôme qui racontent chacun leur tour Michka, la Michka qu'ils connaissent.

Mais cette fin de vie n'est point l'unique sujet de ce roman magnifique... Il y a évidemment ces gratitudes que l'on manifeste, et celle qui sont restées enfouies et tues, avec l'urgence de les partager...

Michka est hantée par une gratitude qu'elle n'a pas pu exprimer. Enfant juive, durant la deuxième Guerre Mondiale, elle a été cachée par deux paysans durant plusieurs années. D'eux, elle n'a que deux prénoms, deux prénoms qui lui ont sauvé la vie et qu'elle n'a jamais pu remercier.

Marie éprouve tendresse et gratitude envers Michka qui a agrémenté et allégé son enfance lorsque sa propre mère se faisait défaillante.

Et puis il y a Jérôme, l'orthophoniste, qui travaille avec les mots et les silences, et qui se prend réellement d'affection pour Michka.

Ces trois personnages ont un point commun... une blessure de l'enfance. De celles qui marquent à jamais...

Bon, je réalise en relisant mes mots que je patauge pour exprimer à quel point j'ai aimé ce roman qui est tout en dignité, émotion, poésie mais sans pathos. Et, surtout, en toute simplicité, ce qui pour moi est un point positif par rapport aux deux ouvrages précédents de l'auteure... Simplicité et humanité, voilà ce qui définit ce court roman.

Quant à nos propres gratitudes... Forcément, on y réfléchit au cours de notre lecture... Je pense, j'espère avoir exprimé les miennes au bon moment... Ces bras et mains ouvertes qui changent votre vie, ou qui permettent de la maintenir telle qu'elle était malgré les accidents... Je pense souvent à Ludo et Laurence, mes chefs chez Nouvelles Frontières, qui ont tout fait pour que je garde mon poste après mon AVC... Jusqu'à me dire, à certains moments : "si tu ne te sens pas venir travailler, tu ne viens pas mais tu nous préviens pour qu'on ne s'inquiète pas de ton absence". Vous en connaissez beaucoup vous, des chefs comme ça ?

Je pense aussi à Magali, qui sans me connaitre, a proposé de m'accueillir chez elle en Guadeloupe pour que je puisse chercher du travail sur place.

Je pense aussi à Hannelore et José, mes amis de Guadeloupe aussi, qui m'ont invité à squatter chez eux 3 mois, le temps que je m'organise etc...

Je pense à l'équipe médicale de St Philibert à Lille qui m'a sauvé la vie

Je pense aux personnes qui spontanément, m'ont aidé à retrouver mon Praslin il y a quelques années.

La liste est longue en fait... Mais honnêtement, je pense être en paix avec moi-même car ces gratitudes, je n'ai jamais eu la pudeur de les taire. Au contraire... Et souvent à l'étonnement des bénéficiaires, qui ne comprennent pas toujours ces reconnaissances de gratitudes, tant ce qu'ils ont fait pour moi leur semble normal.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Mars 2019

La vie en mieux, d'Anna Gavalda

Roman - Editions Audiolib - 4h52 d'écoute - 19.50 €

Parution d'origine à La Dilletante en mars 2014

 

L'histoire : Mathilde a 24 ans et Yann 26. Deux jeunes qui, séparément, vive une vie qu'ils trouvent terne et loin de leur inspiration sans toutefois se remettre en question. Jusqu'à ce qu'un jour, ils fassent chacun une rencontre qui va changer le cour de leur vie en leur donnant enfin des ailes.

 

Tentation ; Envie de facile et de légèreté

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : En fait il ne s'agit pas ici d'un roman mais de deux longues nouvelles avec un thème commun... Une vie qui ne ressemble pas à ceux qui la vivent...

Je suis très partagée par ce livre. Si je m'étais arrêtée à la première histoire, celle de Mathilde, j'aurais été assez féroce je pense... Pas pour le fond, qui reste agréable et pas dénué d'intérêt, mais pour la forme...

Un soir, Mathilde oublie son sac à main dans un bar... Dans ce sac, une belle petite fortune en espèce pour payer des gros travaux dans l'appart qu'elle partage avec deux colloc dans le genre "saintes ni touches" . Bien diplômée, le métier de Mathilde n'est pourtant que de poster de faux avis dithyrambiques sur des sites de vente internet. Quelques jours plus tard, un appel... Surprise, celui qui a trouvé son sac souhaite lui rendre dans le même bar... Et il lui rend dans son intégralité, la belle petite fortune incluse... Fait assez rare à notre époque pour être souligné et qui, effectivement, pouvait être un bon postulat de départ pour une chouette histoire. Oui mais voilà, il est moche, bizarre etc... Malgré des formules bien trouvées, vous savez, ce genre de formules qui vous fait briller en soirée, ou du moins qui fait rire la cantonade, Mathilde m'a déplu. Déjà, ces fameuses formules sont trop systématiques, comme les antibiotiques... Et donc cela finit par lasser et par passer pour un exercice obligatoire. Et puis, cette jeune fille utilise certes un langage populaire et plutôt oral, mais le pire est que sa vulgarité devient insupportable. Et dommage, cette nouvelle s'achève là où il serait intéressant qu'elle se développe.

L'histoire de Yann m'a plus touchée. Lui aussi sur- diplômé, le voici vendeur chez "Darty". Il vit avec sa copine... Mouais, rien de transcendant, jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance d'un couple de voisin, un couple haut en couleur, avec qui il passe une soirée, suite à une histoire de meuble qu'il a aidé à monter de quelques étages... Cette soirée le changera à jamais et lui fera réaliser que rien de sa vie ne lui ressemble... Ni sa copine, ni son boulot, ni son appart. Les choses de la vie, les conseils de l'aîné à son cadet sont bien plus profonds et intéressants, même si émanent de la vapeur des bons vins de cette soirée. Bon, certes, une certaine vulgarité linguistique est toujours là (genre bite zob couilles) et pas nécessaires, mais les sentiments et les idées font leur bout de chemin dans l'esprit de lecture. Une nouvelle direction, un axe de vie va prendre forme pour ce Yann un peu paumé et qui mérite mieux. Et ce Yann, dans sa façon de réagir et de s'envoler, m'a beaucoup plus. Il a résonnait en moi... A une époque, j'étais un peu lui et j'ai solutionné la problématique d'une façon similaire.

Donc au final, deux textes très inégaux, au style qui s'efforce d'être trop "djeuns" pour Mathilde. On est loin des premiers livres de l'auteure qui saisissait les tripes et le coeur il y a une bonne quinzaine d'année.

En fait, l'histoire de Yann aurait mérité un roman, plus long, à elle seule et Mathilde aurait dû rester dans le tiroir. Le roman aurait alors eu un tout autre goût, proche du délice.

Une lecture pas nécessaire... Si vous n'avez rien d'autre à lire.... C'est toujours mieux qui "Voici" ou "Closer". Ou alors, zappez la première nouvelle !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Mars 2019

Roman - Algérie - Albert Camus - L'étranger - Meursault
Meursault, contre enquête, de Kamel Daoud

Roman - Editions Babel - 152 pages - 6.80 €

 

Parution d'origine chez Acte Sud en mai 2014

 

L'histoire : En 1942, à 14h00 sur une plage d'Alger, "L'arabe" était assassiné par Meursault. Cet arabe, mondialement connu, n'a jamais eu de prénom. Il a toujours était juste "l"arabe". En tout cas, Albert Camus ne lui en n'a pas donné dans son roman l'étranger. Soixante dix ans plus tard, Haroun, le frère de l'Arabe, révèle son prénom et son histoire...

 

Tentation : Le pitch + curiosité

Fournisseur : CB puis PAL

 

 

Mon humble avis : Cette lecture fut assez ardue pour moi. Elle nécessite une certaine concentration et sans doute, une bonne connaissance du roman de Camus, "L'étranger". Hélas pour moi, ma lecture de ce dernier remonte déjà à quelques années et ma mémoire n'en a gardé qu'un souvenir flou... Aussi, j'ai parfois peiné, d'autant que j'ai perçu quelques longueurs et il m'a fallu quelque temps pour venir à bout de ces 152 pages, mais qui en valent bien la peine !

Car ce roman est une véritable prouesse littéraire, un exercice de style d'une audace rarement atteinte, d'une originalité irréfutable !

Kamel Daoud donne une vie et un nom à "l'arabe", de "L'étranger" de Camus. D'un personnage anonyme de fiction, il fait un personnage central d'un autre roman, même si ce personnage est défunt. Même si le crime de Meursault se déroule en 1942, que l'action du roman de Daoud se poursuit jusqu'en 1963 et plus tard encore, cette histoire est atemporelle... Elle est celle de toute ces victimes anonymes, victimes de guerres ou de faits divers, qui aux yeux du monde, ne seront jamais plus qu'une victime sans nom, comme l'arabe. Kamel Daoud donne donc prénom à l'Arabe : Moussa. ll lui rend ainsi son identité, ainsi qu'une famille, une vie... Une vie avant... Et les conséquences de la mort de Moussa sur la famille ensuite. Daoud rend ainsi hommage à toutes les victimes qui provoquent moins d'intérêt collectif que leurs assassins qui sont disséqués sous toutes les coutures.

Et puis, dans ce livre, au fil des années, il y a la guerre d'indépendance de l'Algérie, puis la liesse de cette indépendance acquise, et l'évolution des mentalités et des droits en Algérie, avec une religion de plus en plus vigoureuse. Des réflexions très intéressantes sur la mort et l'acte de donner la mort, sur l'identité dans le multiculturel

Tout au long de ce roman, nous retrouvons Haroun dans un bar, et Haroun compte son histoire, la sienne, avec l'ombre et le poids du mort Moussa, et de la mère à moitié morte depuis 1942. Daoud laisse comme planer un mystère, que chacun résoudra suivant sa propre perception, sa propre sensibilité... Je ne pense pas qu'il existe de réponse claire et nette, malgré ce qu'en disent certaines critiques. A qui s'adresse Haroun ? A un étudiant thésard, à un journaliste, à lui-même, à l'ombre de Camus, ou à chacun des lecteurs qui plongent dans ses pages et l'écoutent ?

A noter que "Meursault, contre-enquête" a reçu le prix Goncourt du premier roman.

 

" La religion pour moi est un transport collectif que je ne prends pas. J'aime aller vers ce Dieu à pied s'il le faut, mais pas en voyage organisé."

"Un certain goût pour la paresse s'installe chez le meurtrier impuni. Mais quelque chose d'irréparable aussi : le crime compromet pour toujours l'amour et la possibilité d'aimer. J'ai tué et, depuis, la vie n'est plus sacrée à mes yeux"

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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