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Publié le 8 Juillet 2014

BD - Editions Furupolis - 133 pages et 20 €/tome

 

Parution du 1er tome en avril 2012

 

L'histoire : Naïm connaît mieux les ruelles de Lamu que les versets du Coran. Le jeune orphelin n'a que faire des conseils de son grand frère. À onze ans, il n'a plus envie d'être traité comme un enfant. Ses nombreuses escapades l'amènent à coudoyer des personnages pittoresques plus ou moins honnêtes. Touristes naïfs, trafiquants, prostituées, promoteurs immobiliers et djihadistes... Et puis un jour, il croise le chemin du vieil Ali, le gardien de l'arbre sacré, là où repose le corps géant de Liongo Fumo, le dernier héros de son peuple...

 

Tentation : Ma bibliothécaire

Fournisseur : La bib' !

 

étoile2.5

Mon humble avis : Kililana Song est ce que l'on peut appeler une belle BD, tant dans son contenu que dans son apparence. L'objet est magnifique, les couleurs chatoyantes nous mènent dans une Afrique vivante, animée. Plus exactement au Kenya et plus précisément encore, sur l'île de Lamu. Nous y cotoyons toute une petite communauté bigarrée dont les chemins se croisent pour le meilleurs et pour le pire. Il y a là les Kenyans pure souche, un capitaine de navire sud africain, fort en gueule et louche à la cargaison encore plus suspecte, des pêcheurs, des investisseurs français, des trafiquants de drogue, des somaliens, armés jusqu'aux dents, pro des kidnapping et proches d'Al Qaïda, un vieil infirme qui se souvient de son glorieux passé sur la mer, un grand frère qui court partout à la suite de son petit frère pour le mener de force à l'école coranique, et des gamins. Parmi eux, Naïm, le héros de cette bande dessinée. Sympa le môme, malicieux, courageux, intrépide et attachant, celui qui rencontrera le vieil Ali, gardien de l'arbre sacré, avec qui il vivra de curieuses aventures.

Cette BD, qui est dite initiatique, est inspirée de fait réelle. Je suis assez dubitative sur cet aspect initiatique, pas assez développé à mon goût, et qui ne se ressent pas vraiment dans l'épilogue. D'ailleurs, cette épilogue, heureusement qu'elle existe quelque part. Car elle justifie tout le reste, cet imbroglio de personnages trop nombreux dans cette intrigue, et parfois peu reconnaissables entre eux et dont on se demande ce qu'ils vont bien avoir en commun dans cette histoire pour justifier leur présence.

Cette BD n'est pas avare de légendes africaines et l'atmosphère de l'île de Lamu est sympathiquement retracée. Kililana Song a aussi le mérite de dénoncer les investissements étrangers à tout va, au mépris des coutumes ancestrales et des dégats collatéraux qui en découlent. On promet des emplois à la population locale. Il en résulte des eaux poluées, une baisse de la pêche, des catastrophes écologiques à la chaîne, le tout sous couvert d'une belle corruption tant locale qu'internationale.
Le but de cette BD est donc tout à fait louable, malheureusement, l'auteur a pour moi développer trop de sujets et j'ai eu par moment l'impression de partir dans tous les sens, sans lien apparent, au premier abord. Et ces liens apparaissent trop tard pour que cette lecture soit inoubliable. D'autant que certains personnages semblent avoir été abandonnés en route, et ne figurent pas dans l'épilogue, en point de suspension donc...

 

La couv du tome 2

 

Un aperçu du graphisme :

                                     

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Juin 2014

BD - Editions Delcourt - 95 pages - 14.95 €

 

Parution en septembre 2012

 

L'histoire : 1814, au large des côtes du petit village anglais de Hartlepool, un navire de la flotte napoléonienne fait naufrage lors d'une tempête. Au petit matin, sur la plage, les villageois retrouvent un survivant parmi les débris. C'est un singe qui jouait le rôle de mascotte à bord du vaisseau, et qui porte l'uniforme français. Or les habitants de Hartlepool DÉTESTENT les Français, même s'ils n'en ont jamais vu en vrai. D'ailleurs, ils n'ont jamais vu de singe non plus. Mais ce naufragé arrogant et bestial correspond assez bien à l'idée qu'ils se font d'un Français... Il n'en faut pas plus pour qu'une cour martiale s'improvise.
 

Tentation : Ma bibliothécaire

Fournisseur : La bib, du coup !

 

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La nation est une société unie par des illusions sur ses ancêtres et par la haine commune de ses voisins"

(Dean William R.Inge)

 

 

 

Mon humble avis : Cette BD est inspirée d'une légende encore fort vivace outre-manche. Et comme les auteurs le signalent en postface, on ne peut qu'espérer que la part de vérité soit la plus mince possible.

Cette parodie de la comédie humaine fait froid dans le dos : oui, la bêtise, l'ignorance et l'ignominie humaines sont sans limite. Les premières pages nous montre la l'arrogance et le sentiment de supériorité des français, via un capitaine qui fustigent les droits de l'homme qui l'empêche de travailler. Son job, c'était la traite des esclaves. Mais ce capitaine déteste par dessus tout les anglais et les rhabilles en quelques bulles.

Puis, nous voici en Angleterre, dans un village isolé sur la côte. Les villageois exercrent les français, même s'ils n'en n'ont jamais vu. Aussi, quand on navire français fait naufrage et que le seul survivant est un singe portant l'uniforme français, ils ne se posent pas de question. Ils tiennent là un français, un ennemi puissance 10. Ce singe subira toute la barbarie humaine. Lui, l'innoncent par définition sera persécuté, torturé, pour lui soutirer des renseignements sur l'invasion que préparent sûrement les français. Il sera accusé d'acte d'espionnage, de tentative d'invasion et de voies de fait sur plusieurs villageois. Et le village entier, toujours convaincu d'avoir affaire à un français type, monte un tribunal populaire pour juger ce singe.

Cette BD est formidable. Dessins, bulles, scénarios et dialogues sont juste très justes, subtiles, touchants, bien sentis et pourraient être drôles s'ils ne trahissaient pas une telle possible réalité. Au fil des planches, le lecteur est de plus en plus ahurri par ce qui se déroule sous ses yeux. Légende peut-être, mais l'on retrouve toujours hélas, 200 ans plus tard, des situations similaires dans les journeaux télévisés, tant au niveau international qu'à celui d'une banlieue et d'un fait "divers". La bêtise, la connerie, la barbarie humaine. Le singe de Hartlepool illustre parfaitement le racisme primaire, les préjugés sur les autres peuples, l'ignorance, le manque de curiosité pour l'autre, l'absence de tolérance envers les autres cultures. Bref, la peur de l'autre et de tout ce qui est différent, que l'Homme considère encore trop souvent comme un danger plutôt qu'une source d'enrichissement.

Petit clin d'oeil, nous croisons dans cette BD un jeune garçon de passage dans ce village avec son père. Et ce garçon n'est autre que Charles Darwin, qui deviendra plus tard le père de la théorie de l'évolution de l'espèce animale...vers l'espèce humaine.

UNE BD INCONTOURNABLE qui démontre les dangers du nationalisme aveugle.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Juin 2014

BD - Editions Delcourt - 160 pages - 18.95 €

 

Parution en septembre 2013

 

L'histoire (vraie) de Paul, qui, traumatisé par la Première Guerre Mondiale, déserte. Sa désertion lui impose des années de clandestinité dans une chambre d'hôtel avec sa jeune épouse Louise. A eux d'eux, ils batissent une stratégie afin que Paul puisse sortir librement. Pour cela, il deviendra Suzanne. Jusqu'où ira le travestissement et quelles en seront les conséquences ?

 

 

Tentation : La blogo !!!!

Fournisseur : La bib (enfin !)

 

Mon humble avis : Depuis quelques mois, les billets sur cette BD ont fleuri sur la blogo comme des joncquilles au printemps. Si je n'ai pas lu 50 billets, je n'en n'ai pas lu un !!!

Mauvais genre est donc un incontournable du genre. Et je confirme. Même si le graphisme ne m'a pas toujours plus, je dois avouer que l'histoire (hélas vraie) m'a bouleversée.

A peine marié à Louise, Paul est envoyé sur le front, dans les tranchées de 14-18. Il en sera traumatisé à tout jamais. Des années plus tard, des images le hanteront nuit et parfois jour. Pour échapper au combat, il se mutile un doigt, le doigt qui presse la gachette. Et, à l'hôpital fera tout pour ne pas guerir de sa blessure pour finir par s'enfuir, aidé de son épouse. Suivent des mois et des années de clandestinité, jusqu'à ce que s'achève la guerre et que les déserteurs soient amnistiés. Ces années, il les passera dans la peau et l'indentité d'une femme, vivant toujours avec Louise, mais dérivant dans un monde de la nuit que l'on trouve dans les allées isolées du bois de Boulogne. En fait, le couple se retrouve dépasser par l'ampleur et les conséquences sur Paul de ce travestissement qui ne devait être qu'un déguisement pour la liberté. Paul trouve beaucoup plus de plaisir que prévu à ce changement d'identité au point que des troubles de la personnalité semblent apparaitre, toujours accompagnés du traumatisme de guerre. Au point qu'il en devient désagréable, pas aimable. Qu'a fait l'abomination de la vie de cet amoureux transi ???

Cet histoire est traitée d'une façon assez sobre, mais très original, du point de vue graphique. Du noir, du blanc, du sépia... et dans chaque vignette ou presque, une trace de rouge , qui évoque la force de la passion, mais aussi la violence du traumatisme. Beaucoup d'émotions, que ce soit la joie du couple lorsqu'il crée son subterfuge, que plus tard, lorsqu'il se déchire avec violence teintée d'alcool.

NB : Mauvais genre rappelle aussi que c'est avec la Première Guerre Mondiale que les femmes ont du prendre le chemin de l'usine pour replacer les hommes partis au combat.

Cette BD terrible retrace une magnifique mais ô combien tragique histoire d'amour avec des dessins en osmose avec le récit. On ne sort pas indemne de cette BD qui traite d'un sujet connu dans un environnement historique trop connu.

 

 

 

Challenge amoureux chez l'Irrégulière, catégorie "Les histoires d'amour finissent mal... en général"

Challenge amoureux chez l'Irrégulière, catégorie "Les histoires d'amour finissent mal... en général"

12/12, challenge chez Hérisson

12/12, challenge chez Hérisson

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Juin 2014

BD - Editions Casterman - 88 pages - 16 €

 

Parution en février 2012

 

L'histoire : Après avoir fui le nazisme, Stefan Zweig et son épouse Lotte croient fouler au Brésil une terre d'accueil, loin du chaos qui embrase l'Europe. Mais la menace rôde jusqu'au fin fond de l'exil. Comment l'écrivain humaniste, rescapé du "monde
d'hier", échapperait-il à ses démons ?

 

Tentation : Blogo + Sorel

Fournisseur : La bib

 

 

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Mon humble avis : Cette BD est l'adaption du roman éponyme de Laurent Sekzik dont vous trouverez mon billet ICI  .

L'auteur Sekzik et le dessinateur Sorel ont travaillé de concert sur cette superbe BD, à la demande de l'éditeur Flammarion / Casterman. Pour l'avoir rencontré, je sais que Guillaume Sorel avait posé comme condition à sa participation de pouvoir particulièrement insister sur la relation de couple de Zweig et Lotte, sa deuxième épouse.

Et j'avoue que c'est fort judicieux et qu'ainsi, j'ai nettement préféré la BD au roman. Dans le roman, les personnages m'avaient déçue.Je les trouvais "mous", très démissionnaires et du coup, peu aimables au sens littéral du terme, et presque distants l'un de l'autre. Ici, c'est la tendresse qui unit le couple qui saute aux yeux, et ça fait du bien.

Comme d'habitude avec Guillaume Sorel, le graphisme est superbe et illustre parfaitement, au fil des pages, la mélancolie puis l'abattement qui s'immiscent en Zweig d'abord, puis en son épouse dévouée et aimante. Paysages et couleurs sont majestueux et les textes qui vont ici droit au but, nous laisse percevoir plus nettement la désolation des deux personnages, que l'on comprend à la limite mieux que dans le roman. Enfin, ce n'est pas la désolation que l'on comprend, puisque logique dans un tel environnement historique, mais le sentiment d'impuissance de Zweig devant cette prévisible fin d'un monde en fonction de l'avancée des Nazis et de la mise à jour de leur cruauté envers les juifs.

Dans la BD, Lotte parait bien moins être dans l'ombre de son mari, moins effacée, plus battante. Elle pourrait même sembler être une femme en avance sur son temps. Ce qui m'a bien plus et a laissé naitre en moi une réelle empathie dont la lecture du roman m'avait hélas privée.

Il va sans dire que la fin tragique, connue de tous, est magistralement mise en page, une fois de plus, par Sorel.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Mai 2014

BD  Editions Vents d'Ouest - 57 pages - 13.90 €

 

Parution le 16 janvier 2013

 

L'histoire : Que de chemin parcouru ! De la petite serveuse de Harlem, Anna s est faite exploratrice et actrice, afin d embarquer en Afrique sur les traces de son père. Mais l euphorie est désormais loin, tandis que l idyllique voyage s est transformé en cauchemar... Comment ne pas finir par croire la rumeur que l expédition est maudite, quand les mauvaises rencontres se multiplient, que la nature se fait hostile et que chacun se retranche dans sa folie... Anna quant à elle, est plus déterminée que jamais : elle ne rentrera pas sans aller au bout de sa quête.
Au croisement d'Out of Africa et des romans de Joseph Conrad, ce triptyque retrouve le souffle romantique de la grande aventure, et offre une fin grandiose et terrible.

 

Tentation : Les 2 premiers tomes !

Fournisseur : la bib'

 

étoile2.5

Mon humble avis : je vous mets en garde, le fait de lire ce 3ème tome quelques mois après les deux premiers doit influer sur mon humble avis. Si j'avais lu les 3 tomes d'affiler, sûr que mon avis sur Sanyanga s'en trouverait plus positif. Ma mémoire étant une vraie passoire, je ne me souvenait de l'histoire qu'en général, et pas en détail.

De ce fait, ce troisième tome m'a paru confu, car je mélangeais les personnages, que ce soit dans leur apparence ou même leur patronyme. Alors, un peu perdue, j'ai bien moins apprécié cette lecture. Certes, l'Afrique y est toujours superbement décrite et dessinée dans toutes ses splendeurs mais aussi dans ses violences et dangers. Nous nous sentons vraiment en époque "coloniale" des grandes expéditions africaines. Nous croisons des têtes d'abrutis qui se disent chasseurs alors qu'ils laissent des charniers derrière eux.

La quête du père d'Anna semble avancer puis reculer, le mystère autour de sa disparition s'épaissait au fur et à mesure que l'expédition avance.

Mais certaines situations semblent se répéter et les dessins des scènes d'effroi ne laissent pas bien deviner à qui nous avons affaire.

Il en reste que le graphisme des paysages vaut largement le détour. Et mordus par l'histoire dès le premier tome, nous voulons connaitre la suite des aventures d'Anna et de ses compères, alors bien sûr, la lecture de ce tome 3 est incontournable, histoire de ne pas laisser une histoire en suspens. Mais un conseil, lisez la série complète d'une traite, afin de ne pas gâcher votre plaisir.

 

Mon billet sur les 2 premiers tomes

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Mai 2014

BD - Editions Sol.Quadrants - 144 pages - 17.95 €

 

Parution le 18 septembre 2013

 

Le sujet : Jung clôt ce voyage intérieur par l’évocation de ses années de jeunesse, étudiant à l’Institut Saint-Luc, amateur de jolies filles et de dessins. Il évoque aussi ce récent voyage en Corée effectué en 2011 pour le tournage de l’adaptation audiovisuelle de la série. Soulagement, sentiment d’appartenance retrouvé ou acculturation définitive ? Ses sentiments sont complexes et troublants. Et son récit toujours bourré d’humour et d’émotions.

 

Tentation : Les 2 premiers tomes !

Fournisseur : La bib !

 

 

étoile3etdemi

Mon humble avis : J'ai trouvé ce tome un "chouillat" en deça des deux autres, mais cette BD demeure quoiqu'il en soit incontournable.

C'est à 44 ans que Jung retourne enfin sur le sol de sa naissance et de sa toute petite enfance : la Corée du Sud. Quarante ans qu'il a été adopté et qu'il a donc obtenu la nationalité Belge.

L'humour et l'autodérision sont toujours là, qui permettent de rendre distrayante une lecture sur un sujet qui n'est pas drôle du tout. Le dessin est toujours aussi dynamique, plaisant et très parlant. Chaque case dit vraiment quelque chose avec peu d'effet. Un sacré talent !

Ce tome ci est vraiment émouvant, car il s'agit d'un homme qui retrouve ses racines mais qui ne sait pas encore clairement qui il est. Coréen, Belge ? Force est de constater que des avis tranchés et parfois antinomiques émergent. En Belgique, étant donné sa couleur de peau, Jung est plus souvent pris pour un touriste asiatique que pour un belge. En Corée, il se fond physiquement dans la masse mais ne possède pas la culture locale et surtout, ne maitrise pas la langue.

Jung découvre son dossier de l'orphelinat, dossier bien maigre en réalité, les parents biologiques étant supposés morts. Il se rend aussi à une émission de télé du genre "perdu de vue", spécialisées pour les adoptés d'origine coréenne, mais aussi pour les familles séparée par la division de la Corée. Les adoptés reprochent au gouvernement Coréen des années 60/70 d'avoir favorisé ces adoptions en masse et ne ne pas s'être occupé alors des mères célibataires.

Quoiqu'il en soit, de cette BD qui montre l'envers du décors de l'adoption internationale ressortent la cicatrice douleureuse de l'abandon, mais surtout une quête identitaire très forte, les adoptés ne sachant pas trop comment se situer. Certains se sentent par exemple pleinement américains, d'autre tentent d'entretenir leur culture d'origine. Hélas, et c'est rappelé ici, un certain nombre ne trouve que le suicide comme issue à ce déracinement.

Le sujet est délicat mais il est finement traité. J'ai néanmoins regretté un aspect moins ordonné de la narration, puisque des flash-back de l'enfance ou des années de jeune adulte de Jung parsèment ce récit. Et puis le visage de Jung parait parfois très jeune.

Mais il est très touchant de remarqué que l'enfant qu'il fut le suis partout, comme une ombre qui peut aussi le précéder. En espérant que l'ombre est l'homme parviennent à poursuivre chacun leur chemin.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Avril 2014

http://bd.casterman.com/docs/Albums/44333/9782203057753.jpg BD - Editions Casterman - 1044 pages - 17.00 €

 

Parution : le 29 mai 2013

 

Le ptich : De nos jours, une jeune femme se suicide dans son appartement… mais ce n’est que le début de son histoire. Sous le regard d’un chat complice, manifestement capable de continuer à la voir, elle se met à hanter l’immeuble où elle a vécu, témoin involontaire mais intéressé du quotidien intime de ses anciens voisins

 

Tentation : L'auteur

Fournisseur : Ma CB, pour mon anniv'

 

 

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Mon humble avis : Je me suis offerte cette BD en sortant de ma rencontre avec l'auteur Guillaume Sorel, le jour de nos anniversaires ! Nous avions évoqué durant celle-ci cet Hôtel Particulier, Guillaume Sorel précisant que c'était sa BD la plus personnelle.

Une couverture en couleurs, un intérieur en noir et blanc, avec parfois l'impression de sépia. Le graphisme est somptueux, soigné, j'y reconnais maintenant le pinceau de l'auteur ! L'absence de couleur accentue l'atmosphère mystérieuse régnant au fil des planches. Et puis les saynettes étant principalement vécues de l'au-delà, le noir et blanc se révèle vraiment propice à cette histoire de fantôme.

On retrouve le chat qui figuera aussi dans le Horla, qui n'est autre que feu le chat de Sorel lui même. Le chat, qui perçoit ce que l'humain ne voit pas... Parce qu'il est un mystère lui même depuis la nuit des temps, et parce qu'il erre discrètement un peu partout !!

L'immeuble où vivait Emilie, cette jeune femme qui se suicide dans les premières pages, semble on ne peut plus banal. Pourtant, au fur et à mesure qu'Emilie, invisible, s'invite chez ses anciens voisins, et bien l'on réalise qu'il n'est occupé que de gens particuliers. La symbolique est assez forte. Guillaume Sorel semble nous dire que si l'on prend le temps de se pencher sur chacun, on remarque que personne n'est commun. Ainsi, nous découvrons un homme qui invite chaque soir à sa table d'illustres personnages de la littérature ou de l'Histoire, un peintre malheureux qui cache ses biens dans une armoire secrète pour leur éviter l'huissier, un couple soit disant adultérin mais avec un mari mateur, une vieille folle qui met les chats dans une casserole... Bref, finalement tout un petit monde bien étrange, qui vit côte à côte sans ce soucier de l'autre tant que celui ci ne le dérange pas.... Tiens tiens, cela résume bien notre "art" de vivre au XXIème siècle...

Le sujet principal cette BD, c'est bien sûr le miroir. Le miroir dans lequel a plongé Alice, le miroir sans teint, le miroir qui nous renvoie notre image et l'image que les autres nous donnent d'eux même, voire de nous. Des images à chaque fois biaisées. Je pense que dans cet oeuvre, Guillaume Sorel nous dit d'une façon originale, poétique et à renfort d'allusions littéraires, qu'il ne faut pas se fier aux apparences, voire qu'il faut ce méfier de notre façon de les interprêter.

  http://www.bdgest.com/prepub/Planches/1294_P9.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Avril 2014

http://pochpower.org/files/slideshow/u5/somew01.gifBD - Editions Treizeétrange - 102 pages - 15 €

 

 

Parution en octobre 2007

 

 

 

Pitch : Jazz, confidences et oreilles de lapin.Un air jazzy qui revient comme un leitmotiv, et installe à lui seul l’ambiance magique, comme hors du temps, de ce recueil d’histoires courtes. Ces morceaux de vie qui n’ont, en apparence, aucun lien entre eux mais appartiennent en fait au même univers, à un même monde surréaliste digne de Boris Vian. Un monde où pluies de harengs pourris 

 

 

Tentation : Curiosité, pourquoi pas ?!!!

Fournisseur : La bib' 

   
étoile1etdemi
Mon humble avis : Bon, j'ai besoin d'un recentrage qualitatif en BD !  Car de celle ci, je suis complètement passée à côté, au point de la lire en 2 soirs, alors que les BD se lisent le plus souvent d'une traite.
Peut-être trop burlesque, décalé pour moi. En effet, il pleut des harengs, un homme obsédé par son travail se transforme en fourmis, un homme a des oreilles de lapin, une femme est entourée d'un cercle perpétuel de fumée de cigarette.
Les histoires sont très courtes, et les chutes.... pas souvent là.
Même les dessins ne m'ont pas séduite. Il y a au moins un personnage assez récurrant au fil des histoires, mais j'ai eu bien des fois des difficultés à le reconnaitre.
J'ai pourtant noté de bons passages, mais pas suffisants pour me pousser à tourner les pages joyeusement ! L'auteur se moque bien de la société, ça c'est sûr. Notamment de l'univers de la publicité, où l'on nous rend l'inutile indispensable. Ou encore, les charognards qui fondent sur votre malheur pour vous achever encore un peu plus en vous vendant tout et rien sont bien croqués.
L'originalité de cette BD tient dans sa bande originale ! Effectivement, chaque histoire fait référence au jazz et à un titre en particulier. Mais, mon absence de culture dans le domaine ne m'a pas permi d'apprécier cette singularité à son éventuelle juste valeur. A vous de voir ! Si vous êtes un jazzy mélomane, peut-être vous régalerez vous de cette BD !
http://www.bdtheque.com/repupload/G/G_11790_03.JPG

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Mars 2014

 BD - Editions Dupuis - 72 pages - 15.68 € http://www.bedetheque.com/media/Couvertures/QuelquesMoisALamelie1tl_02022008_003448.jpg    

 

 

 

Première parution en 2002

 

 

 

L'histoire : À cinquante ans, Alys Clark, est un homme en rupture. En rupture d'inspiration, incapable d'écrire une ligne, l'écrivain sillonne la France, de bibliothèque en centre culturel, pour parler littérature. En rupture d'amour et de bonheur, hanté par la mort de son père, l'homme cède à la dépression. Jusqu'au jour où il exhume un livre d'un rayonnage poussiéreux, le livre d'un autre. Ce récit, en apparence autobiographique, respire la joie de vivre....

 

 

 

Tentation : La blogo, il me semble, il y a déjà un moment.

Fournisseur : La bib

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : C'est la deuxième fois que je lis cet auteur. Et quand je reparcours mon billet de Le sommeil de Léo, il me semble que je pourrais presque faire un "copier / coller" pour rédiger ce billet. J'ai traversé cette BD sans que rien ne me retienne vraiment. Pourtant, la fin est originale, sympathique et inattendue (de moi en tout cas !). Pourtant aussi, l'idée de partir, comme le fait Clark, en suivant le chemin d'un autre et en laissant le hasard des rencontres faire le reste me plait. Mais une fois de plus, les personnages ne m'ont pas touchée vraiment. Qui plus est, les écrivains dépressifs en manque d'inspiration commence à me lasser, trop nombreux qu'ils sont en littérature, BD, cinéma.

Et puis l'insertion constante de flash back non "annoncés" m'a dérangée. Non pas que j'attends que l'auteur me dise "attention flash back", mais j'aime quand il est clair que j'ai affaire à un de ces fameux flash back. Hors, pour moi, lors de cette lecture, ça ne l'était pas. Du coup, la chronologie du récit m'a semblé aléatoire de prime abord. Plus d'une fois, je suis retournée à la page précedente pour voir si j'avais manqué quelque chose pour conclure... Ah, un autre flash back.

Reste que graphisme, dessins, couleurs, paysages marins sont agréables, mais ce n'est pas suffisant pour me faire apprécier pleinement une BD.

NB : Un très joli moment que j'ai adoré : celui de la dictée grandeur nature, gravée dans le sable d'une plage ! Ca oui, superbe !

 

 http://www.planetebd.com/dynamicImages/album/page/large/45/album-page-large-4542.jpg

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Mars 2014

http://www.brusel.com/wp-content/uploads/2014/02/horla.jpgBD - Editions Rue de Sèvres - 64 pages - 15 €

 

 

 

Parution le 12 mars 2014 (Nouveauté)

 

 

 

4ème de couv : Je ne suis pas fou... Quelque chose habite avec ici... avec moi. Elle peut toucher les gens... "Il" se nourrit d'eau et de lait... Mais je ne peux la voir...

Je suis possédé ! Quelqu'un possède mon âme !

 

 

 

 

Tentation : Le titre et Gilles Paris

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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 Mon humble avis : Cet album est un pur chef d'oeuvre visuel ! Du pur bonheur ! Les dessins, graphiques et couleurs sont on ne peut plus sublimes et nous plongent avec délice dans l'atmosphère deu 19ème siècle et avec terreur dans les effrois et cauchemards du narrateur qui le mèneront à la folie. Quel coup de pinceaux ! J'en reste sans voix d'admiration. Alors cette BD est bien évidemment aussi un magnifique objet ! Belles couverture et reliure, papier de qualité et doux.... A s'offrir ou à offrir sans hésiter.

Bien entendue, cette BD est inspirée de l'oeuvre éponyme de Guy de Maupassant. Le Horla, je l'ai lu en classe de seconde, donc en 1988 ! Ca ne date pas d'hier. Mon souvenir était imprecis : une sensation de peur intense, présence de l'autre. C'était le premier "classique" que je lisais avec un plaisir immense  Aussi, cet album était vraiment le bienvenu pour me rafraichir la mémoire.

Le narrateur coule des jours heureux dans sa grande demeure, sur le bord de Seine Rouannais me semble t-il. Il a quelques personnes dévouées à son service. Un jour, des navires Brésiliens déchargent leur cargaison sur les quais.... Quelques jours plus tard, les nuits, puis la vie du narrateur ne seront plus jamais les mêmes... Des carafes d'eau qui se vident seules, des objets qui bougent, une fleur cueillie par une main invisible. Et puis, partout et tout le temps, cette impression de ne pas être seul... mais de ne rien voir.... Et cette chose invisible qui devient toute puissante sur le narrateur jusqu'à le garder prisonnier chez lui.

Au fil des pages, les traits du personnage sont de plus en plus tendus, terrifiés et la violence visuelle (parce que psychologique) s'intensifie par les couleurs plus sombres puisque le narrateur s'enferme de plus en plus dans sa chambre. Puis, au sommet de la terreur, les dessins prennent les couleurs des feux de l'enfer : rouge, jaune, orange.

A noter que le narrateur prend la fuite un moment au Mont Saint Michel. Et là, les dessins : Wow wow wow !!!!!

Le Horla prend une forme très contemporaine dans le dessin de cet album, presque effets speciaux cinéma, quelque part science fiction ou film d'horreur ! On sent vraiment qu'il enveloppe sa proie et s'en nourrit. Le narrateur n'est pas le seul à angoisser !

Bien entendu, je ne vais pas refaire l'analyse littéraire de l'oeuvre que l'on a du me servir il y a 25 ans et que j'ai complètement oubliée. Mais pour moi, cette histoire parle très bien de la folie, de la peur....Il pourrait aussi, à notre époque, évoquer la dépression qui s'immisce petit à petit, avec cette impression de ne pas être seul en soi même, puisque l'on ne se reconnait plus, quand un autre nous prend les rennes du pouvoir... Car même si cette oeuvre traite du surnaturel, mon humble avis est que le narrateur se bat contre son démon intérieur, comme Maupassant luttait déja contre la folie lorsqu'il a écrit Le Horla.

Bref, il est grand temps pour moi de me replonger dans les écrits de mon écrivain classique préféré et que j'ignore depuis plus de 10 ans.

Et cette BD rend un très très bel hommage à Maupassant. Vraiment, l'univers à bulles est d'une richesse qui je ne soupçonnais pas, et qui ne cesse de m'étonner et m'éblouir !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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