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Publié le 27 Septembre 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions Vraoum - 149 pages - 20 €

 

Parution en novembre 2015

 

Le pitch : 2014, Lénaïc et sa compagne partent en voyage dans un pays qui vient juste d’ouvrir ses portes au tourisme : l’Iran. De Téhéran à Chiraz en passant par Ispahan, Lénaïc nous emporte dans un récit plein d’humour et de rencontres, en tordant le cou à de nombreux clichés. On découvre la civilisation perse, ses ruines et son passé, mais aussi la culture contemporaine d’une population partagée entre conservatisme et ouverture. Et on rit beaucoup.

 

Tentation : le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Voici l'Iran comme vous pourriez sans doute la voir et la percevoir si vous décidiez d'y partir en voyage touristique.

Bien évidemment, Bons baisers d'Iran n'est pas sans rappeler les génialissimes albums de Guy Delisle. A la différence près que Delisle passait plus d'un an à vivre comme expat' dans les pays qu'ils croquaient, à rencontrer la population et à s'y intégrer autant que possible. Cela amenait des BD plus aboutis dans l'analyse des situations et une oeuvre moins anecdotique.

Mais ne boudons pas notre plaisir avec ces Bons Baisers d'Iran. Les dessins sont simples, en noir et blanc, et très parlants. C'est donc tout à fait efficace pour décrire les incongruités d'un pays qui cherche son évolution tant intérieure qu'au niveau international. D'ailleurs, il me semble que depuis que cette BD est sortie, la situation de l'Iran dans le monde a encore changé.

On apprend beaucoup de chose avec cette BD. Notamment que Téhéran est une des villes les plus laides et polluées du monde. Twitter et Facebook sont interdits alors que les dirigeants du pays communiquent via ces réseaux sociaux. Bien entendu, nombre d'iranien ont trouvé un moyen de contourner cette interdiction. Sont abordés bien sûr les thèmes de la politique, de la religion et de la propagande systématique que l'entoure (souvent décriée par les personnes rencontrées), l'économie, les droits de l'Homme, le mode de vie des iraniens et surtout, le mode d'emploi du voile pour qu'il ne s'envole pas. 

Tout ceci est traité avec un bel humour, donc on rit et sourit souvent en cours de lecture.

Après, bien sûr, 3 semaines de voyages, c'est un peu court pour aller en profondeur et se défaire de ses préjugés occidentaux. Avec Guy Delisle, c'est par exmple, la Corée du Nord comme jamais vous ne pourrez la vivre, avec Lenaïc Vilain, c'est l'Iran comme vous pourriez la percevoir. A savoir que l'Iran est un pays magnifique, culturellement passionnant et qu'il se rouvre enfin au tourisme !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Septembre 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions rue de Sèvres - 84 pages - 19 €

 

Parution le 5 octobre 2016 : Rentrée littéraire !

 

L'histoire : Où est la valeur d'une vie? Dans le bruit et la fureur ou dans le recueillement du silence? Dans ses batailles ou ses renoncements? William, lui, a choisi la solitude et le silence il y a 25 ans en intégrant l'ordre religieux des chartreux. Quand un héritage le contraint à quitter le monastère pour Paris, c'est tout un monde nouveau qu'il doit apprivoiser, des certitudes longuement forgées à interroger et surtout, son ancienne vie, laissée là, qu il va retrouver.... Sa rencontre avec Méry, jeune femme aux jours comptés du fait d'une maladie incurable mais résolument décidée à profiter du temps qu'il lui reste, le confrontera à de nouvelles questions et compliquera ses choix. 

 

Tentation : le pitch et le nom de l'auteur !

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

 

 

Mon humble avis : Quel album, de toute beauté dans tous les sens du terme !

Déjà, l'objet en lui-même est magnifique, très agréable au toucher, à regarder, à feuilleter. Les dessins sont de ceux qui me plaisent : aboutis, réalistes, précis, les visages ressemblent à des visages et les décors sont somptueusement croqués !

Pour le reste, atmosphère, textes, scénario, tout n'est que finesse, tact, délicatesse et intelligence.

Depuis 25 ans, William mène une vie monacale chez les Chartreux (l'un des ordres religieux les plus "fermés") où il se dédie à la prière et au silence, et respecte ses voeux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté. Un jour, le monastère reçoit un courrier obligeant William à sortir de sa retraite du monde : sa présence est obligatoire pour la lecture d'un testament où il figure comme légataire. 

William quitte donc son monde de reclus et redécouvre la vie citadine et sociale du XXIème siècle. C'est pour lui l'occasion de laisser ses souvenirs d'antan se raviver, de se poser des questions sur son propre choix et ses conséquences sur les autres.

A travers William et les personnages qu'il rencontre lors de sa bref escapade, Zep nous donne l'occasion de réfléchir sur  notre mode de vie et sur ce que nous considérons comme essentiel. Qu'est-ce qui pousse un être à s'engager dans les ordres, d'autant plus celui des Chartreux ? Une fuite, une quête, un mélange des deux ? Le choix que l'on fait à 20 ans est-il toujours aussi volontaire 25 ans après ?( choix religieux, amoureux, professionnels ) Quel est notre rapport au sacré (et où le plaçons nous) ? Au silence ? Au bruit de la société de consommation. Qui passe à côté de sa vie dans tout cela ? Le monacal ou celui qui court après la réussite.

Zep a formidablement bien réussi à rendre le voeux de silence de William. Celui-ci devient palpable à certains moments et, pour le lecteur, ce sont des bulles réduites au minimum le plus souvent possible et voire, par moment, pas de bulles ni de textes. Au lecteur de créer ses propres bulles, de remplir les espaces libres proposés par Zep !

Bref, une magnifique BD, propice à la réflexion et l'introspection. Et curieusement pour moi, un BD qui colle à "mon actualité" quelque part, puisque ce weekend, je me rends en Bourgogne pour assister aux voeux religieux d'une de mes nièces.

Dommage que ce soit une BD, car je serai bien resté plus longtemps encore avec ces personnages, pour approfondir encore leur complexité et partager avec eux encore plus de réflexions.

challenge12016br

4

Je ne crois pas malgré moi. C'est un choix, vous savez... Mais ce choix de croire, je le refais chaque jour. Certains jours, c'est plus difficile"
(William)

Un bruit étrange et beau, de Zep

"La mort m'a fait si peur, ce jour là, que j'ai voulu croire en un Dieu plus fort qu'elle et j'ai fini par choisir une vie voisine de la mort"
(William)

Un bruit étrange et beau, de Zep

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Septembre 2016

Afficher l'image d'origineBD - Edtions Futuropolis - 224 pages - 24 €

 

Parution en octobre 2015

 

Le sujet : Etienne Davodeau est auteur de bande dessinée. Benoît Collombat est grand reporter à France Inter. L'un est né en 1965, l'autre en 1970. Ils ont grandi sous la Ve République fondée par le général de Gaulle, dans un pays encore prospère, mais déjà soumis à la " crise " . l'Italie et l'Allemagne ne sont pas les seules nations à subir la violence politique. Sous les présidences de Pompidou et de Giscard d'Estaing, le pays connaît aussi de véritables " années de plomb " à la française. Dans ces années-là, on tue un juge trop gênant. On braque des banques pour financer des campagnes électorales. On maquille en suicide l'assassinat d'un ministre. On crée de toutes pièces des milices patronales pour briser les grèves. On ne compte plus les exactions du Service d'Action Civique (le SAC), la milice du parti gaulliste, alors tout-puissant. Cette violence politique, tache persistante dans l'ADN de cette V° République à bout de souffle, est aujourd'hui largement méconnue. En sillonnant le pays à la rencontre des témoins directs des événements de cette époque - députés, journalistes, syndicalistes, magistrats, policiers, ou encore anciens truands -, en menant une enquête approfondie, Etienne Davodeau et Renon Collombat nous révèlent l'envers sidérant du décor de ce qui reste, malgré tout, le cher pays de leur enfance...

 

Tentation : J'aime Davodeau

Fournisseur : La bib'

 

 

 Mon humble avis : Pas de pattes de chat aujourd'hui pour afficher visuellement mon avis sur cet album pour la bonne et simple raison : je ne suis pas allée au bout de cette BD. Parvenue au premier tiers, je me suis résolue à l'abandon.

C'est aussi pour cela que j'ai copier/coller le pitch en entier, même si celui-ci est bien long. Mais au moins, cela vous permet d'avoir une bonne idée globale de "cher pays de notre enfance".

Pourquoi l'abandon... Parce que cette BD est trop copieuse pour moi. Certes, j'aime m'instruire en BD, mais là, c'était trop pour moi... puisque pas ou peu d'histoire, beaucoup d'Histoire, en fait, il s'agit plus d'un documentaire, ultra documenté ! Je n'avais pas la concentration nécessaire pour retenir ce que j'apprenais, ni m'y retrouver dans la multitude de personnages cités - certains connus en général, d'autres non - bref, je me mélangeais tant dans la chronologie que dans les rôles tenus par chacun. 

Et pourtant, le sujet est intéressant et à le mérite d'être développé et expliqué de façon "plus abordable" que par un reportage de journal ou un essai. Et pourtant, les faits développés ici se déroulent aussi dans l'époque de mon enfance pour certain, voire de mon adolescence.

Après, ce qu'il y a de bien avec cette BD, c'est que ce qui se déroulait en France (plus ou moins sous le manteau) est largement oublié depuis. Donc le remettre au goût du jour permet tout de même de se dire qu'il y a 30 ou 40 ans, les politiques étaient déjà roublards, la France déjà dans un certain foutoir. Donc rien de changé sous le soleil hélas !

Mais les grandes bulles emplies de textes pas distrayants pour deux sous ont eu raison de moi.

Si vous êtes friands de ce type de sujet, cette BD vous plaira, voire vous passionnera à coup sûr. Mais ce n'est pas mon cas !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Août 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions 6 pieds sous terre - 13 €

 

Parution en mai 2015

 

L'histoire : Un auteur de bande dessinée, alors qu'il fait ses courses, réalise qu'il n'a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l'auteur le menace et parvient à s'enfuir. La police est alertée, s'engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles. Assez vite les médias s'emparent de l'affaire et le pays est en émoi. L'histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d'engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l'auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l'ensemble de la société.

 

Tentation : AGFE

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Voici une BD aussi hilarante que cruelle sur notre triste monde et ses travers ! Le dessin est certes assez minimaliste, donc pas de ceux que je préfère, mais il est, à sa façon, très parlant !

En fait, tout au long des planches, on flotte entre burlesque et surréalisme ! Cynisme et affection.

L'auteur part en guerre humoristique (pour mieux frapper) sur toutes les idées préconçues, les préjugés, les mimétismes et les soi-disant bonnes manières qui ruinent notre liberté, notre logique, toutes ses petites règles mesquines qui nous asservissent et nous uniformise dans un monde où l'on est coupable de tout, surtout si l'on est différent.

Ici, Fabcaro prend une situation de départ ubuesque : dans un hypermarché, un client, par dessus le marché auteur de BD, est coupable de ne pas avoir sur lui sa carte de fidélité ! Il se défend avec une botte de poireaux et prend la fuite. Il sera traqué sans relâche et deviendra la principale conversation en France, que ce soit dans les médias, dans le monde politique et philosophique, dans les familles, ou encore, dans les bistrots et commerce de proximité.

Fabcaro se moque donc aussi ouvertement du traitement du fais divers en France et dénonce comment, d'un événement plus que banal, on crée "l'affaire" et la psychose.

Tout est décalé, jusqu'à chaque dialogue dans chaque bulle, et pourtant, on reconnait bien notre monde ! Entre premier et 4ème degré, il y en a pour tous les goûts et pour tous les muscles zygomatiques !

Je me suis particulièrement amusée de la parodie à peine déguisée des chansons des restos du coeur, du raccourci entre Super U et les juifs (lire la BD pour comprendre !!), les flics qui s'interroge entre eux pour savoir qui parle le "lozérien" (là, c'est une bonne critique de la centralisation et du tout Ile de France), du présentateur de JT qui annonce retrouver plus tard sa correspondante pour d'autres suppositions, de l'analyse du fait divers par les politiques qui se disputent la posture physique qui donnera le plus de poids à leurs propos, j'en passe et des meilleurs !

C'est donc truculent et hélas, trop vite lu, car la BD n'est pas bien épaisse !

 

L'avis d'AGFE

ZAÏ ZAÏ ZAÏ ZAÏ, BD de FABCARO

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Juillet 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions Gallimard - 128 pages - 17.90 € par tome

 

Parution du tome 1 en 2011 et du tome 3 en 2016

 

L'histoire : Phnom Penh, avril 1975. Les Khmers rouges ont pris la capitale et le pouvoir. Comme tous les habitants de la ville, Lina - sur le point d'accoucher - et sa famille sont dirigées hors de Phnom Penh. Subitement démunis, ils avancent dans la campagne cambodgienne, survivent dans la confusion, et entrevoient peu à peu ce que veut dire cette révolution. S'ils comprennent que leur vie ne sera plus jamais la même, ils sont encore loin d'imaginer la tragédie de leur pays tout entier...

 

 

Tentation : Ma super bibliothécaire qui connait très bien mes goûts !

Fournisseur : La bib' donc !

 

 

Mon humble avis : Un énoooorme coup de coeur pour ce triptyque, je le crie haut et fort sans détour. A lire absolument ! Cette BD est un coup de poing dans le ventre, elle broie le coeur et marque l'esprit pour l'éternité. Et, bien sûr, elle nous fait être heureux de vivre en France, où, depuis 1945, nous sommes épargnés de tant d'horreurs, même si je n'oublie pas l'année 2015 qui fut tragique en France.

Je ne vais pas dire que j'ai appris un million de chose, car le Cambodge, je connais bien pour y Afficher l'image d'origineavoir été en 2014. Et ce pays et les explications des guides sont si marquantes que 10 ans après, on en garde des souvenirs intacts, en tout cas pour l'essentiel. J'ai visité la fameuse prison S21 dans un  silence de mort et la chair de poule, malgré les 30 degrés extérieurs. Je me souviens du guide de notre groupe, qui, survivant du massacre, nous a raconté que son beau-frère avait assisté à l'éventration de son épouse enceinte...

Mais si vous connaissez peu ou pas l'histoire dramatique du Cambodge, ces 3 albums vous ouvriront les yeux sur l'un des génocides les plus cruels du monde, génocide qui se déroula sous les yeux d'un occident bien au courant de ce qui se passait dans ce pays d'Asie et qui, bien sûr, n'a pas bougé un pouce...

1975... Pour combattre l'envahisseur impérialiste (Américain, Européen), les Khmers Rouges prennent le pouvoir. Sous les ordres d'Angkar ("L'organisation, avec Pol Pot à sa tête), les Khmers Rouges vident Phnom Pen de sa population et exile tout le monde à la campagne pour réformer le pays, dans des camps villages de rééducation. Et les purges commencent. Intellectuels, fonctionnaire et militaires de l'ancien régime, médecins, puis n'importe quels protestataire seront exécutés. Entre 1975 et 1979, le Cambodge perdra un tiers de sa population : exécutions sommaires, tortures, travaux forcés, épuisement, sous-nutritions et exils.

Sur ces 3 tomes, nous suivons 3 familles, donc celle de Khim et Lina. Lina qui, 3 jours après la prise de Phnom Pen accouche d'un petit garçon Chan, alias Tian, l'auteur de ces albums. Autant dire que nous lisons ici une autobiographie très documentée et servie par les nombreux témoignages des proches de Tian, plus de 30 ans après les faits.

Afficher l'image d'origineLes Khmers Rouges ont dépossédés les Cambodgiens de tout. De leurs maisons, de leur religion, de leur dignité, de leur famille, de l'éducation de leurs enfants : "Ne vous inquiétez pas, Angkar a tout prévu, Angkar s'occupe de tout". Pendant 4 années, chacun a vécu avec la faim et la peur au ventre. La peur d'être dénoncé ou démasqué à propos de l'ancienne profession, la peur qu'un garde Khmer vienne vous dire : "Angkar veut vous parler". Car quand Angkar veut vous parler, vous ne revenez pas.

Ce récit est donc autant bouleversant qu'intéressant, d'autant plus que quelques pages sont destinés à résumer la situation par des croquis simples mais très évocateurs. Seul mini bémols, il est parfois difficile de reconnaitre visages et personnages, malgré l'arbre généalogique qui se trouvent en début du 2ème et du 3ème tome. Car les protagonistes maigrissent, se retrouvent de force tous vêtus de la même façon etc. Mais cela n'empêche en rien d'être pris par ce récit et saisi par ce qui se déroule devant nos yeux de lecteurs.

L'histoire finit par l'exil en Europe ou au Canada des survivants des 3 familles que nous suivons. Mais l'Histoire ne s'arrête pas là, car en 1979, c'est l'invasion Vietnamienne qui mène à la chute des Khmers Rouges donc à une autre guerre.

Et l'Histoire n'est toujours pas terminée. Car, il y a 10 ans, lors de mon voyage "Au pays du sourire", chaque jour, des hommes, des femmes et des enfants se retrouvaient estropiés à vie par les mines anti-personnel. En 2007, 19 733 fosses communes sont recensées et depuis, chaque année, ce sont 150 fosses qui sont découvertes. Et ce n'est qu'en 2009 qu'un tribunal parrainé par les Nations Unis a jugé les hauts dirigeants Khmers Rouges pour crimes de masse et crimes de guerre contre l'humanité.

Alors certes, la vie n'est pas toujours facile en France. Mais je trouve que certains français feraient bien de voyager un peu (si le Cambodge n'est plus d'actualité, ils pourraient aller en Syrie par exemple) ou de lire ce type de récit. Ils comprendraient alors pourquoi et dans quels conditions des peuples entiers se retrouvent à fuir leur pays pour rejoindre, entre autre, notre douce France (Europe), même si je suis consciente qu'à elle seule, elle ne peut pas sauver la terre entière. Mais tout de même, tant face à certaines lois ou à "l'invasion" de migrants, il serait bien de relativiser ou en tous cas d'avoir "Un autre regard".

 

Pour parfaire votre culture sur cette dictature Khmers Rouges, je vous conseille "Le temps des Aveux", le dernier film de Régis Wargnier, qui fut injustement un échec commercial, mais qui est à mes yeux un film magistral, même si au propos très dur.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Mai 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions Rue de Sèvres - 98 pages - 18 €

 

Parution le 20 avril 2016

 

Le sujet : C est l'histoire des meilleurs moments de l'amour : ils se rencontrent, se regardent, se parlent des nuits entières, s aiment sans cesse... il la peint, elle s amuse à être peinte...et après ?Véritable portrait d un couple contemporain, cet album traverse les questions éternelles de l'amour et les éternelles questions de son auteur : l'art, la religion, l'amitié...

 

 

Tentation : Ma curiosité

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi.

 

 

Mon humble avis  : Oui, il existe encore des personnes qui n'ont jamais rien lu du prolifique et réputé Joan Sfar : moi. Du coup, ma curiosité m'a poussée vers sa dernière BD parue il y a quelques jours. Donc totale découverte pour moi d'un univers... qui hélas ne semble pas fait pour moi. Cette BD ne m'a pas plu, ne m'a pas touchée, ne m'a pas captée en fait. En premier lieu d'abord je pense parce que je suis insensible à ce genre de dessins, dessins plutôt "grossiers", irréguliers, biscornus, bref, "pas propres".

Cette histoire est surtout constituée d'une succession de saynètes qui m'a plutôt déroutée. Comme s'il manquait un fil conducteur pour m'accrocher. Certes, certains passages et sujet abordés sont intéressants (l'amour, le couple, l'art, la religion, l'amitié) mais le plus souvent de manière assez superficielle, pas assez creusée pour me donner envie de prendre part à ses réflexions et pour me marquer. Normalement, le sujet principal de cette BD est le cheminement de pensée d'un artiste, et bien cela ne m'a pas sauté aux yeux. En fait, ce que je reprocherais le plus à cet album, c'est de tout survoler, même si parfois, c'est le format BD et bulles qui empêche évidemment un plus ample développement.

Bref, le génie reconnu de Joann Sfar ne s'est pas manifesté ici pour moi. Il faudra sans doute que je lise autre chose de l'auteur pour que celui-ci (le génie), se révèle !

 

Je vous invite à lire la critique sans doute bien plus éclairée et complète que la mienne de Nelfe

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Janvier 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions Allary - 160 pages - 20.90 €

 

Parution en mai 2014

 

L'histoire : Un roman graphique où Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.
Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille part s'installer en Syrie.

 

 

Tentation : AGFE

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Riad Sattouf a un CV long comme le bras, et je ne connaissais même pas son nom avant ma lecture ! Parfois, je me demande sur quelle planète je vis !

Enfin bref, cette BD est ultra intéressante, voire incontournable ! Le tome 2 est déjà sorti et le 3ème est en préparation si j'ai bien tout compris.

L'Arabe du futur, c'est en fait l'Arabe qui va à l'école. Il y a quelques générations, rares étaient les habitants des pays arabes à avoir accès à une réelle éducation et à pouvoir suivre des études supérieures. Puis des dictatures, militaires, communistes ou religieuses se sont installées à gauche et à droite, pour le meilleur ou pour le pire. Dans le meilleur : l'école gratuite, que ce soit en Libye ou en Syrie... Cette école qui paradoxalement, instruit le peuple, lui donnant notamment des "armes" pour renverser ces pouvoirs despotes...

Cette BD est passionnante à lire, même si les dessins ne m'ont pas plu plus que ça. Il n'empêche, nous y observons le regard candide d'un enfant sur les différences et les nouvelles cultures qu'il côtoie, l'humour et la distance et l'analyse de l'auteur devenu adulte.

Certains passages frôlent l'absurde, pourtant réel, comme lorsqu'on apprend qu'en Lybie, à l'époque de Kadafi, tout appartement vide de personne est considéré comme libre. Donc vous partez en balade et à votre retour, une autre famille s'est installée !

D'autres moments sont émouvants ou glaçant, comme lorsque notre jeune Riad découvre la pauvreté des Syriens, le racisme dont il est l'objet (oui, Riad est blond, comme sa mère), et la violence qui paraît latente chez chacun, dans un pays si près d'Israël, de l'Iran... Un pays qui semble connaitre plus de guerre et de menace que de paix.

Et l'on réalise bien que le racisme, les aprioris, les idées toutes faites sur l'autre comme la certitude d'être dans la vérité sont partout, notamment chez le père de Riad dont moult réflexions m'ont choquée.

Très intéressant aussi sont ces rappels historiques. Exemple : La Syrie faisait partie de l'Empire Ottoman jusqu'au morcèlement de ce dernier suite à la Première Guerre Mondiale. Puis, la France hérita d'un mandat sur la Syrie de 1920 à 1943. Toujours utiles aussi, ces explications simples mais claires pour différencier musulmans Sunnites, Chiites, Alaouites et saisir la complexité de la situation géopolitique du Moyen Orient.

Pour conclure, je vous conseille vivement de lire cette BD tantôt mignonne, tantôt drôle, parfois glaçante mais toujours passionnante et instrutive.

A savoir tout de même, L'Arabe du futur" a reçu le prix du meilleur album 2015 au Festival d'Angoulème !

 

En complément : le billet d'AGFE

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Décembre 2015

Afficher l'image d'origineBD - Editions Delcourt - 256 pages - 18.95 €

 

 

Parution en octobre 2014

 

L'histoire : Dans la vie d'un couple, la naissance d'un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. Quand sa petite fille naît porteuse d'une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s'écroule. De la colère au rejet, de l'acceptation à l'amour, l'auteur raconte cette découverte de la différence.

 

 

 

Tentation : Médias & blogo

Fournisseur : La bib'

 

 

LA DERNIERE NUIT DU RAÏS, de Yasmina KHADRA

 

Mon humble avis : Ce roman graphique est loin d'être anodin puisqu'il s'agit du témoignage autobiographique de l'auteur. Un témoignage sans fard, sans tabous, cruel parfois, tendre souvent, magnifique en entier !

C'est très émouvant à lire car forcément, on ne peut s'empêcher de se poser la question : "Et si c'est à moi que "cela" arrivait, quelle serait ma réaction". Les parents concernés par la trisomie 21 d'un de leur enfant trouveront ici sans doute un écho (rassurant ou encourageant) à leur histoire personnelle.

Ce qui marque avant tout dans ce récit, c'est la sincérité. Car vraiment, Fabien Toulmé n'élude rien de son parcours, le labyrinthe administratif et hospitalier, ni les réflexions et pensées intimes qui pourraient paraître révoltantes, ni l'angoisse du futur.

Car lorsque la trisomie de sa seconde fille Julia est diagnostiquée, pour Fabien Toulmé, c'est la fin du monde. Il n'arrive pas à considérer le nourrisson comme son enfant. Ce sera le rejet total. Il lui faudra des semaines pour parvenir à la prendre dans les bras, des mois pour s'occuper d'elle.

Et puis, petit à petit, l'instinct paternel et maternel se révèle au détour d'un geste, d'une peur, d'un regard. Et Fabien Toulmé finit par tomber en amour pour sa petite fille différente, qui est un "enfant bisous", c'est ainsi que les trisomiques sont affectueusement nommés, eu égard à l'immense amour qu'ils donnent !

On s'attache beaucoup à cette petite famille finalement ordinaire, (même si Maman est brésilienne), et on guette autant les progrès de l'enfant que ceux des parents. Et l'on se dit : "J'aimerai que Toulmé publie une suite, car lorsque ce volume s'achève, nous abandonnons Julia à ses deux ans, et voudrais la suivre encore dans la découverte de la vie et d'elle-même.

Au niveau graphique, rien d'exceptionnel, les dessins simples et les bulles sont très clairs et parlants, ils vont droit au but. J'ai juste détesté la façon dont Toulmé dessine certains nez, mais c'est du détail !

A noter, Fabien Toulmé mêle habilement humour et amour, pour délivrer une oeuvre résolument optimiste, une oeuvre qui fait du bien, une oeuvre à lire absolument (que l'on soit directement concerné ou pas du tout) !

Ce n'est pas toi que j'attendais, mais je suis tout de même content que tu sois venue

Fabien Toulmé

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Octobre 2015

Afficher l'image d'origineBD - Editions Grand Angle - 48 pages - 13.50€/tome

 

Parution en juin 2011

 

L'histoire : La Nouvelle Orléans, années 1990. Il est difficile, pour certains hommes, de tirer un trait sur leurs rêves de jeunesse. Alvin, guitariste et chanteur de jazz de second rang, est de ceux là. À l’heure où d’autres n’aspirent qu’à une retraite paisible, il a encore foi en sa bonne étoile. Affublé de deux vieux compagnons de route, il part à la recherche de Cornelius, trompettiste légendaire disparu mystérieusement cinquante ans plus tôt, grâce auquel il pourrait connaître enfin le haut de l’affiche… comme les Cubains du Buena Vista Social Club !

 

 

 

BD de Philippe Charlot et Alexis Chabert

 

Tentation : Le titre

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : J'aime voyager aussi à travers mes lectures, voire revisiter des lieux arpentés quelques années plus tôt ! Bon, là, ça se compte en double décénnie, puisqu'à 21 ans, lors d'un séjour de 6 mois aux Etats-Unis, j'ai eu la chance de visiter La Louisiane et de déambuler dans les rue de la Nouvelles Orléans. Aussi, dès que j'ai vu cette BD... je n'ai pas résisté.

Bon, je suis un peu déçue du voyage, même si cette BD reste un agréable divertissement. Je m'attendais à une plongée plus profonde dans l'antre du Jazz Louisianais. Les dessins ne m'ont plu qu'à moitié. En effet, les couleurs chatoyantes changent donc souvent et rendent difficile, d'une planchez à l'autre, la reconnaissance des personnages. D'autant plus que les flash-back remontant aux années 50 sont très nombreux.

Il n'empêche, ces 4 papys de Jazz sont attachants et agréables à suivre dans leur come-back musical.  Les auteurs abordent aussi le sujet de la création musicale : il y a ce que les artistes aimeraient jouer, ce que les producteurs croient que le public attend, et ce qu'attend réellement le public qui rejoint finalement ce que les artistes aimeraient jouer, si on ôte toute standardisation de l'environnement.

Et puis il y a la présence fantôme de Louis Amstrong, qui veille sur nos 4 papys.

C'est aussi une histoire d'amitié entre deux jeunes musiciens : un noir, un blanc... et une histoire d'amour entre un trompettiste noir et une chanteuse blanche. Donc, comme nous sommes principalement dans les années 50 et qui plus est dans un état du Sud américain, il est bien sûr question de ségrégation raciale.

En fin du premier tome, les auteurs expliquent via quelques pages comment ils ont conçu leurs 

personnages et quelques planches.

 

 

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Couv du tome 2

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Mars 2015

BD - Editions Futuropolis - 144 pages - 20 €

 

Parution en octobre 2013

 

L'histoire : Fabien est agent de surveillance au Louvre. Il aime son métier. Depuis quelques semaines, il aime aussi Mathilde. Celle-ci décide d'aller présenter son ami à sa famille, le clan Benion, comme elle l'appelle. Puisqu'ils ont désormais sous la main un «expert», les Benion tiennent absolument à soumettre à Fabien un tableau qui moisit dans le grenier depuis des décennies, et qui a été peint par l'aïeul Gustave. Une pauvre toile représentant un chien qui louche. La question des Benion est claire : Le Chien qui louche a-t-il droit au Louvre ? Dans un premier temps, n'osant pas décevoir sa (presque) belle-famille, Fabien ne fournit pas de réponse catégorique... Il aurait dû !

 

Tentation : Un incontournable... du Davodeau, j'aime !

Fournisseur : La bib'

 

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Mon humble avis : Cette BD n'atteint pas néanmoins les sommets atteints par Davodeau dans "Les ignorants", sa précédente oeuvre, qui était royalement subjugante et passionnante.

Bien sûr, le moment de lecture est agréable et divertit grandement. Il pousse même à sourire ou à rire, tant le trait de caractère des personnages est poussé à l'extrême, au trop peut-être ?. Mais ces caricatures extrêmes ne sont pas ce qui amuse le plus dans cet album. Les sourires viennent des petites choses plus discrètes que vous remarquerez (ou pas) lors de votre lecture.

En fait, l'histoire de cette BD est plutôt farfelue et peu crédible, donc ne m'a pas passionnée. Par contre, je me suis régalée de l'environnement de l'histoire. Le Musée du Louvre... Que l'on pénètre par la petite porte, sans faire la queue, puisque nous suivons pas à pas Fabien gardien de musée de son état. Nous découvrons ainsi l'envers du décor, comment travaillent les gardiens, l'amour qu'ils éprouvent pour certaines chefs d'oeuvre, les salles qu'ils préfèrent. Comment ils regardent encore ses oeuvres qu'ils voient tous les jours. Et surtout, il y a ce défilé quotidien et immuable de touristes et leur comportement hélas.... si prévisible, analysé et observé avec amusement ou agacement par les gardiens. Et oui, chaque matin, entre gardiens, les paris sont ouverts : combien de temps avant le premier "où est la Joconde", même si de grandes flèches trace le chemin.

L'histoire est donc pour moi anecdotique, mais permet de retourner dans ce Louvre où je n'ai pas mis les pieds depuis des années, voire décennie. Et elle aboutit à une postface intéressant sur le fonctionnement des acquisitions de nouvelles oeuvres au Louvres.

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Rédigé par Géraldine

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