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Publié le 3 Octobre 2014

BD - Editions Gallimard - 57 pages - 12.10 €

 

Première parution en 2000

 

L'histoire : Laurent Aubier se réveille d’un coma de dix heures dans une clinique des Pyrénées. Il a été victime d’un accident de voiture. Une infirmière, Janine, lui remet le cahier dans lequel elle a noté tout ce qu’il avait dit lors de son coma. Selon Janine, cela ouvre la voie vers sa boite noire, c’est-à-dire son inconscient. Ce cahier contient une mine de souvenirs enfouis sur lesquels Laurent va enquêter et découvrir des choses anodines ou bouleversantes.

 

 

Tentation : Le nom Benacquista et le titre, dont j'ai déjà entendu parler

Fournisseur : La bib'

 

 

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Mon humble avis : Cet album est l'adaption BD de la nouvelle éponyme de Tonino Benacquista, qui s'est vue aussi, il y a quelques années adaptée au ciné ou à la télé, je ne m'en souviens plus. Et comme je ne l'ai ni lue ni vue, cette lecture était donc pour moi une totale découverte.

Bon, ce n'est pas la BD du siècle pour qui serait exigeant et ellitiste dans le domaine. Mais, honnêtement, le divertissement est bien là, tout comme l'intérêt, même s'il est un peu brutalisé par une fin plutôt abrupte, qui aurait pu être un peu plus développée dans une suite par exemple.

Le graphisme est agréable, et j'ai aimé la façon dont Ferrandez nous fait comprendre que le personnage voit sa vie défiler où qu'il zappe devant sa télé.

Sans doute l'introduction est un peu longue par rapport à la descente aux enfers du personnage en nombre de page, mais en même temps, a-t-on envie de voir un homme sombrer sur une demi BD, pas forcément. On comprend bien ce qui ce passe, le pourquoi du comment, donc c'est pour moi suffisant.

La boite noire est notre inconscient, ce qui nous construit aussi à notre insu. Cette BD effleure donc un sujet intéressant : est-ce bon de se souvenir de tout ou en tout cas, d'avoir soudain accès à nos souvenirs les plus enfouis. Ne vaut il pas mieux se contenter de ce que nous sommes au présent ? L'accès à notre inconscient a t-il plus de chance d'être profitable ou destructeur. Est-ce important de savoir qui nous sommes vraiment depuis les âges qui précèdent notre conscience. Moi, j'ai ma réponse, à vous de vous constituer la vôtre.

Je l'ai dit plus tôt, la fin est plutôt abrupte, mais elle était inattendue pour moi, aussi, j'ai aimé la route prise par cette histoire. Par contre, si j'avais été auteure, j'aurais sans doute développé un autre élément révélé par la boite noire qui aurait ainsi pu orienter cette BD vers le genre thriller, poursuite, en parallèle à la quête personnelle de ce Laurent Aubier !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Septembre 2014

BD - Editions Casterman - 119 pages -22.50 €

 

Parution en mai 2013

 

L'histoire : Il y a quatre jours est arrivé ici, venant de Londres, un nommé Paul Verlaine, homme de lettres, natif de Metz ; âgé d'une trentaine d'années, il a été rejoint il y a deux jours par un autre français du nom de Rimbaud Arthur, homme de lettres, venant de Londres, âgé d'une vingtaine d'années t natif de Charleville. Hier dans le courant de l'après-midi, Verlaine a tenté de tuer Rimbaud en lui tirant un coup de revolver dont le projectile l'a atteint au bras gauche. Verlaine a été arrêté. Il a été impossible de connaître jusqu'à présent la cause réelle de cette tentative de meurtre. 
 

 

Tentation : Le sujet !

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : De Rimbaud, je ne connaissais que les quelques poèmes étudiés aux lycée, sa relation homosexuelle légendaire avec Verlaine, et sa réputation de grand voyageur. Aussi, cette BD tombait bien à point, histoire d'éttoffer un peu ma maigre culture sur l'homme en question.

Rimbaud l'indésirable retrace la vie du poète depuis sa première fugue de Charleville Mezière, à l'âge de 16 ans. Direction Paris dans l'espoire d'y rencontrer ses paires et ainsi d'être publié et de devenir célèbre. Le récit se cloture par sa mort 20 ans plus tard, après l'amputation de sa jambe gangrénée.

J'ai beaucoup aimé cette lecture passionnante. L'album est déjà en lui même un objet magnifique. La construction du récit, les dessins, les couleurs, le contenu des bulles, tout m'a semblé parfait à un point près : à la dernière page, on ignore comment Arthur Rimbaud est dévenu célèbre autrement que par ses frasques, comment il est devenu un incontournable de la poésie française.

Par contre, le personnage d'Arthur Rimbaud me laisse pantoise, et j'avoue, je tombe de haut, moi qui le portait vaguement au pinacle pour son esprit de grand voyageur. Arthur Rimbaud se révèle être un parfait malotru, un goujat de première classe, un manipulateur pernicieux. Bref, un être on ne peut plus détestable, qui par ses mauvaises manières et sa méchanceté, s'est fait rejeté du tout Paris.

L'album revient sur la relation violente des deux poètes Rimbaud et Verlaine, relation qui mènera Verlaine à sa perte, Verlaine qui sera sous l'influence désastreuse de Rimbaud pour qui la soit disant liberté devient prétexte à tout. Rimbaud fera tout pour que Verlaine le quitte, mais en même temps harcèlera son aîné et amant à la moindre rupture. Rimbaud poussera Verlaine à bout, jusqu'à un fameux coup de feu, considéré par la justice comme une tentative d'assassinat et qui mènera Verlaine en géole. Viendra alors le temps de l'errance d'Arthur Rimbaud en Egypte, puis en Afrique...

Même si je suis déçue par le personnage de Rimbaud qui du coup n'exerce plus aucune fascination éventuelle sur ma petite personne, je dois avouer que cette BD est plus que passionnante et captivante. Et puis, (re)découvrir la France en guerre, Paris et ses poètes maudits des années 1870, Londres, Bruxelles et l'Afrique et ses trafics ne peut nuire à la bonne santé culturelle !

Alors bonne lecture à vous !

RIMBAUD L'INDESIRABLE, BD de Xavier COSTE

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Août 2014

BD - Editions Delcourt - 192 pages - 29.90 €

 

Réedition en intégrale en 2013

 

L'histoire : Jeune homme célibataire et occupant un petit poste de fonctionnaire, Julien Boisvert na rien dun aventurier. Un jour, il décide de partir pour lAfrique. Commence alors pour lui une longue quête : la plus simple qui soit mais aussi la plus belle, celle de soi-même. Afrique, Europe, Amérique, chaque étape est l'occasion de rencontres et dexpériences qui amèneront Julien à se découvrir vraiment.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib'

 

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Mon humble avis : La couv qui figure sur ce billet est celle de la version intégrale rééditée en 2013. A l'origine, Julien Boisvert fit son apparition à la fin des années 90 sous la forme de 4 tomes. C'est ainsi que je l'ai lu. Précision importante pour justifier mon impression : ce n'est qu'à partir du 4ème tome que mon intérêt s'est fait réalité.

Pourtant, cette BD avait tout pour me séduire, puisqu'elle promettait entre autre aventures et exotisme. De fait, le premier tome nous emmène quelque part en Afrique, le 2ème sur l'île de Guernesay, le 3ème au Mexique et enfin, le 4ème aux Etats-Unis. Mais l'apprentissage culturel qu'apporte ces BD est proche du néant, excepté pour le 4ème tome, encore et toujours.

Les dessins ne m'ont pas toujours été agréables, malgré des couleurs vives. Mais trop souvent, j'ai douté de l'identité des personnages, parfois durs à reconnaitre. Quelques planches ne sont même pas très claires pour saisir l'action qui se déroule. A aucun moment de ma lecture je me suis dit "whaou, chouette dessin, superbe paysage..." ou autre. Et puis la police d'écriture est minuscule et nécessite par moment quelques efforts occulaires.

Le premier tome aurait pu être franchement intéressant s'il avait bénéficié de quelques coups de pioche supplémentaires. Pas assez creusé ou détaillé. J'ai traversé les 2 tomes suivants sans qu'aucune aspérité ne m'accroche. Vraiment trop légers, même dans les péripéties de Julien.

Et surprise, j'ai trouvé le tome 4 génial et passionnant. Julien y part aux Etats Unis à la recherche de son père. Cette quête est l'occasion d'aborder des sujets plus sérieux, plus durs, tel que le racisme, le KKK, Martin Luther King, le nazisme. Les bulles sont bien plus fortes et claquantes que lors des 3 premiers tomes, puisque certaines font même froids dans le dos, notamment lorsque Julien se rend "inconnito" dans une réunion de néo nazis. L'atmosphère des années 60 - 70 aux Etats Unis est très bien rendue, entre manifestation pro ou anti raciste, mouvements populaires etc. Là, l'émotion a commencé à bien pointer le bout de son nez, alors que les 3 premiers tomes n'avaient soulevé aucun émoi en moi.

Oui, à mon humble avis, il manque vraiment ce petit quelque chose pour que cette BD soit convaincante, et notamment un Julien qui soit un peu plus attachant. Il m'a laissé de glace alors qu'il vit des aventures peu ordinaires.

Malgré mon enthousiasme pour le 4ème tome, mon impression générale reste : mouais !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Juillet 2014

BD - Bamboo Editions - 48 pages et 13.90 €/tome

 

Parution en janvier 2010

 

L'histoire : Comme beaucoup de brocanteurs, Gabin Kashenko est persuadé que les objets ont une âme. En sillonnant la campagne à la recherche de la perle rare, il réveille souvent des histoires enfouies sous la poussière du temps. Dans une ferme du Centre-ouest, un incendie tente de réduire en cendres un lourd secret, mais dans la grange restée intacte, Gabin découvre un cahier. Un enfant y évoque la mort de sa mère et l'existence d'un trésor. Le chineur perçoit alors qu'un passé tragique hante les lieux, un passé qui renait de ces cendres.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Voici une BD super divertissante, très plaisante à lire, qui n'est pas égoïste d'intrigue et de moult rebondissements.

Aussi, vous l'aurez compris, avant d'entamer le tome 1, assurez vous d'avoir vite accès au tome 2 sinon vous risqueriez vous retrouver très frustrés. Le tome 1 s'achève par un terrible "cliff hanger" !

J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. Le seul petit reproche, c'est que je me suis parfois perdus dans les noms des personnages lorsque ceux ci étaient sités en dehors de leur propre contexte. Mais l'égarement ne dure guère bien longtemps.

Le scénario tient vraiment la route et tout est savamment construit, les dessins sont agréables, les couleurs vives, tout est entraînant. Pas une seconde d'ennui.

Les personnages, même les plus secondaires, sont très attachants (je pense notamment au vieux pilier de bar), exception faite des "méchants", bien entendu ! Ils sont bien fouillés et creusés, certains gardent même une part de mystère jusqu'aux dernières pages.

Nous évoluons dans une petite commune de Charente et partageons avec les habitants les journées de marchés, les fêtes locales, les brèves de comptoirs, les cancans, les rumeurs, la joie, la bonne humeur, et les malheurs. Il y a les gens "du peuple" et l'aristocratie dans un mouchoir de poche, alors bien entendu, ça fait parler !

Qui plus est, j'ai découvert comment travaillaient les brocanteurs en amont, pour remplir leurs boutiques d'objets hétéroclytes, de valeurs ou non. Et dans ce métier aussi, il y a les consciencieux et les roubleurs.

Le chineur est donc une BD que je vous recommande chaleureusement en cette période estivale. Sur un transat, accompagné d'un jus de fruit bien frait, votre moment sera délicieux !

La couv' du tome 2

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Juillet 2014

BD - Editions Furupolis - 133 pages et 20 €/tome

 

Parution du 1er tome en avril 2012

 

L'histoire : Naïm connaît mieux les ruelles de Lamu que les versets du Coran. Le jeune orphelin n'a que faire des conseils de son grand frère. À onze ans, il n'a plus envie d'être traité comme un enfant. Ses nombreuses escapades l'amènent à coudoyer des personnages pittoresques plus ou moins honnêtes. Touristes naïfs, trafiquants, prostituées, promoteurs immobiliers et djihadistes... Et puis un jour, il croise le chemin du vieil Ali, le gardien de l'arbre sacré, là où repose le corps géant de Liongo Fumo, le dernier héros de son peuple...

 

Tentation : Ma bibliothécaire

Fournisseur : La bib' !

 

étoile2.5

Mon humble avis : Kililana Song est ce que l'on peut appeler une belle BD, tant dans son contenu que dans son apparence. L'objet est magnifique, les couleurs chatoyantes nous mènent dans une Afrique vivante, animée. Plus exactement au Kenya et plus précisément encore, sur l'île de Lamu. Nous y cotoyons toute une petite communauté bigarrée dont les chemins se croisent pour le meilleurs et pour le pire. Il y a là les Kenyans pure souche, un capitaine de navire sud africain, fort en gueule et louche à la cargaison encore plus suspecte, des pêcheurs, des investisseurs français, des trafiquants de drogue, des somaliens, armés jusqu'aux dents, pro des kidnapping et proches d'Al Qaïda, un vieil infirme qui se souvient de son glorieux passé sur la mer, un grand frère qui court partout à la suite de son petit frère pour le mener de force à l'école coranique, et des gamins. Parmi eux, Naïm, le héros de cette bande dessinée. Sympa le môme, malicieux, courageux, intrépide et attachant, celui qui rencontrera le vieil Ali, gardien de l'arbre sacré, avec qui il vivra de curieuses aventures.

Cette BD, qui est dite initiatique, est inspirée de fait réelle. Je suis assez dubitative sur cet aspect initiatique, pas assez développé à mon goût, et qui ne se ressent pas vraiment dans l'épilogue. D'ailleurs, cette épilogue, heureusement qu'elle existe quelque part. Car elle justifie tout le reste, cet imbroglio de personnages trop nombreux dans cette intrigue, et parfois peu reconnaissables entre eux et dont on se demande ce qu'ils vont bien avoir en commun dans cette histoire pour justifier leur présence.

Cette BD n'est pas avare de légendes africaines et l'atmosphère de l'île de Lamu est sympathiquement retracée. Kililana Song a aussi le mérite de dénoncer les investissements étrangers à tout va, au mépris des coutumes ancestrales et des dégats collatéraux qui en découlent. On promet des emplois à la population locale. Il en résulte des eaux poluées, une baisse de la pêche, des catastrophes écologiques à la chaîne, le tout sous couvert d'une belle corruption tant locale qu'internationale.
Le but de cette BD est donc tout à fait louable, malheureusement, l'auteur a pour moi développer trop de sujets et j'ai eu par moment l'impression de partir dans tous les sens, sans lien apparent, au premier abord. Et ces liens apparaissent trop tard pour que cette lecture soit inoubliable. D'autant que certains personnages semblent avoir été abandonnés en route, et ne figurent pas dans l'épilogue, en point de suspension donc...

 

La couv du tome 2

 

Un aperçu du graphisme :

                                     

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Juin 2014

BD - Editions Delcourt - 95 pages - 14.95 €

 

Parution en septembre 2012

 

L'histoire : 1814, au large des côtes du petit village anglais de Hartlepool, un navire de la flotte napoléonienne fait naufrage lors d'une tempête. Au petit matin, sur la plage, les villageois retrouvent un survivant parmi les débris. C'est un singe qui jouait le rôle de mascotte à bord du vaisseau, et qui porte l'uniforme français. Or les habitants de Hartlepool DÉTESTENT les Français, même s'ils n'en ont jamais vu en vrai. D'ailleurs, ils n'ont jamais vu de singe non plus. Mais ce naufragé arrogant et bestial correspond assez bien à l'idée qu'ils se font d'un Français... Il n'en faut pas plus pour qu'une cour martiale s'improvise.
 

Tentation : Ma bibliothécaire

Fournisseur : La bib, du coup !

 

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La nation est une société unie par des illusions sur ses ancêtres et par la haine commune de ses voisins"

(Dean William R.Inge)

 

 

 

Mon humble avis : Cette BD est inspirée d'une légende encore fort vivace outre-manche. Et comme les auteurs le signalent en postface, on ne peut qu'espérer que la part de vérité soit la plus mince possible.

Cette parodie de la comédie humaine fait froid dans le dos : oui, la bêtise, l'ignorance et l'ignominie humaines sont sans limite. Les premières pages nous montre la l'arrogance et le sentiment de supériorité des français, via un capitaine qui fustigent les droits de l'homme qui l'empêche de travailler. Son job, c'était la traite des esclaves. Mais ce capitaine déteste par dessus tout les anglais et les rhabilles en quelques bulles.

Puis, nous voici en Angleterre, dans un village isolé sur la côte. Les villageois exercrent les français, même s'ils n'en n'ont jamais vu. Aussi, quand on navire français fait naufrage et que le seul survivant est un singe portant l'uniforme français, ils ne se posent pas de question. Ils tiennent là un français, un ennemi puissance 10. Ce singe subira toute la barbarie humaine. Lui, l'innoncent par définition sera persécuté, torturé, pour lui soutirer des renseignements sur l'invasion que préparent sûrement les français. Il sera accusé d'acte d'espionnage, de tentative d'invasion et de voies de fait sur plusieurs villageois. Et le village entier, toujours convaincu d'avoir affaire à un français type, monte un tribunal populaire pour juger ce singe.

Cette BD est formidable. Dessins, bulles, scénarios et dialogues sont juste très justes, subtiles, touchants, bien sentis et pourraient être drôles s'ils ne trahissaient pas une telle possible réalité. Au fil des planches, le lecteur est de plus en plus ahurri par ce qui se déroule sous ses yeux. Légende peut-être, mais l'on retrouve toujours hélas, 200 ans plus tard, des situations similaires dans les journeaux télévisés, tant au niveau international qu'à celui d'une banlieue et d'un fait "divers". La bêtise, la connerie, la barbarie humaine. Le singe de Hartlepool illustre parfaitement le racisme primaire, les préjugés sur les autres peuples, l'ignorance, le manque de curiosité pour l'autre, l'absence de tolérance envers les autres cultures. Bref, la peur de l'autre et de tout ce qui est différent, que l'Homme considère encore trop souvent comme un danger plutôt qu'une source d'enrichissement.

Petit clin d'oeil, nous croisons dans cette BD un jeune garçon de passage dans ce village avec son père. Et ce garçon n'est autre que Charles Darwin, qui deviendra plus tard le père de la théorie de l'évolution de l'espèce animale...vers l'espèce humaine.

UNE BD INCONTOURNABLE qui démontre les dangers du nationalisme aveugle.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Juin 2014

BD - Editions Delcourt - 160 pages - 18.95 €

 

Parution en septembre 2013

 

L'histoire (vraie) de Paul, qui, traumatisé par la Première Guerre Mondiale, déserte. Sa désertion lui impose des années de clandestinité dans une chambre d'hôtel avec sa jeune épouse Louise. A eux d'eux, ils batissent une stratégie afin que Paul puisse sortir librement. Pour cela, il deviendra Suzanne. Jusqu'où ira le travestissement et quelles en seront les conséquences ?

 

 

Tentation : La blogo !!!!

Fournisseur : La bib (enfin !)

 

Mon humble avis : Depuis quelques mois, les billets sur cette BD ont fleuri sur la blogo comme des joncquilles au printemps. Si je n'ai pas lu 50 billets, je n'en n'ai pas lu un !!!

Mauvais genre est donc un incontournable du genre. Et je confirme. Même si le graphisme ne m'a pas toujours plus, je dois avouer que l'histoire (hélas vraie) m'a bouleversée.

A peine marié à Louise, Paul est envoyé sur le front, dans les tranchées de 14-18. Il en sera traumatisé à tout jamais. Des années plus tard, des images le hanteront nuit et parfois jour. Pour échapper au combat, il se mutile un doigt, le doigt qui presse la gachette. Et, à l'hôpital fera tout pour ne pas guerir de sa blessure pour finir par s'enfuir, aidé de son épouse. Suivent des mois et des années de clandestinité, jusqu'à ce que s'achève la guerre et que les déserteurs soient amnistiés. Ces années, il les passera dans la peau et l'indentité d'une femme, vivant toujours avec Louise, mais dérivant dans un monde de la nuit que l'on trouve dans les allées isolées du bois de Boulogne. En fait, le couple se retrouve dépasser par l'ampleur et les conséquences sur Paul de ce travestissement qui ne devait être qu'un déguisement pour la liberté. Paul trouve beaucoup plus de plaisir que prévu à ce changement d'identité au point que des troubles de la personnalité semblent apparaitre, toujours accompagnés du traumatisme de guerre. Au point qu'il en devient désagréable, pas aimable. Qu'a fait l'abomination de la vie de cet amoureux transi ???

Cet histoire est traitée d'une façon assez sobre, mais très original, du point de vue graphique. Du noir, du blanc, du sépia... et dans chaque vignette ou presque, une trace de rouge , qui évoque la force de la passion, mais aussi la violence du traumatisme. Beaucoup d'émotions, que ce soit la joie du couple lorsqu'il crée son subterfuge, que plus tard, lorsqu'il se déchire avec violence teintée d'alcool.

NB : Mauvais genre rappelle aussi que c'est avec la Première Guerre Mondiale que les femmes ont du prendre le chemin de l'usine pour replacer les hommes partis au combat.

Cette BD terrible retrace une magnifique mais ô combien tragique histoire d'amour avec des dessins en osmose avec le récit. On ne sort pas indemne de cette BD qui traite d'un sujet connu dans un environnement historique trop connu.

 

 

 

Challenge amoureux chez l'Irrégulière, catégorie "Les histoires d'amour finissent mal... en général"

Challenge amoureux chez l'Irrégulière, catégorie "Les histoires d'amour finissent mal... en général"

12/12, challenge chez Hérisson

12/12, challenge chez Hérisson

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Juin 2014

BD - Editions Casterman - 88 pages - 16 €

 

Parution en février 2012

 

L'histoire : Après avoir fui le nazisme, Stefan Zweig et son épouse Lotte croient fouler au Brésil une terre d'accueil, loin du chaos qui embrase l'Europe. Mais la menace rôde jusqu'au fin fond de l'exil. Comment l'écrivain humaniste, rescapé du "monde
d'hier", échapperait-il à ses démons ?

 

Tentation : Blogo + Sorel

Fournisseur : La bib

 

 

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Mon humble avis : Cette BD est l'adaption du roman éponyme de Laurent Sekzik dont vous trouverez mon billet ICI  .

L'auteur Sekzik et le dessinateur Sorel ont travaillé de concert sur cette superbe BD, à la demande de l'éditeur Flammarion / Casterman. Pour l'avoir rencontré, je sais que Guillaume Sorel avait posé comme condition à sa participation de pouvoir particulièrement insister sur la relation de couple de Zweig et Lotte, sa deuxième épouse.

Et j'avoue que c'est fort judicieux et qu'ainsi, j'ai nettement préféré la BD au roman. Dans le roman, les personnages m'avaient déçue.Je les trouvais "mous", très démissionnaires et du coup, peu aimables au sens littéral du terme, et presque distants l'un de l'autre. Ici, c'est la tendresse qui unit le couple qui saute aux yeux, et ça fait du bien.

Comme d'habitude avec Guillaume Sorel, le graphisme est superbe et illustre parfaitement, au fil des pages, la mélancolie puis l'abattement qui s'immiscent en Zweig d'abord, puis en son épouse dévouée et aimante. Paysages et couleurs sont majestueux et les textes qui vont ici droit au but, nous laisse percevoir plus nettement la désolation des deux personnages, que l'on comprend à la limite mieux que dans le roman. Enfin, ce n'est pas la désolation que l'on comprend, puisque logique dans un tel environnement historique, mais le sentiment d'impuissance de Zweig devant cette prévisible fin d'un monde en fonction de l'avancée des Nazis et de la mise à jour de leur cruauté envers les juifs.

Dans la BD, Lotte parait bien moins être dans l'ombre de son mari, moins effacée, plus battante. Elle pourrait même sembler être une femme en avance sur son temps. Ce qui m'a bien plus et a laissé naitre en moi une réelle empathie dont la lecture du roman m'avait hélas privée.

Il va sans dire que la fin tragique, connue de tous, est magistralement mise en page, une fois de plus, par Sorel.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Mai 2014

BD  Editions Vents d'Ouest - 57 pages - 13.90 €

 

Parution le 16 janvier 2013

 

L'histoire : Que de chemin parcouru ! De la petite serveuse de Harlem, Anna s est faite exploratrice et actrice, afin d embarquer en Afrique sur les traces de son père. Mais l euphorie est désormais loin, tandis que l idyllique voyage s est transformé en cauchemar... Comment ne pas finir par croire la rumeur que l expédition est maudite, quand les mauvaises rencontres se multiplient, que la nature se fait hostile et que chacun se retranche dans sa folie... Anna quant à elle, est plus déterminée que jamais : elle ne rentrera pas sans aller au bout de sa quête.
Au croisement d'Out of Africa et des romans de Joseph Conrad, ce triptyque retrouve le souffle romantique de la grande aventure, et offre une fin grandiose et terrible.

 

Tentation : Les 2 premiers tomes !

Fournisseur : la bib'

 

étoile2.5

Mon humble avis : je vous mets en garde, le fait de lire ce 3ème tome quelques mois après les deux premiers doit influer sur mon humble avis. Si j'avais lu les 3 tomes d'affiler, sûr que mon avis sur Sanyanga s'en trouverait plus positif. Ma mémoire étant une vraie passoire, je ne me souvenait de l'histoire qu'en général, et pas en détail.

De ce fait, ce troisième tome m'a paru confu, car je mélangeais les personnages, que ce soit dans leur apparence ou même leur patronyme. Alors, un peu perdue, j'ai bien moins apprécié cette lecture. Certes, l'Afrique y est toujours superbement décrite et dessinée dans toutes ses splendeurs mais aussi dans ses violences et dangers. Nous nous sentons vraiment en époque "coloniale" des grandes expéditions africaines. Nous croisons des têtes d'abrutis qui se disent chasseurs alors qu'ils laissent des charniers derrière eux.

La quête du père d'Anna semble avancer puis reculer, le mystère autour de sa disparition s'épaissait au fur et à mesure que l'expédition avance.

Mais certaines situations semblent se répéter et les dessins des scènes d'effroi ne laissent pas bien deviner à qui nous avons affaire.

Il en reste que le graphisme des paysages vaut largement le détour. Et mordus par l'histoire dès le premier tome, nous voulons connaitre la suite des aventures d'Anna et de ses compères, alors bien sûr, la lecture de ce tome 3 est incontournable, histoire de ne pas laisser une histoire en suspens. Mais un conseil, lisez la série complète d'une traite, afin de ne pas gâcher votre plaisir.

 

Mon billet sur les 2 premiers tomes

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Mai 2014

BD - Editions Sol.Quadrants - 144 pages - 17.95 €

 

Parution le 18 septembre 2013

 

Le sujet : Jung clôt ce voyage intérieur par l’évocation de ses années de jeunesse, étudiant à l’Institut Saint-Luc, amateur de jolies filles et de dessins. Il évoque aussi ce récent voyage en Corée effectué en 2011 pour le tournage de l’adaptation audiovisuelle de la série. Soulagement, sentiment d’appartenance retrouvé ou acculturation définitive ? Ses sentiments sont complexes et troublants. Et son récit toujours bourré d’humour et d’émotions.

 

Tentation : Les 2 premiers tomes !

Fournisseur : La bib !

 

 

étoile3etdemi

Mon humble avis : J'ai trouvé ce tome un "chouillat" en deça des deux autres, mais cette BD demeure quoiqu'il en soit incontournable.

C'est à 44 ans que Jung retourne enfin sur le sol de sa naissance et de sa toute petite enfance : la Corée du Sud. Quarante ans qu'il a été adopté et qu'il a donc obtenu la nationalité Belge.

L'humour et l'autodérision sont toujours là, qui permettent de rendre distrayante une lecture sur un sujet qui n'est pas drôle du tout. Le dessin est toujours aussi dynamique, plaisant et très parlant. Chaque case dit vraiment quelque chose avec peu d'effet. Un sacré talent !

Ce tome ci est vraiment émouvant, car il s'agit d'un homme qui retrouve ses racines mais qui ne sait pas encore clairement qui il est. Coréen, Belge ? Force est de constater que des avis tranchés et parfois antinomiques émergent. En Belgique, étant donné sa couleur de peau, Jung est plus souvent pris pour un touriste asiatique que pour un belge. En Corée, il se fond physiquement dans la masse mais ne possède pas la culture locale et surtout, ne maitrise pas la langue.

Jung découvre son dossier de l'orphelinat, dossier bien maigre en réalité, les parents biologiques étant supposés morts. Il se rend aussi à une émission de télé du genre "perdu de vue", spécialisées pour les adoptés d'origine coréenne, mais aussi pour les familles séparée par la division de la Corée. Les adoptés reprochent au gouvernement Coréen des années 60/70 d'avoir favorisé ces adoptions en masse et ne ne pas s'être occupé alors des mères célibataires.

Quoiqu'il en soit, de cette BD qui montre l'envers du décors de l'adoption internationale ressortent la cicatrice douleureuse de l'abandon, mais surtout une quête identitaire très forte, les adoptés ne sachant pas trop comment se situer. Certains se sentent par exemple pleinement américains, d'autre tentent d'entretenir leur culture d'origine. Hélas, et c'est rappelé ici, un certain nombre ne trouve que le suicide comme issue à ce déracinement.

Le sujet est délicat mais il est finement traité. J'ai néanmoins regretté un aspect moins ordonné de la narration, puisque des flash-back de l'enfance ou des années de jeune adulte de Jung parsèment ce récit. Et puis le visage de Jung parait parfois très jeune.

Mais il est très touchant de remarqué que l'enfant qu'il fut le suis partout, comme une ombre qui peut aussi le précéder. En espérant que l'ombre est l'homme parviennent à poursuivre chacun leur chemin.

 

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Rédigé par Géraldine

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