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Publié le 30 Août 2025

BD - Editions Rue de Sèvres - 132 pages - 20 €

Parution en 2018

Le Pitch : Fabienne et Roland débarquent à Palavas pour passer la semaine. Roland a tout payé, tout organisé et scrupuleusement consigné chaque étape du séjour dans un carnet. Ils s'apprêtent à déposer leurs bagages à l'appartement. Soudain, elle se retrouve seule. Stupeur, déni... Contre toute attente, elle décide de rester.

Tentation : Pitch et dessins

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Un scénario que l'on peut presque qualifier d'osé... de plus, traité avec une certaine distance. Imaginez... un couple arrive pour passer quelques vacances à Palavas... Les bagages ne sont même pas sortis du coffre qu'un coup de vent se lève, qu'une tôle s'envole et décapite Roland... Et pourtant non, on n'est ni dans une BD burlesque, ni dans du gore. C'est juste un postulat de départ radical... qui permet aux lecteurs de découvrir les réactions on ne peut plus décalées de Fabienne. Décalées car absentes en fait. Fabienne n'a aucune réaction, et son possible chagrin n'est pas du tout traité... en apparence. Même son visage est inexpressif. C'est ce qui fait le sel de cette BD, l'étonnement puis l'adhésion du lecteur qui se retrouve libre de penser, d'interpréter. Fabienne décide de mener ses vacances comme Roland les avait si bien préparées. Dans ces déambulations, dans ces visites de la ville, dans les spectacles auxquels elle assiste, on suit Fabienne, seule dans la multitude, la foule, l'animation estivale, les gens heureux... Et tout ceci, cette solitude au milieu de ce tout est superbement rendu par les dessins, qui représentent à peu près tous les "clichés" de vacances balnéaires (les cornets de glace, les baignades, les parties de volley, les concerts de fanfare, les marchés etc)... Les dessins sont lumineux, chauds, virevoltants. Ce qui montre que quoiqu'il se passe, le monde continue de tourner, de rire, de vivre...

Mais dans son errance, Fabienne fera une belle et étonnante rencontre, avec l'énigmatique mais très attachant Paco, une figure locale, qui fuit les spots touristiques mais n'est jamais loin du chemin de Fabienne avec une bienveillance et des façons attachantes. 

Et au lecteur de se faire son idée... L'attitude de Fabienne relève-t-elle du déni, de l'hommage à l'homme qui avait tant préparé ces vacances ou au choix de ne pas répondre aux dictats qu'impose la société dans ces événements très ritualisés et de faire juste ce dont elle a besoin, ce dont elle a envie pour rester debout.

Une BD très agréable à lire car très peu bavarde, qui laisse donc une grande place aux réflexions du lecteur sur un sujet délicat. Et aussi, une très belle histoire, touchante, de celles qui restent en mémoire et marquent vraiment. Fabienne et Paco, des personnages qui restent en mémoire. Et malgré le délicat sujet, des pages où l'on se sent bien, que l'on n'a pas vraiment envie de quitter.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Août 2025

BD - Editions 6 pieds sous terre - 80 pages - 18 €

Parution en septembre 2021

L'histoire : Hollywood, années 50. Au cœur de l’usine à rêves du cinéma, l’immense actrice Betty Pennyway est victime d’un crime sans précédent et particulièrement abominable. L’affaire fait la une de toute la presse et l’Amérique entière est en émoi.
La police de l’Etat fait appel au peu orthodoxe inspecteur Hernie Baxter pour mener cette délicate enquête qui secoue tout le petit monde du 7ème Art.

Tentation : Une BD de Fabcaro ne se refuse pas !

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Cette parution de Fabcaro m'avait échappée ! Diable ! C'eut été vraiment dommage de manquer ce pur moment de bonheur et de détente pour mes zygomatiques ! 

La recette reste à peu près la même, mais me fait toujours autant marrer ! On retrouve dans Moon River l'humour à première vue potache, mais très second degré et, de coutume, bien déjanté... Bref, c'est bien à l'ouest que nous emmène cet album... Voire même au Far West, à Moon river... Moon river, c'est en fait le titre d'un film en tournage. Un matin l'actrice principale se réveille et constate qu'elle a été victime d'une agression : une b*te a été dessinée sur son visage... 

Alors il y a enquête, interrogation des témoins etc...

Les pages alternent entre le tournage du film, avec en prime les conséquences de l'agression, l'enquête et... Fabcaro chez lui, planchant sur cette BD, entouré d'amis ou de sa famille qui lui supplient d'arrêter là : non mais, tu vas pas écrire une histoire de "bi*e sur un visage.

A travers Moon River, Fabcaro reprend les codes des films noirs des années 50, mais aussi ceux des grandes sagas romantiques, pour mieux les briser, les prendre à contre-courant et s'en moquer ! On est dans la pure parodie. Seuls les personnages ne se rendent pas compte de la débilité ubuesque des situations qu'ils vivent, ou de la stupidité de leurs répliques grandiloquentes assenées avec tout le sérieux du monde. Ce qui fait aussi penser à certaines émissions de téléréalité. Bref, Fabcaro se moque bien de tout cela autant que de lui-même, et nous garantit de bons fous rires, ainsi qu'un chouette moment de divertissement...

Du Fabcaro en grande forme ! Pas un coup de coeur parce que plus vraiment surprenant pour moi, mais tout de même, que ce fut bon !

A noter que l'objet est lui-même magnifique, avec cette couverture sobre, élégante et rembourrée... Bref on a envie d'y enfouir le pousse !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Juillet 2025

BD - Editions Pataquès / Delcourt - 64 pages - 13.50 €

Parution en avril 2022

L'histoire : Dans Une bonne comédie romantique française, Yann Rambaud détourne avec un humour absurde irrésistible les codes du genre en offrant une véritable histoire d'amour, aidé d'un narrateur qui nous accompagne pour nous expliquer les rouages d'un scénario, les techniques de mise en scène. Nul doute qu'après la lecture de ce livre nous ne regarderons plus les comédies romantiques de la même façon.

Tentation : La 4ème de couv'

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Allez, ne tournons pas autour du pot, ne coupons pas un cheveu en 4, coup de coeur ! Tant cette BD est une énormissime bonne surprise sous ses aspects discrets et tant je me suis amusée à la lire !... en plus, quelques jours après avoir vu "L'accident de piano" de Dupieux... J'ai donc poursuivi dans l'humour absurde mais tellement vrai !

On suit Baptiste dans ses (mes)aventures. Baptiste est le personnage principal, mais aussi le potentiel héro d'un scénario en construction et en abîmes dans ces pages.

L'un des plus gros problèmes de Baptiste, sa honte, c'est qu'il est fan de ... Pascal Obispo. Ca tient de l'addiction et quand le manque se fait trop sentir, il pousse le bouchon jusqu'à écouter les albums live ! "A ce stade du récit, on comprend que Baptiste est un français moyen... ce qui facilite l'empathie du spectateur pour le personnage de Baptiste - #jesuisbaptiste".

Bon vous voyez le ton... On n'est pas loin du style désopilant de Fabcaro... Et je suis étonnée que cet album n'ait pas fait plus de bruit lors de sa sortie... Ou alors, j'ai peut-être été sourde.

L'ouvrage s'ouvre sur deux planches newyorkaises.... Il y a là un début de scénario. Mais stop Monsieur le scénariste, recréer le New York des années 70 coûte bien trop cher... Du coup, l'histoire se déroulera dans un petit coin tranquille de France, avec son marché, ses produits locaux, son musée de la peluche de nombril. Déjà là, on se marre ! Un film coûte cher mais tout y est possible. Une BD est moins chère mais tout n'y est pas possible. "Si le cinéma est un train dans la nuit, la BD est une Twingo à Grenoble"... "Pas assez bon pour n'être que de la peinture, pas assez bien écrit pour n'être que de la littérature... la Bd est un genre de biathlon culturel".... Voilà le ton de cet album qui nous donne la recette pour écrire un excellent scénario d'une comédie romantique française (comprendre qui plaise au plus grand nombre et dans laquelle chacun puisse s'identifier) : tous les ingrédients sont bien passés à rebrousse-poil. "Il faut 200 grammes d'acteur connu, comme Romain Duris ou Guillaume Canet... Ah ! Attendez, y'a une promo sur François Cluzet !"Et entre deux, si vous vous lassez, Rambaud passe à la recette du gâteau au yaourt. De plus, c'est bourré de références ciné/musique soit très bien senties soit hilarantes.

C'est décalé, c'est cynique, c'est ironique, c'est 1er et 3ème degré, mais pas vraiment méchant, c'est délicieux ! Alors, si vous voulez défouler vos zygomatiques, foncez, lisez et faites tourner, ça vaut la peine !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Juin 2025

BD - Editions Grand Angle - 96 pages - 18.90 €

Parution en janvier 2024 

L'histoire : Max tient une librairie sur le tourisme alors qu’il n’est jamais parti nulle part. Ce garçon qui a peur de l’avion, mène une vie rangée qui semble tout à fait lui convenir. Mais un soir d’hiver, tout bascule. Le mystérieux incendie de sa librairie l’incite à prendre une décision inattendue et radicale : simuler sa mort et partir loin de tout ! Max dont le quotidien était fait d’habitudes, s’envole désormais vers une île lointaine où un royaume oublié attend son retour. Un lieu perdu où le temps qui passe semble en suspens. Un lagon paradisiaque où ses souvenirs d’enfance sont restés figés.Une île intemporelle où le Roi n’existe plus...

 

Tentation : Couv et titre

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : J'ai vraiment adoré la première moitié qui me racontait "juste" une belle histoire... Nombre de faits me portaient à m'identifier à Max, notre héro libraire et quelque peu décalé par rapport à son entourage. Il est aussi très humaniste notre Max, qui est le seul à s'intéresser, parler, et voir Ulysse, le SDF du quartier, et même à lui porter secours, même si cela a des conséquences inattendues. La petite bande d'amis de Max est aussi très sympa et attachante.

 Les dessins, aux couleurs chatoyantes, sont sublimes, vraiment de ceux qui me plaisent et permettent une lecture aussi douce que fluide. Et puis, cerise sur le gâteau, Max peint beaucoup sur son cahier à dessins. Et chacune de ses aquarelles, de toute beauté, ouvre les chapitres.

Et puis advient la disparition de Max. Et là, l'histoire prend une dimension onirique, ou imaginaire ou, attention spoiler "Hypnotique" qui m'a un peu égarée, tout en restant très jolie, et intrigante... mais sans grandes émotions pour moi et sans m'embarquer vraiment. Les limites entre l'inconscient et le réel sont déconcertantes ici. Pour plus de clarté, il aurait peut-être fallu développer ou expliquer plus cet aspect-là qui est assez elliptique. Le grand voyage de Max est surtout un retour sur son passé, pour être en paix avec l'enfant qu'il était, ses traumatismes, ses manques, ses abandons, ses rêves oubliés. Pour enfin s'engager dans sa vie d'adulte et oser aimer. Une quête de soi au message est assez simpliste en somme mais qui reste beau, vrai et touchant.

L'île où le roi n'existe plus est en fait l'âge adulte... En effet, au contraire de l'enfant, l'adulte n'est pas roi en soin royaume...

Peut-être aussi que le public visé est plus youngadult...

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Mai 2025

BD - Editions Albin Michel - 196 pages - 24.90 €

Parution en octobre 2024

Le pitch : Un siècle d`histoire vu par un tableau.
Tout commence en 1919 dans une forêt en bordure de Berlin. Otto Mueller peint Deux filles nues.
De l`atelier de l`artiste aux murs du bureau de son premier propriétaire, le tableau observe le quotidien avant d`être emporté par les tribulations de cette période noire : l`arrivée d`Hitler au pouvoir, l`antisémitisme d`État, l`art moderne qualifié de «dégénéré» par les nazis, la spoliation des familles juives, les expositions, les ventes, les bûchers...
Acteur passif d`un monde qui le dépasse, Deux filles nues est un survivant.

Tentation : Le billet de Gambadou

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : Voici une BD multi-primée (dont le Fauve d'or 2025 - prix du meilleur album au festival d'Angoulême) et pour laquelle la presse et la grande majorité des lecteurs ne tarissent pas d'éloges.

Et pourtant, je suis mitigée, la rencontre ne s'est pas faite, ma lecture n'a pas été particulièrement agréable.  Parce que je n'ai pas aimé le dessin qui, à mes yeux, n'est pas facile d'accès. Parce que les personnages (de plus ou moins grande importance historique), défilent sans être forcément très reconnaissables ou marquants. Parce que même l'originalité de l'oeuvre ( tout est vu à "travers les yeux" d'un tableau) ne m'a pas toujours été évidente à déceler ou même à garder en tête.

L'idée est cependant excellente... Plus de 80 ans de la vie d'un tableau, depuis 1919 jusqu'au début des années 2000, lorsqu'il est officiellement et légalement racheté par un musée à sa propriétaire.

J'ai appris beaucoup... Déjà, Otto Mueller et ses oeuvres m'étaient inconnus... J'ai découvert qu'au début du nazisme et de l'antisémitisme, en Allemagne, les toiles d'art moderne avaient été classées dans la "catégorie" "art dégénéré"... puisque "issu de cerveaux dégénérés". Et pourtant, toutes les toiles retirées des musées ou spoliées à leurs propriétaires ont fait le sujet d'une exposition qui a réuni beaucoup plus de visiteurs que le musée voisin d'art allemand/arien en1937.

On suit donc ce tableau des "deux filles nues" depuis sa genèse... les salles de ventes, les appartements des propriétaires, les caves, les musées, l'emballage, les trains, les expositions. C'est franchement original. Et même si le graphisme ne m'a pas plu, il faut tout de même le regarder en détail... Car les seconds plans disent beaucoup... Par exemple, quand il est accroché face à une fenêtre, le tableau (donc nous aussi) voit ce qui se passe dans la rue... Une fumée de cheminée (des milliers d'oeuvres d'art ont été brûlées), des croix gammées apparaissent sur les murs etc... L'Histoire est en route...

Deux filles nues est donc ouvrage sur l'art, l'antisémitisme, la spoliation... Et surtout, sur la pensée unique et la censure... Quand on voit qu'outre-Atlantique, depuis l'élection de T, nombre de livres sont retirés des écoles, des bibliothèques ou interdits à la vente par ce qu'ils évoquent trop l'esclave par exemple, et bien l'on se dit que l'Histoire peut être un éternel recommencement et qu'il faut donc rester vigilant à conserver notre liberté de lire, de penser, de créer, d'écrire, de peindre, de chanter, de sculpter.... Bref, libre de s'exprimer quelle que soit la forme.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Avril 2025

BD - Editions Robinson - 72 pages -19.90 €

Parution en mars 2024

L'histoire : 3 millions de disques vendus, des concerts sold-out, des fans hystériques : en ce début d’année 1964, la Beatlemania fait rage en Angleterre.
Pendant trois semaines, le groupe part faire toute une série de concerts en France, à l’Olympia. Jamais ils ne joueront aussi longtemps au même endroit.
Les journalistes britanniques témoignent d’une Beatlemania française foudroyante, et du bonheur d’un groupe insouciant, soudé et créatif. Mais la réalité est toute autre… Et pourtant, quelques semaine plus tard, la Beatlemania se répandra aux Etats-Unis et dans le monde entier.

 

 

Tentation : La couv

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon  humble avis : Une BD de 72 pages, et trois sessions de lecture pour en venir à bout, ce n'est pas bon signe. Cet album, one shot qui célèbre le soixantième anniversaire de la venue des Beatles à l'Olympia ne m'a pas embarquée du tout.

A mes yeux son seul mérite est de rendre assez bien l'esprit des Sixties et de mettre quelques airs pas désagréables dans la tête : des chansons des Beatles.

Pour le reste... Et bien autant la couverture est belle autant l'intérieur est décevant. Le traitement de ces trois semaines à Paris paraît très anecdotique, superficiel, et très elliptique. C'est plus une succession de saynètes que ne semblent pas être une suite logique de la précédente. Du coup, rien n'est approfondi. Bref, j'ai été perdue tant tout me semblait décousu et pas passionnant. On passe finalement assez peu de temps sur scènes. Les dessins n'ont rien d'exceptionnels, simplistes et au trait plutôt "grossier". C'est à peine si l'on distingue vraiment les Beatles par moment, et le fait qu'ils soient 4 n'est pas manifeste en dehors des scènes en public (radio, concerts...) John ne fait que des apparitions, Georges est à peine cité... Ringo est évoqué plus pour ses frasques avec les filles. Paul est un peu plus présent et reconnaissable avec sa bouille ronde.

On croise dans cette BD un monde fou... C'est très documenté, et beaucoup de personnages secondaires, voire tertiaire font des apparitions. Ils se ressemblent tous, on ne les distingue pas... à part Johnny Halliday et Sylvie Vartan. Il y là des journalistes, des imprésarios, des producteurs sans doute...  Et surprise, les dernières pages sont réservées à un trombinoscope/courte bio de tous ces gens. Bien dommage que ce trombinoscope ne soit pas en début d'ouvrage pour ne pas être découvert en fin de lecture... Mais les fans absolus des Beatles n'en n'ont peut-être pas besoin.

Bref, cette BD que je me réjouissais d'ouvrir, n'a pas été plaisante à lire. Et c'est dommage, parce qu'avec un tel mythe, il y aurait dû avoir de quoi embarquer.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Avril 2025

BD -Editions Rue de Sèvres - 87 pages - 20 €

Parution en Mars 2022

L'histoire : Nous sommes en 2113. Grâce au projet DataBrain, les humains disposent à la naissance d'un second cerveau numérique où sont directement uploadées des connaissances et des expériences virtuelles plus vraies que nature. Avec de simples programmes à télécharger, apprendre de nouvelles langues ou même assimiler la totalité du savoir de l'humanité n'a jamais été aussi simple et rapide. Du moins si, comme Constant, on en a les moyens. Mais un jour, à la suite d'un piratage informatique, il s'évanouit et se réveille en forêt, loin de la ville protégée, en ayant perdu tout son savoir et ses souvenirs. Démuni, il est recueilli par Hazel, jeune femme vivant en marge de la société, qui va l'aider à se reconstruire et à retrouver son passé. 

 

Tentation : Le nom de Zep est pour moi synonyme de qualité

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : "Nous vivons dans une hypertechnologie que presque aucun individu n'est capable de comprendre et de maîtriser... On voulait faire un humain augmenté, on a créé l'humain assisté".

Cette fois-ci, Zep nous a concocté une chouette dystopie, aussi récréative que méditative sur notre condition d'humain dans un monde où l'hypertechnologie s'immisce partout, même dans ce qui était si simple de réaliser avant en quelques gestes... En 2113, les bien nés avec le bon portefeuille et du bon côté des périphériques de la ville protégée peuvent se faire implanter une puce (un cerveau numérique en fait), et ainsi télécharger n'importe quelles connaissances. Bref, ils sont des encyclopédies vivantes et apprendre 12 langues ne leur prend que quelques secondes. Oui mais quand le système buggue ou que des malfaisants hackent le système, rien ne va plus...

Constant va se réveiller vide de tout savoir, même jusqu'à son propre nom... Avec Hazel, il va redécouvrir pas à pas toutes les facultés naturelles spectaculaires du cerveau humain, notamment à travers ses cinq sens. Pour la première fois de sa vie, il va cesser de vivre dans le virtuel pour affronter ou se régaler de la réalité. 

Zep nous dit ici que tout ce qui n'est pas appris patiemment s'efface de notre mémoire. Le reste n'est que remplissage éphémère. Il en est de même pour les expériences, suivant qu'elles soient réellement vécues ou qu'elle soit issue du monde virtuel, comme déjà maintenant un casque sur les yeux vous permet de "réaliser" à peu près n'importe quel défi ou rêve. C'est aussi sans compter sur le coût énergétique de ces "prouesses" scientifiques accessibles qu'à quelques happy-few, laissant les autres dans le dénuement, même énergétique. Zep alerte aussi sur les conséquences d'une humanité qui ne sait plus utiliser son propre cerveau, et qui, à force d'assistanat technologique, risque bien d'être diminué plutôt qu'augmenter. Par exemple, il a fallu à l'Homme des milliers d'année pour apprendre à faire naître un feu, alors que quelques centaines d'années ont suffi à oublier ces gestes, cette capacité. L'Homme n'apprend plus à s'adapter à son milieu naturel depuis 5 000 ans... C'est désormais la technologie qui va modifier le corps humain. Nous pensons évoluer, mais c'est une illusion. Sans la médecine, et donc la science qui nous prolonge, nous sommes moins résistants que nos ancêtres.

Cet album incite l'Homme à se recentrer sur l'essentiel, le vécu et à trouver sa place dans un écosystème où il est inutile, où il ne sert plus à rien qu'à détruire. Et même au coeur de la société l'humain devient de plus en plus inutile... Et l'inutilité, cela mène à la dépression.

Une intrigue parfaitement menée, des personnages complexes et attachants, des dessins agréables, cette dystopie, sur fond d'écologie est une belle invitation à se déconnecter de tout système pour se reconnecter à soi et à la nature, pour ainsi redécouvrir le formidable potentiel de l'union des deux.

Aussi intéressant, qu'émouvant, que distrayant, que nécessaire. A lire ! 

 

Sur ce blog, de Zep : The End , une Histoire d'hommes, Un bruit étrange et beau

 

L'avis de Violette 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 31 Mars 2025

"BD" - Editions Rue de Sèvres - 168 pages - 15 €

Parution en 2018 

Le pitch : Vous n'avez pas encore lu Gatsby le Magnifique ? Vous avez oublié comment se termine Au Bonheur des Dames et ne savez plus de combien de volumes se compose À la recherche du temps perdu ?... Pas de panique, ce recueil est fait pour vous ! Pascale Frey et Soledad Bravi résument en quelques pages de bulles malicieuses vingt grands classiques de la littérature.

 

tentation : Curiosité

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Je tenais l'accueil de ma médiathèque lorsqu'un usager a rendu cet ouvrage que je ne connaissais pas du tout. Du coup hop, je l'empreinte pour moi... Pour vous dire que lorsque l'on est bénévole en médiathèque, les tentations deviennent XXL et émanent de partout.

Je me suis régalée de cette lecture "BD" avec des guillemets, car nous sommes ici dans une sorte d'hybridation entre le document et la BD. 

Chacun des vingt titres classiques évoqués ici se présente ainsi : un portrait dessiné de l'auteur, quelques lignes sur la genèse de l'oeuvre et son résumé, puis une courte biographie de l'écrivain... C'est d'ailleurs curieux de constater que nombre d'entre eux sont passés par la case "études de droit".

Puis sur deux doubles pages et en seize dessins simples mais évocateurs, annoté de façon souvent très drôle, malicieuse et moderne, nous avons le déroulé du roman, jusqu'à sa chute. Deux oeuvres ont droit à beaucoup plus de pages dessinées : La recherche du temps perdu et les misérables.

Il y a des titres que j'ai déjà lus, et cela m'a permis de me les remémorer... Comme la Princesse de Clèves, Bel ami, l'Amant, Madame Bovary, le Vieil homme et la mer.

D'autres que j'ai évité depuis toujours, et là, l'envie m'a bien été donnée de m'y plonger dans leur format original : c'est le cas des Misérables de Victor Hugo, au Bonheur des dames, les Hauts du Hurlevent.

Et enfin, il y a celui que j'ai toujours fuis et qui restera dans cette case : A la recherche du temps perdu. Cet ouvrage ne m'a toujours pas donné envie de le lire.

Moult raisons donc d'ouvrir "Avez-vous lu les classiques de la littérature" ! Se remémorer, savoir de quoi il en retourne, se donner envie ou non... Et briller en société ! Ces résumés vous permettront éventuellement de faire croire que vous avez lu tous ces incontournables romans et que vous êtes hyper cultivés !!!

Le seul mini bémol... C'est que le résumé de ces livres contient... leur fin. Mais bon, d'ici à ce que je me plonge dans l'un de ces classiques, j'aurais sûrement oublié, et puis ces lectures sont souvent motivées pour le style, la curiosité et combler une inculture.

A noter que 4 autres tomes sont parus depuis celui-ci.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Mars 2025

BD - Editions Dupuis - 128 pages - 26 €

Parution en avril 2024

L'histoire : Exilés au Burundi, Gaby et Ana, enfants métis franco-rwandais, voient leur quotidien joyeux bousculé par la guerre civile. Alors que leur famille se déchire, le génocide des Tutsi au Rwanda voisin vient mettre un terme à leur innocence. D'ailleurs, déjà à l'école, Gaby assiste à une bagarre entre un Tutsi et un Hutu, que rien ne semble pourtant séparer si ce n'est – d'après son père – la forme de leur nez...

 

 

Tentation : Ma lecture récente de Jacaranda, de Gaël Faye

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Ma lecture du roman Petit Pays de Gaël Faye, dont cette BD est une adaptation, remonte déjà à 2019. Pour ne pas faire un copier-coller sur le fond et le sujet, je vous suggère donc lire mon billet de l'époque.

A l'automne dernier, c'est Jacaranda, le 2ème roman de Gaël Faye qui a gagné l'attention et les éloges d'un grand monde, et qui est aussi passé entre mes mains. Ce qui m'a donné envie de me rafraichir la mémoire sur Petit Pays, les deux livres étant somme toute bien complémentaires. Certains d'entre vous ont peut-être aussi vu le film "Petit pays".

Cette adaptation en BD est donc tombée à pic, et je pense que sa sortie quelques mois avant celle de Jacaranda n'est peut-être pas due au hasard. On y retrouve la force et les émotions du roman, le tout en condensé.

Mais le format BD convient très bien aussi pour se souvenir de cette histoire ou pour la découvrir... Car quelque part, c'est le poids des mots (réduits en bulles, donc qui vont à l'essentiel) et des dessins très évocateurs, réalistes et à la lecture bien fluide.

Scénaristes et dessinateurs sont parvenus, avec maestria, à narrer et illustrer l'indicible et l'horreur à travers des yeux d'enfants, tout en aboutissant à un superbe et incontournable ouvrage.

L'absurdité de la guerre à hauteur d'enfant, que la guerre soit déjà de l'Histoire, ou du présent, ou du recommencement de l'Histoire, comme si personne ne retenait les leçons du passé. Aussi bouleversant que le roman.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Mars 2025

BD - Editions Grand Angle - 72 pages - 16.90 €

Parution en septembre 2023

L'histoire :  Promis à la jeune Clarisse d'Étigues, Raoul d'Andrésy tombe pourtant amoureux de Joséphine Balsamo, qu'il sauve de justesse après qu'un maîtrechanteur, Beaumagnan, a tenté de la supprimer. Mais derrière la belle Joséphine se cache en réalité la mystérieuse et dangereuse comtesse Cagliostro, espionne, traîtresse et meurtrière, qui serait âgée de...106 ans. Son pouvoir est tel sur le jeune Raoul qu'elle lui fait changer de nom. Ainsi naît Arsène Lupin... Emporté par son amour, et par le souffle de l'aventure, Arsène Lupin se retrouve bientôt sur la piste d'un secret datant du Moyen Âge, qui mêle ésotérisme, astronomie et connaissances géographiques du patrimoine religieux de la Normandie.

Tentation : Un héros de ma jeunesse !

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : Arsène Lupin, un héros de ma jeunesse, surtout dans des séries télés d'époques diverses, qui étaient un rendez-vous familial le samedi soir entre autres. Peut-être un ou deux ouvrages de Maurice Leblanc, et puis Etretat !

Il est bien agréable de se replonger dans les aventures de ce gentleman cambrioleur, même si ici, du fait de sa jeunesse, l'aspect gentleman n'est pas encore très flagrant ! Mais les aventures et leurs rebondissements sont bien là et divertissants. Et le décor du pays de Caux si cher à Maurice Leblanc est toujours une invitation au voyage. 

Le découpage des cases rend le tout bien dynamique, mais aussi très elliptique. Par exemple, le changement de patronyme du jeune Raoul tombe comme un cheveu sur la soupe et sans aucune explication. L'histoire est inspirée du roman la Comtesse de Cagliostro (1924), préquel des aventures de Lupin. Mais passer d'un roman à une BD de 72 pages n'est pas aisé... Un album plus conséquent en nombre de pages aurait permis d'approfondir les personnages, et notamment l'évolution du jeune homme.

Quant au graphisme, il est efficace et évocateur à défaut d'être charmant. Les couleurs m'ont paru souvent criardes et les émotions plutôt caricaturales. Certes, c'est certainement un choix éditorial pour une lecture directe et aisée, mais dommage. A mes yeux, le sujet et l'époque aurait été mieux servis par des dessins plus détaillés, réalistes et aux teintes plus douces. A cause de cela, je me suis dit que cette BD s'adressait peut-être plus à un lectorat adolescent qu'adulte ayant de grands souvenirs du visuel des séries TV.

A noter : un cahier final nous emmène, à force de photo d'archives ou contemporaines, d'extraits de romans de Leblanc ou de dessins, dans les lieux normands évoqués dans cet album.

Mais j'avais besoin de me divertir, et la fougue, l'audace, les bonnes réparties et les péripéties du jeune Arsène ont fait le job.

 

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Rédigé par Géraldine

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