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Publié le 8 Décembre 2011

BD - Editions Delcourt G - 263 pages - 16.50 €

 

 

Parution en avril 2007

 

 

L'histoire : L'auteur, Guy Delisle, arrive avec femme et enfant à Rangoon, capitale d'un pays nommé Birmanie par les Etats qui ne reconnaissent pas la junte militaire au pouvoir, et Myanmar par les autres.

Ici, il accompagne sa femme qui est médecin chez MSF. C'est donc une année d'un expatrié, dans l'une des dictatures les plus fermées, que l'auteur nous raconte ici.

 

 

 

 

Tentateur : Mon gros coup de coeur pour Pyong Yang, tome précédent

Fournisseur : la Bib' !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis :Cette BD est géniale, aussi, je vous conseille de la lire avant Pyong Yang, car Pyong Yang est encore plus géniale ! Et de toute façon, l'ordre chronologique dans lequel vous lirez l'oeuvre de Guy Delisle importe peu, puisqu'il n'y a pas vraiment de suite... en fait !

Tout cela pour dire que j'ai préféré Pyong Yang et que de ce fait, ces chroniques birmanes m'ont parues un peu plus ternes. Sans doute parce que l'effet de surprise XXL ressenti à la lecture de Pyong Yang ne peut pas se renouveler lorsque l'on connaît la plume, la patte, le style et l'humour de l'auteur. Même si la situation est presque aussi dramatique en Birmanie qu'en Corée du Nord, j'ai moins "ri" des étonnements et des découvertes toujours aussi aberrants de notre dessinateur globetrotter. Son sens de l'observation est toujours bien là et ses dessins simples montrent toujours par quelques traits bien placés l'étendue du pouvoir en place et l'absurdité incroyable des lois, des réglements, des décisions étatiques. Si tout cela n'était pas vrai, ce serait effectivement à mourir de rire. Hélas, tout est vrai et encore, Guy Delisle n'a vu de la Birmanie que ce que le gouvernement Birman a accepté qu'il voit. Après, Guy Delisle va à la pêche aux infos, déduit de ce qu'il observe, où plutôt de ce qui manque et cela fait toujours froid dans le dos.

 

Ce tome ci est plus long que Pyong Yang.... En Corée du Nord, notre dessinateur n'était resté que 2 mois, à l'hôtel, bien encadré... Ici, il accompagne sa femme qui est en mission humanitaire pour au moins une année... On intègre donc le monde des ONG et des barrages qu'elles  doivent contourner pour apporter aide et soutient aux populations en difficulté. Guy Delisle nous invite aussi à une réflexion sur les limites de la légitimité et de l'utilité de ces associations, bien conscientes elles même que quelque part, elles entrent dans le jeu du gouvernement, au point d'en sortir, et de quitter le pays.

Ces chroniques ci m'ont parues moins ordonnées que Pyong Yang. Ce sont plus des images du quotidien qui défilent sous nos yeux, alors que dans Pyong Yang, on suivait vraiment la chronologie du séjour de Guy Delisle dans la capitale nord coréenne.  Ici, j'ai parfois eu l'impression qu'on passait du coq à l'âne en revenant souvent au coq... Quelques redondances donc.

 

Ces chroniques birmanes sont donc à lire, incontournables et ainsi, vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas ce qui se passe là-bas. C'est une BD très intelligente... Mais n'oubliez pas de commencer par ce tome, pour ne pas subir une toute petite déception. Déception n'est même pas le bon mot. C'est juste un peu moins bien que l'extraodinaire. Ce qui reste tout de même d'un sacré niveau non ?

 

 

"Dans un pays sans journaliste, la rumeur est la reine de l'information."

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Septembre 2011

BD - Editions Delcourt - 95 pages - 14.95 €

 

 

Parution en 2008

 

 

L'histoire :  Agathe est une petite fille française des années cinquante. Elle grandit entourée de ses deux frères, de son beau-père et d'une mère, aussi secrète qu'hostile, qui n'aime que ses fils. Quand enfin elle atteint l'âge de demander des comptes et de poser les questions qui la hantent, sa mère n'est plus là pour l'écouter. Agathe cherche alors des réponses et découvre à cette occasion quelques secrets de famille qui, même s'ils n'expliquent pas tout, redonnent un peu de chaleur et d'humanité à la figure maternelle... Il y a des lettres que l'on n'envoie jamais ou que l'on garde cachées. Et puis, il y a celles que l'on écrit alors que leur destinataire a disparu. Ainsi en est-il des lettres d'Agathe à sa mère. Un dialogue à une seule voix, pour enfin être entendue...

 

 

 

Tentation  : Pourquoi pas ?!

Fournisseur  : La bib'

 

 

« Ma petite maman chérie, je crois que tu ne m'as jamais aimée, n'est-ce pas ? », c'est ainsi que commence cet album.

 

 

Mon humble avis : Je le reconnais, la couverture de cet album n'est pas très engageante. C'est la quatrième de couv' qui m'a incitée à tenter ma chance. Et gagné ! Dommage que j'ai moins de chance au loto qu'avec les BD et albums que je choisis à la bibliothèque !

Rassurez vous, l'intérieur est bien plus coloré, même si les planches les plus graves approchent le monochrome, ou prennent un peu l'aspect d'un négatif d'une photo.

Mais les dessins sont assez doux, très évocateurs, et l'ensemble très agréable à regarder.

Agathe écrit des lettres à sa mère défunte, puisqu'il est trop tard pour en discuter de vive voix. Agathe a besoin de se faire entendre, de dire, de mettre des mots sur son ressenti sur  toutes ses années, et des conséquences sur sa vie d'adulte. Pourquoi Marie ne l'aimait elle pas, pourquoi n'ont- elles jamais su s'entendre, se sentir bien entre elles ? Agathe veut comprendre et cherche. Elle trouve une explication, qui n'excuse rien mais qui explique. Un secret de famille bien enfoui.

Le sujet, douloureux est très bien traité, avec justesse et pudeur, mais sans mélodrame accentué. Il ne s'agit pas du récit d'une enfant battue ou maltraité, mais d'une enfant désaimée par sa mère. C'est en tout cas ce qu'Agathe ressent tant le traitement qu'elle reçoit est différent de celui de ses frères. On suit Agathe dans l'enfance, puis l'adolescence. C'est seule mais avec un lourd fardeaux qu'elle fait l'apprentissage de sa vie de femme et d'adulte.  Aucune aide, aucun réconfort, juste des ordres et de l'humiliation. Les planches où Agathe découvre ses premières menstruations sont terribles, bouleversantes et révoltantes.

C'est vraiment une bel oeuvre sur les conséquences d'un déséquilibre dans l'affection parentale sur la vie d'adulte, l'adulte qui doit effectuer un travail pour comprendre, éventuellement pardonner, et grandir. S'épanouir. Etre soi et pas ce que les autres veulent que vous soyez.

Je recommande chaudement.

 

 

Qu'est-ce qu'on en a à foutre de l'amour ? Quand on ne le voit pas, quand on ne le sent pas, qu'il ne vous sert à rien ? Quand on en connait que la place vide ? Un appel d'air inutile. Là où vous auriez dû avoir un coeur gonflé.... ne balance qu'un organe, déshydraté, caché derrière les côtes et qui ne sert à rien.

  

 

L'avis d'Hélène

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Juillet 2011

BD - Editions Delcourt - 108 pages - 14.95 €

 

 

Parution en novembre 2008

 

 

L'histoire : Ben Tanaka a des problèmes.
Non seulement il est cynique, sarcastique et insensible, mais en plus sa relation avec sa copine se passe mal. Miko Hayashi lui reproche d’être attiré par les femmes blanches. Tous les deux sont d’origine asiatique.
Elle fuit à New York, il reste en Californie. Leur histoire s’inscrit dans l’Amérique multiraciale et borderline d’aujourd’hui. Un pays imparfait, tout comme eux.

 

Tentation : Titre, 4ème de couv...

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Bof bof...

Vous conviendrez qu'un tel titre est aguichant, limite racoleur. Une promesse de quelque chose...Alors bien sûr je suis tombée dans le panneau. Surtout que cette impression était renforcée des extraits d'articles de grands journaux américains regroupés sur la 4ème de couv.. Tous élogieux bien sûr, ils allaient dans le sens de : " Loin d'être parfait est à la fois poignant, hilarant et triste... par l'un des auteurs les plus talentueux de sa génération....

Et bien je suis plutôt passée à côté.

Rien n'a été évident pour moi dans cette BD. Manifestement, ni les dessins, ni les bulles, ni les coupures de planches et de vignettes (donc de sujets de conversations des personnages) n'ont été limpides. Ma lecture n'a pas été fluide. J'ai mis du temps à comprendre (ou a remarquer) que les protagonistes sont tous asiatiques ou d'origine. Les traits ne sont donc pas assez accentués pour être nets. Je n'ai même pas reconnu les expressions de colère ou autre. D'une vignette à l'autre, on change de scènes, de dialogues, de sujet sans que rien ne préviennent et marque justement ce changement. J'ai donc du relire  certains passages pour en saisir le sens et les "séparer"

Les sujets développés ici ne sont que survolés. Ils ne dépassent pas franchement le cliché. IL s'agit de problèmes de couples, de couleurs de peau, d'homosexualité. Chaque personnage reproche à l'autre son fantasme pour les hommes ou les femmes de race blanche.... Bref, c'est une BD qui traite de la difficulté à être avec ce que l'on est, entre carcans, égoïsme et idées préconçues.

La 4ème de couv m'annonçait de l'hilarité, du poignant, du triste, du sarcasme... J'ai cherché au fil des pages, je n'ai pas trouvé grand chose mise à part la tristesse qui se dégage de l'ensemble, et l'impression de gâchis dans les relations humaines et dans la vie des protagonistes.

Bref, une BD plutôt vide et creuse à mes yeux, qui ne m'a pas avancée à grand chose, qui m'a limite fait perdre mon temps.  Je garderais une impression de superficialité, tant de la part des personnages que dans la façon dont l'auteur traite de sujets qui auraient pu être intéressants. C'est en fait la BD la moins enrichissante et la moins divertissante qu'il m'ait été donné de lire jusqu'à maintenant.

Mauvaise pioche, sans doute parce que ma bibliothécaire n'était pas là et que je n'ai bénéficié ici d'aucun conseil avisé !!!

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Juin 2011

TOME 5 : FUREUR CHEZ LES SAINTS

 

 

BD - Editions Dupuis - 48 pages

 

 

L'histoire : Pour épargner sa pauvre mère qui vit chez lui, Soda se fait passer pour un pasteur. En vrai, il est un redoutable lieutenant de police à qui aucune enquête de police ne résiste.

Cette fois ci Soda doit retrouver d'urgence la petite fille d'un comptable, kidnappée alors qu'elle était sous la surveillance du FBI. Il faut dire que le compable n'est pas n'importe qui.... Dans quelques jours, s'ouvrent un grand procès... et notre comptable est un témoin clé.... Soda devine vite que la fillette est cachée dans un monastère.

 

 

 

Textes : Philippe Tome

Dessins : Bruno Gazzotti

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Le tome 4 m'avait terriblement déçue, j'avais eu l'impression que c'était "un tome pour rien".

Mais là, avec Fureur chez les saints, je suis ravie car je retrouve mon cher Soda.

Dans cette enquête, son costume de pasteur va lui être bien utile ! En effet, notre Soda rentre dans les ordres, quelques peu en désordre d'ailleurs. Dans le monastère qu'il infiltre, il n'est pas évident de distinguer le bon et vrai moine du mauvais et faut moine !

Le scénario est efficace, ne laisse pas de temps à l'ennui et j'ai retrouvé l'humour des 3 premiers tomes.

New York est toujours bien croquée, même si je ne suis toujours pas plus fan qu'avant des dessins. Ce qui me plait dans cette série, c'est le ton, l'humour, les petits détails à ne pas manquer (je viens d'ailleurs dans découvrir un qui m'avait échappé chez chaplum) et les enquêtes rondements menées. Et puis, avec le temps, on prend ses repères et on se retrouve un peu chez soi en ouvrant chaque nouveau tome. La suite, bientôt !

 

 

 

L'avis de Chaplum

 

 

 

Tome 6 : CONFESSION EXPRESS

 

BD - Dupuis Edition - 48 pages

 

 

L'histoire : Soda écrit une lettre pour sa mère, dans laquelle il confesse toute la vérité sur son véritable métier... Mais sa mère ne lui laisse pas le temps ni l'occasion de lui remettre. Soda accompagne sa mère à l'hôpital pour une batterie de test. Devant l'hôpital, une jeune femme se fait renversée. Elle n'a que le temps d'une confession expresse à Soda qui se retrouve embringué dans une nouvelle aventure.

 

 

 

Mon humble avis :Un tome sympathique et original. En effet, Mary, la mère de Soda subit des examens médicaux. Entre chaque examen, elle s'attend à retrouver son cher fiston. Soda n'a donc que des tranches de 2 heures pour mener son enquête. Autant dire que c'est une course contre la montre. Surtout qu'il s'agit de sauver le maire de New York et que l'on est en plein marathon de New York.

Par contre, j'ai du manqué quelque chose car tout ne m'est pas paru bien clair, notamment le lien entre la morte et Monsieur le maire.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Mai 2011

BD - Editions Quadrants - 143 pages - 17 €

 

 

Parution en 2008

 

 

L'histoire :

Le petit garçon que nous avons connu à 5 ans, abandonné, trouvé sur un marché de Séoul et adopté par une famille belge dans la banlieue de Bruxelles(dans le tome 1) a maintenant 14 ans.
Il va lui falloir grandir, passer ce cap difficile de l'adolescence où l'enfant en devenir d'adulte se construit.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Ce deuxième tome s'ouvre sur une belle métaphore, celle de l'arbre et de ses racines. En quelques planches, Jung resitue le sujet : le déracinement de l'adoption suite à un abandon sur un marché en Corée.

J'ai retrouvé avec un vif plaisir le recit et les dessins de Jung. L'enfant a maintenant grandi, il frôle l'adolescence et y entre de pleins pieds au fil des pages. Ce tome traite donc de l'adolescence, mais une adolescence exacerbée par les affres et les difficultés supplémentaires de statut d'enfant adopté. Il n'est déjà pas facile pour un ado dans son pays d'origine de savoir qu'il est et qui il veut être, alors pour un enfant du bout du monde, parachuté en Belgique...

Ce tome est, comme le premier, tout en franchise. De ce fait, des passages sont assez durs et donnent un ensemble plus grave que dans le premier tome. En effet, Jung peine ici à trouver sa place dans sa famille d'adoption, et recherche des signes d'affections qui ne viennent pas forcément. Il subit aussi le racisme des autres, de ses semblabes. D'ailleurs, lui même les fuit. Hors de question de sortir avec une coréenne par exemple ! Le regard que se portent les adolescents sont sans concession.

Jung découvre aussi sa passion du dessin, du Japon et commence ses premières planches de BD, sans savoir que cela deviendra son métier. Ce regard du professionnel sur ces premiers coups de crayons est touchant.

Yung aborde le sujet des motivations parfois contestables des adoptants et  le destin de certains de ses jeunes adoptés qui ne se trouveront jamais à leur place et préféreront mettre fin à leurs jours. Rien n'est contourné ni mis sous le tapis, comme l'envie de découvrir ses origines, la peur au moment de le faire, à moins que ce ne soit juste pas le bon moment. La mère biologique n'est finalement jamais très loin dans l'esprit de l'enfant....

Une très belle BD, très instructive. Le sujet est grave mais la lecture très agréable. Ces pages débordent effectivement d'humour, d'autodérision, de légèreté et il y souffle un sacré vent d'optimisme.Tout est en justesse.  J'attends avec impatience le tome 3 qui serait en cours et le film qui serait en préparation.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 3 Mai 2011

BD - Editions l'Association - 152 pages -  23 €

 

 

Parution en novembre 2002

 

 

L'histoire : L'auteur Guy Delisle travaille dans l'animation (de dessin !). Sa société l'envoie en mission pour deux mois en Corée du Nord, dans les studios soustraitants. Monsieur Guy constate que la dictature s'immisce partout...

 

 

Tentatrice : A girl From Earth 

Fournisseur : La bib

 

 

J'ai lu cette BD pour faire plaisir à ma copine AGFE, qui me l'a presque mise de force dans les mains lors de sa visite à Rennes pour la Rue des livres et de notre virée à ma bibliothèque !!!. Oui, quand on peut, on visite les bib des blogueuses que l'on connait !!!

Et ce qu'il y a de bien, c'est que faire plaisir à quelqu'un n'empêche pas aussi de se faire plaisir soi même ! Ce qui fut largement le cas avec cette BD.

 

 

                                           Attention, incontournable...

 

 

Mon humble avis :Pyongyang comme vous ne la verrez jamais, à moins d'un miracle. Pyongyang capitale de la Corée du Nord, pays le plus totalitaire et fermé du monde. Pyongyang, ville que l'on ignore bien dans notre confort capitaliste, démocratique et occidental. Pyongyang de l'intérieur.

Ce roman graphique retrace le séjour de deux mois que l'auteur y fit au début des années 2000. malgré les précautions d'usage et les conseils qu'il a reçu avant son départ, c'est de plein fouet qu'il va se heurter à la rigidité et à la main mise du régime qui s'occupe de tout : de ce que vous avez le droit de voir, de dire, de faire, d'écouter, de manger, de fréquenter, de penser.... et surtout de ne pas penser. En Corée du Nord, tout n'est que propagande, tout provient du dirigeant et lui revient, un dirigeant mégalo à l'égo qui dépasse l'entendement. D'ailleurs tout dépasse l'entendement, on se croirait dans une expérience socialo-scientifique, dans un roman d'anticipation ( l'auteur site 1984 d'Orwell...) et pourtant non, on est dans une réalité tragique et pathétique. La notion vivre sous une dictature prend ici toute son ampleur, tout ce sens qui est bien inconnu par chez nous.

On sent vraiment la perplexité de l'auteur devant des situations qui pourraient être cocasses si elles n'étaient pas réelles. Notre âme d'Européen voit le grotesque de ses situtations qui saute aux yeux et qui, pourtant, semble invisible à ceux des Coréens. Le ridicule est tellement énorme pour l'esprit libre... Les Nord Coréens subissent un tel lavage de cerveaux que l'on se demande même s'ils sont conscients de leur soumission...

Les dessins sont assez simples, épurés, en noir et blanc. Ce n'est pas ce que j'ai préféré dans cette BD mais j'avoue qu'ils sont idéaux pour décrire l'austérité ambiante...

On entre dans le vif du sujet dès le début et j'avoue, je me suis demandée comment l'auteur s'y prendrait pour ne pas se répéter au cours des 152 pages.... Et bien il y parvient sans peine, tant le scénario est dynamique, sensé, soigné, percutant. Et le sujet hélas inépuisable en fait. Les mots sont terriblement justes. L'humour est là, mais pas l'humour potache bien sur qui ne se prèterait pas au sujet et serait indécent. Non, c'est plus du cynisme, de la dérision, du sarcasme, du 2ème degré. Bref, le ton qu'il faut pour captiver son lecteur, lui apprendre des choses qu'il retiendra et surtout l'atterrer. Car même si j'ai souri, presque ri à certains passages, cette BD m'a atterrée. Un bout du monde auquel je n'ai pas accès et que j'ignore royalement dans mon quotidien est entré chez moi.

Et si le vent démocratique qui bouleverse le Moyen Orient ces temps ci pouvait souffler jusqu'en Corée du Nord ?

En attendant, je vous conseille vraiment de lire cette BD. C'est un excellent témoignage d'expatrié sur une ville presque interdite. Mais aussi un véritable outil de "propagande et d'information antitotalitaire" ! Ça donne sacrément envie de voter, même si c'est pour les moins pires !

 

 

" A un certain niveau d'oppression, peu importe la forme que prend la vérité, car finalement plus le mensonge est énorme et plus le régime montre l'étendue de son pouvoir".

 

  "D'ailleurs, tu sais ce qu'on dit par chez nous sur la démocratie et la dictature ?

La dictature c'est ferme ta gueule et la démocratie c'est cause toujours"

 

"On en apprend plus sur le pays en étant à l'extérieur qu'à l'intérieur".

 

"Jusqu'à quel point peut-on manipuler le cerveau d'un individu ? On risque d'en apprendre un rayon sur le sujet quand le pays s'ouvrira ou s'effondrera".

 

 

L'avis de Joelle

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Avril 2011

BD - Editions Gallimard - 105 pages  - 17 €

 

 

 

Parution en novembre 2010

 

 

L'histoire :  A Yopougon, comme à Paris, les histoires se dénouent, les vérités éclatent et chacun va devoir faire face à son destin. A commencer par Aya, qui a toujours un compte à régler avec son prof de biologie, le harceleur. Mais toutes les vérités sont-elles bonnes à dire et les histoires toutes réglées ?

 

Où la vie dans un quartier populaire d'Abidjan dans les année 80 autour de la belle Aya.

 

 

Textes : Maguerite Abouet

Dessins : Clément Oubrerie

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Enfin la suite de ce feuilleton à la sauce africaine et pimentée d'humour, de joie et de bonne humeur ! Snif snif, car ce tome semble sonner le glas de cette série, à moins que nous signions tous une pétitition pro Aya

A l'heure où les nouvelles d'Abidjan sont alarmantes dans les médias, quel plaisir de se replonger dans les histoires croisées, petites et grandes des habitants de Yopougon. Même si on frôle parfois le drame, le comique de la situation et les multiples ressources des personnages prennent toujours le dessus.

Les sujets traités sont néanmoins sérieux (l'homosexualité, le harcèlement, l'abus de pouvoir, la manipulation, l'éducation, l'adultère, la difficulté d'obtenir des papiers pour les sans papiers en france.... ) Mais ils sont là pour démontrer la valeur de l'amitié, du courage, du travail, de la confiance, de l'amour, de l'union qui fait la force...

Aucun personnage des tomes précedents n'est oublié ici et chacun a droit aux rebondissements et au coup de théâtre qu'il mérite.

Grégoire a d'abord ce qu'il mérite et... finalement, un sacré surprise l'attend.

L'inénarable Moussa en surprend plus d'un, jusqu'en plus haut lieu

Innocent se serait bien trouvé lui même à Paris

Gervais va-t-il choisir entre sa mère et sa chérie ?

Albert aimerait tant tout avouer et ne pas épouser Isidorine

Aya va-t-elle devoir épouser Albert ?

Se vengera-t-elle de son méchant prof de bio

Adjoua et Bintou ne sont jamais loin et ont leur avis sur tout!!!!

Je ne cite pas tout de monde... Je mets tout mon espoir sur Didier pour que la série se poursuive car c'est de son côté qu'il reste une porte ouverte !!!

Comme d'habitude, ce qui m'a le plus réjouie dans ma lecture, c'est la richesse des dialogues toujours aussi succulents et les expressions, devises et maximes, proverbes de là-bas  ! Quand sagesse et philosophie se mèlent à une bonne dose d'exotisme et d'humour  elles actionnent sacrément les zygomatiques !

Une fois de plus, que du bonheur. Lisez cette série, vous vous garantirez de belles heures ensoleillées !

 

 

"Aya, ce ne sont pas tous les fous qui se baladent nus"

"Certains actes sont dictés par la nécessité".... "Ce n'est pas pour ça qu'il faut utiliser les mauvais moyens"

"Éteins un peu ta colère"... "Je n'aurai pas assez d'eau Simone"

"La richesse ne fait pas le bonheur".... "A t'entendre, tu m'as épousé que pour le bonheur".

"J'espère que je ne vais pas rester longtemps dans mon célibétariat "!

"hé, train là va vite dêh ! Il est pressé pourquoi, même ?"

"Maman, il faut donner des conseils à celui qui est disposé à les entendre".

"Ma fille, avant de prendre un homme, il faut d'abord étudier sa mère"

"Maman, l'eau qui est versée là, on ne peut plus la ramasser, dêh !

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Avril 2011

BD - Gallimard - 107 pages - 16.50

 

 

L'histoire : A Abidjan les problèmes s'accumulent pour Aya : Mamadou fait le "génito" pour la femme de son professeur de biologie, tandis que Félicité est séquestrée au village par son père. De son côté, Grégoire, le Parisien moisi, s'est fait recruter par un pasteur, fondateur de la très prospère "Eglise Réformée de Dieu Zéro Malade".

Pendant ce temps à Paris, Innocent, l'aventureux coiffeur, découvre que l'homosexualité n'est peut-être pas aussi bien acceptée en France qu'il l'espérait...

 

 

Dessins de Clément Oubrerie

Textes de Marguerite Abouet

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon humble avis :  J'ai moins aimé ce tome 5, même si j'en retiens tout de même de sacrés moments mémorables. J'ai l'impression qu'on survole plus les histoires des uns et des autres, à qui les auteurs consacrent des doubles pages, voire des quadruples, avant de passer aux mésaventures d'une autre protagoniste. Les personnages s'éloignent les uns des autres, "moralement" (Hervé semble mener sa vie...) comme physiquement et géographiquement : Moussa est toujours dans la brousse, on ne sait pas trop où, en tout cas, ses parents le suivent pas à pas. Felicité est retenue prisonnière au village et Inno affronte toujours les déconvenues de la vie Parisienne. Nous ne sommes plus dans la petite vie de quartier du début, c'est un peu dommage. On s'éparpille un peu et de ce fait, certaines intrigues sont presques passées inaperçue dans ce tome (comme l'histoire du méchant prof de fac par exemple).

Mais... Mais, les réparties, expressions et dictons locaux sont toujours aussi jubilatoires et l'attachement que l'on ressent pour les personnages et leur destin reste intact. Et toujours, le bonus ivorien en fin de volume. Cette fois ci, il porte sur le commerce de l'Eglise en Afrique.... et par chez nous.

J'espère bientôt pouvoir me procurer le nouveau tome, le tome 6, sorti fin 2010,  via ma bib' (hum hum, va en fait falloir encore attendre un peu, ma bib ne fait que 3 sessions d'achats BD par an) ... Bonne nouvelle, Aya et ses copines réinvestissent la couverture un peu malmenée depuis 2 tomes :

 

 

 

Mauvaise nouvelle : il s'agirait du dénouement final !

 

 

"On ne naît pas intelligent, on le devient si on sait écouter les conseils des autres."

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 28 Février 2011

 

BD - Editions Dupuis - 46 pages

 

 

L'histoire : Surtout, ne dites pas à sa mère que Soda est flic. La chère femme le croit pasteur... Et David Elliot Hanneth Solomon (son véritable patronyme) ne tient pas à voir sa vieille maman morte d'inquiétude chaque fois qu'il part en mission. Les rues de New-York sont si peu sûres... Alors, pour ne pas l'effrayer, il change de tenue dans l'ascenseur, planque son flingue dans les toilettes et ses revues pas très catholiques sous son oreiller. Dur métier. Surtout quand un tueur à gages est prêt à tout pour récupérer un billet de cent dollars tombé par hasard entre les mains d'un sans-abri.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Textes : Philippe Tome

Dessins : Bruno Gazzotti

Couleurs : Stéphane De Becker 

 

 

Mon humble avis : Un tome pour rien, où l'on apprend rien de plus sur le mystère Soda et sa main gantée. Habituellement, je lis les Soda d'une traite. Vous me direz, que ce ne sont que des BD de 47 pages, nous sommes donc loin de l'exploit Himalayen. Oui, et bien cette fois ci, je l'ai ouvert et fermé à quatre reprises. Autant dire que je n'ai jamais été embarquée par cet opus. Ce Soda manque cruellement de pétillant et même de bulles. In en résulte un ensemble brouillon que l'on peine à suivre, des dessins pas toujours très clairs et surtout, rien de drôle dans cet épisode alors que les précédents avaient franchement provoqué mon hilarité... Même si une partie du dénouement relève un peu le niveau, il ne vous fait pas oublier votre ennui éprouvé au fil de ces pages. Peut-être qu'un break s'impose dans ma lecture de cette série. Si vous en êtes au tome 3, n'hésitez pas à faire l'impasse sur ce 4ème !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Décembre 2010

BD Album - Editions Dargaud - 64 pages - 19 €

 

Parution en novembre 2009

 

 

L'histoire : Capucine vient d'avoir 8 ans. C'est une petite fille comme les autres. A une seule toute petite différence près : Capucine est porteuse de trisomie 21. Le pire pour elle, c'est qu'elle n'en a que très peu les caractéristiques physiques : les braves gens ne comprennent donc pas pourquoi elle est " si bizarre ". Ce printemps est un tournant dans le vie de Capucine, car elle va voir fleurir soudainement de nombreux problèmes qui n'étaient alors que des germes. Entre une école de la République qui la pousse vers la sortie, une tante gravement malade, une famille inquiète et des parents sur le point de craquer, Capucine va devoir apprendre à " gérer " ses problèmes, mais aussi ceux des autres. Dans la tourmente, elle n'aura souvent que son amour à offrir, et sa façon " extra-ordinaire " de voir les choses.

 

Auteurs Jean David Morvan et Jiro Taniquchi

 

 

 

Tentateur : La blogosphère

Fournisseur : Midola, merci pour le (long) prêt !

 

 

 

Mon humble avis : Aujourd'hui, c'est l'hiver. Quelle bonne raison de faire un bon dans le temps et de vous parler du printemps d'une petite fille, Capucine. De l'année de Capucine, seul le printemps est paru, nous attendons donc l'été, l'automne et l'hiver !

Même si physiquement rien ne semble l'indiquer, Capucine n'est pas une enfant comme les autres, elle est atteint de la trisomie 21. Cet album nous propose donc de voir le monde, la famille, l'école, l'amour, à travers les yeux de cette petite fille qui ne comprend pas pourquoi ses parents sont tristes, pourquoi ils s'évertuent à la stimuler, pourquoi ils se rouspettent, et souvent à son sujet. Nous sommes dans l'univers de Capucine.

Mais nous n'échappons pas à la vie quotidienne, aux préoccupations et aux inquiétudes de ses parents. Ils se sentent démunis devant l'état de leur fille, ne s'y résignent pas, souhaite pour elle le meilleur, un système scolaire normal... Ils la stimulent à toute occasion. Il faut absolument que Capucine progresse.... quitte à ce que cela devienne sujet de stress, de pleurs, d'angoisse, d'inquiétude pour la fillette.

Loin de moi l'idée de juger le comportement des parents avec le si peu d'informations en ma possession. Cet album aborde les tenants et les aboutissants de la trisomie 21. Et surtout, je pense qu'il a le mérite de nous interroger nous même : comment agirions nous, serions nous capable de mener ce combat incessant et éternel pour préparer notre enfant pas comme les autres à grandir dans ce monde. Capable ? Je ne sais pas ? Faire de son mieux, certainement et quand on fait de son mieux, on échappe pas aux erreurs et aux maladresses.

Cet album est très beau, les dessins délicats, détaillés et les couleurs sont douces. Un bémol, peut-être lié à ma "novicité" en matière de BD... La position des bulles par rapport aux dessins m'a parfois égarée... J'ai des fois eu du mal à distinguer le personnage émetteur de chaque bulle.  La petite Capucine est très mignonne et on l'aime tout de suite. Il se dégage de ces pages énormément d'émotions, de tendresse, d'interrogation et de détresse, celle des parents. Et quand ses parents sont tristes, alors c'est Capucine qui devient triste alors...

Un sujet sensible et grave qui me semble traité avec beaucoup de justesse. En tout cas, cet album m'a extrêmement touchée.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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