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Publié le 30 Janvier 2016

Afficher l'image d'origineBD - Editions Allary - 160 pages - 20.90 €

 

Parution en mai 2014

 

L'histoire : Un roman graphique où Riad Sattouf raconte sa jeunesse dans la Libye de Kadhafi et la Syrie d’Hafez al-Assad.
Né en 1978 d’un père syrien et d’une mère bretonne, Riad Sattouf grandit d’abord à Tripoli, en Libye, où son père vient d’être nommé professeur. Issu d’un milieu pauvre, féru de politique et obsédé par le panarabisme, Abdel-Razak Sattouf élève son fils Riad dans le culte des grands dictateurs arabes, symboles de modernité et de puissance virile. En 1984, la famille part s'installer en Syrie.

 

 

Tentation : AGFE

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Riad Sattouf a un CV long comme le bras, et je ne connaissais même pas son nom avant ma lecture ! Parfois, je me demande sur quelle planète je vis !

Enfin bref, cette BD est ultra intéressante, voire incontournable ! Le tome 2 est déjà sorti et le 3ème est en préparation si j'ai bien tout compris.

L'Arabe du futur, c'est en fait l'Arabe qui va à l'école. Il y a quelques générations, rares étaient les habitants des pays arabes à avoir accès à une réelle éducation et à pouvoir suivre des études supérieures. Puis des dictatures, militaires, communistes ou religieuses se sont installées à gauche et à droite, pour le meilleur ou pour le pire. Dans le meilleur : l'école gratuite, que ce soit en Libye ou en Syrie... Cette école qui paradoxalement, instruit le peuple, lui donnant notamment des "armes" pour renverser ces pouvoirs despotes...

Cette BD est passionnante à lire, même si les dessins ne m'ont pas plu plus que ça. Il n'empêche, nous y observons le regard candide d'un enfant sur les différences et les nouvelles cultures qu'il côtoie, l'humour et la distance et l'analyse de l'auteur devenu adulte.

Certains passages frôlent l'absurde, pourtant réel, comme lorsqu'on apprend qu'en Lybie, à l'époque de Kadafi, tout appartement vide de personne est considéré comme libre. Donc vous partez en balade et à votre retour, une autre famille s'est installée !

D'autres moments sont émouvants ou glaçant, comme lorsque notre jeune Riad découvre la pauvreté des Syriens, le racisme dont il est l'objet (oui, Riad est blond, comme sa mère), et la violence qui paraît latente chez chacun, dans un pays si près d'Israël, de l'Iran... Un pays qui semble connaitre plus de guerre et de menace que de paix.

Et l'on réalise bien que le racisme, les aprioris, les idées toutes faites sur l'autre comme la certitude d'être dans la vérité sont partout, notamment chez le père de Riad dont moult réflexions m'ont choquée.

Très intéressant aussi sont ces rappels historiques. Exemple : La Syrie faisait partie de l'Empire Ottoman jusqu'au morcèlement de ce dernier suite à la Première Guerre Mondiale. Puis, la France hérita d'un mandat sur la Syrie de 1920 à 1943. Toujours utiles aussi, ces explications simples mais claires pour différencier musulmans Sunnites, Chiites, Alaouites et saisir la complexité de la situation géopolitique du Moyen Orient.

Pour conclure, je vous conseille vivement de lire cette BD tantôt mignonne, tantôt drôle, parfois glaçante mais toujours passionnante et instrutive.

A savoir tout de même, L'Arabe du futur" a reçu le prix du meilleur album 2015 au Festival d'Angoulème !

 

En complément : le billet d'AGFE

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Décembre 2015

Afficher l'image d'origineBD - Editions Delcourt - 256 pages - 18.95 €

 

 

Parution en octobre 2014

 

L'histoire : Dans la vie d'un couple, la naissance d'un enfant handicapé est un ouragan, une tempête. Quand sa petite fille naît porteuse d'une trisomie non dépistée, la vie de Fabien s'écroule. De la colère au rejet, de l'acceptation à l'amour, l'auteur raconte cette découverte de la différence.

 

 

 

Tentation : Médias & blogo

Fournisseur : La bib'

 

 

LA DERNIERE NUIT DU RAÏS, de Yasmina KHADRA

 

Mon humble avis : Ce roman graphique est loin d'être anodin puisqu'il s'agit du témoignage autobiographique de l'auteur. Un témoignage sans fard, sans tabous, cruel parfois, tendre souvent, magnifique en entier !

C'est très émouvant à lire car forcément, on ne peut s'empêcher de se poser la question : "Et si c'est à moi que "cela" arrivait, quelle serait ma réaction". Les parents concernés par la trisomie 21 d'un de leur enfant trouveront ici sans doute un écho (rassurant ou encourageant) à leur histoire personnelle.

Ce qui marque avant tout dans ce récit, c'est la sincérité. Car vraiment, Fabien Toulmé n'élude rien de son parcours, le labyrinthe administratif et hospitalier, ni les réflexions et pensées intimes qui pourraient paraître révoltantes, ni l'angoisse du futur.

Car lorsque la trisomie de sa seconde fille Julia est diagnostiquée, pour Fabien Toulmé, c'est la fin du monde. Il n'arrive pas à considérer le nourrisson comme son enfant. Ce sera le rejet total. Il lui faudra des semaines pour parvenir à la prendre dans les bras, des mois pour s'occuper d'elle.

Et puis, petit à petit, l'instinct paternel et maternel se révèle au détour d'un geste, d'une peur, d'un regard. Et Fabien Toulmé finit par tomber en amour pour sa petite fille différente, qui est un "enfant bisous", c'est ainsi que les trisomiques sont affectueusement nommés, eu égard à l'immense amour qu'ils donnent !

On s'attache beaucoup à cette petite famille finalement ordinaire, (même si Maman est brésilienne), et on guette autant les progrès de l'enfant que ceux des parents. Et l'on se dit : "J'aimerai que Toulmé publie une suite, car lorsque ce volume s'achève, nous abandonnons Julia à ses deux ans, et voudrais la suivre encore dans la découverte de la vie et d'elle-même.

Au niveau graphique, rien d'exceptionnel, les dessins simples et les bulles sont très clairs et parlants, ils vont droit au but. J'ai juste détesté la façon dont Toulmé dessine certains nez, mais c'est du détail !

A noter, Fabien Toulmé mêle habilement humour et amour, pour délivrer une oeuvre résolument optimiste, une oeuvre qui fait du bien, une oeuvre à lire absolument (que l'on soit directement concerné ou pas du tout) !

Ce n'est pas toi que j'attendais, mais je suis tout de même content que tu sois venue

Fabien Toulmé

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Octobre 2015

Afficher l'image d'origineBD - Editions Grand Angle - 48 pages - 13.50€/tome

 

Parution en juin 2011

 

L'histoire : La Nouvelle Orléans, années 1990. Il est difficile, pour certains hommes, de tirer un trait sur leurs rêves de jeunesse. Alvin, guitariste et chanteur de jazz de second rang, est de ceux là. À l’heure où d’autres n’aspirent qu’à une retraite paisible, il a encore foi en sa bonne étoile. Affublé de deux vieux compagnons de route, il part à la recherche de Cornelius, trompettiste légendaire disparu mystérieusement cinquante ans plus tôt, grâce auquel il pourrait connaître enfin le haut de l’affiche… comme les Cubains du Buena Vista Social Club !

 

 

 

BD de Philippe Charlot et Alexis Chabert

 

Tentation : Le titre

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : J'aime voyager aussi à travers mes lectures, voire revisiter des lieux arpentés quelques années plus tôt ! Bon, là, ça se compte en double décénnie, puisqu'à 21 ans, lors d'un séjour de 6 mois aux Etats-Unis, j'ai eu la chance de visiter La Louisiane et de déambuler dans les rue de la Nouvelles Orléans. Aussi, dès que j'ai vu cette BD... je n'ai pas résisté.

Bon, je suis un peu déçue du voyage, même si cette BD reste un agréable divertissement. Je m'attendais à une plongée plus profonde dans l'antre du Jazz Louisianais. Les dessins ne m'ont plu qu'à moitié. En effet, les couleurs chatoyantes changent donc souvent et rendent difficile, d'une planchez à l'autre, la reconnaissance des personnages. D'autant plus que les flash-back remontant aux années 50 sont très nombreux.

Il n'empêche, ces 4 papys de Jazz sont attachants et agréables à suivre dans leur come-back musical.  Les auteurs abordent aussi le sujet de la création musicale : il y a ce que les artistes aimeraient jouer, ce que les producteurs croient que le public attend, et ce qu'attend réellement le public qui rejoint finalement ce que les artistes aimeraient jouer, si on ôte toute standardisation de l'environnement.

Et puis il y a la présence fantôme de Louis Amstrong, qui veille sur nos 4 papys.

C'est aussi une histoire d'amitié entre deux jeunes musiciens : un noir, un blanc... et une histoire d'amour entre un trompettiste noir et une chanteuse blanche. Donc, comme nous sommes principalement dans les années 50 et qui plus est dans un état du Sud américain, il est bien sûr question de ségrégation raciale.

En fin du premier tome, les auteurs expliquent via quelques pages comment ils ont conçu leurs 

personnages et quelques planches.

 

 

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Couv du tome 2

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Mars 2015

BD - Editions Futuropolis - 144 pages - 20 €

 

Parution en octobre 2013

 

L'histoire : Fabien est agent de surveillance au Louvre. Il aime son métier. Depuis quelques semaines, il aime aussi Mathilde. Celle-ci décide d'aller présenter son ami à sa famille, le clan Benion, comme elle l'appelle. Puisqu'ils ont désormais sous la main un «expert», les Benion tiennent absolument à soumettre à Fabien un tableau qui moisit dans le grenier depuis des décennies, et qui a été peint par l'aïeul Gustave. Une pauvre toile représentant un chien qui louche. La question des Benion est claire : Le Chien qui louche a-t-il droit au Louvre ? Dans un premier temps, n'osant pas décevoir sa (presque) belle-famille, Fabien ne fournit pas de réponse catégorique... Il aurait dû !

 

Tentation : Un incontournable... du Davodeau, j'aime !

Fournisseur : La bib'

 

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Mon humble avis : Cette BD n'atteint pas néanmoins les sommets atteints par Davodeau dans "Les ignorants", sa précédente oeuvre, qui était royalement subjugante et passionnante.

Bien sûr, le moment de lecture est agréable et divertit grandement. Il pousse même à sourire ou à rire, tant le trait de caractère des personnages est poussé à l'extrême, au trop peut-être ?. Mais ces caricatures extrêmes ne sont pas ce qui amuse le plus dans cet album. Les sourires viennent des petites choses plus discrètes que vous remarquerez (ou pas) lors de votre lecture.

En fait, l'histoire de cette BD est plutôt farfelue et peu crédible, donc ne m'a pas passionnée. Par contre, je me suis régalée de l'environnement de l'histoire. Le Musée du Louvre... Que l'on pénètre par la petite porte, sans faire la queue, puisque nous suivons pas à pas Fabien gardien de musée de son état. Nous découvrons ainsi l'envers du décor, comment travaillent les gardiens, l'amour qu'ils éprouvent pour certaines chefs d'oeuvre, les salles qu'ils préfèrent. Comment ils regardent encore ses oeuvres qu'ils voient tous les jours. Et surtout, il y a ce défilé quotidien et immuable de touristes et leur comportement hélas.... si prévisible, analysé et observé avec amusement ou agacement par les gardiens. Et oui, chaque matin, entre gardiens, les paris sont ouverts : combien de temps avant le premier "où est la Joconde", même si de grandes flèches trace le chemin.

L'histoire est donc pour moi anecdotique, mais permet de retourner dans ce Louvre où je n'ai pas mis les pieds depuis des années, voire décennie. Et elle aboutit à une postface intéressant sur le fonctionnement des acquisitions de nouvelles oeuvres au Louvres.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 3 Octobre 2014

BD - Editions Gallimard - 57 pages - 12.10 €

 

Première parution en 2000

 

L'histoire : Laurent Aubier se réveille d’un coma de dix heures dans une clinique des Pyrénées. Il a été victime d’un accident de voiture. Une infirmière, Janine, lui remet le cahier dans lequel elle a noté tout ce qu’il avait dit lors de son coma. Selon Janine, cela ouvre la voie vers sa boite noire, c’est-à-dire son inconscient. Ce cahier contient une mine de souvenirs enfouis sur lesquels Laurent va enquêter et découvrir des choses anodines ou bouleversantes.

 

 

Tentation : Le nom Benacquista et le titre, dont j'ai déjà entendu parler

Fournisseur : La bib'

 

 

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Mon humble avis : Cet album est l'adaption BD de la nouvelle éponyme de Tonino Benacquista, qui s'est vue aussi, il y a quelques années adaptée au ciné ou à la télé, je ne m'en souviens plus. Et comme je ne l'ai ni lue ni vue, cette lecture était donc pour moi une totale découverte.

Bon, ce n'est pas la BD du siècle pour qui serait exigeant et ellitiste dans le domaine. Mais, honnêtement, le divertissement est bien là, tout comme l'intérêt, même s'il est un peu brutalisé par une fin plutôt abrupte, qui aurait pu être un peu plus développée dans une suite par exemple.

Le graphisme est agréable, et j'ai aimé la façon dont Ferrandez nous fait comprendre que le personnage voit sa vie défiler où qu'il zappe devant sa télé.

Sans doute l'introduction est un peu longue par rapport à la descente aux enfers du personnage en nombre de page, mais en même temps, a-t-on envie de voir un homme sombrer sur une demi BD, pas forcément. On comprend bien ce qui ce passe, le pourquoi du comment, donc c'est pour moi suffisant.

La boite noire est notre inconscient, ce qui nous construit aussi à notre insu. Cette BD effleure donc un sujet intéressant : est-ce bon de se souvenir de tout ou en tout cas, d'avoir soudain accès à nos souvenirs les plus enfouis. Ne vaut il pas mieux se contenter de ce que nous sommes au présent ? L'accès à notre inconscient a t-il plus de chance d'être profitable ou destructeur. Est-ce important de savoir qui nous sommes vraiment depuis les âges qui précèdent notre conscience. Moi, j'ai ma réponse, à vous de vous constituer la vôtre.

Je l'ai dit plus tôt, la fin est plutôt abrupte, mais elle était inattendue pour moi, aussi, j'ai aimé la route prise par cette histoire. Par contre, si j'avais été auteure, j'aurais sans doute développé un autre élément révélé par la boite noire qui aurait ainsi pu orienter cette BD vers le genre thriller, poursuite, en parallèle à la quête personnelle de ce Laurent Aubier !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Septembre 2014

BD - Editions Casterman - 119 pages -22.50 €

 

Parution en mai 2013

 

L'histoire : Il y a quatre jours est arrivé ici, venant de Londres, un nommé Paul Verlaine, homme de lettres, natif de Metz ; âgé d'une trentaine d'années, il a été rejoint il y a deux jours par un autre français du nom de Rimbaud Arthur, homme de lettres, venant de Londres, âgé d'une vingtaine d'années t natif de Charleville. Hier dans le courant de l'après-midi, Verlaine a tenté de tuer Rimbaud en lui tirant un coup de revolver dont le projectile l'a atteint au bras gauche. Verlaine a été arrêté. Il a été impossible de connaître jusqu'à présent la cause réelle de cette tentative de meurtre. 
 

 

Tentation : Le sujet !

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : De Rimbaud, je ne connaissais que les quelques poèmes étudiés aux lycée, sa relation homosexuelle légendaire avec Verlaine, et sa réputation de grand voyageur. Aussi, cette BD tombait bien à point, histoire d'éttoffer un peu ma maigre culture sur l'homme en question.

Rimbaud l'indésirable retrace la vie du poète depuis sa première fugue de Charleville Mezière, à l'âge de 16 ans. Direction Paris dans l'espoire d'y rencontrer ses paires et ainsi d'être publié et de devenir célèbre. Le récit se cloture par sa mort 20 ans plus tard, après l'amputation de sa jambe gangrénée.

J'ai beaucoup aimé cette lecture passionnante. L'album est déjà en lui même un objet magnifique. La construction du récit, les dessins, les couleurs, le contenu des bulles, tout m'a semblé parfait à un point près : à la dernière page, on ignore comment Arthur Rimbaud est dévenu célèbre autrement que par ses frasques, comment il est devenu un incontournable de la poésie française.

Par contre, le personnage d'Arthur Rimbaud me laisse pantoise, et j'avoue, je tombe de haut, moi qui le portait vaguement au pinacle pour son esprit de grand voyageur. Arthur Rimbaud se révèle être un parfait malotru, un goujat de première classe, un manipulateur pernicieux. Bref, un être on ne peut plus détestable, qui par ses mauvaises manières et sa méchanceté, s'est fait rejeté du tout Paris.

L'album revient sur la relation violente des deux poètes Rimbaud et Verlaine, relation qui mènera Verlaine à sa perte, Verlaine qui sera sous l'influence désastreuse de Rimbaud pour qui la soit disant liberté devient prétexte à tout. Rimbaud fera tout pour que Verlaine le quitte, mais en même temps harcèlera son aîné et amant à la moindre rupture. Rimbaud poussera Verlaine à bout, jusqu'à un fameux coup de feu, considéré par la justice comme une tentative d'assassinat et qui mènera Verlaine en géole. Viendra alors le temps de l'errance d'Arthur Rimbaud en Egypte, puis en Afrique...

Même si je suis déçue par le personnage de Rimbaud qui du coup n'exerce plus aucune fascination éventuelle sur ma petite personne, je dois avouer que cette BD est plus que passionnante et captivante. Et puis, (re)découvrir la France en guerre, Paris et ses poètes maudits des années 1870, Londres, Bruxelles et l'Afrique et ses trafics ne peut nuire à la bonne santé culturelle !

Alors bonne lecture à vous !

RIMBAUD L'INDESIRABLE, BD de Xavier COSTE

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Août 2014

BD - Editions Delcourt - 192 pages - 29.90 €

 

Réedition en intégrale en 2013

 

L'histoire : Jeune homme célibataire et occupant un petit poste de fonctionnaire, Julien Boisvert na rien dun aventurier. Un jour, il décide de partir pour lAfrique. Commence alors pour lui une longue quête : la plus simple qui soit mais aussi la plus belle, celle de soi-même. Afrique, Europe, Amérique, chaque étape est l'occasion de rencontres et dexpériences qui amèneront Julien à se découvrir vraiment.

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib'

 

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Mon humble avis : La couv qui figure sur ce billet est celle de la version intégrale rééditée en 2013. A l'origine, Julien Boisvert fit son apparition à la fin des années 90 sous la forme de 4 tomes. C'est ainsi que je l'ai lu. Précision importante pour justifier mon impression : ce n'est qu'à partir du 4ème tome que mon intérêt s'est fait réalité.

Pourtant, cette BD avait tout pour me séduire, puisqu'elle promettait entre autre aventures et exotisme. De fait, le premier tome nous emmène quelque part en Afrique, le 2ème sur l'île de Guernesay, le 3ème au Mexique et enfin, le 4ème aux Etats-Unis. Mais l'apprentissage culturel qu'apporte ces BD est proche du néant, excepté pour le 4ème tome, encore et toujours.

Les dessins ne m'ont pas toujours été agréables, malgré des couleurs vives. Mais trop souvent, j'ai douté de l'identité des personnages, parfois durs à reconnaitre. Quelques planches ne sont même pas très claires pour saisir l'action qui se déroule. A aucun moment de ma lecture je me suis dit "whaou, chouette dessin, superbe paysage..." ou autre. Et puis la police d'écriture est minuscule et nécessite par moment quelques efforts occulaires.

Le premier tome aurait pu être franchement intéressant s'il avait bénéficié de quelques coups de pioche supplémentaires. Pas assez creusé ou détaillé. J'ai traversé les 2 tomes suivants sans qu'aucune aspérité ne m'accroche. Vraiment trop légers, même dans les péripéties de Julien.

Et surprise, j'ai trouvé le tome 4 génial et passionnant. Julien y part aux Etats Unis à la recherche de son père. Cette quête est l'occasion d'aborder des sujets plus sérieux, plus durs, tel que le racisme, le KKK, Martin Luther King, le nazisme. Les bulles sont bien plus fortes et claquantes que lors des 3 premiers tomes, puisque certaines font même froids dans le dos, notamment lorsque Julien se rend "inconnito" dans une réunion de néo nazis. L'atmosphère des années 60 - 70 aux Etats Unis est très bien rendue, entre manifestation pro ou anti raciste, mouvements populaires etc. Là, l'émotion a commencé à bien pointer le bout de son nez, alors que les 3 premiers tomes n'avaient soulevé aucun émoi en moi.

Oui, à mon humble avis, il manque vraiment ce petit quelque chose pour que cette BD soit convaincante, et notamment un Julien qui soit un peu plus attachant. Il m'a laissé de glace alors qu'il vit des aventures peu ordinaires.

Malgré mon enthousiasme pour le 4ème tome, mon impression générale reste : mouais !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Juillet 2014

BD - Bamboo Editions - 48 pages et 13.90 €/tome

 

Parution en janvier 2010

 

L'histoire : Comme beaucoup de brocanteurs, Gabin Kashenko est persuadé que les objets ont une âme. En sillonnant la campagne à la recherche de la perle rare, il réveille souvent des histoires enfouies sous la poussière du temps. Dans une ferme du Centre-ouest, un incendie tente de réduire en cendres un lourd secret, mais dans la grange restée intacte, Gabin découvre un cahier. Un enfant y évoque la mort de sa mère et l'existence d'un trésor. Le chineur perçoit alors qu'un passé tragique hante les lieux, un passé qui renait de ces cendres.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Voici une BD super divertissante, très plaisante à lire, qui n'est pas égoïste d'intrigue et de moult rebondissements.

Aussi, vous l'aurez compris, avant d'entamer le tome 1, assurez vous d'avoir vite accès au tome 2 sinon vous risqueriez vous retrouver très frustrés. Le tome 1 s'achève par un terrible "cliff hanger" !

J'ai vraiment beaucoup aimé cette lecture. Le seul petit reproche, c'est que je me suis parfois perdus dans les noms des personnages lorsque ceux ci étaient sités en dehors de leur propre contexte. Mais l'égarement ne dure guère bien longtemps.

Le scénario tient vraiment la route et tout est savamment construit, les dessins sont agréables, les couleurs vives, tout est entraînant. Pas une seconde d'ennui.

Les personnages, même les plus secondaires, sont très attachants (je pense notamment au vieux pilier de bar), exception faite des "méchants", bien entendu ! Ils sont bien fouillés et creusés, certains gardent même une part de mystère jusqu'aux dernières pages.

Nous évoluons dans une petite commune de Charente et partageons avec les habitants les journées de marchés, les fêtes locales, les brèves de comptoirs, les cancans, les rumeurs, la joie, la bonne humeur, et les malheurs. Il y a les gens "du peuple" et l'aristocratie dans un mouchoir de poche, alors bien entendu, ça fait parler !

Qui plus est, j'ai découvert comment travaillaient les brocanteurs en amont, pour remplir leurs boutiques d'objets hétéroclytes, de valeurs ou non. Et dans ce métier aussi, il y a les consciencieux et les roubleurs.

Le chineur est donc une BD que je vous recommande chaleureusement en cette période estivale. Sur un transat, accompagné d'un jus de fruit bien frait, votre moment sera délicieux !

La couv' du tome 2

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Juillet 2014

BD - Editions Furupolis - 133 pages et 20 €/tome

 

Parution du 1er tome en avril 2012

 

L'histoire : Naïm connaît mieux les ruelles de Lamu que les versets du Coran. Le jeune orphelin n'a que faire des conseils de son grand frère. À onze ans, il n'a plus envie d'être traité comme un enfant. Ses nombreuses escapades l'amènent à coudoyer des personnages pittoresques plus ou moins honnêtes. Touristes naïfs, trafiquants, prostituées, promoteurs immobiliers et djihadistes... Et puis un jour, il croise le chemin du vieil Ali, le gardien de l'arbre sacré, là où repose le corps géant de Liongo Fumo, le dernier héros de son peuple...

 

Tentation : Ma bibliothécaire

Fournisseur : La bib' !

 

étoile2.5

Mon humble avis : Kililana Song est ce que l'on peut appeler une belle BD, tant dans son contenu que dans son apparence. L'objet est magnifique, les couleurs chatoyantes nous mènent dans une Afrique vivante, animée. Plus exactement au Kenya et plus précisément encore, sur l'île de Lamu. Nous y cotoyons toute une petite communauté bigarrée dont les chemins se croisent pour le meilleurs et pour le pire. Il y a là les Kenyans pure souche, un capitaine de navire sud africain, fort en gueule et louche à la cargaison encore plus suspecte, des pêcheurs, des investisseurs français, des trafiquants de drogue, des somaliens, armés jusqu'aux dents, pro des kidnapping et proches d'Al Qaïda, un vieil infirme qui se souvient de son glorieux passé sur la mer, un grand frère qui court partout à la suite de son petit frère pour le mener de force à l'école coranique, et des gamins. Parmi eux, Naïm, le héros de cette bande dessinée. Sympa le môme, malicieux, courageux, intrépide et attachant, celui qui rencontrera le vieil Ali, gardien de l'arbre sacré, avec qui il vivra de curieuses aventures.

Cette BD, qui est dite initiatique, est inspirée de fait réelle. Je suis assez dubitative sur cet aspect initiatique, pas assez développé à mon goût, et qui ne se ressent pas vraiment dans l'épilogue. D'ailleurs, cette épilogue, heureusement qu'elle existe quelque part. Car elle justifie tout le reste, cet imbroglio de personnages trop nombreux dans cette intrigue, et parfois peu reconnaissables entre eux et dont on se demande ce qu'ils vont bien avoir en commun dans cette histoire pour justifier leur présence.

Cette BD n'est pas avare de légendes africaines et l'atmosphère de l'île de Lamu est sympathiquement retracée. Kililana Song a aussi le mérite de dénoncer les investissements étrangers à tout va, au mépris des coutumes ancestrales et des dégats collatéraux qui en découlent. On promet des emplois à la population locale. Il en résulte des eaux poluées, une baisse de la pêche, des catastrophes écologiques à la chaîne, le tout sous couvert d'une belle corruption tant locale qu'internationale.
Le but de cette BD est donc tout à fait louable, malheureusement, l'auteur a pour moi développer trop de sujets et j'ai eu par moment l'impression de partir dans tous les sens, sans lien apparent, au premier abord. Et ces liens apparaissent trop tard pour que cette lecture soit inoubliable. D'autant que certains personnages semblent avoir été abandonnés en route, et ne figurent pas dans l'épilogue, en point de suspension donc...

 

La couv du tome 2

 

Un aperçu du graphisme :

                                     

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Juin 2014

BD - Editions Delcourt - 95 pages - 14.95 €

 

Parution en septembre 2012

 

L'histoire : 1814, au large des côtes du petit village anglais de Hartlepool, un navire de la flotte napoléonienne fait naufrage lors d'une tempête. Au petit matin, sur la plage, les villageois retrouvent un survivant parmi les débris. C'est un singe qui jouait le rôle de mascotte à bord du vaisseau, et qui porte l'uniforme français. Or les habitants de Hartlepool DÉTESTENT les Français, même s'ils n'en ont jamais vu en vrai. D'ailleurs, ils n'ont jamais vu de singe non plus. Mais ce naufragé arrogant et bestial correspond assez bien à l'idée qu'ils se font d'un Français... Il n'en faut pas plus pour qu'une cour martiale s'improvise.
 

Tentation : Ma bibliothécaire

Fournisseur : La bib, du coup !

 

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La nation est une société unie par des illusions sur ses ancêtres et par la haine commune de ses voisins"

(Dean William R.Inge)

 

 

 

Mon humble avis : Cette BD est inspirée d'une légende encore fort vivace outre-manche. Et comme les auteurs le signalent en postface, on ne peut qu'espérer que la part de vérité soit la plus mince possible.

Cette parodie de la comédie humaine fait froid dans le dos : oui, la bêtise, l'ignorance et l'ignominie humaines sont sans limite. Les premières pages nous montre la l'arrogance et le sentiment de supériorité des français, via un capitaine qui fustigent les droits de l'homme qui l'empêche de travailler. Son job, c'était la traite des esclaves. Mais ce capitaine déteste par dessus tout les anglais et les rhabilles en quelques bulles.

Puis, nous voici en Angleterre, dans un village isolé sur la côte. Les villageois exercrent les français, même s'ils n'en n'ont jamais vu. Aussi, quand on navire français fait naufrage et que le seul survivant est un singe portant l'uniforme français, ils ne se posent pas de question. Ils tiennent là un français, un ennemi puissance 10. Ce singe subira toute la barbarie humaine. Lui, l'innoncent par définition sera persécuté, torturé, pour lui soutirer des renseignements sur l'invasion que préparent sûrement les français. Il sera accusé d'acte d'espionnage, de tentative d'invasion et de voies de fait sur plusieurs villageois. Et le village entier, toujours convaincu d'avoir affaire à un français type, monte un tribunal populaire pour juger ce singe.

Cette BD est formidable. Dessins, bulles, scénarios et dialogues sont juste très justes, subtiles, touchants, bien sentis et pourraient être drôles s'ils ne trahissaient pas une telle possible réalité. Au fil des planches, le lecteur est de plus en plus ahurri par ce qui se déroule sous ses yeux. Légende peut-être, mais l'on retrouve toujours hélas, 200 ans plus tard, des situations similaires dans les journeaux télévisés, tant au niveau international qu'à celui d'une banlieue et d'un fait "divers". La bêtise, la connerie, la barbarie humaine. Le singe de Hartlepool illustre parfaitement le racisme primaire, les préjugés sur les autres peuples, l'ignorance, le manque de curiosité pour l'autre, l'absence de tolérance envers les autres cultures. Bref, la peur de l'autre et de tout ce qui est différent, que l'Homme considère encore trop souvent comme un danger plutôt qu'une source d'enrichissement.

Petit clin d'oeil, nous croisons dans cette BD un jeune garçon de passage dans ce village avec son père. Et ce garçon n'est autre que Charles Darwin, qui deviendra plus tard le père de la théorie de l'évolution de l'espèce animale...vers l'espèce humaine.

UNE BD INCONTOURNABLE qui démontre les dangers du nationalisme aveugle.

 

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Rédigé par Géraldine

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