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Publié le 9 Avril 2025

BD -Editions Rue de Sèvres - 87 pages - 20 €

Parution en Mars 2022

L'histoire : Nous sommes en 2113. Grâce au projet DataBrain, les humains disposent à la naissance d'un second cerveau numérique où sont directement uploadées des connaissances et des expériences virtuelles plus vraies que nature. Avec de simples programmes à télécharger, apprendre de nouvelles langues ou même assimiler la totalité du savoir de l'humanité n'a jamais été aussi simple et rapide. Du moins si, comme Constant, on en a les moyens. Mais un jour, à la suite d'un piratage informatique, il s'évanouit et se réveille en forêt, loin de la ville protégée, en ayant perdu tout son savoir et ses souvenirs. Démuni, il est recueilli par Hazel, jeune femme vivant en marge de la société, qui va l'aider à se reconstruire et à retrouver son passé. 

 

Tentation : Le nom de Zep est pour moi synonyme de qualité

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : "Nous vivons dans une hypertechnologie que presque aucun individu n'est capable de comprendre et de maîtriser... On voulait faire un humain augmenté, on a créé l'humain assisté".

Cette fois-ci, Zep nous a concocté une chouette dystopie, aussi récréative que méditative sur notre condition d'humain dans un monde où l'hypertechnologie s'immisce partout, même dans ce qui était si simple de réaliser avant en quelques gestes... En 2113, les bien nés avec le bon portefeuille et du bon côté des périphériques de la ville protégée peuvent se faire implanter une puce (un cerveau numérique en fait), et ainsi télécharger n'importe quelles connaissances. Bref, ils sont des encyclopédies vivantes et apprendre 12 langues ne leur prend que quelques secondes. Oui mais quand le système buggue ou que des malfaisants hackent le système, rien ne va plus...

Constant va se réveiller vide de tout savoir, même jusqu'à son propre nom... Avec Hazel, il va redécouvrir pas à pas toutes les facultés naturelles spectaculaires du cerveau humain, notamment à travers ses cinq sens. Pour la première fois de sa vie, il va cesser de vivre dans le virtuel pour affronter ou se régaler de la réalité. 

Zep nous dit ici que tout ce qui n'est pas appris patiemment s'efface de notre mémoire. Le reste n'est que remplissage éphémère. Il en est de même pour les expériences, suivant qu'elles soient réellement vécues ou qu'elle soit issue du monde virtuel, comme déjà maintenant un casque sur les yeux vous permet de "réaliser" à peu près n'importe quel défi ou rêve. C'est aussi sans compter sur le coût énergétique de ces "prouesses" scientifiques accessibles qu'à quelques happy-few, laissant les autres dans le dénuement, même énergétique. Zep alerte aussi sur les conséquences d'une humanité qui ne sait plus utiliser son propre cerveau, et qui, à force d'assistanat technologique, risque bien d'être diminué plutôt qu'augmenter. Par exemple, il a fallu à l'Homme des milliers d'année pour apprendre à faire naître un feu, alors que quelques centaines d'années ont suffi à oublier ces gestes, cette capacité. L'Homme n'apprend plus à s'adapter à son milieu naturel depuis 5 000 ans... C'est désormais la technologie qui va modifier le corps humain. Nous pensons évoluer, mais c'est une illusion. Sans la médecine, et donc la science qui nous prolonge, nous sommes moins résistants que nos ancêtres.

Cet album incite l'Homme à se recentrer sur l'essentiel, le vécu et à trouver sa place dans un écosystème où il est inutile, où il ne sert plus à rien qu'à détruire. Et même au coeur de la société l'humain devient de plus en plus inutile... Et l'inutilité, cela mène à la dépression.

Une intrigue parfaitement menée, des personnages complexes et attachants, des dessins agréables, cette dystopie, sur fond d'écologie est une belle invitation à se déconnecter de tout système pour se reconnecter à soi et à la nature, pour ainsi redécouvrir le formidable potentiel de l'union des deux.

Aussi intéressant, qu'émouvant, que distrayant, que nécessaire. A lire ! 

 

Sur ce blog, de Zep : The End , une Histoire d'hommes, Un bruit étrange et beau

 

L'avis de Violette 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 31 Mars 2025

"BD" - Editions Rue de Sèvres - 168 pages - 15 €

Parution en 2018 

Le pitch : Vous n'avez pas encore lu Gatsby le Magnifique ? Vous avez oublié comment se termine Au Bonheur des Dames et ne savez plus de combien de volumes se compose À la recherche du temps perdu ?... Pas de panique, ce recueil est fait pour vous ! Pascale Frey et Soledad Bravi résument en quelques pages de bulles malicieuses vingt grands classiques de la littérature.

 

tentation : Curiosité

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Je tenais l'accueil de ma médiathèque lorsqu'un usager a rendu cet ouvrage que je ne connaissais pas du tout. Du coup hop, je l'empreinte pour moi... Pour vous dire que lorsque l'on est bénévole en médiathèque, les tentations deviennent XXL et émanent de partout.

Je me suis régalée de cette lecture "BD" avec des guillemets, car nous sommes ici dans une sorte d'hybridation entre le document et la BD. 

Chacun des vingt titres classiques évoqués ici se présente ainsi : un portrait dessiné de l'auteur, quelques lignes sur la genèse de l'oeuvre et son résumé, puis une courte biographie de l'écrivain... C'est d'ailleurs curieux de constater que nombre d'entre eux sont passés par la case "études de droit".

Puis sur deux doubles pages et en seize dessins simples mais évocateurs, annoté de façon souvent très drôle, malicieuse et moderne, nous avons le déroulé du roman, jusqu'à sa chute. Deux oeuvres ont droit à beaucoup plus de pages dessinées : La recherche du temps perdu et les misérables.

Il y a des titres que j'ai déjà lus, et cela m'a permis de me les remémorer... Comme la Princesse de Clèves, Bel ami, l'Amant, Madame Bovary, le Vieil homme et la mer.

D'autres que j'ai évité depuis toujours, et là, l'envie m'a bien été donnée de m'y plonger dans leur format original : c'est le cas des Misérables de Victor Hugo, au Bonheur des dames, les Hauts du Hurlevent.

Et enfin, il y a celui que j'ai toujours fuis et qui restera dans cette case : A la recherche du temps perdu. Cet ouvrage ne m'a toujours pas donné envie de le lire.

Moult raisons donc d'ouvrir "Avez-vous lu les classiques de la littérature" ! Se remémorer, savoir de quoi il en retourne, se donner envie ou non... Et briller en société ! Ces résumés vous permettront éventuellement de faire croire que vous avez lu tous ces incontournables romans et que vous êtes hyper cultivés !!!

Le seul mini bémol... C'est que le résumé de ces livres contient... leur fin. Mais bon, d'ici à ce que je me plonge dans l'un de ces classiques, j'aurais sûrement oublié, et puis ces lectures sont souvent motivées pour le style, la curiosité et combler une inculture.

A noter que 4 autres tomes sont parus depuis celui-ci.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Mars 2025

BD - Editions Dupuis - 128 pages - 26 €

Parution en avril 2024

L'histoire : Exilés au Burundi, Gaby et Ana, enfants métis franco-rwandais, voient leur quotidien joyeux bousculé par la guerre civile. Alors que leur famille se déchire, le génocide des Tutsi au Rwanda voisin vient mettre un terme à leur innocence. D'ailleurs, déjà à l'école, Gaby assiste à une bagarre entre un Tutsi et un Hutu, que rien ne semble pourtant séparer si ce n'est – d'après son père – la forme de leur nez...

 

 

Tentation : Ma lecture récente de Jacaranda, de Gaël Faye

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Ma lecture du roman Petit Pays de Gaël Faye, dont cette BD est une adaptation, remonte déjà à 2019. Pour ne pas faire un copier-coller sur le fond et le sujet, je vous suggère donc lire mon billet de l'époque.

A l'automne dernier, c'est Jacaranda, le 2ème roman de Gaël Faye qui a gagné l'attention et les éloges d'un grand monde, et qui est aussi passé entre mes mains. Ce qui m'a donné envie de me rafraichir la mémoire sur Petit Pays, les deux livres étant somme toute bien complémentaires. Certains d'entre vous ont peut-être aussi vu le film "Petit pays".

Cette adaptation en BD est donc tombée à pic, et je pense que sa sortie quelques mois avant celle de Jacaranda n'est peut-être pas due au hasard. On y retrouve la force et les émotions du roman, le tout en condensé.

Mais le format BD convient très bien aussi pour se souvenir de cette histoire ou pour la découvrir... Car quelque part, c'est le poids des mots (réduits en bulles, donc qui vont à l'essentiel) et des dessins très évocateurs, réalistes et à la lecture bien fluide.

Scénaristes et dessinateurs sont parvenus, avec maestria, à narrer et illustrer l'indicible et l'horreur à travers des yeux d'enfants, tout en aboutissant à un superbe et incontournable ouvrage.

L'absurdité de la guerre à hauteur d'enfant, que la guerre soit déjà de l'Histoire, ou du présent, ou du recommencement de l'Histoire, comme si personne ne retenait les leçons du passé. Aussi bouleversant que le roman.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Mars 2025

BD - Editions Grand Angle - 72 pages - 16.90 €

Parution en septembre 2023

L'histoire :  Promis à la jeune Clarisse d'Étigues, Raoul d'Andrésy tombe pourtant amoureux de Joséphine Balsamo, qu'il sauve de justesse après qu'un maîtrechanteur, Beaumagnan, a tenté de la supprimer. Mais derrière la belle Joséphine se cache en réalité la mystérieuse et dangereuse comtesse Cagliostro, espionne, traîtresse et meurtrière, qui serait âgée de...106 ans. Son pouvoir est tel sur le jeune Raoul qu'elle lui fait changer de nom. Ainsi naît Arsène Lupin... Emporté par son amour, et par le souffle de l'aventure, Arsène Lupin se retrouve bientôt sur la piste d'un secret datant du Moyen Âge, qui mêle ésotérisme, astronomie et connaissances géographiques du patrimoine religieux de la Normandie.

Tentation : Un héros de ma jeunesse !

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : Arsène Lupin, un héros de ma jeunesse, surtout dans des séries télés d'époques diverses, qui étaient un rendez-vous familial le samedi soir entre autres. Peut-être un ou deux ouvrages de Maurice Leblanc, et puis Etretat !

Il est bien agréable de se replonger dans les aventures de ce gentleman cambrioleur, même si ici, du fait de sa jeunesse, l'aspect gentleman n'est pas encore très flagrant ! Mais les aventures et leurs rebondissements sont bien là et divertissants. Et le décor du pays de Caux si cher à Maurice Leblanc est toujours une invitation au voyage. 

Le découpage des cases rend le tout bien dynamique, mais aussi très elliptique. Par exemple, le changement de patronyme du jeune Raoul tombe comme un cheveu sur la soupe et sans aucune explication. L'histoire est inspirée du roman la Comtesse de Cagliostro (1924), préquel des aventures de Lupin. Mais passer d'un roman à une BD de 72 pages n'est pas aisé... Un album plus conséquent en nombre de pages aurait permis d'approfondir les personnages, et notamment l'évolution du jeune homme.

Quant au graphisme, il est efficace et évocateur à défaut d'être charmant. Les couleurs m'ont paru souvent criardes et les émotions plutôt caricaturales. Certes, c'est certainement un choix éditorial pour une lecture directe et aisée, mais dommage. A mes yeux, le sujet et l'époque aurait été mieux servis par des dessins plus détaillés, réalistes et aux teintes plus douces. A cause de cela, je me suis dit que cette BD s'adressait peut-être plus à un lectorat adolescent qu'adulte ayant de grands souvenirs du visuel des séries TV.

A noter : un cahier final nous emmène, à force de photo d'archives ou contemporaines, d'extraits de romans de Leblanc ou de dessins, dans les lieux normands évoqués dans cet album.

Mais j'avais besoin de me divertir, et la fougue, l'audace, les bonnes réparties et les péripéties du jeune Arsène ont fait le job.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Février 2025

BD - Editions Dargaud - 136 pages - 25 €

Parution en septembre 2024

Le sujet : Novembre 1935. Pessoa vit ses derniers jours. Simão Cerdeira, jeune pigiste au Díario de Lisboa, est chargé de rédiger la nécrologie de cet écrivain dont il ignore tout. L’apprenti journaliste va méticuleusement remonter la piste, interrogeant les principaux témoins de l’existence de ce personnage énigmatique. En parallèle, Pessoa prépare sa sortie. Aura-t-il le temps d’achever ce « Livre de l’inquiétude », basé sur les confidences de son ami Bernardo Soares et qui lui tient tant à cœur ?

 

 

Tentation : Pris vraiment au hasard sur l'étagère des nouveautés

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : J'ai pris cet album au hasard, lors d'un passage rapide à la médiathèque pour faire le plein de BD, car suite à mon agression canine, je n'avais pas trop le coeur aux romans. Ce choix hasardeux l'était un peu trop pour cet Intranquille Monsieur Pessoa !

Et pourtant, j'en ai apprécié les dessins et l'atmosphère de Lisbonne dans les années 30. J'ai savouré aussi la finesse des dialogues de certaines bulles... Mais c'est tout... Parce que je suis inculte et ne connais pas du tout Fernando Pessoa (écrivain, poète et critique portugais) ni de nom, ni de réputation... au point qu'il m'a fallu du temps et un tour sur Google pour comprendre que l'histoire était celle d'une personne ayant vraiment existé. Ce qui a encore plus compliqué ma lecture, ou du moins sa compréhension, c'est que Pessoa était un auteur hétéronyme (qui usait de nombreux pseudonymes), et que chacun de ces hétéronymes était en fait son ami  imaginaire. Donc dans la mise en images, quand Pessoa est avec l'un d'eux, et bien si l'on n'est pas trop au courant de la particularité du personnage, on passe à côté du sens profond de ces "rencontres".

Aussi je ne m'étendrai pas plus.... Néanmoins, ma curiosité envers Fernando Pessoa est désormais ouverte, donc histoire à suivre...

Par contre, je pense que ce roman graphique ravira les lecteurs avisés et connaisseurs du poète.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 3 Février 2025

BD - Editions Casterman - 88 pages - 20 €

Parution en septembre 2022

L'histoire :  Le ministre d'Etat chargé à la Culture convainc le président De Gaulle d'exposer La Joconde à New York en signe d'amitié. Le projet est risqué car il faut escorter le trésor du Louvre pendant la traversée à bord du France, le nouveau fleuron des chantiers navals français... Sauf que très vite, la Joconde disparait de son sarcophage sécurisé et que le ministre d'Etat la retrouve... dans sa cabine.

Tentation : Envie de détente !

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Puisque récemment, j'étais au Louvre et avec les oeuvres d'art dans la BD "Le Grand incident", je me suis dit, poursuivons dans le même domaine !

Le Ministre & la Joconde remplit sa mission : divertir quelques temps, et nous amuser, puisqu'il s'agit ici d'une comédie. Mais comme le fond historique est réel, on y apprend quelques petites choses jamais sues de nous, ou alors oubliées.

En 1963, la France a prêté la Joconde aux Etats-Unis, pour une période d'exposition de trois mois (à New York et à Washington) qui a réuni 1.6 millions de visiteurs. Pour le plaisir de Kennedy, le président de Gaulle y a vu la possibilité d'un geste diplomatique pour apaiser les tensions entre les deux nations.

A l'époque, il existait dans la hiérarchie gouvernemental un ministre d'Etat, un titre honorifique, qui plaçait son titulaire juste derrière le premier ministre. En 1962/1963, période où se déroule notre histoire, ce ministre d'Etat chargé de la culture était... André Malraux, aventurier et écrivain déjà récompensé par le prix Goncourt. C'est donc lui qui accompagne la Joconde durant les 5 jours que durait alors la traversée de l'Atlantique, sur le flambant neuf paquebot "Le France". Evidemment une équipe de sécurité est aussi du voyage, où mille et une précautions sont prises pour le transport de Mona Lisa !

Ne connaissant pas personnellement André Malraux, je ne peux dire si le portrait qui est dressé ici de lui est réaliste, en tout cas, il n'est pas vraiment flatteur ! Atteint de grosse fatigue, il se voit confié par le médecin de bord quelques amphétamines... Il en abuse et le voilà parti en crise de délire, de paranoïa etc. Certaines planches frôlent alors le psychédélique ! Il est décrit aussi comme prétentieux et plutôt insupportable ... Bref, il apparaît plutôt comme un bouffon !

En tout cas, on est ici dans une bonne farce, aux situations cocasses et burlesques, le tout servi par des dessins bien agréables. On passe un bon moment, mais rien de transcendant non plus et il me semble qu'au final, on ne sait pas bien comment la Joconde a atterri dans la cabine de Malraux. Un ensemble sympathique, mais qui reste anecdotique notamment par la légèreté de son intrigue et son aspect peu abouti, ou pas assez développé.

Contournable donc !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Janvier 2025

BD - Editions Futuropolis - 128 pages - 23.50 €

Parution en août 2023

Mon pitch : Une crise sans précédent au Louvre l'oblige à fermer ses portes quelques mois. En effet, toutes les femmes sculptées ou peintes nues disparaissent aux yeux des visiteurs.

C'est qu'elles en ont marre, ces muses, des attouchements, et des réflexions désobligeantes dont elles sont victimes au quotidien.

C'est de Térésa, femme de ménage et confidentes de ces femmes statufiées qui sera la porte parole de leurs revendications auprès du directeur du Louvre. Celles-ci vont à jamais changer la vie du célèbre musée, et peut-être le regard sur la nudité et l'inégalité qu'elle génère.

Tentation : la blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Voici une BD sacrément culottée, ou plutôt sacrément déculottée ! Car on le sait très vite (par la réputation qui précède cet ouvrage et par la couverture), les muses nues du musée devenues invisibles n'accepteront de retrouver leur visibilité qu'à l'unique condition que tout homme majeur qui visitera ses allées devra être lui-même nu !

Vous le comprenez tout de suite, Le grand incident est une fable "fansticocomique". Fantastique car la réalité ne rejoindra jamais la fiction et comique parce que oui, on rit bien devant moult situations farfelues. Mais pas que. Le fond de cet ouvrage est bien plus profond que son apparence. C'est une mine de constats et de réflexions sur le genre, la nudité et son interprétation systématiquement sexualisée, l'inégalité sexuelle, le sexisme l'irrespect face au corps et ses (im)perfections, le harcèlement qu'il soit physique ou verbal, les insultes etc...

On visite aussi certaines ailes du Louvre, ce qui est l'occasion de quelques cours d'histoire de l'art sur la nudité dans l'art au cours des siècles (sujet qui est bien plus approfondi dans le cahier final). Pour cela, Zelba a reproduit certaines oeuvres illustrant les propos.

Les planches sont bi chromiques... Tantôt en rouge et noir, tant en bleu et noir. J'ai lu que c'était pour différencier les scènes de nuit de celles de jour... Cela ne m'a pas frappée lors de ma lecture. Et j'avoue que je n'ai pas été fan du graphisme, notamment celui alloué au directeur du Louvre et à sa soeur/secrétaire, avec ce nez pire qu'une péninsule. L'absence de réelles cases m'a fait dire que mon plaisir de lecture était plus dans le fond et les textes que dans la forme.

Mais peu importe, cela ne m'empêche pas de louer l'originalité et l'audace de ce Grand incident, et surtout le questionnement qu'il soulève. On ne peut qu'espérer que cette oeuvre participera au changement des mentalités et des comportements indélicats... voir irrévérencieux, vulgaires et obscènes. Aussi n'hésitez pas à la lire, et à l'offrir, notamment à la gente masculine.

Les billets de Violette et de Fanja

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Janvier 2025

BD - Editions L'oeuf - 115 pages - 16 €

Parution en novembre 2023

Mon pitch : Depuis toujours, Géraldine dessine. Son temps libre, elle le passe à faire des fanzines, qu'elle écoule dans les commerces de quartier, sur des salons etc. Mais en elle trotte l'idée d'une histoire plus longue, et rêve que celle-ci soit publiée par une vraie maison d'édition qui la rémunèrerait.

Nous accompagnons donc Géraldine dans ses premiers pas dans le monde de l'édition jusqu'à l'accomplissement. Et même si chacun y va de sa passion, il n'est sans dire que tout cela se révèle très laborieux.

 

 

Tentation : Ai-je besoin de la préciser ?!!!

Fournisseur : Ma CB

 

Mon humble avis : J'ai acheté cette BD au salon du livre de Rennes en mars dernier. J'étais dans les allées du salon, avec les blogo copines bretonnes... Et juste au moment où je disais "on est vachement plus raisonnables qu'avant... pour ma part je n'ai encore rien dépensé !" que mon regard tombe sur ce titre, évidemment incontournable pour moi !

Après lecture, je dois dire que même si l'héroïne s'était prénommée Gwendoline ou Francine, mon enthousiasme aurait été le même ! 

Car avec l'autrice Mara Kabar, vous avez les réponses à tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le monde du livre sans oser le demander. Ceci, dans une forme distrayante, illustrée, dynamique, directe, qui ne se perd pas dans les détails.  Et en fin d'ouvrage, un glossaire rappelle tous les idiomes professionnels en usage. Si vous avez du talent dans les doigts et une bonne histoire à raconter, vous serez près à vous lancer dans la création de votre première BD, tant chaque étape y est ici bien décrite, depuis les premiers croquis jusqu'au lecteur qui se délecte de cet ouvrage. Avec Géraldine, nous rencontrons toutes les compétences nécessaires à la naissance d'un livre, sans prise de tête. Les différents types d'éditions sont expliquées, avec les coûts, les pourcentages d'à valoirs, les droits d'auteurs. Des illustrations camembert découpent part de revenu sur un livre de 20 € à maillon de la chaîne qui participe à sa réalisation et à sa vente. Car oui, la fabrique d'un livre c'est une mutualisation d'une multitude de compétences et de métiers, depuis la dessinatrice, en passant par la graphiste, la correctrice, l'imprimerie etc... C'est en gros, deux ans d'un sacré labeur pour tout le monde. Mais une fois l'objet existant, encore faut-il qu'il rejoigne les étals et trouve ses lecteurs... C'est une autre étape où se mettent en branle commerciaux, distributeurs, attachés de presses, libraires, bibliothécaires, organisateurs de salons etc... C'est vraiment énorme, et personnellement, j'ai tendance à l'oublier quand je suis sous la couette à tourner des pages.

Une lecture aussi passionnante que divertissante et instructive, avec une héroïne qui ne manque pas de peps dans le texte et d'expressivité dans les dessins. Et un livre objet bien sympa à avoir dans sa bibliothèque, de la taille d'un livre papier, avec une couverture aussi douce au toucher qu'agréable au regard.

A lire, à offrir à vos ami(e)s quel que soit leur prénom, et encore plus vous connaissez des Géraldine. L'essentiel que la personne à qui vous l'offrirait aime les livres avec passion !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Décembre 2024

BD - Editions Lombard - 104 pages - 19.95 €

Parution le 6 septembre 2024

L'histoire : Années 70. Toute sa vie, Christine a couru pour se libérer des chaînes. Celles du deuil, du patriarcat ou de la colère. Et puisqu’il n’y a que dans la course qu’elle se sent libre, elle décide de s’inscrire au Marathon de France. Mais elle ignore encore que les femmes n’ont pas le droit d’y participer car ce sport leur est interdit. Pour elle, les obstacles seront bien plus nombreux que les 42 kilomètres qui la séparent de la victoire…

Tentation : le billet d'Antigone

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Après une telle lecture, j'ai presque honte de détester la course à pied ! Autant j'aime marcher, autant courir m'achève au bout de 100 mètres. Peu importe, ce n'est pas de moi dont il s'agit dans cette très belle et intelligente BD, mais de toutes les femmes qui se sont battues pour avoir le droit de courir au même titre que les hommes, sur les mêmes distances, et pour que le marathon féminin devienne discipline olympique. 

Aux J.O de1928, les femmes ne sont autorisées qu'à courir sur 800 mètres, droit qui leur est retiré l'année d'après. En 1966, une jeune américaine de 23, Bobbi Gibb décide de participer en cachette au Marathon de Boston. L'année d'après, c'est la Newyorkaise Katherine Switzer qui s'inscrit au Marathon de New York, sans préciser son sexe. Quand l'organisateur de la course le découvrira, il voudra violemment sortir Katherine de la course, Katherine qui sera vivement défendue par son conjoint et les amis avec qui elle court. Cette scène, photographiée et filmée, et devenue célèbre et Katherine terminera donc la course. En 1972, le Marathon de Boston accueille officiellement les femmes. Et en 1984, à Los Angeles le Marathon féminin se court enfin aux J.O. Que de chemin parcouru, que de destins bouleversés, quelle évolution de la société. En 2024, quand on voit le nombre de participantes aux Marathons ou simplement le nombre de femmes qui effectuent leur jogging quotidien, on n'imagine même pas qu'il y a à peine 50 ans les personnes qui couraient de longues distances étaient considérés comme des excentriques et que pour les femmes, le droit de courir fut gagner par une lutte pugnace. Et force est de rappeler que dans quelques pays et certaines cultures, ce droit leur est toujours refusé. Et dire qu'au XXIème siècle, la course à pied est fortement recommandée par les médecins pour garder une bonne santé, ce qui était loin d'être le cas avant. Tout cela est rappelé par très intéressant cahier qui clôture cet album.

Quant à l'histoire "d'une femme dans la course", elle est évidemment fictive mais les autrices se sont inspirées de celles des pionnières de la course à pied et leur rendent ainsi un magnifique hommage. Ici, nous sommes en France, dans la Creuse dans les années 70, et la jeune Christine doit travailler à la ferme et poursuivre ses études. Elle et subit autant la tyrannie patriarcale de son père que le deuil de sa mère. Mais depuis toujours, Christine s'évade et trouve sa liberté dans la course en pleine nature... jusqu'au jour où elle décide de monter à Paris pour le Marathon.

Les dessins sont magnifiques, tant pour représenter les corps dans l'effort de la course, que nous immerger dans la nature que Christine parcourt sans relâche près de chez elle, puis en montagne pour parfaire son entrainement. Elle est bien attachante cette volontaire et pugnace Christine. Nous alternons entre les kilomètres foulés sur le pavé parisien et des flash-backs sur l'enfance, la jeunesse de Christine, 'entrainement et toutes les épreuves qu'elle a dû surmonter pour participer à l'épreuve ultime. De très belles émotions durant tout ce parcours, où il y a de l'entraide, de l'encouragement, et une société entière qui découvre qu'une femme peut courir sur 42 km, ce qu'organisateurs de courses, médecins et scientifiques déclaraient physiologiquement impossible...

Un album que je recommande à toutes et tous, que vous aimiez ou pas courir. L'essentiel étant d'aimer vibrer avec des personnages qui vont au bout de leurs idées, de leurs envies, de leur énergie, qui se ibère des carcans et gagnent leur liberté.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Novembre 2024

BD - Editions Glénat - 48 pages - 14.50 €

Parution en 2013

Le sujet : Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse, est choisi en 1783 par le roi Louis XVI pour diriger une expédition autour du monde visant à compléter, entre autres, les découvertes de l’Anglais James Cook. Même si l’impétueuse Navy anglaise est toute-puissante sur les mers et les océans, la Royale a aussi son rôle à jouer. Alors si elle ne peut gagner ses lettres de noblesse dans le combat naval, elle les gagnera dans le domaine de la science, des découvertes et du commerce…

 

 

Tentation : Le sujet, parfait pour le Book trip en mer

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Nous suivons La Pérouse, les deux frégates La Boussole et l'Astrolabe et leurs équipages durant une partie de leur tour du monde à visée scientifique... L'île de Pâques, l'Alaska, puis dans les îles qui s'appellent maintenant les îles Samoa, mais qui étaient les iles du navigateur à l'époque; la Nouvelle Hollande (l'Australie)... Le tout entre à partir d'avril 1786, pour au moins 3 ans.

Sauf qu'en 1792, La Pérouse et ses hommes ne sont toujours pas revenus en France, et sont portés disparus. Une expédition de recherche, commandée par le contre-amiral Bruny d'Entrecasteaux est montée à la demande du roi Louis XVI. Les deux navires de cette expédition mouillent longuement à Pondichéry, comptoir que se disputent depuis toujours la France et l'Angleterre. Bon ça c'est en résumé.

Les pages de cette BD alternent donc entre l'expédition de la Pérouse et celle bien statique d'Entrecasteaux.

Ce qui se déroule vraiment entre les protagonistes en place, on a bien du mal à le comprendre, tant tous les personnages se ressemblent et que bulles et dialogues, assez plats, ne nous éclairent guerre vraiment.  Donc sur ce plan-là, cette BD n'est pas franchement intéressante ni passionnante, puisqu'elle laisse sur le quai je pense quiconque ne serait pas féru et grand connaisseur d'Histoire. Manque de limpidité pour le profane. J'ai d'ailleurs mis du temps à comprendre que le type qui va monter sur la guillotine place de l'actuelle Concorde n'est autre que Louis XVI ! Au début, je pensais que c'était le héros de cette BD... Car oui, pendant que les grands navigateurs parcourent les mers au nom du roi, et bien celui-ci se fait couper la tête à Paris, donc cela a bien quelques conséquences dans l'autre hémisphère. Bref, tout cela apparait de façon plutôt brouillonne et plutôt survolée. Nous n'apprenons pas grand-chose sur les îles où débarquent La Pérouse et ses hommes, je pense qu'il est aussi fait référence à une bataille importante (celle de la Cheasapeak), mais tout cela est très confus.

Google m'a appris que les restes du naufrage de La Pérouse ne seront retrouvés qu'en 1826, et les épaves de La Boussole et de l'Astrolabe seront localisées dans les années 1960 par des plongées sur site dans les îles Salomon, au Nord Est de l'Australie.

Même si je suis très mitigée par cette lecture, je ne la regrette pas, puisqu'elle m'a incitée à taper La Pérouse sur google ! Et puis, franchement, les dessins de marines et de paysages sont vraiment splendides et valent bien le détour, rien que pour le plaisir des yeux !

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Me voici "Maître" !!!💥

Et c'est en qualité de "Maître" que j'achève ce book trip en mer, qui se termine ses jours ci.

N'hésitez pas à cliquer sur le logo et les liens si vous voulez voir tout ce qui a été lu sur le thème de la mer par les blogueurs/blogueuses. Si vous cherchez une lecture inspirante sur ce thème, vous trouverez certainement celle qu'il vous faut !

Et merci à Fanja d'avoir organisé ce challenge de lecture qui a été bien motivant et sacrément bien suivi !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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