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Publié le 1 Septembre 2018

... UNE TRAVERSEE DU KOSOVO DE L'APRES-GUERRE

 

BD - Editions Soleil - 65 pages - 17.95 €

 

Parution en 2012

Le sujet :  Juin 1999.
À la fin du conflit au Kosovo, un magazine propose à Gani Jakupi – qui résidait alors en Espagne – de s’y rendre accompagné par un photographe, afin d’y faire un reportage sur son retour au pays. Une occasion inespérée pour lui de revoir ses proches.

 

Tentation : Titre et sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

 

Mon humble avis : Attention, énorme coup de coeur ! Par contre, si vous cherchez un roman graphique distrayant, passez votre chemin, celui-ci ne l'est point. Son sujet est trop grave. Mais "La dernière image" est très instructif... et méditatif... Oui, je pense que ça n'a pas fini de tourner dans ma tête. Cet album est plus que marquant, il est imprégnant

Une préface nous permet d'appréhender au mieux notre lecture, et une postface nous aide à analyser en profondeur, via divers points de vue, ce que nous venons de lire. Ceci, grâce à des interviews menées par l'auteur auprès de journalistes et de photographes de guerre réputés.

A l'origine, cet album devait être un article pour la presse espagnole. Celui-ci n'est jamais paru. Alors Gani Jakupi, déjà bédétiste, l'a transformé en roman graphique. Et c'est tant mieux je pense. Les articles de presse passent et trépassent dans la multitude, et dans la consommation médiatique que nous faisons. Certes, un album atteindra moins de public, mais il restera et marquera pour toujours... car le lecteur en aura choisi la lecture et se sera pausé. L'information lui arrive certes bien après le conflit, (donc avec un recul dont la presse ne peut pas toujours se permettre) et ne sera pas absorbée entre le fromage et le dessert.

Gani Jakupi, kosovar d'origine, nous emmène donc dans cette région du monde aux conflits compliqués à comprendre : les Balkans... Et plus précisément, au Kosovo, là où la guerre contre les serbes vient de s'achever officiellement. Officieusement, c'est autre chose... Le danger est partout, diverses armées (dont internationales) sont là, les vengeances commencent, le tout dans un pays meurtri, une terre brûlée avec des survivants de la déportation et d'un nettoyage ethnique. Gani est accompagné par un photographe de guerre et ensemble, ils doivent concevoir un reportage pour un journal espagnol.

En fait, il m'a semblé que le Kosovo ne servait "que" de "toile de fond" au sujet, qui hélas, pourrait être développé dans tous pays en guerre. Car derrière cette histoire de "retour au pays", se cache le vrai sujet de cet album : le métier et le rôle des photographes et journalistes de guerre. Et là, les différents personnages rencontrés au fil des pages nous livrent leur version de leur profession... Les dangers sur place, la neutralité pas toujours facile, l'adrénaline, l'importance du témoignage (à tous prix ou pas), la chasse au scoop pour être le premier sur place, les horreurs qu'il faut "supporter" et auxquelles il faut faire face, le besoin viscéral des victimes de conflits à raconter leur drame auprès d'un journaliste pour que leur histoire ne reste pas veine, que le Monde sache. C'est par ces journalistes que l'histoire de chacun rentre dans l'Histoire

Le tout, avec la pression des médias et "le goût" du public qui se blase de plus en plus vite, sans savoir qui sera touché et comment et par quelle info...

"Quand le public veut voir du drame, il s'en fout de la misère"

La censure liée aux supports commerciaux des chaînes ou des journaux. Avec aussi parfois le reproche de photographier ce que le public considère comme outrage mais dont il se repaît néanmoins. C'est via une multitude de saynètes et de situations différentes que Gani Jakupi abordent ces sujets et les approfondit, comme je l'ai dit plus haut, avec une postface composée d'interviews de quelques-uns de ces photographes de guerre.

"La «dernière», l'image ultime, c'est le Saint Graal de tout reporter-photographe. C'est celle qui vaincra la résistance du public blasé, qui a tout vu et ne s'émerveille, ni ne s'émeut plus de grand-chose. Pour certains, c'est la photo la plus choquante, la plus inquiétante ; pour d'autres, celle qui résume en un cliché tout un événement, un destin, un phénomène." (Gani Jakupi)

Outre le fait que sa lecture est plus que remuante, La dernière image rappelle la guerre du Kosovo, guerre et victimes vite oubliées, et permet de la comprendre un peu mieux. Mais cet album est surtout un outil de réflexion incontournable sur la fonction et le fonctionnement des médias, la neutralité de ceux-ci... Mais surtout, sur l'utilisation personnelle que nous en faisons.

Vraiment, lisez cet album graphique, je suis sûre qu'il restera longtemps gravé dans votre mémoire, comme dans la mienne. Très marquant. D'une force et d'une richesse rares !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Août 2018

BD - Editions Presque Lune - 83 pages - 15 €

 

Parution en juillet 2017

 

L'histoire :  Suite au décès de son ami Jan Stage, ancien reporter de guerre et écrivain danois, son éditeur et ami, Morten Hesseldahl, décide d'écrire en collaboration avec le dessinateur Henrik Rehr ses aventures à Cuba et en Amérique du sud. Déçu par la tiédeur des idées révolutionnaires dans son pays au Danemark, idéaliste et plein de fougue, le jeune Jan poursuit ses rêves utopiques et décide de s'engager dans la révolution Cubaine. Il y rencontrera certains leaders de la révolution dont Che Guevara et Régis Debray, mais la réalité peu à peu le rattrape et érode inexorablement ses illusions. Déjà connu pour ses romans graphiques à succès Mardi 11 septembre (éditions Vent d'Ouest) et Gavrilo Princip (éditions Futuropolis), le dessinateur Henrik Rehr confirme ici son engagement pour mettre en valeur ce touchant témoignage.

 

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Tiens, un roman graphique danois, sur un personnage Danois que forcément, on ne connait pas en France, mais qui a trempé dans pas mal d'événements historiques révolutionnaires de la deuxième moitié du XXème siècle... Voilà qui peut être intéressant et en tout cas assez rare pour être notifié.

Oui, par moments, non à d'autres. Les graphismes en noir et blanc sont agréables à regarder mais ils ne permettent pas toujours de bien distinguer certains protagonistes. Surtout que cet album met en scène des hommes très connus à stature internationale (genre Le Che) et d'autres plus locaux suivants les pays traversés (La Bolivie etc...) L'ensemble m'a paru tout de même un peu désordonné, très elliptique pour que je m'y retrouve vraiment, même si évidemment, certains passages sont captivants car plus ou moins connus, et c'est là, justement qu'il est intéressant d'en savoir un peu plus ou de faire quelques révisions.

Jan Stage est censé être journaliste /correspondant à l'étranger, mais hélas, cet aspect est à peine visible.  J'ai regretté aussi que le personnage de Jan Stage ne soit pas plus approfondi, histoire de le rendre attachant. Non pas qu'il soit détestable, loin de là, mais son histoire et lui m'ont plutôt laissée indifférente. Et c'est dommage, car dans un tel contexte géopolitique, je suppose qu'il y avait moyen de faire captivant !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Juillet 2018

BD - Editions Daniel Maghen - 108 pages - 19.50 €

 

Parution en août 2013

L'histoire :  Alban, jeune soldat français envoyé en Louisiane et porté déserteur, partage à présent la vie des indiens Minetaree. Solidement lié d'amitié avec le trappeur Toussaint Charbonneau, il a abandonné tout espoir de retrouver Louis, l'ami qui l'avait accompagné en Amérique avant de tomber aux mains des Pawnees. Sa décision est prise, il va rentrer en Europe... Malheureusement, son chemin croise celui de guerriers Shawnees, et d'une bande de miliciens. Si ces derniers sauvent la vie d'Alban, ils se révèlent d'une sauvagerie et d'une cruauté bien supérieure à celle des indiens qu'ils sont censés combattre...

 

Tentation : Sujet et dessins

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : La qualité première de cet album est sans conteste la beauté de ses dessins et planches, en style aquarelle. Quelle force ! Et quel apaisement ces dessins apportent dans un récit qui est plutôt brutal. La beauté de la nature face à la rudesse de certains hommes. Quel talent de la part de l'auteur ! Ses planches pourraient constituer une exposition où je me rendrais avec plaisir !

Patrick Prugne nous propose un voyage dans le temps et dans les terres... Dans le temps, car nous remontons à l'époque des colons qui occupaient les Etats-Unis et continuaient à migrer par milliers en vue de la terre promise... malgré ses dangers, les guerres indiennes, la manipulation de l'homme blanc envers l'homme rouge, les alliances des uns et les trahisons des autres. Le contexte historique est bien décrit, et il permet de comprendre le rôle joué par Anglais et Américains dans toutes ces guerres indiennes.

Dans les terres aussi, car nous commençons notre voyage depuis les plages proches de Philadelphie pour aller jusque dans le Midwest. Ce road trip en pays hostile, nous l'effectuons avec Angèle, jeune paysanne française, fraîchement débarquée pour partir à la recherche de son amant et de son frère, dont elle est sans nouvelle depuis des années.

Je découvre que cet album est la suite d'un autre... Frenchman... Ceci, pour info pour vous potentiel lecteur car pour moi, il est trop tard. Mais cela ne m'a pas empêché d'apprécier vivement cet album. Il nous emmène au coeur des tribus Pawnee, indiens pacifistes, qui finalement décide d'entrer en guerre contre les colons tant ceux-ci les massacres impunément...

Cette BD romanesque est vraiment passionnante et se révèle comme un véritable voyage sensoriel et poétique grâce à ces peintures qui nous plonge dans cette nature sauvage et luxuriante, pas encore abîmée par l'empreinte de l'homme occidental !

PAWNEE, BD de Patrick PRUGNE
PAWNEE, BD de Patrick PRUGNE
PAWNEE, BD de Patrick PRUGNE
PAWNEE, BD de Patrick PRUGNE

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Juin 2018

BD - Editions Sandawé - 56 pages - 15 €

 

Parution en Mai 2017

 

L'histoire :  Vétéran de la 1ère guerre mondiale, Moroni Fenn est un mormon tourmenté. Son comportement violent lui vaut d'être envoyé, bien malgré lui, au Mexique pour assurer la sécurité des colonies des "Saints des Derniers Jours" qui y sont implantées. En chemin, il sauve une petite Indienne exhibée comme un animal sauvage. Un geste qui va réveiller les fantômes de temps qu'on croyait révolus.

 

 

Tentation : Couv et Pitch

Fournisseur : Bib n°3

 

 

Mon humble avis : Et zut, en empruntant cette BD bien tentante, je n'avais pas vu qu'il s'agissait d'une trilogie... dont le deuxième tome n'est pas encore paru !

Bon, peu importe, que ce petit bémol ne vous empêche pas de piocher ce superbe album lors de votre prochaine virée en bibliothèque.

Déjà, les dessins sont savoureux et nous plongent dans les contrées arides et type western de la Sierra Madre au Mexique. Ils nous ramènent aussi cent ans en arrière et nous propose une belle histoire, faite de rebondissements, parfaitement distrayante. Où il est question de l'ombre des Indiens Apaches et Chiricahua, qui ont normalement disparu de la contrée une bonne vingtaine d'années plus tôt, avec l'abdication de Geronimo.

Il est question aussi, sur les toutes premières planches, de la Première Guerre Mondiale, des tranchées, des américains, qui rentrèrent (pour les plus chanceux) chez eux traumatisés. Nous suivons ainsi le parcourt de l'un d'eux, Moroni Fenn. Il a la particularité d'être mormon. Suite à la guerre, il erre dans Salt Lake City très alcoolisé. Il est alors envoyé au Mexique par les Saints des derniers jours pour y maintenir l'ordre. Car l'on apprend ici qu'à cette époque, aux USA, les mormons ont aboli la polygamie dans leurs rangs. Certains mormons, désireux de poursuivre cette tradition, migrèrent au Mexique.

A la fin de cet album, un cahier des plus instructifs nous informe encore plus sur ce sujet, et l'on découvre ainsi que les protagonistes de cette histoire sont inspirés de personnages ayant existé. L'un des auteurs, féru d'histoire d'indiens et de cow-boys (mais surtout des indiens), nous livre alors un historique passionnant et instructif sur les guerres indiennes, sur la "cohabitation" entre indiens, mexicains et colons et la disparition de certaines tribus, notamment, celles des Apaches, "les Indiens sans plume".

Donc à lire évidemment, même s'il faudra attendre quelque temps encore pour suivre les aventures de Moroni, de sa femme et de la jeune indienne Buy. J'ai hâte !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Avril 2018

BD - Editions Steinkis - 192 pages - 22 €

 

Parution en février 2017

 

L'histoire :  Grégory et Nadège sont comblés par la naissance de leurs jumeaux, Charles et Tristan. Pourtant leur univers s effondre lorsque le diagnostic tombe : Tristan est sourd profond.

Comment alors, en tant que parents entendants, un parcours du combattant pour aider leur fils à s épanouir dans notre société d hyper-communication ? Comment respecter son identité propre dans ce monde qui laisse, au final, peu de place à l altérité ?
Bref, comment prendre les bonnes décisions pour Tristan ?
 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Cet album est la transcription graphique de la vie d'un des auteurs, Grégory Mahieux. C'est donc une histoire vraie, mais hélas pas unique mais très représentative... Puisque nombre de parents d'enfants porteurs de handicap se retrouvent certainement dans les mêmes situations.

Ici, il s'agit de la surdité profonde de Tristan, l'un des jumeaux. Sachant qu'ajouté à cela, Charles, l'autre jumeau, souffre d'une grave et restrictive intolérance alimentaire, mais qui est somme toute, comparé à la surdité de Tristan, très vite gérée par Nadège et Grégory.

Cet album n'est pas du tout larmoyant ni plaintif envers le handicap, même si bien évidemment les parents auraient préféré que leur fils soit "normal".  Bien sûr, certains passages provoquent de fortes émotions, notamment de la joie devant les progrès de Tristan. Mais aussi l'admiration devant le courage tant des parents que de Tristan pour affronter le handicap, adapter la vie à celui-ci et surtout à déployer une énergie folle pour que leur enfant puisse progresser, être intégré dans le monde entendant et promis à l'avenir le plus ouvert possible.

Mais le plus souvent, même si le père y met beaucoup d'humour "noir", c'est la colère et le découragement que le lecteur ressent et partage avec les parents. Car oui, malgré la loi de 2005 obligeant à l'intégration des enfants handicapés dans le système scolaire classique, la réalité est toute autre.

Nous suivons donc le parcours du combattant, le casse-tête chinois, le labyrinthe, la mauvaise foi des employeurs, les lourdeurs et les lenteurs administratives, les contradictions des différents services médicaux et paramédicaux, le manque d'aides sociales, le manque de pédagogie à tous les niveaux, que ce soit envers les parents ou envers Tristan lui-même, etc... Bref, toutes ces situations qui donnent envie de s'arracher les cheveux, auxquelles sont confrontés Nadège et Grégory... Qui se battent griffes et ongles pour leur garçon, avec une énergie et une obstination qui forcent l'admiration, mais qui, heureusement portent leurs fruits.

Et de notre côté, on en apprend des choses... Notamment, la différence linguistique hypocrite que fait l'administration entre "intégration" et "inclusion". Bref, le lecteur est souvent révolté par ce qu'il lit.

Ce parcours se déroule dès la naissance des deux bambins et s'achève ici avec la rentrée en CM1 de Tristan. Peut-être que dans quelques années, nous retrouveront la famille de Tristan en BD, pour suivre son évolution. J'aimerais bien avoir des nouvelles de cette famille si courageuse et si aimante.

Une BD magnifique, parfaitement maîtrisée tant dans le graphisme que dans le texte (très présent, mais à bon escient), des bulles.

Une BD d'utilité publique, certainement. A lire, évidemment !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Avril 2018

BD - Editions Casterman - 212 pages - 20 €

 

Parution en mai 2017

4ème de couv'  Après Polina, le nouveau roman graphique de Bastien Vivès !« – Y a beau avoir plein de monde, j'ai toujours l'impression d'être toute seule.
– Même quand t'es avec nous ?
– Non, avec vous c'est chouette. »

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

 

 

Mon humble avis : Il y a 5 ans (et oui, le temps passe vite !), j'avais lu Polina, album de Bastien Vivès et était restée sur une impression mitigée... "Une soeur", trouvé à la bib, était donc l'occasion de clarifier mon ressenti envers cet auteur. Hélas, le bilan n'est pas terrible, je pense que ce bédéiste ne me convient pas. Il ne me touche pas, ou en tous cas pour cette lecture, pas dans le bon sens. Et ses dessins me laissent toujours une sensation de manque... Bien souvent, les personnages n'ont pas d'yeux, les traits étant réduits à leur plus simple expression. Et bien pour moi, un visage sans yeux, c'est comme un aquarium sans poisson, ou une maison sans chat, il manque une âme !

Quant à l'histoire, elle m'a plutôt mise mal à l'aise, même si j'étais à l'origine enchantée de passer quelque temps de vacances estivales sur une île Bretonne avec Antoine et Titi, l'ado de 13 ans et son jeune frère, héros de ce roman graphique.

Ils passent donc les deux mois d'été avec leurs parents dans leur résidence secondaire. Mais cette année, une amie de leur mère, qui vient de subir une fausse couche, vient passer quelques jours chez eux, avec Hélène, sa fille de 16 ans.

Ce qui m'a choqué déjà, c'est que les parents installent Hélène, jeune fille on ne peut plus pubère, dans la chambre de leurs fils, dont Antoine, pré-pubère. Si j'étais mère, c'est une situation que j'éviterai absolument.

Il va évidemment se passer que la belle Hélène va dévergonder l'innocent Antoine qui jouait encore au Pokémon en début de vacances.

Nous assistons donc aux premiers émois d'un ado et à un amour de vacances... Sauf que très peu de sentiments transparaissent... Il y a l'alcool, le shit, la bande de copains peu recommandables. Et le sexe. Cru. On assiste aux débuts d'ébats d'Hélène et Antoine : Masturbation, fellation etc... Avec parfois, le petit frère qui dort à côté. De plus, la fameuse Hélène passe pour une sacrée allumeuse et frise la caricature de la provocation.

Bref, j'ai trouvé cela très précoce pour un ado de 13 ans, plutôt brutal et pas plaisant à lire, d'autant qu'il faut parfois se concentrer pour distinguer clairement de quel personnage émanent les bulles, ce qui enlève encore de la fluidité à un récit qui assez plat et qui met mal à l'aise.

Seule la toute fin est surprenante et bouleversante. Mais c'est trop peu pour être enthousiaste.

Bref, je n'ai pas accroché et si message il y a dans ce roman graphique (on peut bien en imaginer quelques-uns), je les trouve maladroits.

Une histoire d'enfants qui grandissent à l'insu de leurs parents... Mais pour adultes !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Avril 2018

BD - Editions La boîte à Bulles - 96 pages - 18 €

 

Parution en 2011

L'histoire :  Pourtant doué à l'école, le jeune Jacques préfère devenir apprenti dans les imposants ateliers de construction navale, à Bordeaux.  A l'usine, Jacques apprend son travail dans l'atelier des moteurs, au traçage, puis sur la coque du navire « L Indochinois ». Mais il apprend aussi et surtout à se faire respecter. C est qu il y a les ouvriers bienveillants... et les autres ! Les apprentis (ou arpettes, pour reprendre l'expression consacrée) sont souvent considérées comme corvéables à merci, voire comme des souffre-douleurs... Et puis, nous sommes en 1936...

 

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Cet album nous parle d'un temps que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître... Bordeaux en ces temps-là, les manifs dans les rues et les congés payés... Nous sommes en 1936, Le Front Populaire, Léon  Blum, les jeunesses communistes pleine d'espoir, une Espagne, pas très loin, qui vacille... Et au milieu de tout cela, la vie d'un petit apprenti dans les chantiers naval et des conditions de travail proches de l'exploitation. La grande Histoire et la petite se complètent ici parfaitement.

J'ai trouvé très intéressant cette plongée dans cette année 36 et celles qui ont suivi. Une époque tellement révolutionnaire dans les acquis sociaux, que tout cela résonne encore de nos jours. Sauf qu'à l'époque, on manifestait pour les 40 heures et quelques jours de congé par an.

Pour écrire cet album, l'auteur s'est inspiré des mémoires écrites de son père, mais aussi de celles encore gravées dans son esprit. Des petits détails, des anecdotes de bande de copains encore un peu utopiste et malgré les difficultés de la vie, pleine de fraîcheur. Tout est parfaitement relaté par des dessins nets, assez simples et agréables. Les couleurs donnent un aspect un peu rétro papier journal, même si sur chaque page, une couleur plus vive est mise en évidence. Les bulles ne sont pas trop chargées de texte. Bref, une BD à la lecture très fluide.

Jacques, le personnage principal de cette histoire, est très attachant. Il a quitté l'école, malgré ses bons résultats, pour amener un salaire de plus à la maison. Mais ce qu'il vise surtout, c'est le début de son émancipation. Et cela se saisit nettement au fil des pages et des quelques années qui passent. Jacques gagne en maturité, son regard sur les choses et le monde change, mais son attachement à sa famille et son dévouement restent les mêmes.

Une bien bonne lecture donc, un témoignage intéressant sur une époque, que je vous conseille si elle peut croiser votre route !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Mars 2018

BD - Editions Casterman - 64 pages - 15 €

 

Parution en 2004, à priori réédité en 2014 !

L'histoire : Dans les tranchées de 14-18, un homme est psychologiquement soutenu par les lettres d'amour qu'il reçoit de sa femme Geneviève. Des lettres de Valentines. Quand quelques mois plus tard il rentre chez lui, il apprend que celle-ci est décédée...

 

Tentation : le sujet

Fournisseur : La bib' N°1

 

 

 

 

Mon humble avis : Cet album commence dans les tranchées de la Guerre 14-18, puis nous conduit à Paris et enfin dans les Pyrénées, tout en nous ramenant dans les tranchées lors des flash-back évoqués par les personnages.

Cette histoire est l'occasion de rendre un bel hommage aux Poilus, aux Gueules Cassées, à leur courage, tout en rappelant leurs "conditions" de vie... Et de mort...

Certaines planches sont très fortes en émotion, notamment celles qui évoquent le front et les dialogues entre Augustin (notre homme) et un tout jeune soldat...

Les illustrations sont magnifiques... Un mélange d'aquarelles, de peintures (huile ? Acrylique ?) Les images du front sont tragiquement évocatrices, même s'il est parfois difficile de reconnaître les personnages dont il est question.... Mais en même temps, c'est sans doute très réaliste. Dans la boue etc, les poilus devaient facilement se ressembler...

Nous passons également par Paris, le Paris du début XXème, avec ses bordels, sa bourgeoisie, ses soirées chics où nous croisons Matisse.

De la guerre, nous passons à la démobilisation et au retour des soldats chez eux. Leurs espoirs, leurs craintes, leurs projets, leur étonnement d'être encore en vie et en un seul morceau.

Sauf que pour Augustin, son retour prend l'aspect d'un cauchemar, puisqu'il apprend que sa femme, qui lui écrivait pourtant des lettres langoureuses, est décédée depuis presque un an.

Les sujets de la mort, de la jalousie, de l'amour inavoué, de la passion épistolaire sont donc évoqués. Mais j'aurais aimé qu'ils le soient plus en profondeur, de façon moins anecdotique et quelque part plus ordonnée (enfin, c'est mon impression !) Et puis la fin m'a semblé trop abrupte, trop ouverte. Une belle BD donc, un récit bouleversant, mais... je ne sais pas, il me manque quelque chose pour être plus enthousiaste !

"Regarde-moi bien, Augustin, mon visage... ma jambe en moins. La guerre m'a tué de la pire manière qui soit... en me laissant la vie. "

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Mars 2018

BD - Editions Dupuis - 56 pages - 15 €

 

Parution en 1991 !

L'histoire :  Karl Vandesande, ingénieur agronome à la retraite, vit tranquillement à Bruxelles. Passionné d'art africain, il a même commis un livre sur le sujet. Et voilà qu'un mécène lui propose de retourner au Congo, maintenant état indépendant, pour pouvoir écrire la suite. Karl Vandesande n'hésite pas : retourner là-bas, n'est-ce pas retrouver l'Afrique, ses amis, sa jeunesse ? Pourtant, depuis quinze ans, bien des choses ont changé. Les trafics louches, la corruption, la dictature battent maintenant leur plein. Et "Missié Vandisandi" découvre bientôt qu'il est mêlé à des histoires qui le dépassent. Et, dès lors, un sentiment diffus de peur l'étreint...

 

Tentation : Le palmier de la couverture (oui, il m'en faut parfois très peu !)

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Pour être vite honnête, je n'ai pas apprécié la trame de l'histoire qui aurait pu être intéressante si elle avait été moins elliptique ! Une préface annonce ces ellipses et explique les choix de l'auteur. J'étais donc prévenue... Mais à ce point-là, pas vraiment. On passe vraiment d'une situation à l'autre sans pont

Hermann laisse la possibilité au lecteur de "boucher" les trous par son imagination pour comprendre l'histoire, car il ne souhaite pas un lectorat mou et démobilisé. Bref, il attend de celui qui tourne les pages qu'il fasse preuve d'intelligence. La démarche ne me plait pas plus que ça, car elle peut se révéler méprisante pour celles et ceux qui cherchent de la lecture détente et distrayante.

En fait, dans cette BD, les trois quarts du scénario reposent sur des non-dits et des sous-entendus. Etant donné que le format BD classique n'est pas idéal pour se plonger longuement dans une histoire et faire ses propres déductions (comme cela peut l'être à la lecture d'un thriller de plusieurs centaines de pages par exemple)... et bien je suis sortie de cet album avec une sensation de faim, de noeuds non dénoués et plus de suppositions que de clarté.

Certes, on devine des histoires louches de trafics, de corruption de haut niveau mais quoi précisément ? Aucune idée ! Qui tire les ficelles et pourquoi, les dernières pages ne nous le disent pas.

Cependant, les dessins sont agréables, certains personnages hauts en couleurs, les paysages sublimes (qui nous conduisent même jusqu'aux Seychelles), et l'ambiance africaine semble bien retranscrite et la lecture n'est pas ennuyeuse. Mais ce n'est pas suffisant pour apprécier cette BD !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Mars 2018

BD - Editions Dargaud - 64 pages - 14.99 €

 

Parution en avril 2017

 

L'histoire :   Paul Baron est un des vérificateurs du Guide Mondial des Records, il passe son temps à peser des courges, à assister à des concours aussi divers qu'étranges, à contrôler tout ce que les hommes peuvent inventer pour tenter de se distinguer de la masse. Activité plutôt inoffensive, sauf lorsque l'un des candidats tente de battre un record d'assassinats.

 

 

Tentation : Titre/sujet + scénariste

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Un régal, un délice que cette BD, aucun bémol à signaler ! Tout m'a plu, depuis le graphisme, jusqu'au scénario en passant par la police de caractère ! Bref du pur plaisir de lecture où les pages semblent se tourner d'elles-mêmes.

En fait, je ne m'étais jamais questionnée sur comment fonctionner un livre sur les records... genre le Guinness Book. Avec cette BD, on entre donc dans l'univers de ce type de livre. Depuis les lettres envoyées par les "recordmen" supposés pensant mériter de figurer dans le livre des records, en amont, jusqu'aux conséquences de la publication de ces dits records, en aval. Et, en étal, le boulot de Paul Baron, huissier, qui est chargé de valider et d'homologuer ces exploits (secteurs humain et animalier). Pour cela, il sillonne la France et rencontre des personnages hauts en couleur, touchants, utopistes, rêveurs, prétentieux, fantaisistes, irrévérencieux, hilarants et parfois dangereux. Ce dernier adjectif est là pour ajouter suspens et enquête policière à cet album, qui, déjà bien riche en sujet, n'en n'avait pas particulièrement par captiver et distraire son lecteur. Alors avec cet aspect-là en plus... Et bien nous avons une BD franchement géniale, très drôle mais aussi beaucoup plus profonde qu'elle n'y paraît... et qui amène forcément à un certain questionnement.

Oeuvre cocasse car franchement l'imagination de certaines personnes pour figurer dans le livre des records et sans limite. Elle va même au-delà de l'incongru et de l'ubuesque !... Et cela prouve qu'une bonne partie de l'humanité doit s'ennuyer à mourir pour s'entraîner à de tels exploits. Exemples en vrac :"Je peux superposer 231 osselets dans ma main droite", "Je peux faire péter avec 2 doigts un mètre carré de papier bulle en une minute", "J'arrête un ventilateur avec la langue"

Mais il y a aussi des records beaucoup plus touchant, comme le 100 mètres nage libre catégorie de + de 100 ans !

Mais surtout, avec cette BD, Benacquista et Barral s'interrogent sur ce que l'anonymat a d'intolérable, sur la peur de certains de ne s'illustrer en rien de particulier, "sur le goût de la performance remplacé par l'exploit débile, sur ce qui pousse les gens à se singulariser et à ne pas se contenter d'être juste eux-mêmes.

"A quoi bon s'emmerder à grimper l'Everest quand on peut avaler trois hot-dogs en trente secondes"

Bref,  cet album est un véritable miroir de notre société : tantôt acide, tantôt touchante... Où votre exploit dit qui vous êtes. Une société qui, si vous ne faites rien d'extraordinaire, vous fait vous sentir comme un looser, comme un "rien". Surtout que ces exploits cachent aussi beaucoup d'échecs. Tiens, pourquoi ne pas créer un guide mondial de l'échec ? Bonne idée Paul ! Les deux auteurs livrent donc une histoire qui devient une ode à la normalité.

Allez zou ! On lit cette BD et on s'éclate tel qu'on est ! 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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