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Publié le 28 Février 2018

BD - Ediitons Delcourt - 48 pages - 14.50 €

 

Parution d'origine en 2002

Réédition en 2015

 

L'histoire :  À la sortie de l'entraînement, Titou, la star du FCE, est une fois encore sollicité par une vieille femme qui lui réitère sa supplique : venir au repas d'anniversaire de son mari atteint dune grave maladie et fan inconditionnel du joueur. Surmontant ses réticences, il accepte et passe une agréable soirée jusqu'à l'arrivée d'un invité surprise qui va faire basculer son destin de façon tragique

 

Tentation : Le nom de Davodeau

Fournisseur : Ma bib N°3 (Et oui, car me voici inscrite dans une 3ème bibliothèque !)

 

 

Mon humble avis : Cet album fait partie de la trilogie "Un monde si tranquille", dont j'ignorais l'existence... Et donc foi de moi, les 3 tomes peuvent manifestement se lire indépendamment ! Ah, mes recherches me disent que j'en ai lu le tome 1 : La gloire d'Albert !

Ici, Etienne Davodeau brode son histoire autour du monde du football et en dresse un portrait aussi comique que cynique et tout le monde en prend un peu pour son grade ; joueurs, suporters décérébrés, journalistes, propriétaires de club présentés aux manières de mafia. Mais à travers l'oeil et les dessins de Davodeau, c'est un peu la société en général qui est pointée. Car même si cette histoire se déroule dans le milieu du foot, ce sport est tout à fait secondaire dans le récit. La cible de l'auteur est avant tout la "fanitude" et l'hyper-médiatisation. Et oui, que ce soit dans le domaine sportif, ou artistique, les admirateurs ont l'impression, voire sont persuadés que l'objet (et oui, l'être devient un objet) de leur admiration, qui devient aussi celui de leurs fantasme, leur appartient. De même pour ceux qui ont "lancé" la star en question, qui ont peu de scrupules dans l'exploitation extrême de l'individu, dont on peut se demander si ce dernier est encore considéré comme tel.

On peut bien imaginer que Davodeau a rebondi sur la victoire des bleues en 1998... Le personnage principal se nomme Titou... Ce n'est pas très loin de Zizou. Et l'histoire proposée par l'auteur est à mi-chemin entre thriller, chronique sociale, et farce rocambolesque par forcément crédible, mais avec des personnages attachants et drôles, malgré leurs actes... Et oui, car on apprend vers la fin le lien qui unit Titou la star de foot et l'un de ses géoliers, récemment licencié.

Côté dessins, j'ai pas forcément adoré et je me serais bien passée d'un moment un peu gore et change la face de la farce ! Pour être franche, depuis 2002, Davodeau a fait beaucoup mieux. Mais, l'histoire reste intéressante, si on lit à travers les lignes, oups les bulles.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Février 2018

BD - Editions Dupuis - 104 pages - 22.90 €

 

Parution en septembre 2012

 

L'histoire :  Comment résister au totalitarisme ? Avec poésie et amour ! Qu un petit garçon essaie d embrasser son « amoureuse », cela n a normalement rien de dramatique. Sauf si la scène a lieu à l école, dans un pays du bloc soviétique, bien avant que le mur n ait même commencé à se fissurer...

Tentation : Couv' et pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

 

"On peut tout penser, mais on ne peut pas tout dire".

 

Mon humble avis : Voici encore un très bel album, réussi, aux dessins agréables, sur un sujet sensible et intéressant : le totalitarisme, vu à hauteur d'enfant.

L'histoire se déroule en Russie à l'époque Stalinienne, où l'on n'aime personne autant que Staline et la mère patrie.

N'embrassez pas qui vous voulez montre parfaitement le tiraillement des enfants entre l'éducation propagandiste et exclusive qu'ils reçoivent à l'école (donc via l'administration), et celle que leur donne leurs parents à la maison, discrètement, par chuchotements en prenant garde ne pas attirer ni l'attention des voisins ni celle de la milice.

Les personnages sont très attachants, même les plus durs d'entre eux, comme l'institutrice ou le directeur de l'école. Parce qu'on les voit aussi évoluer dans leur vie personnelle, où leur réelle pensée et façon d'être se révèlent, dans le secret.

Le héros de cet album est Viktor, que l'on imagine en école primaire. Il est très mature et vif d'esprit... C'est normal, son père est un auteur dissident. Une de ses petites amies attend le retour de son papa... Le texte ne le dit pas clairement, mais celui-ci a certainement été envoyé au goulag.

Bref, nous évoluons autour de ses enfants que l'administration harcèle et menace pour obtenir la vérité, et qui les pousse à se trahir entre eux, et même à trahir leurs parents. Quel poids pour ces bouts de choux. Mais cet album montre la force de l'amitié, de l'amour et de l'intelligence.

N'embrassez pas qui vous voulez est un formidable outil de réflexion sur la liberté de pensée et ses pouvoirs, sur la création, l'imagination. Mais surtout, sur la vérité, avec des scènes saisissantes, révélatrices et touchantes.

Et quand on lit un tel album, on ne peut que ce dire : que notre enfance française fut douce, si l'on a eu la chance que celle-ci le soit.

 

PS : Suivi d'un post face très intéressant, sur la vérité à travers le temps,  via les mots de Marzena Sowa, d'origine polonaise, lors d'un voyage dans sa terre natale.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Janvier 2018

BD - Editions Delcourt - 128 pages - 17.95 €

 

Parution en août 2016

 

L'histoire :  Jun Sang, né un 16 février tout comme son cher dirigeant Kim Jong-il, est un petit garçon de Corée du Nord comme tant dautres. Très fier de son anniversaire, il vit comme on lui apprend à lécole : le grand leader veille sur lui, lui désigne ce quil doit faire et ceux quil doit haïr de toutes ses forces. Mais ce paradis et la foi indéfectible de Jun Sang en Kim Jong-il va être de courte durée...

 

 

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Encore une petite pépite de BD dénichée à la bibliothèque, et encore une histoire magnifique, même si pas très gaie. Mais une histoire où l'on apprend ou où l'on révise ce que l'on sait vaguement, sans y poser d'image, parce que tout cela est si loin... et hélas, très peu traité par les médias il me semble... Même si la Corée du Nord est depuis quelques mois au coeur de l'actualité internationale très tendue, ce qui s'y passe réellement nous parvient plus par les arts que par les journalistes qui ont, j'imagine, peu ou pas accès à ce pays. Et si accès il y a, celui-ci doit être très limité et très surveillé. En lisant "L'anniversaire de Kim Jong Il, on pense forcément au célèbre album Pyongyang de Guy Delisle. C'est deux BD sont en fait très complémentaire. Pyongyang offre la vision d'un expatrié français dans ce pays on ne peut plus dictatorial et cet album-ci donne la voix à un enfant Nord-Coréen, qui nous conte donc son quotidien.

Au début de cet album, Jung Sang a 8 ou 9 ans et ne trouve rien d'anormal à la vie qu'il mène dans son pays. A la dernière page, il a atteint les 16 ans. Et c'est un tout autre jeune homme. C'est donc un long pan de sa jeune vie qui se déroule devant nous.

La première partie, alors que Jung Sang, conditionné à tous niveaux par l'Etat, vit encore en Corée Du Nord dans un sentiment d'exaltation, d'admiration et de dévotion pour "notre Guide", est dessinée en couleur.

La deuxième partie, celle de l'exil familial et de l'enfermement dans un camp de redressement à la frontière chinoise, la période la plus dure, est en noir et blanc. Tout comme les visages qui changent, qui se creusent alors que la faim devient dévorante.

Enfin, quand après et malgré les épreuves l'espoir renaît, les couleurs refont surface !

Cette BD retrace la vie ordinaire d'un enfant tout aussi ordinaire dans une famille on ne peut plus ordinaire. Si le titre est "l'anniversaire de Kim Jong Il", c'est parce que notre jeune héros est né le même jour que le dictateur. Donc, comme en Corée du Nord, les anniversaires ne se fêtent pas, sauf bien sur celui du "Président démocratique", Jung Sang bénéficie de l'atmosphère festive nationale de cette journée !

Cette histoire, magnifiquement mise en page, est extrêmement poignante et dans ce sens, pas très facile à lire malgré les grammes d'humour de notre jeune personnage. On réalise à quel point la dictature nord-coréenne est sévère, à quel point l'embrigadement et la propagande se font à tous les niveaux et dans tous les domaines. Cet album revient aussi sur la grande et dévastatrice famine qu'a connu la Corée du Nord, la "débrouille" obligatoire  chaque Coréen pour remplir son bol de riz journalier, la peur d'être dénoncé, le travail obligatoire des adultes comme des enfants. Bref, un enfer, qui n'a encore rien à voir à celui des camps de redressement d'une cruauté indicible.

Un album aussi émouvant qu'éprouvant, indispensable, et qui s'achève par une touche d'humanité bienvenue, accompagnée d'un peu d'espoir, à l'échelle de quelques personnes sur les 25 millions de Nord-Coréens qui subissent la monstruosité du régime totalitaire de Kim Jong Il.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Décembre 2017

BD - Editions Delcourt - 256 pages - 23.95 €

 

Parution en octobre 2016

L'histoire :  Peut-on être amis quand tout nous sépare ? Les étapes qui construisent nos vies d'adulte sont-elles les mêmes lorsqu'on a des existences très éloignées ? Obstacles du quotidien, premiers amours, premiers travails, rapport aux parents... Sur fond de transformation du Vietnam, deux jeunes femmes que tout sépare vont vivre une amitié de celles qui montrent que certaines questions sont universelles...

 

 

Tentation : Le nom de l'auteur

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Si je me suis dirigée vers cet album, c'est grâce au nom de l'auteure et ma toute petite (si, si !) curiosité "people". Lolita Séchan, ce patronyme ne vous évoque peut-être rien, mais pourtant, Lolita est la fille du chanteur Renaud, et donc la Lola de la fameuse chanson éponyme. Bien sûr, depuis la chanson, la petite fille est devenue adulte...

Mais, entre une mère-poule et un père célèbre et souvent dans "les brumes" (d'où aussi le titre de l'album), Lolita a bien du mal a trouvé sa place dans la vie, son rôle, sa direction. En fait, elle est aussi un peu dans les brumes, la peur viscérale de se tromper, de ne pas faire le bon choix. Alors, pour se trouver, elle prend un vol sec pour le Vietnam. Deux mois plus tard, à Sapa, elle se lie d'amitié avec Gom, qui n'est alors qu'une gamine. Mais pas n'importe laquelle, ni n'importe où. Gom est une jeune Hmong, et les Hmongs sont une des centaines de minorités qui vivent au nord Vietnam, et qui sont méprisées et délaissées par les vietnamiens.

Parce qu'elle se retrouve au Vietnam, Lolita multiplie les voyages là-bas, et à chaque fois, son amitié avec Gom grandit, s'enrichit, s'intensifie au fil de années... Lolita s'affirme, le Vietnam change, et Gom devient une adulte.

C'est tout cela que raconte Lolita Séchan dans cet album magnifique, touchant, très émouvant. Même si, je le reconnais, je n'ai pas été particulièrement fan du graphisme qui m'empêchait parfois de distinguer les visages facilement. Mais peu importe, l'ensemble est si riche qu'il serait dommage de s'arrêter à ceci.

Les brumes de Sapa est donc autant un carnet de voyage qu'un journal intime, mais jamais impudique. Très documenté, il retrace l'Histoire des Hmongs et dénonce le traitement de cette ethnie qui vivant au Vietnam, n'y a pas les mêmes droits que les Vietnamiens (scolarisation, santé, papiers d'identités etc... Ce savoir, Lolita Sechan le tient de son observation et de ses conversations avec les Hmong. Intéressant aussi : Lolita avoue mettre du temps à aimer le Vietnam. Il lui faudra plusieurs séjours là-bas pour apprécier ce pays, en tomber amoureuse, malgré ses contradictions. J'ai apprécié cela, plutôt que d'avoir affaire à une touriste qui "trouve tout magnifique et super parce que c'est exotique". Bref, c'est un regard critique qui nous est ici donné tant sur le pays, que sur la notion de voyage.

Sur plus d'une décennie, nous suivons donc l'évolution de deux jeunes femmes. Lolita, l'européenne, qui lutte contre le poids familial pour respirer et se trouver, même si elle ne peut respirer sans sa famille. Gom, elle, lutte contre les traditions ancestrales de son ethnie pour gagner sa liberté. Oui mais, tout n'est pas si simple, car "plus on rêve grand, plus on a de chance d'être malheureux"

Récit initiatique, récit de voyage, récit de transformation, cette histoire est absolument magnifique, sensible et sincère (l'auteure y a travaillé 5 ans et l'on y sent ses tripes), parsemée de jolies phrases tellement vraies qu'on aimerait retenir et aussi, d'un bel humour et de beaucoup de douceur.

Un album incontournable !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Décembre 2017

BD - Editions Bamboo - 70 pages - 14.90 €

 

Parution en mai 2016 et mai 2017

 

L'histoire :  Lorsque Qinaya, une orpheline péruvienne de 4 ans, est adoptée par une famille française, c'est la vie de tous qui est chamboulée. Les parents essaient de lui faire oublier le drame qu'elle a vécu, Lynette se découvre un caractère de mamie gâteau et les amis du couple apprivoisent doucement cette petite qui s'adapte à sa nouvelle vie. Mais pour Gabriel, ce sera bien plus compliqué : il lui faudra apprendre à devenir grand-père, lui qui n'a jamais pris le temps d'être père. Des premiers contacts distants aux moments partagés, Gabriel et Qinaya vont peu à peu nouer des liens que même le vieux bourru était loin d'imaginer.

Tentation : La blogo il me semble !

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Ne faites pas comme moi ! Si vous commencez le tome 1, assurez-vous d'avoir le tome 2 à portée de main ! Car le premier numéro s'achève sur un cliffhanger insoutenable. Donc lire les 2 tomes à la suite, n'oubliez pas, vous me remercierez.

Je chronique donc ici les 2 tomes, en restant très évasive sur le deuxième, histoire de ne pas trop spoiler le premier ! Le premier, bouleversant est un coup de coeur, le deuxième, émouvant l'est un peu moins, mais de si peu.

Le graphisme, les couleurs, les dessins sont tout simplement sublimes, délicieux comme des bonbons acidulés que l'on laisse fondre dans la bouche. L'émotion est là, tout comme l'émerveillement devant cette petite fille du bout du monde qui fait fondre la carapace des plus durs ; à savoir Gabriel, le grand-père d'adoption. Et oui, lorsque l'enfant paraît, le monde semble s'adoucir. Les bulles ne manquent pas d'humour non plus. Les personnages principaux comme secondaires sont tous attachant, autant pour leurs petits défauts que pour leurs grandes qualités.

Bref, cette BD paraît être un bijoux tout doux jusqu'à ce que les choses se gâtent dans un retournement de situation des plus inattendus qui nous conduira au Pérou, pays d'origine de la fillette, dans le deuxième tome, tout aussi réussi graphiquement. 

Cette histoire évoque la génération d'hommes qui sont bien plus doués et disponibles pour être grands-pères qu'ils ne l'étaient, trente ans plus tôt, pour être pères.

Mais, évidemment, le sujet principal de ces deux tomes reste l'adoption, le désir viscéral de devenir parent, envers et contre tout... Et donc de certaines dérives des réseaux d'adoption. Le tout sur la partition de l'Amour, lui aussi envers et contre tout, dans une tranche de vie de gens ordinaires.

A lire !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Décembre 2017

BD - Editions Ici Même - 160 pages - 24 €

 

Parution en Novembre 2014


L'histoire :  1975. Peter Bunjevac, Serbe nationaliste exilé au Canada, vit à Toronto avec sa femme et leurs trois enfants. Il appartient à une organisation anti-communiste qui milite pour l'indépendance de la Serbie. Sa femme, soupçonnant la nature de ses activités militantes et craignant pour la sécurité des enfants, le persuade de la laisser partir passer des vacances avec les enfants chez ses parents, en Yougoslavie. Peter accepte mais, méfiant quant aux intentions réelles de sa compagne, exige que leur fils aîné, Petey, alors âgé de 7 ans, reste avec lui au Canada. Terrible ''choix de Sophie'' auquel se trouve alors confrontée la mère: abandonner l' un de ses enfants pour mettre les deux autres en sécurité, ou bien risquer la vie des trois. Elle décide de partir avec ses filles. Ce qui devait être un voyage de quinze jours deviendra un séjour de quinze ans, la famille demeurera séparée à jamais.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

Mon humble avis : Fatherland, témoignage autobiographique, est bien évidemment une BD intéressante à lire, mais absolument pas distrayante ni reposante pour l'esprit ! Vous voilà prévenus !

Le graphisme, austère, en noir est blanc, est presque uniquement fait de hachures et pointillés, donnant un aspect assez froid et presque statique à l'ensemble. Alors que je lisais les premières pages, il m'a semblé difficile de reconnaître les personnages féminins, surtout que le récit passé est entrecoupé de petits bons dans le présent. Puis, je me suis habituée.

La 4ème de couv insiste sur le terrible choix terrible qu'a dû faire la mère de la narratrice, à un moment de sa vie. A savoir, emmener ses deux filles sans sa Yougoslavie natale pour les protéger, mais laisser son fils au Canada, aux soins du père. Père anti-communiste, très engagé et militant actif... donc, surveillé. Hélas, ce "choix" qui m'a fait emprunter cet album à la Médiathèque n'est que survolé et paraît vite "bouclé". 

De ce fait, l'histoire familiale semble rester au second plan pour laisser place au destin familial dans la grande Histoire. De ce fait, l'album s'éloigne de l'intime et du ressenti que je recherchais quelque part.

Il n'empêche, la chronique familiale (sur 4 générations) au fil des années et des événements géopolitiques reste très instructive (cartes à l'appui...) même si je l'ai dit plus haut, pas évidente à suivre. Elle nécessite une bonne concentration et sans doute quelques connaissances historiques de bases. Car sous nos yeux, se déroule toute l'Histoire de de l'ex Yougoslavie, avec des raccourcis et des sauts dans le temps bien sûr, sinon, cette BD aurait pu compter une dizaine de tomes ! Il n'empêche, cela permet de comprendre les origines et l'évolution du conflit "serbo-croate-bosniaque" et les influences et conséquences internationales, passées ou présentes, humaines ou politiques, de cette discorde ethnique. Dans tous les noms cités, j'en ai tout de même reconnu un : Tito, qui m'a ramenée dans le programme d'Histoire qui avait cours lorsque j'ai passé le bac !

Pour conclure : un album pour s'instruire et non pour se distraire !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Décembre 2017

BD - Editions Dargaud - 56 pages - 11.99 €

 

Parution le 10 novembre 2017

L'histoire :  Sus à la Magicienne ! Les Vieux Fourneaux reviennent plus jeunes que jamais ! Après une tournée d'été du théâtre du 'Loup en slip', Sophie et Antoine rentrent au bercail pour découvrir leur charmant village en pleine effervescence ! Le projet d'extension de l'entreprise Garan-Servier, qui relancerait l'économie de la région, est menacé par une mystérieuse 'magicienne dentelée' occupant le terrain. Branle-bas de combat pour les zadistes ! Cela dit, c'est un coup de bol pour les vieux fourneaux, qui peuvent enfin partir à la recherche de leur trésor oublié. Quant à Sophie, elle apprend une délicate vérité au sujet de son père. Confidence pour confidence, révélera-t-elle enfin l'identité du père de sa fille, Juliette ?

 

 

 

Mon humble avis : Vendredi dernier, séance ciné annulée... Hop, un petit tour à la bibliothèque et me voilà munie d'un trésor : le tome 4 des vieux fourneaux ! Ma soirée est assurée !

Quelle bonheur de retrouver nos 3 septuagénaires, même si Mimile est presque relégué ici à un rôle secondaire. Peu importe, la fin de ce tome annonce clairement un cinquième et l'on ne doute pas que Mimile sera bien présent.

Pour mémoire, ma chronique sur les 3 premiers tomes de cette série hilarante qu'est "Les vieux fourneaux" se trouve ICI

Alors, quid de cette "magicienne"... Cette sauterelle unique et protégée, qui se reproduirait par clonage, et qui aurait envahi les terres promises à l'agrandissement de l'entreprise "Garan-Servier" ?

Et bien elle donne l'occasion aux auteurs d'évoquer moult sujets on ne peut plus d'actualité. Et ainsi, de bien croquer les Français que nous sommes, avec nos contradictions, nos protestations, notre égoïsme par convenance personnelle ou lié à un certain abois. Mais le tout dans la bonne humeur, la moquerie, qui gentille, n'en n'est pas moins diablement efficace.

Ainsi, au fil des pages, les auteurs dénoncent les pensées et comportements extrêmes, souvent proche du ridicule,  qui émanent de la théorie du genre, des migrants (ben oui, cette sauterelle n'était pas là avant, elle est donc une migrante), les délocalisations avec au passage, une réduction drastique du personnel, des ZAD (Zones à Défendre) et leurs défenseurs pas toujours honnêtes et parfois "illuminés", la désertification médicale de certaines régions et l'arrivée de médecins roumains, "le serment de l'artisan" (hahaha !!!), j'en passe et des meilleurs !

Et bien sûr, ce tome est aussi l'occasion de révéler quelques secrets (qui justifient évidemment un tome 5) et de distiller une bonne dose d'amour, d'amitié et d'espoir, le tout dans l'humour et la tendresse absolus pour ce combat contre les préjugés ! Vivement le prochain tome ! 

Mais si ça se trouve, c'est au ciné que l'on retrouvera nos 3 héros le plus tôt, car ô joie, ô bonheur, est film est en cours de tournage avec Pierre Richard, Eddy Mitchel, et Roland Giraud ! Ca promet !

-"Bande d'égoïstes ! Les champignons, la Chope ! C'est bien la France ça ! Vous passez votre temps à râler que rien ne change, et quand ça change, vous gueulez que ce ne sera plus comme avant !"
- "Et ben quoi ? On veut le changement dans la continuité. C'est notre droit."

Les vieux fourneaux, tome 4

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Novembre 2017

BD -Editions Delcourt - 136 pages - 16.95 €

 

Parution en février 2014

 

L'histoire :  Venise 1510. Giorgione est sur le point de mourir de la peste. Il jette ce qui lui reste de force dans un ultime tableau, hommage à sa première émotion picturale. Le récit plonge dans les méandres du passé de Venise en quête de cette référence disparue. Mais comment faire surgir sur une surface plane le mystère bouleversant d'une présence ?

 

Tentation : Pitch et dessins

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : En empruntant cette BD à ma Bib', j'espérais aimer mais ne m'attendais pas à être conquise à ce point par cette histoire, qui est aussi l'Histoire. Une véritable pépite que cet album.

Déjà, la situation géographique et les planches qui en découlent... Venise entre les années 1475 et 1510... Les canaux, les maisons et palais vénitiens, les costumes d'alors. Un régal ! L'immersion (sans mauvais jeu de mots) est totale.

Ensuite, le sujet... Nous évoluons dans le milieu des peintres de l'époque. Certains ont déjà bâti leur renommée, d'autres sont alors méconnus, mais pas pour longtemps. Nous rencontrons du beau linge et assistons à la "naissance" de noms réputés. Certains m'étaient familiers (sans que je sache forcément situer leur époque etc...) et j'en ai découvert d'autres : Tiziano Vecellio, qui deviendra "Le Titien", Giorgio de Castelfranco (Giorgione), son père "illégitime" Antonello de Messine, Giovanni Bellini ainsi que l'aristocratie du Venise d'alors.

Nous pénétrons au coeur des ateliers des maîtres et assistons à la création de chefs d'oeuvre, signés de la main des maitres mais oublieux des élèves qui participent largement au travail ! Parmi les élèves de Bellini, on trouve le Titien, qui fut aussi élève de Gorgione. Nombre de ces chefs d'oeuvre sont reproduits ici, bien qu'adaptés aux format et couleurs BD, que ce soit des toiles ou des tableaux d'autel immenses. Bref, cette BD rend parfaitement la vie des artistes vénitiens, entre les commandes de portraits et de tableaux d'autel qui garniraient ensuite les églises italiennes... puis les musées du monde entier.

Et puis il y a cette concurrence entre Bellini et Antonello, le mystère et l'envie autour de l'art de de la technique lumineuse d'Antonello. 

Mais bien sûr, le sujet principal de cet album est l'obsession des peintres d'alors : renforcer le lien entre l'espace de l'image et la réalité, l'effet de présence, de relation intime, faire apparaître l'intensité du vivant dans les oeuvres pour que "la vision fugitive" d'une toile devienne "une sensation durable, à chaque instant renouvelée."

Bref, La vision de Bacchus n'est pas un album que l'on dévore, mais que l'on déguste. Il est si passionnant, si instructif et pourtant aussi très distrayant. Une pépite je vous dis !

 

Retable de San Giobbe (Giovanni Bellini)

 

Retable de San Giobbe (par Jean Dytar dans "La vision de Bacchus"

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Novembre 2017

BD - Editions Rue de Sèvres - 128 pages - 18 €

 

Parution en mars 2016

L'histoire :  Franck n’est pas un type bien. Des hommes, il en a descendus des dizaines, proprement, sans histoires, un vrai pro. Lui qui n’a jamais cru à Noël, il aurait pu se douter que cette affaire payée le double était louche… Mais le réveil est bien plus rude que tout ce qu’il pouvait imaginer : si son âme est toujours homme, son corps, lui, est devenu femme. Une vengeance pour un crime passé… Sa vengeance à lui commence, et elle ne laissera personne indemne.Le parcours passionnant d’un homme qui doit renouer avec son identité. Au-delà du divertissement, un questionnement sur l’identité et le genre.

 

 

 

Mon humble avis : Corps et âme est assez éloigné de ce que je lis en BD habituellement. Ceci, dans le sens où c'est un album purement distrayant, où l'on ne s'instruit pas, même s'il permet une bonne réflexion sur l'identité, le genre et le transgenre. De même, il se penche sur un sujet qui est devenu à "la mode" ces dernières semaine, le harcèlement sexuel de rues et de bars subi par les femmes.

D'après mon ami Google, de façon presque simultanée à l'écriture de cet album, un film en a été adapté. Puisque à l'origine de cette histoire il y avait un scénario. Ce film est sorti en mars 2017 en France, sous le tire de "Revenger" avec Michelle Rodriguez et Sigourney Weaver. Pas vu.

Au début, j'ai eu un peu de mal avec les visages des personnages, que je trouvais relativement androgynes, peu définissables et se ressemblant un peu les uns les autres. Bien sûr, tout s'explique bien vite et je me suis bien installée dans l'histoire. Autre petit bémol, la couverture ne vend pas au mieux le contenu de l'album. Mais bon, cela ne m'a pas empêché de m'y plonger, puisque je me suis fiée à la 4ème de couv'

On est ici dans une ambiance polar noir, sombre, violent, limite glauque. Hôtel miteux, rues sombres et leurs occupants encore plus sombres.

En fait, on devine assez vite ce qui est arrivé à Franck, sauf que l'on n'ose y croire ! Et pourtant, une première partie flash back prouve la justesse de notre intuition : Après avoir été enlevé, le tueur à gages Franck se réveille couvert de bandages dans un hôtel pourri.... Et découvre qu'il a été opéré à son insu... Et qu'il est devenu femme.

Après quelque temps de dépression, de beuverie et d'adaptation à sa nouvelle physionomie, vient pour Franck le temps de la vengeance. Enquête puis règlements de compte à la pelle, Franck nettoie son ancien environnement professionnel afin de parvenir à la source : le docteur qui l'a opéré.

J'ai franchement bien aimé cet album, qui se lit donc bien sûr d'une traite. Le scénario est méritoire, les rebondissements surprennent, le suspense est haletant. Le tout parfaitement mis en page, dessins, couleurs et bulles compris. Une histoire de vengeance, de recherche d'identité, avec actions, amours, réactions, coups de théâtre et un peu d'hémoglobine. Bref, parfait si l'on veut se lire un polar bien noir en une heure !

Et qui sait, une fin assez ouverte pour envisager une suite ? J'aimerais bien. 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Novembre 2017

BD - Editions Bamboo/Angle - 110 pages - 18.90 €

 

Parution en septembre 2015

L'histoire :  La Première Guerre mondiale vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux et les femmes... et Maël. Malgré ses envies de défendre la patrie, il n'est pas mobilisé, car il a un pied-bot. Il devient le seul homme, jeune et vigoureux, de l'île... A sa façon, il participe à l'effort de guerre en distribuant le courrier aux habitants, des femmes essentiellement... Celui que toutes ignoraient découvre ainsi tous leurs secrets...

 

Tentation : Le fond "Bretonnant" de l'album

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Quel album magnifique, enrichissant, bien pensé !

Quel bonheur d'évoluer dans cette île bretonne imaginaire, mais sise en Finister. En effet, dans ces dessins, l'auteur a réuni plusieurs coins de Bretagne pour créer sa propre île, et c'est délicieux.

Chaque planche paysagère semble être une aquarelle de toute beauté. Les couleurs sont vives et rendent ainsi cet album très attirant, et très expressif, comme le sont d'ailleurs les visages des protagonistes.

Facteur pour femmes nous ramènent en 1914, alors que la première Guerre Mondiale est tout juste déclarée et va, en quelques jours, priver l'île de tous ses hommes vaillants... Alors que sur cette île, le continent, l'Histoire et la guerre sont si loin que l'on n'y croit à peine. Même le curé est appelé sous les drapeaux. En qualité de lecteur, nous restons donc avec ces femmes qui apprennent la solitude, l'attente d'une lettre du front, le travail aux champs et à la pêche pour remplacer les hommes. Leurs maris, promis, fiancés qui reviendront pour certains quatre ans plus tard, différents, traumatisés et pour quelques-uns, la gueule cassée. Seront-ils toujours aimables, au sens littéral du terme, pour leur épouse ?

Pendant ces quatre ans de conflit, Maël, le nigaud, le simplet, le pied-bot, l'ignoré ou le moqué de l'île devient alors le facteur. Il fait alors sa tournée à vélo, et délivre le courrier de toutes ces femmes aux quatre coins de l'île. Chacune d'elle va le découvrir peu à peu et le "nigaud" sera vite déniaisé et perçu tout autrement. Car effectivement, Maël comprend bien vite qu'il occupe désormais une place de choix, lui permettant de jouer un nouveau rôle et surtout, de tenir enfin sa vengeance d'homme persiflé. Il mettra donc en oeuvre une stratégie manipulatrice qui trompera bien tout ce petit monde.

Oui mais... Même si le comportement de Maël peut sembler méprisant aux yeux du lecteur, les deux auteurs ont le génie de nous faire douter de lui, le rendant autant aimable qu'odieux. Et mieux encore, cet album démontre que l'infamie de certains peut tout de même faire le bonheur des victimes finalement assez consentantes, et pour cause. Il n'empêche, cette situation fait naître un étrange sentiment chez le lecteur.

Et, surprise ! Alors que le lecteur pourrait s'attendre à cet album s'achève avec la fin de la Grande Guerre, il n'en n'ait rien. Un petit bon d'une quarantaine dans le temps, nous voici dans les années 50. Un personnage débarque sur l'île et sera l'occasion de certaines révélations, donnant à cette histoire un véritable aspect romanesque !

 

"Aucune île n'est à l'abri des continents imbéciles" (Facteur pour femmes)

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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