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Publié le 15 Novembre 2018

BD - Editions Emmanuel Proust - 48 pages - 13.61 €/livre

 

Parution du 1er livre den 2011.

 

L'histoire :  Le déclenchement de la première guerre mondiale en Europe ne change rien aux habitudes festives de Tahiti où débarque Simon Combaud, venu pour élucider un crime perpétré à Paris quinze ans plus tôt... Or, alors que deux croiseurs allemands menacent l'île paradisiaque, on. découvre plusieurs meurtres de vahinés. A partir d'un fait historique méconnu (l'attaque de Tahiti par des navires allemands) et sur fond de colonisation et de guerre, les auteurs réalisent un récit policier autant intense qui surprenant.

 

Tentation : Titre évidemment

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Papeete, Tahiti... Impossible de passer à côté de ces albums, acquis par la bib suite à mes suggestions !

Il me semblait que je ne pourrais qu'être super emballée par ce voyage en image et histoire en Polynésie Française. Au fil de ma lecture des 2 tomes, mon enthousiasme s'est quelque peu délité...

Car ces albums jouent sur 2 genres qu'il est peut-être dommage de mélanger ici, puisque de ce fait, aucun ne m'a paru vraiment abouti, chacun faisant un peu d'ombre à l'autre en fait. Les genres "historique" et "polar"

L'aspect polar enquête est l'aspect le moins intéressant de ces BD, parce que je

pense juste prétexte à élargir le lectorat potentiel. Il n'est développé qu'en filigrane, ne captive pas, et même si elle finit par s'élucider, il manque au final pas mal d'explications et surtout un mobile. Donc bref, ce n'est pas cet aspect-là qui motivera votre lecture.

L'aspect historique, même s'il aurait pu être plus creusé sans l'invasion du polar, est intéressant. Car il répond à une question que sans doute peu d'entre vous se sont posée, en tout cas pas moi : que s'est-il passé à Tahiti pendant la Grande Guerre de 14 ?

A l'époque, Tahiti et les îles alentours étaient encore terres d'aventure, de peintres et d'écrivains. Gauguin et Pierre Loti y avaient laissé des traces. Le peintre de l'époque était Octave Morillot, qui n'a peint que la Polynésie et rien d'autre. L'atmosphère tant langoureuse, festive que colonialiste est parfaitement décrite dans ces albums aux couleurs vives et aux dessins agréables, dessins qui amènent l'exotisme recherché. A l'époque, Tahiti avait globalement été désarmée, la France la considérant comme trop éloignée et isolée pour être en danger. Mais les Allemands sont venus et ont bombardé. Sur Tahiti, le militaire Maxime Destremeau se confronte avec le civile gouverneur Fawtier... Mais avec les moyens du bord, Destremeau organise la défense de Papeete. Je n'en dis pas plus, même si l'Histoire est censée être connue, vous la méconnaissez sans doute, donc autant que vous la découvriez dans ces albums.

Car malgré mes bémols (tiens, j'en rajoute un : difficile par moment de différencier et de mémoriser les personnages), un voyage en Polynésie Française au début du siècle précédent ne peut être qu'enrichissant. D'ailleurs, en fin des deux albums, des post faces très détaillées sur certains des personnages réels de cette histoire et d'autres explications et précisions historiques.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Novembre 2018

 BD - Editions l'Agrume - 125 pages - 20 €

 

Parution en mars 2014

 

Le sujet :  Dans le land de Saxe-Anhalt, connu sous le nom du « Pays des lève-tôt », Paula Bulling part à la rencontre d'une population peu visible, car isolée, celle des immigrés sans-papiers. Des hommes et des femmes en attente d'autorisations pour pouvoir mener une vie ordinaire (un permis de séjour, un permis de circulation.) et qui évoluent entre centres de rétention et foyers d'accueil, risquant chaque jour l'expulsion. L'artiste se met en scène pour enquêter sur leurs terribles conditions de vie.

 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Bon, rencontre complètement ratée avec cet album... je n'ai pas apprécié les dessins, très fouillis et pas assez aboutis pour bien comprendre les situations et reconnaître les personnages.

De ce fait, les sujets ne sont qu'effleurés hélas. Pas moyen de s'attacher à quelqu'un dans cet album, tant l'aspect témoignage est très court. Pourtant, l'auteure s'interroge sur comment briser la chaîne du schéma de ce genre de témoignage, où "celui qui n'est pas blanc est décrit mais il ne prend pas la parole"... la solution : "Ecouter, laisser parler les autres"... Et pourtant, je n'ai pas eu la sensation que Paula Bulling applique cette solution dans cet album où elle reste très présente.

Bien sûr, on devine les conditions de vies difficiles des sans-papiers, (expulsion possible, saturation de centres de rétention, racisme primaire allemand etc...), mais plus parce qu'on le sait déjà et non par la clarté des dessins. Rien de plus ici que ce que nous montre un petit extrait "bande annonce" d'un petit reportage télé. Bref, cette BD ne m'a rien appris de ce que je ne savais pas et n'a pas provoqué en moi d'émotion particulière...

Heureusement, les bulles sont peu nombreuses et peu bavardes, donc l'ensemble est très vite lu, ce qui ne donne pas l'occasion de songer à interrompre la lecture... Vous l'aurez compris, je déconseille...

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 31 Octobre 2018

BD - 2024 Editions - 68 pages - 15 €

 

Parution en octobre 2017

 

Le sujet :  Tous les dimanches, Tom Gauld illumine de son talent le cahier littéraire du prestigieux journal britannique The Guardian.  voici enfin une nouvelle sélection de ces strips dominicaux ! L'occasion de croiser un James Bond féministe, de recevoir un texto de Dracula et surtout, d'apprendre le sens de la vie de la bouche même de Franz Kafka - en même temps que la recette du cake au citron... 

 

Tentation : Le billet de Lectures sans frontières

 

 

Mon humble avis : Pas évident d'évoquer un tel album, qui fait figure d'OVNI dans mes habitudes livresques... Car pas d'histoire en fait ! Bon, prévenir d'abord... Si c'est le nom de Kafka qui vous motive à acheter cet album, méfiez-vous ! De Kafka, il n'est question que sur une demi-page.

D'ailleurs, je vous encourage plus à acheter cet objet plutôt qu'à l'emprunter... En effet, En Cuisine avec Kafka est une compilation de planches différentes, mais presque aussi toutes jubilatoires les unes que les autres, qui passent d'un sujet à un autre... Avec tout de même quelques fils rouges... Les livres, l'éditions, la lecture, l'écologie, les vices et l'évolution de notre société et surtout, les travers de notre époque (comme la "pétionnite aiguë" haha ! et tellement vraie !). Et sur chaque planche, c'est un peu le "poids des mots, le choc des dessins". Alors, pour apprécier cette oeuvre à bon escient, mieux vaut pouvoir y revenir régulièrement... En plus, c'est parfois si réaliste et évident, si drôle, voire loufoque ou ubuesque, que ça garantit une sacrée banane. De mon côté j'ai lu cet album d'une traite en urgence (retard envers la bib)... De ce fait, ma lecture est devenue une consommation avide plutôt qu'une délectation, et c'est un peu dommage (pour moi évidemment !).

Tiens, une idée me vient en tête... Bientôt, on va nous bassiner avec Noël... Et bien figurez-vous que cet album, aussi hilarant que bel objet, pourrait se révéler un judicieux cadeau pour les amoureux des livres, des BD et des bons mots un brin moqueurs... le tout en se distrayant. Vous y trouverez les obligations pour écrire un bon livre, les conseils avisés pour en écrire un mauvais etc.

Mais le meilleur moyen de vous convaincre, est peut-être de vous montrer quelques planches ! Après tout, une oeuvre n'est jamais mieux servie que par elle-même !

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Octobre 2018

BD - Editions Gallimard Jeunesse - 120 pages - 16.90 €/tome

 

Parution du premier tome en 2010

 

L'histoire :  Bienvenue est étudiante aux Beaux-Arts de Paris. Elle manque d'argent, enchaîne les petits boulots et vit en colocation avec Lola, sa cousine délurée. Entre les enfants qu'elle garde, le nouvel amant de sa mère, les peines de coeur de Lola, et la jeune fille suicidaire qui a décidé d'être son amie, Bienvenue a le sentiment de ne s'occuper que des autres et cherche un sens à sa vie...

 

 

Tentation : Ma "fanitude" de la série Aya de Yopougon de la même auteur

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Déjà, en entamant le tome 1, assurez-vous que vous pourrez vous procurer très vite, ou en même temps, les deux autres tomes. Je me suis faite avoir, n'ayant au début que les deux premiers tomes... Et le deuxième tome s'achève vraiment dans le vide, donc j'ai été frustrée jusqu'à ce que je puisse me procurer le troisième. Qui plus est, les 3 tomes forment vraiment un ensemble, qui permet d'approfondir les personnages, d'apprendre à les apprécier e fonction de leurs évolutions. (Voilà pour mon conseil avisé !)

Je dirais que quelque part, les aventures et mésaventure de Bienvenue font pensée à celle d'Aya, le personnage phare de la célèbre série de Marguerite Abouet. Bienvenue est une jeune fille débordée par les problèmes des autres, au point d'enfouir les siens et ainsi, de ne pas pourvoir les solutionner. Bienvenue est sollicitée par tout le monde, pour régler pacotilles ou grand désespoir, sans jamais se demander si Bienvenue va bien et si elle a les épaules assez fortes pour porter tout cela. En fait, Bienvenue est la version européenne/parisienne d'Aya l'africaine. Ces albums sont donc très agréables à lire, vivants... Mais évidemment, ils n'ont pas le charme ni l'exotisme des Aya de Yopougon... Point de palmier, ni de case, ni de boubous, ni de chemin en terre. Et évidemment, point de toutes ces expressions africaines qui rendaient les Aya très drôles.

Il n'empêche, l'histoire fonctionne bien et l'on s'attache de plus en plus au personnage, qu'ils soient secondaires ou principaux. Même si certains sont agaçants dans le premier tome, ils évoluent par la suite et révèlent le meilleur d'eux même sur la fin.

Bienvenue, c'est aussi la vie plus ou moins communautaire d'un palier d'un immeuble parisien, palier de chambres de bonne améliorée, habitées par des personnages plus ou moins haut en couleurs, en caractère et en problématique. Et finalement, tout le monde apprend à se connaitre, à ne plus se regarder le nombril, puis à s'entraider, de façon très touchante. Bien sûr, c'est Bienvenue qui est le lien et la colonne dorsale qui unit tout ce petit monde.

Et puis, la morale de l'histoire... Et bien pour Bienvenue, ce sera de réaliser que s'éloigner un peu des problèmes des autres est parfois salutaire... Cela leur permet de se retrouver face à leur propre responsabilité et décision, de ne pas compter sur une seule personne et ainsi, tout le monde se met à la tâche... Et alors seulement, Bienvenue trouvera enfin le temps et le calme pour réfléchir et faire la paix avec elle-même, pour enfin profiter de la vie ! Et être sa bonne samaritaine à elle, et non plus celle des autres !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Octobre 2018

BD - Editions Soleil - 144 pages - 17.95 €

 

Parution en octobre 2016

 

L'histoire :  Le dernier voyage que Jung a effectué en Corée le confronte à une famille qui voit en lui leur fils perdu depuis 40 ans. Faut-il faire un test ADN ? Et si la réponse était positive ? Comment ont-ils perdu cet enfant ? Quid de sa famille en Belgique, qui l'a chéri et élevé ?! Partagé entre Europe et Asie, entre le souvenir de ce qui a été et tout ce qui aurait pu être, Jung tente de définir son métissage.

 

 

 

Tentation : Ma lecture des tomes précédents

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Quelle ne fut pas ma surprise, il y a quelques jours, de trouver en bibliothèque cet album dont j'ignorais l'existence, alors que les 3 premiers tomes m'avait enchantée, captivée, chamboulée ! Bref, la parution de ce 4ème tome m'est passée inaperçu... Pas qu'à moi me semble-t-il, car je n'ai point lu de billet le concernant sur les blogs de mes copines. Pourtant, il y a 4 ou 5 ans, les albums de Jung se voyaient partout !

Jung, le petit coréen adopté par une famille belge, a aujourd'hui 50 ans. Il en avait 44 lors de son premier voyage en terre natale. Et dans ce tome, nous l'y accompagnons pour le quatrième voyage. Entre temps, il est devenu "célèbre" là-bas, grâce à ces BD bien sûr, mais surtout pour leur adaptation cinéma ! Certes, la célébrité est relative, mais réelle, surtout auprès des gens touchés de près ou de loin par l'adoption internationale d'enfants Coréens... ou d'ailleurs.

La quête identitaire de Jung n'est pas achevée, d'ailleurs, l'auteur se demande si une quête identitaire se termine un jour. Dans la première partie de ce tome, avant de s'envoler de nouveau pour la Corée, Jung donne la parole à sa mère adoptive, qu'il n'a pas vue depuis 3 ans. C'est l'occasion de revenir sur l'arrivée de Jung en Europe, de son adaptation en tant qu'enfant, tant à la langue, qu'à la famille, qu'à son environnement. Jung et sa mère évoque aussi le suicide de Valérie, soeur de Jung, également adoptée en Corée.

J'ai été ravie de retrouver Jung dans ce tome, et le serai bientôt une nouvelle fois, puisque l'auteur annonce l'écriture d'un cinquième tome. J'ai eu l'impression de retrouver un vieil ami, mais aussi une part de moi, puisque, même s'il est adulte maintenant, Jung revient toujours sur des moments de son enfance. Et une enfance, nous en avons tous eu une !

Jung apprivoise de plus en plus la Corée, à chacun de ses voyages là-bas... Ce qui en fait, ne simplifie pas tant que ça sa démarche... Plus il passe de temps en Corée, moins il se sent Européen, puisque dans la rue, les gens lui ressemblent... mais il ne les comprend pas lorsqu'ils parlent. L'identité est vraiment une vaste question... Le physique, la langue, la mémoire, les coutumes; les traditions ancestrales, le mode de vie contemporain, mais aussi l'amour que l'on reçoit, les souvenirs... C'est tout cela l'identité. Et lorsqu'une mère biologique se profile, et qu'il est question de test ADN... Et bien réponse dans le tome 5 sans doute !

Au niveau du ton, ce quatrième tome est dans la même lignée que les précédents, pas de rupture. Traits fins, humour, auto dérision, émotions, sincérité, complicité avec le lecteur... Bref, une retrouvaille inespérée pour moi, et qui m'a fait du bien. Et oui, on s'attache !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Octobre 2018

BD - Misma Editions - 96 pages - 18 €

 

Parution en avril 2016

 

L'histoire :  Bienvenue au Club des chats ! Au Club des chats, on a le droit de se poursuivre dans toute la maison, de faire ses griffes sur le canapé, de renverser le sac de croquettes, de gratter la terre des pots de fleurs, et même de dormir toute la journée... Tout ce qui rend un chat vraiment heureux,  quoi ! Dans le club, il y a Marie, une jeune artiste peintre, et ses trois chats : Choupi, Plume et Nounours. Ces trois-là sont champions pour les bêtises et pour troubler le calme et la concentration de leur maîtresse. 

 

Tentation : Quelle question !

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Tiens, une BD coréenne ? Pour être honnête, on le devine par le nom de l'auteure et par la ville de Séoul qui y est citée. Mais point par les traits des personnages... La plupart ne sont pas humains d'ailleurs. Il y a Marie, ses copines et le facteur. Mais les autres, ce sont des animaux. La cafetière est une vache, la bédétiste est une poule etc... Donc, en plus du club des chats, nous voilà un peu dans Zootopie. Mais si cette BD est Coréenne, il semble bien que le comportement félin soit universel !

Bien sûr, si vous détestez les chats, fort possible que cet album vous laisse de glace. Mais si vous les aimez au point de vivre chez eux et non plus chez vous, cet album est pour vous. Même si c'est gentillet, c'est bien drôle et évidemment, on y retrouve tout ce qui fait la vie des chats, le quotidien des humains, et les interactions entre l'un et l'autre ! Pour le pire, comme pour le meilleur. Et, comme il se doit, c'est le pire qui est souvent le plus drôle. Surtout qu'ici, les 3 chats de Marie parlent humains et pensent tout haut !

Les plus grosses gaffes félines, et chaque singularité, tic ou toc de propriétaires gagas de leurs chats sont ici compilés dans une histoire simple qui est surtout composée de saynètes ou le loufoque, voire l'ubuesque, n'est jamais très loin. 

Les dessins, colorés, sont classiques et limpides, comme des dessins qui s'adresseraient à des enfants, ce qui ajoute de la détente au parcourt de ces pages.

Alors, si vous avez besoin d'un bon moment de relaxation sans prise de tête, d'une lecture qui vous fera dire que finalement, vos petits monstres félins sont bien sages par rapport à d'autres, n'hésitez pas à pénétrer dans ce club des chats... Une lecture ronronnante vous attend !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD..., #Un monde de chat

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Publié le 1 Octobre 2018

BD - Editions Grand Angle - 64 pages - 15.90 €

 

Parution le 10 janvier 2018

 

L'histoire :  Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

 

Tentation : La couv of course, y'a un chat !

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Enorme coup de coeur pour cette BD ! Pépite à lire d'urgence ! 

C'est bien simple, tout m'a plu dans ces pages. Grâce aux joyeux, colorés et significatif dessins, nous savons dès la première page où l'auteur nous emmène... Sur la côte normande... où la côte, justement, recule dangereusement.

On ne l'imagine pas tout de suite, mais le sujet de cette histoire est particulièrement grave... puisqu'il s'agit du choix de la fin de vie. Et pourtant, tout au long de la lecture, on sourit, on est ému, on rit, on s'attache sacrément à cette toute aussi sacrée Madeleine et à son compagnon de matou. Madeleine est vraiment une mamie qui a la patate, du caractère et de l'humour

Autour de Madeleine, on rencontre d'autres personnages de la commune, personnages qui s'inquiètent et /ou s'énervent devant l'entêtement de Madeleine à ne pas quitter sa maison en haut de la falaise rognée un peu plus chaque jour par les éléments. Tout ce petit monde met cette obstination sur le compte de la cécité de la vieille dame... Qui dans une confidence touchante et bouleversante, révélera à l'un d'eux la raison qui la vrille à sa maison.

Le génie de Bruno Duhamel tient dans le fait que "jamais", qui traite du deuil et de la fin de vie, est en fait une BD très divertissante, rafraîchissante, pleine d'humour, de tendresse et de délicatesse... même si elle n'empêche pas la réflexion et l'émotion... Tout y est justesse !

Je ne pense pas que beaucoup de réalisateurs de cinéma lisent sur mon blog, mais si l'un d'eux avait la charmante idée de porter "Jamais" à l'écran, je me ruerai dans mon cinéma préféré pour passer un bon moment avec cette fantaisiste et grande gueule Madeleine. Je passe le message au cas où !!!

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Septembre 2018

BD - Editions Gallimard - 112 pages - 9.90 €

 

Parution en 2012

 

L'histoire :  En pleine guerre d'Indochine, Olivier Bertaux, jeune capitaine de l'armée française, est missionné dans un coin perdu de la forêt vietnamienne. Alors que les attaques viêt-minh se multiplient, cet ancien résistant communiste se voit gagné par la fièvre. Sa raison vacille dans la solitude du fortin. Aussi, quand il capture une jolie révolutionnaire, il choisit d'y voir sa rédemption, d'oublier les hommes et la guerre...

 

 

Tentation : Couv-¨Pitch - Sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Cette BD nous ramène à l'époque où la France ne pouvait être complète si elle perdait un bout lointain de "son" territoire... le Vietnam qui revendiquait son indépendance. Nous sommes en 1947.

Les dessins sont simples mais assez colorés pour être agréables à regarder et suffire au sujet.

Nous suivons l'arrivée d'un jeune officier blanc bec venu de métropole. Il prend la direction d'un fortin éloigné... En pleine jungle et manifestement, cernés par "les ennemis", le Viêt-Minh. Il découvre certes les coutumes, le climat et les maladies de là-bas, mais aussi et surtout, les méthodes utilisées contre l'ennemi... Il tente de remettre de l'ordre et d'imposer ses ordres, mais bon, un virulent chefaillon vietnamien (assez caricatural) l'entend autrement, alors qu'il aurait pu prétendre au poste de commandant si sa peau avait eu une autre couleur. Surtout quand Olivier, notre blanc-bec prend sous son aile une jeune guérillera blessée et soupçonnée d'espionnage au profit du Viêt-Minh. Maï devient sa maîtresse, mais aussi sa bonne à tout faire... Bref, sa concubine rouge (parce que communiste).

Cette BD m'a appris ce que les livres d'Histoire ne l'ont pas fait, par ce que la vérité dérange évidemment. Les officiers français qui "sauvaient" la vie de certaines vietnamiennes en en faisant leur maîtresse, quel que soit leur âge. Les méthodes plus qu'hypocrites de l'armée française qui autorise certaines tortures mais n'en tolèrent pas d'autres sous prétexte qu'elles furent méthodes de la gestapo... Hum hum.

L'histoire "d'amour"  est assez survolée et sonne un peu le déjà vu, en tout cas, ne se démarque pas par son originalité.

De même, la révolte que l'on sent naître chez Olivier, révolte contre les méthodes et les expéditions punitives est intéressante mais pas assez approfondie, alors qu'elle aurait pu donner naissance à une BD passionnante sur le débat intérieur que vit ce jeune officier... Surtout après qu'il ait fait certaines révélations à sa concubine rouge. Mais hélas, les auteurs ne s'attardent pas sur ces révélations qui certes, donnent de l'ampleur au sujet, mais qui sont vite recouvertes par les pages suivantes.

Donc au final, on a une BD intéressante et agréable à lire, mais qui aurait pu l'être beaucoup plus !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Septembre 2018

... UNE TRAVERSEE DU KOSOVO DE L'APRES-GUERRE

 

BD - Editions Soleil - 65 pages - 17.95 €

 

Parution en 2012

Le sujet :  Juin 1999.
À la fin du conflit au Kosovo, un magazine propose à Gani Jakupi – qui résidait alors en Espagne – de s’y rendre accompagné par un photographe, afin d’y faire un reportage sur son retour au pays. Une occasion inespérée pour lui de revoir ses proches.

 

Tentation : Titre et sujet

Fournisseur : Bib N°3

 

 

 

Mon humble avis : Attention, énorme coup de coeur ! Par contre, si vous cherchez un roman graphique distrayant, passez votre chemin, celui-ci ne l'est point. Son sujet est trop grave. Mais "La dernière image" est très instructif... et méditatif... Oui, je pense que ça n'a pas fini de tourner dans ma tête. Cet album est plus que marquant, il est imprégnant

Une préface nous permet d'appréhender au mieux notre lecture, et une postface nous aide à analyser en profondeur, via divers points de vue, ce que nous venons de lire. Ceci, grâce à des interviews menées par l'auteur auprès de journalistes et de photographes de guerre réputés.

A l'origine, cet album devait être un article pour la presse espagnole. Celui-ci n'est jamais paru. Alors Gani Jakupi, déjà bédétiste, l'a transformé en roman graphique. Et c'est tant mieux je pense. Les articles de presse passent et trépassent dans la multitude, et dans la consommation médiatique que nous faisons. Certes, un album atteindra moins de public, mais il restera et marquera pour toujours... car le lecteur en aura choisi la lecture et se sera pausé. L'information lui arrive certes bien après le conflit, (donc avec un recul dont la presse ne peut pas toujours se permettre) et ne sera pas absorbée entre le fromage et le dessert.

Gani Jakupi, kosovar d'origine, nous emmène donc dans cette région du monde aux conflits compliqués à comprendre : les Balkans... Et plus précisément, au Kosovo, là où la guerre contre les serbes vient de s'achever officiellement. Officieusement, c'est autre chose... Le danger est partout, diverses armées (dont internationales) sont là, les vengeances commencent, le tout dans un pays meurtri, une terre brûlée avec des survivants de la déportation et d'un nettoyage ethnique. Gani est accompagné par un photographe de guerre et ensemble, ils doivent concevoir un reportage pour un journal espagnol.

En fait, il m'a semblé que le Kosovo ne servait "que" de "toile de fond" au sujet, qui hélas, pourrait être développé dans tous pays en guerre. Car derrière cette histoire de "retour au pays", se cache le vrai sujet de cet album : le métier et le rôle des photographes et journalistes de guerre. Et là, les différents personnages rencontrés au fil des pages nous livrent leur version de leur profession... Les dangers sur place, la neutralité pas toujours facile, l'adrénaline, l'importance du témoignage (à tous prix ou pas), la chasse au scoop pour être le premier sur place, les horreurs qu'il faut "supporter" et auxquelles il faut faire face, le besoin viscéral des victimes de conflits à raconter leur drame auprès d'un journaliste pour que leur histoire ne reste pas veine, que le Monde sache. C'est par ces journalistes que l'histoire de chacun rentre dans l'Histoire

Le tout, avec la pression des médias et "le goût" du public qui se blase de plus en plus vite, sans savoir qui sera touché et comment et par quelle info...

"Quand le public veut voir du drame, il s'en fout de la misère"

La censure liée aux supports commerciaux des chaînes ou des journaux. Avec aussi parfois le reproche de photographier ce que le public considère comme outrage mais dont il se repaît néanmoins. C'est via une multitude de saynètes et de situations différentes que Gani Jakupi abordent ces sujets et les approfondit, comme je l'ai dit plus haut, avec une postface composée d'interviews de quelques-uns de ces photographes de guerre.

"La «dernière», l'image ultime, c'est le Saint Graal de tout reporter-photographe. C'est celle qui vaincra la résistance du public blasé, qui a tout vu et ne s'émerveille, ni ne s'émeut plus de grand-chose. Pour certains, c'est la photo la plus choquante, la plus inquiétante ; pour d'autres, celle qui résume en un cliché tout un événement, un destin, un phénomène." (Gani Jakupi)

Outre le fait que sa lecture est plus que remuante, La dernière image rappelle la guerre du Kosovo, guerre et victimes vite oubliées, et permet de la comprendre un peu mieux. Mais cet album est surtout un outil de réflexion incontournable sur la fonction et le fonctionnement des médias, la neutralité de ceux-ci... Mais surtout, sur l'utilisation personnelle que nous en faisons.

Vraiment, lisez cet album graphique, je suis sûre qu'il restera longtemps gravé dans votre mémoire, comme dans la mienne. Très marquant. D'une force et d'une richesse rares !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Août 2018

BD - Editions Presque Lune - 83 pages - 15 €

 

Parution en juillet 2017

 

L'histoire :  Suite au décès de son ami Jan Stage, ancien reporter de guerre et écrivain danois, son éditeur et ami, Morten Hesseldahl, décide d'écrire en collaboration avec le dessinateur Henrik Rehr ses aventures à Cuba et en Amérique du sud. Déçu par la tiédeur des idées révolutionnaires dans son pays au Danemark, idéaliste et plein de fougue, le jeune Jan poursuit ses rêves utopiques et décide de s'engager dans la révolution Cubaine. Il y rencontrera certains leaders de la révolution dont Che Guevara et Régis Debray, mais la réalité peu à peu le rattrape et érode inexorablement ses illusions. Déjà connu pour ses romans graphiques à succès Mardi 11 septembre (éditions Vent d'Ouest) et Gavrilo Princip (éditions Futuropolis), le dessinateur Henrik Rehr confirme ici son engagement pour mettre en valeur ce touchant témoignage.

 

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Tiens, un roman graphique danois, sur un personnage Danois que forcément, on ne connait pas en France, mais qui a trempé dans pas mal d'événements historiques révolutionnaires de la deuxième moitié du XXème siècle... Voilà qui peut être intéressant et en tout cas assez rare pour être notifié.

Oui, par moments, non à d'autres. Les graphismes en noir et blanc sont agréables à regarder mais ils ne permettent pas toujours de bien distinguer certains protagonistes. Surtout que cet album met en scène des hommes très connus à stature internationale (genre Le Che) et d'autres plus locaux suivants les pays traversés (La Bolivie etc...) L'ensemble m'a paru tout de même un peu désordonné, très elliptique pour que je m'y retrouve vraiment, même si évidemment, certains passages sont captivants car plus ou moins connus, et c'est là, justement qu'il est intéressant d'en savoir un peu plus ou de faire quelques révisions.

Jan Stage est censé être journaliste /correspondant à l'étranger, mais hélas, cet aspect est à peine visible.  J'ai regretté aussi que le personnage de Jan Stage ne soit pas plus approfondi, histoire de le rendre attachant. Non pas qu'il soit détestable, loin de là, mais son histoire et lui m'ont plutôt laissée indifférente. Et c'est dommage, car dans un tel contexte géopolitique, je suppose qu'il y avait moyen de faire captivant !

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Rédigé par Géraldine

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