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Publié le 4 Novembre 2017

BD - Editions Bamboo/Angle - 110 pages - 18.90 €

 

Parution en septembre 2015

L'histoire :  La Première Guerre mondiale vide une petite île bretonne de ses hommes. Il ne reste plus que les enfants, les vieux et les femmes... et Maël. Malgré ses envies de défendre la patrie, il n'est pas mobilisé, car il a un pied-bot. Il devient le seul homme, jeune et vigoureux, de l'île... A sa façon, il participe à l'effort de guerre en distribuant le courrier aux habitants, des femmes essentiellement... Celui que toutes ignoraient découvre ainsi tous leurs secrets...

 

Tentation : Le fond "Bretonnant" de l'album

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Quel album magnifique, enrichissant, bien pensé !

Quel bonheur d'évoluer dans cette île bretonne imaginaire, mais sise en Finister. En effet, dans ces dessins, l'auteur a réuni plusieurs coins de Bretagne pour créer sa propre île, et c'est délicieux.

Chaque planche paysagère semble être une aquarelle de toute beauté. Les couleurs sont vives et rendent ainsi cet album très attirant, et très expressif, comme le sont d'ailleurs les visages des protagonistes.

Facteur pour femmes nous ramènent en 1914, alors que la première Guerre Mondiale est tout juste déclarée et va, en quelques jours, priver l'île de tous ses hommes vaillants... Alors que sur cette île, le continent, l'Histoire et la guerre sont si loin que l'on n'y croit à peine. Même le curé est appelé sous les drapeaux. En qualité de lecteur, nous restons donc avec ces femmes qui apprennent la solitude, l'attente d'une lettre du front, le travail aux champs et à la pêche pour remplacer les hommes. Leurs maris, promis, fiancés qui reviendront pour certains quatre ans plus tard, différents, traumatisés et pour quelques-uns, la gueule cassée. Seront-ils toujours aimables, au sens littéral du terme, pour leur épouse ?

Pendant ces quatre ans de conflit, Maël, le nigaud, le simplet, le pied-bot, l'ignoré ou le moqué de l'île devient alors le facteur. Il fait alors sa tournée à vélo, et délivre le courrier de toutes ces femmes aux quatre coins de l'île. Chacune d'elle va le découvrir peu à peu et le "nigaud" sera vite déniaisé et perçu tout autrement. Car effectivement, Maël comprend bien vite qu'il occupe désormais une place de choix, lui permettant de jouer un nouveau rôle et surtout, de tenir enfin sa vengeance d'homme persiflé. Il mettra donc en oeuvre une stratégie manipulatrice qui trompera bien tout ce petit monde.

Oui mais... Même si le comportement de Maël peut sembler méprisant aux yeux du lecteur, les deux auteurs ont le génie de nous faire douter de lui, le rendant autant aimable qu'odieux. Et mieux encore, cet album démontre que l'infamie de certains peut tout de même faire le bonheur des victimes finalement assez consentantes, et pour cause. Il n'empêche, cette situation fait naître un étrange sentiment chez le lecteur.

Et, surprise ! Alors que le lecteur pourrait s'attendre à cet album s'achève avec la fin de la Grande Guerre, il n'en n'ait rien. Un petit bon d'une quarantaine dans le temps, nous voici dans les années 50. Un personnage débarque sur l'île et sera l'occasion de certaines révélations, donnant à cette histoire un véritable aspect romanesque !

 

"Aucune île n'est à l'abri des continents imbéciles" (Facteur pour femmes)

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 31 Octobre 2017

BD - Editions Dargaud - 136 pages - 19.99 €

 

Parution en avril 2016

 

Le sujet :  Dessinatrice à Charlie Hebdo depuis plus de dix ans, Catherine Meurisse a vécu le 7 janvier 2015 comme une tragédie personnelle, dans laquelle elle a perdu des amis, des mentors, le goût de dessiner, la légèreté.
Après la violence des faits, une nécessité lui est apparue : s'extirper du chaos et de l'aridité intellectuelle et esthétique qui ont suivi en cherchant leur opposé – la beauté.
Afin de trouver l'apaisement, elle consigne les moments d'émotion vécus après l'attentat sur le chemin de l'océan, du Louvre ou de la Villa Médicis, à Rome, entre autres lieux de renaissance.

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Catherine Meurisse était à toute proximité de Charly Hebdo lors de l'attentat du 15 janvier 2015. En fait, ce jour-là, elle était en retard de quelques minutes. Elle aurait pu être parmi les victimes du carnage, mais non, le sort en a décidé autrement. Dans cette BD, elle retrace son long chemin de reconstruction personnelle après ce drame. Car évidemment, au-delà de la tristesse, il y a le choc, l'effroi, le traumatisme, l'amnésie, le stress post traumatique avec dissociation, et l'impossibilité de rependre un crayon, de redessiner, de poursuivre la vie. A côté de cela, Catherine Meurisse nous montre aussi le poids de la protection policière, le pistage d'une autre presse, et comme une célébrité soudaine... 

Alors que la France entière scande "Je suis Charly", Catherine Meurisse ne sait plus qui elle est. Alors, elle se perd et se recherche auprès des siens, de son psychiatre, dans le calme d'un bord de mer ou d'un paysage d'enfance, dans quelques sorties parisiennes. Mais rien n'y fait, jusqu'à la révélation : Après l'horreur, ce n'est qu'auprès de la beauté de l'art que Catherine pourra se retrouver, retrouver son goût de vivre, de rire et de dessiner.

Aussi, elle parcourt les Musées et s'envole même jusqu'à Rome et la Villa de Médicis espérant être elle aussi, heureuse victime du syndrome de Stendhal, puisque "c'est la beauté qui sauvera le monde" (Dostoïevski)

Tout ceci est écrit et dessiné avec beaucoup d'émotions, de profondeur, de questionnement sur la nature humaine et notre monde actuel, sans aucun apitoiement ni pathos, même si c'est la tristesse logique qui émane de cet album. .Et évidemment, univers Charly "oblige", beaucoup d'humour, même si parfois assez noir.

J'ai été quelque fois un peu égarée par les planches flash-back et/ou rêves ou illusions. Mais quoiqu'il en soit, cet album de reconstruction est magnifique, nécessaire, intense. Un bel hommage aux défunts de Charly Hebdo et surtout, un cri d'amour et de nécessité pour l'art et la beauté, celle qui bouleverse, qui fait que l'on se retrouve et qu'on existe. La culture salvatrice...

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Octobre 2017

BD - Editions Dargaud - 432 pages - 27.50 €

 

Parution en septembre 2016

 

Le sujet :  En 1997, alors qu'il est responsable d'une ONG médicale dans le Caucase, Christophe André a vu sa vie basculer du jour au lendemain après avoir été enlevé en pleine nuit et emmené, cagoule sur la tête, vers une destination inconnue. Guy Delisle l'a rencontré des années plus tard et a recueilli le récit de sa captivité – un enfer qui a duré 111 jours. Que peut-il se passer dans la tête d'un otage lorsque tout espoir de libération semble évanoui ? Un ouvrage déchirant, par l'auteur de "Pyongyang", de "Shenzhen", de "Chroniques birmanes" et de "Chroniques de Jérusalem".

 

Tentation : La blogo qui m'a informé par un billet que cette BD existait !

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Quel plaisir de retrouver l'univers de Guy Delisle, même si c'est à propos d'un sujet aussi grave et oppressant qu'une prise d'otage.

Même si l'introduction au récit nous rassure sur son issue, puisqu'il s'agit d'une BD inspirée des rencontres de Guy Delisle avec Christophe André, les pages se tournent avec une sensation de suffocation tant l'on ressent les sentiments de l'otage, entre désarroi et terreur.

L'enfermement et le temps qui passe sont admirablement bien retranscrits par Guy Delisle par des dessins (comme d'habitude) très épurés. Le vide de la pièce où Christophe est enfermé avec pour "seule distraction visuelle", une pauvre ampoule dénudée qui pend au plafond. Le temps qui passe, c'est un petit rai de lumière qui passe à travers les planches qui occultent la fenêtre, et e petit rai qui se déplace sur le mur au fil des heures.

Un commentaire sur Amazon me choque. Le voici :  "Le livre est pourri!!!! Les jours s'enchainent, on lit 100 fois les mêmes pages. Super déçue, c'est d'un ennui..."

Et bien c'est que cette lectrice n'a rien saisi du sujet qu'elle lisait. Car évidemment, chaque nouvelle journée d'un otage ressemble à la précédente. C'est cela qui est démontré dans cette ouvrage : l'ennui, l'inactivité des otages laissant libre cours à toutes sortes d'imaginations scénaristiques sur leur avenir et parfois, un petit détail qui fait que la journée est différente. Le petit détail peut prendre la forme d'une simple gousse d'ail et le plaisir de la déguster.

Mais dans ce néant et cet ennui de l'otage, reste l'espoir d'être libéré, l'angoisse que peut-être personne ne le cherche et l'effort pour rester en contact avec une certaine réalité : surtout bien compter les jours, surtout connaitre la date du jour, ne pas se tromper.

Bref, cet album de Guy Delisle est une fois de plus diablement efficace, réaliste puisqu'on ne peut plus vécu, un coup de poing à l'estomac marquant et inoubliable.  A lire évidemment !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Septembre 2017

BD - Editions Casterman - 104 pages - 15 €

 

Parution en mars 2010

 

Le sujet :  C'est lors d'un premier voyage en Palestine, en 2008, que Maximilien Le Roy rencontre Mahmoud Abu Stout, dans le cadre d'ateliers de dessins qu'anime le centre culturel du camp de réfugiés d'Aïda. Ils se lient d'amitié et l'auteur y retournera un an plus tard. De cette rencontre est né Faire le Mur, récit dessiné de la vie du jeune palestinien.

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : De Maximilien Le Roy, j'avais été passionnée et instruite par ces BD : Vaincus mais vivants (qui nous conduisait au Chili de Pinochet) et Dans la nuit, la liberté nous écoute (qui nous emmenait en Indochine, au coeur du Vietminh.)

Alors, lorsque je suis tombée sur "Faire le mur" (de la honte, à Jérusalem), l'évidence s'est faite.

Dans le fond, le coeur et l'âme, j'ai bien sûr aimé cet album qui m'a, plus d'une fois, serré les tripes. Les faits vécus narrés sont révoltants, douloureux et même parfois à vomir. Qu'ils me semblent injustes et inhumains de là où je vis et dans mon esprit de "citoyenne du monde".

Faire le mur est une fois de plus, (mais toujours nécessaire) l'occasion de méditer sur les notions de liberté, d'occupation, de colonisation. L'oeuvre revient sur de grands évènements ou dates historiques Palestiens / Israéliens où même d'ailleurs (comme le Vietnam par exemple), pour amener le lecteur à comparer des situations imposées par l'oppresseur, mais non jugées par l'ONU alors que récriées par l'opinion publique.  D'autres situations considérées comme inacceptables par l'ONU sont aussi citées... Toujours en comparaison avec le contexte Palestinien intolérable mais tellement toléré par la communauté internationale... Bref, l'Histoire n'est pas nouvelle, n'est pas simple non plus. Mais l'auteur évoque la solution (utopique ou non) du bien vivre ensemble.

Le sujet principal de cette BD reste le "terrorisme" et Maximilien Le Roy invite le lecteur à réfléchir sur l'utilisation de ce terme. J'entoure volontairement ce mot de guillemets. Car aux yeux des israéliens, les ripostes, attaques ou attentats suicides palestiniens sont considérés comme "terroriste" au même titre que Jean Moulin ou la résistance Française l'étaient par les Allemands. Maximilien Le Roy réfute donc ce terme lorsque les exactions sont perpétrées par l'occupés, l'envahi.

Bon, assez parlé du fond. La forme maintenant, et c'est cette forme qui me fait octroyer si peu de pattes félines à cette album. Il est dit que Faire le mur résulte d'un dialogue entre l'auteur Maximilien Le Roy et Mahmoud, le personnage principal. Ce dialogue, on ne le ressent pas du tout. Ce n'est pas dit, mais on a l'impression que ces deux personnes se sont partager les crayons pour les dessins, qui varient entre classiques et sombres et d'autres très colorés, limite enfantins s'ils ne paraissaient aussi torturés et violent. J'ai aussi trouvé ce récit assez décousu, tant dans la chronologie aléatoire que dans les "petites" histoires qui rentrent dans la Grande.

Bref, au final, une BD intéressante mais qui ne fut pas, pour moi, plaisante à lire.

"Le tout, c'est de savoir ce qu'on fait devant un mur : est-ce qu'on passe à côté, est-ce qu'on saute par dessus, ou est-ce qu'on le défonce ? Moi... j'ai envie de prendre une pioche..." Jacques Brel

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Septembre 2017

BD - Editions Futuropolis - 120 pages - 17 €

 

Parution en novembre 2007

 

L'histoire :  Mali, de nos jours. Mancha est un jeune peintre, rescapé des massacres du Rwanda, qui semble surtout vivre d'amour, d'eau fraîche et de cigarettes «home made». Une vie qui lui convient, malgré les reproches de son ami Sancho et de sa fiancée Mah, qui le trouvent un peu trop lymphatique.
Sa vie tranquille se voit perturbée par la rapide apparition d'une toubab, Alonza Loren, Dulcinéa pour ses amis parisiens, aperçue à l'arrière d'une automobile et dont il tombe immédiatement amoureux. Voilà, c'est trouvé, il va pouvoir devenir chevalier servantManque de bol, quand Mancha décide de déclarer sa flamme à la gazelle, elle est déjà retournée à Paris. Rapidement, Mancha enfourche sa moto, accompagné de son ami Sancho...

 

Tentation : Titre, couv' et premières pages !

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Un super coup de coeur pour cette BD, qui devrait ravir, soit dit en passant, 2 blogo copines qui s'étaient lancées, il y a quelque temps, dans une LC (Lecture commune) du célèbre roman de Cervantès. La hyène hilare devrait sortir de ce corps !

Désolée pour cette PV (Private Joke) ! J'en viens au sujet !

Bien entendu que cette BD est inspirée de Don Quichotte ! Mais pas que ! En effet, CMAX l'écrit clairement en fin d'ouvrage, il s'est aussi inspiré de "L'homme de la Mancha", alias Jacques Brel. Mais aussi, de personnages cinématographiques connus, tels Jack Sparrow (Pirates des Caraïbes) ou encore, de Tyler Durden (Fight Club). Aussi, inutile de dire que le personnage de Mancha est ici haut en couleurs et jubilatoire pour le lecteur !

La première partie est autant onirique qu'hilarante. Nous sommes au Mali (l'occasion de superbes planches avec paysages et vie locale). Mancha, qui trouve l'essence de sa vie dans rêve, la peinture et les substances hallucinogènes, tombe en amour pour une belle toubab, l'inaccessible étoile ! Il change partiellement d'essence et trouve le sens de sa vie. Retrouver la toubab et défendre l'opprimé (ce qui finit toujours mal pour lui). Les dialogues sont un pur et source d'éclats de rire ! En effet, nombre d'entre eux sont tirés de paroles de chansons célèbres ou peut-être moins célèbres et dans ce cas, je ne les ai pas remarquées ! En vrac, des vers de Brel, de Gainsbourg, d'Ellie Médeiros, de Noir Désir. Mais aussi, Mancha emprunte on ne peut plus aisément et librement des citations, notamment de Montaigne et des répliques célèbres de film. Bref, délicieusement drôle et philosophique.

Dans la deuxième partie, même si Mancha ne se départit pas de sa verve exquise et de son grand coeur, le récit prend un ton nettement plus grave pour se pencher sur les délicats sujets des émigrants africains et leurs trop souvent funestes destins pour suivre un rêve via les îles Canaries et, à travers ces émigrants, sur les rapports Nord/Sud. L'on apprend alors que Mancha est un Tutsi Rwandais, qui a vu sa famille se faire découper par les Hutus, ce qui explique ces nombreux cauchemars. Puis, toujours dans la quête de la toubab, nous arrivons avec Mancha et Sancho à Paris. Et là, bien sûr CMAX évoque la vie des immigrés, des préjugés dont ils sont victimes et des différences culturelles.

On a tous un Don Quichotte en soi, c'est ce que montre cette BD. Un rêve, une quête, une inaccessible étoile, une envie de fuir le réel. Le tout, dans une adaptation très contemporaine d'un classique, dont les sujets sont autant évidemment qu'hélas, atemporels !

Mancha, Chevalier Errant, est donc une BD autant divertissante, qu'émouvante et très profonde  et d'une richesse de réflexions sans fond ! A lire bien sûr !

 

"Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul" (Montaigne)

"Ma mère m'a donné la vie non ? Pourquoi diable perdrais-je mon temps à gagner ma vie ?" (Mancha, Mancha Chevalier errant, de CMAX)

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Septembre 2017

Bd - Editions Glénat - 128 pages - 25 €

 

Parution en août 2016

L'histoire :  Fin des années 1970. Dans les rues de Rabat au Maroc, Liam, un petit garçon, est attaqué par un chat errant. Transporté d'urgence à l'hôpital, le diagnostic est sans appel : il a attrapé la rage. Gravement contaminé mais soigné à temps, Liam a frôlé la mort, mais sa vie s'en retrouvera changée à jamais. Hanté par le fantôme de ce chat, le jeune garçon va développer des capacités hors-norme, et une sauvagerie quasi animale...

 

Tentation : La couv et les premières pages

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Encore une fois, je me suis fait "avoir" par les premières pages. Imaginez, de superbes planches avec, pour décors de fond, le vieux Rabat des années 70 (Mais ça ne dure pas, on se retrouve bien vite en France). Et puis il était question d'un chat ! Alors...

Déjà, le choix de la couverture m'étonne. Elle ne représente en rien le contenu de la BD : ni un personnage, ni une scène, ni l'atmosphère du roman. Alors pourquoi ? Mystère !

Les chats ne sont pas vraiment à la fête dans cette histoire qui s'ouvre sur la morsure de Liam par un petit chat au Maroc. Chat porteur de la rage. Soigné à temps pour éviter la mort, Liam conservera toute sa vie des traces de cette morsure, jusque dans son comportement, à jamais lié au félin meurtrier, à jamais lié à la rage.

L'histoire est relativement intéressante, puisque l'on suit Liam dans ses affres sur presque une trentaine d'années. Liam sera toujours un garçon, un ado puis un adulte différent, jusqu'à ce que... vous verrez à la fin, plutôt convenue et attendue, dommage.

Dans ses crises rageuses, Liam développe une violence extrême, adopte des attitudes félines. Lui-même pense recouvrir l'apparence d'un chat : il se voit des griffes, une queue, puis des moustaches... Sa transformation se poursuit au fur et à mesure que le démon s'étend et remporte une victoire après l'autre...

Le récit de Liam est entrecoupé d'interventions d'un neurobiologiste. Au début, celles-ci sont enrichissantes, qui rappellent l'historique du virus de la rage et de ses traitements. Puis ses explications deviennent trop scientifiques et vraiment indigestes et l'on s'interroge sur leur nécessité. Le neurobiologiste tente d'expliquer un phénomène qui  ne s'explique pas ! Certes, il peut y avoir un parallèle entre les accès de rage de Liam et les symptômes d'une adolescence colérique. Mais à ce niveau-là, je n'ai pas su s'il fallait lire au premier degré ou au deuxième.

Certaines pages et dessins sont poignantes même si violentes, qui décrivent parfaitement la dualité dont souffre Liam. Mais bon ce n'est pas suffisant pour en faire un incontournable. J'ai apprécié cette lecture, mais sans plus. Je garde ma dose d'enthousiasme pour d'autres futures découvertes (j'ai 3 BD très prometteuses qui m'attendent sur ma table de chevet !)

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 17 Août 2017

BD - KSTR Editions - 130 pages - 18 €

 

Parution en 2012

 

L'histoire :  Etats-Unis, 16 000 personnes réunies dans un stade, cathédrale médiatique, cathédrale d'un jour. Le Pape Nelson 1er, successeur de Benoît XVI, premier Pape Noir en visite au pays d'Obama. 3 armes le visent, 3 raisons de vouloir sa mort, 3 balles qui le toucheront peut-être. Un polar haletant qui anticipe les transformations profondes auxquelles nous sommes confrontés en ce moment même...

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : La lecture de cette BD est franchement très agréable. Histoire prenante, planches et dessins plaisants : tout en couleur sépia avec de temps en temps, une touche de rouge qui attire l'oeil.

Nous sommes dans une uchronie, puisque c'est un Pape Noir, Nelson 1er, qui a succédé à Benoît XVI, et non le Pape François.

L'idée est bien trouvée, bien développée et l'enquête menée par le FBI donne vraiment un aspect polar noir à cet album. L'agent Jackson, en proie aux démons de l'alcool, est appelé de New York pour diriger personnellement cette enquête sur Houston. Pourquoi lui ? La fin nous le laissera supposer. Trois suspects : un jeune homme révolté, un ex marine et un néo-nazi. Qu'est-ce qui relie ces 3 hommes ?

Conspiration ou crime personnel ? Jackson penche pour la conspiration mais ne trouve aucune preuve. Le suspense ne manque pas. L'histoire est aussi parsemé de rappel de faits qui ont fait l'actualité, notamment celle de l'Eglise. Et l'auteur s'amuse à faire un rapport entre Dallas et la mort de Kennedy et Houston et la mort du Pape.

Sauf que la fin m'a gênée. Peut-être parce que trop abracadabrantesque, parce que limite proche du blasphème. Habituellement, ceci ne me dérange pas particulièrement, mais là, cette fin m'a vraiment mise mal à l'aise.

En même temps, cette BD dénonce une fois de plus les maux de notre société, où tout est bon pour gagner en notoriété, retrouver sa place dans le monde, avoir plus de fidèles, de followers, de likes j'en passe et des meilleurs. Oui, cette histoire démontre que tout le monde est prêt à se salir les mains au nom de toutes causes, même si c'est au nom de Dieu. Et pour cela, le poids de l'image, le choc des photos, les médias, les réseaux sociaux, l'aire de l'ultra-communication et donc de l'ultra manipulation. Triste monde, qui tel St Thomas, croit à tout ce qu'il voit sans réfléchir plus loin que le bout de son nez, de son âme, de son esprit, sans user de sa liberté de réflexion, de pensée et de croyance.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 28 Juillet 2017

BD - Editions Futuropolis - 125 pages - 20 €

 

Parution en 2010

L'histoire :  Un gamin africain se cache dans la soute d'un avion pour Paris. Il veut devenir footballeur, le voici travailleur clandestin, jusqu'à ce qu'il croise d'anciens gangsters prêts à sortir de leur retraite...

 

Tentation : Les premières pages

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

 

Mon humble avis : Les premières pages feuilletées à la bibliothèque m'ont induise en erreur... Elles se déroulaient en Afrique, et le graphisme me plaisait, ce qui était suffisant pour mener à mon emprunt. Sauf qu'au-delà des premières pages, nous ne sommes plus du tout sous des latitudes exotiques mais dans un coin français où aucune voiture ne possède le même numéro de département sur sa plaque d'immatriculation.

Bon, cette BD a reçu le grand prix de la ville d'Angoulême en 2010. Donc je crois que pas mal de chose ont dû m'échapper, car franchement, cette lecture ne m'a pas conduite à l'extase, loin de là.

Un jeune clandestin africain, venu pour devenir footballeur, se retrouve à son insu mêlé à une histoire de braquage d'un fourgon blindé qui part en vrille. Lui-même mené par des sexagénaires soit disant rangé des voitures, mais qui, pour le fun, on remit le couvert ! Mais aussi par d'autres personnes et là, méli-mélo. Qui est qui ? Pourquoi ? Bref, beaucoup trop d'ellipses tant textuelles que graphiques pour suivre posément et apprécier cette histoire. Certes, quelques passages prêtent à rire dans des réparties qu'Audiard n'aurait peut-être pas renié et qui pourraient rappeler une certaine ambiance "tontons flingueurs".  Mais trop souvent, j'ai été amené à ne pas reconnaître les protagonistes au premier coup d'oeil, à ne plus savoir si l'action se déroulait de jour ou de nuit (un peu comme dans "Les experts", vous avez remarqué qu'ils découvrent souvent un cadavre en pleine nuit et que la scène suivante figure déjà un beau soleil).

J'aurais préféré que l'histoire se concentre sur Slimane, ce jeune footballeur africain que certaines sirènes ont fait venir en France.

Bref, après quelques recherches sur la toile, il semble que je sois bien seule à ne pas avoir apprécié cet album, donc à vous de voir ! D'autant plus que Baru (que je ne connaissais pas jusqu'alors) semble faire partie des sommités du milieu BD

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Juillet 2017

BD - Editions Futuropolis - 122 pages- 19 €

 

Parution en mai 2014

 

L'histoire : Mai 1868,atteint d’un mal mystérieux, Albert Dadas est suivi par un jeune psychiatre. Il éprouve un besoin irrépressible de marcher. Cette rencontre changera la vie des deux hommes à jamais. Un sujet hors norme traité avec brio par un duo d’auteurs inspirés !

 

Tentation : Titre et dessins

Fournisseur : La bib'

 

 

 

Mon humble avis : Voici une BD intéressante, même si elle ne traitait pas du tout du sujet que j'avais imaginé ! Il n'empêche, voici encore un ouvrage instructif à la lecture plaisante : dessins assez classiques en noir et blanc et police de caractère dans les bulles on ne peut plus lisibles, même sans lunettes de quadra !

Le captivé nous ramène à la fin du XVIIIème siècle, dans l'univers de la psychiatrie en France. Inutile de dire qu'à l'époque, les professionnels de ce milieu qui ne proposaient pas de "manières fortes" passaient encore souvent pour des illuminés... Il en est de même pour le Docteur Philippe Tissié, dont il est question ici. Il faut savoir que cette BD retrace une histoire vraie, l'étude, l'analyse et les soins psychiatriques d'Albert Dadas... Et aussi, la relation presque amicale alors qui le lia à son thérapeute. 

Albert Dadas souffrait alors de pathologies inexpliquées et très peu étudiées jusque-là : La fugue... Dans un état d'amnésie, celui-ci fuyait, marchait, prenait des bateaux, des trains et lors de sa reprise de conscience, il était étonné de se retrouver en Algérie, en Autriche ou en Russie... Son autre problème, qui gênait plus les autres que lui, était sa fâcheuse tendance à se satisfaire lui-même, quasiment en tous lieux.

Même si ses confrères suspectaient chez Albert Dadas un grand talent de comédien, Philippe Tissié les affrontera et se montrera déterminé, jusqu'à obtenir des résultats très encourageants via l'hypnose. Et il distingua une catégorie de patients prisonniers d'une idée fixe, impétueuse. Il les nomma "Les captivés". Dada était donc une espèce de juif errant condamné au voyage par lui-même. Ces captivés sont aussi appelé "Les aliénés voyageurs" ou "Les fous voyageurs", comme les nommera plus tard le Canadien Ian Hacking.

Même si j'aurais apprécié que cette BD soit un peu plus longue pour développer plus en détails le sujet, je vous conseille "Le captivé", qui dispose également d'une postface instructive. Disons qu'une fois de plus, cet ouvrage est une invitation à approfondir un sujet !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Juin 2017

BD - Editions Dargaud - 80 pages - 14.00 €

 

Parution en 2006

L'histoire : Il y a bien longtemps, le calife de Bagdad organisa un concours de conteurs. Au gagnant, il promit la richesse et la célébrité ; au dernier, le pal. Le propre fils du calife recruta quatre candidats parmi les meilleurs et leur proposa une alliance et un marché...

 

Tentation : Le mot "Bagdad" !

Fournisseur : la bib'

 

 

 

 

Mon humble avis : Une BD bien agréable à lire, plutôt originale. Moderne dans les dialogues, atemporel dans le sujet et presque antique dans les dessins, les personnages et les lieux traversés.

A la fois conte philosophique, récit initiatique, épopée fantastique, histoire mythique, et comique aussi !

Je n'ai pas particulièrement apprécié les dessins, en tous cas ceux qui composent les visages des protagonistes, aux noms que j'ai parfois eu du mal à différencier. Peu importe, c'est le message de cet album qui m'a emportée.

On pourrait dire que le sujet principal des Cinq Conteurs de Bagdad est la parole, l'usage que l'on en fait, le poids qu'on lui donne. La vérité de chacun, suivant les ressentis individuels ou collectifs. L'essentiel est de transmettre, quelle que soit la forme de langage usitée. Ampoulée pour certain, simple et directe pour d'autres, ou encore métaphorique, symbolique ou métaphorique. L'objectif de celui qui s'exprime devrait être d'être compris par son auditoire, aussi différent des autres qu'il puisse être.

Aussi, dans ce voyage dans un autre temps, ce récit devient très contemporain dans le discours des personnages. A travers eux, les auteurs dénoncent une certaine presse ou les moqueries dont peuvent être victimes certains "auteurs, chanteurs" etc jugés simplistes alors qu'ils possèdent un réel public, un public qu'ils touchent, qu'ils émeuvent etc.

 

"Va savoir... je veux croire qu'un bon conteur est comme un prophète, un médium... Qu'il peut entrevoir ce que les autres ne voient pas. Ses histoires vont alors changer la manière de voir les choses de ceux qui l'entendront. Et changer le regard sur le monde, c'est déjà changer le monde".

Voilà le genre de phrase qui j'aime rencontrer au cours d'une lecture. De fait, je vous recommande cette BD, qui se révèle être un hymne à la tolérance, à l'ouverture d'esprit. Et surtout, une histoire qui rappelle une fois de plus que dans le voyage, ce n'est pas la destination qui compte mais bien le chemin parcouru ! Une BD qui dit bien qu'une histoire n'est que la somme d'une multitude d'histoires, et cela vaut aussi pour notre vie personnelle.

Bref, à lire !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

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