Articles avec #recits ou romans de voyages tag

Publié le 17 Août 2020

récit de voyage, traversée de l'Afrique à pieds, Sonia et Alexandre Poussin, aventure, avis, chronique, blog

Récit de voyage - Editions Livre de Poche - 768 pages - 9.50 €

Parution d'origine chez Robert Laffont en 2005

Le sujet :  Après avoir raconté dans Africa Trek 1 le début de leur traversée africaine, Sonia et Alexandre Poussin se retrouvent au Kilimandjaro : il leur reste 7 000 kilomètres à parcourir, toujours à pied et sans logistique, en s'en remettant à l'hospitalité des Africains.
Au long des 1 171 jours de ce périple, les deux marcheurs nous font partager leurs rencontres émouvantes, mais aussi l'angoisse de la soif, de la chaleur, des lions. Avec eux, nous voyons surgir les rives irréelles du lac Turkana, les ruines mythiques de Méroé, nous découvrons les rituels très secrets des jeunes mariées soudanaises ou l'art de cohabiter avec un dromadaire du Darfour. Jour après jour, cette " marche dans les pas de l'Homme " devient initiatique.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Ma lecture du premier tome, Africa Trek 1, remonte à 12 ans, en 2008 ! Mon blog était alors encore un nourrisson de 3 mois ! A l'instant, je viens de relire mon billet de l'époque, sur la distance parcourue par les Poussins entre Le Cap et le Kilimanjaro. Je le trouve très chouette ce billet et je pense que je ne peux rien rajouter de plus pour illustrer ce tome 2 : tout est dit dans ce billet, je vous invite donc à cliquer et à le lire. Seul le parcours diffère (Kilimanjaro - Lac de Tibériade en Israël)... Les paysages traversés, les traditions vécues, les rencontres varient bien sûr mais disent la "même chose", sans que cela soit péjoratif, évidemment. On ne s'en lasse pas, on est tout ouï à ce qui nous est dit, expliqué, raconté. En lisant Africa Trek 1 & 2, si l'on a une bonne mémoire, on pourrait devenir une encyclopédie de l'Afrique. Mais hélas ce n'est pas mon cas, même si je sors sans nul doute très enrichie de ce deuxième tome.

Mais je m'en veux terriblement d'avoir laissé dormir ce pavé dans ma PAL aussi longtemps... En effet, cette portion de la traversée africaine des Poussin s'est achevée en 2004, il y a seize ans. Aussi j'ignore si les indications (notamment géopolitiques )contenues dans ce récit sont encore valables, contemporaines. Comment savoir ? Le monde évolue si vite... pour le meilleur et pour le pire. Dans certaines régions du globe, il fait même marche arrière. Je suggère donc à Alexandre et Sonia Poussin, quand ils seront revenus de leur Mada Trek actuel, de s'atteler à la rédaction d'un "Africa Trek, les pays traversés : vingt ans après !"

Mais peu importe, cela n'a pas entamé du tout mon plaisir et mon vif intérêt de lecture. Après tout, ce qui est vécu, ce qui est ressenti et partagé reste vrai pour l'éternité !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 7 Août 2020

Sarah Marquis, Instincts, récit de voyage, Australie, aventure, lecture, avis, chronique, blog

Récit de voyage - Editions Pocket - 257 pages - 7.60 €

Parution d'origine chez Michel Lafon en 2016

Le sujet : Suissesse, Sarah Marquis marche à travers le monde depuis plus de vingt ans. C'est une "expéditionniste" qui ne recule devant aucun projet, aucun défi, aucune "folie".

Avec Instincts, elle nous emmène dans l'ouest australien pour trois mois de marche solitaire et en autonomie totale. Pour toute nourriture, elle emmène 150 grammes de farine par jour. Le reste, elle devra le pêcher, le cueillir... Sans jamais perdre la vigilance face aux dangers qui guettent : crocodiles, serpents, déshydratation.... Une expérience hors normes.

 

Tentation  : Le sujet

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Un énorme coup de coeur pour Instincts, qui devait m'inspirer un puissant et joli billet... qui quel qu'il soit, n'aurait pas dépassé le genou de ce récit. Mais voilà, j'ai tardé 3 semaines, mon inspiration s'est un peu envolée au profit d'autres billets et lectures... Nouvelle preuve contre la procrastination ! Nous resterons à la cheville de ce texte !

La procrastination : Sarah Marquis ne peut pas se la permettre dans son expédition... Si l'on procrastine dans le bush australien, on meurt. Mais parfois, l'environnement naturel oblige à remettre à plus tard un repas, une gorgée d'eau, un moment de repos... Une équation qui se joue souvent à l'instinct, d'où le titre.  Pendant trois mois, Sarah Marquis traverse des paysages qui se résument à : l'arbre est l'ombre et l'eau est la vie. Sarah est souvent en situation de survie... et retrouve ses instincts primaires et redevient animale. Mais elle est aussi en SUR- Vie... A savoir qu'elle ressent tout démultiplié, ses sens sont en exergue, elle ne fait qu'un avec la nature, que ce soit la terre ou le ciel. Elle est témoin de scènes magiques. Et elle gagne contre l'environnement et surtout contre et avec elle même. Qu'elle volonté d'enfer, quel conditionnement mental. C'est admirable et passionnant à suivre... Et tenter de comprendre ce qui peut conduire l'Homme à marcher autant, à s'infliger autant par choix. Etre prêt à mourir pour être ce que l'on est, vivre tel que l'on est. Même si pour cela, on doit avoitr faim et soif.

Ce récit est bien entendu un hymne à la nature et une invitation à son respect. Mais surtout, à la comprendre pour l'utiliser plus intelligemment, différemment. En pleine conscience en fait... Effectivement, après cette lecture, je me suis surprise à plus m'interroger sur mes aliments, à plus les mâcher, les goûter pour analyser leurs saveurs, leurs texture, la nature du plaisir qu'ils me procuraient, et ce qu'ils m'apportaient. Sarah Marquis sait lire la nature.... Le moindre détail qui révèle la possibilité d'un danger, d'un point d'eau, d'un peu de nourriture etc. Elle est passionnante à lire, tant dans la difficulté que dans l'émerveillement. On souffre avec elle (disons qu'on tourne le pages plus vite pour savoir si elle trouve une source ou non) et jouit avec elle de cette sensation d'être dans le monde originel.

Vous ne connaissiez pas Sarah Marquis ? Moi non plus ! Pourtant, elle a usé ses chaussures en 14 000 km autour de l'Australie, elle a traversé les USA, la Sibérie, les Andes etc. En 2014, elle a reçu le prix "Aventurière de l'Année" par le National Géographic et elle fait partie des 100 femmes les plus influentes du monde. Bref, c'est une Mike Horn au féminin. Quasiment chacune de ses expéditions a donné lieu à un livre... Ce qui me promet de belles, passionnantes et fascinantes lectures à venir !

En tous cas, si vous êtes avides de grands espaces et d'introspection, allez y à l'instinct, lisez ce livre !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 25 Mai 2020

Vincent Noyoux, tour de France des villes incomprises, France, livre, récit de voyage, humour, avis, chronique, blog

Récit de voyage - Editions Pocket - 200 page - 6.00 €

Parution d'origine aux Editions Trésor en avril 2016

Le sujet : Vincent Noyoux est un journaliste écrivain voyageur... Très habitué a exercé son art sous des latitudes tropicales et ou/exotiques. Cette fois, Vincent Noyoux reste dans l'hexagone et se penche sur des villes françaises dont la réputation n'est pas reluisante et ne donne guère envie d'y passer quelques vacances. Nous voici donc en voyage de Maubeuge à Vierzon entre autre, toujours sous le regard facétieux et précis de Vincent Noyoux.

 

 

Tentation : Le billet de Lectures sans frontières

Fournisseur : Ma CB

 

Mon humble avis : Il y a "quelques" années, je m'étais bidonnée en lisant l'hilarant Touriste Professionnel de Vincent Noyoux. Aussi, dès que j'ai lu le billet de mon amie AGFE, même si elle y émettait quelques bémols, ma carte bleue n'a fait qu'un bon !

Quid donc de ce tour de France des villes incomprises, et parmi elles, Mulhouse, Vesoul, Verdun, Cholet, Guéret, Saint Nazaire, Maubeuge et d'autres encore. Parmi toutes ces villes citées, je n'ai mis les pieds que dans une seule en fait : Saint Nazaire ! Donc total découverte pour moi, l'exotisme dans sa définition propre n'est pas forcément au bout du monde, mais au bout du quotidien de chacun.

Le ton est donné dès le début : nous ne sommes pas dans ce livre pour faire grise mine, la plume et l'imagination de Vincent Noyoux débordent toujours d'humour, de dérision et d'autodérision bienvenus ! Je me demande bien où l'auteur trouve des comparaisons aussi rigolotes, sans se départir de son aspect bien documenté, etc. Et puis, on sent bien q'au final, il les aime ces villes incomprises, il parle d'elles avec bienveillance aussi.

Certes, au fil des villes parcourues, on a parfois une impression de répétitions des situations (rue désertes, météo boudeuse, boutiques fermées...). C'est qu'effectivement, au premier abord, ces villes incomprises se ressemblent un peu toutes, qu'elles soient portuaires ou industrielles, ou plus grand-chose... Mais Vincent Noyoux n'a pas son pareil pour regarder différemment et nous inviter à le faire. Il ne se contente pas des apparences. Il fouille dans le passé, essaie de comprendre le présent et d'imaginer un avenir à ces villes en perte de vitesse qui toutes, dans l'Histoire plus ou moins récentes, connurent leur heure de gloire pour une raison ou une autre, notamment grâce à leurs spécialités. Et derrière les murs, au bout de petites allées, Vincent Noyoux déniche des petites pépites, preuves que si l'on sait bien regarder et ne pas se contenter des apparences rien n'est ni tout noir ni tout blanc ! Et surtout, Vincent Noyoux va à la rencontre des habitants de ces villes oubliées ou moquées. Certains se désespèrent de l'inertie de leur commune alors qu'il y aurait tant à y faire, ne serait-ce que pour remettre le patrimoine de celle-ci (quel qu'il soit) en avant, et à l'honneur. D'autres se passionnent pour un pan de leur histoire ou le pan d'un mur qui a toute une histoire. Bref, toutes ces rencontres sont instructives et surtout très chaleureuses, bien plus que celles possibles dans les grandes villes frénétiques où l'on se presse comme des citrons.

Le tour de France des villes incomprises est donc une lecture enrichissante, drôle évidemment grâce à son auteur. Malgré quelques redondances, ce livre donne bien envie de sortir des sentiers battus, de visiter une autre France loin de la masse touristique, mais qui fait tout aussi partie de notre identité.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 17 Avril 2020

récit, aventure, voyage, Afrique, Kenya, Massaï, livre, avis, chronique, blog, Corinne Hoffman

Témoignage - Editions Pocket - 400 pages - 7.60 €

Parution d'origine chez Plon en 2000

 

Le sujet : En 1986, Corinne Hofmann, Suisse, passe quelques vacances au Kenya à Mombasa. Elle aperçoit alors un guerrier Massaï et pour elle, c'est le coup de foudre qui bouleversera sa vie à jamais. Elle fait sa connaissance, repart en Suisse, revient, repart pour liquider toutes ses affaires en Europe et décide de s'installer définitivement au Kenya pour y vivre avec son beau Massaï Lketinga. Viendra le mariage puis la naissance de leur fille. Ce récit est celui de ces quelques années de préparation au grand saut, puis celui de sa vie dans la brousse Kenyanne, au sein d'un village reculé, et en tant qu'épouse puis mère Massaï.

 

Tentation : Sujet + PAL

Fournisseur : MA PAL

 

 

Mon humble avis : Et bien il est mitigé ! Je m'attendais à être plus transportée, plus bouleversée... Et en fait, j'ai eu hâte de terminer cette lecture que je trouvais longuette.

Certes, le dépaysement est bien là, on ne peut plus là, et bien réel. L'intérêt de ce récit est indéniable, qui permet de découvrir, d'approfondir, d'apprendre la culture massaï de l'intérieur, les us et coutumes, et aussi les moeurs. Il rend aussi parfaitement compte des conditions de vie de ses peuples reculés fidèles à leurs traditions ancestrales. Cette aventure date d'il y a plus de 30 ans aujourd'hui... Sur place, les choses ont elles changé avec l'avènement des nouvelles technologies ?

Cet ouvrage n'est pas de la grande littérature, le style est très factuel, pas recherché et parfois un peu limite (peut-être aussi est-ce dû à la traduction). Les ressentis ne sont pas très approfondis ni analysés, dommage, on reste beaucoup dans la description et la narration des faits et gestes de chacun. Certes, je reconnais que Corinne Hofmann est une sacrée battante, une téméraire qui rebondit à chaque écueil. Et pourtant, j'ai eu du mal à éprouver une réelle empathie pour elle. A l'inverse d'autres lecteurs, je ne suis pas admirative, mais plutôt perplexe... Pourquoi s'infliger de telles épreuves, se mettre dans de tels dangers (elle échappe plusieurs fois de peu de la mort : malaria, hépatite), et ensuite accepter si longtemps un tel traitement et un tel comportement de la part de son mari Massaï quand on semble doté d'un sacré caractère. Corinne Hofmann ne manque pas de ressources et pourtant, elle m'a paru bien naïve sur des points assez basiques... A chaque fois qu'elle tombe en panne de voiture, elle réalise qu'elle est au milieu de nulle part sans eau potable... Ce qui est le minimum partout, même quand on fait une petite rando sur un chemin tranquille de Bretagne. Lors du temps passé en Suisse pour préparer son grand départ, elle n'en profite pas pour s'informer sur les us et coutumes des Massaï, aussi, ce n'est que la veille de son mariage qu'elle réalise clairement le fossé culturel entre elle et son futur mari : et oui, les Massaï sont polygames et pratique l'excision... Avec son mari, ils échangent dans un anglais assez sommaire, qui n'est que très peu parlé par les autres habitants du village. Pourquoi n'avoir pas appris les rudiments de la langue Massaï ?

Corinne Hofmann évoque aussi beaucoup les "tracas" administratifs divers. Tracas est un faible mot... On va dire les putains de galères administratives à devenir dingue ! Au début, il est vrai que c'est intéressant et qu'il est important de se rendre compte que s'installer à l'étranger n'est pas toujours légalement facile. Mais ces scènes sont très-trop nombreuses et deviennent lassantes.

Ce récit est donc bien sur intéressant, mais trop long, trop factuel. Je trouve qu'il manque d'émotion... Il montre très bien qu'il n'est pas forcément toujours facile/possible de vivre avec une personne à la culture si lointaine de la nôtre. La Massaï blanche ne m'a pas emportée... Bon, je précise aussi que le côté "coup de foudre, je lâche tout", très peu pour moi... Certes, j'ai déjà "tout lâché", mais pour moi !

Corinne Hofmann a publié deux suites à cet ouvrage. A vous de voir, de mon côté, je m'arrête là !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 27 Février 2020

Petite de Sarah Gysler, témoignage, voyage, aventure, lecture

Récit, Editions Pocket - 176 pages - 6.40 €

 

Parution d'origine aux éditions des Equateurs en juin 2018

Le sujet : La vie ou le roman de Sarah Gysler, jeune suissesse d'origine algérienne. Une petite en colère depuis presque le début... Depuis le divorce de ses parents, depuis l'école qui n'est vraiment pas fait pour elle, depuis le grave accident d'un de ses amis. A vingt ans, elle plaque le peu qu'elle a et part vers le Cap Nord, sans argent et en stop.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Ma CB, l'été dernier

 

 

 

Mon humble avis : En début de lecture, j'ai cru m'être fourvoyée dans mon choix... La quatrième de couv, je ne l'avais lue qu'en diagonale pour y voir les mots "récit de voyage", style dont je suis friande... Mais en fait, pour entamer réellement ce voyage vers le Cap Nord, il faut patienter presque jusqu'à la centième page.

Avant, c'est le récit de la vie chaotique de Sarah, à Lausanne et dans les environs. Mais très vite, j'y ai trouvé mon compte et en Sarah, toute proportion gardée et sans doute pour d'autres raisons que les siennes (quoique ?!), je me suis un peu reconnue en elle... Même si je suis issue d'un milieu favorisé et d'une famille stable et que ma vie fut globalement lisse jusqu'à mes 20 ans... La colère de Sarah, ses révoltes, son incompréhension et sa vision du monde, ses difficultés à faire comme tout le monde étaient un peu les miennes. Sauf qu'avec la plume de Sarah Gysler, elles sont claires et nettes, posées sur le papier, expliquées, avec fougue, humour, désespoir. Franchise et sincérité semblent les maîtres mots de cette jeune femme qui n'a pas froid aux mots justement. Le franc parlé, elle n'en manque pas.

Puis vient le départ pour le grand voyage, à la seule force du pouce et du sourire malgré les galères et les peurs, vers le Cap Nord en Norvège. Un voyage aussi enrichissant humainement parlant pour celle qui l'a vécu que pour celle ou celui qui le lit. Des rencontres approfondies ou non, étonnantes, rassurantes. Chaque portion de trajet et chaque personne changent Sarah et son regard sur les autres, sur le monde, loin des clichés de la télévision (qui vous dit quoi aimer dans l'enfance et qui détester lorsque vous êtes adultes). On se régale de cette expédition et de ses visages croisés, même si on tremble un peu pour Sarah Gysler qui se rassure parfois comme elle peut avec son mantra "seules 8% de nos peurs sont fondées et rationnelles".

En cours de route, Sarah écrit une merveilleuse et émouvante lettre à sa solitude soit disant anormale mais qu'elle chérit tant.

Avec Petite, nous partons avec une fille révoltée et en colère et revenons avec une jeune femme réconciliée tant avec elle qu'avec le monde, une femme apaisée. Bien évidemment, Sarah ne rentre chez elle que pour mieux repartir... Aussi, si elle publie d'autres récits de ses voyages, c'est avec plaisir que je reprendrais la route, la mer, les airs avec elle !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 19 Décembre 2019

La panthère des neiges, Sylvain Tesson, Avis, Chronique, littérature, blog, prix renaudot

Récit de voyage - Editions Gallimard - 176 pages - 18 €

Parution le 10 octobre 2019 : Rentrée Littéraire !

 

Le sujet : Sylvain Tesson accompagne le célèbre photographe animalier Vincent Munier et une petite équipe dans les hauteurs du Tibet, à la recherche de la panthère des neiges.... Si rare que certains croient qu'elle n'existe plus. Ce livre est le récit de cette expédition et de la rencontre tant espérée avec ce noble animal.

 

 

Tentation : Sujet et médias

Fournisseur : La bib N°1

 

 

Mon humble avis : Ah ! Comme j'ai dévoré et dégusté ce livre, chaudement installée sous ma couette, alors que nos aventuriers ont subi nuit et jour des températures allant jusqu'à moins 30 degrés celsius pour être dignes de leur récompense aussi incertaine que méritée : apercevoir la panthère des neiges.

J'ai tout de même été étonnée d'apprendre que jusqu'à maintenant, Tesson ne s'était pas intéressé plus que ça au monde animalier (souvent invisible) au cours de ses très nombreux voyages en solitaire.

Eux l'on vue, ainsi qu'une pléiade d'autres animaux de ces montagnes reculées et quasi inaccessibles. D'ailleurs, j'avoue que j'ai fait quelques allers retours entre le livre et mon écran pour visualiser certaines espèces citées. Je n'étais pas avec Tesson et sa bande, je n'ai rien vu mais j'ai tout imaginé, visualisé dans mon esprit et ressenti... Ceci, entre autre grâce à la jolie plume de Sylvain Tesson. J'ai aussi bien médité via les réflexions de l'auteur, portant sur le monde animalier en total disharmonie avec celui des humains, celui-ci tout aussi discordant avec celui de notre planète, qu'il met en péril chaque jour un peu plus. Tesson parle de notre société épileptique du tout tout de suite au plus vite et en rentabilité s'il vous plait, de notre société qui ne sait plus patienter, attendre, pour voir la beauté et le rare.

Evidemment, en tant qu'amie des animaux, je me suis "comparée", à ma toute petite échelle, à ce que vivent Tesson et ses amis. L'attente, la patience, l'observation, l'humilité, le risque de déception et parfois la joie du succès... Avec plus de confort et tout de même un peu moins d'attente, c'est ce que j'ai vécu des dizaines de fois dans la protection animale, lors des trappages interminables jusque dans la nuit de chats errants ou sauvageons, pour les soigner, les stériliser, les rentrer, les protéger. Le chat viendra ou ne viendra-t-il pas ? Rentrera-t-il dans la cage ou pas ? Et le bonheur indicible lorsque l'animal paraît et qu'on parvient à le sauver.  Mais observer et connaître avant d'agir. L'affût, toute une philosophie !

Autre exemple, la joie intense, le rêve de toute une vie de voir, d'apercevoir de près ou de loin des animaux rares.... Jamais je ne pourrai décrire les émotions intenses qui m'ont envahi lorsque j'ai eu la chance, en septembre dernier, de voir de mes yeux, et dans leur milieu naturel, un léopard, des lionnes et leurs lionceaux. Tout un voyage pour apercevoir, ne rien échanger avec l'animal mais ressentir. Piou, c'est fou.

Mais rien ne parlera mieux de ce livre que ces quelques extraits que pour une fois j'ai relevés, recopiés etc... Les voici ! En attendant, ruez vous sur ce livre et si vous êtes en panne d'idée de cadeau de Noël pour un proche qui aime l'aventure et les animaux... Vous voilà dépannés !

Ces extraits rallongent considérablement mon billet, mais Tesson ne nous apprend il pas la patience, le temps, l'affût de toute chose, de tout instant et de tout être !... Et puis, égoïstement, je tiens à en garder une trace pour moi !

 

 

« On m’en veut d’esthétiser le monde animal, se défendait-il. Mais il y a suffisamment de témoins du désastre ! Je traque la beauté, je lui rends mes devoirs. C’est ma manière de la défendre ! » (Munier)

« Dans la nature, nous sommes regardés. D’autre part, nos yeux vont toujours vers le plus simple, confirment ce que nous savons déjà. L’enfant, moins conditionné que l’adulte, saisit les mystères des arrière-plans et des présences repliées ».

« Aucune proie ne pourrait psychiquement supporter l’idée qu’elle côtoie la mort. La vie est vivable si le péril est ignoré. Les êtres naissent avec leurs propres œillères.

« Lui aussi était royaliste, croyant à la consécration des lieux par le séjour de l’Etre. J’avais attendu cette vision, je l’avais reçue. Plus rien ne serait désormais équivalent en ce lieu fécondé par la présence. Ni en mon fort intérieur ».

« Avec Munier, je commençais à saisir que la contemplation des bêtes vous projette dans votre reflet inversé. Les animaux incarnent la volupté, la liberté, l’autonomie : ce à quoi nous avons renoncé. »

« L’une des traces du passage de l’homme sur la Terre aura été sa capacité à faire place nette. L’être humain avait résolu la question philosophique de la définition de sa nature propre : il était un nettoyeur ».

« On pouvait s’échiner à explorer le monde et passer à côté du vivant. »

« Désormais je saurais que nous déambulions parmi des yeux ouverts dans des visages invisibles. Je m’acquittais de mon ancienne indifférence par le double exercice de l’attention et de la patience. Appelons cela l’amour. »

« Les bêtes surgissent sans prémices puis s’évanouissent sans espoir qu’on les retrouve. Il faut bénir leur vision éphémère, les vénérer comme une offrande. »

« A l’affût, on connaît ce que l’on attend. Les bêtes sont des dieux déjà apparus. Rien ne conteste leur existence. Si quelque chose advient, ce sera la récompense. Si rien n’arrive, on lèvera le camp, décidé à reprendre l’affût le lendemain. Alors si la bête se montre, ce sera la fête. Et l’on accueillera ce compagnon dont la présence était sûre, mais la visite incertaine. L’affût est une foi modeste. »

« C’est une bonne définition de la nature sauvage : ce qui est encore là quand on ne le voit plus. »

« Aussitôt que nous l’apercevions, une paix montait en nous, un saisissement nous électrisait. L’excitation et la plénitude, sentiments contradictoires. Rencontrer un animal est une jouvence. L’œil capte un scintillement. La bête est une clé, elle ouvre une porte. Derrière, l’incommunicable. »

« ‘Au tout, tout de suite’ de l’épilepsie moderne, s’opposait le ‘sans doute rien, jamais’ de l’affût. Ce luxe de passer une journée à attendre l’improbable… l’affût était un mode opératoire, et il fallait en faire un style de vie ».

 

8/6

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 30 Mai 2019

Dans le désert, quatar, voyage, dubaï, Oman, julien blanc-gras

Récit de voyage - Editions Livre de Poche - 192 pages - 7.20 €

Parution d'origine aux Editions Diable Vauvert en septembre 2017

 

Le sujet : A part le pétrole et le foot, qu'est que ce le Qatar ? A part le shopping luxe bling bing, qu'est-ce que Dubaï... C'est dans les Emirats du Golfe persique que Julien Blanc-gras, dans ces pays qui sont passés en quelques décennies des bédouins à chameaux à la démesure complètement démesurée, mais toujours très ancrée dans la culture orientale... Sauf que là, difficile de trouver des portes grandes ouvertes.

 

Tentation : Blanc- Gras est incontournable

Fournisseur : Ma CB !

 

 

Mon humble avis : Aussitôt acheté, aussitôt lu. Avec Julien Blanc-Gras, ça marche comme ça chez moi... Ses bouquins doublent tous les autres dans la file d'attente. Ensuite, je dévore, que l'auteur m'emmène dans la glace ou dans le sable.

Ce récit de voyage est une fois de plus passionnant, même si déroutant, même pour l'auteur lui-même. Où qu'il aille dans le monde, ce voyageur ami et bienveillant parvient toujours à créer des liens d'amitiés, à entrer chez les gens sur invitation immédiate. Dans les émirats, ce fut quasi walou pour lui. Portes fermées, voir même, pour le Bahreïn, frontière infranchissable.

Dans le sable se concentre donc majoritairement sur le Qatar, puis Dubaï pour finir par le sultanat d'Oman où, pour Julien Blanc-Gras, l'espoir renaît enfin, lorsqu'il trouve un petit coin où la terre semble appartenir à tous, où il se sent "chez lui, chez nous", accueilli.

Bien sûr, l'humour et l'(auto) dérision qui font la plume de ce baroudeur sont toujours là et permette de bien expliquer les choses telles qu'elles sont. Mais ici, on sent plus de pessimisme que dans ses autres récits... qui n'en sont pourtant jamais exsangues. En effet, l'auteur dénonce toujours l'acculturation progressive des peuples (avec des ilots de résistances) et les dangers écologiques encourus par la planète. Mais ici, c'est vraiment déroutant... Un choc des cultures immenses malgré une ultra modernité de vie, avec des valeurs religieuses très fortes (charia en vogue) et par bien des points hypocrites (car bafouées quand c'est discret et que cela arrange) et des traditions ancestrales qui ont quasi disparu en quelques décennies et des régimes autoritaires.

D'ailleurs,  ce sont des étrangers expatriés vivant à Doha qui donnent à Blanc-Gras matière à écrire son livre. Les qataris sont fermés, paranos et se sentent supérieurs aux autres à tous niveaux, donc ils ne parlent pas, ne rencontrent pas, ne racontent pas... Le racisme est énorme à Doha et les conditions de vie effroyables du petit personnel privé de passeport (bonnes philippines ou ouvriers de construction népalais en tête) sont minimisés alors que c'est en fait de l'esclavage moderne.). D'ailleurs, il faut savoir que la population qatarie ne représente qu'un pourcentage faible du nombre d'âmes vivant au Qatar. Doha, la capitale, est en chantier depuis 20 ans. Constructions toujours plus grandes, plus chic etc... Les Emirats sont bien les seuls lieux où le désert recule... au profit de l'hyper urbanisation.

Evidemment, il m'est impossible, en un petit billet, de résumer la richesse et les détails de ce livre. Mais celui-ci est à lire absolument pour comprendre ou en tout cas connaître un peu plus ces petits bouts de monde "so powerfull" financièrement, mais dont on sait si peu, quand on sort des sujets des réserves naturelles et du foot (rappel, le Qatar est en autre propriétaire du PSG et accueille en 2022 la coupe du monde de Football).

Comme d'hab, un Julien Blanc-Gras passionnant, enrichissant, drôle (que de situations rocambolesques !), instructif et qui ne nuit donc ni à la santé ni à la culture générale. Un régal !

 

PS : En 2005, j'ai passé 24h d'escale à Doha en revenant du Népal. Jamais ailleurs dans le monde je ne me suis sentie aussi mal à l'aise.

 

L'avis de Lectures sans frontière et de Keisha

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 26 Mai 2018

Récit de voyage - Editions Livre de Poche - 182 pages - 6.90 €

 

Parution d'origine aux éditions Paulsen en 2016

 

Le sujet : Cette fois-ci, mon écrivain journaliste voyageur préféré part à l'abordage du Groenland, au fil d'un cabotage de quelques semaines le long des côtes...parsemées d'icebergs. Julien Blanc-Gras nous propose donc une immersion polaire, faites de rencontres toutes simples ou étonnantes. Il nous dresse ainsi le portait du Groenland en 2015.

 

Tentation : Ma fidélité envers l'auteur jamais déçue

Fournisseur : Ma CB !

 

 

Mon humble avis : Jusqu'à Briser la glace, lorsque l'on suivait Julien Blanc Gras dans ces périples, il nous suffisait de s'imaginer tongs aux pieds (éventuellement baskets), casquettes sur la tête et le corps luisant de crème solaire pour être à ses côtés, l'auteur vagabondant généralement sous des latitudes tropicales.

Cette fois-ci, changement de cap ! Le Grand Nord... Donc doudoune polaire requise ! Et comme d'habitude, curiosité, joie, bonne humeur, humour, autodérision, ouverture d'esprit, envie de découverte, de rencontres .... et de comprendre un peu mieux le monde. Outre le dépaysement, c'est ce que j'apprécie beaucoup chez cet auteur : Julien Blanc-Gras maîtrise l'art de simplifier la complexité du monde, sans pour autant gommer la perplexité, la sienne, comme la nôtre.

Dans l'un de ses ouvrages précédents, Julien Blanc-Gras nous avait emmenés dans l'archipel des îles Kiribati (Pacifique Sud), qui se noient sous la montée des eaux océaniques. Avec "Briser la glace", nous sommes là où tout commence, où les glaces fondent... Enfin, petite correction... Tout de commence pas au Groenland, mais dans nos comportements individuels et collectifs de pays industrialisés... Parce que la fonte des glaces, le Groenland n'y est pas pour grand-chose. Mais rassurez-vous, ce bouquin n'est pas un long sanglot sur la banquise dégoulinante. Loin de là. Il contient également beaucoup d'optimisme. Julien-Blanc Gras dresse le portrait d'une île autonome qui dépend du Danemark, et de ses habitants, qu'ils soient citadins ou Inuits (euh, l'un n'empêche pas l'autre d'ailleurs), de leurs préoccupations, de leur vision de leur pays, de leur nature. Il est évidemment questions de leurs opinions sur des sujets on ne peut plus locaux, et d'autres internationaux aux répercutions locales directes (comme les quotas de pêche par exemple).D'ailleurs, certains Inuits semblent bien moins "alarmés" que "nous" devant la fonte des glaces... Celle-ci permettant d'envisager de l'agriculture. Quoiqu'il en soit, pratiquement sur chacun des nombreux thèmes évoqués ici, Julien Blanc-Gras rapporte les avis des différentes personnes rencontrées et interrogées, donc qui dit différents, dit potentiellement variés et opposés. Ne pas oublier que la société Groenlandaise vit depuis une poignée de décennies une évolution et une révolution culturelle que nous autres occidentaux avons mis des siècles à construire, bénéficiant ainsi d'une adaptation pas à pas. Au Groenland, l'acclimatation à l'ère actuelle se fait à pas de géant pour certains, à pas tortue pour d'autres. Certains aussi dérapent, manquent le virage. Dans ce livre, pas de jugement, pas de solution, des suggestions peut-être...

Briser la glace vous dira donc tout ce que vous voulez savoir sur le Groenland, et même ce que vous n'imaginiez pas pouvoir savoir car vos pensées sont ailleurs. Il est vrai que lorsque l'on se lève le matin, on ne se dit pas spontanément : "Tiens, que ce passe-t-il et comment vit-on au XXIème siècle au Groenland ?" Le tout est écrit sans image d'Epinal et loin des sentiers battus (si tant est qu'il y en ait au Groenland...) Le voyage de Julien Blanc-Gras ayant été estival, point de banquise à l'horizon ni d'ours polaire. Mais des icebergs, oh que oui !

Vous êtes-vous déjà posé la question sur la différence majeure entre un voyage dans le Sud et un voyage dans le Nord ? Dans le sud, il suffit de se balader dans les rues pour rencontrer des gens. Dans le Nord, il faut frapper aux portes. Moi, je vous propose de frapper à la porte de ce livre, qui vous accueillera les bras ouverts !

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 31 Mars 2018

Lettres - Editions Naïve - 54 mn d'écoute - 16 €

 

Parution en audio en 2005

 

L'histoire : Roland est un marin désormais ancré à son fauteuil roulant. Bernard, l'acteur et son ami, mais aussi le globe trotter et ancien marin. Il parcourt le monde et écrit à son ami Roland, qui voyage à travers ces missives. Mais, tous les deux, ils ont tout de même un projet ; les Marquises !

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib' N°1

 

Lu par feu Bernard Giraudeau lui même.

 

 

Mon humble avis : Non mais quel texte ! Et dire que celui-ci prenait la poussière sur mon disque dur dans ma PAL audio depuis des années !... Et que c'est une véritable perle !

Cette relation épistolaire, le plus souvent en sens unique, nous conduit de par le monde... Depuis une loge d'un théâtre parisien jusqu'au fin fond de l'Amazonie, en passant par le Japon, le Sénégal, l'île rouge Madagascar, j'en passe et des meilleurs... Et des escales et des traversées d'océan

Des souvenirs, des sensations, le goût, le toucher, l'odorat, la vue, l'ouïe... Ces lettres font appels à chacun de nos sens pour nous plonger dans des univers méconnus et la vie de marin. Il y a le goût sucré de la mangue bien mûre qui fond dans la bouche, comme l'odeur âcre de l'huile de moteur au fond des cales des navires et le parfum des femmes. Il y a la beauté que voit le voyageur de passage et la vérité qui se dévoile à celui qui prend son temps, à qui veut ouvrir les yeux.

Il y a le marin à l'encre, celui qui écrit, Bernard. Et le marin à l'ancre dans son char, Roland, qui reçoit. Une amitié profonde, fidèle par-delà les latitudes et les longitudes. Un partage d'un besoin viscéral. Une passion commune.

Ces textes sont d'une force et d'une puissance rare. On y sent l'urgence de la vie et la fulgurance des instants. De l'humour et du cynisme parcourent les pages et laissent place à la mélancolie, à l'introspection, à l'observation, à la béatitude et la pudeur. Exaltation, allégresse, fantasme, et parfois déception dans les souvenirs de jeune marin de Giraudeau, puis dans ses expériences d'homme écrivain, voyageur, acteur. Les mots et les phrases sont tantôt d'une poésie magnifique, et parfois d'une crudité réaliste. Le tout est sans concession. Il y a des mots qui giflent, d'autres qui caressent. Des phrases qui bousculent, d'autres qui apaisent. Cela vient du tréfonds du coeur, des tripes, de l'âme, et comme une intraveineuse va directement dans les vôtres et se répand dans tout votre corps. A déguster !

 

PS : La version audio n'est pas en texte intégral que vous trouverez dans le format poche. Mais de passer de la voix et des émotions de Bernard Giraudeau, ce serait dommage. D'ailleurs, une fois un livre écouté, en général, je l'efface de mon ordinateur. Là, possible que le garde, pour le réécouter, encore et encore.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0

Publié le 2 Novembre 2017

Récit de voyage - Editions Audiolib - 4h51 d'écoute - 21.50€

 

Parution d'origine en janvier 2015

Le sujet : 2012... C'est le bicentenaire de la retraite de Russie des troupes de Napoléon avec la célèbre bataille de la Berezina, qui fut autant un fiasco qu'un carnage.

Sylvain Tesson et quelques amis décident, pour rendre hommage à ces héros oubliés, de suivre la route de cette débâcle, en side-car. Le trajet de 4000 kilomètres est donc Moscou-Paris, au début de l'hiver...

 

 

Tentation : L'aspect récit de voyage !

Fournisseur : La bib'

 

Lu par Franck Desmet

 

 

Mon humble avis : Une fois de plus, je le rappelle, mes pattes de chats sont là pour donner mon impression, mon plaisir de lecture et ne "jugent" pas forcément la qualité de l'oeuvre. C'est l'oeuvre par rapport à moi, ou moi par rapport à l'oeuvre, avec ce que je suis, pour le pire comme le meilleur !

La voix du lecteur ne m'a pas plus. Pas assez chaude, une voix ressemblant à celle de Francis Huster. Mais je m'y suis faite. Le format audio n'est peut-être pas l'idéal pour suivre cette Berezina. Car que je fus en voiture ou en balade pédestre, me manquait un atlas pour suivre cette retraite avec une précision géographique. Beaucoup de lieux historiques sont cités, mais à part les capitales et quelques grandes villes, nombre d'entre-eux m'étaient inconnus.

En fait, je pensais plonger dans un pur récit de voyage, ce qui n'est pas tout à fait le cas. L'aspect récit de voyage est presque anecdotique, se contentant de quelques détails climatiques, mécaniques, logistiques et d'une poignée de rencontres. Certains échanges entre les 6 protagonistes menant à des réflexions sur le voyage, la guerre, le mouvement, les valeurs de l'époque Napoléonienne ou la nôtre,  l'héroïsme sont magnifiques, profonds, mûrs et touchants. Mais touchants plus comme une flèche en plein coeur que comme une douce caresse ou certains émois.

Mais ce récit de Sylvain Tesson est surtout là pour rappeler l'Histoire, et rendre hommage à ses héros, qu'ils soient inconnus où célèbres, qu'ils soient humains ou équins, qu'ils soient français ou du front opposé, que ce soit dans la victoire où la relative défaite. Tesson exhume tous ces morts pour leur crier son admiration, lui qui souffre déjà horriblement du froid sur son Side-Car malgré l'équipement XXIème et les nuits bien au chaud, le ventre plein dans des petits hôtels-pensions.  Tesson réveille nos oreilles (ou nos yeux, suivant le format de lecture), sort de notre oubli le carnage que fut la retraire de Russie et notamment, la bataille de la Berezina (le nom d'un fleuve, à l'origine). D'ailleurs, les descriptions des massacres sont bien souvent insupportables de cruauté... et de réalisme. Les soldats qui ne mourraient pas au combat périssaient ensuite de faim, de froid, de maladies...

Tout cela, on l'a oublié, peut-être même que nos cours d'Histoire scolaires ne l'ont jamais vraiment évoqué, pour se pencher plus sur les stratégies militaires et les conséquences géopolitiques de cette débâcle. D'ailleurs, dans ces pages, il est aussi question de stratégies militaires ce qui m'a souvent perdue en diminuant mon attention. De même, j'ai parfois fait une indigestion de noms propres de personnages sans doute éminemment historiques, mais pour moi parfaitement méconnus, et format audio oblige voiture balade, mon ami Google ne m'accompagnait pas pour m'informer un peu plus.

Il n'empêche, la langue de Tesson est d'une beauté magistrale, et malgré mes égarements, il me semble sortir grandie de cette lecture audio. Même si ce sont des images globales, la Berezina n'est désormais plus  qu'un simple nom devenu commun pour désigner mes petites catastrophes personnelles.

Ce qui est sûr, c'est que les férus d'Histoire et des campagnes Napoléoniennes se régaleront de cette lecture.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #récits ou romans de voyages

Repost0