Articles avec #litterature francaise tag

Publié le 22 Septembre 2020

Tonino Benacquista, Homo Erectus, Roman, littérature, avis, chronique, critique

Roman - Editions Folio - 305 pages - 8.00 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2011

L'histoire : Et s'il existait, au coeur de Paris, une société secrète où les hommes puissent enfin confier leurs dérives sentimentales, leurs expériences rocambolesques, leurs fantasmes inavouables sans subir les reproches féminin ni la pression sociale ? Une société où il est interdit d'interrompre, de juger. Juste prendre la parole devant ses pairs ou écouter. Il est interdit de parler de cette société aux autres, sauf à ceux qui pourraient en avoir besoin.

C'est dans cette société secrète que nous rencontrons Denis, Philippe et Yves.

 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : C'était avant même l'ouverture de mon blog, il y a plus de 12 ans, une connaissance me conseillait chaleureusement de lire Tonino Benacquista. Quelques années plus tard, j'acquerrais ce roman et le voici enfin lu. Oui, il me faut parfois du temps... La cause, la profusion des possibilités de lecture !

J'ai bien apprécié ce roman de Tonino Benacquista, avant tout, pour son élégance. Celle de sa narration, celle de son style soigné, celle de son auteur qui ne juge pas ses personnages. Il leur laisse le choix de se tromper, de se contredire, de s'essayer sur d'autres chemins que ceux tracés, quitte à se rendre compte qu'ils s'éloignent de ce qu'ils sont intrinsèquement. 

C'est dans cette société secrète que se rencontrent Yves, Philippe, et Denis. Cette société est leur seule connexion, suivie du verre qu'ils aiment partager après chaque séance hebdomadaire. Et c'est autour de ces 3 personnages que Benacquista construit son roman... L'avant, le pendant et l'après de ces trois hommes qui vivent un bouleversement dans leur vie et tentent de se redresser. Ils sont en reconstruction.

La vie de Denis, serveur en brasserie, est un désert sentimental et sexuel. Aussi, est-il convaincu que toutes les femmes se vengent sur lui des méfaits que les hommes leur font subir. Il sombre dans la dépression jusqu'à ce qu'une intruse s'installe chez lui. Etrange, qui est-elle, pourquoi est-elle là ? Yves, poseur de vitre, vient de rompre avec sa femme qui l'a trompé avec un gogo dancer. Fini pour lui l'engagement et les promesses, désormais, Yves ne fréquente que des prostituées qui lui permettent de découvrir Les femmes. Philippe, penseur philosophe, a du mal à oublier Juliette... Jusqu'à ce que Mia, LA super top model reine du monde et du papier glacé, l'invite dans sa vie. Tonino Benacquista explore donc les comportements masculins et leurs problématiques dans une société qui donnent trop de modèles où ils perdent leurs repères, en cherchent de nouveaux. Le romancier pointe du doigt les préjugés, les à priori, la surmédiatisation, dans un roman aussi sensible que discrètement et finement drôle, se moquant parfois gentiment de ses personnages pour les admirer ensuite. C'est qu'ils sont attachants ses trois hommes abîmés. Celui qui m'a le plus touchée d'ailleurs est Yves, celui qui se cherche dans les bras de femmes de joie... Celui qui pourrait paraître pour le moins vertueux mais qui révèle en fait toute la bonté et l'énergie qui dormait en lui pour se rendre extraordinaire.

Ah les hommes, dur de les comprendre ! Mais, comment ? Oui, Tonino Benacquista achève son roman de façon tout à faire égalitaire. Et oui, les femmes ne souffriraient elles pas des mêmes maux que le sexe opposé ? Oui, chacun(e) souffre d'être encombré(e) de soi-même et du poids d'une société qui impose ses codes. Et chacun(e) ne fait-il (elle) pas de son mieux ?

"En fait, il s'était lancé dans un essai sociologique qui décrivait l'homme contemporain harcelé par des injonctions de toutes sortes et qui, à force d'être à l'écoute de son époque, n'était plus à l'écoute de lui-même. En ce XXIème siècle de surinformation, on l'exhortait au bonheur, on le contraignait au plaisir, on lui imposait le beau, on le condamnait au juste, on lui définissait la quantité de normes dont il craignait d'être exclu."

Bref, un roman original, intelligent, caustique, parsemé de moments savoureux, et classe !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 14 Septembre 2020

Roman - Editions J'ai Lu - 316 pages - 7.40 €

Parution d'origine chez Flammarion en avril 2019

L'histoire : Alors que Justine, jeune hackeuse, est enfin parvenu sur le serveur de l'US Army, son écran lui montrent une trentaine de missiles nucléaires dans les airs en Asie, subitement détournés... Evitant de peu une Troisième Guerre Mondiale. Justine a compris qui est responsable de ce détournement... Internet lui-même. Sauf que l'US Army est convaincue de la culpabilité de Justine... Pour elle, commence une course contre la montre, pour se sauver elle-même mais surtout tenter de sauver le monde !

Tentation : Picth et couv'

Fournisseur : Ma CB

 

 

 Mon humble avis : Quel livre inattendu, d'autant que j'en ignorais l'existence... jusqu'à ce que sur un étal, ce chat psychédélique me fasse de l'oeil ! La quatrième de couverture a eu de suite raison de ma compulsion acheteuse livresque pas toujours maîtrisée comme je le voudrais.

C'est un coup de coeur véritable pour moi, et me trouve désarmée pour expliquer cette révélation à sa juste valeur. Tant ce livre est dense, tant il amène à la réflexion, tant il est enrichissant spirituellement parlant, tant que serais incapable de rembobiner le fil déroulé par l'auteur et recomposer la pelote. Et tout cela, sous couvert de la bonne distraction littéraire.

Nous voici dans une "petite" anticipation. Petite, non par l'ampleur, mais par la date : N + 1, l'année prochaine. Où celle d'après ou plus tard, peu importe, N + 1 par rapport à votre date de lecture... Peut-être qu'un jour prochain certains faits ne seront plus anticipatifs mais réalité... Réponse dans peu de temps, si l'univers nous prête vie... Enfin, si nous redonnons vie à notre Planète et nous reconcentrons sur nos fondamentaux.

Les principaux protagonistes sont : Justine, la jeune Hackeuse, Thomas, un colonel de l'U.S Army, le Général Lloyd, le quarante-quatrième Président des Etats-Unis (excellent, il n'est jamais nommé ni prénommé, il apparaît juste comme l'ancien président, mais ses traits et les descriptions qu'en donne Jean-Gabriel Causse font apparaître le visage souriant et bienveillant de Barak Obama, qui ne l'oublions pas, est aussi Prix Nobel de la Paix). Mais le personnage central est Internet "en personne", enfin, en conscience !

D'ailleurs, Internet prend régulièrement la parole et s'adresse à nous, lecteurs et/ou usagers, comme aux hommes de pouvoirs, aux férus, aux scientifiques, aux philosophes, aux hommes de savoir et leurs contraires, les stupides. Justine a en effet découvert qu'à force d'algorithmes, Internet a pris conscience de lui-même. Il pense, donc il est. Et il peut agir, choisir... Est-ce une menace ou une force. Qui est en péril ? L'humanité, la planète, Internet ? Qui est un danger pour qui ?

De cette découverte, découle une série de faits parfois rassurants, parfois terrifiants.  Un désarmement immédiat des trois quarts du monde décidé unilatéralement.... je n'en dis pas plus. Et le tout nous emmène dans une lecture frénétique mais aussi méditative (donc participative et active) sur notre nature humaine, sur la place que nous donnons aux réseaux sociaux dans nos vies... et les conséquences que cette fameuse place (baisse générale des Q.I, de la mémoire de travail entre-autre). Il est clair qu'Internet est autant une mine d'or très prometteuse qu'une poubelle débordant d'une bonne partie de la bêtise et de la haine humaine. Bref, Internet est ce que l'on en fait. Dis par moi, c'est d'une banalité déconcertante, mais développé sur 300 pages d'un roman qui flirt sur l'espionnage et l'aventure par Jean-Gabriel Causse, c'est juste passionnant, très intelligent, bien documenté et judicieusement imaginé. Le génie de cette histoire au suspense constant, c'est elle est autant divertissante (ô que j'aime) que sujette au questionnement tant individuel que collectif sur ce que nous sommes, ce que nous devenons, ce que nous serons, alors que l'usage de l'Intelligence Artificielle est tellement ancré dans les plus infimes parties de nos vies et de nos sociétés, qu'il est impossible de faire "marche arrière". Quant à moi, je pourrais déjà relire "L'algorithme du coeur", pour méditer encore sur tout cela, peut-être en prenant des notes pour retenir... et remettre mes idées et pensées dans l'ordre !

Mais ce qui est rassurant à savoir... C'est que, contrairement à l'humain, Internet n'a pas d'égo... Et c'est peut-être ce qui pourra sauver le monde !!!

 

"Vous dites que mon intelligence est artificielle. La vôtre n'est-elle un peu superficielle ?"

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 10 Septembre 2020

Amélie Nothomb 2020, Rentrée Littéraire 2020, RL 2020, Les Aérostats, avis, critique, chronique, littérature

Roman - Editions Albin Michel - 175 pages - 17.90 €

Parution le 19 août 2020  : Rentrée Littéraire

L'histoire : A 19 ans, Ange est étudiante en philologie à Bruxelles. Pour financer ses études, elle devient "répétitrice de français pour Pie, un lycéen aussi étrange que sa famille. Le père de celui-ci espère qu'Ange parviendra à guérir la dyslexie de son fils. Car oui, apparemment Pie ne sait pas lire...

 

Tentation : L'insupportable impatience annuelle !

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Mais oui, il est là le cru 2020 de ma chère Amélie Nothomb ! Je me suis d'ailleurs ruée en librairie le jour de sa sortie pour l'acquérir et le lire dans la foulée, avec délectation. Mais j'ai tardé à rédiger mon billet, un long weekend de mariage et deux semaines à plat total avec moult symptômes covidiens... Mais finalement trois tests négatifs... L'énergie revient, au travail, même si de ce fait, ce n'est plus une chronique à chaud mais avec ce le temps accorde à la mémoire.

Amélie Nothomb revient au style littéraire du conte cruel, style qui lui convient tant puisque son imagination pour l'illustrer ne faiblit jamais. Cet opus est très dialogué, et on y retrouve avec plaisir l'art Nothombien des dialogues qui disent tant tout en semblant décalés, mais sans détours. La verve de mon autrice favorite y est toujours aussi jubilatoire. Sauf que dans les passages narratifs, cette année, j'ai déploré l'usage excessif et répétitif des auxiliaires "être" et "avoir", ce qui évidemment alourdit la plume, où lui donne un aspect simpliste. Dommage, la langue française fourmille de vocables formidables et variés qu'Amélie Nothomb maîtrise pourtant à merveille.

Avec Les aérostats, Amélie Nothomb dresse un formidable éloge à la littérature et ses pouvoirs magiques, n'ayons pas peur des mots : La littérature, la lecture sont libératrices, sources de curiosité, de savoir, d'émotions, de réflexions. Elle permette de prendre de l'altitude pour se sauver, s'échapper de soi-même, du quotidien, de l'ignorance, de l'encéphalogramme plat ! L'initiation au bonheur de la lecture n'est pas uniquement de la responsabilité scolaire... Les parents ont aussi un rôle à jouer, un rôle de stimulation de leur progéniture. On aime un livre qui nous intéresse, et c'est au-delà du jugement moral, la littérature n'étant pas destinée à mettre tout le monde d'accord. L'important est le plaisir éprouvé.

Ange impose des lectures classiques à son élève. On s'attend à un clash mais en fait, c'est une révélation. Pie lit donc Le Rouge et le Noir, l'Illiade et l'Odyssée et bien d'autres ouvrages. Et j'avoue, ses réactions et argumentaires si sont vivants, si contemporains et modernes, si clairvoyants, si animés qu'ils m'ont donné envie de lire ou relire certains de ces ouvrages. Ces passages provoquent une certaine ivresse de lecture.

Les jeunes (ou les plus âgés) qui ne lisent pas sont en déficit de réalité.  La littérature est d'une aide fabuleuse, mais attention aussi de ne pas la prendre au pied de la lettre. La littérature ne se substitue pas non plus à la vie réelle... Si c'est le cas... Attention danger ! La vie, comme la jeunesse, s'apprend... dans les livres mais aussi dans les expériences. 

C'est de tout cela (et de bien d'autres sujets) dont il est question dans Les aérostats, modelé dans une forme romanesque caractéristique de l'écrivain. Une fois de plus, le personnage sont hauts en couleur... de pathétisme... La mère de Pie brille particulièrement dans cette catégorie : elle collectionne des objets via internet... Des objets qu'elle ne possède jamais en main propre. C'est une cruelle mais réaliste allégorie de notre époque où nombreux sont ceux qui collectionnent du vide, du virtuel... Ce qui n'existe pas mais qui les mène à l'extase !

Pour conclure donc, encore un très bon Nothomb qui se lit d'une traite pour un réel plaisir chaque année renouvelé !

 

"On n'habite pas toujours au même étage de soi-même"

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 27 Août 2020

roman L'expérience de la pluie, Clélie Avit, avis, chronique, blog, autisme, asperger, hypersensoriels

Roman - Editions Pocket - 299 pages - 6.95 €

Parution d'origine chez Plon en mars 2019

L'histoire : Camille et Arthur, son fils de six ans, vivent dans une "bulle" avec le moins de contact possible avec l'extérieur. Car tous deux sont autistes asperger, avec la particularité de l'hypersensibilité sensorielle. Le moindre toucher est pour eux une épreuve. Jusqu'au jour où lors d'un trajet en bus, ils croisent Antoine, qui sans le savoir s'approche de leur bulle et en frappe à la porte... Aurélien parviendra-t-il à pénétrer leur univers ? Comment garder les bonnes distances ? Comment fusionner deux mondes à priori incompatibles ?

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Ma CB

 

Mon humble avis : J'attendais beaucoup de cette lecture, étant donné son sujet qui me concerne partiellement... Et j'en ai plutôt été agacée.

Malgré toutes les bonnes intentions que je devine chez Clélie Avit, j'ai trouvé ce livre bien maladroit... et assez irréaliste. Est-ce grave quand il s'agit d'un roman ? Pas forcément, sauf quand on plonge dans le périlleux exercice de prendre la parole de personnage atteint de pathologies ou de syndromes spécifiques, comme c'est le cas ici avec l'autisme Asperger. Alors que ce texte aurait pu être agréablement informatif, il devient presque "désinformatif". En effet, toute personne atteinte d'hyper sensibilité sensorielle n'est pas forcément autiste Asperger, et l'inverse se vérifie aussi, tout Asperger n'est pas hyper sensoriel...au point où le sont Arthur et Camille... Alors que l'autisme Asperger de Camille et Arthur est clairement cité, l'autrice ne développe et n'évoque presque que cette possible particularité associée : l'hyper sensibilité épidermique et tactile. Je trouve cela très réducteur et que la romancière n'aurait dû évoquer que cette dernière, sans l'autisme Asperger... Mais c'est peut-être moins vendeur.

Traiter de l'autisme via un roman est une bonne idée, car il permet au plus grand nombre d'appréhender plus facilement ce mystérieux syndrome, sans se noyer dans les publications de spécialistes. Ce peut être une jolie façon de rapprocher le monde des autistes de celui des neurotypiques (ou normo-pensants). J'ai la sensation qu'ici, c'est le contraire. La façon dont Clélie Avit présente et explique la vie de Camille est d'Arthur a tout pour être terrifiante (même s'il n'était pas question de l'édulcorer), et pour décourager dans son approche le plus valeureux des neurotypiques.  Certes, Aurélien parviendra à traverser la bulle, mais nous sommes dans un roman... Or dans la vie, je n'imagine pas grand monde déployant ce trésor de patience et prévenance... D'ailleurs, Aurélien est un personnage de roman... Car il semble bien (trop) préparé et apte à pénétrer le monde de Camille sans l'avoir jamais fréquenté, sans s'y être déjà confronté sciemment, sans le connaître. Bref, le comportement d'Aurélien est trop beau pour être vrai... Alors que Camille et lui prône le vrai dans toute sa dimension. Mais oui, nous sommes dans un roman... même une romance que j'ai trouvé trop mielleuse, trop gnangnan, trop dégoulinante, trop pleine de bons sentiments. Le texte aurait gagné en rythme, en émotion, en intérêt avec un Aurélien un peu plus pétillant. Car en fait, pour moi lectrice, il a été source d'ennui.

Les autistes apprécient l'explicite et redoutent l'implicite qu'ils ne maîtrisent en général pas. Pourtant, dans cette histoire, tout m'a paru trop implicite. Les dialogues entre les personnages, les nombreux non-dits (qui en étant dits auraient pu rendre les personnages plus complets et plus attachants), le style... rien n'a été fluide pour moi. Au point que souvent, j'ai dû relire certaines phrases plusieurs fois, pour en décortiquer la construction, la ponctuation, pour être sûr d'envisager le bon sujet, le bon complément etc. Inutile de préciser que cette lecture m'a pris plus de temps que prévu. L'écriture de ce roman est, pour moi, trop poétique (au point d'en devenir lourde), et souvent redondante. Et d'autres erreurs qui m'ont énervée, du genre : "mes clés tournent dans la serrure. Si elles étaient autistes, elles se forceraient peut-être ou alors seraient curieuses de connaître la suite. Deux façons de voir le monde pour même façon de le sentir". Déjà, je trouve cette phrase mièvre à souhait, mais surtout, je ne vois pas comment DES clés peuvent rentrer en même temps dans une serrure...

Bref, je ne suis pas entrée dans cette bulle de l'expérience de la pluie, même si je m'en suis approchée par moment. L'émotion ne m'a pas saisie et je n'ai pas débordée d'empathie pour les personnages. Je reconnais néanmoins que ce roman a le mérite d'évoquer l'autisme asperger, de donner quelques clés d'approche et de montrer que chacun doit marcher vers l'autre et s'adapter à son monde du mieux qu'il peut : le neurotypique vers l'autiste et l'autiste vers le neurotypique. Et, tout de même, je pense qu'il pourrait m'aider personnellement... Avec les mots de Camille qui peuvent expliquer un ressenti : "c'est trop"... quand l'autiste arrive à saturation de ce qu'il peut supporter.

Bien sûr, tout ceci n'est que mon humble avis.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 25 Août 2020

Roman - Editions Audiolib - 5h58 d'écoute - 19.35€

Parution d'origine chez Grasset en 2014

L'histoire :  En 1940, à New York, un écrivain débutant nommé Jerry Salinger, vingt et un ans, rencontre Oona O'Neill, quinze ans, la fille du plus grand dramaturge américain. Leur idylle ne commencera vraiment que l'été suivant... quelques mois avant Pearl Harbor. Début 1942, Salinger est appelé pour combattre en Europe et Oona part tenter sa chance à Hollywood. Ils ne se marièrent jamais et n'eurent aucun enfant.

 

 

Tentation : "Salinger"

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Commençons par la cerise sur le gâteau, est pas des moindres, ce texte est interprété par Edouard Baer... Sans commentaire, on savoure !

Poursuivons par le début, il y a plusieurs décennies... Lycéenne... je me suis réfugiée (comme presque tout le monde) dans "L'attrape coeur" de Salinger, ce mystérieux écrivain retranché dans sa cabane, qui n'a pas accordé une interview depuis une éternité. Je l'ai relu il y a quelques années, la magie a moins opérée. Et si je le relisais, éclairée par le texte de Beigbeder, je pense que mon approche serait différente, plus avertie, à l'affût de détails qui disent tant sur l'auteur.

Soyons honnête, il m'a fallu un peu de temps pour entrer dans "Oona et Salinger"... La première partie, qui évoque la rencontre puis la relation capricieuse entre Oona et J.D Salinger ne m'a pas passionnée. Cependant, elle est intéressante pour son arrière-plan : l'époque et le lieu. 1940, les Etats-Unis ne sont pas encore en guerre, et à New York, c'est la belle vie pour une certaine jeunesse plus ou moins dorée dans les club à la mode... On y croise, des auteurs en herbe, d'autres confirmés, ou il est question d'eux... Truman Capote, Scott Fitzgerald, Eugène O'Neill etc...

Puis Salinger s'engage dans l'armée (dans la branche des renseignements) et se retrouvera sur le front quelque temps plus tard, toujours envoûté par Oona, lui envoyant des lettres... Pendant ce temps, Oona rencontre Charlie Chaplin, qu'elle épouse malgré (ou à cause de) leur 38 ans d'écart. Ils auront ensemble huit enfants. A partir de là, le roman de Beigbeder est passionnant et surtout, très enrichissant culturellement. C'est clair, Beigbeder est très bien documenté et n'est pas avare d'anecdotes majeures ou mineures. Il s'appuie sur des faits historiques, et quand l'Histoire est silencieuse, il imagine... Ce qui est le cas pour les échanges épistolaires entre Oona et Salinger, qui sont propriété de la famille Chaplin et que celle-ci ne souhaite pas publier... Et il le fait bien. J'ai énormément appris sur Chaplin, et sur Hemingway, que Salinger rencontre à Paris... Il est évidemment souvent question de littérature, de ce qu'elle devrait être et à quoi elle devrait servir, et de la légitimité des propos des auteurs.

Mais en fait, l'histoire entre Oona et Salinger est presque un prétexte car avant tout ce texte est un roman sur la Guerre 39-45. Celle-ci prend beaucoup de place et donne les plus belles pages de l'oeuvre, des pages bouleversantes. Le cauchemar vécu sur le front par Salinger alors qu'en Californie, Oona et son entourage coulent une vie douce. Salinger qui sera marqué à jamais par les horreurs qu'il a vues et vécues, qui reviendra du front en état de stress post-traumatique... Ce qui signera le début de sa solitude et de réclusion.

Tout cela fait que cette audiolecture est vraiment positive. Je constate une fois de plus que lorsqu'elle sert des propos constructifs qui ne dégénèrent pas dans l'alcool et vacuité vulgaire de certains des personnages de l'oeuvre de Beigbeder, sa plume est vraiment délicieuse, faussement légère, vivante et extrêmement lucide. L'analyse des faits et de l'époque est finement rendue.

Et puis, maintenant, j'ai la réponse à la fameuse question : "Mais où vont donc les canards de Central Park en hiver, lorsque le lac est gelé" !

 

PS Post it pour moi :  Beigbeder dit un truc du genre : "le temps et l'âge rétrécissent le passé"... Et c'est vrai, plus on veillit, plus on regarde le monde autrement, plus on lit, plus on s'informe... et la 2ème Guerre Mondiale nous paraît beaucoup moins lointaine que lorsque l'on a 15 ans et qu'elle n'était terminé que depuis à peine 30 ans et qu'elle était hier en fait.

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 19 Août 2020

roman les victorieuses, Laetitia Colombani, avis, Chronique blog, précarité féminine, Armée du Salut

Roman - Editions Livre de Poche - 235 pages - 7.40 €

Parution d'origine chez Grasset en mai 2019

L'histoire : De nos jours, à Paris. Solène, quarante ans et avocate, assiste impuissante au suicide d'un de ces clients. S'en suit pour elle un terrible burn out. Pour relever la tête, son psychiatre lui conseille du bénévolat. Solène deviendra, non sans mal, écrivain public au Palais Des Femmes de Paris (L'armée du salut pour les femmes).

Paris 1925 : Blanche et Albin Peyron, mariés depuis quarante ans, sont tous deux haut placés à l'Armée du Salut qu'ils servent depuis des décennies. L'hiver est terrible et les Sans Domicile Fixe meurent dans Paris. Blanche a toujours la révolte en elle. Incapable de se résigner, elle se lance corps et âme dans un projet dantesque...

Tentation : Pourquoi pas !

Fournisseur : Les étagères d'Armelle, merci pour le prêt !

Mon humble avis : Comme tout le monde ou presque, j'ai lu "La tresse" de Laetitia Colombani. Alors, pourquoi pas "Les victorieuses" puisque l'occasion s'est présentée !?

Cette histoire-ci me divise... En fait, j'ai apprécié le fond, beaucoup moins la forme. Commençons donc par celle-ci : Encore une énième oeuvre avec un roman dans le roman... A savoir que l'on découvre (sans vraiment spoiler), que la soi-disant romancière n'est autre que l'héroïne... Ce fait commence à me lasser, j'ai comme la sensation que cela devient indispensable pour plaire, comme s'il fallait faire croire à une pseudo autobiographie déguisée pour séduire.  Ce procédé narratif deviendrait-il marketing ? Une histoire ne peut-elle plus être contée "anonymement" par un romancier ? M'ont dérangée aussi les nombreuses répétitions dans les pensées intérieures des personnages, tout comme dans le vocabulaire. Enfin, j'ai trouvé que certains personnages cumulaient les poncifs. Mais en même temps, je suppose que cela permet à l'écrivaine d'évoquer la précarité féminine et d'être accessible à tous et toutes, le tout en distrayant avec la forme romanesque.

Malgré ces défauts qui ne sont que MON ressenti, ce roman est à lire car il est intéressant. Je ne connaissais rien de l'Histoire, des origines et du fonctionnement de L'Armée du Salut. Bien documentée, Laetita Colombani me permet de combler mes lacunes. Elle a d'ailleurs l'excellente idée de sortir de l'oubli Blanche Peyron et son mari Albin. Ils ont vraiment existé, même si leur nom ne dit en général rien à personne. Dans les années 1920, ils dirigeaient l'antenne française de l'Armée du Salut. C'est Blanche qui a eu l'idée de créer Le Palais des Femmes à Paris, le plus grand centre d'accueil d'Europe pour femmes en difficultés, quelles que soient leurs origines, leurs langues, leurs traditions, leurs provenances. Blanche Peyron s'est battue bec et ongles pour que ce projet aboutisse. Ce roman lui rend donc un bel hommage... A Blanche, ainsi qu'à toutes ses femmes qui se tombent, se battent, qui se redressent, ou qui aident les autres à le faire.

Ah oui, au fait, j'oubliais Solène... je ne m'étendrai pas sur elle. Trop passive, trop pleurnicheuse, je ne me suis pas attachée à elle.

"Les victorieuses" est une histoire qui dit que "l'argent ne fait pas le bonheur mais qu'il y contribue", qui démontre qu'il n'y a pas de petit geste quand il s'agit d'aider une personne ou des centaines, qu'il faut y croire, que si tout le monde s'y mettait à son niveau et en fonction de ses possibilités, la précarité ne serait pas une fatalité. Qu'en donnant, on reçoit. Bref, une histoire qui prônent l'ouverture d'esprit et l'entraide...c'est toujours utile, même si ce roman m'a paru un peu trop formaté... pour faire du bien aux lecteurs. De bonnes intentions mais trop de bons sentiments pour moi... Cette remarque est toujours en fonction de mon humeur évidemment. Moins original et moins abouti que la Tresse, ce roman est un peu trop "fourre-tout" à mon goût (comme s'il fallait tout dire, n'oublier aucun type de cas, cocher nombre de cases éditoriales, et à vouloir développer trop de sujets, on finit par survoler et ne rien approfondir). Mais ce roman ne fait pas de mal et rien que pour l'historique romancé  (donc accessible et résumé) de l'Armée du Salut, cette lecture vaut la peine. C'est sans doute pour cela que Laetitia Colombani l'a écrit !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 5 Août 2020

roman Fleur de Tonnerre, Jean Teulé, Hélène Jégado, histoire bretonne, bretagne, meutrière, empoisonneuse, avis lecture, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 6h30 d'écoute - 20.90 €

Parution d'origine aux Editions Julliard en 2013

L'histoire : Celle d'Hélène Jégado, dans la première moitié du 19ème siècle. Celle qui se faisait appeler Fleur de Tonnerre était cuisinière dans le Morbihan puis sur Rennes. Au fil des foyers ou des cures où elle officia depuis son plus jeune âge, ce sont plus de 37 cadavres (connus qu'elle laissa derrière elle), de femmes, d'enfants, de nourrissons, de vieillards etc. Fleur de Tonnerre, fut la plus terrifiante empoisonneuse de tous les temps.

 

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Une audiolecture intéressante mais que j'ai écouté avec une forme de distance. Distance due à la forme narrative très factuelle choisie par Jean Teulé dans ce roman biographique romancé. Donc à part l'effroi devant les actes d'Hélène Jégado, point d'émotion. En même temps, c'est assez logique puisque cette Fleur de Tonnerre en semble complètement démunie... Donc de l'effroi distancié, c'est déjà pas mal comme sentiment ! La Jégado finira par expliquer "sa folie" qu'elle ne reconnait pas comme telle bien sûr, par sa peur de la peur inculquée par ses parents. Aussi, est-elle devenue la peur pour ne pas la subir, et elle s'est transformée en l'être maléfique des croyances bretonnes : elle est devenue l'Ankou et semait la mort partout où elle passait. A part cela, la psychologie de Fleur de Tonnerre n'est pas du tout abordée, et cela est à mes yeux un peu dommage. Mais peut-être les archives ne l'ont pas permis.

Jean Teulé nous offre une plongée profonde dans une autre époque : la première moitié du 19ème siècle, dans une basse Bretagne. Cette fresque historique montre la pauvreté d'alors, l'ignorance, l'influence de traditions ancestrales qui aboutissent ici à une incroyable crédulité des habitants, crédulité aveuglante, d'autant qu'à l'époque, la médecine n'était pas non plus celle d'aujourd'hui. Voilà pourquoi la Jégado a pu mener son oeuvre quarante années durant sans être inquiétée.  C'est cet aspect-là qui m'a intéressée. Pour le reste, au fil des quelques heures, je me suis un peu lassée de la répétition des situations et des mots similaires usités par l'auteur pour les décrire. J'ai eu comme l'impression que j'écoutais un listing de meurtres, en sachant d'avance comment ceux-ci adviendraient, donc peu de surprise... Même si, l'on est d'accord, les tueurs en série suivent souvent le même procédé. Il n'empêche, j'ai trouvé cela un peu lassant.

Mais je suis contente de connaître désormais l'histoire d'Hélène Jégado, qui fait partie de celle de ma Bretagne d'adoption !

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 28 Juillet 2020

Eric-Emmanuel Schmitt, Journal d'un amour perdu, avis, littérature, deuil, blog

Journal - Editions Albin Michel - 256 pages - 19.90 €

 

Parution le 4 septembre 2019

Le sujet : Un 28 mars, jour de son anniversaire, Eric-Emmanuel Schmitt perd sa mère. Celle-ci est décédée subitement à 87 ans. Schmitt est dorénavant orphelin, et n'est plus le fils de personne. Dans ces pages écrites comme un journal, le romancier observe et décrit son deuil qui le fera osciller en affres, révélations, chagrin et travail. Il lui faudra deux ans pour se consoler et comprendre que le vie continue.

 

Tentation : Schmitt est l'un de mes auteurs chouchous

Fournisseur : la table de de chevet de "môman"

 

Mon humble avis : Un Schmitt que je n'ai pas lu chez Môman ! Logique qu'il arrive chez moi !

Comme d'habitude avec cet auteur que je chéris tant, j'ai dévoré cet ouvrage. Déjà, parce que les paragraphes du journal sont très espacés et pour certains très courts, et d'autre part, parce que la plume de Schmitt glisse toute seule. J'ai donc eu plaisir à retrouver sa simplicité raffinée, son humble élégance, sa douceur, et son authenticité, son invitation à la réflexion et l'introspection.

De même que je me suis très souvent délectée des propos de Schmitt, ou du moins, de sa façon de les envelopper et de les présenter. Il y a toujours un peu de philosophie accessible à tous, ou en tout cas, à qui aime se poser, se questionner, approfondir son intérieur, ses émotions et réactions physiques ou sentimentales. Même si le sujet ici est particulièrement lourd : le deuil suite au décès d'un parent. Voici un sujet aussi universel qu'intime. Tout le monde le vivra, mais chacun le fera à sa façon.

 Schmitt se livre donc sans fard, avec une sincérité qui se fait même déconcertante par moment. Et ceci, tout en restant très pudique sur sa vie privée. Néanmoins, entrer dans cette intimité de mon cher auteur m'a mise mal à l'aise. Je me suis sentie comme un intrus, limite voyeuse. L'auteur ne cache pas ses nombreux pleurs, ses doutes et déprimes. Et, parce que je suis qui je suis, cela m'a un peu dérangée. En fait, j'aurais préféré que le romancier aborde ce sujet via la forme du roman, en usant d'un personnage imaginaire... même si chaque personnage imaginaire cache souvent une bonne part de son créateur. Et l'aspect "célébrité" qui raconte son deuil aurait été bien plus discret, voire invisible.

Il n'empêche, "Journal d'un amour perdu" est un texte magnifique et puissant sur le deuil, la relation filiale, la maternité, l'héritage, la transmission, la création artistique, la vie, la mort. L'après pour ceux qui restent. Il a le mérite de mettre des mots sur ce qui est souvent et pour beaucoup indicible. A ce titre, il peut aussi être un compagnon solide pour ces moments douloureux et solitaires que la vie, dans son cycle, nous impose. Journal d'un amour perdu est aussi un bel hommage à la mère du romancier, mais surtout, à toutes les mères.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0

Publié le 22 Juillet 2020

roman "Au petit bonheur la chance' Aurélie Valognes, Littérature, avis, blog, chronique

Roman - Editions Audiolib - 7h40 d'écoute - 19.90 €

Parution d'origine aux éditions Fayard/Mazarine en mars 2019.

L'histoire : Eté 1968, à Grandville. Marie confie son fils Jean à sa mère "Mémé Lucette", pour quelques semaines, le temps de trouver un appartement parisien pour eux deux. Les semaines vont devenir mois puis années. Il semble que Marie ait oublié Jean. Mémé Lucette et Jean s'apprivoise dans une société en plein bouleversement.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : bib N°3

 

Mon humble avis : Depuis quelques années que les couvertures colorées des romans d'Aurélie Valognes fleurissent sur les étals des libraires sans que le succès ne se démente. Alors, je me suis dit : "voyons de quoi il retourne !"

L'histoire en elle-même est mignonne (trop ?), les bons sentiments sont là (trop ?), la voix du lecteur est mielleuse (trop ?), les dialogues sont parfois caricaturaux et trop gnangnans pour moi. Certes, on s'attache aux personnages, le scénario tient la route, mais tout cela ne suffit pas à me rassasier. En même temps, Aurélie Valognes souhaite écrire des romans qui détendent et qui soient accessibles à tous, sans prétention. Je ne lui reproche pas, bien au contraire, je suis "pour" la pluralité et la diversité littéraire (n'en déplaise à certains). Mais il semble que je sois "tombée" sur son roman le plus sombre, donc l'aspect "feel good" ne m'a pas sauté aux yeux, enfin aux oreilles.

Pour écrire la vie de Jean, la romancière s'est inspirée de celle de son père. Et ce que j'ai vraiment apprécié dans cette lecture, c'est la reconstitution de la fin des années 60 et le début des années 70, celles qui m'ont vue naître... Et donc les changements décisifs ne m'ont pas frappée, puisque je suis née juste après, et que j'ai toujours tenue certaines choses comme ayant toujours existé, puisque toujours connus de moi... Comme les progrès ménagers (le luxe du frigidaire, du vide ordure dans un appartement (!!!)) mais aussi sociales, comme la mixité scolaire. A l'école, les gauchers étaient encore contrariés et considérés comme anormaux. Quant à l'éducation et la protection/considération des enfants, elles n'étaient pas celles d'aujourd'hui. C'est surtout une société en pleine mutation que décrit Aurélie Valognes, en se penchant particulièrement sur la condition féminine : le droit à l'avortement n'est pas encore voté, aussi les femmes n'ont d'autres choix que d'être "des poules pondeuses" ou des "poules" tout court. Avec l'émancipation vient la double charge : être mère et travailler, voire dans bien des cas, subvenir seules aux besoins de leur progéniture... Ce qui n'était guère facile à l'époque, et qui ne l'est d'ailleurs toujours pas. Et c'est ainsi qu'alors, de nombreuses grand-mères devaient élever certains de leurs petits-enfants, après avoir été elles-mêmes mères de famille nombreuse. Point de répits, pas de gros moyens, mais des valeurs et de l'amour. Aurélie Valognes rend ainsi un bel hommage aux femmes dans un roman au contexte historico-sociétal intéressant, dans un texte vraiment accessible à tous. Mais pour ce qui est de l'histoire a l'état pure, celle-ci ne m'a vraiment pas rassasiée et l'écriture frôlant parfois la mièvrerie (comme c'est parfois le cas dans des histoires relationnelles avec de jeunes enfants m'a agacée par moment.

Je tenterai un autre roman de la romancière (que j'ai en réserve) pour lire d'elle un livre moins sombre et voir si oui ou non son objectif "feel good" fonctionne sur moi ou pas !

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

Repost0

Publié le 20 Juillet 2020

Littérature, humour, fabrice caro, Fabcaro, mariage, Le discours, avis, chronique, blog, rupture amoureuse

Roman - Editions Folio - 210 pages  7.49 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2018

L'histoire : Depuis 38 jours, Adrien est en pleine rupture amoureuse... Et pour couronner le tout, lors d'un dîner familial aux traditions séculaires (gratins Dauphinois, Gâteau au Yaourt...) Ludo, son futur beau-frère, lui demande de rédiger un discours pour son mariage : "cela fera très plaisir à Sophie, ta soeur". Non mais quel idée !

 

Tentation : Le nom de l'auteur

Fournisseur : Ma CB déconfinée

 

 

 

Mon humble avis : Le roman du siècle ou de l'année ? Peut-être pas tout de même. Mais certainement le roman qui m'a fait rire le plus, et franchement, depuis longtemps ! Ca mérite un coup de coeur, surtout quand ce n'est pas que drôle... Derrière l'humour se cachent des réflexions assez profondes, qu'elles soient personnelles ou sociétales, et surtout, c'est extrêmement bien fait, écrit, rédigé, rythmé etc.

Bref, outre la musculation de mes nerfs oculaires, de mes doigts (pour tourner les pages), de mes poignets (pour tenir les livres), avec de fameux discours, je me suis bien musclé les abdominaux et les zygomatiques !

Premier roman que je lis de cet auteur (qui en même temps n'en n'a écrit que 2), mais pas sa première oeuvre. En effet, Fabrice Caro est celui qui se "cache" derrière l'auteur d'excellentes (et tout aussi hilarantes) BD signées Fabcaro.

Dans Le discours, Fabrice Caro autopsie une rupture amoureuse et ses conséquences. Evidemment, c'est avec un humour (parfois cruel), une ironie, une dérision générale et auto qu'il s'y emploie... mais attention, les protagonistes ne sont pas encore tout à fait morts, sait-on jamais ce qui peut arriver.... Un SMS, une réponse à un SMS, une émoticône heureuse ou malheureuse et tout pourrait basculer dans un formidable retour à la vie ou au contraire, confirmer l'acte de décès ! Bien sûr, on est en empathie totale avec Adrien dans son monologue intérieur qui compose ce roman : qui n'a pas vécu une rupture amoureuse et les envahissantes questions qui la suivent : pourquoi ? Que faire ? Un texto ? Un ? Un ! ou ... tout est une question de ponctuation dans la vie !

Et notre empathie ne se dirige pas uniquement vers la situation amoureuse d'Adrien. Car bien sûr, il y a la famille, les repas de famille inchangés depuis des siècles, avec les mêmes réactions de la mère (prend un jus d'orange tout ira mieux), les blagues pas drôles du père, l'effacement de la soeur, et last but not the least, la culture du beau-frère qui s'étale encore mieux que la confiture sur des sujets minutieux et des longueurs indéterminées. Et évidemment, qui n'a pas été, plus ou moins longtemps et ou pour toujours, le ou la célibataire à cause de qui on n'est jamais un nombre pair à table !

Et pendant tout ce repas, Adrien élabore des introductions plus ou moins inspirées pour ce fameux discours de mariage. Pour celles et ceux qui connaissent Fabcaro, je vous laisse imaginer la teneur du discours et du roman et donc vous diriger de vous-même vers celui-ci. Pour les autres, si vous voulez une chouette lecture qui vous fasse bien rire (tout en méditant un peu sur votre vie et celle et votre entourage), je vous en conjure, lisez ce livre ! Bref, une lecture jubilatoire pour moi ! Ah, que ça fait du bien !

Voir les commentaires

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

Repost0