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Publié le 21 Novembre 2020

Jean-Louis Fournier, Rentrée littéraire septembre 2020, merci qui ? merci mon chien, animaux, protection animale, condition animale

Divers - Editions Buchet Chastel -216 pages - 16 €

Parution le 15 octobre 2020 : Rentrée Littéraire

Le sujet : On ne dit jamais « merci » aux animaux. Pourtant, on devrait. Ils enchantent le ciel, la mer et la terre. Sans les animaux, il n'y aurait pas de paradis terrestre. Ils ne méritent pas l'ingratitude des hommes. Ils méritent leur reconnaissance. Alors, comme ils ne le demandent jamais, on va leur dire « merci ».

 

Tentation : Tout ! Titre, couv' et sujet !

Fournisseur : Ma CB

 

Mon humble avis : Quelle délicieuse lecture, délicieuse et parfois dure aussi, car tout n'est pas rose au pays des animaux. 

Jean-Louis Fournier est le créateur de "La Noiraude". Mais si, quadragénaires rappelez-vous ce court programme de télé : "Allo docteur, c'est la Noiraude à l'appareil" ! Je l'ignorais totalement ! Fournier nous offre ici un magnifique hommage, une généreuse et touchante déclaration d'amour à la gente animale ! Tous les animaux (à part les moustiques !) : de compagnie, d'élevage, sauvages. Les animaux qui partagent nos vies et ceux que l'on mange... Et oui, précision : les végétariens ne se retrouveront pas dans cet ouvrage. Jean-Louis Fournier est carnivore. Mais il n'empêche, il plaide ici pour un respect des animaux devant une condition animale de plus en plus insupportable et cruelle.  Cet ouvrage est bien sûr écrit sous l'oeil attentif, facétieux et avisé de sa chatte Artdéco.

De très courts chapitres se succèdent, développant chacun un sujet autour des animaux. Dans l'un, Fournier admire les performances animales (nid d'hirondelles, toile d'araignée), dans l'autre, il remet l'Homme à sa place, l'Homme qui se prend pour le roi de la jungle et se permet de disposer de tout. Dans l'un, Fournier déplore que l'Homme ne sache plus composer avec le sauvage et le naturel, qu'il ne sache même plus partager l'espace. Dans l'autre, il vénère le mystère, l'intelligence, l'élégance, la fidélité animales. Dans l'un, il écrit une lettre d'excuse à chien que son maître vient d'abandonner lâchement, dans l'autre, le courrier d'adresse à un chien d'aveugle à la retraite, ce chien qui a toujours suivi la route de son maitre et non sa propre route. Bref, j'en passe et des meilleurs ou des plus tristes, comme les mille vaches qui ne voient jamais le ciel... D'ailleurs les chapitres aux sujets douloureux sont entrecoupés de "petites leçons de savoir vivre avec les animaux" très amusantes, et terriblement éloquente sur la réalité, mais qui détendent l'atmosphère. Au fil des pages, les chasseurs, les braconniers, les maltraitants et Descartes (pour qui les animaux n'avaient ni âme ni intelligence) en prennent pour leur grade ! Fournier invite à la recherche des pistes pour penser une nouvelle alliance avec le sauvage.

Le tout est écrit avec un style jouissif, qui alterne dérision, humour, tendresse, amour, ironie, causticité, colère... Mais cela prend toujours aux tripes ! Ca se lit comme un bonbon, parfois avec la douceur du sucré parfois avec l'acidité d'autres friandises qui nous font fermer les yeux.

Un énorme coup de coeur pour cet ouvrage, à lire, relire, à offrir à ceux qui aiment les animaux mais qui ne renoncent pas à en manger de temps en temps, mais aussi à ceux qui n'ont aucune conscience du bien fait animal ou de la condition animale de notre époque.

J'ai lu une partie de ce livre avec ma chatte Aya tout contre moi... A un moment, écoutant les conseils de Jean-Louis Fournier, je lui ai dit "merci d'exister", pour changer des "ma toute belle, ma choupinette amour etc..." Et bien Aya a compris... la preuve, elle a cligné des yeux à l'écoute du mot "merci" ! Merci à mes 3 chats d'exister, car vraiment, ils ont changé ma vie, sans doute sans s'en rendre compte, juste en "étant".

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 11 Novembre 2020

Paule constant, roman, des chauves-souris des singes et des hommes, avis, chronique, afrique, ébola

Roman - Editions Ecoutez Lire - 3h56 d'écoute - 15.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2016

L'histoire : Dans un village reculé d'Afrique, une petite fille recueille une chauve souris. Des garçons sont fiers de rapporté le corps d'un grand singe au dos argenté. Pas très loin, une médecin française arrive au dispensaire pour effectuer une campagne de vaccination. Et elle affrontera ce qu'elle n'avait jamais imaginé, car un mal pernicieux se propage sur le village et ses alentours.

 

Tentation : Pitch et couv'

Fournisseur : Bib N°2

 

Mon humble avis : Je suis triste, je pensais aimer tellement ce roman... Oh, au début, sa magie m'a belle et bien envoutée. J'ai senti la touffeur, la chaleur, l'atmosphère, les saveurs, les odeurs, les crépuscules de l'Afrique. 

Et puis, j'ignore ce qui s'est passé, ma concentration s'est délitée un peu plus à chaque chapitre, au point que je ne suis plus parvenue à suivre vraiment ni l'histoire, ni le destin et le rôle de certains protagonistes. Le roman est-il confus ? Le support audio (en voiture sur de courts trajets) ne m'a sans doute pas aidée.

Pourtant, le style est magnifique, proche du conte, et l'interprétation de Marie-Christine Barrault est douce et agréable.

J'ai tout de même saisi en grande partie ce que Paule Constant souhaite souligner et dénoncer dans ces pages... Les méthodes médicales françaises en Afrique de l'époque coloniale... Les méthodes actuelles qui souffrent encore de tant de faiblesses et d'inappropriations par rapport à la géographie et le climat des lieux, mais aussi par rapport aux coutumes et croyances locales. Exemple frappant : Agrippine, la médecin française, constate en effet que si les vaccins sont envoyés en nombre suffisant, ils ne sont accompagnés que d'une seule seringue... Une jeune mère subit une césarienne, l'enfant décède et est enterré par les soeurs du dispensaire. La vie de la mère est sauvée certes, mais cette jeune femme n'a plus aucun avenir ni respect dans son village, d'autant qu'elle y est revenue sans le corps du nourrisson.

Toute cette histoire se déroule au Congo, le long du fleuve Ebola... Inutile donc de préciser la nature du mal pernicieux et alors inconnu qui s'abat sur ses riverains...

Voilà ce que j'ai pu retenir de cet ouvrage, qui je pense, régalera certainement les amateurs des très belles littératures, si celles-ci usent des conditions adéquates de calme et de disponibilité pour l'apprécier à sa juste valeur. Mais rendez-vous manqué pour moi. Dommage.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 7 Novembre 2020

L'enfant céleste, roman, Maud Simonnot, rentrée littéraire septembre 2020, avis, chronique, critique, île de Ven, Suède, Tycho Brahe

Roman - Les éditions de l'Observatoire - 166 pages - 17 €

Parution le 19 août 2020 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Sensible et rêveur, Célian ne s'épanouit pas à l'école. Sa mère, Mary peine à se remettre d'une rupture amoureuse. Ensemble, ils partent s'extraire du monde sur une petite île mystérieuse et mythique en mer Baltique : L'île de Ven. C'est sur Ven qu'a vécu Tycho Brahe, célèbre astronome du VIème siècle, qui y recartographia complètement le ciel. Tycho Brahe est aussi l'homme qui aurait inspiré Hamlet !

 

 

Tentation : Les conseils de ma nouvelle libraire

Fournisseur : Ma CB à ma nouvelle petite librairie

 

Mon humble avis : J'aime les histoires qui m'amènent en des lieux que je ne connais pas, voire même dont j'ignore l'existence, puisque tout est à découvrir et à imaginer. Et quand ce coin du monde est une île, je savoure encore plus. Avec ce roman, j'ai accompagné Mary et Célian sur l'île suédoise de Ven, qui fut en son temps Danoise et habitée par un scientifique renommé et déterminant, dont je n'avais jamais même entendu le nom : l'astrophysicien Tycho Brahe ! Un homme passionné au destin tragique, un homme à double face, contemporain de William Shakespeare qui se serait inspiré de lui pour créer la pièce d'Hamlet. Le roman de Maud Simonnot est bien documenté et assez érudit sur ces questions, mais dispense toujours une belle aura poétique.

L'histoire est assez classique mais elle est admirablement bien développée. L'écriture onctueuse la romancière enveloppe de sa délicatesse, de sa douce mélancolie, de son travail qui en fait un bijou bien poli. Elle convoque les sens qui s'exacerbent au coeur de cette nature isolée et préservée en pleine mer. On pourrait dire que "tout y est luxe, calme et volupté". Elle nous emmène dans les cieux étoilés avec poésie et onirisme.

Sur cet île, Mary et Célian vont s'apaiser... en menant en vie simple, calme, entourés de quelques îliens. La mère va évacuer les dernières douleurs d'une séparation amoureuse, et le fils va enfin trouver un environnement digne de lui, adapté à ses connaissances, sa curiosité, son envie d'en savoir toujours plus. Célian, l'enfant surdoué qui s'ennuie à l'école, va enfin s'épanouir simplement mais pleinement, aux contacts des éléments et de quelques personnes bien intentionnées, à l'écoute et surtout, qui ont du répondant instructif.

Avec ce magnifique roman (qui fit partie de la première sélection du Goncourt), Maud Simonnot nous murmure avec finesse et pudeur l'importance de prendre le temps d'observer l'infiniment grand comme l'infiniment petit, de découvrir ce qui est invisible à l'oeil pressé,  de percevoir le mouvement dans l'immobile ou l'immuable, d'être conscient de ce qui nous entoure. Il faut parfois s'extraire de notre monde qui ne laisse ni place ni temps au réel épanouissement individuel pour grandir, pour se défaire de ses blessures, renaître et se reconnecter autant à soi-même qu'au monde. La tête dressée vers le ciel permet de se dresser, de se redresser.

Un très beau roman, une parenthèse où fantasme et imaginaire n'ont pas de limite, et une ode à la nature... tout en douceur.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Octobre 2020

roman Ciao Bella, Serena Giuliano, Italie, avis, chronique, critique

Roman - Editions Pocket - 271 pages - 6.95 €

Parution d'origine au Cherche-Midi en mars 2019

L'histoire : Anna est angoisée phobique... De tout, de l'autoroute jusqu'aux pommes de terre germées ! Elle doit affronté une deuxième grossesse alors que son premier accouchement fut une véritable épreuve qui aurait pu mal finir. Aussi, la voilà à pousser la porte d'une psy et à fouiller les origines de ses phobies dans son enfance italienne, son déracinement, l'abandon de son père, les violences de celui-ci envers sa mère. C'est donc à une reconstruction que nous assistons au fils des séances psy et des années, jusqu'à un bel épanouissement !

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Les étagères d'Armelle, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis : Cette aussi belle qu'intrigante couverture irrigue la blogo et les étals de librairies depuis plus d'un an. Aussi quand l'occasion de plonger dans ces pages s'est présentée, je me suis dit "Banco".

Et aucun regret, ne boudons pas le plaisir de se faire plaisir dans une relative légèreté. Je dis relative, car ce roman est bien plus profond qu'il n'y paraît. C'est d'ailleurs ce que semble nous dire la couverture : ne pas se fier aux apparences, et regardez bien sous la surface, où se cache la vérité des êtres et leur histoire.

Oui, le style peut paraître assez simple, mais il est soigné, agréable et vraiment pétillant. Il laisse une place de choix à l'humour, la dérision et l'autodérision. Aussi, entre deux passages très émouvants et même assez difficiles psychologiquement parlant, et bien on ne se prive pas de rire et d'apprécier les bons mots, les bonnes expressions de la romancière et sa façon de montrer du doigt les incohérences de notre époque. 

Chaque séance de psy est l'occasion pour Anna de plonger dans son passé et d'analyser son présent pour grandir et vivre mieux. Pour Serena Giuliano, c'est l'occasion d'aborder des sujets sensibles et actuels tels que la violence conjugale, l'inégalité des femmes, notamment dans le domaine professionnel, l'exil et l'intégration, le racisme. Suite à la séparation de ses parents, Anna l'adolescente italienne s'est retrouvée à vivre dans l'Est de la France. Aussi, ses souvenirs nous emmènent souvent en Italie et l'on goûte avec plaisir aux saveurs, au soleil, aux us et coutumes de cette région méditerranéenne.

Il a manifestement beaucoup d'autofiction dans ce livre. Car comme son personnage Anna, Serena Giuliano s'est fait connaître d'abord sur les réseaux sociaux puis via un blog dédié aux "Mamans en déroute". Ciao Bella est son premier roman, et je mettrais ma main au feu que cela ne sera pas le dernier.

Ciao Bella est donc un roman finement et astucieusement ficelé, qui alterne émotions et fous rires et cela fait du bien. Des personnages qui se relèvent et trouvent leur voie, qui n'oublient pas d'où ils viennent et qui vont apprendre à pardonner en écoutant l'autre, et en s'écoutant soi-même. On le déguste autant qu'on le dévore, donc cela mérite un coup de coeur pour une chouette histoire "décomplexante" et de bons moments de lecture !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Octobre 2020

David Foenkinos, Littérature, Rentrée Littéraire 2020, La famille martin

Roman - Editions Gallimard - 240 pages - 19.50 €

Parution le 1er octobre 2020, Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Le narrateur est romancier et subit une fâcheuse panne d'inspiration... Alors, il décide alors de descendre dans la rue : la première personne rencontrée deviendra l'héroïne de son prochain roman. Il s'exécute, rencontre Madeleine Tricot, qui lui présente sa fille, Valérie Martin. Le narrateur pénètre alors au coeur de cette famille (Valérie, Patrick, Lola et Jérémie) somme toute banale, ce qui ne sera pas sans conséquences.

 

 

Tentation :J'adore Foenkinos, je le guette, je l'attends

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Quel plaisir de retrouver l'univers charmant, frais, lunaire et décalé de David Foenkinos, sa fantaisie, ses manies d'écritures, ses sujets obsessionnels et son style bien à lui, son observation de détails qui semblent insignifiants mais qui, sous sa plume inimitable, deviennent des vérités capitales et souvent très drôles. Ces aspects-là s'étaient fait plus discrets dans les derniers opus de mon écrivain chouchou. 

La famille Martin est un roman original XXL, qui se déguste et se dévore en même temps. Certes, ce n'est pas le chef d'oeuvre du siècle mais le moment de lecture est savoureux, distrayant et très émouvant. J'ai lu sur la page FB de Gallimard que cette histoire est vraie, Foenkinos, lassé de la fiction, avait annoncé à son attachée de presse qu'il fonctionnerait ainsi pour son prochain roman. Après, où s'arrête la réalité de la fiction et la fiction de la réalité, je n'en n'ai aucune idée. Mais cette forme romanesque tient vraiment la route. La Famille Martin nous démontre évidemment que la réalité dépasse bien souvent l'imagination fictionnelle, et que tout le monde, vous, moi, peut devenir un personnage de roman. Il s'agit d'observer différemment, et de maîtriser l'exercice de l'écriture, du rythme etc... 

Et c'est ce qui va se passer dans ces pages, tant les confidences et l'évolution, voire les bouleversements qui surgissent dans la famille Martin dépassent les espoirs du romancier en quête d'inspiration ! Evidemment, pour notre narrateur, il n'est pas simple de rester neutre, de garder sa place d'observateur ! Bref, observer et recueillir l'intime sans y participer, dur, dur, notre romancier va être mis à rude épreuve. Et des personnages vivants et libres ne sont pas toujours évident à gérer !

Tout ceci ressemblerait presque à une chouette comédie de boulevard, sauf qu'en s'intéressant à des personnages réels, en entrant dans leur vie, Foenkinos est évidemment confronté à leur vrai quotidien, à leurs vrais problèmes... Qui peuvent être ceux de chacun d'entre nous : l'usure du couple, l'adolescence, le harcèlement moral et psychologique au travail, la routine, les souvenirs, les amours manqués. Foenkinos s'attaque donc avec justesse et fausse légèreté aux contradictions et maux sociétaux de notre époque. Mais n'ayez crainte, il n'oublie pas de nous parler d'amour, de la très belle relation touchante qu'il noue avec Madeleine. C'est vrai quoi, après tout, un auteur irait bien au bout du monde pour un de ses personnages ! Je n'en dis pas plus, et vous laisse découvrir.

Juste un petit bémol... j'ai trouvé quelques longueurs dans le schéma narratifs. En effet, chaque soir, l'auteur reporte par écrit ce qu'il a appris sur ces personnages. Sauf que juste avant, les rencontres avec ces derniers sont contées... Cela amène des redondances pas toujours utiles à mes yeux. Ah oui, j'allais oublier... Etant donnée la forme de ce "faux roman", il est évidemment souvent question du travail du romancier, la part de réalité et de fiction dans chaque livre.

En tout cas, ce fut un plaisir de retrouver mon chouchou dans cette histoire résolument optimiste et tendre ! Car non seulement, la famille Martin ne s'en sort pas mal, mais le romancier pense renouer avec la fiction... Ce qui annonce de belles heures de lecture dans les prochaines années !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Octobre 2020

Grégoire Delacourt, Danser au bord de l'abîme, roman, littérature, critique, avis, chronique

Roman - Editions Audiolib - 6h54 d'écoute - 19.45 €

Parution d'origine chez JC Lattès en décembre 2016

L'histoire : Emma vit à Bondues, travaille à Lille. Mère de trois enfants, elle dépasse juste la quarantaine. Lors d'un déjeuner dans une brasserie, elle croise le regard d'un homme. Aussitôt, elle sait. Elle sait qu'elle irait pour lui au bout du monde, au bout d'un monde, même s'il n'est pas très loin.

 

 

 

Tentation : Pourquoi pas

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Il est plus subjectif que jamais ! Car je reconnais qu'il y a là une véritable oeuvre, formidablement écrite et l'antagonisme et la force dévastatrice des sentiments très bien analysés. Mais voilà, je ne suis pas (ou plus) faite pour ce genre de roman, à moins que ce soit ce genre de roman qui ne soit plus fait pour moi... Ce qui revient au même résultat.

Les histoires d'amours passionnelles ne m'émeuvent plus, pire, elles m'agacent... Surtout quand tout y est si délicat, si subtile, si contemplatif, si minimaliste dans les échanges, si implicite, si intérieur... et si maniéré dans les descriptions qui en sont données. Les lèvres à peine effleurer une fois décident de tout quitter : travail, enfants, mari. Personnellement, je trouve cela très romanesque... mais je n'y crois pas trop, où je ne comprends pas (plus), cette confiance aveugle et ce don total de soi. Ceci représente la première partie du roman, première partie qui n'est pas épargnée par les drames présents ou passés.

La deuxième partie n'est pas plus joyeuse et je l'ai vraiment subie, puisqu'elle m'a "obligée" à revivre une expérience douloureuse : une longue agonie suite à un cancer. Dans le livre, celui d'Olivier, le mari d'Emma. Dans ma vie, celle de mon père, il y a vingt-cinq ans... Que je n'ai pas su vivre correctement à l'époque (si toute fois il y a une façon correcte d'affronter ce genre de situation) et que je n'ai pas envie de revivre, même en littérature. Grégoire Delacourt ne lésine pas sur les détails de cet déchéance (in)humaine et pourtant, parvient à mettre de la poésie là où pour moi il n'y en a pas. Et que c'est long ! A croire que Grégoire Delacourt aime se regarder écrire. D'ailleurs, je n'ai pas apprécié le style de narration choisi par l'auteur... Un décompte numéraire qui annonce chaque petit chapitre, puis ensuite, un compte progressif jusqu'à la fin... Je n'en n'ai pas compris l'utilité, sauf que cela alourdit l'ensemble. Reste le parallèle avec l'histoire de la chèvre de Monsieur Seguin qui ne profite qu'une journée de sa liberté. Assez sympa.

Bref, je n'ai ressenti aucune empathie pour Emma, qui au contraire m'a agacée au plus haut point. Les personnages secondaires (surtout ceux de "L'hôtel de plein air) sont caricaturaux. Je n'ai pas adhéré à ce roman sur l'adultère, l'envie de liberté, la passion, le désir mais surtout la maladie et m'y suis ennuyée. Pas pour moi donc, trop irréaliste et trop de pathos. Pas d'émotion ni d'instruction à travers cette lecture pour moi. Dommage. J'avais tant aimé la fraîcheur "La liste de mes envies", je n'ai jamais retrouvé un tel plaisir de lecture avec les autres romans de Grégoire Delacourt qui j'ai pu lire depuis.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 16 Octobre 2020

Roman, Sophie Tal Men, Avis, chronique, critique, Qui ne se plante pas ne pousse jamais, bretagne, cap fréhel

Roman - Editions Livre de Poche -285 pages - 7.70 €

 

Parution d'origine chez Albin Michel en 2019

L'histoire : Avant que la maladie ne l'emporte, Jacqueline voudrait s'assurer que Margaux sa petite fille et Alexandre, son petit fils d'adoption, soient heureux, biens dans leur tête et dans leur vie, sur le bon chemin. Il y a un peu de travail, Jacqueline s'y emploie donc !

Tentation : Pourquoi pas, une si joyeuse couverture !

Fournisseur : Les étagères d'Armelle, merci pour le prêt !

 

 

 

 

Mon humble avis : Un roman où il est tant question de chocolat ne peut pas faire de mal ! Le chocolat, mon pêché mignon, noir à 72% et en carrés ! Bon, le chocolat de Margaux est un peu plus élaboré puisqu'elle est commerciale internationale pour son maître chocolatier de père. Il n'empêche, ce roman gourmand excite les papilles gustatives et nous offre, en bonus de fin, quelques recettes à expérimenter !

Quid de l'histoire en elle-même ? Je ne suis pas déçue, je n'attendais pas autre chose que ce que j'ai trouvé dans ces pages. Une lecture tranquillou, reposante, bon enfant, avec de belles valeurs morales, divertissantes, bref, agréable à lire... Mais qui ne révolutionne pas la littérature, d'ailleurs ce n'est pas son ambition. Le scénario de base est du style "déjà lu" et le développement relativement attendu et la fin... logique ! Mais peu importe... Toutes les littératures ont quelque chose à offrir ou à apporter. En l'occurrence, j'ai regardé ma vie à travers le prisme des mots de Sophie Tal Men et de ses personnages. Le titre déjà, peut être considérer comme étant à double sens... Oui, sans erreur, on n'apprend rien, on n'évolue pas... Et également, difficile de se déployer si l'on ne plante pas un minimum de racine. Et puis il y a le célèbre leitmotiv du roman : "La vie, c'est comme une boite de chocolats, on ne sait jamais sur quoi on va tomber". Sophie Tal Men décline en différentes versions la deuxième partie de la phrase... Et chacun est libre d'en faire autant... Et ma vie, depuis le déconfinement, est comme une boite de chocolat : pleine de possibilités, de saveurs, d'inconnu, de choses et de lieux à découvrir... Et ceci, presque sur mes genoux. En tout cas, dans un rayon de 150 kilomètres de chez moi, et j'avoue, je profite un max et découvre enfin correctement ma région, parce que j'en prends le temps de profiter et d'apprécier ce que j'ai près de chez moi, que je me plante un peu, je m'éparpille moins ! Bref, je pioche dans ma région comme dans une boite de chocolats ! Et je mets plein de petits extras dans mon ordinaire, comme conseillé par Jacqueline dans le roman. D'ailleurs, une bonne partie de cette histoire se déroule dans les environs du Cap Fréhel en Bretagne où je suis retournée il y a quelques jours... Donc visualisation totale des lieux pour moi !

Je ne vais pas ergoter dans un sens ou dans l'autre : une lecture sympathique entre deux romans plus conséquents.

 

La fameuse fauconnerie du Cap Fréhel... Désertée de ses occupants en cette saison !

La fameuse fauconnerie du Cap Fréhel... Désertée de ses occupants en cette saison !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 14 Octobre 2020

2084 la fin du monde, roman, avis, chronique, religion, critique, islam radical, Boualem Sansal, dictature

Roman - Editions Ecoutez lire - 7h56 d'écoute - 18.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2015

L'histoire : L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, "délégué" de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l'amnésie et la soumission au dieu unique. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l'existence d'un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la Religion...

Tentation : La blogo à l'époque

Fournisseur : Bib N°3

Mon humble avis : Il y a dans ce titre une référence évidente à 1984, de George Orwell... Que je n'ai toujours pas lu, donc je ne ferai aucun autre parallèle entre ces deux oeuvres dans ce billet.

Difficile de chroniquer un tel roman, quelque part trop cérébral et alambiqué par rapport à ce que je suis. La narration, assez nébuleuse n'est d'ailleurs pas évidente à suivre. Elle nécessite une grande concentration, notamment pour repérer chaque personnage et les situer dans la "hiérarchie" de l'Abistan. Dans ce cas, la lecture audio, qui empêche les retours faciles aux pages précédentes, n'est sans doute pas idéale. Pour être honnête, j'ai fini par renoncer à suivre les tenants et les aboutissants de l'histoire, les pérégrinations d'Ati et de son compagnon, et leurs multiples rencontres. Bref, je serais bien incapable de raconter ce livre si l'on me le demandait.

Et pourtant, j'ai pris un plaisir immense à cette lecture ! Etrange non ?! C'est que le sujet de fond me passionnait, et que j'étais admirative du talent de l'auteur pour mettre en mots, en humour, en puissance, en absurde, en glace, en sagesse, en rage, tous les faits qu'il évoque et dénonce. Chaque paragraphe énonçant et expliquant un nouvel aspect des dictatures, avant tout religieuses ici (mais cela peut aussi fonctionner sans dieu (la preuve en Corée du Nord), me lançait comme des décharges inspirantes et invitantes à la réflexion, au développement. En quelques sortes, j'ai eu l'impression d'un flash back dans mes années philo du lycée. Si je n'avais écouté ce livre en me baladant, j'aurais répondu aux démangeaisons de mon cerveau qui turbinait, qui s'éclatait dans toutes ses réflexions et de mes doigts : j'aurais ressorti des copies doubles, un stylo plume, et je me serais éclatée à disserter des heures sur ces sujets.

Dans ce roman d'anticipation, conte philosophique moderne, Boualem Sansal invente un Etat théocratique. A travers l'histoire, le quotidien et les réflexions de ses personnages, Sansal dénonce ces dictatures religieuses, et surtout, l'extrémisme religieux sous toutes ses formes et toutes ses conséquences. Certes, on comprend très vite que c'est l'Islamisme qui est pointé du doigts - puisqu'hélas, des actes rappellent ceux de Daesh - mais les critiques de l'auteur s'adaptent à toute religion monothéiste, donc aussi au catholicisme. Pour détailler la mise en place et le fonctionnement de ses dictatures, Boualem Sansal développe de nouveau sujet telle que le pouvoir, la soumission, pensée unique, l'ignorance, la mécréance, la croyance, la foi, la peur, la domination, pensée, contre-pensée, la délation, liberté, aveuglement, répression, révolte, confort de la méconnaissance, manipulation, frontière, guerre, mensonge, j'en passe et des meilleurs. Ca commence en 2084, mais bien des réalités sont actuelles, ou s'adaptent hélas déjà très bien à notre époque.

2084. La fin du monde... Un étrange roman aussi riche que confus où il est difficile d'y voir clair et où, pourtant, le message est d'une limpidité lumineuse et brillante. Pas impossible que je me l'achète en version papier, pour m'y replonger à des endroits précis, et laisser mon cerveau s'éclater, à se faire des noeuds, à sursauter de clairvoyance, à développer les évidences pour son propre plaisir !

« ... nous avons inventé un monde si absurde qu’il nous faut nous-mêmes l’être chaque jour un peu plus pour seulement retrouver notre place de la veille » 

« Les plus dangereux sont ceux qui ne rêvent pas, ils ont l'âme glacée… »

"La religion fait peut-être aimer Dieu mais rien n'est plus fort qu'elle pour faire détester l'homme et haïr l'humanité."

"La patience est l'autre nom de la foi, elle est le chemin et le but, tel était l'enseignement premier, au même titre que l'obéissance et la soumission, qui faisaient le bon croyant."

"Mécroire, c'est refuser une croyance dans laquelle on est inscrit d'office"

"Croire que l'avenir nous appartient parce qu'on sait est une erreur courante."

"La soumission engendre la révolte et la révolte engendre la soumission : il faut cela, ce couple indissoluble, pour que la conscience de soi existe."

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 10 Octobre 2020

Sorj Chalandon, la légende de nos pères, roman, critique, avis, chronique, résistance, deuxième guerre mondiale.

Roman - Editions Livre de Poche - 254 pages - 7.20 €

Parution d'origine chez Grasset en 2009

L'histoire : Mr Frémaux est biographe. Il met en forme et en mots les vies que ses clients lui racontent. Il est aussi le fils de "Brumaire", un ancien résistant décédé vingt-six ans plus tôt. Il n'a jamais rien su des exploits de son taiseux de père. Lupuline le contacte : elle souhaite que Frémaux rédige la biographie de Beuzaboc, son père âgé de 83 ans, pour témoigner de ses multiples actions de soldat de l'ombre durant la deuxième Guerre Mondiale. Frémaux rencontre Beuzaboc une heure chaque semaine, écoute, écrit... Et s'interroge. Il doute. Quelque chose ne tourne pas rond... 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Cela fait si longtemps que j'attendais une lecture qui agisse autant sur moi, qui m'ébranle, et la voici ! Alors qu'elle m'attendait dans ma PAL depuis huit ans ! Un roman brillant, brûlant, puissant.

La magie Chalandon a de nouveau opéré, comme avant, dès les premières phrases, courtes, qui frappent, qui nous aspirent, et qui inspirent de suite un silence respectueux... comme si l'on pénétrait dans un mausolée. Et puis il y a ces mots choisis qui claquent, que l'on est étonné de voir accolés et qui confirment que nous sommes dans de la très belle littérature. Nous voilà captifs de cette histoire qui se déroule dans une touffeur épaisse, alourdie par la canicule de l'été 2003, qui semblait tout figer, ralentir et exacerber. Les rencontres hebdomadaires entre le biographe et son client se tiennent dans l'appartement de ce dernier : les volets sont clos pour que ne pénètre pas la chaleur, il fait sombre, un ventilateur ne ventile pas grand-chose, pas même les silences ni la tension qui s'installe. Le vieux est dans son fauteuil. Il raconte. Mais il ne semble pas être là, dans ce passé aussi héroïque que douloureux qu'il évoque. Le biographe s'interroge. Que se passe-t-il ? Où sont les tripes et la sueur du vécu ? Au fils des séances, c'est vers un bras de fer et un chaos que les deux hommes se dirigent. Le lecteur retient son souffle, car il règne un réel suspense, et s'interroge sur les motivations de Beuzboc et de sa fille. Se jouent-ils de Frémaux ou au contraire, lui permettent-ils de retrouver les traces de son père défunt ? Tout est poignant, tout est juste.

Pourquoi ce roman m'a-t-il tant remuée ? Déjà, parce qu'il se tient à Lille et ses environs, ma région d'origine, mes racines, mon sang, ma façon d'être. Et j'ai pris conscience que je ne me suis jamais vraiment interrogée sur ce qu'y était la vie pendant la deuxième Guerre Mondiale, sur les grands agissements de la résistance, les drames, les massacres qui y ont eu lieu... A l'école, on vous apprend Pearl Harbour mais pas les faits de votre région... ces faits qu'ont vécu nos grands-parents (pour qui est de ma génération). Mes deux grands-pères ont fait la guerre. Mais de leur guerre je ne sais rien, sauf qu'ils ont été faits prisonnier en Allemagne. Une phrase pour une guerre de cinq ans et deux grands-pères. Ce vide, cette méconnaissance m'a soudain pris à la gorge et m'a donné le vertige, comme devant un gouffre. Qu'ont-ils subi au jour le jour, avant, pendant, après qu'ils soient prisonniers. Je me suis même demandé : "ont ils dû tuer" ? Est-ce que cela les a hantés jusqu'à leurs derniers souffles ? Rien, je ne sais rien, parce que la vie est mal faite. A l'âge où j'aurais pu questionner mes grands-pères, saisir l'importance de ce qu'ils avaient traversé et les conséquences sur ma propre liberté de vie, ils n'étaient plus. J'étais en primaire (CE2, puis CM1 pour mon grand-père paternel). Trop jeune pour m'intéresser, et puis sans doute aussi que la société en général cherchait alors à protéger sa jeunesse de l'horreur qui n'était pas encore si lointaine dans le temps ? J'ai l'impression que lorsqu'on est gamin, si on a la chance de ne pas vivre la guerre, on ne la conceptualise pas du tout. Je le regrette infiniment, mais Chalandon recouvre ici quelques brèches. Bref, les visages de mes grands-pères m'ont accompagnée tout au long de ma lecture.

Au-delà des sujets de la résistance et de la transmission entre les générations, les sujets majeurs de ce roman sont évidemment le mensonge et son contraire, la vérité. Quand l'une prend la place de l'autre, ou se confond avec son opposé. Le mensonge est il tout de même un crime s'il permet de rendre hommage aux oubliés, aux discrets, s'il leur redonne vie ? Comment se sortir d'un mensonge qui vous a construit aux yeux des autres ? Faut-il en sortir, s'il apporte un certain confort à l'entourage, qui lui aussi s'est édifié sans le savoir autour de celui-ci ? Vraiment ? Et si tout n'était que légende, et que, c'est bien connu, une légende sert toujours une vérité ? Toutes les réponses dans ce bouleversant roman de Maître Chalandon ! 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 22 Septembre 2020

Tonino Benacquista, Homo Erectus, Roman, littérature, avis, chronique, critique

Roman - Editions Folio - 305 pages - 8.00 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2011

L'histoire : Et s'il existait, au coeur de Paris, une société secrète où les hommes puissent enfin confier leurs dérives sentimentales, leurs expériences rocambolesques, leurs fantasmes inavouables sans subir les reproches féminin ni la pression sociale ? Une société où il est interdit d'interrompre, de juger. Juste prendre la parole devant ses pairs ou écouter. Il est interdit de parler de cette société aux autres, sauf à ceux qui pourraient en avoir besoin.

C'est dans cette société secrète que nous rencontrons Denis, Philippe et Yves.

 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : C'était avant même l'ouverture de mon blog, il y a plus de 12 ans, une connaissance me conseillait chaleureusement de lire Tonino Benacquista. Quelques années plus tard, j'acquerrais ce roman et le voici enfin lu. Oui, il me faut parfois du temps... La cause, la profusion des possibilités de lecture !

J'ai bien apprécié ce roman de Tonino Benacquista, avant tout, pour son élégance. Celle de sa narration, celle de son style soigné, celle de son auteur qui ne juge pas ses personnages. Il leur laisse le choix de se tromper, de se contredire, de s'essayer sur d'autres chemins que ceux tracés, quitte à se rendre compte qu'ils s'éloignent de ce qu'ils sont intrinsèquement. 

C'est dans cette société secrète que se rencontrent Yves, Philippe, et Denis. Cette société est leur seule connexion, suivie du verre qu'ils aiment partager après chaque séance hebdomadaire. Et c'est autour de ces 3 personnages que Benacquista construit son roman... L'avant, le pendant et l'après de ces trois hommes qui vivent un bouleversement dans leur vie et tentent de se redresser. Ils sont en reconstruction.

La vie de Denis, serveur en brasserie, est un désert sentimental et sexuel. Aussi, est-il convaincu que toutes les femmes se vengent sur lui des méfaits que les hommes leur font subir. Il sombre dans la dépression jusqu'à ce qu'une intruse s'installe chez lui. Etrange, qui est-elle, pourquoi est-elle là ? Yves, poseur de vitre, vient de rompre avec sa femme qui l'a trompé avec un gogo dancer. Fini pour lui l'engagement et les promesses, désormais, Yves ne fréquente que des prostituées qui lui permettent de découvrir Les femmes. Philippe, penseur philosophe, a du mal à oublier Juliette... Jusqu'à ce que Mia, LA super top model reine du monde et du papier glacé, l'invite dans sa vie. Tonino Benacquista explore donc les comportements masculins et leurs problématiques dans une société qui donnent trop de modèles où ils perdent leurs repères, en cherchent de nouveaux. Le romancier pointe du doigt les préjugés, les à priori, la surmédiatisation, dans un roman aussi sensible que discrètement et finement drôle, se moquant parfois gentiment de ses personnages pour les admirer ensuite. C'est qu'ils sont attachants ses trois hommes abîmés. Celui qui m'a le plus touchée d'ailleurs est Yves, celui qui se cherche dans les bras de femmes de joie... Celui qui pourrait paraître pour le moins vertueux mais qui révèle en fait toute la bonté et l'énergie qui dormait en lui pour se rendre extraordinaire.

Ah les hommes, dur de les comprendre ! Mais, comment ? Oui, Tonino Benacquista achève son roman de façon tout à faire égalitaire. Et oui, les femmes ne souffriraient elles pas des mêmes maux que le sexe opposé ? Oui, chacun(e) souffre d'être encombré(e) de soi-même et du poids d'une société qui impose ses codes. Et chacun(e) ne fait-il (elle) pas de son mieux ?

"En fait, il s'était lancé dans un essai sociologique qui décrivait l'homme contemporain harcelé par des injonctions de toutes sortes et qui, à force d'être à l'écoute de son époque, n'était plus à l'écoute de lui-même. En ce XXIème siècle de surinformation, on l'exhortait au bonheur, on le contraignait au plaisir, on lui imposait le beau, on le condamnait au juste, on lui définissait la quantité de normes dont il craignait d'être exclu."

Bref, un roman original, intelligent, caustique, parsemé de moments savoureux, et classe !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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