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Publié le 29 Août 2020

Fabcaro, Carnet du Pérou, BD, récit de voyage, humour, avis, blog, chronique

BD - Editions Six pieds sous terre - 93 pages - 13 €

Parution en 2013

Le sujet : En 2011, Fabcaro rencontre en France une jeune plasticienne originaire de Cuzco, au Pérou. Dès lors, Fabcaro n'a plus qu'un objectif, aller visiter ce pays et faire un carnet de ce voyage, pour sortir de son habitude : la BD humoristique. En effet, l'auteur est en pleine crise existentielle !

tentation : Le titre et l'auteur

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Me voici bien bête à l'instant, mais du coup, moins perplexe qu'en terminant ma lecture... J'apprends tout juste qu'en fait, ce carnet de voyage est un faux et que, comme Hergé, Fabcaro n'a jamais mis les pieds aux pays des Incas. Bref, cet album est un pastiche, une parodie des carnets de voyages. Donc tout s'explique pour moi qui n'était que partiellement conquise par ma lecture... puisqu'en effet, ça part un peu dans tous les sens et devenait un peu lassant... manquant sans doute justement d'originalité et de profondeur. Mais si je n'ai pas compris ou remarqué la facétie, est-ce que cette lecture est une parfaite réussite de la part de l'auteur ou un cuisant échec pour moi, je n'en sais rien. Bref, la bonne blague... je me suis "fait eue"... N'empêche que me voilà bien maintenant, tout ce que je m'apprêtais à écrire sur "Carnet du Pérou" tombe à l'eau, si je ne veux pas me noyer dans mon ridicule !

Mais finalement, le côté fake fait que l'on retrouve bien le talent de l'auteur pour tourner pas mal de chose en dérision, et surtout en autodérision, le tout avec un humour qui frise souvent le cynisme.

Si on lit cet album au deuxième degré, voire au quatrième, et non au premier comme je l'ai fait, on peut alors considérer que c'est une vraie réussite, un divertissement vraiment hilarant, déjanté même, qui pointe du doigt les poncifs et détails récurrents que l'on trouve bien souvent dans les carnets de voyages en tous genres.

Bon, ce qui me rassure, c'est que mon avertie blogo copine A Girl From Earth est tombée aussi dans le panneau (en 2014, sans doute que la supercherie n'avait pas encore été dévoilée ! ) Vous pouvez lire son billet ICI.

Jérôme a eu le nez fin, il a découvert le pot aux roses comme un grand !

Dans l'absolu, il faudrait que je relise l'album à la recherche d'indices de cette filouterie, mais je l'ai rendu cet aprem à la bib' ! 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Août 2020

BD - Gulf stream Editeurs - 72 pages - 15 €

Parution en janvier 2017

L'histoire :  Voilà Lucas. Lucas et ses yeux de chien battu. Lucas et ses mains moites, ses baisers trop mouillés. Lucas, qui n'a toujours pas compris qu'entre nous c'est terminé. Dégage, Lucas. Disparais ! Fous-moi la paix ! D'habitude, en soirée, je danse, je m'éclate. Ça me permet d'oublier les semaines en solitaire, le silence étouffant de cet appartement trop grand. Là, c'est le contraire. Je me sens étrangère. Pas intégrée. Désintégrée. 
 

 

Tentation : Couv et pitch

Fournisseur : Bib N°1

Mon humble avis : Curieusement, c'est la couverture très "girly" de cet album qui m'a attirée, alors que je suis tout sauf "girly" ! Et j'aurais dû me méfier de cette étonnante attraction. En effet, je ne suis pas du tout le public visé par l'éditeur. Disons que je ne suis concernée ni de près ni de loin par l'histoire, mais cela ne veut pas dire qu'elle soit mauvaise, bien au contraire.

Louane est une lycéenne brillante, cette année, c'est le bac. Alors que ces parents sont en longues vacances aux Etats-Unis, un test de grossesse lui confirme qu'elle est enceinte. Vient alors la panique, les angoisses, les questions, les prises de conscience et de décisions alors qu'elle est bien seule. C'est en Cécile, une élève qu'elle n'apprécie pas trop, qu'elle va trouver la meilleure épaule pour l'aider à traverser cette période difficile et, ensuite, à surmonter les traumatismes.

Il me semble que cet album, aux dessins agréables, qui reste plaisant à lire par quiconque, est avant tout un formidable outil pédagogique pour les parents, les jeunes filles ou les encadrants scolaires et/ou psychologiques pour soutenir des mineures qui se retrouveraient dans la situation de Louane. D'ailleurs, j'ai découvert en fin de lecture que "secret pour secret" fait partie d'une collection sur les maux du lycée, qui suit une autre collection sur les maux du collège (si j'ai bien compris, car je n'ai pas fait une thèse sur le sujet non plus !)

Personnellement, n'étant pas concernée par ces problématiques, ni de près, ni de loin, je ne compte pas poursuivre la découvertes de ces albums. Mais si vous l'êtes ou que la vie peut vous mener à le devenir, je vous encourage donc à aller vers ces albums qui pourront peut-être vous aider à comprendre et soutenir les adolescents qui vous entourent.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Juillet 2020

BD, Album, Manga, Japon, Chat, Le vieil homme et son chat, avis, chronique, vieillesse, deuil, amour

... N'ont plus peur des chiens

BD - Editions Casterman - 176 pages - 15 €

Parution en septembre 2018

L'histoire :  Daikichi, instituteur à la retraite et veuf, vit avec Tama, un chat de 10 ans. Ou bien est-ce Tama qui veille sur son vieux maître pour honorer une promesse faite à son épouse disparue ? Au fil des saisons et d'un quotidien fait de promenades paisibles, de repas partagés entre voisins de toujours et d'évocations des années passées, Daikichi et son chat s'entraident, se chamaillent, et s'adorent.

Tentation : Le titre et le mot "chat" évidemment

Fournisseur : Bib N°1

Mon humble avis : Derrière le pseudo "Nekomaki" se cachent quatre mains... Celles-ci nous emmènent dans une petite commune côtière du Japon, loin des grandes métropoles. Il y règne une atmosphère posée et chacun y mène une petite vie quotidienne paisible et régulière. 

L'histoire nous dira pourquoi ce village est la panacée pour les chats, puisqu'il n'y a plus de chien depuis longtemps là-bas, depuis la deuxième Guerre Mondiale.

Dans ce Manga, nous suivons le quotidien de Daikichi et de Tama, son chat de 10 ans, très bien nourri ! Et le tout, sur une année, au rythme des saisons, des floraisons etc...

C'est choupinou tout plein, c'est doux, c'est tendre, c'est émouvant, c'est aussi agréable à lire qu'à regarder. La connivence et l'amour entre Daichiki et son chat Tama fait du bien, elle touche autant qu'elle fait sourire, car évidemment, le félin est "croqué" sous toutes ces formes, toutes ses positions parfois improbables, ses manies, ses facéties, son caractère etc... Bref, le chat dans toute sa (ses) splendeur(s)... Ce pourquoi on aime tant ces animaux moustachus.

Cela n'en fait pas oublier les thèmes principaux de ce manga : La solitude, le deuil, la vieillesse... Mais les auteurs montrent tout cela avec délicatesse et finesse et surtout, prouve que toutes ces épreuves de la vie sont adoucies lorsque l'on a un chat qui nous tient compagnie, qui partage notre vie. Un être à vos côtés à aimer et qui vous aime. Comme il se doit, ces pages sont délicatement parsemée de culture et traditions nippones, notamment culinaires.

Bien sûr, si je les trouve en bibliothèque, je lirais les tomes suivants avec plaisir. Mais celui-ci peut tout à fait ce lire avec plaisir en one shot.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Juin 2020

BD, Formica, Fabcaro, Avis, Chronique, blog

BD - Editions Six pieds sous terre - 13 €

Parution en septembre 2019

L'histoire :  C'est dimanche, c'est le jour du repas en famille, tout le monde est ravi de se retrouver ensemble autour de la table. Alors que tout est prévu pour faire de ce rendez-vous un moment d'amour et de partage surgit tout à coup la question à laquelle personne n'avait pensé : De quoi on pourrait parler ?

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1 déconfinée !!!

Mon humble avis : Est-il possible d'écrire et de dessiner une bande dessinée entière sur des gens qui n'ont rien à se dire et se demande bien quoi se dire, le tout sans lasser le lecteur, voire même en l'amusant franchement ? Réponse OUI !

Défi relevé haut la main par Fabcaro, avec cette tragédie en trois actes, en trois lieux, en trois temps. Même si le deuxième lieu n'est que pour mériter la mention "en trois actes", puisqu'il s'agit de la salle de bain.

Bref, une famille se réunit, comme d'habitude, un dimanche midi.... Les grands-parents, leurs deux filles et gendres et deux petits enfants. Et quasiment tout au long de cet album, les personnages se demandent ce qu'ils pourraient bien se dire, cherche désespérément un sujet de conversation, quitte à voter à main levée pour le choix du sujet... A chaque amorce de conversation, c'est évidemment la cata... Soit les idées sont trop divergentes, soient trop semblables. Et puis surgit la concurrence entre gendres à qui a le mieux réussi dans la vie... selon l'Iphone dont il dispose. Bref, ça part complètement en live, en free style,  en burlesque, et même en ubuesque. Fabcaro ose tout, même quelques cadavres vite oubliés dans l'indifférence familiale. C'est caustique et incisif à souhait !

Le génie dans l'auteur est de tout dire et tout dessiner sans rien dire en fait. Au lecteur "d'analyser" cette caricature certes exagérée, mais bien sentie, de la société actuelle, de sa vacuité, du nombre de ses sujets tabous, de ses (non) repères, de l'ennui, de la langue de bois, de ses habitudes si rituelles et formatées qu'on ne sait même plus si elles font plaisir... Fabcaro montre à la loupe bien grossissante et déformante ce qui se passe dans certaines réunions de famille, ou ce que l'on aimerait parfois qu'il s'y passe. Ce qu'on dit, ce qu'on tait, ce qu'on pense si fort que cela s'entend. C'est vraiment jubilatoire, d'autant que cet album est servi par de très jolis dessins, qui parlent souvent d'eux-mêmes... Comme quoi, parfois, voir sans rien dire suffit à tout montrer ! Bref, l'esprit et la connivence familiale vus comme un leurre !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 4 Juin 2020

Place Tiananmen, juin 1989, BD, Chine, dictature, Printemps de Pékin

BD - Editions Seuil Delcourt - 102 pages - 17.95 €

Parution en avril 2019

Le sujet : 30 ans après 1989, le témoignage inédit d’un des leaders étudiants de l’occupation de la place Tiananmen à Pékin décrit comment se sont brisés les espoirs d’une génération et comment s’est façonnée la Chine contemporaine.

Voilà 30 ans, le 15 avril 1989, commence l’occupation de la place Tiananmen par

  les étudiants réclamant que la démocratie accompagne les réformes économiques. Le 4 juin, Deng Xiaoping envoie l’armée massacrer les étudiants rassemblés pacifiquement. Zhang Lun était en charge de l’intendance et du service d’ordre. Il livre pour la première fois son témoignage sur cet épisode crucial de l’histoire mondiale.

 

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Voici "encore" un album tellement nécessaire pour que l'Histoire ne tombe pas dans l'oubli. Et oui, le Printemps de Pékin, c'était en 1989, c'est déjà de l'Histoire... dont les répercussions ne sont pas encore terminées... Puisqu'il y a eu tant d'"autres Printemps" depuis, et surtout, quelques mois après, la Chute du Mur de Berlin.

Cette BD est très instructive, passionnante et émouvante à lire, car ma génération se souvient encore des images télédiffusées à l'époque, et notamment celle inoubliable de ce jeune étudiant chinois qui s'est dressé en pleine rue devant les chars (de l'armée de "Libération Populaire") pour les arrêter. Ce que l'on ne sait pas, ou plus, à notre époque, c'est que lorsque cette photo a été prise, une grande partie du massacre de la place Tiananmen avait déjà eu lieu. Si des journalistes internationaux se trouvaient alors sur place, c'est parce que quelque temps avant, avait lieu une rencontre historique entre Deng Xiaoping et Gorbatchev.

Cette oeuvre est très dense, d'autant plus que pour convenir au format BD, les événements sont condensés. Aussi, pour ma part, je n'ai pu la lire d'une traite. En prologue, un trombinoscope présente les principaux protagonistes d'alors (les bons, comme les méchants), sachant qu'au fil des pages, se glissent quelques personnages inventés pour dynamiser la présentation du sujet. Enfin, en post face, un cahier montre des photos et objets d'alors, revient sur un siècle d'histoire Chinoise et offre une analyse simple mais efficace de ces événements et de leur perception internationale....

Ce que l'occident n'a peut-être pas vraiment compris à l'époque, c'est que le Printemps de Pékin n'était ni une révolte (puisque les étudiants sont restés pacifiques, employant la grève de la fin) ni une révolution. Le peuple réclamait juste plus de démocratie et l'occupation de la place Tiananmen découlait de l'espoir suscité par le Parti politique lui-même alors que les réformes stagnaient.

L'un des auteurs, Lun Zhang, témoigne en fait de ce qu'il a vécu, puisqu'il était au premier rang des étudiants de l'époque et très parti prenante dans le mouvement. Il fit partie des 21 leaders du mouvement les plus activement par le gouvernement Chinois. Il a fui la Chine via Hong Kong, avant d'arriver en France, où il a refait sa vie.

Tiananmen 1989 est donc bien évidemment un BD à mettre dans toutes les mains, dès l'adolescence, une BD plus que nécessaire pour éviter l'oubli de l'Histoire et sans doute sa répétition.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Mai 2020

BD Les petites victoires, Yvon Roy, avis, blog, chronique, autisme

BD - Editions Rue de Sèvres - 160 pages - 17 €

Parution en octobre 2017

Le sujet :  Comment réagir face à la maladie d’un enfant ? Comment faire le deuil de l’enfant parfait rêvé et donner toutes ses chances à un enfant différent ? Face à l’autisme de son fils, Max choisit le combat. Pendant huit ans, il se plonge à corps perdu dans l’éducation d’Olivier, pour lui apprendre l’autonomie que sa maladie lui refuse.
À rebours des indications médicales d’alors, il confronte petit à petit son fils à ses peurs, l’entoure, l’accompagne. Chaque petite victoire compte alors et donne la force de continuer. Un témoignage poignant qui interroge, au-delà de la question particulière de l’autisme, sur nos rôles de parents.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Cette histoire autobiographique est très touchante et très humaine. Malgré le sujet (l'autisme juvénile), cet album est très facile d'accès et s'adresse justement à toutes et à tous... En effet, certains choix d'éducation de Max envers son tout jeune fils autiste lourd sont tout à fait adaptables pour celle d'un enfant neurotypique. Car Olivier n'est pas qu'un autiste lourd, il est aussi et avant tout un enfant.

Petite remarque sur le pitch, qui est celui de l'éditeur... L'autisme n'est pas une maladie (il n'existe pas de traitement), mais un syndrome, dans lequel le porteur peut évoluer. Mais l'évolution sera propre à chacun. Aussi, les méthodes utilisées par Max avec son fils Olivier ne fonctionneront pas avec chaque enfant autiste, et il pourrait être dangereux de ne se fier qu'à cet exemple tout en sortant de tout accompagnement professionnel. Car rappelons le, il existe autant d'autismes qu'il y a d'autistes.

Mais ça n'empêche que cet album est une petite merveille d'amour, qui n'élude rien des difficultés, des doutes, des découragements, mais aussi des petites joies qu'éprouve Max à partager la vie de son fils Olivier. Et pourtant, Max revient de loin... Après le diagnostic d'Olivier, il a comme on peut dire "péter les plombs", au point qu'il se sépare de sa femme et qu'il néglige son fils... Jusqu'à une prise de conscience... Désormais, il consacrera sa vie à son fils. C'est cette relation nouvelle et évolutive qu'Yvon Roy développe ici, avec justesse et un graphisme qui colle parfaitement au sujet. On ne peut qu'être admiratif devant ce père qui monte au front de l'autisme et qui ne laisse rien au hasard, qui ne baisse pas les bras, qui se bat à chaque instant pour sortir au maximum son fils de l'autisme et l'amener ainsi à une relative indépendance. C'est donc à force d'une hyper stimulation quasi constante que Max change les choses qui semblaient enracinés, aux dires des professionnels.

Les petites victoires est une BD pleine d'amour, de tendresse, et surtout une belle histoire d'espoir, magnifiquement racontée. Une histoire qui peut aussi aider à changer le regard des autres, le regard des non-initiés à l'autisme devant le comportement parfois si particulier de ces enfants, notamment en public. Et ces petites victoires, si minimes puissent elles paraître, amènent chacun à relativiser tant de problème paraissant énormes et insurmontables. Donc en bonus, une belle leçon de vie. A lire, évidemment.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Avril 2020

Les jardins du Congo, Afrique, BD, Nicolas Pitz

BD - Editions La boite à bulles - 144 pages - 21 €

Parution en août 2013

L'histoire :  1940, les Allemands envahissent une Belgique neutre, sans véritable défense. Durant l'Occupation, comme de nombreux autres jeunes de Chimay, Yvon veut échapper aux camps de travail : il décide de se cacher dans la forêt. Les semaines passent, puis les mois et les années... Au total, ce sont quatre interminables années qu'il va passer dans les bois à lutter contre la peur, la faim et la folie...
Lorsqu'il peut enfin sortir de son refuge, Yvon éprouve un besoin vital de changer d'air pour effacer ses cauchemars et se donner l'occasion de démarrer de plain pied sa vie d'adulte. Il prend donc le premier bateau en partance pour le Congo, la colonie belge si pleine de promesses. Mais dans une Afrique qui aspire irrémédiablement à son indépendance, Yvon parviendra-t-il à préserver cet équilibre de vie qu'il a trouvé à l'autre bout du monde ?

Tentation : Titre et couv'

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cette BD est inspirée des souvenirs du grand-père de l'auteur, il s'agit donc d'une biographie, qui développe autant l'aspect familial qu'historique par ses contextes : au début, la deuxième Guerre Mondiale en Belgique, puis la colonisation et l'indépendance au Congo Belge.

Cet album est très intéressant, c'est indéniable, puisqu'il nous ramène dans une époque que nous n'avons pas vécue. L'aspect visuel, planches, dessins, police de caractère sont très agréables, fluides à suivre, colorées.

Et pourtant, je ne lui octroie que 3 pattes ! Pourquoi diable ?

Par ce que ma lecture ne m'a pas été si agréable : elle m'a mise mal à l'aise de par ses descriptions très réalistes de l'époque coloniale, de ses us et coutumes, de cette suprématie blanche répugnante, qui poursuit l'esclavage, sans en être conscient. Certes, c'était une autre époque, Yvon n'a eu une jeunesse et un environnement familial facile, certes, il est lui-même bosseur pour se construire un empire. Mais il ne se remet jamais en question dans sa façon de traiter les noirs, même si, dans son entourage amical, d'autres sont pires que lui. Et pourtant, il s'était juré de ne jamais devenir comme son père... il ne voit pas qu'il suit le même chemin, mais sous une autre contrée, donc dans des nuances différentes qui lui échappent. D'ailleurs, quand il sera obligé, plus tard, de rentrer en Europe, son comportement envers ses employés reste sujet à caution.

Aussi, à part dans les premières pages lorsqu'Yvon survit en forêt lors de la Guerre Mondiale, je n'ai pas pu développer d'empathie envers lui, à cause de son comportement envers la population noire et la faune locale. Il fuit ses démons, mais ne cherche pas, à mes yeux, à les comprendre, à les analyser. C'est curieux, mais cet album ne m'a pas sembler dresser un portrait très reluisant du grand-père de Nicolas Pitz.

Il n'en reste pas moins que culturellement, cette histoire est intéressante et bien menée.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Avril 2020

BD, Bande dessinée , Caravane, Désert, voyage

BD - Editions Boite à bulles - 150 pages - 19 €

Parution en août 2009

 

L'histoire :   Un jeune homme étranger traverse le désert en compagnie de chameliers touaregs. Au cours de son voyage, il apprendra à connaître le vent, le sable, la nuit et surtout la caravane elle-même, immuable et mouvante, suspendue au-dessus du temps.

Tentation : La couv' et le titre

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Cet album est paru tout d'abord au début des années 2000, mais en noir et blanc. La version 2009 est une réédition en couleurs. Ceci le rend peut-être un peu plus attractif au premier abord.

En fait, les dessins sont ultra minimalistes, simplissimes, naïfs. Certaines planches se veulent sans doute hypnotiques, comme peut l'être le désert, la répétition des pas, du quotidien, le rythme lent de la caravane, etc... Bref, cet aspect-lade cet album ne m'a pas séduite. De belles aquarelles auraient tellement mieux habillé le sujet.

Par contre, j'ai beaucoup aimé les magnifiques textes en entre pages et les quelques bulles qui économisent les mots, comme les hommes du désert pour ne dire que l'essentiel. Les textes narratifs sont inspirés et inspirants, même si pas toujours limpides. Méditatifs, poétiques, spirituels, lyriques, philosophiques. Au-delà du voyage dans les dunes du grand erg, cet album offre une odyssée au coeur de l'âme et de soi-même.

Cet album est un hymne au voyage et un bel hommage aux hommes du désert, à leur force, à leur croyance, à leurs légendes. Et c'est aussi une célébration des éléments... La terre, le vent, le sable, l'eau... et quelque part, la caravane, c'est chacun de nous en particulier et dans la multitude.

Narrée comme un conte, cette histoire est aussi une belle parabole sur la vie, qui est aussi une traversée. Car je pense qu'on peut la lire au premier degré (une traversée du désert comme une initiation), mais aussi à un autre degré : le désert et les efforts qu'il impose et tout ce qu'il suppose étant une formidable métaphore de la vie, dans ce qu'elle est dans son entièreté : la douleur et la beauté, la résignation et la révélation au cours d'un long voyage, comme une caravane, qui invite à la contemplation, à prendre son temps, à mûrir à son propre rythme.

"Le fil de la solitude erre dans le désert, la caravane est son fourreau"

"L'homme est ignorant - dit un chamelier - il veut toujours aller plus loin. Le coeur, par contre, est sage : il n'ambitionne que de battre".

"Il n'y a pas de distance dans le désert. Le lointain est dans les sandales du voyageur"

"Le désert - m'explique un guide - change sans cesse. Si tu l'observes bien, tu verras que sa capacité de changement est infinie. C'est pour cela que le désert est éternel".

"La caravane est chose fragile... Ce n'est pas celle qui arrivera qui est partie. Celle d'aujourd'hui n'est pas celle de demain."

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Avril 2020

BD, Jérémie Dres, Dispersés dans Babylone, Judaïsme, Ethiopie, rastas, reggae, avis, blog

BD - Editions Gallimard - 184 € - 22 €

Parution en 2014

 

Le sujet :  Pourquoi le reggae fait-il si souvent référence au judaïsme ? Cette question, qui tourne, à l'obsession, entraîne Jérémie Dres d'Addis-Abeba à New York dans une vaste et passionnante enquête, où se mêlent destins individuels et grandes légendes.

 

 

Tentation : Pitch et titre

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Cette BD est foncièrement intéressante et pour qui parviendra à se concentrer et à intégrer tout ce qui y est dit, il y a de forte chance pour qu'elle devienne passionnante.

Parce qu'effectivement, l'album est très dense dans les informations données et pour moi, il a manqué un glossaire pour me rappeler à mon bon vouloir les expressions, termes utilisés pour nommés les différentes branches du judaïsme et mouvements accolés. J'irai même jusqu'à dire qu'un schéma avec groupes, sous-groupes, époques, flèches etc m'aurait bien aidée à sortir de cette lecture vraiment plus enrichie, en y voyant clair quelque part.

J'avoue que cette oeuvre répond à des questions que je ne m'étais jamais posée, parce que j'ignore tant du sujet. Des juifs noirs ? Ah bon... Oui... En fait, pourquoi pas, mais comment.

Le lien entre le reggae, les rastas et le judaïsme ? Cela apparaît très vite si l'on connait l'Histoire du Judaïsme, les 12 tribus, qui passe depuis longtemps et encore maintenant par l'Ethiopie... Haïlé Sélassié, Rastafari etc... Le retour à la terre des origines aussi pour les afro américains etc... Mais cela reste tout de même assez nébuleux pour moi, la BD manquement de clarté et de synthèse finale. Peut-être qu'il me faudrait relire l'album et prenant des note, en composant moi-même un schéma... Mais pas envie.

Il reste tout de même de bons intérêts à cette bande dessinée qui est aussi une quête identitaire personnelle de l'auteur et un questionnement sur ses racines. Je pense que les lecteurs qui auraient déjà de bonnes connaissances sur le sujet apprécieront sans doute plus cette lecture que moi en se sentant moins perdus.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Mars 2020

Album, BD, Fabcaro, Moins qu'hier et plus que demain, avis, chronique, blog, humour

BD - Editions Glénat - 64 pages - 12.75 €

 

Parution en mai 2018

Le sujet : Acceptez-vous d’être débordés par les tâches du quotidien ? D’aller déjeuner chez vos beaux-parents chaque premier dimanche du mois ? De mettre une liste sur le frigo pour savoir qui fait quoi dans la maison ? Et d’avoir des idées divergentes sur l’éducation de vos enfants ? Alors félicitations, vous voici unis par les liens d’un mariage précaire et conflictuel !

Auteur du désormais culte Zaï Zaï Zaï Zaï, Fabcaro nous offre dans ce nouvel ouvrage un portrait acide et décomplexé des relations de couple. Situations cocasses, moments absurdes, incompréhensions, quiproquos, confidences sur l’oreiller... une série de strips qui nous fait autant méditer sur la société que sur nous-même mais qui, surtout, n’oublie jamais de nous faire rire.

 

Tentation : Nom de l'auteur et sujet

Fournisseur : La bib N°1

 

Mon humble avis : Comme j'avais adoré Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro dont je garde un souvenir mémorable, je me régalais d'avance devant cet album... Qui n'a pas eu le même effet sur ma petite personne.

Certes, c'est décalé, caustique à souhait, cynique, cocasse et parfois drôle. Oui, parfois ! Fabcaro met en scène une situation par page et ces situations minutées forment une journée une fois regroupées. Toutes des saynètes ne m'ont pas forcément fait rire, certaines sont tombées à plat pour moi, qui manque peut-être d'humour. Je me suis par contre franchement amusée du seul personnage vraiment récurrent, qui ouvre et qui clôt l'album, dans la même position et le même état d'esprit : dans son lit, en attendant toujours que sa copine Géraldine (eh oui !) revienne de la boulangerie, au bout de plus de vingt quatre heures ! Il préfère imaginer 36 raisons que de se rendre à l'évidence !

Bref, Fabcaro passe au vitriol le couple et sa routine et ses désillusions. Et oui, Mars et Venus ne sont vraiment pas faits pour se comprendre. Le fossé de communication qui le sépare est devenu un gouffre ! Derrière l'humour cynique et des dialogues percutants, l'analyse de notre époque, complètement dysfonctionnelle, reste intéressante, mais l'ensemble m'a semblé trop inégal pour me séduire autant que Zaï Zai... Agréable, vite lu, mais vite oubliable quant à moi !

 

L'avis de "Lectures sans frontières"

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Rédigé par Géraldine

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