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Publié le 25 Novembre 2020

BD - Bande dessinée - Le chanteur sans nom - cabaret - avis - chronique - critique

BD - Editions Glénat - 116 pages - 20.50 €

Parution en 2011

L'histoire : Vedette de la chanson des années 30 et 40, le Chanteur sans nom, alias Roland Avellis, chantait masqué d’un loup sur le visage. Ami de Charles Aznavour, bouffon et comptable d’Édith Piaf, toxicomane notoire, cleptomane débonnaire et attachant, le Chanteur sans Nom eut 1000 vies...Outre l’histoire incroyable d’un homme qui traversa son époque avec flamboyance aux côtés des plus grands, Le Chanteur sans nom est une fable sur la mort et le sentiment d’inachevé.

 

Tentation : Curiosité, pourquoi pas ?!

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Quelle étrange découverte que cet album qui retrace la vie sur un homme qui eut réellement son moment de gloire dans la chanson et dont plus personne (ou presque) ne se souvient... ne se rappelle le nom !!! Ah elle est bonne celle-ci !

Les deux auteurs dressent un portrait complexe et sans concession du chanteur sans nom... Comme l'était notre homme en fait. Ces pages retracent en fait l'enquête de l'un d'eux pour compléter et ajuster cet ouvrage... Et celui-ci est toujours suivi par le fantôme du chanteur sans nom qui, ainsi, revit le fil de sa vie. Lors de son enquête, l'auteur en profite pour rendre des objets ayant appartenus au chanteur aux personnes à qui ils reviennent et qui sont encore de ce monde.

Roland Avillis, alias le chanteur sans nom était un homme étrange, qui avait à mes yeux tout pour être détestable : menteur, voleur, manipulateur, égoïste, immature, irresponsable etc. Mais il semble que tous ceux qui l'ont connu ne retiennent de lui que sa gentillesse, sa joie de vivre, son humour, bref, l'allégresse et la gaieté qu'il apportait dans leur vie... Cela et aussi, le monstre sacré qu'il devenait sitôt sur scène, même si, au début, il y montait masqué.

J'avoue, j'ai eu du mal à m'attacher à ce personnage et à développer quelque émotion. Ce qui m'a le plus intéressée dans cette lecture, s'est de me retrouver plongée dans une autre époque et un milieu qui me sont méconnus : les cabarets et les tours de chants aux alentours de la deuxième Guerre Mondiale. On croise dans ces pages un Charles Aznavour encore en galère, une Edith Piaf au sommet de son art puis au plus profond des abîmes suite au décès de Marcel Cerdan. Le chanteur sans nom était très ami avec des vedettes de l'époque, ce qui ne l'empêchait pas de les voler. Mais il leur a tant donné, que personne ne semble lui en vouloir.

Cet album date de 2011... Aussi l'actualité d'alors n'était pas celle d'aujourd'hui. En 2011, on ne se posait pas la question : faut-il séparer l'artiste de l'homme, ses actes de son oeuvre. Certes, Roland Avillis n'a pas commis de crime, juste des délits dont les conséquences n'ont pas dépassé son entourage. Mais tout de même, je m'interroge... Personnellement, je ne crois pas que je pourrais pardonner un ami qui me volerait sous prétexte qu'il est joyeux et me divertit.

Quoiqu'il en soit, c'est une lecture agréable, divertissante, l'histoire est bien menée et nous ramène à l'époque des mythes de la chanson.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Novembre 2020

BD, Bande dessinée, Nos embellies

BD - Editions Bamboo - 72 pages - 16 €

Parution en février 2018

L'histoire : Lily apprend qu'elle est enceinte, au moment où son compagnon lui annonce qu'il va partir en tournée avec son groupe et lui demande de s'occuper de Balthazar, son neveu, qui arrive du Canada. Lily tente d'apprivoiser ce gamin qu'elle n'a jamais vu et qui traîne avec lui la tristesse de la séparation de ses parents. Sur un coup de tête, elle quitte Paris avec Balthazar. Sur la route, ils rencontrent Jimmy, un jeune homme en marge. Leur périple les mène jusqu'à Pierrot, un berger qui élève seul ses brebis avec son chien. Ensemble, ces âmes déboussolées vont retrouver un souffle de vie.

 

Tentation : Le billet de Stéphie

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Cette BD est une véritable pépite d'or, une véritable boule de coton, un bon plaid polaire tout doux, une bande dessinée qui fait un bien délicieux et tendre.

C'est une parenthèse que nous propose cette histoire très humaine, aussi intelligente que tendre, même si les personnages ne sont pas tout à fait à la fête : ils ont tous une douleur qui les turlupine. Pour l'une c'est une récente grossesse, pour l'autre ce sont les grands enfants qui habitent outre atlantique, pour le gamin, c'est le divorce de ses parents et sa mère qu'il l'envoie au loin, ce qu'il perçoit comme un abandon. Et enfin, pour Jimmy, c'est un refus de ses choix par son entourage, et du coup, comme une exclusion. En fait, chacun d'entre eux souffre d'une forme de solitude, d'ultra moderne solitude.

Les aléas et hasards de la vie vont réunir ses personnages qui ne se connaissaient pas... Ensemble, ils vont apprendre à rencontrer l'autre et soi-même, ils vont s'écouter, se comprendre, s'entraider en usant des moyens les plus simples mais que nombre de gens ne maîtrisent pas : la bienveillance, l'humanité, la tolérance et surtout, l'accueil. L'accueil de l'étranger chez lui, c'est quelque chose qui a pratiquement disparu de notre société.

Tout cela se déroule principalement en Auvergne, dans la ferme isolée de Pierre. Cette parenthèse faite de bol d'air dans la nature, de soirées au coin du feu, de repas partagés, de travail paysan, de confidence est vraiment une invitation à se poser. Cet album est un véritable cocon de bonheur et de bien-être, d'être soi tout simplement, de se faire confiance. Et cerise sur le gâteau, les dessins sont magnifiques et vivants, les couleurs chaleureuses. Bref, un écrin de douceur à lire et relire sans modération, qui donne du peps et foi en une certaine humanité. Un délicieux moment de lecture avec de très très belles personnes... dont le monde pourrait s'inspirer.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 5 Novembre 2020

BD, Bande dessinée, Madagascar, Jean Piso, enfance

BD - Editions La boîte à bulles - 128 pages - 22 €

 

Parution en 2015

L'histoire : Aujourd'hui, Jean Piso est l'accordéoniste attitré du groupe Ny Malagasy Orkestra, qui porte haut les couleurs de l'île de Madagascar à travers le monde. Geneviève Marot a fait sa connaissance alors qu'elle accompagnait le groupe sur la route, pour réaliser les visuels de leurs prochains CD et affiches. Jean Piso lui a conté son enfance, et notamment, sa découverte de l'accordéon.

 

 

Tentation : Couv' et dessins

Fournisseur : Bib N°3

 

 

Mon humble avis : Quelle perle que cet album qui aurait pu s'intituler "récit d'une enfance malgache".

Lorsque Jean Piso naît à Betioky, au Sud de Madagascar à proximité de Tuléar, tout le monde le croit mort et s'apprête à l'enterrer... C'est alors que le nouveau né émet un miaulement, qui lui donnera son surnom Jean Piso (chat en dialecte local).

Les dessins sont d'une splendeur et d'une fraîcheur inouïes. Des aquarelles sensibles si bien colorées qu'elles nous gardent captifs comme si nous nous trouvions dans un jardin d'Eden, un petit paradis antédiluvien, même si pauvreté et dénuement émergent de-ci delà... Un petit village malgache à partir des années 50. C'est l'enfant Jean Piso qui nous accueille en première page, avec quelques informations linguistiques, phonétiques (par exemple, on prononce Pissou et non Piso !) et culturelles qui nous permettent de mieux appréhender l'histoire de sa vie. Le reste de l'album est toujours narré par Piso enfin, mais teinté de l'homme qu'il est devenu.

Une enfance malgache donc, avec les bêtises, les ruses de gamins, les petits larcins, les jeux, le travail aux champs, l'école et les brimades physiques des maîtres, les bagarres entre les petits et les grands, des joies, des peines, des espoirs, des traditions, des célébrations, des croyances ancestrales, la sagesse des vieux.

Et pour Jean Piso, la découverte de l'accordéon (instrument issu de la colonisation et non local), et de son talent inégalable pour la musique. Un gamin qui a l'oreille parfaite et la musique dans la peau. Il créera avec d'autres gamins et le matériel de bord un petit groupe. Au fil du temps, Jean Pisou deviendra le célèbre accordéoniste de Tuléar. Puis sa célébrité s'étendra sur toute l'île malgache, mais aussi à travers le monde avec le groupe Ny Malagasy Orkestra ! D'ailleurs, l'album alterne époques et souvenirs d'enfance et scènes de tournées musicales internationales.

Bref, par cette magnifique bande dessinée, Geneviève Marto nous emmène pour un délicieux voyage exotique, tropical, culturel, et profondément humain. La relation qu'elle partage avec Jean Pisou est bien mise en valeur et démontre une belle complicité installée au fil des voyages de l'auteure, et l'envie de comprendre et de rendre compte au plus près de la réalité. A mettre dans toutes les mains, et surtout celles d'une certaine Fanja, à qui j'ai beaucoup pensé au fil de ces pages lumineuses. Une excellente et hasardeuse trouvaille de bibliothèque !

Et pour Jean Piso, la découverte de l'accordéon

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Octobre 2020

BD, Paco roca, Les rues de sables, éditions delcourt, avis, chronique, critique

BD - Editions Delcourt - 96 pages - 15.50 €

Parution en 2009

L'histoire : Pour gagner quelques minutes, un homme pressé prend un raccourci en coupant par la vieille ville. Très vite, il se perd dans le dédale des rues et le voici pris dans un labyrinthe ponctué par de curieuses rencontres. Ce quartier n'a aucun sens, ses habitants non plus, qui semblent tous prisonniers ici depuis belle lurette. L'homme pressé, qui devient l'homme sans nom, réalise qu'il est lui aussi captif de cet étrange hôtel, dans ce quartier dans issue.

 

Tentation : Le nom de l'auteur

Fournisseur : Bib N°3

 

Mon humble avis : Excellente BD qui pourrait paraître "complètement barrée" mais qui ne l'est pas du tout. Ici, Paco Roca nous propose un voyage au fin fond de l'absurdie ! Il règne dans ses pages une atmosphère kafkaïenne et "Eaglelienne", genre hôtel California (you can check out whenever you want, but you can never leave !)

Notre personnage, homme plus ou moins mature, est en retard pour un rendez-vous bancaire avec sa chérie, rendez-vous qui doit aboutir à la signature d'un prêt pour l'achat d'un appartement. Lui est tranquillement entrain d'acheter une statue "Tintin" pour décorer le futur logement. Pressé donc, il entreprend de "couper" à travers la vieille ville. Il y sera encore le lendemain soir et les jours d'après, même s'il se pose dans le seul hôtel où il semble y avoir un peu de vie. Etrange vie tout de même, mais de la vie. Il y croise une factrice qui écrit elle-même les lettres qu'elle poste, un homme qui préfère se préparer et s'habituer à la mort en passant toutes ses saintes journées dans son cercueil, des chaudières qui ne tombent en panne que le dimanche, un homme qui collectionnent les portraits de lui-même par millier, un vieillard qui se prépare tous les jours ou presque pour s'échapper de l'hôtel depuis trente ans... J'en passe et des meilleurs. 

Certains voient dans cet album une mise en page et en images de la folie, une parabole quelque part. Certes, symboles et métaphores sont abondantes et sans doute libres d'interprétation pour les lecteurs. Pour moi, c'est une merveilleuse mise en abyme de l'Homme lui-même... L'Homme qui souffre de solitude alors qu'il vit en "circuit fermé". L'Homme qui attend que toutes les conditions idéales soient réunies pour avancer, réaliser un projet, foncer et qui, de ce fait, s'enlise dans le quotidien. L'Homme qui prétend s'enhardir mais qui n'ose rien. L'homme qui collectionne les objets en guise de souvenirs et qui oublie que ces derniers ne se résume pas à cela, mais qu'ils comportent des émotions, des partages, des sensations multiples. L'Homme qui à force de fermer les yeux, ne voit pas que souvent, la solution est devant lui. L'homme individualiste qui néglige le rôle qu'il a à jouer dans la vie de la collectivité. Et une collectivité vivante, c'est plein de solutions, mais surtout, plein de possibilité !

Il y a tout cela dans cette histoire "délirante" et très divertissante. Une BD aussi intelligente et enrichissante pour tout lecteur qui consentira à se poser, et à réfléchir sur la façon dont il aborde les événements, les non-événements, la vie, les envies et les rêves, tout comme les actes manqués ! Bref, cette BD est porte avant sur l'asservissement psychologique que la société et nous même nous imposons, et que parfois de mauvaise foi, nous portons pour responsable du carcan spatial dans lequel nous évoluons.

 Je conseille donc sans restriction ! 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 6 Octobre 2020

BD, Bande Dessinée, La tragédie Brune, nazisme

BD - Editions Les Arènes - 126 pages - 20 €

Parution en Mai 2018

 

Le sujet :  Christophe Gaultier et Thomas Cadène s'attachent à mettre en scène le plus fidèlement possible le témoignage d'un homme qui, dès 1934, va alerter le monde sur la catastrophe à venir. En 1934, Xavier de Hauteclocque, grand reporter, publie La Tragédie brune, écrit à la suite de son voyage en Allemagne en novembre 1933. Ce germanophile y décrit un pays remodelé par la politique nazie. Son regard s'attarde là où d'autres ferment les yeux, ses pas le conduisent là où peu s'aventurent et, finalement, sa plume décrit ce que beaucoup préfèrent ignorer.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib

 

 

Mon humble avis : Cette bande dessinée permet au grand public de prendre facilement connaissance de l'histoire vraie, vécue par le journaliste français Xavier de Hauteclocque dans les années 1933-1934 lors de deux voyages en Allemagne... Avant que celui-ci soit assassiné par les nazis. Les auteurs de cet album se sont inspirés des écrits de Houteclocque, parus sous le même titre en 1934. D'ailleurs, les premières pages de ces récits concluent cet album dans un "cahier".

La tragédie brune est donc forcément une oeuvre intéressante et instructive... Qui fait aussi froid dans le dos... En effet, d'où nous sommes placés dans l'Histoire, nous n'ignorons pas l'horreur qui se déroulera quelques années plus tard, malgré les alertes de Xavier de Hauteclocques qui n'ont pas été entendues par ni les dirigeants d'alors, ni par l'opinion publique. En effet, le journaliste français avait parfaitement décrit le régime nazi qu'il a vu lui-même s'installer en si peu de temps. Quelques mois séparent deux de ses voyages en Allemagne et pourtant, il ne reconnait plus le pays qu'il aime tant lors de son deuxième voyage. Ses contacts ne lui parlent plus, plus personne n'accepte de témoigner. Il est déjà question de camps, d'enlèvements de juifs, d'exécutions, de délations, persécutions etc... Bref, tout le monde se méfie de son voisin. L'endoctrinement est déjà bien mis en place à force d'une propagande qui ne laisse pas tellement le choix...

Cet album retrace donc ce fameux voyage de Xavier Hauteclocques qui fera preuve d'une opiniâtreté incroyable pour découvrir l'indicible et témoigner. La lecture est simple et éloquente. Les dessins sont tout à fait adéquats pour ce sujet, sombres mais réussis. Mon seul bémol ira aux visages des protagonistes, très anguleux, qui parfois rendent difficile la distinction de l'un et de l'autre.

Un ouvrage à lire et à faire lire évidemment, car n'oublions pas que, de par le monde, l'Histoire est parfois un perpétuel recommencement.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 28 Septembre 2020

Fabcaro, BD, Pause, avis, Chronique, blog, humour, inspiration

BD - Editions La cafetière - 64 pages - 13 €

Parution en avril 2017

L'histoire : Comment refaire aussi bien que Zaï Zaï Zaï Zaï sans refaire pareil ! Le poids du succès pèse sur Fabcaro qui souffre du perte d'inspiration. Mais que les lecteurs se rassurent : Les auteurs de BD ont de bonnes assurances qui peuvent fournir une inspiration intérimaire ! Evidemment, on part dans un délire à la Fabcaro !

 

 

 

Tentation : Le nom de l'auteur

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Pause est un album composé de multiples saynètes, pas forcément reliées, mais qui tourne autour du sujet de l'inspiration créatrice et de son manque. Le tout forme bien sûr un excellent divertissement hilarant. L'humour et surtout l'autodérision de Fabcaro sont bien mis en scène, même s'ils ne sont plus à prouver et déjà connus. Fabcaro est sorti lessivé du succès de Zaï Zaï Zaï Zaï et une grande attente pèse sur ses épaules... Son précédent succès fut tel que les éditeurs seraient prêts à publier n'importe quoi pourvu que ce soit signé "Fabcaro" ! Mais il est flagada et en mal d'inspiration... Il veut se mettre en pause... Mais on suppose que Fabcaro ne s'arrête jamais puisque de cette soi-disant Pause est né cet album pèle mêle, pour le grand plaisir des lecteurs avides de sport zygomatique !

Fabcaro se dessine donc dans cette période de flottement... Dans sa vie quotidienne d'hypocondriaque, d'auteur, de signataire de dédicace en salons, de fils (ah, les coups de fils de la Maman, excellent), de père de famille, son angoisse du bandeau "Par l'auteur de Zaï Zaï Zaï Zaï" qui le poursuit partout. Bref, les franches rigolades se multiplient, même si quelques unes font moins mouche.

C'est une oeuvre "d'entre deux" qui ne révolutionne ni le monde, ni la bibliographie de Fabcaro, mais qui est parfaite comme lecture d'entre deux livres plus conséquents. On ne se prend pas la tête, on s'arrête, on se détend dans ces planches burlesques sur les absurdités de la vie vu par l'auteur, puis on repart vers d'autres horizons ! On a fait une pause ! Ca fait toujours du bien !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Août 2020

Fabcaro, Carnet du Pérou, BD, récit de voyage, humour, avis, blog, chronique

BD - Editions Six pieds sous terre - 93 pages - 13 €

Parution en 2013

Le sujet : En 2011, Fabcaro rencontre en France une jeune plasticienne originaire de Cuzco, au Pérou. Dès lors, Fabcaro n'a plus qu'un objectif, aller visiter ce pays et faire un carnet de ce voyage, pour sortir de son habitude : la BD humoristique. En effet, l'auteur est en pleine crise existentielle !

tentation : Le titre et l'auteur

Fournisseur : Bib N°1

 

 

Mon humble avis : Me voici bien bête à l'instant, mais du coup, moins perplexe qu'en terminant ma lecture... J'apprends tout juste qu'en fait, ce carnet de voyage est un faux et que, comme Hergé, Fabcaro n'a jamais mis les pieds aux pays des Incas. Bref, cet album est un pastiche, une parodie des carnets de voyages. Donc tout s'explique pour moi qui n'était que partiellement conquise par ma lecture... puisqu'en effet, ça part un peu dans tous les sens et devenait un peu lassant... manquant sans doute justement d'originalité et de profondeur. Mais si je n'ai pas compris ou remarqué la facétie, est-ce que cette lecture est une parfaite réussite de la part de l'auteur ou un cuisant échec pour moi, je n'en sais rien. Bref, la bonne blague... je me suis "fait eue"... N'empêche que me voilà bien maintenant, tout ce que je m'apprêtais à écrire sur "Carnet du Pérou" tombe à l'eau, si je ne veux pas me noyer dans mon ridicule !

Mais finalement, le côté fake fait que l'on retrouve bien le talent de l'auteur pour tourner pas mal de chose en dérision, et surtout en autodérision, le tout avec un humour qui frise souvent le cynisme.

Si on lit cet album au deuxième degré, voire au quatrième, et non au premier comme je l'ai fait, on peut alors considérer que c'est une vraie réussite, un divertissement vraiment hilarant, déjanté même, qui pointe du doigt les poncifs et détails récurrents que l'on trouve bien souvent dans les carnets de voyages en tous genres.

Bon, ce qui me rassure, c'est que mon avertie blogo copine A Girl From Earth est tombée aussi dans le panneau (en 2014, sans doute que la supercherie n'avait pas encore été dévoilée ! ) Vous pouvez lire son billet ICI.

Jérôme a eu le nez fin, il a découvert le pot aux roses comme un grand !

Dans l'absolu, il faudrait que je relise l'album à la recherche d'indices de cette filouterie, mais je l'ai rendu cet aprem à la bib' ! 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Août 2020

BD - Gulf stream Editeurs - 72 pages - 15 €

Parution en janvier 2017

L'histoire :  Voilà Lucas. Lucas et ses yeux de chien battu. Lucas et ses mains moites, ses baisers trop mouillés. Lucas, qui n'a toujours pas compris qu'entre nous c'est terminé. Dégage, Lucas. Disparais ! Fous-moi la paix ! D'habitude, en soirée, je danse, je m'éclate. Ça me permet d'oublier les semaines en solitaire, le silence étouffant de cet appartement trop grand. Là, c'est le contraire. Je me sens étrangère. Pas intégrée. Désintégrée. 
 

 

Tentation : Couv et pitch

Fournisseur : Bib N°1

Mon humble avis : Curieusement, c'est la couverture très "girly" de cet album qui m'a attirée, alors que je suis tout sauf "girly" ! Et j'aurais dû me méfier de cette étonnante attraction. En effet, je ne suis pas du tout le public visé par l'éditeur. Disons que je ne suis concernée ni de près ni de loin par l'histoire, mais cela ne veut pas dire qu'elle soit mauvaise, bien au contraire.

Louane est une lycéenne brillante, cette année, c'est le bac. Alors que ces parents sont en longues vacances aux Etats-Unis, un test de grossesse lui confirme qu'elle est enceinte. Vient alors la panique, les angoisses, les questions, les prises de conscience et de décisions alors qu'elle est bien seule. C'est en Cécile, une élève qu'elle n'apprécie pas trop, qu'elle va trouver la meilleure épaule pour l'aider à traverser cette période difficile et, ensuite, à surmonter les traumatismes.

Il me semble que cet album, aux dessins agréables, qui reste plaisant à lire par quiconque, est avant tout un formidable outil pédagogique pour les parents, les jeunes filles ou les encadrants scolaires et/ou psychologiques pour soutenir des mineures qui se retrouveraient dans la situation de Louane. D'ailleurs, j'ai découvert en fin de lecture que "secret pour secret" fait partie d'une collection sur les maux du lycée, qui suit une autre collection sur les maux du collège (si j'ai bien compris, car je n'ai pas fait une thèse sur le sujet non plus !)

Personnellement, n'étant pas concernée par ces problématiques, ni de près, ni de loin, je ne compte pas poursuivre la découvertes de ces albums. Mais si vous l'êtes ou que la vie peut vous mener à le devenir, je vous encourage donc à aller vers ces albums qui pourront peut-être vous aider à comprendre et soutenir les adolescents qui vous entourent.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Juillet 2020

BD, Album, Manga, Japon, Chat, Le vieil homme et son chat, avis, chronique, vieillesse, deuil, amour

... N'ont plus peur des chiens

BD - Editions Casterman - 176 pages - 15 €

Parution en septembre 2018

L'histoire :  Daikichi, instituteur à la retraite et veuf, vit avec Tama, un chat de 10 ans. Ou bien est-ce Tama qui veille sur son vieux maître pour honorer une promesse faite à son épouse disparue ? Au fil des saisons et d'un quotidien fait de promenades paisibles, de repas partagés entre voisins de toujours et d'évocations des années passées, Daikichi et son chat s'entraident, se chamaillent, et s'adorent.

Tentation : Le titre et le mot "chat" évidemment

Fournisseur : Bib N°1

Mon humble avis : Derrière le pseudo "Nekomaki" se cachent quatre mains... Celles-ci nous emmènent dans une petite commune côtière du Japon, loin des grandes métropoles. Il y règne une atmosphère posée et chacun y mène une petite vie quotidienne paisible et régulière. 

L'histoire nous dira pourquoi ce village est la panacée pour les chats, puisqu'il n'y a plus de chien depuis longtemps là-bas, depuis la deuxième Guerre Mondiale.

Dans ce Manga, nous suivons le quotidien de Daikichi et de Tama, son chat de 10 ans, très bien nourri ! Et le tout, sur une année, au rythme des saisons, des floraisons etc...

C'est choupinou tout plein, c'est doux, c'est tendre, c'est émouvant, c'est aussi agréable à lire qu'à regarder. La connivence et l'amour entre Daichiki et son chat Tama fait du bien, elle touche autant qu'elle fait sourire, car évidemment, le félin est "croqué" sous toutes ces formes, toutes ses positions parfois improbables, ses manies, ses facéties, son caractère etc... Bref, le chat dans toute sa (ses) splendeur(s)... Ce pourquoi on aime tant ces animaux moustachus.

Cela n'en fait pas oublier les thèmes principaux de ce manga : La solitude, le deuil, la vieillesse... Mais les auteurs montrent tout cela avec délicatesse et finesse et surtout, prouve que toutes ces épreuves de la vie sont adoucies lorsque l'on a un chat qui nous tient compagnie, qui partage notre vie. Un être à vos côtés à aimer et qui vous aime. Comme il se doit, ces pages sont délicatement parsemée de culture et traditions nippones, notamment culinaires.

Bien sûr, si je les trouve en bibliothèque, je lirais les tomes suivants avec plaisir. Mais celui-ci peut tout à fait ce lire avec plaisir en one shot.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Juin 2020

BD, Formica, Fabcaro, Avis, Chronique, blog

BD - Editions Six pieds sous terre - 13 €

Parution en septembre 2019

L'histoire :  C'est dimanche, c'est le jour du repas en famille, tout le monde est ravi de se retrouver ensemble autour de la table. Alors que tout est prévu pour faire de ce rendez-vous un moment d'amour et de partage surgit tout à coup la question à laquelle personne n'avait pensé : De quoi on pourrait parler ?

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1 déconfinée !!!

Mon humble avis : Est-il possible d'écrire et de dessiner une bande dessinée entière sur des gens qui n'ont rien à se dire et se demande bien quoi se dire, le tout sans lasser le lecteur, voire même en l'amusant franchement ? Réponse OUI !

Défi relevé haut la main par Fabcaro, avec cette tragédie en trois actes, en trois lieux, en trois temps. Même si le deuxième lieu n'est que pour mériter la mention "en trois actes", puisqu'il s'agit de la salle de bain.

Bref, une famille se réunit, comme d'habitude, un dimanche midi.... Les grands-parents, leurs deux filles et gendres et deux petits enfants. Et quasiment tout au long de cet album, les personnages se demandent ce qu'ils pourraient bien se dire, cherche désespérément un sujet de conversation, quitte à voter à main levée pour le choix du sujet... A chaque amorce de conversation, c'est évidemment la cata... Soit les idées sont trop divergentes, soient trop semblables. Et puis surgit la concurrence entre gendres à qui a le mieux réussi dans la vie... selon l'Iphone dont il dispose. Bref, ça part complètement en live, en free style,  en burlesque, et même en ubuesque. Fabcaro ose tout, même quelques cadavres vite oubliés dans l'indifférence familiale. C'est caustique et incisif à souhait !

Le génie dans l'auteur est de tout dire et tout dessiner sans rien dire en fait. Au lecteur "d'analyser" cette caricature certes exagérée, mais bien sentie, de la société actuelle, de sa vacuité, du nombre de ses sujets tabous, de ses (non) repères, de l'ennui, de la langue de bois, de ses habitudes si rituelles et formatées qu'on ne sait même plus si elles font plaisir... Fabcaro montre à la loupe bien grossissante et déformante ce qui se passe dans certaines réunions de famille, ou ce que l'on aimerait parfois qu'il s'y passe. Ce qu'on dit, ce qu'on tait, ce qu'on pense si fort que cela s'entend. C'est vraiment jubilatoire, d'autant que cet album est servi par de très jolis dessins, qui parlent souvent d'eux-mêmes... Comme quoi, parfois, voir sans rien dire suffit à tout montrer ! Bref, l'esprit et la connivence familiale vus comme un leurre !

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Rédigé par Géraldine

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