L'ADOLESCENCE DU PERROQUET, d'Amélie NOTHOMB
Publié le 7 Septembre 2026
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Roman - Editions Albin Michel - 155 pages - 18.90 €
Parution le 19 août 2026 : Rentrée littéraire
Mon pitch : Quadragénaire, Alban se retrouve subitement parent adoptif d'un tout jeune perroquet, un Gris du Gabon, que son voisin lui a mis dans les mains sans beaucoup plus d'explication... Apprivoisement, attachement réciproques semblent s'installer jusqu'à ce que Jo le Perroquet entre en crise d'adolescence et fasse de la vie d'Alban un enfer...
Tentation : Mon RDV annuel
Fournisseur : Ma CB
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Mon humble avis : Lu en un après-midi sur la plage, à l'ombre de mon parasol.
Récemment, une amie m'a dit : "Amélie, c'est comme Woody Allen, il ne faut pas tout voit ou tout lire". Je pense que je devrais l'écouter... Car même si je suis toujours excitée devant l'idée "où Amélie va m'emmener cette année" (d'autant plus quand elle quitte le sujet familial/nippon )mon enthousiasme total s'espace de plus en plus.
L'an dernier, "Tant mieux" m'avait ravie... Cette année, l'adolescence du perroquet me laisse perplexe... Et pourtant, le roman commence fort, avec l'agacement manifeste de l'autrice devant les absurdités de notre époque, ici, concernant les visites au Louvre. Un début comme je les aime, qui dénoncent des aberrations de plus en plus courantes, tellement courantes, qu'elle devienne habitude et qu'on ne pense plus à s'en rebeller.
Puis arrive Jo, le Perroquet... Et là, j'ai envie de dire qu'il y a deux lectures possibles...
Le Perroquet pourrait représenter n'importe quel animal de compagnie, donc pourquoi pas... un chat ?! C'est ainsi que j'ai transposé les confidences du narrateur dans mon esprit et donc ma propre vie... La découverte, l'apprivoisement, l'apprentissage des besoins de l'animal et l'adaptation à ceux-ci, l'attachement... L'animal qui comble la solitude, qui remplace potentiellement un enfant, qui vit parfois mieux qu'un enfant. Les dégâts matériels qu'il occasionne dans l'intérieur, la complicité, mais aussi parfois l'impossible communication faute de langage commun, et surtout, la forte propension de l'humain à sombrer dans l'anthropomorphisme envers les bêtes qu'il estime "de compagnie". On peut peut-être voir dans Alban un portrait de toutes ces personnes qui adoptent/achètent un animal en toute méconnaissance des besoins de son espèce, qui s'emballent quand c'est petit et mignon, puis qui déchantent bien vite quand les couacs arrivent.... Sauf qu'Alban est un être conscient de sa responsabilité envers son Jo, et qu'il assume son "choix".
Autre lecture possible... Le perroquet pourrait être la métaphore d'un enfant humain.... Tout aussi mignon tout drôle à qui ont pardonne tout jusqu'à un certain âge, l'adolescence. Cet âge ingrats où la communication parent/enfant devient difficile, où l'ado veut de l'air, ou l'ado se forge sa propre identité, teste sans les limites de ses géniteurs, où l'ado est dans l'imitation de l'autre (d'où le choix du perroquet ?!) où l'ado commence à détester les parents qu'il vénérait quelque temps plus tôt... Et cette détestation, impossible de dire combien de temps elle durera... Sera-t-elle qu'un maudit passage, ou deviendra elle intrinsèque à l'être et à la relation... Car la plupart du temps, les parents aiment inconditionnellement leurs enfants pour la durée de leur vie, il n'en n'est pas forcément de même en sens inverse. Rien ne peut garantir qu'un enfant aimera ses parents, car l'amour n'est pas un dû... Et ce, quelque soit le dévouement, les sacrifices l'affection reçu, le retour sur investissement n'est jamais garanti. C'est ainsi avec les enfants, entre adultes consentants... Et étrangement, c'est plus rare avec les animaux de compagnie.
Dernière lecture possible : Un conte, une histoire d'homme, de perroquet et de vie qui part en vrille, avec quelques métaphores et messages disséminés deci-delà...
Encore que, il y a peut-être une d'autres lectures possibles et peut-être parmi elle celle voulu par l'autrice mais je ne les ai pas trouvées.
Reste que la lecture est agréable, aérée, divertissante, qui frôle et évidemment originale. Avec quelques passages savoureux et un humour décalé.
Malgré tout cela, le cru Nothomb 2026 ne restera pas mémorable pour moi. Et si, depuis un moment, j'étais en crise d'ado envers mon autrice favorite et historique ?!!
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