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Publié le 23 Avril 2026

Roman - Editions Audiolib - 11h31 d'écoute - 17.99 €

Parution d'origine en avril 2023. Existe en poche aussi.

Mon pitch : 1946... Adolescente, Gretel et sa mère fuient la Pologne, la honte chevillée au corps et la peur au ventre. Elles s'installent à Paris.

2022 : Gretel est une veuve nonagénaire et vit depuis quarante ans à Londres dans une résidence chique. Arrivent de nouveaux voisins... Un couple et leur jeune garçon. Leurs attitudes réveillent des souvenirs que Gretel pensaient enfouis à jamais. Et qui la mèneront au choix cornélien... Se taire et sauver sa peau, ou se mettre en péril et sauver un enfant.

 

Tentation : Envie de découvrir un nouvel auteur

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Je suis contente, cette année, j'arrive à respecter globalement un objectif de lectures... Explorer de nouveaux auteurs (pour moi) et sortir plus souvent de ma zone de confort trop "franco-française" comme je dis.  Me voilà donc partie à la découverte de grands auteurs étrangers qui semblent incontournables... Voici donc ma première lecture de l'irlandais John Boyne.... Et pas la dernière !

Car quel roman ! J'en suis sortie toute "waouh", comme frappée par autant de talent, ébahie de pouvoir être encore autant surprise, captivée et perturbée par un roman. La vie en fuite est dorénavant un de mes grands grands coups de coeur de ces dernières années je pense.

Les grands sujets de cette histoire sont la culpabilité et la responsabilité. Une adolescente de 12 ans peut-elle être tenue pour responsable des actes de ses parents, ou de leur non dénonciation au fil de sa vie d'adulte.  Même quand on grandit au milieu de l'indicible qui devient la norme, ou que l'on côtoie cet indicible sans en prendre part mais en se taisant... Quand le sentiment de culpabilité se déclare-t-il, doit-on le porter toute sa vie ? Sommes-nous tous égaux devant ce sentiment qui peut ronger sur des décennies.

Je l'ignorais, mais "la vie en fuite" est la suite de "le garçon au pyjama rayé" paru en 2009 à destination du public jeunesse. Cette méconnaissance ne m'a gênée en rien, et la vie en fuite est bel et bien un roman adressé aux adultes.

Les chapitres s'alternent entre deux temporalités où l'on suit Gretel. 1946 lorsqu'elle arrive à Paris avec sa mère. Elles vivent pauvrement après une vie sans privation. Elles se déclarent allemandes de Berlin. Mais Gretel évoque souvent "l'autre endroit", qu'il est interdit de nommer. Lecteurs, nous comprenons vite qu'il s'agit d'Auschwitz, mais "du bon côté de la clôture". Le père et le petit frère sont morts, et c'est en état de sidération que nous découvrirons les causes et les circonstances de leur mort.

Dans les années 50, nous partons quelque temps avec Gretel en Australie. Alors qu'elle le fuit, elle rencontre son passé.

Le reste du temps, nous sommes à Londres avec Gretel qui a 91 ans, et que son fils aimerait placer en Epadh pour vendre le luxueux appartement. Sauf que Gretel a la patate et que ce n'est que les pieds devant qu'elle quittera son cocon... Et puis arrivent les nouveaux voisins et le petit Henry, dont le comportement alerte la vieille dame. Et là, un autre sujet important prend place : la violence intra familiale et l'emprise morale...  Je ne peux pas en dire plus sans risquer de spoiler...

Et puis il y a aussi la "jeune" voisine de Gretel... 20 ans de moins qu'elle mais déjà atteinte d'Alzheimer. Gretel s'en occupe en bonne voisine et garde toujours un oeil sur elle. 

Quel sacré personnage cette Gretel qui, quelque part, nous pousse sacrément dans nos retranchements, et ballote bien nos intimes convictions. Est-elle pénalement coupable, est-elle moralement responsable quand ce qui pourrait lui être reproché s'est déroulé alors qu'elle était enfant ? 

Moi-même, je n'arrive pas à me décider. Il y a en fait dans ces pages un aspect que j'appelle l'aspect "et si j'étais né en 17 à Leidenstadt" (Chanson de Jean-Jacques Goldman). Mais je n'ai pas réussi à la détester cette Gretel... Comme quoi, on peut facilement donner son affection à quelqu'un pour ce qu'il est actuellement, quand on ignore tout de son passé... Et là encore, reste à savoir si cette personne est responsable de son passé... Terrible questionnement dont ceux qui auront une réponse claire et nette seront bien chanceux ou alors tout à fait manichéens. Car quelque part, on sent que même John Boyne est indécis, et laisse le choix aux lecteurs.

Un roman magistral, bouleversant, puissant, incontournable, et quelque part atemporel... Pour moi, la vie en fuite est un chef d'oeuvre d'une rareté qui le rend encore plus marquant. Un livre qu'on ne lâche pas, qui pose les bonnes questions sans donner la réponse. Parce que souvent, dans la vie, les choses ne sont pas si limpides que les apparences le suggèrent.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 8 Avril 2026

Roman - Editions Paulsen - 120 pages - 18 €

Parution en janvier 2025

Mon pitch : Un an plus tôt, dans un hameau norvégien, un homme a été tué de multiples coups de couteau. Kristen, jeune bergère présumée coupable, s'est enfuie et réfugiée dans les montagnes. Les recherches pour la retrouver ont jusque-là été infructueuses, malgré des témoignages de son apparition de-ci delà rapportant qu'elle souhaite voir le pasteur...

Alors, le pasteur Sebastian demande à Reydar, tantôt appelé le Marginal, tantôt appelé le Montagnard, de lui servir de guide pour aller à la rencontre de Kristen. Car Reidar connaît la montagne comme sa poche.

Les deux hommes que tout oppose se mettent en route...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis :   Mon blog doit être l'un des derniers à chroniquer ce roman norvégien que je pensais plus récent que ça. Je découvre en rédigeant mon billet que sa parution date d'il y a déjà plus d'un an...

L'histoire se déroule à une époque non datée, mais qui ne date pas d'hier non plus... Une expédition en montagne où il n'est ni question de GPS ni de vêtements Goretex mais de Cairns et de peaux de moutons retournées comme couche... On peut donc déduire que l'on évolue avant la moitié du siècle précédent. 

Nous sommes en Norvège, dans des lieux pittoresques magnifiquement décrits. Mais s'il n'était question de "Huldra" (les elfes en Norvège) on pourrait être n'importe où dans le monde où les montagnes sont si hautes qu'elles deviennent un danger.

Ma lecture commença sous de bons auspices... Plume agréable, dépaysement, atmosphère mystérieuse flirtant avec la fantasmagorie, nature profonde, deux hommes que tout sépare sauf leur quête. 

Mais Reydar est très porté sur la bouteille et son obsession devient agaçante, même si la bouteille de gnole qu'il cache dans son sac semble avoir des pouvoirs surnaturels, Reydar se révèle ne pas être aussi fiable que sa réputation... Et nos deux hommes se perdent... Avant de retrouver une piste... des cairns à distance régulière dans un brouillard à couper au couteau... Et c'est là que le roman qui m'embarquait bien sans pour autant m'envouter non plus, m'a égarée... La fin m'a paru aussi nébuleuse que la brume est opaque aux sommets. Et de ce fait, le sens profond de cette histoire et les intentions de l'auteur m'échappent complètement. Soit j'ai manqué quelque chose, soit il m'a manqué quelques indices ou informations de la part de l'auteur, mais j'ai alors eu l'impression d'être passée à côté de ce roman si prometteur. Je n'y ai pas trouvé le roman initiatique annoncé, ni "le vrai visage" des hommes qui la montagne révèle.

Bref, la rencontre ne s'est pas faite, ce roman n'était pas pour moi, et je ne renouvellerai pas l'expérience avec Martin Baldysz. Par contre, les dernières pages de ce livre sont consacrées à des annonces d'autres parutions de la même maison d'édition, et là, j'avoue que je suis tentée d'autant que j'en ai déjà repéré certains titres à la bib' !

 

Le billet d'Aifelle, d'Inganmic, de Sacha

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 27 Mars 2026

Roman - Editions Robert Laffont -  272 pages - 20.90 €

Parution en août 2024, existe désormais en poche

Mon pitch : La fillette meurt... Ainsi commence le récit d'Estela... Estela qui a quitté son sud chilien pour la capitale, pour y travailler comme bonne (comme sa mère auparavant), dans une famille huppée. Madame donne naissance à une fillette... Dont Estela s'occupera pendant sept ans, jusqu'au drame. Estela déroule chaque étape qui ont mené à celui-ci.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

Mon humble avis : Quelques billets sur la blogo m'ont incitée à lire ce roman, qui était l'occasion pour moi d'une rare excursion dans la littérature chilienne. Et, enfin, Propre a remporté le prix Fémina Etranger 2024.

Propre est le long monologue d'Estela, qui raconte son histoire à ceux qu'elle ne voit pas, qui se tiennent derrière la vitre sans teint, mais qui la voient parfaitement... Sans doute des policiers. Mais je me suis dit qu'Estela pouvait aussi s'adresser à nous lecteurs, qu'elle ne voit pas et dont nous découvrons l'histoire... Est-elle entendue comme témoin ou accusée, nous n'en saurons rien.

Rien à redire sur l'écriture et le style. Mais à part cela, je n'ai pas aimé "Propre". Parce que... Qu'est-ce que c'est long, lent, et qu'une digression en suit une autre sans arrêt. Ce qui rend "Propre" très curieux, car il ennuie profondément tout en maintenant en haleine. 

On sait de suite que la fillette à naître va mourir autour de ces sept ans. La question est de savoir quand, comment, pourquoi. La tension est là mais nous sommes loin d'un thriller ou même d'un roman policier. L'ensemble n'est pas daté. Il est question de télévision, mais pas de téléphone portable ou d'internet, ni de contexte historique, sauf une révolte qui gronde... C'est au Chili, mais cela pourrait se dérouler n'importe où, et donc n'importe quand. Aucun intérêt particulier pour le lecteur qui n'apprend rien sur le Chili.

L'atmosphère est lourde dans ce quasi huis-clos entre trois adultes et une enfant. Aucun des personnages n'est attachant. Monsieur et Madame sont décrits de loin comme distants et factuels, le petite comme capricieuse, malheureuse devant l'acharnement de ses parents à la rendre parfaite. Mais rien n'explique par exemple les difficultés et le caractère particulier de la petite. On n'a que la version d'Estela qui n'analyse pas grand-chose.

Estela se plaint de son sort de bonne. Je ne dis pas qu'il est enviable mais ce qu'elle nous raconte est très ordinaire, commun. Il ne se passe rien d'extraordinaire... Elle a un travail, elle n'est pas maltraitée, elle est employée au service de trois personnes. Et la fracture sociale qu'est sensé dénoncer ce roman est très ordinaire je trouve : Pouvoir de l'argent / soumission, les nantis et leur petit personnel, d'autant qu'il n'est pas poussé dans les extrêmes. Les patrons ordonnent, le personnel exécute, c'est partout pareil dans le monde quel que soit le domaine professionnel. Estela ne se sent pas considérée, mais elle ne se montre pas non plus aimable. "Propre" montre ce qu'il y a à voir derrière la façade du bonheur d'une famille qui ne manque de rien.... Rien de bien révolutionnaire ni nouveau ni original.

Déçue par cette lecture dont j'attendais beaucoup, je ne la conseille pas. La 4ème de couv dit "addictif"... Je ne sais pas qui a eu idée de cette mention trompeuse.

 

Sur Babelio, la note est de 3.52

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 22 Janvier 2026

Roman - Edition Liana Lévi - 239 pages - 22 €

Parution en août 2024

Mon pitch :  Avocat et ancien lanceur d'alerte, Justin vit maintenant sa vie tranquille, en accord avec ses idéaux, en étant avocat commis d'office mais surbooké défendant des petits malfaiteurs sans grande envergure.

Un jour, on lui propose, pour mille dollars de l'heure, une fois par semaine, de donner des conseils juridiques à des danseuses dans un striptease proche de Philadelphie. Pour toucher ces mille dollars, il doit aussi passer la nuit dans le motel juste en face.

Justin accepte sans trop se poser de question, mais au bout de quelques semaines, sa vie , où tout semble liée, devient bien compliquée...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Depuis plus d'un an, ce roman est souvent évoqué sur la blogo, et j'ai enfin pu le "caser" dans mes lectures. Et sans regret, car le temps passé dans ces pages est vraiment bon, savoureux De Iain Levison, j'ai déjà lu Un petit boulot. Un petit boulot dénonçait la violence du système économique.

Un bien l'on trouve pas mal de point commun avec ce nouvel opus... Iain Levison use d'un personnage un peu lassé par un morne quotidien qui accepte une mission des plus inhabituelles, ce qui permet à l'auteur de dénoncer certains vices (parfois de procédure) de nos sociétés.

Le style de Levison est toujours cynique et ironique, le tout "mine de rien", avec une certaine nonchalance qui amuse et donne un aspect un peu de "décalé". Surtout que le lecteur semble se poser plus de question que les personnages sur cette étrange mission, et comprendre bien plus vite qu'eux de quoi il en retourne. C'est un peu comme si rien ne les étonnait, dans un pays où tout est possible, et où l'on a tout vu. Et même lorsque les personnages découvrent le pot aux roses, leur flegme étonne toujours, et détonnant du contexte... Ce qui donne un humour satirique, presque "british", dans le sens bien senti, qui n'en fait pas des tonnes.

Revenu de sa carrière d'avocat payé à 6 chiffres, Justin travaille maintenant pour le ministère public en tant qu'avocat commis d'office... Il ne défend pas vraiment la veuve et l'orphelin mais plutôt le pauvre alcoolique SDF qui finalement n'est pas si mal en prison, puisqu'il a un toit et à manger... mais pas d'alcool.... ou le petit cambrioleur qui s'est fait prendre... Mais là aussi, on sent chez Justin la désillusion... Parce que sitôt son client sorti de prison, celui-ci recommencera puisqu'il n'y a, à côté de la peine, aucun accompagnement social. Et surtout, que la peine de son client dépend de tellement de chose... De l'humeur du juge, du choix des jurés, de la couleur de peau du prévenu, des prétentions politiques de du substitut du procureur, des moyens financiers dont dispose l'avocat pour enquêter, du charisme de l'avocat, du choix du costume pour l'audience, bref "d'un système bordélique mais parfois, on trouve quand même une solution", parce que "le droit consiste surtout à savoir vendre son client". 

Bref, Iain Levison passe au vitriol les aberrations du système judiciaire américain qu'il décortique (cinquante états, cinquante façons de gérer la justice), où ce ne sont pas les actes qui caractérisent le crime mais l'endroit où vous vous trouvez... Puisque d'une rive à l'autre d'un fleuve, les lois changent... Un système où même le plus intègre des hommes est parfois obligé de s'adapter et pourquoi pas de tester, comme tout le monde, un certain moyen de pression pour sauver son client, là où la logique et l'application réelle du droit et des lois devraient suffire. Et quelque part ça fait froid dans le dos, là où les mésaventures de Justin prêtent plutôt à rire.  La tension monte de chapitre en chapitre que ce soit dans la vie de Justin où dans les couloirs du palais de justice, où est bien plus question de pouvoir que d'équité. Ce roman peut aussi être lu comme un polar, notamment par son rythme et son sujet, mais reste avant tout délicieusement cynique... Bref, une lecture plutôt jubilatoire.

Je m'étonne juste des titres (Le lanceur d'alerte version V.O qui ne représente pas vraiment le contenu du roman et peut désappointer) et ce titre français que je trouve laid et trop long... Et qui peut faire croire à une histoire grotesque où à un essai docu...

En tout cas, roman franchement bien mené à ne pas bouder du tout !

 

"Quand on décrit ses propres méfaits, si on raconte suffisamment de fois l’histoire, on finit par en devenir un innocent témoin".

"Les pauvres sont beaux aussi ; ça dure moins longtemps, c'est tout".

"Quand vous faites quelque chose qui vous donne envie d'acheter un flingue, c'est peut-être le moment d'arrêter de faire cette chose. je pense que c'est une bonne règle de vie."

"Quand les gens vous paient un quart de millions de dollars par an, ce n'est pas pour ce que vous faites. C'est pour que vous la fermiez sur ce qu'ils font."

"Je ne dis pas que le système raciste, mais qu'il vaut mieux être riche et noir que pauvre et blanc. Le système aime plus l'argent qu'il ne hait les noirs, ce qui est certainement ce que je peux dire de mieux à ce sujet"

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 10 Janvier 2026

Roman -Editions La table ronde - 186 pages - 21 €

Parution le 28 août 2025

Mon pitch : 1843 sur une île isolée des Shetlands, Ivar est le dernier habitant et vit. A quand remonte la dernière visite de l'émissaire du propriétaire terrien ? A quand remonte le dernier naufrage...

Un jour, Ivar découvre sur la plage le corps inanimé, mais vivant d'un homme. Sans se poser plus de question, il le ramène dans sa cabane et le soigne.

Cet homme, c'est John Fergusson, un pasteur sans le sous et entre deux Eglises qui a accepter, pour gagner un peu d'argent, la mission de chasser Ivar de l'île.

Les deux hommes qui ne parlent pas la même langue, vont apprendre à se connaitre, à cohabiter, voire plus.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Si vous lisez ce roman, je vous conseille de commencer par la postface, qui ne divulgâche rien mais qui précise le contexte géographie et historique dans lequel il se déroule. Ainsi, non seulement vous lirez une belle histoire, mais aussi une des facettes de la Grande Histoire dans la plus petite, et cela sciemment, apportant ainsi un intérêt supplémentaire à votre lecture.

J'ai vraiment beaucoup aimé "Eclaircie", si éloigné me semble-t-il de mes lectures habituelles. Ce n'est pas un coup de coeur car je n'ai pas été bouleversée, et je ne me suis pas dit non plus à la dernière page : quelle construction, quel génie ou autre. Même si la fin a été des plus inattendues et des plus réussies. Non, j'étais "juste" bien dans ce livre et avais tout le temps envie de retrouver l'île et ses deux personnages principaux.

Eclaircie commence en 1843, l'année de la Great Disruption, schisme au sein de l'Eglise presbytérienne de l'Ecosse. Fergusson est un pasteur rebelle qui avec d'autres, veut créer la nouvelle Eglise Libre d'Ecosse. Concommitament, depuis presque 100 ans et jusqu'en 1860, se déroulent les "Clearances", qui ont mis sur les routes, dans la pauvreté, la faim; la précarité ou même l'émigration, des milliers de personnes chassées des terres par les propriétaires terriens au profit de l'élevage intensif de moutons (en autres).

Sur l'île, pour le lecteur, le temps s'arrête. On ne sait plus depuis combien de jours Yvar et John partagent la masure, s'apprivoisent et communiquent avec les moyens du bord... Yvar tente patiemment d'apprendre sa langue à son hôte, qui note tout scrupuleusement, chaque nouveau mot, chaque expression qu'il pense avoir saisie. Cette langue, c'est le Norne, parlé jadis dans les Shetlands, les Orcades, presque jusqu'en Norvège et dont le déclin s'amorça en 1469, et dont l'extinction définitive est datée en 1850. Avec Eclaircie, on prend conscience que les langues mortes ne sont pas que le latin et le grec, mais qu'elles sont sans doute des centaines, voire des milliers, d'une richesse et d'une beauté absolue à avoir disparu au fil du temps, des invasions, des migrations etc... C'est cet apprentissage de la langue Norne par Fergusson qui m'a le plus plu dans ce livre, et la relation de peu de mots et de peu de choses qui nait entre les deux hommes. Evidemment, l'insularité apporte vraiment une sensation de bout du monde, mais avec ce dernier habitant, il y a aussi le sentiment de fin des temps, ou de nuit des temps, même si, là-bas, le soleil ne se couche pas toujours. Les descriptions de cette nature isolée et hostile sont justes simples mais grandioses, et j'ai apprécié aussi que l'autrice use beaucoup de la suggestion, pour laisser le lecteur libre de son interprétation. C'est avec délicatesse et pudeur qu'elle va à l'essentiel.

Eclaircie est aussi un roman sur la solitude, qui ne prend réellement corps que quand elle est interrompue et qu'elle vous explose en plein visage.

Et puis il y a Marie, l'épouse de John, une femme dont la clairvoyance, la vaillance et l'ouverture d'esprit la posent en avance sur son temps.

Une histoire d'un autre temps, et en même temps tellement contemporaine.... Belle, touchante, et quelque part, assez simple... Donc savoureuse.

L'avis de Luocine, Ingannmic, Athalie

 

Première participation au challenge de La Petite Liste

"Gravillons de l'hiver", livres de moins de 200 pages.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 10 Décembre 2025

Roman - Editions Livre de Poche - 128 pages - 7.70 €

Parution en poche en avril 2025 / Grasset Fasquel en 2024

L'histoire : Une fois par an, le 16 août, Ana Magdalena Bach prend un ferry pour passer une nuit sur l’île où est enterrée sa mère. Indifférente à la splendeur des Caraïbes, elle se contente de déposer un bouquet de glaïeuls sur la tombe avant de retrouver son mari. Mais, l’été de ses quarante-six ans, une aventure avec un inconnu va précipiter son destin : Ana Magdalena découvre l’infidélité et la passion des corps en même temps que le dépit amoureux. Comme prise dans une spirale érotique, elle vit chaque pèlerinage sur l’île dans les bras d’un nouvel amant.

 

Tentation : Nom de l'auteur

Fournisseur : Achat à la braderie de ma médiathèque cet été

 

Mon humble avis : Quand j'étais dans la vingtaine, Gabriel Garcia Marquez a fin un temps partie de mes auteurs chouchous, avant de tomber dans mon oubli. Et lorsque ce livre est apparu sous mes yeux, je me suis dit "ça alors, Marquez est encore vivant et il écrit toujours" !!!

C'était avant de me plonger dans la lecture de ce roman inédit et que je comprenne que celui-ci est publié post mortem (G.Garcia Marquez nous ayant quitté en 2014). D'ailleurs, en post face, une note des enfants et de l'éditeur de l'auteur explique... Ce "roman", plutôt, longue nouvelle, Garcia l'a écrit alors qu'il perdait la mémoire. Et choix a été fait de publier l'ouvrage presque tel quel, à partir de plusieurs versions écrites par l'auteur, et contre son avis.

Pendant quelques années, nous suivons Ana Magdalena dans son pèlerinage sur la tombe de sa mère, enterrée sur une petite île de la Caraïbe, où elle se rend en bateau. Elle prend le même taxi, et le même hôtel chaque année. Ce pèlerinage devient soudain adultérin, alors qu'Ana a été fidèle à son mari depuis son mariage il y a vingtaine d'années. Ses enfants réussissent et la complicité partagée avec son mari ne se dément pas. Alors, pourquoi soudain passer la nuit avec un inconnu rencontré dans un bar de l'île, et faire de cet acte inédit une habitude annuelle... Une liberté, mais aussi un nouveau rituel qui en efface d'autres, puisque désormais, Ana change d'hôtel, de taxi.... Ce que l'on prend tout d'abord pour un acte inédit d'une femme libre dit-il tout autre chose d'Ana ?

On retrouve la délicieuse plume et le puissance narratrice de l'auteur si promptes à nous plonger dans une atmosphère qui n'est pas sans langueur.... Le contexte de l'île Caribéenne et son climat y concourent certes, qui ajoute de la suavité à la sensualité. Garcia Marquez nous emmène dans chaque pas, chaque geste, chaque hésitation, chaque interrogation, chaque décision de ce son héroïne, à laquelle on s'attache, et que l'on aurait aimé suivre plus longtemps, pour que la psychologie de son personnage soit plus creusée et que l'ensemble soit plus abouti. Mais étant donné les conditions de publication, ce n'est pas possible et c'est dommage... Car reste une impression de "oui, mais alors quoi finalement ? " et de manque de consistance.

La lecture est agréable, il y a de grands moments dans ces pages (notamment avec ce billet de vingt dollars qui turlupine Ana tout au long de cette histoire), mais on sent aussi les failles, les contradictions, le manque de souffle, et d'objectif final. Bref, l'aspect ébauche est bien visible.

Etait-ce une bonne idée de publier cet ouvrage tel quel ou était un énième coup de comm sur un monstre sacré de la littérature sud américaine ? Je pencherais plutôt pour la deuxième solution, parce que je n'ai pas retrouvé la flamboyance et la grandeur que je garde en souvenir de mes lectures de "jeunesse". Mais je ne regrette pas pour autant le temps passé dans ces pages, à voir, entendre, sentir et ressentir ce que les mots m'ont dit.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 4 Novembre 2025

Roman - Edition Audiolib - 4h08 d'écoute - 19.45 €

Parution d'origine en 2017, Audiolib en 2020

La 4ème de couv : 

"Ici, on a tous du sang indien et quand ce n'est pas dans les veines, c'est sur les mains."

Le 11 juin 1981, trois cents policiers de la sûreté du Québec débarquent sur la réserve de Restigouche pour s'emparer des filets des Indiens mig'maq. Émeutes, répression et crise d'ampleur : le pays découvre son angle mort. Une adolescente en révolte disparaît, un agent de la faune démissionne, un vieil Indien sort du bois et une jeune enseignante française découvre l'immensité d'un territoire et toutes ses contradictions. Comme le saumon devenu taqawan remonte la rivière vers son origine, il faut aller à la source.

 

Tentation : La blogo à l'époque

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Un roman Québécois dont la blogosphère s'était éprise lors de sa sortie... Et comme souvent, j'ai un train de retard. Et avec le temps écoulé, je ne savais plus trop à quoi m'attendre avec Taqawan. Ce roman m'a plus intéressée que bouleversée, même si les faits historiques récents et réels auxquels il se réfère sont évidemment révoltants. Le contexte m'a remuée, les personnages moins, sans doute parce que pas très fouillés. Ils sont surtout là pour illustrer un contexte et avoir une histoire à raconter, plutôt qu'être dans un récit de faits accomplis.

Il est question de l'Histoire plus ou moins récente du Québec, de ses grands espaces, de ses traditions et légendes. Mais surtout, de la guerre entre l'Etat du Québec et l'Etat fédéral d'Ottawa, et la tribu des micmacs autour des autorisations de la pêche au saumon accordées ou non, et ne respectant pas du tout les coutumes, la manière de vivre et de se nourrir de la tribu ancestrale, pire, détruisant l'environnement. L'importance du saumon dans l'économie locale est bien montrée. Il s'agit de la Guerre du saumon  qui a eu en 1981 et des exactions policières. Bref, c'est l'impossible cohabitation des coutumes amérindiennes avec les lois du Nouveau Monde, et de la prise de pouvoir des blancs sur les populations autochtones parquées dans des réserves.

Des indiens, ce sont des Indiens. On les a appelés comme ça parce qu’on croyait être arrivé en Inde. Mais non, on était arrivé en Amérique. Avec le temps, on s’est mis à les appeler des Amérindiens. Plus tard, on dira des autochtones. Avant ça, on les a longtemps traités de sauvages. Il faut se méfier des mots. Ils commencent parfois par désigner et finissent par définir. Celui qu’on traite de bâtard toute sa vie pour lui signifier sa différence ne voit pas le monde du même œil que celui qui a connu son père. Quel monde pour un peuple qu’on traite de sauvage durant quatre siècles ?

Certes, on en apprend beaucoup sur le saumon, sur les techniques de pêches. Il est aussi question de notion de terre natale, de territoire, de culture, de langue, d'identité, et de force collective qui depuis des siècles, les peuples s'entretuent pour défendre les leurs.

Comme vous pouvez le voir, pas mal de choses intéressantes dans ce roman, malgré une impression fourretout et un peu désordonnée. Je ne regrette pas ma lecture, mais j'avoue que je ne me souviens déjà plus de la fin (mon audiolecture date de début octobre)

Explication du titre : le mot « taqawan » est un mot d’origine micmac qui désigne le saumon qui remonte la rivière vers l’endroit qui l’a vu naître... Et cela illustre bien les notions de terre natale, d'origine, et d'identité.

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 9 Septembre 2025

Roman - Editions Thélème - 7h57 d'écoute - 11.01 €

Parution d'origine en 1891

L'histoire : Alors qu'il rend visite à son ami peintre Basil Hallward, Lord Henry rencontre le jeune Dorian Gray. Emerveillé par sa jeune beauté et sa naïveté, il se lie rapidement d'amitié avec lui et dit, en plaisantant, qu'une fois le portrait terminé, seul celui-ci gardera à jamais cette beauté tandis que Dorian vieillira peu à peu. Le jeune homme déclare alors qu'il donnerait son âme pour que ce portrait vieillisse à sa place. A ces mots, tous rirent... sur le moment.

 

Tentation : allez, un gros effort, un classique !

Fournisseur : Ma PAL audio (Bib de Rennes)

Mon humble avis : Comme je passe à côté de nombreuses pépites en lisant si peu, vraiment peu, de classiques... Car il est indéniable que je me suis régalée à audiolire Le portrait de Dorian Gray (qui plus est interprété ici par Denis Podalydès.

Oui, ce texte est d'une irrévérence totale, mais on rit des dialogues autant que l'on réprouve, tant ils sont amoraux, prônent la décadence et adulent la beauté physique.

Je me suis régalée de l'esprit de Wilde et de des aphorismes tantôt cinglants, tantôt savoureux. On aimerait tous les retenir et pouvoir ainsi briller en société en les déclamant ! On adore détester l'ignoble Dorian Gray, même si, au début de l'histoire, sa jeunesse innocente son comportement arrogant de parfait dandy. Car au fil du temps, le jeune homme timide devient narcissique et cynique, perverti qu'il est par son mentor Lord Henry, et adoubé de tous pour sa beauté, qui lui assurera une ascension sociale tout en restant un parfait et odieux hédoniste. Dans ce texte parfaitement misogyne, les femmes, qui se retrouvent reléguées au rang 

Il y a du fantastique dans ce texte (avec ce portrait qui vieillit à la place de Gray mais qui deviendra le miroir de son âme), et de la philosophie avec notamment, la beauté physique qui cache la laideur de l'esprit, et le narcissisme. Et même si ce roman a bien plus d'un siècle, il est toujours d'une grande actualité, avec cette recherche de l'éternelle jeunesse. Si à l'époque, celle-ci n'était que fantasme, on peut dire qu'aujourd'hui, nous sommes sous le joug du jeunisme bien soutenu par diverses médecines...

L'auteur irlandais nous entraîne dans les mondanités victoriennes, dans un rythme effréné sans aucun temps mort et nous repaît de son style ciselé, d'une élégance rare, d'une efficacité implacable... qui rend cette histoire impossible à lâcher La plume de Wilde est ici exquise même si diablement provocante !

Aucun doute, Le portrait de Dorian Gray est bien un chef d'oeuvre de la littérature. Incontournable autant que jubilatoire, qui ne laisse pas de place à l'ennui ou les longueurs. Si tous les écrits de Wilde sont aussi savoureux, alors je veux bien les lire tous !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 26 Août 2025

Roman - Editions Actes sud - 416 pages - 23.80 €

Parution en février 2025

L'histoire : Fille d’un ingénieur canadien collaborant avec le commandant Cousteau, Evie a douze ans lorsqu’elle attrape le virus de la plongée et décide de consacrer sa vie à l’exploration des fonds marins.
Ina, une artiste polynésienne, compose des sculptures avec des déchets plastiques qu’elle glane sur les plages. Peu à peu, une étrange créature prend forme.
Todd et Rafi, deux lycéens américains que tout oppose, cimentent une intense amitié autour du jeu de go ; l’un se perdra dans la littérature, l’autre révolutionnera l’intelligence artificielle.

Des décennies plus tard, ils se retrouvent tous sur l'île de Makaeta, où se joue la prochaine grande aventure de l’humanité : la construction de villes flottantes.

 

Tentation : Blogo + couv

Fournisseur : La bib de St Lunaire 

Mon humble avis : J'ai voulu découvrir l'univers du romancier américain Richard Powers à travers son dernier titre à la si jolie couverture... Un jeu sans fin m'a paru vraiment sans fin et j'en suis sortie comme abrutie après plus d'un mois d'emprunt à la médiathèque. Je n'ai pas adoré, je n'ai pas détesté, mais pour moi, ce n'est pas le genre de livre que l'on dévore... On lit une vingtaine de pages à la fois, parfois moins. Mais l'on va jusqu'au bout pour savoir ce qu'il advient des protagonistes et comment tout se rejoint.

Ce roman est très dense, notamment dans les sujets qu'il aborde (amitié, trahison, lutte des classes, féminisme, écologie, littérature, science du progrès, les réseaux sociaux et l'addiction engendrée et bien prévue, l'avènement de l'IA avec ses conséquences).

J'ai aimé suivre l'amitié de Todd et Rafi depuis leurs jeunes années, et leur besoin commun de stimulations cérébrales, qui devient un défi entre eux, que ce soit par la culture littéraire pour l'un, la curiosité informatique pour l'autre, et les jeux d'échec et de Go pour tous les deux. L'arrivée d'Ina dans ce duo est également intéressant.

J'ai aimé être dans les profondeurs océaniques avec Evelyne, à la découverte et en observation scientifique des mille merveilles subaquatiques... Ah ces moments passés avec les raies Manta, avec les baleines ou dans les stations de nettoyage, ou chaque individu s'active de façon communautaire, dans une organisation sans faille. Oui, à la base notre planète est très bien foutue pour que chaque être soit complémentaire. Lire la vie d'Evelyne m'a plu, d'autant que son personnage est inspiré d'une océanographe réputée.

J'ai aimé aussi être sur l'île de Makaeté, en Polynésie Française, parmi ses quelques 80 habitants. L'organisation et le déroulement d'une fameuse élection, dans un tel microcosme, est en fait assez représentative et humainement/socialement passionnante à suivre.

J'ai aimé la plume de l'auteur, empreinte de poésie, élégante sans être ampoulée.

Les longues logorrhées (de plus en italique) de Todd m'ont lassée, puis vraiment saoulée lorsqu'il n'évoque quasiment plus que l'avènement des différentes IA auquel il a participé. C'est vraiment scientifique et du coup, pénible pour moi, d'autant que c'est interminable.

La construction non chronologique du roman m'a dérangée, on ne sait pas toujours dans quelle époque on se trouve, et des événements ultérieurs se trouvent narrés bien avant leurs prédécesseurs. Bref, j'ai été quelque peu perdue par moments.

Enfin... la fin... Dont je ne sais que penser... Réelle ou pas ? Conte ou dystopie ? Rafi est-il là ou juste son souvenir ? Après 400 pages globalement terre à terre, cette évolution-là m'a surprise et pour le coup, laissée sur ma faim. Et pour finir le message global ne tire pas vers l'originalité absolue... Il faut protéger les océans et se méfier de l'IA qui dépasse ses inventeurs... Mais ça, je le savais déjà. Bref, je m'attendais à être bien plus emportée par Richard Powers, j'espérais une révélation littéraire qui n'est pas venue. Où alors le génie potentiel de cet ouvrage m'a échappé, ce qui est toujours possible.

Un jeu sans fin c'est... Les échecs et le go... C'est aussi le cycle de la nature résiliente, cette nature qui se remet en place malgré les dégâts, qui se réinstalle et recrée un biotope nécessaire à quelques espèces. C'est aussi l'Histoire qui est un éternel recommencement...Avec les puissances colonisatrices qui exploitent jusqu'à la moelle un lieu, un peuple, une île ici, qui s'en vont quand elles ont tout dévasté et qui reviennent des décennies plus tard avec un nouveau projet en développement. Un jeu sans fin, c'est aussi la cupidité de l'Homme, à qui il faut toujours plus quelques soient les conséquences. Enfin, un jeu sans fin, c'est le caractère intrinsèque de l'Humain qui veut toujours jouer, prendre des risques, jouer, jouer, sans forcément gagner, mais juste continuer à jouer.

Mais tout de même, lorsque l'on comprend à qui Todd se confie tout au long du roman, ça fait froid dans le dos, et l'on trouve cela très triste.

Qui d'autre ici a lu ce livre ? Je me souviens avoir lu un billet sur un blog que je suis, mais je ne sais plus lequel ? Je veux bien qu'on me décrypte la fin (même si discrètement en MP ;)

 

L'avis de Keisha

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 5 Juillet 2025

Roman - Editions Albin Michel - 293 pages -22.90 €

Parution en janvier 2025

Mon pitch : A Dublin, un soir de pluie, deux hommes de la GNSB (nouvelle police secrète) sonnent chez les Stacks. Ils souhaitent s'entretenir avec Larry qui est absent. Ce dernier se rend au commissariat le lendemain... Et n'en reviendra jamais alors que le gouvernement déclare l'Etat d'urgence. C'est le début de l'enfer. Eilish Stacks se retrouve seule avec ses 4 enfants, dont le dernier nouveau-né. Jusqu'où devra-t-elle aller pour les protéger et les garder vivants dans ce chaos indescriptible fait de privations, de restrictions drastiques, de danger, de violence...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Roman ultra primé, dont du fameux Booker Prize... Quand une démocratie bascule dans la dictature.

Le chant du prophète est une lecture terrible, anxiogène, étouffante et pourtant prenante. On est ahuri et abasourdi de cette plongée en "absurdie". Mais une absurdité réaliste, vraie, certainement existante. Cette histoire est une dystopie car elle se déroule en Irlande, pays démocratique et en paix. Mais il y a bien des pays au monde où cette dystopie n'est pas fiction : pays en guerre contre un ennemie extérieur, pays en guerre civile, pays totalitaires etc... Je pense qu'il existe des Eilish Stacks dans toutes ces contrées. Eilish Stacks, une mère courage que nous ne quittons pas un instant durant ces presque 300 pages.

Cela commence par des disparitions (Notamment celle de Larry, enseignant et syndicaliste), des licenciements, des arrestations, l'Etat d'urgence... Et cela va jusqu'aux bombardements aériens. Il y a l'armée régulière, les rebelles, les milices. On ne sait plus qui est l'ennemi puisque chacun finit par se comporter de la même manière que celui qu'il combat : que ce soit dans la façon brutale d'être ou dans les décrets absurdes qui paraissent chaque jour. Plus rien n'a de sens. Certains habitants fuient la ville et le pays pendant qu'il en est encore temps. Eilish veut rester, au début pour être là au retour de son mari. De plus, à l'autre bout de la ville, son père s'enfonce dans la maladie d'Alzheimer. Puis... je vous laisse découvrir la suite... C'est donc cette résistance, qui page après page progresse vers la survie, et uniquement la survie, que Paul Lynch nous décrit ici. Les personnages sont très attachants et admirables pour certains... Eilish est de ces femmes que l'on n'oublie pas, tout comme sa fille Molly qui à peine adolescente, n'a d'autre choix que de devenir adulte.

Oh c'est parfaitement fait, avec des mots précis, Lynch nous emmène dans cette désespérance glaçante que seul l'instinct de survie et de protection empêche de devenir folie. On est dans le coeur d'Eilish, dans ses peurs, dans ses mensonges, dans ses espoirs, dans sa rage, dans son courage, dans ses mains, dans ses veines, dans ses pieds, dans ses yeux, dans ses oreilles, dans sa tête. Sous bien des aspects, on ne peut être qu'admiratifs du talent de Paul Lynch pour décrire cette spirale cauchemardesque et nous la faire ressentir, voir vivre. Avec en parallèle, la maladie d'Alzheimer de Simon. Il y a de la maestria dans ces pages. 

Et pourtant, j'émets deux bémols qui ne relèvent pas du détail...

Etait-il nécessaire d'aller si profondément et si longtemps dans l'horreur ? Eilish, et à travers elle les lecteurs, ne pouvaient-ils pas être épargnés de certaines épreuves sans que l'objectif et la force de ce roman ne soient remis en question ? A la fin, j'ai eu une impression de surenchère (je ne peux en dire plus sous peine de spoiler)... Certes réaliste, mais est-ce indispensable ?

Enfin et surtout, le style rédactionnel... Aucun espace ni aération dans le texte, pas d'alinéas, pas de paragraphe, pas de "tirets ouvrez les guillemets" pour annoncer un dialogue. Tout est écrit au kilomètre avec de temps en temps, un saut de ligne. Cela ajoute donc à l'aspect étouffant du sujet. C'est peut-être voulu mais ce n'est pas vraiment agréable à lire et même parfois difficile. Il faut se concentrer notamment au moment des dialogues pour savoir qui parle, et se fier aux indices d'accords et de conjugaison pour deviner parfois. Bref, cette absence de mise en page est très déstabilisante d'entrée de jeu, même si l'on finit par s'habituer à peu près, la sensation d'asphyxie demeure.

Aussi, malgré les manifestes grandeur et indélébilité de l'oeuvre, je suis bien incapable de vous dire si je vous en conseille ou non la lecture.

 

"L'histoire, c'est le registre silencieux de ceux qui n'ont pas pu partir, de tous ceux qui n'ont jamais eu le choix, comment partir quand on n'a nulle part où aller, on ne va nulle part quand nos enfants ne peuvent pas obtenir de passeport, on ne va nulle part quand on a les pieds enracinés dans le sol et qu'il les faudrait pour pouvoir partir."

 

L'avis de Violette

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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