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Publié le 12 Janvier 2022

Henning Mankell, Un paradis trompeur, littérature suédoise, avis, chronique

Roman - Editions Sixtrid - 9h09 d'écoute - 21.95 €

Parution Sixtrid 2014 - Seuil 2013

L'histoire : En 1904, Hanna a 18 ans et vit dans un hameau au bord de la Suède, entre montagnes et rivière. La faim, le froid, elle est une "bouche" de trop à nourrir pour sa mère. Quelques mois plus tard, elle sera propriétaire d'un bordel au Mozambique et à la tête d'une fortune inestimable. Quelle a été sa destinée entre la Suède et l'Afrique... Et quel est son avenir dans cette contrée où tout lui est étranger ?

 

 

Tentation : Ma PAL audio

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Feu Henning Mankell était très réputé pour ses polars et thrillers. Mais pas que... Rappelez-vous les fameuses Chaussures Italiennes... Un paradis trompeur est dans cette veine, ce n'est pas du tout un roman policier.

J'ai vivement apprécié cette histoire qui semble au long cours, même si elle ne se déroule en fait que sur deux petites années.

Hanna est une campagnarde timide et "mal dégrossie" qui ne connait rien du monde au-delà de son environnement proche... Et pourtant, elle connaîtra d'abord la vie chez un armateur en ville, où elle découvre un certain luxe, le fourmillement des gens etc...

Puis, en qualité de cuisinière, elle embarquera sur un bateau en direction de l'Australie. Pour des raisons que je ne dévoilerai point ici, son voyage s'arrête au Mozambique... Ou elle descend à l'hôtel le Paradis... Elle est malade, elle y est soignée. Mais derrière la pancarte "Hôtel" se cache un bordel, dont elle deviendra la propriétaire après encore d'autres mésaventures.

A travers le regard d'Hanna qui découvre le monde et particulièrement l'Afrique colonisée (Le Mozambique est alors une colonie portugaise, Henning Mankell nous plonge dans cette époque et ces lieux où les blancs, minoritaires, méprisent et dominent les noirs, qui sont sans droits (sauf ceux que leur donne leur propre culture) et qui oscillent entre crainte et haine envers leurs blancs de maîtres. Un protagoniste du roman dira : Dès qu'un blanc débarque ici, il devient un ignoble personnage. Un autre dira : Un jour, les blancs regretteront ce qu'ils nous ont fait, un jour les noirs se révolteront.

Mais Hanna ne deviendra jamais une blanche comme les autres... et butera toujours contre ce choc des cultures. De ce fait, elle ne pourra jamais se fier aux "siens" et les noirs ne lui accorderont que très peu de confiance. Et pourtant, elle se battra pour cela, envers et contre tout.

C'est donc un destin hors du commun que nous conte ici le grand Henning Mankell. Il nous accroche au personnage d'Hanna dans une époque qui officiellement est révolue, mais qui subsiste encore trop de par le monde. J'aurais aimé une fin moins ouverte et peut-être plus cartésienne. J'ai aussi tiqué un peu sur l'assurance qu'Hanna semble acquérir trop vite. Mais ces détails sont secondaires et c'est chaleureusement que je vous conseille ce roman qui ne manque pas de nous instruire.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 6 Janvier 2022

Recueil - Editions "Les arènes" - 268 pages - 15 € environ

Parution en septembre 2013

Le sujet : Trente-quatre auteurs américains réunis pour écrire chacun une histoire de librairie... la leur, en tant qu'enfant, adulte, lecteur, romanciers... Ces témoignages de quelques pages chacun forment un bel hymne à la lecture et un magnifique hommage au travail des libraires indépendantes !

Tentation : Couv et sujet

Fournisseur : Ma PAL et ma CB !

 

 

 

Mon humble avis : J'ai acheté ce livre la veille du 2ème confinement en 2020, dans une librairie indépendante qui venait tout juste d'ouvrir alors... Un tel lieu accessible à pieds depuis chez moi, quel bonheur... Mais j'ai déménagé quelques mois plus tard.

Il n'empêche qu'en vitrine trônait cet ouvrage dont la couverture est une réelle invitation à la prendre en mains.

Cette librairie de la pomme verte est vraiment agréable à lire. Trente-quatre visions différentes de ce qu'est et apporte une librairie, et autant de plumes différentes... Même si évidemment, nombre de points communs se retrouvent d'un témoignage à un autre. Les auteurs évoquent tantôt le premier livre qu'ils ont acheté enfant dans une librairie, tantôt les lectures et dédicacent qu'ils y font de leur roman devant une salle vide - ou comble, tantôt le réveil de toute une ville alors qu'ouvre une librairie, ou le contraire. Mais aussi le titre improbable qu'ils ont trouvé au fin fond d'un rayon. Mais tous abordent le travail dévoué, passionné et titanesque des libraires, qui sauve parfois un roman de l'oubli et en fait un énorme succès.  Le tout, grâce à une relation réelle et personnalisée avec les libraires.  Evidemment, cet ouvrage est conçu comme un fer de lance contre le grand méchant A et les grandes chaines de librairies impersonnelles qui parsèment l'Amérique.

La Librairie de la pomme verte est aussi une invitation au voyage à travers les USA, les librairies célébrées par ces plumes se situant aussi bien en Californie, qu'à New York ou dans le Minnesota en passant par le Vermont ou ailleurs. On en apprend aussi beaucoup sur le fonctionnement de l'édition aux Etats-Unis. A la fin de chaque témoignage, on trouve la liste des oeuvres écrites par les auteurs. Mais aussi, au fil des pages, en notes, les titres qu'ils évoquent comme étant incontournables, ou leurs préférés etc... C'est donc une mine d'idées de lectures et de belles découvertes qui se trouvent réunies ici. Mais à ouvrage américain, dit surtout littérature américaine, et il semble hélas que nombre de références ne soient jamais parues en France. De même, certains auteurs qui participent à ce collectif sont inconnus dans l'Hexagone. C'est un peu frustrant !

J'ignore si c'est déjà fait, mais ce serait bien qu'un éditeur français se lance dans un projet similaire, avec des auteurs que nous connaissons tous... et des lieux que nous avons peut-être déjà arpentés !

En tout cas, je me rappelle très bien du premier livre que j'ai acheté moi même, avec de l'argent de poche... C'était dans une librairie papeterie presse du quartier de mes grands parents maternels, le quartier du Quesne à Marcq-en-Baroeul (59), et c'était un Oui oui ! Sur la couverture, il y avait un gros chat en peluche rose !

Je rédige ce billet quelques jours après avoir entendu aux infos que la vente de livres a augmenté de 20% en 2021 ! La littérature a donc encore de beaux jours devant elle !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 16 Décembre 2021

Récit - Editions Sixtrid - 5h14 d'écoute - 17 €

Parution Sixtrid 2015 - Métailié 2015

Le sujet : Rosa Montero est chargée d'écrire une préface au journal écrit par Marie Curie après la mort de Pierre Curie. Les mots ont emporté Rosa Montero dans un tourbillon et cette préface est devenue cet ouvrage.

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : Bib de Rennes !

 

 

 

Mon humble avis : J'ai aimé écouter ce texte dans ma voiture. Parce qu'il est intéressant, instructif, et donne à réfléchir, à méditer, voire philosopher sur les grands sujets de la vie. 

La langue y est merveilleuse et agréable et l'interprétation parfaite, par la voix chaude, posée mais claire d'Hélène Lauseur. Une audio lecture que j'ai donc appréciée, même si je précise qu'elle ne m'a pas captivée. Même s'il y a quelques fils conducteurs, il ne s'agit pas ici d'un roman qui tient prisonnier jusqu'au dénouement.

Récemment, j'ai lu dans les mêmes conditions "Marie Curie prend un amant" d'Irène Frain. Aussi, je connaissais déjà certains faits de la vie de Marie Curie. Ce doublon n'est pas dérangeant, il permet une révision, un rappel, afin que la vie de cette femme formidable pénètre encore mieux, et pour longtemps, mon cerveau. Et puis, j'ai appris d'autres choses, qui n'avaient pas été abordées par Irène Frain.

De plus, l'approche de Rosa Montero est tout à fait différente de celle de la romancière française... Ici, point de récit chronologique précis... Rosa Montero se saisit de certains éléments de la vie de Marie Curie pour les analyser dans leur contexte de l'époque, puis de les rapporter à notre époque actuelle, ou même dans son propre vécu. Il est question d'immigration, de place de la femme dans le ménage, dans la société, de deuil, de féminisme, du dépassement de soi, d'adultère, de la dévotion et de l'obsession, du sacrifice personnel pour le bien collectif... et bien d'autres...  (celui du deuil tenant une place importante) avec toujours en filigrane, l'extraordinaire destin de la grande Marie Curie.

On a un peu l'impression d'assister à une conférence de Rosa Montero sur le sujet, conférence qui se transforme parfois en dialogue, lorsqu'un sujet se développe dans notre propre esprit qui confirme ou infirme le texte de Rosa Montero selon notre propre ressenti.

Pas captivant mais intéressant et très riche, ce texte sensible, sincère et juste est un parfait compagnon pour des voyages en voiture !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Décembre 2021

Roman - Désorientale - Négar Djavadi - Iran - Exil - avis - chronique

Roman - Editions Audiolib - 11h03 d'écoute - 22 €

Parution Audiolib 2017 - Liana Lévi 2016

L'histoire : Kimia est un Paris, assise dans un couloir d'hôpital.... Elle suit le protocole de PMA. Avec son amie, elle souhaite un enfant et elles ont trouvé un donneur. Et elle se souvient et raconte... Son arrière grand-mère est née dans un harem iranien. D'ailleurs, Kimia a vécu ses premières années à Téhéran. Que c'est il passé ? Quels sont les évolutions du monde qui ont conduit Kimia a Paris et lui ont permis de vivre sa vie librement ? 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Je ne peux pas mettre moins de 4 pattes de chats à ce roman, même si cette lecture ne m'a que moyennement enthousiasmée... Je m'explique : Déjà, le style est un régal, vraiment, soigné, fluide, harmonieux, musicale presque et parsemé d'humour et d'insolence. Un réel plaisir à écouter, d'autant qu'il est très bien interprété. Certaines parties sont très intéressantes, mais d'autres m'ont perdue et dans l'absolu, cette audiolecture m'a paru interminable et s'est étalée sur plusieurs mois, faute aussi au beau temps qui a régné en Bretagne en octobre et novembre et qui m'a fait privilégier l'extérieure à mon tapis de marche !

La première partie est déroutante et longue. La narratrice y décrit les multiples ramifications de son arbre généalogique sur plusieurs générations. La profusion des personnages m'a noyée, ainsi que leur appellation parfois : "oncle N°1, oncle N°2.... Oncle N°6". Autant dire que la vie des personnages secondaires m'est complètement passée au-dessus.

Par contre, mon intérêt est né lorsque les parents de Kimia se rencontrent... Et il s'est maintenu jusqu'à la fin lorsqu'il s'agissait de cette famille nucléaire, et de Kimia dans sa vie d'adulte, ses choix, ses orientations, ses fardeaux et ses forces. Le père de Kimia est un intellectuel opposant aux différents régimes iraniens... Et il est contraint à l'exil. Quelques temps plus tard, sa femme et ses trois filles le rejoindront à Paris...Je précise qu'au cours du roman, les aller-retours dans le temps sont constants.

Désorientale est une ambitieuse saga familiale sur plusieurs générations et en différents pays. A travers ce roman et l'histoire de la famille Sadr, on revient sur quelques décennies de l'Histoire Iranienne alors que les régimes politiques successifs sont de plus en plus durs et totalitaristes... Et vu de l'intérieur, cela permet de comprendre ou de se rappeler certains faits et leurs conséquences individuelles, collectives ou mondiales... Les révolutions, le Shah, les Mollah. La vie telle qu'elle fut dans cette contrée, et telle qu'elle est maintenant. Les contradictions, l'hypocrisie, et les violences politiques et religieuses de ce pays où la trans identité est acceptée et relativement courante, mais où l'homosexualité est un crime.

Et puis il y a Kimia et sa vie blacboulée... Son enfance en pleine révolution, son père en danger, l'exil, une adolescence parisienne avec des parents qui vivent enfermés de craintes de représailles des services secrets iraniens... L'errance, les stupéfiants, une vie de bohème en Belgique, en Allemagne, aux Pays-Bas, à Londres, un retour à Paris et l'Amour au féminin... L'homosexualité et le désir d'enfant, et donc le parcours du combattant médical, les questions, les suspicions, le rôle qu'il faut tenir.

Un roman très très riche, comme un témoignage (d'ailleurs la romancière est elle-même iranienne exilée (mais le reste est romanesque) même si pas toujours facile à suivre sur l'Iran, l'exil, la difficile adaptation à un pays qui n'est pas le sien et que l'on n'a pas vraiment choisi, l'identité, la mémoire, la différence, les différences, la difficulté à être soi-même quand on ne correspond pas au format familial et culturel.


"On a la vie de ses risques. Si on ne prend pas de risque, on subit, et si on subit on meurt, ne serait-ce que d'ennui."

"Pour s’intégrer à une culture, il faut, je vous le certifie, se désintégrer d’abord, du moins partiellement, de la sienne. Se désunir, se désagréger, se dissocier. Tous ceux qui appellent les immigrés à faire des "efforts d'intégration" n'osent pas les regarder en face pour leur demander de commencer par faire ces nécessaires "efforts de désintégration". Ils exigent d'eux d'arriver en haut de la montagne sans passer par l'ascension."

D'où le titre... Désorientale...

Comme toujours avec Audiolib, à la fin, un entretien très intéressant et éclairant avec l'auteure.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Septembre 2021

Paolo Cognetti, Les huit montagnes, roman, avis, chronique, Italie, Montagne, amitié

Roman - Editions Audiolib - 6h50 d'écoute - 20.30 €

Parution Stock 2017, audiolib 2018

L'histoire : Pietro est un garçon des villes. Tous les ans, il passe ses vacances à Grana, dans les Alpes italiennes. Bruno est un garçon des montagnes. Ils ont onze ans lorsqu'ils se rencontrent et que tout les sépare... Bruno initie alors Pietro aux secrets alpins et c'est ensemble qu'ils parcourent les espaces sauvages, soudant ainsi une amitié qui semble indéfectible. Mais les années passent, les garçons grandissent, prennent chacun leur chemin... Jusqu'à ce que, presque vingt ans plus tard, la vie les réunisse de nouveau. Nous suivons donc Pietro et Bruno sur plusieurs décennies.

 

Tentation : La blogo à l'époque de la sortie d'origine

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : C'est un très beau texte que nous propose ici Paulo Cognetti. Un texte faussement simple... Car même si l'écriture semble aussi fluide que l'eau d'un ruisseau de montagne, elle est j'en suis sûre extrêmement travaillée et choisie pour s'adapter au décor : la montagne du Val d'Aoste. De ce fait, c'est un roman très agréable à écouter, apaisant, sans grands effets malgré la diversité des sujets qu'il traite discrètement : l'amitié, la filiation, les choix et directions de vie, même s'ils ne sont pas exempts d'erreur, d'oubli, de regret, de changement d'envie.

Mais ce qui reste le centre de cette belle histoire d'amitié, c'est la découverte de soi à travers les différences de l'autre. L'autre qui a moins, à qui l'on voudrait donner ce que l'on a... mais en a-t-il seulement besoin et envie ? Ces amis d'enfance que l'on voudrait emmener partout avec nous, pour qu'il soit comme nous, ou au contraire, les laisser là et comme où ils sont, pour qu'ils ne changent surtout pas. D'ailleurs, sommes-nous destinés à vivre là où sont nos racines et celles de nos pères, juste parce qu'on ne connait "que ça" ? Il y a celui qui fuit le lieu en pensant se trouver, et l'autre qui fuit la frénésie des hommes pour être lui.

La montagne comme repère, comme lieu de retrouvaille, de repos loin du fourmillement de la ville, un rocher où s'accrocher... Elle est majestueusement bien décrite cette montagne, comme la vie qui l'entoure d'ailleurs. Les mots choisis par Paulo Cognetti donnent à sentir, à écouter, à ressentir, à regarder, à considérer le chemin parcouru, et celui qui reste à parcourir pour être soi, et bien avec soi, au bon endroit, avec les bonnes personnes.

Un roman à lire, comme une ode au grand air, à la nature, et à l'amitié !

 

L'avis de Sylire 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Septembre 2021

roman, S.J Bennet, Bal tragique à Windsor, cosy mystery, Reine Elisabeth II, avis, chronique, lecture, livre

Policier - Editions Presses de la cité - 348 pages - 14.90 €

Parution en mai 2021 

L'histoire : La vie suit son cours rythmé au château de Windsor. Mais un matin, Maksim Brodsky, le musicien russe qui a animé le bal de la veille est retrouvé pendu dans sa chambre... Très vite, il semble clair qu'il ne puisse s'agir d'un suicide. Police et MI5 penchent très vite pour un complot d'espionnage et se persuadent qu'un traitre se trouve parmi le personnel de la reine. Ce que Sa Majesté ne peut concevoir. Alors, discrètement, elle mène l'enquête, aidée Rosy, sa secrétaire particulière adjointe.

 

 

Tentation : le billet d'Anne, des mots et des notes

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Voilà une lecture bien divertissante et sympathique ! Ce n'est pas la qualité littéraire pure que l'on remarque en premier, même si l'écriture est fluide et agréable. Non, c'est l'originalité qui frappe en tout premier lieu... et sur toute la durée de la lecture. Et oui, le personnage principal n'est autre que la reine Elisabeth II !

S.J Bennet nous fait pénétrer dans la cour royale et nous en livre tous les secrets ou presque, et surtout le fonctionnement. Car ce sont des centaines de personnes qui travaille au service de la Couronne dans ses palais. Organisation, étiquette et protocoles doivent être respectés et menés de main ferme. J'ignorais tout de la vie de château entourant la famille royale et principalement Elisabeth II, et me voici bien plus avisée, sans bourrage de crâne non plus. Mais je suis prête à rencontrer son Altesse Royale : dire d'abord "Votre Majesté" en s'inclinant, puis par la suite, se contenter d'un "Madame" poli ! Bref, on réalise ici que la Reine, malgré son âge avancé, ne chôme pas durant ses journées, entre petits et grands tracas, organisation de grands événements et petits salons de thé politiciens et relationnels. Mais ce qui compte avant tout pour Elisabeth II, c'est la confiance mutuelle et le respect, ce qui jusque-là régnait en harmonie au château de Windsor... Mais voilà un cadavre découvert et le MI5 qui met à pied quelques membres du personnel du château, les soupçonnant d'être des agents russes dormants. Idée qui est insupportable pour la Reine, qui de son château et via son réseau, va enquêter... tenant même les ficelles de l'enquête du MI5 sans que ce dernier ne s'en rende compte. Ce qui pour nous lecteurs, donnent des dialogues bien truculent entre la reine et les enquêteurs officiels, comme le sont ceux entre la reine et Philip, son époux. C'est la jeune assistante de la Reine, Rosy la nigériane, qui exécute en secret les démarches extérieures au château, à la demande discrète de la Reine.

L'enquête et son dénouement tiennent vraiment bien la route, le suspense et les rebondissements sont bien présents, et l'ensemble reste assez "gentil". Pas de violence gratuite ni rien de ce genre. 

Au contraire, on apprécie la bienveillance, l'humour british, le dévouement, la gentillesse à toute épreuve de la reine et de son entourage proche.

J'avoue, je ne me suis jamais intéressée de près à Sa Majesté, et j'ai beaucoup aimé le portrait qu'en dresse ici la romancière S.J Bennet. Jusqu'à maintenant, la Reine n'était pour moi que portrait figé sur papier glacé ou une dame honorable, aux tenues vestimentaires très commentées, que j'apercevais à la télé, dans son carrosse, s'adressant à son peuple de son salut de la main si célèbre maintenant. J'ai découvert une femme très humaine, malicieuse, admirable d'intelligence, de culture, de maîtrise de soi et très concernée par ce qui se passe autour d'elle. Une femme d'une force mentale extraordinaire, qui a bientôt traversé un siècle d'Histoire politique. Ce portrait est-il tout à fait réaliste, je n'en sais rien, mais on y croit.  Il semble que la romancière soit tout de même bien renseignée et maîtrise son sujet !

Donc voilà, une lecture bien sympa, plutôt légère mais instructive tout de même, qui nous emmène les coulisses de Windsor un cosy mystery démêlé par un personnage hors du commun ! Je recommande, pour le divertissement et la curiosité royale !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 23 Août 2021

Là où chantent les écrevisses, roman, avis, chronique, littérature, Delia Owens

Roman - Editions Audiolib - 11h18 d'écoute - 24.90€

Parution audiolib 2020, Editions du Seuil 2018

 

L'histoire : Les années 50, dans un marais de Caroline du Nord... Kya a 10 ans lorsque le dernier membre encore présent de sa famille, son père l'abandonne lui aussi. Les autres sont partis depuis longtemps, fuyant la violence familiale. Elle doit alors apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Pendant des années, Kya sera source de rumeur les plus folles et des fantasmes du proche village... Tout le monde parle d'elle comme de "la fille des marais". Mais elle n'est pas cette filles analphabète et sauvage, car Tate, un jeune homme qui l'a toujours connu, lui apprend à lire et transforme ainsi la jeune fille, qui devient jeune femme au fil des ans. Et puis, Chase, un garçon qu'elle a fréquenté est retrouvé mort... Evidemment, tous les soupçons se tournent vers elle.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Rennes.

 

Mon humble avis : A l'époque de la sortie de ce roman, l'histoire de cette fille du marais avait fait un raz de marée sur la blogo, avec le plus souvent des avis plus qu'élogieux ! Le mien l'est tout autant. A mes yeux et dans mon coeur, "Là où chantent les écrevisses" est un chef d'oeuvre, un roman et une héroïne que l'on n'oublie jamais. J'espère que le temps me donnera raison.

Peu importe que la situation soit crédible ou non, et que la fin surprenne, pas forcément dans le bon sens pour moi. Ce marais, si bien décrit par Delia Owens, on le découvre, on y vit, on l'apprend avec Kya, on l'arpente sur sa barque. Les images qui se créent dans notre esprit sont juste magnifiques et même si les marais sont en général des milieux naturels plutôt hostiles, on se surprend à presque envier la vie aussi douce qu'âpre qu'y mène Kya, une fois devenue adulte et autonome par relatif choix. Je me suis régalée notamment des descriptions des animaux sauvages et des oiseaux, avec qui Kya partage une relation particulière. Mais l'enfance de Kya et les abandons successifs font peine à lire évidemment. On s'attache terriblement à Kya et l'on ne peut qu'être admiratif devant sa détermination, son courage, sa capacité à déployer seule ses ailes de la vie, à s'assumer, à refuser les lumières de la consommation et de la facilité. Et pourtant, toute sa vie, Kya a été abandonnée et rejetée.

D'autres protagonistes sont très touchants, comme Jumping et son épouse, qui tiennent un petit commerce station-service au port du village voisin, qui seront les seuls à aider Kya. Ou encore Tate, ce lycéen, puis étudiant et adulte, qui apprendra à lire à Kya et qui partagera avec elle son amour pour le marais.

On sait très vite qu'il y a un soi-disant meurtre, celui de Chase, puisque des chapitres de différentes époques s'alternent. Soi-disant meurtre, car rien ne prouve vraiment qu'il ne s'agisse pas d'un accident, donc enquête puis procès. Ce n'est pas cette partie-là qui m'a le plus émue, si ce n'est qu'elle prouve les préjugés de chaque villageois à propos de la fille des marais, mais aussi de la part de justice, que boucle très vite l'enquête avec un avis tout fait d'avance. Ce sont donc les accusations sans preuves que dénonce la romancière, des accusations alimentées par la peur de la différence et de l'inconnu, bref, de ce qui dérange.

Ode à l'amour, à la nature, au respect des différences, à la poésie, au savoir, à la lenteur, à la contemplation, à la vie simple, à l'observation de l'environnement, de son utilisation sans le détruire... ce roman est purement enchanteur. Il nous emporte en nous tiens captifs volontaires du marais. Et que dire de la plume magnifique, douce et tellement évocatrice de Dalia Owens ? Du grand art ! Et cerise sur le gâteau, la lecture qu'en fait Marie du Bled est des plus réussies, tellement que je vous conseille vraiment le format audio pour découvrir ce chef d'oeuvre incontournable !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Juin 2021

Roman - Editions Audiolib - 6h13 d'écoute - 19.45 €

Parution Gallimard 2019, Audiolib 2020

L'histoire : Dans une région reculée du monde, à la lisière d'une forêt menacée de destruction, grandit Nita, qui rêve d'ailleurs. Jusqu'au jour où elle croise Lucy, une jeune fille venue de la ville. Solitaire, aimantant malgré elle les garçons du lycée, celle-ci s'aventure dans les bois et y découvre des choses, des choses dangereuses... Hors, Lucy disparaît deux jours, puis est retrouvée presque laissée pour morte... Il semblerait que ce ne soit pas un cas isolé.

 

 

Tentation : Couv et pitch

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : J'ai pris ce roman à la bib au hasard parce que la couv et le pitch me tentait... Chez moi, il a rejoint ma PAL livres audio. Au moment de l'en sortir, j'ai lu des avis élogieux donc c'est confiante que j'ai entamé sa lecture. 

Hélas, ma confiance a assez vite tourné au vinaigre... Encore un livre dont je suis passé à côté, qui ne semble pas pour moi, ou que je n'ai pas su apprécier à sa juste valeur. Peut-être à cause du format audio... en voiture... sur d'assez courts trajets.

Toujours est-il que même si j'ai apprécié la langue, le style qui sont tous deux magnifiques, notamment lors de descriptions de milieux naturels, je n'y ai trouvé aucune autre aspérité à laquelle m'accrocher. Je n'ai pas su vraiment saisir ni les liens réels entre les personnages, ni s'ils partageaient une réelle affection ou amitié. L'ensemble m'a paru décousu et peut-être trop implicite. Difficile de de vraiment cerner de quoi il retourne.

Nita vit dans une réserve indienne quelque part près d'une forêt presque magique. Mais cette réserve et l'identité amérindienne m'ont paru si peu développées qu'elles semblent anecdotiques.  La destruction de la forêt est perpétrée jour après jour par une exploitation forestière. Il s'y passe pourtant de jolies choses dans cette forêt, mais aussi les plus atroces, avec des disparitions de jeunes filles, ou des viols... que la justice n'élucide et ne punit jamais... Et puis, on retrouve aussi des hommes mutilés et battus... Une autre justice est rendue, par qui ? Une justice sans procès.... La vengeance.

D'après ce que j'ai pu lire, ce roman porte sur le passage à l'adolescence, avec ses rites, les transformations qu'elle apporte, mais aussi la découverte des contradictions du monde et de sa violence. Mais je suis passée à côté de tout cela et me suis ennuyée. Dommage, car la plume est vraiment belle. J'ai vaguement saisi le sens du roman, mais son essence ne m'a pas pénétrée.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Juin 2021

Roman, littérature israélite, L'amour soudain, Aharon Appelfeld, avis, chronique

Roman - Editions Point - 206 pages - 6.50 €

Parution Point 2006, L'olivier 2004

L'histoire : En Israël. Ernest est à l'automne de sa vie. Iréna est sa jeune dame de compagnie. Depuis toujours, Ernest s'essaie à l'écriture, sans être ravi du résultat. Sa relation avec Iréna se transforme en un amour aussi fulgurant qu'improbable. C'est cet amour qui va ouvrir les portes de la genèse de l'écriture, toutes ces portes sur le passé qu'Ernest avait fermées, ce passé qu'il avait enfoui.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Comme je suis déçue par cette lecture, qui fut pour moi d'un mortel ennui, ce genre d'ennui qui se transforme souvent en agacement, qui vous presse d'en finir mais ne vous en donne pas l'énergie. Même les dix dernières pages ont provoqué chez moi un "on verra demain".  

Comme ma déception me déçoit de moi-même, qui n'ai su apprécier ce roman aux avis élogieux, écrit par un auteur réputé pour ses chefs d'oeuvre... Mais non, je prends pas plaisir à ce style de littérature, même si j'y trouve quelques moments lumineux, une certaine originalité, quelques passages forts et un style soigné. C'est "trop haut" pour moi sans doute, je ne vois pas le chef d'oeuvre.

Ce sont les incessantes répétitions qui ont principalement provoqué mon ennui mortel... La répétition du quotidien, des actes (combien de bougies allumées ?), des comportements, des réflexions intérieures, des récits dans le récit.... Puisqu'Ernest finit par lire à voix haute, pour Iréna, les feuillets qu'il écrit chaque jour. Dans ses mots, son histoire et donc l'Histoire... Les Carpates, ses parents et grands-parents, sa participation aux "Jeunesses communistes" qui pratiquaient nombre d'exactions sur les juifs riches de l'époque... Ernest le juif lui-même, en première ligne. Puis survient la seconde Guerre Mondiale, à laquelle Ernest participera dans le camp de l'Armée Rouge. 

Ce qui aurait pu être intéressant n'est pas développé, le reste l'est de façon trop implicite pour moi, comme s'il fallait trop lire entre les lignes, les non-dits, les silences. Il est question de la foi, de la perte d'identité juive, du fait que ce peuple ne s'aime pas assez lui-même. Les rites religieux et les fêtes hébraïques sont très présents, cités et répétés, mais sans être expliqués. Et comme je n'y connais pas grand-chose dans le domaine, je ne me suis pas enrichie d'un frémissement de culture. Il est aussi grandement question de l'écriture, de la genèse de l'écriture, et non pas de l'écriture de la Genèse (haha !), même si Ernest se réfère à la Bible pour la perfection de son écriture. Epurée, des faits, pas de broderie inutile.

Quant à la relation amoureuse entre Ernest et Iréna, même si elle est du domaine de l'absolu, elle est faite de silence, de dialogues très parcimonieux (qui sont proches du radotage) et du dévouement béat et sans borne d'Iréna envers son employeur... Elle n'a provoqué en moi aucune émotion. Je n'ai pas vécu ce roman.

Bref, vite des lectures plus captivantes, plus vivantes, plus légères !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 1 Juin 2021

Ito Ogawa, littérature japonaise, roman, La république du bonheur, avis, chronique, blog

Roman - Editions Picquier - 282 pages -19 €

Parution en août 2020

L'histoire  : La vie est douce à Kamakura, au Japon. Hatoko exerce ses talents d'écrivain public dans la papeterie qu'elle tient de feu sa grand-mère. Elle vient d'épouser Mitsurô, jeune veuf et père d'une petite fille, QP. Hatoko découvre alors le rôle de maman et fait tout pour devenir une bonne mère, et se montrer digne de la mère biologique de l'enfant.

Tentation : Cadeau de Noël

Fournisseur : Cadeau de Noël

 

 

Mon humble avis : La littérature japonaise est rare sur mon blog... Et ce roman c'est en fait ma mère qui l'a reçu en cadeau. Comme la couverture me disait quelque chose (je l'ai vue sur un blog), je me suis dit "pourquoi pas ?" !

Je dirais que ce roman est un mélange de feel good et de développement personnel à la sauce nippone, avec l'humour en moins (oui, il y a souvent de l'humour dans le feel good), et quelques visites de temples et de sanctuaires en plus !

A travers la République du Bonheur, c'est un peu une vie de quartier et une vie de famille recomposée qu'il nous est donné de partager, sous le soleil levant ! Donc avec des traditions, des us et coutumes, des manières d'être qui nous sont pour le plus souvent étrangers. 

J'ai apprécié apprendre des petites choses sur la calligraphie et ce qui entoure cet art noble devenu rare. J'ai été étonnée de la nature des courriers écrits par Hatoko en tant qu'écrivains public. Je pensais, à notre époque où la plupart du monde occidental sait écrire, que les demandes relevaient de l'administratif et d'autres démarches officielles. En fait, non... les clients viennent pour qu'Hakoto rédige pour eux des lettres d'amour, des lettres de ruptures, des lettres à des défunts, à un amour imaginé... Ou encore même, pour se faire envoyer des lettres d'amour pour le plaisir de les recevoir... Ceci m'a touchée.

Pour le reste... et bien... C'est gentil, simpliste à mes yeux, mais ça ne fait pas de mal. Cette histoire ne m'a pas captivée et je n'ai pas éprouvé d'amitié particulière pour les personnages. Le style assez basique illustre des propos souvent factuels et parfois répétitifs. Certains se régaleront sans doute des descriptions culinaires à la sauce nippone, mais moi, cela me laisse de glace, cela ne m'évoque rien.

Bref, une lecture que je vais certainement vite oublier.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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