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Publié le 31 Mars 2011

Nouvelles - Livres de poche - 250 pages - 5.50

 

 

 

 

L'histoire : Irène est une femme du monde, épanouie, épouse d'un célèbre et riche avocat. Le hasard de la vie lui fait rencontrer un musicien dont elle devient la maîtresse. Un jour, alors qu'Irène sort de l'antre de son amant, une femme la bouscule, parait la reconnaître. Commence alors pour Irène un véritable cauchemar, tant elle craint d'être dénoncée à son mari... Elle devient victime d'un odieux chantage. La peur la paralyse.

Nous devinons que nous sommes à Vienne entre les 2 guerres.

 

 

"Lu" en format Livre audio

 

Tentation : L'auteur et le livre audio

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

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  Mon humble avis : En novembre, j'avais découvert la prose de Zweig et le livre audio avec "Lettre d'une inconnue". Très enthousiaste sur l'ensemble, j'ai donc décidé de d'approfondir l'auteur et le format !

Cette fois ci, c'est l'actrice Fanny Ardant qui narre "La peur", de sa jolie voix reconnaissable entre toutes. Sur le CD figure juste cette nouvelle. L'écoute prend une heure quarante cinq. Si vous achetez le livre, y figureront 5 autres nouvelles.

J'ai encore une fois été subjuguée par la richesse du vocabulaire de Stefan Zweig, la fluidité et la musicalité de son style. Vraiment, en écoutant ses mots, je me dis que je ne serais jamais écrivain ! C'est très littéraire et en même temps si agréable, si accessible, si humble. Les mots sont là pour décrire un sentiment ou servir un personnage, pas pour mettre en scène un auteur qui reste en fait beaucoup en retrait. Rapidement, Zweig nous plonge dans une atmosphère et un sujet qu'il développe, détaille et décrit avec tant de justesse que le récit semble très complet et prend, à nos yeux, la forme d'un court roman. Zweig analyse ici l'adultère, le mensonge qui en découle, et ses conséquences emprisonnantes, dramatiques, asphyxiantes. Aucun jugement n'est porté sur Irène. Zweig constate et partage avec nous son sens de l'observation très perspicace, la finesse de sa psychologie. Le comportement humain est parfaitement rendu. Ici, c'est la peur qui est explorée jusqu'à son tréfonds, jusqu'à sa plus profonde vérité. Le rythme s'accélère, l'étau se ressert autour d'Irène. Elle est prisonnière, elle s'asphyxie et nous lecteur, retenons notre souffle jusqu'à ce que la fin, on ne peut plus insoupçonnée et subtile, nous coupe le souffle ! Zweig prouve avec talent que les ressources d'un couple sont souvent sousestimées. C'est superbe et cela nous donne à réfléchir sur les conséquences du mensonge, la peur qui nous paralyse autant que la vérité, ce qui nous empêche de nous délivrer de notre fardeau. En effet, qui ne s'est jamais noyé dans un mensonge ? Car la peur d'être découverte dans le secret d'un mensonge et de la faute est un fardeau. "La peur est pire que la punition". Dans la peur se cache la honte de la faute, de la mauvaise image que l'on pourrait donner de soi même. On a peur de l'autre aussi, de sa réaction que l'on imagine, que l'on surestime, que l'on minimise. Allez savoir. En tous cas, pas besoin d'emplifier les éloges sur la plume de Zweig, elle se défend, brille d'elle même.

  

 

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 19 Mars 2011

Roman - Livre de poche - 256 pages -  5 €

 

 

Première parution du roman en 1951.

 

 

L'histoire : Holden Caulfield, 16 ans, est pour la énième fois renvoyé du collège de Pencey. Les vacances de Noël sont dans 3 jours. Alors, pour ne pas rentrer plus tôt chez lui et affronter l'ire parentale, il erre pendant 3 jours dans sa ville, New York. C'est cette brève odyssée qui est racontée ici.

 

 

 

Tentation : Mon inscription au challenge de Théoma + une conférence sur Salinger à laquelle j'ai assisté récemment et enfin, une grande envie de relire de livre culte.

 

Fournisseur : mes étagères.

 

 

 

 

 

 

Pour ceux qui ça intéresse... 

 

Présentation du livre :L'attrape-coeurs est un phénomène littéraire. Paru en 1951 aux USA, c'est un des livres les plus lus au XXème siècle. Il s'en est vendu plus de 60 millions d'exemplaires et il s'en vendrait encore près de 250 000 par an. C'est un classique enseigné dans les écoles américaines et canadiennes, même s'il est parfois controversé pour ses sujets et son style. La notion d'antihéro débute avec ce livre outre atlantique et choque le public. L'attrape coeur comporterait certains éléments autobiographiques.... L'échec scolaire, l'évocation de l'armée et de la 2ème Guerre Mondiale, l'évocation d'entrer dans un monastère. C'est un roman qu'il faut ancrer dans son époque : la fin des années 40, l'après guerre. Dans la question récurrente d'Holden " où vont les canards du lac de Central Parc quand le lac est gelé" ?... Il faudrait y voir une métaphore de la guerre et du retour des soldats...

 

Présentation de l'auteur :Né en 1919, Jérôme David Salinger est entouré d'un véritable mystère qu'il a plus ou moins entretenu toute sa vie durant en refusant toute apparition publique, toute interview ou nouvelle publication pendant plus de 40 ans. Il a vécu reclus dans un monastère. Il est décédé il y a un an, le 27 janvier 2010.  L’un des thèmes majeurs de Salinger est l'adolescence avec ses perturbations et son désenchantement devant la perte irrémédiable de l'innocence de l'enfance. Entre 1942 et 1945, Salinger est dans l'armée et il sera l'un des premiers à pénétrer dans les camps de concentration. Il en sera très affectée et en 1945, il est hospitalisé pour soigné un syndrome de Stress Post Traumatique.

Salinger n'a rien publié depuis 1963.

 

 

 

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Mon humble avis : (relecture) Je me souviens parfaitement, quand j'ai achevé ce livre en décembre 1990, j'étais bouleversée. Ce livre, c'était moi !!! Il y a 20 ans, j'avais dit à mes parents " il y a des livres qui vous transforment à vie, qui ne vous laissent pas intacte.". J'avais 18 ans....

Aujourd'hui, je suis bien plus nuancée et bien moins enthousiaste... Faut il relire ce livre ? Y a-t-il un âge idéal pour l'apprécier à sa juste valeur ? De l'avis de la conférencière écoutée il y a quelques semaines, oui, ce livre peut-être lu et relu, à n'importe quel âge, on y trouve toujours quelque de nouveau et de différent.

J'ai donc suivi à nouveau Holden, désabusé et paumé, dans son errance New Yorkais. J'ai assisté à sa solitude, sa révolte, son ivresse, son ennui, son instabilité, son humeur changeante, sa déprime en fait. Toute la vie d'Holden aboutit ici, et son avenir dépend de ses quelques jours.

Ce récit à la première personne nous dresse donc les activités du jeune homme dans l'ordre chronologique. Il ressort de tout cela la terrible douleur de l'adolescence, la perte de l'innocence, la peur et la difficulté du passage à l'âge adulte.

 J'avais oublié que "l'action" débute réellement au bout de premier tiers de l'oeuvre. Je me suis bien moins sentie concernée par le personnage, qui ne m'a touchée que dans les derniers chapitres. Sinon,  j' avoue que je n'ai pas été captivée par cette lecture, parfois ennuyeuse, même si je reconnais qu'il y a deci- delà quelques passages sarcastiques ou "initiatiques" qui remontent le niveaux d'un très moyen. Je me suis distraite en cherchant les indices autobiographiques et les éléments expliqués par ma conférencière,qui conseille vivement de lire ce livre dans sa version originale, en Anglais.... En effet...

Car c'est là je dirais que le bâts blesse le plus. Le style qui pour l'époque était peut-être révolutionnaire, mais qui pour 2011, est lourd et vraiment démodé. Familier, parlé, hâché, parfois vulgaire. Beaucoup d'argot, un vocabulaire plus que limité et très répétitif. D'ailleurs, le narrateur est souvent aussi répétitif dans le contenu de ses propos que dans les mots qu'il utilise. Bref, un style lassant et des propos souvent vides...

Alors peut-être que ce livre est un témoignage exceptionnel sur une époque, une ville et un style littéraire, mais je trouve qu'il n'a pas bien veilli, même si la rébellion et les angoisses des adolescents est toujours d'actualité, puisqu'atemporelle.

 

Autre hypothèse : le livre n'est pas plus vieux et "hors contexte" en 2011 qu'en 1990.... par rapport à sa publication en 1951... C'est peut-être juste moi qui me suis pris 20 ans dans la vue ???!!! C'est juste une hypothèse !!!

 

 

L'avis de Cynthia; de Chaplum; Esmeraldae; et de Karine :)

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 11 Mars 2011

Roman - Livre de poche (Acte Sud) - 153 pages - 5.50 €

 

 

Parution originale en 2006

 

 

 

L'histoire : Un homme se réveille, la mémoire vide, dans une chambre inconnue. Sur un bureau sont bien rangés une pile de photographie et deux manuscrits qu'il entreprend de lire. La visite de quelques personnes interrompt régulièrement sa lecture.

La chambre est truffée de caméra et de micros invisible. Un observateur nous narre donc la journée de ce Monsieur BLANK (signifie vide), qui ne sait même pas qui il est, où il est, et s'il est libre de sortir ou pas...

 

 

 

 

Tentation : Curiosité et réputation de l'auteur dans la blogo

Fournisseur : Ma PAL !

 

 

 

  

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Mon humble avis : Dès les premières lignes, j'ai su que je pénétrais dans un univers étrange et inédit pour moi ; celui du romancier américain qui parait incontournable : Paul Auster.

Suivant que l'on ait déjà lu certaines de ces oeuvres ou non, il semblerait (d''après d'autres billets) que la lecture de "dans le scriptorium" se fasse à différents niveaux; Je tairais le pourquoi histoire de ne pas éclaircir le véritable flou artistique entretenu dans ce livre.

J'ai été aimantée et captivée par ce roman du début à la fin et rarement l'impression d'être manipulée et baladée par un auteur n'a été aussi forte. Excepté dans les dernières pages, je n'ai jamais su vraiment si je lisais un livre d'anticipation, de SF, un roman dans une époque actuelle, dans le passé.... Je n'ai jamais été certaine de me trouver dans une cellule de prison, une chambre d'hôpital psychiatrique, dans un cerveau, dans un délire ou une vérité glaçante. Je m'agrippai à chaque nouvel indice qui m'aurait permis de me positionner, mais il était aussi tôt contredit par un autre. J'avais l'impression de lire un casse tête chinois ou un livre "rubicube", bref, quelque part, une histoire de dingue dans une dimension parallèle, dans un huit clos inquiétant.

J'ai aimé cette histoire de "livre dans un livre", cette façon de revisiter l'histoire américaine, la conquête de l'Ouest et le génocide indien.

Dans le scriptorium pourrait être qualifiée de parabole sur le pouvoir de l'écriture, de l'imagination et sur les relations entre un romancier et ses personnages.

Enfin, le thème de la peur de l'inconnu et de la vérité est amené de façon récurrente et directe : "Monsieur Blank ne bouge pas de là...Il a tellement peur de ce qu'il pourrait apprendre au sujet de la porte qu'il est incapable d'affronter le risque d'une confrontation avec la vérité".... ou en résumé, la politique de l'autruche que l'on pratique si souvent.

Quelques mots sur le style : il est clinique, descriptif, distant, extérieur, comme l'oeil qui observe Mr Blank a son insu. Il n'hésite pas à humilier Mr Blanck, ce qui est parfois déroutant.  En tout cas, il convient à merveille au sujet principal de ce roman : la manipulation des hommes entre eux, et des lecteurs par un auteur ! Paul Auster m'a emmenée en territoire inconnu et j'ai vraiment aimé ça.

 

 

 

 

"Quel meilleur moyen d'unir les populations que d'inventer un ennemi commun à qui déclarer la guerre ?"

 

Il semble que ce roman plaise plus à qui ne connaît pas l'univers d'Auster. Les lecteurs fidèles voient à priori vite où l'auteur veut en venir... 

L'avis de Chaplum

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 7 Mars 2011

Récit - Editions Grasset - 179 pages - 15.00 €

 

 

Parution en janvier 2011 - Nouveauté

 

 

L'histoire : « Tout cela a duré moins d’une minute. On a eu huit à dix secondes pour prendre une décision. Quitter l’endroit ou rester....La terre s’est mise à onduler comme une feuille de papier que le vent emporte....Bruits sourds des immeubles en train de s’agenouiller.... Ils implosent, emprisonnant les gens dans leur ventre. Soudain, on voit s’élever dans le ciel d’après-midi un nuage de poussière. Comme si un dynamiteur professionnel avait reçu la commande expresse de détruire une ville entière ..."

Nous sommes le 12 janvier 2010, 16h53 à Haïti. L'écrivain Dany Laferrière est dans sa ville natale. Il raconte.

 

 

 

Tentation : La blogosphère

Fournisseur : La bib'

 

 

 

 

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Mon humble avis : Il y avait le 11 septembre 2001... Il y a aussi le 12 janvier 2010. On se souvient tous de ce que nous faisions "au moment de" le 11 septembre, mais déjà beaucoup moins, voire pas du tout du 12 janvier. Le 12 janvier 2010, à 16h53, Haïti subissait le pire séisme de son histoire. Bilan : 230 000 morts, 300 000 blessés et 1.2 million de sans abris.

Un an après, Dany Laferrière se souvient. Il était alors à Port au Prince (la capitale) pour un festival. Avec un ami journaliste, il attendait un homard au restaurant de son hôtel.

L'auteur décrit les faits. Il met des mots adaptés sur des images qui ont tourné en boucle sur les TV du monde entier. Il constate. S'interroge. Il ressent et nous expose son point de vue sur une multitude de sujets. Il nous offre surtout son "regard multiple" sur les conséquences d'une catastrophe naturelle énorme. C'est Dany Laferrière l'écrivain qui raconte, mais aussi l'Haïtien, le journaliste, l'exilé (Il vit au Canada), le fils, le frère, l'ami et l'anonyme, l'un parmi des milliers, l'homme. Un regard aussi intérieur qu'extérieur mais souvent tout autre que celui proposé par les médias présents à l'époque. Un regard qui voit bien au delà de la caméra, avant, pendant, après.

Une idée, une émotion, la culture, l'art, la place des médias, la légitimité des uns,  une rencontre, une colère, une souffrance, un détail ou la mort, un espoir, la survie... Autant de sujets prétextes à quelques lignes ou une ou deux pages. Toutes sont marquantes, remettent en cause nos idées reçues ou nous invitent à nous interroger. Cet ouvrage interpelle vraiment et me laisse plutôt sans voix d'émotions et de respect. Que dire après tout cela. Se souvenir est important.

 Certes, ce livre traite d'un terrible désastre naturel et humanitaire, mais il ne règne dans ces pages aucun misérabilisme, ni catastrophisme, ni pathos. Plutôt de l'optimisme parfois. L'écriture est sobre, poétique aussi, jamais prétentieuse et toujours juste. L'émotion est mesurée, le sensationnel banni. Une certaine pudeur évite le voyeurisme malsain. Les réactions des survivants sont très bien expliquées.

A quelques détails près, je méconnaissais vraiment Haïti. Avec ce livre, j'ai découvert un peuple digne et fier, cultivé, courageux, joyeux, très riche de son histoire et de ses luttes, qui s'est toujours battu pour se relever. Je pensais lire le tremblement de terre, j'ai lu Haïti, et un auteur magnifique qui met son art au service des siens.

 Cette lecture a vraiment été captivante et très enrichissante pour moi. Je vous conseille du fond du coeur ce formidable hommage au peuple Haïtien. Et Haïti n'est pas, médiatiquement, le centre du monde comme New York. Elle pourrait retomber dans l'oubli.... Ce livre lui rend dignement sa place.

 

 

 

On ne recommence rien, c'est impossible d'ailleurs. On continue. Il y a des choses qu'on ne pourra jamais éliminer d'un parcours : la sueur humaine.... Une culture qui ne tient compte que des vivants est en danger de mort.

 

La mort, quand elle arrive de manière si inattendue et massive, ne quitte pas facilement notre esprit. C'est tellement grand qu'au lieu de nous plonger dans la tristesse, je sens plutôt monter lentement une sensation proche de l'ivresse... Et puis il y a la simple joie d'être encore en vie.

 

J'ai l'impression que le monde puise dans la même banque d'images. Ce sont des images si puissantes qu'elles cachent le reste. Comment font ils ce choix ? Ces images sont elles naturellement accrocheuses ou est-ce la répétition qui nous les rend familières ? Je sens qu'on est en train de nous confectionner une mémoire.

 

Ce pays a besoin d'énergie et non de larmes.

 

Le client obéit au plus fort mais écrase le plus faible. C'est ainsi qu'il cherche à équilibrer son budget.

 

On a remarqué que ceux qui se révèlent exceptionnels dans les moments difficiles sont souvent gauches dans la vie quotidienne.

 

Une nouvelle ville qui nous forcerait à entrer dans une nouvelle vie. C'est cela qui prend du temps. Ce temps qu'on refuse de s'accorder.

 

Mais si en Haïti on a peur une minute, il arrive qu'on danse la minute d'après...

 

 

 

L'avis de Clara, de Midola et Sylire

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 9 Janvier 2011

Roman - Editions Points (de l'Olivier) - 181 pages -  €

 

 

Présentation de l'éditeur : Theo Griepenkerl est un universitaire sans envergure à l’ego démesuré. Dans les décombres d’un musée à Bagdad, il découvre un trésor inestimable : les mémoires de Malchus, témoin des derniers jours de Jésus. Il ramène secrètement les neuf rouleaux de papyrus au Canada et s’empresse de les traduire. Publié par une obscure maison d’édition, son Cinquième Évangile est un immense succès. Mais Theo est dépassé par le scandale que provoquent les révélations de Malchus…

Drôle, irrévérencieux, palpitant, Le Cinquième Évangile tourne en dérision cette mode des textes anciens, censés révéler au monde « la » vérité. Ce roman à la loufoquerie très british est aussi une satire cinglante des mœurs de l’édition et de la culture de masse.

 

 

Tentateur : Pourquoi pas, la 4ème à la F..C !

Fournisseur : Ma CB à la F..C !

 

 

 

  

étoile2.5

 

 

Mon humble avis : A droite à gauche, je lis sur ce livre " cinglant, burlesque, corrosif et irrévérencieux". Je confirme le dernier adjectif. Aussi, ceux qui se sont révoltés d'être bousculés dans leurs croyances catholiques dans le Da Vinci Code se passeront de cette lecture. Je suis athée et pourtant, ici, des passages m'ont mise mal à l'aise, notamment dans les descriptions sur la crucifixion. Vous voilà prévenus, n'allez donc pas vous faire du mal et réclamer ensuite !

Et sinon ?

Voici un livre, qui même s'il se moque des grands, veut jouer aux grands sans en avoir l'envergure.

Un personnage dit "Je crois qu'on peut dépasser le Da Vinci Code. Avec le temps".

Avec un bon bout de temps alors. Et puis en ayant pris un peu plus de temps pour l'écriture aussi. Cela aurait évité les raccourcis qui rendent cette histoire peu crédible. Cela tombe bien me dira-t-on, puisque ce livre se veut une farce ? Et alors, cela n'empêche pas la crédibilité, cela aurait même rendu ce livre plus intéressant. En effet, Théo découvre ces fameux rouleaux qui contiennent un nouvel Evangile.... Cela devient un best seller et on ne s'intéresse pas à la valeur historique de ses fameux rouleaux. Alors que leur place serait dans un musée, ils restent dans l'appartement du jeune homme qui prend juste garde à ne pas renverser de café dessus... Peut-être encore est-ce le côté farce ? Mais cela ne doit pas tout excuser, comme cette fin qui est pour le moins baclée. Il y avait là un bon potentiel... qui n'a pas été exploité.

Mais il y a du bon tout de même dans ce livre. Le style est efficace, la lecture est facile et rapide. Et le parcours fulgurant de l'illustre inconnu qui devient du jour au lendemain un auteur de best seller  est jouissif. Les travers du monde éditorial et de la célébrité sont passés à la moulinette sans doute bien réaliste et font bien rire... mais moins que la réaction des lecteurs qui ont parfois du mal à saisir qu'il ne s'agit que d'un livre... Pas la peine de se mettre en colère et de crier au blasphème. L'auteur est il responsable des réactions de ses lecteurs ? Bonne question évoquée dans ces pages. D'ailleurs, notre héro ne semble pas bien comprendre que le sort de la Palestine pourrait être entre ses mains ! Voici l'once de burlesque vendu en 4ème de couv' qui est presque aux abonnés absents.

De bons passages dans ce livre, une dose non négligeable de distraction, mais pas de génie dans ce roman, farce ou pas ! C'est rare que je le dise, mais une bonne centaine de pages supplémentaires n'aurait pas nuit à la qualité du livre, bien au contraire. Il y aurait eu de la profondeur là où il n'y a que du survol.

 

 

" Pourtant, il était conscient que les nouveautés sont souvent lancées dans le brouillard d'un battage assourdissant qui, une fois dissipé, révèle de nombreuses déconvenues. Les rayons de solderie ou les caisses d'invendus sont pleins de "succès assurés" et de "prochains gros coup".

 

"Si vous voulez lire ce livre, lisez le mais ne risquez pas votre vie pour cela. Rappelez vous, ce n'est qu'un livre".

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 1 Décembre 2010

Roman - Editions Stock - 105 pages - 10 €

 

 

Lu en format Audiolib, 2 CD, 13 €

 

  

L'histoire : Vienne. Le jour de son anniversaire, un écrivain reçoit une lettre. Alors que la maladie l'emporte, une inconnue lui confesse son amour total, passionnel, inconditionnel et tapi dans l'ombre, dans cette unique et ultime lettre. Depuis l'adolescence... L'auteur l'a pourtant croisé plusieurs fois au fil de ces années, mais il ne l'a jamais reconnue. Même si, et il l'ignore, il lui a fait un enfant qui vient de mourir.

 

 

 

Tentateur : La réputation de l'auteur + Audiolib

Fournisseur : Audiolib, merci pour l'envoi

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Tout s'explique...  Je comprends l'engouement général pour cet auteur autrichien.

Stefan Zweig se glisse brillamment dans l'esprit et la plume d'une femme qui, toute sa vie, a aimé en silence, sans rien demander, ne prenant que ce qui lui était donné. Cette confession passionnelle est saisissante d'abnégation, de réalisme, de lucidité et de cruauté. Car toute passion amoureuse unilatérale est l'annonce d'un drame. Chaque étape de cet amour obsessionnel est décrit avec maestria sans aucune mièvrerie. On n'a jamais envie de rire de notre inconnue. Au contraire, on la plaint de tout de notre coeur. Stefan Zweig décortique la passion amoureuse de l'intérieur, loin d'une quelconque étude scientifique ou statistique. Nous sommes juste dans l'émotion entière, dans les sentiments. Le texte est entraînant, pas une seconde d'ennui dans ce monologue servi par une écriture soignée, délicieuse, fluide, intime et littéraire. Magnifique ! Quiconque a un jour aimé de passion se reconnaîtra dans l'attente, le geste, le regard, l'envie, la peur, la fuite, l'espoir, l'obsession qui vous habite tout entier. Souvent, ces amours passent, mais chez notre inconnue, il est resté, toute sa vie durant. Et chacun conviendra qu'il y a pire que de ne pas être aimé...  c'est de ne pas être reconnue par votre voisin, par l'homme que vous croisez dans vos sorties mondaines, par l'homme qui vous a tenu dans ses bras et vous a aimée, ne serait-ce qu'une nuit. Dans la vie intime, sociale ou dans notre entourage, le pire effectivement, c'est de ne pas être reconnu.  Et cette humiliation extrême est formidablement bien décrite par l'auteur dans ce texte qui m'a réellement bouleversée.

Je ne connaissais pas Stefan Zweig, malgré les multiples recommandations. Je suis touchée en plein coeur par son magnifique talent, qui relève vraiment du sublime. Ce livre m'a emmenée en appesanteur . Et si c'était le début d'une passion dévorante et unilatérale pour cet auteur ???!!! Ce qui est sûr, c'est que comme nombre de lecteurs, j'en redemande ! Aucun doute, je lirai les autres oeuvres de Stefan Zweig !

 

 

J'ai "lu" ce livre en format Audiolib... Aussi, demain, par un autre billet, je vous décrirais mes sensations à la découverte de ce format nouveau... pour moi.

 

L'avis de Leiloona, de Bibliza 

 

D'ailleurs, si vous souhaitez découvrir cette "lettre d'une inconnue" et expérimenter le livre audio par la même occasion, j'en fais un livre voyageur...

Pour vous inscrire, vous devez tenir un blog que je connais ou que mes copines blogueuses connaissent. Vous devez aussi vous engager à ne pas garder le "livre" plus d'une semaine chez vous. Lorsque vous le recevrez, vous trouverez bien une heure et demi de libre dans la semaine suivante !

Pour vous inscrire, un commentaire + envoi de votre adresse postale par un mail via le lien contact de mon blog 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 15 Octobre 2010

Roman - Editions Grasset - 348 pages - 18 €

 

Parution : 31 mars 2010

 

Résumé : En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se trompe d’adresse et envoie un mail à un inconnu, un certain Leo Leike. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies respectives, ils cherchent à deviner les secrets de l’autre… De plus en plus attirés et dépendants, Emmi et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre. Emmi est mariée, et Leo se remet à grand peine d’un chagrin d’amour. Un jour, pourtant – enfin ! –, ils décident de se donner rendez-vous dans un café bondé de la ville. Mais ils s’imposent une règle : reconnaître l’autre qu’ils n’ont pourtant jamais vu, avec interdiction formelle de lui parler…

 

Tentateur : La blogosphère

Fournisseur : Les étagères de Keisha, merci pour le prêt !

 

 

 

 

étoile2.5

 

 

Mon humble avis : Un roman épistolaire, d’un genre récent, puisqu’il s’agit ici uniquement d’échanges de mails entre Léo et Emmi, qui ne se connaissent pas et ne se rencontreront peut-être jamais. 

Au début de ma lecture, j’ai hissé les grandes voiles pour me laisser embarquer par ce vent du Nord. Je souriais, je tournais les pages avec plaisir, et m’immisçais avec curiosité dans cette correspondance spontanée, touchante et constructive. Mon cri du cœur fut alors : je vais adorer ce livre, cette bouffée d’air frais ! Le sujet semble assez limpide : la place addictive que prend internet dans notre vie relationnelle et le fantasme qui naît de toutes ses relations virtuelles qui se créent par millier sur la toile tous les jours. Ce virtuel est il amené à devenir réel, peut-il durer sans devenir addictif et surtout, cette attraction peut-être survivre au réel ? Voici les questions qui se posent au fil des pages.

Donc, début de lecture agréable. Et puis, le vent a tourné. Le personnage d’Emmi m’est paru de plus en plus prétentieux, capricieux, très infantile et inconscient pour une femme qui se dit heureuse en ménage. Bref, elle m’a agacée. Leo semble lui bien plus adulte et équilibré. Cela n’empêche pas les redondances dans leurs sujets de conversation qui deviennent de plus en plus stériles. Même les rebondissements se ressemblent un peu. Les deux protagonistes entrent dans un jeu de chat et de la souris « rencontrera, rencontrera pas, rencontrera, rencontrera pas, pirouettes, cacahuètes »!

J’ai vraiment eu envie de dire à ces deux personnages : « bon décidez vous, que l’on en finisse ! » Dommage, car l’idée était bonne et certains passages succulents.  Mais ce n’est pas suffisant pour que la recette soit délicieuse....

 

 

L'avis de Leiloona; Keisha ; Stéphie

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Septembre 2010

Essai - Edition Calmann Levy - 336 pages - 18 €

 

 

Parution : 8 septembre 2010

 

Rentrée littéraire 2010

 

 

Résumé :  la fin de son périple autour du monde qu'elle relata dans Mange, Prie, Aime, Elizabeth Gilbert s'éprenait de Felipe, citoyen australien natif du Brésil. Ils se jurèrent fidélité, mais, échaudés par des séparations douloureuses, se promirent de ne jamais convoler en justes noces. Le Ciel, ou plutôt l'immigration amérricaine, en décida autrement : le couple serait obligé d'envisager une union officielle afin que Felipe puisse remettre les pieds aux États-Unis.
"Condamnée" à se marier, Elizabeth Gilbert résolut de juguler sa peur de l'institution en s'y intéressant de plus près. Pendant près d'un an, et tout en parcourant l'Asie du Sud-Est avec son compagnon dans l'attente d'un visa en règle, elle se consacra à l'étude de ce sujet. Mes alliances est le fruit des reflexions d'une femme qui a cherché à se réconcilier avec l'idée du mariage.

 

 

 

 

 

Tentateur : service presse Calmann Levy

Fournisseur : Le même !

 

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Mon humble avis : Elizabeth a un sacré talent, celui de captiver totalement son lecteur avec des sujets qui, à la longue pourraient s’avérer soporifiques.  Comme le mariage en effraie plus d’un, ce livre qui lui est consacré, ne rebutera pourtant personne !Vous êtes : célibataires, jeunes mariées, avec ou sans enfant, veuves, mariée depuis 50 ans, féministe, antiféministe, femme, homme, fiancée, concubin, paxée, inconditionnel du mariage ou complètement contre cette institution, amoureux, divorcée, futur divorcé, homosexuel ou hétérosexuel, macho ou homme au foyer, femme d’affaire ou à la maison, futur remarié, ce livre est pour vous (donc pour tout le monde, vous êtes d’accord, car ma liste de « statuts matrimoniaux » vous englobe forcément non ?)

Vous vous posez moult questions sur le mariage (et le couple par extension) ou au contraire, vous pensez tout savoir sur le sujet, ce livre est aussi pour vous. Vous y trouverez des questions que vous ne cherchiez pas et des réponses que vous n’espériez plus ! Pour tout dire, ce livre pourra avoir différents résultats sur vous : il pourra vous conforter dans vos idées ou au contraire les bouleverser. Il vous fera comprendre bien des choses que vous considérez comme incompréhensibles, que ce soit dans votre sphère très privée ou dans la sociologie mondiale. 

Mes Alliances ne fait pas dans le prosélytisme. Ce livre ne vous dira pas « Marriez vous » ou « Surtout, ne vous marriez pas ». Elizabeth Gilbert s’appuie ici sur une multitude d’études sociologiques ou historiques sur le sujet (Etudes certainement assez rébarbatives à lire, mais qui résumées et expliquées par la plume de notre auteur, deviennent limpides, intéressantes et parfois très drôles.) Mais Elizabeth ne s’arrête pas ces statistiques ou autre. Elle veut comprendre. Elle interroge ses amies, sa mère, sa grand-mère, des vietnamiennes de tribus isolées, des laotiennes. Elle observe et écoute. Et elle s’interroge elle-même aussi dans sa propre histoire. Un premier mariage/divorce catastrophiques. Un « plus jamais » qui se transforme en « je suis bien obligée ». Felipe, son amoureux rencontré à Bali dans « Mange, prie, aime », passeport Australien et naissance Brésilienne, ne peux plus entrer aux USA. Il a « trop abusé » des visas légaux de 90 jours. Alors, la seule solution est « la bague au doigt ». Mais… C’est sans compter sur les lenteurs de l’administration et de l’immigration américaine, surtout depuis 2001… Ce qui laisse à Elizabeth Gilbert presque une année pour mener à bien « son étude » et se préparer à ne pas subir un nouvel échec. 331 pages captivantes et très intéressantes qui ne se répètent jamais.

 

Au hasard des pages, j’y ai appris….  Que l’on est bien manipulé…

Par exemple, au premier temps de l’Ere Chrétienne, les premiers pères de l’Eglise (De Jésus à notamment St Paul et ainsi de suite) prônaient le célibat (la pureté) et dédaignait le mariage, « cette affaire matérielle et quelque peu répugnante qui concernait le sexe, les femmes, les impôts et la propriété et n’avait rien à voir avec les plus hautes préoccupations divines ».  Cela a duré une dizaine de siècles… Alors le lien sacré du mariage, ahahaha !

C’est au moyen âge que ce lien « sacré » est apparu. En effet, à cette époque là, l’Eglise dirige un peu le monde… Et impose donc de que chaque mariage passe devant elle, histoire de surveiller que les mariages soient bien en adéquation avec les avantages géopolitiques et financiers de l’Eglise et l’équilibre du monde.

Jusqu’au 19ème siècle, le mariage est systématiquement arrangé pour réunir ou protéger des fortunes, des terres, du sang, des titres… Ce n’est qu’à cette époque que les sentiments s’immiscent dans l’institution et qu’ainsi nait le divorce. En fait, ce qui tue le mariage, ce sont les sentiments !

Dans certaines tribus reculées d’Asie par exemple, on compte très peu de divorces, voire pas du tout. Pourquoi ? Parce que femmes et hommes n’espèrent pas le bonheur de leur mariage. Ils attendent juste « qu’il soit un bon époux » ou « qu’elle soit une bonne épouse ».

Enfin, ils s’avèrent aussi que les femmes célibataires sont très utiles à la société et non à montrer du doigt comme elles le sont souvent. Indépendantes, elles produisent puisqu’elles travaillent. Mais là n’est pas leur plus grande gloire. Elles sont, je dirais « réservistes ». En cas de soucis, de crises, de décès, de guerres… Elles sont là et disponibles… Pour prendre soin des enfants des autres ou pour soutenir leur tribu ou la société.

Enfin, de tout temps, l’Homme a voulu se marier. Ce sont les Etats et l’Eglise qui, faute de parvenir à décourager les bonnes volontés, ont pris cette union sous leur coupe, pour la maîtriser et y mettre des lois, bref, en faire une institution.

Bon, je m’arrête là, sous peine de recopier le livre en entier tant il est intéressant.  «  Mes alliances » rempli parfaitement le rôle premier d’un livre : informer et interroger ! Alors précipitez vous chez votre libraire et aussi…. Bientôt au cinéma !

Une adaptation ciné de « Mange, prie, aime », avec Julia Roberts, est sur les écrans depuis hier.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 11 Août 2010

Roman - Editions Denoel - 174 pages - 12 €

Existe aussi en format poche, chez Folio

 

 

Résumé : À vrai dire, la lecture n’avait jamais vraiment intéressé la reine d’Angleterre. S’il lui arrivait de lire, l’amour des livres était un passe-temps qu’elle laissait volontiers aux autres : sa fonction, après tout, excluait qu’elle ait des hobbies. Lorsqu’elle se hasarde à pénétrer dans le bibliobus et emprunte un livre, poussée par la curiosité, c’est sans savoir que sa vie – et celle de Buckingham Palace – va en être changée. Pourquoi se découvre-t-elle subitement attirée par les livres, qui ne sont qu’un reflet, une version du monde ? À quoi bon les lire, puisqu’elle a vu les choses en vrai ? Et surtout, pourquoi cela lui arrive-t-il maintenant ? La royale passion littéraire sème bientôt une incroyable pagaille…

 

 

 

 

  

 

 

Fournisseur : Bibliothèque

Tentateurs : Nombreux blogs

 

 

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Mon humble avis : So wonderfull ! Le book time prend la relève du Tea Time au palais royal d'Angleterre. A 80 ans, la reine découvre le réel plaisir de la lecture et ses multiples pouvoirs. Et ô jubilation, elle finit bientôt par nous ressembler, Lecteurs Compulsifs que nous sommes. Nous retrouvons notre émerveillement à travers le regard et les sensations de ce personnage. Sa majesté est tout d'abord un monarque froid et distant. De sa vie, elle n'a finalement pas eu de si grandes libertés, entourée qu'elle est par une cours et un protocole rigide et minuté. Les livres viennent tout bouleverser et se transforment en obsession. La reine déniche un univers dans le monde et se rapproche des préoccupations de ses sujets. Elle s'ouvre au monde, elle qui l'a parcourru toute sa vie , qui a rencontré et serré la main du meilleurs comme du pire. Allan Bennet nous le prouve une nouvelle fois, les livres apportent savoir, connaissances, ouverture d'esprit, curiosité, réponses, tolérance.

Ce roman est un véritable diamant qui ne dépareillerait pas sur la couronne de la souveraine. Très agréables, amusantes et divertissantes, ces pages sont une délicieuse bouffée d'oxygène, de fraicheur, de légèreté intelligente, de malice, d'humour (euh british tout de même !). Les conséquences quotidiennes d'une passion addictive sont parfaitement rendues et analysées. Qui plus est  la trame,judieuse et captivante, vous mène à une fin so unexpected ! Vous trouverez aussi dans l'oeuvre d'Allan Bennet une inépuisable mine de jolies phrases, vérités vraies, citations à cocher, à retenir, à recopier. Voici donc un livre à lire d'une traite et à relire... et que j'ai emprunté à la bib. Comment fait on dans ce cas là ? Allez, je ne peux m'empêcher d'écrire : God save the Queen... and the books !

  

 

 

 

 

 

 

 

 

" Au début, il est vrai, elle lisait avec émotion mais non sans un certain malaise. La perspective infinie des livres la déconcertait et elle ne savait comment la surmonter."

 

"...Il y avait aussi une part de tristesse dans ce phénomène : pour la première fois de sa vie, elle avait l'impression d'avoir manqué beaucoup de choses"

 

 

 

L'avis de Keisha, de Chaplum et Midola

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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Publié le 19 Juin 2010

Roman -  Transit Editeurs - 108 pages - 14.95 €

 

 

Parution Mai 2010

 

 

Résumé : Benjamin, Philippe, Dana et Éric sont amis depuis toujours. Après leurs études, ils sont tous partis vivre à l’étranger, chacun de leur côté, chacun pour vivre une aventure personnelle. Leur histoire est découpée en quatre chapitres qui racontent tour à tour les derniers mois, les dernières semaines ou les dernières heures de ces quatre protagonistes avant leur retour à Montréal, où ils se sont donné rendez-vous. Le livre se referme sur des retrouvailles, durant lesquelles chacun fait mine d’être resté le même, comme si de rien n’était. Comme si ce qu’ils avaient vécu, éloignés les uns des autres, leurs péripéties, leurs drames intimes, n’avaient rien changé à leurs vies.

 

 

 

 

 

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Mon humble avis : Un premier roman québécois, assez court mais réussi et intelligent.

Quatre portraits, racontés par une cinquième personne dont on ne sait rien. Et quand elle se révèle, on est bouleversé. Les quatre protagonistes ont en commun l'amitié, un rendez vous annuel à l'aéroport de Montréal, leur jeunesse et la difficulté à trouver une place dans la société, dans le coeur des autres, dans leur couple, ou dans leurs propres corps. Et surtout l'inconséquence de leurs actes, qu'elle soit bénéfique ou négative. Benjamin se prostituerait presque pour une barrette de shit, Philippe est d'une timidité maladive, Dana choisit une profession sans en mesurer les risques pour son couple et enfin, Eric est amoureux de son meilleur ami... Un portrait sur le milieu gay, un autre sur l'homosexualité. Le premier m'a déplu, le deuxième m'a émue, car il s'agissait d'amour, de sentiments. Mais c'est le personnage de Philippe qui m'a le plus touchée.

Quoiqu'il en soit, ces quatre jeunes sont plutôt paumés, à la dérive, aux abois. Mais devant les autres, ils gardent la tête haute, enfouissant leur détresse et se comportant "comme si de rien n'était"... Comme cette phrase me parle.... Je suis tellement concernée que les mots me manquent un peu. Ce qui n'est pas le cas de Maxime Collins qui maîtrise très bien son sujet : la détresse d'une certaine jeunesse et l'interdiction que l'on se fait de ne pas laisser paraître notre vérité intérieure. Pour garder valeur aux yeux des autres, de la société et peut-être aussi de soi même... En cachant ses douleurs au monde, on entre dans le déni, et peut-être leur ôte t-on leur réalité...

Tout au long du livre, les mots sont justes et l'écriture soignée. La fin justifie vraiment les moyens et remue les tripes. J'ai relevé quelques phrases désormais cochées dans la marge... C'est avec plaisir que j'en partage certaines ici avec vous... C'est un livre à lire et un auteur à suivre désormais... Un de plus.... D'ailleurs, sur la blogo, nous avons la PAL, la LAL.... je lance officiellement la création de la LAS.... Liste des Auteurs à Suivre.... Qui me suit ?

 

 

"Philippe est seul, invisible...Alors, il relit les mêmes romans, se sentant aspiré dans des histoires où il se croit trouver une place."

 

Télévision, téléphone, internet... "Le cerveau devient un crématorium où des phrases s'entassent et attende d'être transformées en cendres."

 

" C'est une course équitable : la veillesse en forme contre la jeunesse à bout de souffle

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature d'ailleurs

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