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Publié le 6 Avril 2026

Roman - Editions Audiolib- 7h44 d'écoute - 21.95 €

Parution Charleston & Audiolib en 2024

Mon pitch : Depuis plus de vingt ans, Abigaëlle vit recluse dans un couvent de Bourgogne, où elle a fait voeux de silence. Sa vie d'avant lui paraît très brumeuse, elle ne sait même plus ce qui l'a poussé à ce choix de vie. Mais, elle suit la vie de Gabriel, son frère artiste parisien, qui lui rend visite toutes les deux semaines.

Quand ce dernier rencontre Zoé et en tombe amoureux, Abigaëlle s'inquiète... Elle seule connaît le lourd passé de son frère... Alors, elle prend la parole, elle écrit...

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Une autrice que je ne connaissais pas, mais dont un roman a été brillamment adapté en série TV diffusée l'automne dernier : Désenchantées. Voilà pourquoi j'ai finalement opté pour cette lecture audio.

Et bien aucun regret. Je n'ai fait qu'une bouchée ou presque de cette audio lecture tant elle est addictive et bien menée, servie qui plus est par une écriture sobre et efficace mais très agréable, tout à fait adaptée au douloureux sujet.

Il s'agit d'un roman polyphonique... Plusieurs personnes s'expriment, dont Abigaëlle, un psychiatre etc...

Le thème de "La dernière allumette" est la violence conjugale et familiale, l'héritage de la souffrance et ses possibles conséquences, notamment de répétition, sur les générations à suivre.

Suite à son enfance marquée, Gabriel a toujours fui les relations durables, s'empêchant de tomber amoureux, pour être sûr de ne jamais reproduire le schéma familial. Jusqu'à ce qu'il rencontre Zoé, qui ne peut pas avoir d'enfant, qui vit l'exacte opposé de sa soeur Aline, heureuse en ménage et mère de quatre enfants.

Marie Vareille fait preuve d'un talent et d'une justesse inouïs pour décrire, sans en avoir l'air au début, le climat de la violence conjugale et de ses conséquences sur les enfants. Tout est dit ou suggéré avec une délicatesse qui fait aussi froid dans le dos. Et pourtant on ne lâche pas ce roman des plus addictifs, parce que l'on sait qu'un nouveau drame se met en place et que la tension gagne sans cesse du terrain. Et puis, et puis, deux révélations des plus inattendues vous prennent à la gorge, et démontre une fois de plus qu'il ne faut pas se fier aux apparences, aussi heureuses soient elles. Car elles font voir (ou relire) l'histoire de façon différente et révèlent un sacré talent romanesque. Marie Vareille m'a "baladée".

Un roman à la construction narrative judicieusement pensée, à la psychologie des personnages étudiée et décrite à merveille. C'est sobre, implacable, sans fioriture ni sensationnalisme et pourtant terriblement nécessaire. L'autrice détricote la spirale infernale de la violence conjugale, depuis le plus infime geste ou indice, depuis la parole que l'on pardonne parce que... Elle montre bien que l'on ne se sort pas seul de cet enfer, que l'on soit bourreau ou victime. Parmi les passages les plus forts, ceux qui se déroule dans le cabinet d'un psychiatre, qui écoute sa patiente et qui tente, petit à petit, de lui faire prendre conscience qu'elle subit une violence conjugale intolérable et impardonnable. On sent que le psy marche sur des oeufs, et tout est dit ou suggéré avec énormément de douceur qui tranche avec virulence des confidences. Oui, un roman des plus utiles, qui devraient être lus par tous et toutes, et surtout par les personnes directement concernées, qu'elles soient victimes ou responsables... Car peut-être ce roman peut aider certains à ouvrir les yeux, et à nommer ce qu'ils vivent ou ce qu'ils infligent, sans en avoir réellement conscience. Et par les autres, pour qu'ils puissent peut-être percevoir un signe, un indice, et alors peut-être, stopper cette spirale infernale et sauver un(e) proche...

Sombre, poignant et lumineux, un gros coup de coeur pour moi.

Je pense lire d'autres romans de cette autrice, de ses plus récents, puisque d'après ce que j'ai lu, elle a commencé à se faire connaitre par du feel good, avant d'aborder la face obscure de l'humain, celle qui m'intéresse.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 2 Avril 2026

Roman - Editions Liana Levi - 160 pages - 19 €

Parution le 15 janvier 2026

Mon pitch : Dans les Landes où elle passe tous ses étés depuis son enfance, Béa, 45 ans  tente de monter pour la première fois sur un surf. Pour elle s'est la révélation. Le surf devient une passion absolue, de celles qui dirigent votre vie et vos sentiments. Vivre sa passion lui devient vital.

Tentation : La 4ème de couv

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

 

Mon humble avis : Lors d'un passage en librairie pour la médiathèque, cette couverture a eu un effet magnétique sur moi... Et la quatrième de couv me disait : ce roman est pour toi.

Alors hop, dans le carton médiathèque avec d'autres ouvrages.

Un roman pour moi qui ne suis jamais montée sur un surf et ne le ferai jamais parce que je serai morte de trouille à l'idée d'affronter ces rouleaux... La baignade en mer, ça me va jusqu'à la taille en eau bretonne... 

Par contre, la passion, ou les passions, découvertes par hasard ou presque et qui configurent ma vie pour un temps, devenant presque envahissantes et par certains aspects isolantes, je connais par coeur. Une passion qui fait oublier le reste, qui implique souvent une notion de dépassement de soi... Tout ce processus est parfaitement  décrit dans une très jolie plume, élégante tout en restant fluide comme je les aime.

Mais aussi, Marie Pointurier nous emmène sur les vagues, sur l'océan, avec rien que l'horizon dans le dos et l'attente de la bonne vague, celle que l'on choisit. Ces moments d'union avec les éléments et ou avec quelques autres surfeurs avec qui un regard ou un geste suffit pour communiquer et partager, et bien ces moments sont somptueux.  Ils mettent des mots et des ressentis que chacun peut s'octroyer le temps d'une lecture qui nous emmène dans un inaccessible qui, même s'il effraie, fascine toujours... Les photos, les reportages ou les films dont une partie se déroule sur une planche de surf rencontrent toujours un succès mémorable... Et puis, il y a ces surfeurs qui savent aussi bien lire et prédire l'eau que le ciel et le souffle du vent. Cela me fascine.

Mais Béa n'est pas une surfeuse comme les autres, même débutante. Elle a 45 ans, prend des cours avec des ados, puis surfe avec des jeunes en pleine force de l'âge, des jeunes dont le corps ne connaît pas de limite. Celui de Béa, malgré une volonté farouche, ne fait pas ce qu'elle veut, mais ce qu'il peut. Les bras tirent plus vite, la fatigue, les courbatures sont plus fortes et s'incrustent plus longtemps. Et ce corps, qui a fait deux jolies grandes filles et qui plait toujours à son mari, dit son âge même après la séance de surf... Si la présence de Béa sur l'eau est justifiée, l'est-elle en dehors de l'eau, dans les fêtes sur la plage, dans les bars où se retrouvent les jeunes surfeurs... Que se passe-t-il lorsque dans une amitié intergénérationnelle, le désir s'immisce ? Un jeune corps athlétique séduit toujours... Et pourtant, comme le coeur, un corps, qu'il soit vaillant ou éprouvé, garde ses limites, parfois discrètes, inconnues... Marie Pointurier rappelle qu'au-delà des belles images et des moments d'adrénalines inoubliables que l'on veut sans cesse retrouver, que le surf peut s'avérer très dangereux...

Un très beau premier roman sur une femme de 45 ans qui se découvre une nouvelle passion, une nouvelle liberté, qui retrouve une forme physique, mais qui ignore qu'une telle rupture dans sa vie bien réglée pourrait bien la fissurer.

Pourquoi 4 pattes et pas un coup de coeur... parce que sur la fin, le coeur tend à prendre plus de place que le corps, et que ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. J'espérai un roman sur la passion, loin des tumultes des sentiments. C'est donc juste une question de goûts personnels.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 13 Mars 2026

Roman - Editions Grasset - 192 pages - 7.90 € en poche

Parution en septembre 2019

Mon pitch : Pamina et son compagnon vivent dans une maison isolée au coeur des Vosges... Le matin, sur le terrain, régulièrement, des traces de passages de gros mammifères. Puis Pamina rencontre Léo, un photographe naturaliste passionné par les grands cerfs. Le terrain de Pamina se révélant idéal pour les observer, il obtient l'accord pour y construire un affût. Commence alors entre Léo et Pamina une relation basée sur la nature, son apprentissage. Car bientôt, Pamina ira seule dans cet affût, sera saisie par l'émotion intense de tout ce qu'elle voit, devine ou ne voit pas... Et au fur et à mesure que certains grands cerfs disparaissent... Pamina s'intéresse à la gestion de la forêt, la régulation de ses habitants... Entre fascination pour les bêtes et consternation envers l'humain, Pamina décide d'écrire un livre de son expérience, pour alerter et espérer être entendue.

 

Tentation : Mon coup de coeur pour la BD inspirée par ce roman

Fournisseur : Ma CB à la Braderie de ma médiathèque

 

Mon humble avis : Il y a presque deux ans, j'étais terrassée par un terrible coup de coeur pour la BD "les grands cerfs" Gaétan Nocq, adaptée de ce roman. Je vous invite donc à lire ce billet, ce qui m'évitera d'être principalement dans la redite dans ce billet.

Evidemment, dans le roman, plus de dessins, plus d'images, au lecteur d'imaginer complètement les décors qui l'entourent. Le roman est à mon avis moins accessible que la BD, qui apporte toujours un divertissement supplémentaire.... Pour apprécier ces pages, il faut aimer profondément la nature, l'écriture poétique, la contemplation, le vocabulaire lié aux observations naturalistes, et l'aspect parfois décousu de l'histoire. On est aussi bien en immersion dans la nature que dans l'esprit de Pamina, de ses ressentis, de ses réflexions, de ses révoltes, de ses doutes, de ses incompréhensions... Et de son envie de savoir à tout prix, même si c'est douloureux, même si elle n'est pas d'accord, même si tout annonce la fin de quelque chose, la fin d'un règne. Quand Dame Nature est sacrifiée sur l'autel des enjeux économiques, politiques... Et sous prétexte de traditions ancestrales. L'autrice milite contre tout cela, et je suis bien de son côté, même si comme elle, je n'ai pas réponses ou solutions à toutes les questions. Mais il faut repenser tout cela. L'homme se donne soi-disant un rôle et un droit important dans la gestion de la nature, comme si celle-ci lui appartenait quand ça l'arrange, or, ceci est la plupart du temps juste par un opportunisme systémique et financier.

Un livre où je le suis sentie bien, malgré quelques passages un peu longs. Un livre qui donne envie de s'enfoncer encore plus dans Dame Nature et de s'éloigner des hommes pétris de contradiction, de certitudes et de supériorité.

Des pages qui vous diront tous des grands cerfs, depuis leurs amours jusqu'à la chute de leur ramure.

Et moi, je ne peux toujours pas comprendre et accepté que justement, cette ramure, avant qu'elle ne tombe, devienne un trophée pour le chasseur qui a tué la bête... oups, pardon, il faut dire hypocritement "prélevé la bête... Je ne comprends pas que donner la mort à un être qui ne vous a rien fait puisse être source de plaisir et de défi.

Un livre qui nous emmène dans ce que la nature a de plus lumineux et secret parce que discret. Mais il conduit aussi à la douleur, la colère... Car plus on s'intéresse à la nature et son vivant, plus on est confronté à sa perte annoncée qui se constate chaque jour un peu plus.

 

Je découvrais « l’effet affût » : le monde arrive et se pose à nos pieds comme si nous n’étions pas là. Comme si nous n’étions pas, tout court. On constate que le monde se passe de nous. Et même davantage : il va mieux sans nous.

la gestion du cerf : Dans ce conflit, il faut tout prendre en compte. L'aspect biologique, physiologique et sociologique, mais aussi la gestion et l'aménagement du territoire, et le côté réglementaire, juridique, administratif. Je veux vraiment avoir une vision globale de la question. Je veux savoir. Je veux me battre, a conclu Léo. Mais il n'a pas bougé.
Et moi, est-ce que j'ai bougé davantage ? Non. Je campais sur ma position, voilà tout.
La défection de Léo m'affectait profondément. J'y voyais une trahison. D'ailleurs, quand j'ai eu fini d'écrire l'épopée des cerfs et que je l'ai donnée à lire à Léo, c'était normal, il est carrément devenu menaçant, et il a exigé que je ne nomme pas la boucherie. Je pouvais donner les noms des cerfs. Pas le nom de la boucherie. Il m'a assuré que l'adjudicataire allait se retourner contre moi. - Un coup de feu est vite parti, lui ai-je répondu, je sais Léo, je sais.
- Et l'ONF, si tu le nommes, va te poursuivre, parce que c'est l'État et qu'on ne s'attaque pas à l'État. Et moi aussi, je vais te poursuivre pour diffamation, a ajouté Léo.
Ainsi, je me suis retrouvée avec les deux partis contre moi, l'ONF et les chasseurs. Plus Léo. Alors, comment fait-on quand on veut écrire le roman du réel, aujourd'hui ? Quand on veut l'aborder frontalement ? Comment parler du monde et de ce que l'écrivain y a découvert et qui le ronge, puisque c'est le monde d'aujourd'hui qui le passionne, qu'il veut connaître et faire savoir? Ce monde qu'on hallucine, les yeux grands ouverts.
Oui, comment fait-on ?
En passant outre.

9ème participation 

au challenge Gravillons d'hiver

(livre de moins de 200 pages)

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Mars 2026

Roman - Editions Calmann Levy  - 195 pages - 18.50 €

Parution le 2 janvier 2026

Mon pitch : 2018, par une nuit enneigée du Grand Est, Julien, Marie et leurs deux jeunes enfants rentrent chez eux. Une violente dispute éclate, car Marie avoue avoir un amant. Elle demande à Julien de s'arrêter, et elle descend de la voiture. Crânement, Julien poursuit sa route sur une centaine de mètres avant de faire demi-tour. Sauf que dans ce petit laps de temps, Marie a complètement. Recherches et enquête de gendarmerie ne donneront rien.  Julien, Ninon et Gaspard tentent de faire leur deuil et doucement, se reconstruise.

Un soir sept ans plus tard, on sonne à la porte. Sur le seuil se tient Marie... Elle a été enlevée mais est parvenue à s'enfuir après sept jours de captivité. Oui, Marie est persuadée qu'elle n'est partie de la maison que sept jours, et non sept ans. Que se passe-t-il ? Un retour qui va susciter autant de question que la disparition.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : la bib de St Lunaire

Mon humble avis : Malgré une fin très désappointante, voire potentiellement frustrante, ce roman est un énorme coup de coeur tant le plaisir de lecture fut XXL.

Sept jours a tout du thriller, mais pourtant il n'en n'est pas un. Mais entre le cadre, le mystère épais, la tension qui monte, l'atmosphère qui devient de plus en plus malaisante et troublante, et le rythme soutenu mené par l'auteur, tout y est sauf... Chut, je n'en dirais pas plus.

Sept jours est un livre magnétique, qu'on ne lâche pas, et hypnotique, tant nos yeux suivent et dévorent les lignes, les paragraphes, les pages. Le style est d'une fluidité rare, d'une épure appréciable et justifiée, tout en restant bien soigné et les dialogues, nombreux, sonnent on ne peut plus vrai... En fonction de la situation évidemment ! Une lecture très prenante, pas gnangnan mais facile, qui prend racine dans le sujet complexe des disparitions inexpliquées qui seront traitées par les forces de l'ordre en fonction de leur caractère inquiétant... ou non.

Le postulat de départ (une disparue qui réapparait X années plus tard) n'est pourtant pas des plus original. Mais Fabrice Colin, récompensé quatre fois par la Grand Prix de l'imaginaire, nous a concocté une histoire de dingue, qui ne plaira peut-être pas aux cartésiens bien ancrés sur la terre ferme. 

L'un des sujets de ce roman est le temps (pas la météo hein !). Je pense qu'à travers cette histoire hallucinante et pourtant bouleversante d'un drame familial, Fabrice Colin veut démontrer que dans la vie, dans une famille etc, malgré la proximité et la ressemblance des uns et des autres, chacun grandit et avance à son rythme et perçoit le temps à sa propre façon. Si j'ai raison, ce roman pourrait être une grande métaphore, un conte, voire une farce qui potentiellement se joue autant des personnages que des lecteurs.

Il est question de d'absence et de deuil malgré la permanence d'un espoir empoisonné également. Puis vient le deuil du deuil... Quand la personne pleurée réapparait, qu'il faut la réintégrer dans son quotidien, et que celle-ci a manqué sept années de ce fameux quotidien. La nouvelle stabilité durement acquise se retrouve en déséquilibre. A travers Julien, ses enfants, ses proches, ses amis, les "on-dit" au village, c'est toute une palette de réactions différentes que déploie ici l'auteur face au drame, mais surtout, face à l'inexplicable. 

Ce roman est fait avant tout pour nous raconter une histoire aussi prenante qu'insensée qui peut-être frôle avec l'irrationnel, nous questionner, nous plonger dans le mystère. En aucun cas il n'est conçu pour disséquer les choses en profondeurs mais plutôt pour nous dire qu'il y a peut-être une autre réalité que celle que l'on connaît et perçoit. Et surtout, je pense que Fabrice Colin nous dit qu'il faut accepter parfois l'inexplicable, et qu'il est vain de tout savoir, de vouloir tout comprendre et expliquer. En tout cas, si j'ai bien compris l'intention de l'auteur, dans ce cas, même si elle peut paraître frustrante, cette fin qui a déçu certains babéliotes ne pouvait pas être autre. Ce n'est pas la réalité ou la vérité qui compte, mais comment chacun la perçoit et se construit, avec, autour, malgré. En tout cas, on y reste bien longtemps dans ce roman... Je ne connaissais pas Fabrice Colin, mais je me dis que si ses autres romans sont autant "page turner", il pourrait être récurrent dans mes lectures.

8ème gravillon (moins de 200 pages) 

pour le challenge.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 19 Février 2026

Roman - Editions Lizzie -3h04 d'écoute - 16.99 €

Parution en 2020 (Prix Renaudot 2020)

4ème de couv : Le fils, c'est André. La mère, c'est Gabrielle. Le père est inconnu.

André est élevé par Hélène, la sœur de Gabrielle, et son mari. Il grandit au milieu de ses cousines. Chaque été, il retrouve Gabrielle qui vient passer ses vacances en famille.

Entre Figeac, dans le Lot, Chanterelle ou Aurillac, dans le Cantal, et Paris, Histoire du fils sonde le cœur d'une famille, ses bonheurs ordinaires et ses vertiges les plus profonds, ceux qui creusent des galeries dans les vies, sous les silences.

 

Tentation : Durée parfaite pour un trajet voiture

Fournisseur : La bib de St Lu

Mon humble avis : Me voilà aujourd'hui à copier/coller simplement la 4ème de couv et non à pondre un de mes pitch personnel... Tout simplement parce que je suis incapable de résumer ne serait-ce que la genèse de cette histoire. Peut-être mon ressenti de lecture est-il directement relié au format audio de lecture, mais je ne me suis accrochée à rien dans ce roman, qui m'a semblé être une longue litanie généalogique et qui plus est, dans le désordre chronologique avec des retours en arrière incessant. Bref, je n'ai accroché à rien dans cette saga familiale sur des décennies mais moins de deux cents pages... De ce fait, une vague impression de factuel, de rien d'approfondi. Pas un gramme d'émotion, d'empathie ou d'attachement à des personnages ne m'est venu lors de la lecture. Certes, il y a le style et les mots très particuliers de Marie-Hélène Lafon qui restent un plaisir... Car l'autrice a pour habitude de dire les choses telles qu'elles sont, sans tourner autour du pot, avec des termes toujours choisis avec précision. Mais pour le reste, tout ne fut qu'indifférence pour moi.

Avez vous lu et aimé ce roman ?

A ce jour, parmi tous les titres de Marie-Hélène Lafon que j'ai lu, mon préféré reste Joseph

Et pourtant, sur Babelio, les avis sont majoritairement élogieux

 

7ème participation au challenge

Gravillons d'hiver

192 pages en format poche folio

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 11 Février 2026

Roman - Editions Albin Michel - 186 pages - 19.90 €

Parution le 26 mars 2025

Mon pitch : En février 1794, Joseph Herbelin, 19 ans, fervent révolutionnaire, est nommé gardien de la Tour Temple pour un an et demi... Dont les deux derniers prisonniers sont les deux enfants survivants de Louis XVI : Louis-Charles et Marie-Thérèse...

Ses convictions vont être tellement ébranlées que sa vie en sera marqué à jamais. Dès décembre 1795, ayant fuit la Tour du temple, il écrit à sa tante Céleste et lui raconte ce que fut sa vie et celles des occupants dans cette maudite tour.

Un demi siècle plus tard, ces lettres parviennent à la fille de Joseph... Et elles forment ce roman.

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : J'avais adoré Le Bal des folles, émis de grosses réserves sur "Un miracle", et me voici de nouveau on ne peut plus conquise par L'orpheline du temple, dernier titre de Victoria Mas.

C'est un roman que j'ai lu avec passion, vif intérêt et surtout grand plaisir... Et même si l'histoire est déjà écrite, j'avoue qu'une certaine tension s'est emparée de moi quant à l'avenir des protagonistes, qu'ils soient royaux ou non.

Victoria Mas m'a emmenée dans une période que j'explore très peu en littérature, et dont mes connaissances scolaires se sont émoussées depuis bien longtemps... Nous voici en pleine période révolutionnaire, la Terreur etc... Louis XVI et Marie-Antoinette ont déjà été décapités.  Trois membres de la famille royale survivent encore, pour peu de temps pour certains, et sont maintenus prisonnier dans la Tour du Temple (qui se trouvait alors à l'emplacement actuel de l'Hôtel de ville de Paris) : Elisabeth de France et ses neveux Louis-Charles et Marie-Thérèse, fils et fille du roi défunt.

La plume de Victoria Mas sert à merveille cet échange épistolaire unilatéral qui devient à un témoignage d'une une époque révolue. Un aspect suranné, mais très soigné et toujours très fluide, voilà aussi pourquoi ce cette histoire est si agréable à lire. L'autrice mêle avec un talent aussi inouï que judicieux les vérités et contextes historiques, les légendes (celle de la Comtesse des Ténèbres), avec l'imagination créative du personnage de Joseph, ce qui donne un roman très vivant.  Voilà pourquoi j'ai tant aimé ce livre qui m'a permis de me remémorer et de me réapproprier l'Histoire de mon pays, dans l'un de ses moments charnières, et d'y voir aussi l'aspect plus sombre.

Car oui, j'ai été extrêmement choquée des conditions de détentions de Marie-Thérèse et de son petit frère, dans un pays qui étaient déjà celui des droits de l'homme et des citoyens rédigés en 1789. Certes, il faut replacer cela dans une époque sans confort moderne du tout mais mine de rien, quels humains peuvent infliger cela à des enfants, quel que soit leur sang ?!... A travers ses pages, Victoria Mas rappelle que les révolutions se font toujours dans la violence et la cruauté et que les injustices qu'elles dénoncent en provoquent bien d'autres dans le feu de la colère et de l'aveuglement. Bref, l'Homme n'apprend rien de son Histoire, sa cruauté est là, même si ses manifestations évoluent dans la forme...

Joseph, 19 ans, révolutionnaire convaincu, voit ses convictions ébranlées alors qu'il côtoie quotidiennement la Princesse, appelée aussi Madame Royale. Et c'est sous son charme qu'il tombera en silence, et toute sa vie durant, Madame Royale occupera toutes  ses pensées. Cet aspect-là qui apporte une véritable dimension romanesque à ce livre.

Un roman passionnant, dense de multiples sujets, qui invite aussi à la réflexion face à l'arbitralité non exhaustive de l'instruction qui forme nos convictions, avant que le temps nous apporte la distance et la maturité nécessaire à la reconsidération de certains faits.

Evidemment, en fermant ces pages, j'ai ouvert mon ordi pour quelques recherches, pour démêler la vérité historique de l'imagination littéraire et en savoir un peu plus... Et quand je fais cela, c'est que j'ai été passionnée par ma lecture, que j'ai appris, envie d'apprendre plus encore. Bref, qu'au delà du plaisir, une lecture m'a apporté beaucoup.

 

5ème participation au Challenge

Gravillons d'hiver

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Février 2026

Roman - Editions Le Tripode - 192 pages - 19 €

Parution en avril 2025.

Mon pitch : Quelque part vers l'étang de Berre... Ils sont 3 naturalistes à trianguler une zone précise et à attendre... le chant d'amour du Butor Etoilé. Car si cet oiseau rare est discret est revenue sur ses terres, cela voudrait dire que le monde tourne encore rond.

Mais la narratrice cherche aussi et surtout Dedou, une adolescente du village, mystérieusement disparue depuis plusieurs semaines, puis mois... Alors qu'aux alentours, la présence du loup semble avérée...

Dans chaque coin de nature la narratrice cherche Dedou, pendant que la gendarmerie mène l'enquête. Et elle écrit de longue lettre à Marc, mais c'est un autre homme qui les lit.

 

Tentation : Le billet de Manou

Fournisseur : Kdo de Noël

Mon humble avis : Ce roman, repéré chez Manou, il me le fallait. Parce que, ornithophile que je suis, je rêve aussi de voir le Butor étoilé... Une rencontre graal et rare, qui nécessite une patience infinie et un peu de chance, tant il se fait discret dans les roselières.

Il y a 15, je n'aurais peut-être pas achevé cette lecture tant elle est... "space". Mais là, les mots et les images convoquées dans ces pages m'ont parlé, m'ont rappelé.

La 2ème page du livre ne comporte qu'une phrase... "Rien ne presse". Cela donne le ton, et le style poétique, onirique, vaporeux et très métaphorique. L'homme et la nature se même, l'homme devient loup ou couleuvre, ou peut-être renard... L'arbre parle, et la narratrice parle aux oiseaux, aux plantes, au renard qu'elle croise.

Le butor étoilé est un roman qui invite à la rêvasserie, à la divagation, à l'errance, à la recherche, à l'émerveillement. A ouvrir les yeux et les oreilles, pour déceler tout ce qui se cache partout, tout ce qui se murmure partout. Cette histoire dit aussi la difficulté de la solitude, de la communication, notamment quand on s'exprime, quand on ressent, quand on rêve différemment. Le butor étoilé est comme le récit d'un songe où l'animal, le végétal, le minéral, le liquide, l'humain, se mêle pour ne former qu'un. Qu'un qu'ils forment bien quand on y pense, sous le mot "Ecosystème"

Il y a le mystère de la disparition de Dedou et du butor étoile, de ces lettres qui sont lues par un autre, du loup qui peut-être rode dans les parages, et d'un chasseur qui avoue haut et fort qu'il tire sur tout ce qui bouge, et même ce qui ne bouge pas, vu qu'il n'y voit plus très bien... Ces passages là sont aussi cocasses que graves dans le sens.

Et surtout, il est question des drames de la vie de chacun, qui ne se ressemblent pas, qui ne se mesurent pas, qui ne se comparent pas, mais qui marquent et changent une vie à jamais, même si aux yeux de certains, ils peuvent paraître dérisoires. Et ceci est magnifiquement mis en mots par Sigolène Vinson. 

Le jour où je verrais enfin le Butor étoilé, je penserai à cette lecture naturaliste étrange, puissante et hors normes qui commence par "rien ne presse"... Qu'on se le dise...

PS : Je trouve juste dommage qu'en couverture, il ne s'agisse pas d'un Butor étoilé, qui a le cou bien plus massif que ce héron.

une 3ème participation au

 Challenge Gravillons de l'hiver

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 24 Janvier 2026

Roman - Editions Actes Sud - 288 pages - 22 €

Parution le 20 août 2025 pour la Rentrée littéraire

Mon pitch : Zem Sparak, ancien flic déclassé de la zone 3, s'occupe désormais de la sécurité de Barzok, éminence politique de Magnapole. Lors de la célébration des Grands Travaux, un container est découvert... A l'intérieur, 5 cadavre assis côte à côte, témoignant d'atroces souffrances. L'inspectrice Salia Malberg est déjà sur les lieux...Sous les ordres de Barzok, Salia et Zem se retrouvent contraints d'élucider cette affaire, et donc de refaire équipe à deux.

Tentation : Mon enthousiasme pour Chien 51

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

 

 

 

Mon humble avis : Trois ans après la parution de Chien 51, Laurent Gaudé nous offre une suite, qui pourrait bien en avoir une elle aussi !

Nous retrouvons donc les deux héros de Gaudé, Zem et Salia, qui sont désormais devenus célèbres au-delà de la sphère littéraire via le film éponyme de Cédric Jimenez qui fut diffusé dans toutes les bonnes salles de ciné en octobre, avec en têtes d'affiches Gilles Lellouche et Adèle Exarchopoulos, ce qui fait que j'ai lu Zem avec ces deux visages célèbres dans la tête.

Même si Chien 51 et Zem peuvent se lire en one shot, le deuxième rappelant les faits principaux du 1er, je trouve très dommage de lire Zem en faisant l'impasse de Chien 51, qui permet vraiment de s'immerger dans l'univers ultra urbain crée par Gaudé de Magnapole, de comprendre son fonctionnement, de connaître l'histoire des deux personnages principaux, ce qui leur donne une sacrée épaisseur... Et envie de les retrouver une 3ème fois... tant on s'y attache. Tous deux traînent toujours un état dépressif et un désespoir profonds et ne rêve que d'une chose : partir.

Roman (très) sombre, anticipation, espionnage, littérature générale, thriller, Zem peut vraiment porter plusieurs casquettes et se lit comme tous ces genres littéraires. Et Gaudé nous ferre une fois de plus dans ce futur pas si loin (voire même de plus en plus près), des nations qui sont à vendre, de l'IA, des dômes qui protègent les quartiers riches des pluies acides etc...

Dans ce tome ci, l'événement est l'arrivée tant attendue au port d'une cargaison : un glacier, qui promet de d'eau minérale naturelle, qui se vendra donc à prix d'or, ou sous le manteau. Pire on n'hésitera pas à tuer... Des gens disparaissent et il est aussi question de la découverte d'une nouvelle énergie fossile, quelque part... Il est question de ce que l'on croit, de ce que l'on veut croire (par confort), de ce que l'on nous fait croire, de ce que l'on nous cache.... Gaudé nous dit qu'il y a un ailleurs et un autrement possible, qui passe par une réelle résistance de tous les acteurs en place. Et l'on comprend avec effroi, en fin de roman, que mise à part les gadgets et autres, Gaudé ne nous emmène pas tant que ça dans le futur... Que Magnapole existe déjà mais à l'échelle du monde, qu'il y a 3 zones depuis longtemps (dont celui que l'on nommait le tier monde), et que les puissants exploitent les plus faibles pour assouvir leur appétit consumériste quoiqu'il en coûte.

Avec un rythme nerveux et efficace, Gaudé nous emmène de nouveau avec un talent indubitable dans la noirceur de l'humanité face aux aléas qu'ils soient climatiques, énergétiques ou politiques, dans un thriller où les cadavres s'accumulent, et qui traitent de nombreuses problématiques déjà très actuelles. L'intrigue est dense, elle se dévore, et malgré sa noirceur, se ferme sur une belle ouverture...  Un roman qui sous des aspects dystopiques, nous parle de nos sociétés contemporaines.

Deux livres donc à lire sans plus tarder... Et regarder le film après si vous ne l'avez pas encore vu. Car dans le film, il ne reste plus grand chose du roman d'origine.

4ème participation au challenge d'Alexandra. J'en étais à 10 points.

Avec ce rapport + le fait que je coche la case "dépressif", me voilà à 12 points.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 12 Décembre 2025

Roman - Editions Audiolib - 2h09 d'écoute - 18 €

Parution d'origine au Seuil en 1988, audiolib 2016

Mon pitch : Une biographie qui, à travers le prisme des souvenirs d'enfance, devient une fiction (très auto)... Quand "Patoche" se souvient d'une maison d'un étage, à la façade couverte de lierre, où ne vivaient que des femmes aux fréquentations interlopes... Là où, avec son petit frère, il a grandi quelque temps alors que sa comédienne de mère était partie en tournée, et que son père vaquait à ses occupations en Amérique du Sud ou à Brazzaville. 

Tentation : Pour voir !

Fournisseur : Ma PAL audio (Bibs de Rennes)

 

 

Mon humble avis : C'est avec cet ouvrage que je pénètre pour la première fois dans l'univers de Patrick Modiano, prix Nobel de littérature en 2014.

Peut-être n'ai-je pas lu ce court roman dans les meilleures conditions pour l'apprécier à sa potentielle juste valeur, puisque ce fut pour moi une audiolecture en voiture...

Quoiqu'il en soit, je rédige ce billet quelques semaines après cette lecture et ... et bien pas grand-chose. Je me souviens de vagues souvenirs d'enfance, d'absence de parents, de l'ambiance d'une époque révolue, de personnages tellement multiples mais ne dépassant que rarement l'état d'esquisse améliorée que j'ai peiné à les situer, à les imaginer, à les suivre.  Bref, cette tranche de vie, ancrée dans l'enfance de l'auteur, ne m'a pas émue ni passionnée plus que cela. Tout m'a semblé très opaque, notamment dans l'aspect interlope des occupations des personnages adultes. Il me reste si peu de cette remise de peine, de cette atmosphère de nostalgie poussiéreuse. Mais je reconnais que l'écriture et le choix des mots m'ont plu sur le moment.

Me voilà donc à court d'arguments pour m'étendre sur cette lecture... Aussi, si vous avez adoré un titre de Modiano, merci de me le conseiller en commentaire, histoire que je puisse entrevoir la raison d'une telle réputation.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 6 Décembre 2025

Roman - Editions Audiolib - 8h18 d'écoute - 21.45 €

Parution Audiolib et Stock en 2019

Mon pitch : Iouri s'est exilé aux USA. Un jour il reçoit un message : son père est mourant... Il s'envole donc pour sa patrie d'origine, Mourmansk en Sibérie.... Au chevet de ce père terrible, qui n'a jamais su communiquer avec lui et qu'il a toujours craint, Iouri reçoit une mission : retrouver ce qu'il est advenu à Klara, la grand-mère qu'il n'a jamais connu et qui, par une nuit des années 50, fut emmenée de force par des hommes en noir... Sans jamais revenir, et marquer à jamais la destinée de sa famille, Rubin son fils, Iouri son petit fils. 

Une quête commence pour Iouri, pour ne pas oublier Klara.

 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : PAL audio (Bib de Dinard)

Mon humble avis : Y'a pas à dire, la célèbre navigatrice est une sacrée romancière, qui sait construire une histoire, et qui la sert d'une plume fort admirable et agréable.

Lire Oublier Klara, c'est replonger dans les années du stalinisme politique, du communisme implacable, d'une époque où la vie dépendait d'une simple délation ou de suspicion de traîtrise envers l'Etat. C'est donc le collectivisme, la pauvreté, les murmures, l'embrigadement etc... Nul doute qu'Isabelle Autissier s'est énormément documentée pour reproduire en mots les sensations, les odeurs, le froid, les tristes couleurs, la peur, l'alcool, l'isolement, l'effroi d'alors. Elle décrit avec un réalisme glaçant l'atmosphère et l'âme russe des années cinquante. En fait, ce livre est très visuel, on voit les images nettes dans notre cerveau, on a presque l'impression d'y être tant tout est parfaitement décrit.

L'enquête de Iouri sera surtout administrative, les survivants de l'époque étant rares. Elle sera guidée par le récit des souvenirs du père. Elle nous sera rapportée en alternance : des chapitres sur Klara, des chapitres sur Rubin, des chapitres sur Iouri... Avec les enfances et les jeunesses de ces deux derniers particulièrement bien développées... et là, j'ai eu ma petite pochette surprise : Iouri enfant est passionné d'oiseaux, et adulte, il est ornithologue professionnel. Je me suis donc régalée des quelques pages traitant de cette passion. Par contre, d'autres pages m'ont un peu perdue, longuettes pour moi : celles qui évoquent la vie de marin de Rubin, et de la tentative de Iouri à survivre sur un chalutier... Peut-être que le format audio n'aide pas, car pour ces passages là, l'interprète n'hésite pas à crier pour rendre compte des dialogues au milieu de l'enfer des mers. Mais ces détails maritimes de l'histoire permettent de bien cerner les personnages, la violence qu'ils subissent ou assènent, leur caractère, leur difficulté à se comprendre et s'apprécier, voire se supporter... Bref, Isabelle Autissier maitrise très bien l'art de construire des personnages et de brosser leur portait avec finesse.

Et Iouri découvrira la délation, la lâcheté familiale, le goulag, la torture, le reniement... Klara, éminente scientifique, a -t-elle vraiment trahi son pays ? Quoiqu'il en soit, en disparaissant ainsi, elle est aussi très vite bannie des conversations et de la mémoire familiale..., ce qui impacte les générations suivantes.... Son arrestation jette l'opprobre sur sa famille, soupçonnée de ce fait d'être antirévolutionnaire. Gamin puis ado,  Rubin devra en quelque sorte se racheter pour être accepté des autres...

Vers la fin du roman, il est aussi question de la tribu indigènes des Nénettes et de l'oppression qu'elle subit.

Comme vous le voyez, ce roman est riche de nombre de sujets : le communisme, la mer, la filiation, la trahison, l'écologie, les conséquences de l'Histoire et du contexte sur la vie intime des personnages, les mensonges, et les silences destructeurs... Une immersion passionnante et bouleversante dans le pire de l'Union Soviétique. 

Oublier Klara est aussi un hommage saisissant et nécessaire à toutes les Klara du monde qui, dans des régimes totalitaires, disparaissent pour leurs compétences, leurs opinions, ce qu'elles ont entendu ou non, ce qu'elles ont dit ou tu... Oublier Klara, c'est lire pour ne pas oublier l'Histoire à travers celle puissante de cette famille démolie par le régime soviétique.

Et cette fin ouverte, je l'ai bien appréciée !

D'Isabelle Autissier, j'avais  aussi beaucoup aimé "seule la mer s'en souviendra"

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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