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Publié le 22 Novembre 2021

Roman, Vanda, Marion Brunet, avis, chronique, blog

Roman - Editions Livre de poche - 224 pages - 7.40 €

Parution Livre de Poche mars 2021, Albin Michel 2020

L'histoire : Vanda est une fille écorchée et un peu paumée qui vit avec son fils de 6 ans, Noé, dans un cabanon de bord de plage près de Marseille. Elle se rêvait artiste, elle est femme de ménage dans un hôpital psychiatrique. Entre son fils et elle, c'est l'amour fou, fusionnel, exclusif.

Après 7 ans d'absence, Simon revient de Paris pour enterrer sa mère. Il revoit Vanda, qui lui apprend qu'il est le père de Noé, dont il ignorait même l'existence.

 

 

tentation : la blogo

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis :  Il semble que je sois à contre-courant sur ce roman... j'en ai lu des avis élogieux sur la blogosphère et, sur les réseaux, Vanda est bien "noté". Pour moi, c'est la douche froide, une lecture que je n'ai pas appréciée, même si j'ai avalé les cinquante premières pages, la suite fut laborieuse pour moi, étouffante et révoltante...

Le bandeau annonce "bouleversant" et "poignant". Ce n'est pas du tout ce que j'ai ressenti. Au fil des pages, je n'ai été que colère et agacement envers cette Vanda, pour laquelle je n'ai développé aucune empathie ni sympathie, ni même pitié, ce qui forcément, m'empêche le plus souvent de vivre une lecture.

La quatrième de couv parle d'un amour fusionnel entre la mère et son fils qu'elle protège comme une louve... Protéger ? Elle veut juste le garder rien que pour elle... Car pour moi, aimer et protéger, c'est prendre soin, c'est protéger réellement des dangers, s'assurer qu'il ne manque de rien d'essentiel, faire passer l'intérêt de l'autre avant le sien... Et surtout lorsqu'il s'agit d'un enfant qui compte sur vous, et dont l'avenir dépend de vous. Mais Vanda refuse toute aide, ne conçoit pas de vivre dans un logement décent... et vit comme une adolescente attardée.... Son fils dort dans le coffre de la voiture pendant que Vanda picole en boîte... Et le lendemain, il attend midi que sa mère émerge de sa gueule de bois... Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres. Donc non, je n'ai pas aimé ce personnage égoïste, irresponsable et inconscient... Les quelques bribes de son passé qui nous sont données par la romancière ne me suffisent pas à lui accorder des circonstances atténuantes. Vanda m'a agacée, révoltée et j'aurais aimé lui balancer quelques paires de baffes et seaux d'eau froide. Et que dire de son "entourage"... Ces fréquentations, les riches propriétaires de villa près du cabanon, l'institutrice... Pas un seul adulte pour s'inquiéter un tant soit peu du sort du gamin.

Et puis pourquoi annonce-t-elle à Simon qui est le père de son gamin, si c'est pour après craindre que celui-ci s'immisce dans sa vie... Comment peut-elle imaginer qu'une telle annonce reste sans effet ? Ca me dépasse.

Simon, on s'attache un peu à lui, mais pas au point de l'aimer franchement. Il pleure sa mère alors qu'il n'est pas venu la voir depuis des années. Il manque de consistance...

Toute cette histoire se déroule sous fond de crise et de manifs de Gilets jaunes.

Je n'ai pas adhéré non plus à l'écriture de Marion Brunet. Un mélange de langage soutenu et de langage très très familier... Les doubles négations sont absentes et cela me dérange quand c'est en dehors des dialogues et que le personnage principal n'est pas le narrateur...  Et puis beaucoup d'agressivité, et des répétitions dans les gestuelles et les pensées des personnages, cela devient vite lassant.

Certes, il y a quelques beaux passages et quelques réflexions sensées sur l'injustice de notre société actuelle, bien que là aussi, il y ait du tri à faire, les allégations étant souvent à charge et sans nuances envers le système, n'offrant qu'un point de vue (je pense notamment aux descriptions de manifs).

Bref, c'est péniblement que je suis arrivée au bout du roman, espérant une lumière qui aurait pu éclairer l'histoire et peut-être la rendre belle, mais même pas. Une fin triste à mourir et aussi sombre que le reste.

Bref, tout ça pour ça. Une rencontre complètement ratée pour moi et une histoire qui, au final, n'apporte rien à mes yeux.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Novembre 2021

Roman - Editions Ecoutez lire - 6h31 d'écoute - 18.99 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2018

L'histoire : D'origine roumaine avec un accent qui ne trompe pas, Aurel est pourtant Consul de France en Guinée Conakry.

Un ressortissant français est assassiné sur son bateau, dans la marina... Son corps suspendu au mât du navire. Aurel remplit sa mission professionnelle (prévenir la famille etc)... Mais ce crime le passionne et il se lance dans l'enquête qui le tire alors d'un certain ennui.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Aurel est un personnage atypique... Il travaille pour le quai d'Orsay après quelques péripéties et drames dans son histoire personnelle qui nous sont livrés ici. Aurel est roumain ! Il est en poste à Conakry mais ne supporte pas la chaleur, se vêt cependant de complets vestons et de pulls de laine... D'ailleurs, à son travail, on l'a mis au placard. Aurel profite de l'absence de son supérieur hiérarchique pour prendre quelques initiatives et s'intéresser de près au crime commis sur un ressortissant français. Ce tome est le premier de deux autres pour l'instant...

Bon, et bien je l'avoue, je ne suivrai pas les aventures d'Aurel plus loin, car cette lecture ci m'a un peu déçue. Je m'attendais à autre chose, à une histoire plus décalée et pourquoi pas, un peu drôle. Je l'ai en fait trouvée un peu plan plan et désuète. Cela peut avoir un vrai charme, comme lorsqu'on lit des romans d'Agatha Christie par exemple... Sauf que cette histoire se déroule à notre époque et que cet aspect suranné m'a paru anachronique. Et je n'ai pas retrouvé le Rufin des quelques autres ouvrages que j'ai lus.

Mais le déroulement de l'enquête et son dénouement tiennent bien la route et ce roman nous emmène dans une contrée que l'on parcourt rarement en littérature, même si l'on en découvre très peu sur ce pays dans ce livre. La lecture reste divertissante et possède assez d'arguments pour plaire à certains... Par contre, je déconseille la version audio, je n'ai pas aimé l'interprétation qui en est faite, avec trop de manières quelque part.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 13 Novembre 2021

Roman, Clara Dupont-Monod, s'adapter, avis, chronique, prix fémina 2021

Roman - Editions Stocks - 171 pages - 18.50 €

Parution le 25 août 2021 : Rentrée littéraire !

L'histoire : Il y a les parents, l'aîné et la cadette. Ils vivent sereinement dans une vallée des Cévennes. Nait alors l'enfant... Qui se révèle inadapté... Il ne voit pas, ne marchera jamais, ne pourra parler ni même tenir sa nuque ou saisir un jouet... Il vivra allongé et son espérance de vie sera limitée. Autour de lui, chacun va s'adapter à l'inadapté....

Tentation : Pitch et confirmation blogo

Fournisseur : la bib de Dinard

 

 

 

Mon humble avis : Quel magnifique roman, justement couronné du Prix Fémina 2021.

L'histoire que nous conte ici Clara Dupont-Monod ne peut que toucher en plein coeur et émouvoir.

Les personnages ne sont nommés que par leur rang et leur rôle dans la famille : père, mère, l'aîné, la cadette, le dernier... Ce sont les pierres des murets de la cours de la maison qui témoignent de ce qui s'est déroulé dans cette famille, sous leur yeux. Rien de fracassant, mise à par l'annonce du diagnostic et la stupeur... Le reste est dix en douceur, avec des mots bien choisis, une belle place à la poésie des sens, de la nature, de l'observation... Il y a tant de justesse dans la descriptions et les analyses des comportements de chacun que l'on ne peut qu'être admiratif devant cet oeuvre. Les personnages y sont s'y bien construits, étayés, fouillés, profondément humains, tant dans leurs forces que dans leurs failles.

Avec retenue et décence, Clara Dupont-Monod décrit les réactions de chaque membre de la famille face au handicap lourd de l'enfant...

Les parents assument et affrontent notamment les méandres administratifs pour obtenir de l'aide. L'incompréhension des autres, le regard, la curiosité, la honte, la pitié... Et l'évolution différente des deux aînés.

L'aîné entrera en fusion totale avec l'enfant, en prenant soin, le protégeant de tout, s'en occupant de façon obsessionnelle, exclusive, s'oubliant, devenant adulte bien trop vite.

La cadette, en colère, rejettera l'enfant, éprouvant pour lui du dégoût, de la jalousie, puisque l'enfant lui vole l'attention de son cher aîné. Mais la cadette va aussi s'adapter, à sa façon... En faisant tout son possible pour conserver l'équilibre familial, pour que les autres puissent aimer et se dévouer à l'enfant. Elle aussi quittera trop tôt le monde de l'enfance.

Enfin, la dernière partie nous permet de faire la connaissance du dernier... Pas celui que l'on croit... Celui qui vient, qui nait après tout cela, des années plus tard, dans une famille qui a souffert, qui a survécu, qui n'oublie pas.

La romancière évoque parfaitement l'accueil du handicap, de l'inadapté, du hors norme dans une famille qui parvient à rester unie, les trajectoires de vie et les tempéraments qui se modifient à jamais. C'est une onde de choc qui s'atténuera un peu avec le temps, mais restera toujours présente, ayant laissé une forte empreinte dans chacun, de la force, de la résistance, de l'union et beaucoup d'amour... Clara Dupont-Monod ne tire pas sur la corde, tout est dit avec délicatesse, justesse et oui, douceur... et surtout, de la lumière. C'est avec une très belle luminosité que l'écrivaine clos son histoire.

Un roman magnifique, qui se lit aisément mais avec émotions, à découvrir évidemment !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 9 Novembre 2021

Roman, Valentine Goby, Kinderzimmer, seconde Guerre Mondiale, Nazisme, camps, femmes

Roman - Editions Thélème - 6h11 d'écoute - 18.99 €

Parution Acte Sud 2013, Thélème 2014

L'histoire : 1944... Après son arrestation, et un séjour en prison, Mila Suzanne est envoyée dans le camp de Ravensbrück, comme prisonnière politique. Dans ce camp sont regroupées 40 000 femmes. Mila est enceinte... Quelques mois plus tard, elle découvre l'existence de la Kinderzimmer, une pièce froide et sombre dévolue aux quelques nourrissons... Dont rares sont ceux qui survivent au delà de trois mois. Avec ses compagnes d'infortunes, Mila fera son possible pour éviter l'inévitable.

Tentation : La blogo à l'époque de la sortie du roman

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Il m'en a fallu du temps pour oser ouvrir (en l'occurrence ici écouter) ce roman, tant le sujet m'effrayait.

Pourtant, c'est l'effroi qui m'a accompagné tout au long de ma lecture qui n'a pas été confortable du tout, mais je dresse l'oeuvre de Valentine Goby au rang de coup de coeur, tant il magistralement mené, rédigé, réussi. A mes yeux, c'est un pur chef d'oeuvre de littérature. Admirable de maîtrise... Ceci se dirige aussi vers Paulien Huruguen qui interprète ce texte avec douceur et pudeur.

Valentine Goby nous plonge en immersion complète dans un camp de femmes en Allemagne. Je tairai ici les détails de la vie, ou plutôt de la survie (pour les plus chanceuses et résistantes) de ces femmes. C'est inimaginable, innommable, inhumain, c'est l'enfer sur terre. Je m'en doutais et le savais déjà par mon instruction, mais ici, via les mots de Valentine Goby, se sont moults images qui se sont incrustées dans mon crâne. Il y a l'horreur... Mais il y a aussi une sorte de beauté qui en ressort... C'est le courage de ses femmes, leur fraternité, les petites choses qui les font tenir, la forme de résistance pour ne pas appartenir complètement au camp et aux Allemands, les ruses et privations pour gratter une tranche de pain ou la donner à une amie malade. Cacher les faiblesses pour ne pas devancer la mort et/ou être achevée. La mie de pain qui ne sera pas mangée de suite pour être transformée en statuette et être offerte en cadeau à Noël...

Impossible de rendre compte en quelques lignes de la puissance, de l'émotion qui émanent de ce roman qui nous tient aussi prisonniers, presque malgré nous, tant on ne se sent évidemment pas bien dans ces pages.

On sait dès le début que Suzanne/Mila sortira vivante de ce camp, puisque le roman s'ouvre sur son personnage, des décennies plus tard, alors qu'elle court les lycées et collèges pour offrir son témoignage.

C'est un livre mémoire collective à lire absolument, pour ne pas oublier, pour que "plus jamais ça"... On paraît à l'abri en Europe, mais dans d'autres contrées du monde, que se passe-t-il ?

Un roman qui, une fois de plus, fait énormément relativiser nos tracas personnels ou collectif... Ca me fait bien "rire" quand, à propos du Covid 19 et des confinements ou restrictions sanitaires, on parle de nos jeunes comme d'une génération sacrifiée... sans même regarder le présent, en Irak, en Syrie par exemple.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Novembre 2021

L'Africain, J.M.G Le Clézio, livre, littérature, Afrique, avis, chronique

(Auto)Biographie - Editions Folio - 124 pages - 6.90 €

Publication d'origine : Mercure de France en 2004

L'histoire : JMG Le Clézio revient sur son enfance africaine d'après guerre, où il retrouve un père qu'il n'a jamais connu, le conflit international et les distances les ayant séparés. Le père, médecin chirurgien en Guyane  britannique, puis en Cameroun britannique et enfin au Nigéria... Vingt ans d'Afrique qui ont transformé ce père à jamais et qui ont forgé le romancier.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : C'est simple, cet ouvrage était dans mes étagères depuis que J.M.G Le Clézio a reçu le Prix Nobel de Littérature, c'est à dire 2018, soit 13 ans. Hum Hum...

Et pourtant, quel beau texte. Simple en apparence mais consciencieux, sans fioriture, avec juste les faits et leur analyses permises par le temps, il en ressort une belle loyauté, envers ce que la vie a pris et donné, envers cette enfance ailleurs, pas comme les autres et cet inconnu que fut le père. La concision induit la pudeur et la pureté de ce récit.

JMG Le Clézio nous parle de son enfance en Afrique, et à travers elle, de son père, ce héros. Le Clézio n'a connu son père qu'à 8 ans, en arrivant en Afrique avec sa mère et son frère pour le rejoindre. C'était après la Seconde Guerre Mondiale, que les enfants et leur mère ont vécu confinés à Nice et que le père a affronté isolé, sans aucune nouvelle des siens, en Afrique occidentale.

C'est l'histoire d'une rencontre entre un père et ses enfants, mais une rencontre manquée, ratée, qui n'eut réellement lieu que bien plus tard, lorsqu'adulte, JMG Le Clézio a été en âge et en maturité pour comprendre qui était son père, ce qu'il avait vécu, ce qui l'avait transformé en père rigide, stricte et parfois violent. 

C'était vingt années d'Afrique en tant que seul médecin chirurgien dans une immensité, avec peu de moyens matériels, si loin des colons huppés et ridicules des côtes que Le Clézio père, farouchement anticolonialiste, abhorrait. Vingt années à côtoyer le pire comme le meilleur, les plus belles merveilles comme de monstrueuses horreurs. L'humain et le profondément inhumain, ou en tout cas l'insupportable... Toutes les maladies, les pandémies, le manque d'hygiène et de médicaments et souvent l'impuissance. Et puis il y eu la décolonisation, des guerres, notamment celle du Biafra dévastatrice et scandaleusement entretenue par l'Occident... Comment ingurgité cette actualité quand on voit dépérir le pays où l'on a tant vécu, qui a fait de vous ce que vous êtes.

Ces vingt années d'Afrique ont fait de Le Clézio père l'africain....

L'Africain est donc un magnifique hommage à l'homme qu'il était brillement, au père qu'il n'a pas su être mais qui a tellement transmis. C'est aussi portrait de ce que fut l'Afrique de l'Ouest à différentes époques, dans une période finalement historiquement très restreinte.

C'est une ode aussi à la liberté retrouvée de l'enfance, aux grands espaces, à l'insouciance et à l'indifférence face aux différences dont sont capables les enfants.

Un très beau texte, instructif qui plus est. Elle belle leçon de mémoire... pour ne rien oublier.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 30 Octobre 2021

Cécile Coulon, roman, Rentrée littéraire 2021, Seule en sa demeure, avis, chronique

Roman - Editions L'Iconoclaste - 333 pages - 19 €

Parution le 19 août 2021 : Rentrée littéraire 

L'histoire : Nous sommes au XIXème siècle... Aimée qui pour la première fois la maison familiale pour épouser Candre, un riche propriétaire du Jura... Celui-ci vit dans un vaste domaine, avec la servante Henria et le grand fils de celle-ci. Au cimetière le plus proche, gît Aleth,sa première épouse... Candre est très pieux, aimant mais distant, taciturne. Au fil des jours, Aimée sent comme un mystère tabou autour de la mort d'Aleth. Celui-ci s'épaissit et alors, le domaine devient oppressant et ses habitants semblent menaçant. C'est le début du cauchemar pour Aimée... Dont seule pourrait peut-être la sauver Emeline, sa professeur de musique, qui éveille et ouvre aussi son corps qui restait jusque là si fermé.

Tentation : Blogo et curiosité

Fournisseur : une carte KDO de mes anciennes collègues 

Mon humble avis : Je n'avais encore jamais lu de roman de Cécile Coulon et pourtant ce n'était pas l'envie qui m'en manquait. Cette rentrée littéraire et les éloges lus de-ci de-là sur ce nouvel opus m'ont fait dire : le moment est venu !

Et aucun regret car quel roman ! Je découvre ici une fameuse plume, soignée, maîtrisée, qui semble sortir d'une autre époque et convient si bien au sujet du roman. Avec poésie, Cécile Coulon a l'art de rendre un environnement tantôt délicieux, tantôt menaçant. Les descriptions des mouvements de la nature, du domaine et de la maison éveillent vraiment les sens, donnent à sentir et ressentir les souffles du vent, qui tantôt caressent tantôt giflent, le silence pesant entre de hauts murs etc. La nature semble ici plus vivante que les protagonistes de chaire et d'os. L'atmosphère devient un personnage à part entière.

Evidemment, lorsqu'on lit "Seule en sa demeure", on ne peut que penser à Rebecca, de Daphné du Maurier et je pense que la romancière Cécile Coulon ne se cache pas de cette inspiration... Nous avons un domaine, une jeune deuxième épouse, un mari riche et puissant, une domestique omniprésente et une première épouse dont le décès s'entoure de mystères et de non-dits. Mais la comparaison s'arrête là... Car dans ce domaine, point de mondanité, de réceptions, mais une vie calme, ennuyeuse pour Aimée, et glaçante pour le lecteur. Et puis la fin et les révélations qui l'entourent (que je tairai bien sûr) n'ont rien à voir mais sont toutes aussi inattendues que surprenantes. Elles respectent aussi les convenances de l'époque... Et tout ceci m'a fait dire que je suis bien contente d'être une femme libre du XXème siècle !

Cécile Coulon se joue de son lecteur, en semant le trouble et le doute de façon assez subtile... dans le sens où l'on se demande si le doute est justifié, si Aimée le ressent vraiment ou si c'est l'écrivaine qui le distille pour inquiéter son personnage, le lectorat...  En tout cas, la tension est bien là et va grandissante... surtout lorsque Claude, le cousin d'Aimée, lui fait parvenir un certain message... Seule en sa demeure est donc bien un hui-clos psychologique qui explore les zones d'ombres, le dévouement, la passion de ses personnages, le poids du mensonge.

S'il m'a parfois manqué un peu d'émotions (mais en même temps, au XIXème, les gens étaient bien moins démonstratifs, surtout dans les milieux huppés) je dois avouer que le dernier tiers du roman m'a littéralement ferrée.

Je suis donc ravie de cette lecture, et à coup sûr, sitôt que ma PAL aura baissé notablement, j'irai piocher à la bibliothèque les anciens titres de cette déjà jeune mais grande romancière, donc j'admire la culture et la maturité à chacun de ses passages télévisés. 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 26 Octobre 2021

Roman - Editions Thélème - 6h35 d'écoute - 19 €

Parution d'origine 2013 à L'Olivier

L'histoire : Celle de Maria Christina, qui a seize ans lorsqu'elle quitte sa famille qui vit dans le grand nord : un père taciturne, une mère bigote et une soeur jalouse. Elle s'installe à Santa Monica, devient l'assistante de Rafael Claramunt, un auteur réputé... puis on amante. Quelque temps plus tard, c'est en écrivant un livre que Maria Christina règle ses comptes avec sa famille, le succès est énorme et retentissant. Un jour, sa mère l'appelle, il faut qu'elle vienne chercher le fils de sa soeur...

Tentation : Ma PAL audio

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Encore un roman que je n'ai pas apprécié... A part un ou deux passages, il ne m'a provoqué aucune émotion, les personnages ne m'ont pas touchée, j'aurais aimé développer une certaine empathie, au moins pour l'héroïne... Mais non rien... D'ailleurs, même la romancière ne semble pas 

La cause sans doute à une écriture qui m'a semblé distante, assez factuelle, et un peu comme si "rédigée au kilomètre". Point de poésie dans ces pages, pas d'analyse profonde des protagonistes, à peine celle superficielle peut-être d'une époque et d'un certain milieu... Les années 70-80 en Californie et le milieu littéraire. Mais le tout n'est qu'effleuré.

Je me demande encore ce que Véronique Ovaldé a vraiment voulu raconter ici, ce qu'elle voulait transmettre, démontrer ou expliquer à ses lecteurs à part peut-être le sempiternelle sujet qui dit : tout le monde peut réussir, quel que soit le milieu d'origine. Un peu léger et pas très flagrant dans la manière dont est mené le texte que j'ai trouvé désordonné, sans âme ni axe tangible, sans harmonie.

De même, la lecture qui en est faite dans cette version audio est froide, trop rapide pour laisser une place potentielle à une quelconque émotion...

Je pense qu'en version papier, j'aurais sans doute abandonné cette lecture... Mais, en audio et en voiture, je l'ai terminée et n'en tire absolument rien. Dommage.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 20 Octobre 2021

Roman - Editions Folio - 215 pages - 6.90 €

Parution Folio 2011 (Gallimard 2010)

L'histoire : Dans la ville du Trou, il fait beau 365 jours par an. Mais quand on n'a que soixante ans, on est une jeunette... C'est ce que constate Nicole, jeune retraitée qui s'est installée ici, après une vie de labeur à La Poste dans le Nord. Autour d'elle, tout le monde est au moins octogénaire. Il y a les vieilles bigotes, les vieilles qui s'emmurent, les vieilles acariâtres, les vieilles qui picolent, les vieilles qui oublient, qui espèrent ou qui regrettent. Et puis il y a un très vieux, qui se prépare toujours pour le marathon. La vie de tout ce petit monde est bien huilée... jusqu'à ce qu'une catastrophe mondiale imminente ne soit annoncée... Chacun réagira à sa façon.

 

Tentation : La blogo a l'époque de la sortie

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : C'est avec entrain que je suis entrée dans ce livre et avec soulagement que j'en suis sortie. Mon intérêt et mon plaisir se dont vite érodés pour laisser place à l'ennui en fait. La vraie quatrième de couv' était pourtant alléchante, je m'attendais à plus de légèreté et de causticité.

Pourtant, il y a quelques bonnes réparties, des réflexions pertinentes sur notre société contemporaine, notamment la vieillesse, notre rapport à la mort, et nos liens avec nos ainés, liens malmenés et distendus par le rythme trépident du quotidien. Il y a par exemple ce fils qui installe des téléphones (dernières générations spéciales vieux) partout dans la maison de sa mère, mais qui n'est jamais là... C'est assez parlant...

Mais j'ai trouvé que l'ensemble manquait terriblement de structure, que tout partait un peu dans tous les sens... D'ailleurs, difficile de repérer vraiment les personnages et de s'y attacher, puisque l'on passe sans cesse de l'un à l'autre. Qui plus est, tout ici est très répétitifs, dialogues comme situations. Certes, c'est une satire de la vieillesse, donc il faut bien rendre compte du train-train quotidien, des absences, de la mémoire qui flanche... Au début, on trouve ce procédé narratif amusant, et puis l'on s'en lasse très vite.

La quatrième de couv annonçait une histoire "irrésistible de fraîcheur et qui bouscule les idées reçues sur la vieillesse". Et bien pour moi, ce fut plutôt une lecture tristoune, qui dégouline de la solitude de ses protagonistes et qui, au contraire de l'annonce, enfonce bien le clou sur les poncifs du grand âge. Tous les personnages sont plutôt caricaturaux, pas une "petite vieille" qui sortirait du lot par son dynamisme, son optimisme, sa joie de vivre, ses projets, sa vie active... Alors que quand je regarde autour de moi, ce sont parfois des vieux plus jeunes que certains jeunes que j'observe.

L'idée de départ était bonne, mais n'a pas tenue la route à mes yeux. Dommage, une rencontre ratée pour moi. Mais bon, PAL - 1, c'est déjà ça !!!

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 18 Octobre 2021

Roman - Editions Ecoutez lire - 4h49 d'écoute - 16.99 €

Parution d'origine en 1991 chez Gallimard

L'histoire : Antonio vit à Paris. De temps en temps, il revient à Vitry sur Seine, voir ses parents. Un jour, il croise Dario, un ancien ami, qui lui est resté "un italo de Vitry. Dario lui demande de l'aider à rédiger une lettre d'amour bien curieuse... Quelque temps plus tard, Dario est assassiné... Surprise, par testament, il lègue à Antonio une vigne qui fait du mauvais vin en Italie., dans le village d'origine de ses parents. Pour Antonio, c'est le début des problèmes et d'une mésaventure ubuesque !

Tentation : La réputation du livre

Fournisseur : La bib de Rennes 

Mon humble avis : Voici un roman qui ne date pas d'hier, mais qui n'a pas pris une ride. Qui sait, peut-être s'est il même bonifier avec le temps, comme le vin.

Lors de sa sortie, La Commedia de ratés a été multi primée, dans le domaine de la littérature policière. Et pourtant, certes, il y a un mystère, certes il y a des truands mais je n'ai pas eu l'impression d'écouter spécifiquement un polar. Mais un bon roman, oui. Et je pense que l'interprète principal (Robinson Stevenin) n'est pas étranger à mon engouement pour cette version de découverte.

Il y a un peu ici un savoureux mélange de tragédie grecque et de comédie à l'italienne. Le burlesque côtoie le drame qui s'annonce. Il y a une ambiance d'Italie ici... L'Italie de la région Parisienne, avec les émigrés pas toujours intégrés, les accents qui persistent comme les traditions des pastas et de la Mama.

Et il y a l'Italie de là-bas, où tout le monde se regarde en silence... en apparence et où les légendes ont valeur de lois. La mafia s'en mêle et même le Vatican doit se prononcer... Et au milieu de tout ce monde, Antonio essaie de s'en sortir au mieux, et ce ne sera pas sans arcades sourcilières ouvertes. Des personnages touchants et/ou haut en couleurs, du mensonge qui devient vérité mais qui arrange tout le monde ou presque. Un père distant mais finalement jamais bien loin. Et le pouvoir de l'argent qui rode et qui s'impose malgré tout !... Et enfin, un retour aux racines qui ne laissent pas indemne.

Impossible d'en dire plus, sous peine de spoiler, mais franchement, cette lecture est divertissante, prenante, et franchement originale dans son déroulé. On se demande si Benacquista se moque un peu de nous, lecteurs crédules, et puis non, finalement, tout se tient, si on aime la farce !

PS : Il y a quelques années, un film a été adapté de ce roman, avec Robert de Niro ;) mais je ne l'ai pas vu.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 8 Octobre 2021

Roman - Edition JC Lattès - 269 pages -20 €

Parution le 18 août 2021 : Rentrée littéraire 

L'histoire : Anna mène une vie à l'abri et organisée entre sa pharmacie, sa famille  qui vit dans une belle villa surplombant la mer.

Un jour, son fils Léo, lycéen tranquille, commet l'irréparable. Lors d'une manifestation où il se trouve par hasard, il bat un policier et le blesse gravement. 

C'est le début du cataclysme pour Anna et les siens et le jaillissement des vérités... Les masques tombent, les maquillages coulent, les souvenirs remontent.

 

 

Tentation : Une romancière que j'apprécie

Fournisseur : la bib' de Dinard

Mon humble avis : Un fois de plus, Valérie Tong Cuong nous propose un roman que l'on ne lâche pas, sauf pour répondre aux impératifs quotidiens.

Les apparences de ce récit sont glaçantes car, évidemment, nul ne pourrait prétendre être tout à fait à l'abri d'un tel dérapage, ou de tout autre accident involontaire qui marque une vie pour toujours et la dévaste.

Il y a donc le cas de Léo, presque encore enfant, qui s'apprêtait à passer son bac pour intégrer une bonne école. Il se retrouve dans les rouages de la machine justicière, des médias, et est incarcéré en préventive, malgré son profil qui semblait l'en protéger... C'est que le climat en France est tendu, les gilets jaunes, les bavures policières... Léo devra servir d'exemple.

Il y a le couple, les parents, Anna et Hugues... Qui vont réagir différemment devant l'acte de Léo... Naissent entre eux des fissures, qui pourraient devenir des crevasses infranchissables.

Et puis il y a l'environnement, les amitiés qui s'évanouissent, la réputation à maintenir, seule base de leur notoriété... qui leur ouvre les portes du gotha, c'est si important pour Hugues. Et c'est cette notoriété qui peut leur garantir encore un avenir.

Le tout, dans un Sud qui subit une canicule étouffante...

Enfin et surtout, il y a Anna, le personnage principal de cette terrible histoire. Avec elle, on dépasse les apparences glaçantes pour plonger dans les racines du passé, dans l'indicible, l'effroyable. Au fil des pages, on apprend que depuis toujours, Anna a construit sa vie et sa personnalité, telle une architecte, avec des plans, pour arriver précisément là où elle est parvenue, pour s'extraire de sa condition modeste, mais surtout, pour fuir et survivre à une enfance et une adolescence traumatisantes, qu'elle a tues et muselées au fond d'elle-même. La femme qui paraît si forte tient en fait sur un pied d'argile... qui menace de s'écrouler de nouveau.

Valérie Tong Cuong déploie une écriture incisive, efficace, qui démontre à merveille la violence et l'urgence de la situation. A distance, elle observe. Elle dresse ainsi, avec maestria et extraordinaire justesse le portrait d'une femme devant l'impensable, prête à tout pour protéger et sauver son fils d'une très mauvaise situation, par amour pour lui, car il est hors de question qu'il subisse une once de ce qu'elle a vécu elle par le passé. Une femme qui se dresse et puise toute son énergie devant l'adversité, et qui s'épuise... Mais c'est aussi un livre sur la violence... Qu'elle soit silencieuse, celée et personnelle, qu'elle soit bruyante et collective, sociale. La vie carcérale et la "lutte" des classes.

Une histoire réaliste et inconfortable mais qui captive et bouleverse, comme sait les écrire cette romancière que je suis désormais, depuis ses 3 derniers romans. j'ai beaucoup aimé et ai ressenti une vive empathie pour Anna.

 

L'avis d'Antigone

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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