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Publié le 29 Juin 2026

Roman - Editions Audilolib -12h45 d'écoute -19.99 €

Parution Audiolib et Stock en janvier 2024

Mon pitch: 1720 à Paris. A la Salpêtrière, la Supérieure est chargée de sélectionner une centaine de femmes qui seront envoyées en Louisiane pour (re)peupler la colonie française. Là-bas, des maris les attendent, et les enfants viendront.

Nous suivons le destin de trois d'entre elles, depuis la Salpêtrière, jusqu'à la Louisiane sur une dizaine d'année, en passant évidemment par la longue traversée infernale à bord de La Baleine pour ces femmes déportées qui ignoraient tout du monde.

 

Tentation : Pourquoi pas ?

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Ce livre audio m'a occupé lors mes trajets voiture lors de mes récentes vacances.

Charlotte, orpheline de douze ans, Pétronille jeune aristocrate désargentée et Geneviève, faiseuse d'anges, n'avaient rien qui les prédestinées à devenir amies et à vivre ensemble cette folle aventure vers l'Amérique. Elles sont toutes trois différentes, mais resteront liées pour la vie.

C'est une sacrée saga que nous propose là l'autrice, Julia Malye, que je ne connaissais pas. On ne peut être qu'admiratifs de l'énorme travail de recherche et d'effet de rédaction pour restituer avec autant de précision une époque, et des faits qui datent . Ce roman a d'abord été rédigé en américain (et relu par des spécialistes de cette époque et même par le chef actuel des indiens Natchez) pour être ensuite réécrit en Français.

En Louisiane, nos trois jeunes femmes, pionnières malgré elles, découvriront un climat différent et pesant, une nature hostile, l'éloignement de la capitale et de la royauté. Mais surtout, elles devront frayer avec la violence des hommes, l'esclavage, et les guerres sanglantes avec les indigènes Natchez...

Ce roman évoque donc la colonisation est ses conséquences sur les indiens (maladies, spoliation de terres etc). Parfois, la cohabitation se passait bien, parfois c'était tout l'inverse.

L'écriture est élégante, soignée et agréable. 

Si j'ai aimé découvrir cette époque, ces personnages et ces faits auxquels je ne pensais pas du tout au point de ne m'être jamais penchée sur ces sujets, j'ai trouvé ce roman trop long, parsemé d'anecdotes et détails inutiles. Les personnages secondaires se multiplient tellement que je me suis perdue. Le pire étant avec les protagonistes masculins (oui les maris décèdent beaucoup).  Donc mon intérêt s'est bien atténué au fil des heures et c'est dommage, car la même histoire narrée plus chronologiquement et avec 200 pages de moins auraient été plus dense donc bien plus captivante. Et pourtant le sujet de départ était des plus prometteurs.

Mais peut-être que mes bémols ne dérangeront pas les amateurs de pavés et de grandes sagas.

Et ce pavé me permet de participé, pour la première fois alors qu'il court depuis plusieurs années, au Challenge Pavés de l'été de Sybilline

 

 

576 pages en Livre de poche

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 24 Juin 2026

Roman - Editions Babel - 224 pages - 7.90 €

Parution d'origine en 2013

Mon pitch : En 1982, Sarah est montée dans un avion pour Uummannaq au Groenland. De ce séjour de quelques semaines qui devait être pour elle comme une résurrection après des années difficiles, Sarah n'est jamais revenue. 

Rien... même si plus tard, son sac à dos sera retrouvé. Sur elle rien, pas une trace... Pour ces parents et Lisa, sa petit soeur alors adolescente, c'est le début d'une attente d'un potentiel retour, d'un petit signe qui durera des décennies.

Vingt-six ans plus tard, Lisa devenue mère de famille, monte aussi dans un avion, sur les traces de sa soeur... Elle veut comprendre et peut-être trouver...

 

Tentation : Envie de poursuivre avec cette autrice

Fournisseur : Achat lors de la braderie de ma médiathèque l'été dernier.

 

Mon humble avis : Plus de cinq années déjà que j'ai dévoré "Un paquebot dans les arbres"  et  "Kinderzimmer" de Valentine Goby. Je pensais poursuivre mon élan avec elle et puis, comme d'hab, j'ai été happée par d'autres lectures et d'autres horizons. L'année dernière, lors de mon Challenge Lisez votre chouchou, Violette avait fait de Valentine Goby sa chouchoute, ce qui m'a donné envie de remettre le pied à l'étrier, tout en prenant mon temps !!!

Même si les sujets de ce roman sont tragiques, je pense qu'un tel titre ne peut que vous rafraichir en cette période de canicule.

La disparition d'une enfant.... Parce qu'elle est majeure, la disparition de Sarah est un non-événement pour les institutions officielles, puisque celle-ci peut être volontaire.

Pour ses parents et sa soeur, c'est l'incompréhension, l'attente, l'espoir, le désespoir, le vide, le néant... Le père montre moins sa souffrance mais ne la renie pas, la mère sombre dans une espèce de léthargie mais toujours en alerte au cas où Sarah reviendrait... Lisa devient l'enfant périphérique... Celui qui est là mais dont on se préoccupe peu, qui doit se construire seule avec cette place vide qui prend toute la place à côté d'elle. C'est avec un talent et une délicatesse infinis que Valentine Goby décrit de poids de l'absence.

Le récit alterne entre des souvenirs de l'époque où Sarah était vivante parmi eux, des épreuves qu'elle a traversées (la mort de sa meilleure amie), de son retour à une certaine forme de vie et ce départ, comme un nouveau saut dans la vie. Il y a ensuite l'attente, les mots laissés sur la porte en cas d'absence, le téléphone vers lequel on court et dont on vérifie 10 fois que le répondeur fonctionne si l'on doit sortir etc... Puis Lisa, adulte et mère de famille, qui se retrouve coincée au Groenland en 2010, alors qu'elle marche sur les traces de sa soeur, par ce qu'un certain volcan islandais paralyse le trafic aérien mondial.

Si je suis entrée dans ce livre avec entrain et les yeux écarquillées devant une si jolie plume, je dois avouer que j'ai peiné à l'achever... Par ce que si la 4ème de couv évoque une enquête, il n'en n'est pas vraiment question, ou alors au sens philosophique du terme. Ce qui fait que ce roman est bien plus contemplatif que je ne l'imaginais et que ce n'était pas ce genre que je souhaitais lire pendant mes vacances.

Mais il faut reconnaitre que ce roman est beau et de qualité... Banquises avec un "S", cela ne vous aura pas échappé. L'analogie est parfaitement choisie par l'autrice.... Il y a Sarah qui disparaît sans laisser de traces, et la banquise du Groenland qui disparait aussi, qui fond de plus en plus vite, modifiant littéralement la locale d'abord. Et cette disparition comme cette fonte ont des répercussions qui peuvent autant être discrète (pour celui qui est loin et/ou peu concerné) que violente et irrémédiable pour celui qui la vit de près, de l'intérieur. Et lorsque fond la banquise, les plaques de glaces s'éloignent les unes de autres, comme ceux qui constituent une famille amputée d'un de ces membres.

Un beau roman sur l'impossible deuil quand il n'y a pas trace de ce qui est perdu.... Mais qui ne m'a pas capté dans la façon trop contemplative et digressive dont le sujet est traité. Mais lu au bon moment et par des lecteurs qui apprécient particulièrement ce genre de récit, Banquises peut plaire énormément et même sans doute bouleverser.

 

Le billet de Violette

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 17 Juin 2026

Roman - Editions CDL - 7h30 d'écoute - 22 € 

Parution d'origine chez Albin Michel en 2013

Mon pitch : Une fresque familiale, sur cinq générations, en Hongrie, dans la même maison posée au milieu des rails de la gare de Budapest.

Il est question du communisme, de sa chute, et de la vie d'après.

Tentation : le sortir de ma PAL audio

Fournisseur : Ma PAL audio (bib de Rennes)

 

Mon humble avis : Il y a un an et demi, j'entrais enfin dans l'univers d'Alice Zeniter via sa dernière parution : "Frapper l'épopée". Avant de rédiger ce billet ci, j'ai relu celui de Frapper l'épopée.... Et cela m'a vraiment "frappée". Car quelque part, je pourrai écrire la même chose mot pour mot... La seule différence étant le contexte géopolitique (La Nouvelle Calédonie pour Frapper l'épopée et la Hongrie avant et après la chute du mur de Berlin pour ce roman ci.)

J'ai mis des années à sortir ce roman de ma PAL audio, tout simplement parce que les dimanches, quand j'étais jeune, je n'aimais pas cela... Messe, repas de famille puis devoirs scolaires dans ma chambre. Rien à voir avec le contenu de cette histoire finalement.

Comme pour "Frapper l'épopée" j'ai été intéressée par ce roman qui m'a fait prendre conscience à quel point la chute du communisme et du Mur de Berlin n'a pas été perçu de la même façon, selon que l'on était ou non, directement concernés par cette barrière. Car avec Sombre dimanche, Alice Zeniter nous montre bien que même si d'un coup les frontières sont tombées et le monde s'est élargi, pour les petites gens de Hongrie, la vie a gardé la même étroitesse.... par manque de moyen.... Et puis, finalement, par culture peut-être. Les personnages reprochent au système et à l'Histoire leur immobilisme...Alors que finalement, aucun d'entre eux n'a eu l'idée ou le courage de monter dans un de ces trains qui cernaient la maison familiale pour aller voir l'ailleurs...

Mais comme pour "Frapper l'épopée", malgré mon intérêt, et bien ce roman n'a fait naître aucune émotion en mois (excepté lorsque l'on découvre la lettre du grand-père, qui mène à la fameuse question "et si j'étais né à Leidenstadt qui me plait tant). L'écriture d'Alice Zeniter est soignée et belle mais elle a quelque chose de trop factuel et de distant qui me laisse émotionnellement au dehors de l'histoire qui m'est contée. Une fois de plus, je ne me suis attachée à aucun personnage, d'autant que le récit est plutôt terne, sans événement qui paraisse majeur.

Je crois juste qu'en fait, Alice Zeniter, malgré sa réputation et les nombreux prix littéraires qu'elle a reçu, ne me convient pas. Et pourtant, la Hongrie me bottait bien comme destination littéraire...

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 15 Juin 2026

Roman - Edtitions Audiolib - 8h45 d'écoute - 17.71 €

Parution Calman Levy et Audiolib en 2024

Mon pitch : A Vienne en 1910, Gustave Klimt peint "Portrait d'une dame" qu'il retouche en 1916. La toile, achetée alors par un collectionneur anonyme, se retrouve dans un musée... En 1997, il est volé avant de réapparaitre en 2019, dans les jardins d'un musée d'art moderne en Italie. Aucun expert en art, aucun inspecteur de police ne sait qui est cette jeune femme représentée sur ce tableau...

Camille de Peretti a sa petite idée... Et nous propose l'histoire de Martha et de sa descendance, depuis Vienne en 1900, en passant par le Texas, l'Italie et New York sur une période qui couvre tout le vingtième siècle et 110 années.

 

Tentation : Le billet de Violette

Fournisseur : la bib de St Lunaire

Mon humble avis : Enorme succès pour ce roman lors de sa sortie, accompagné d'une multitude de prix littéraires. Et pourtant, l'Inconnue du portrait ne me tentait pas. Vu qu'il y est question de Gustave Klimt, j'ai eu peur que ces pages ne contiennent que des références picturales et un étalage de culture que je n'ai pas dans ce domaine. Et puis le format audio est arrivé à ma Médiathèque. Alors... On y va...

Il m'a fallu quelques chapitres pour entrer dans le livre et m'habituer à la narration non linéaire, trouver mes repères. Et dès que ce fut fait, L'inconnue du portrait ne fut pu que plaisir de lecture proche de l'addiction et surtout une admiration croissante et totale pour la romancière Camille de Peretti pour la construction tellement magistrale de cette histoire qui ne manque pas de mystères, de rebondissements, de révélations. Je n'ai pas été bouleversée par ma lecture mais fascinée et vraiment admirative du talent et de l'imagination de son autrice. Cette fresque familiale qui se déroule sur cent dix ans pourrait à elle seule, à mes yeux, illustrer à merveille le mot "romanesque". Divertissant, intelligent, probable mais complètement fictif, qui traverse les époques et propose une version d'un mystère avec comme postulat de départ une toile et quelques dates existantes.

Les chapitres nous emmènent d'une période à l'autre et d'un continent à l'autre. De façon non linéaire, nous rencontrons Martha, puis son fils Isidore... et des décennies plus tard, Pearl, fille illégitime d'Isidore, qui ressemble trait pour trait à la dame du portrait. Durant ces décennies, Isidore a tout vécu... De domestique en Autriche, on le retrouve cireur de chaussures à New York pendant la Grande dépression, avant qu'il ne fasse fortune et devienne richissime avec une entreprise de brosse à dents et de dentifrice.... Un sacré défi à l'époque où ces deux produits étaient loin d'être une évidence pour tout le monde...

A travers ses personnages qui évoluent au cours des décennies et qui tentent de s'adapter à chaque nouvelle situation ou condition, Camille de Peretti traite avec délicatesse et nuance du sujet de transfuge de classes. Il est question aussi de schémas familiaux qui se reproduisent. Le tout avec une plume des plus fluides, qui varient très subtilement en fonction des époques traitées et des personnages qui s'expriment, sans jamais se perdre dans des détails inutiles. Le tout restant magnifiquement harmonieux et très agréable à lire et/ou à écouter.

Avec l'inconnue du portrait, Camille de Peretti n'en n'était pas à son premier coup d'essai, et pourtant, je n'avais jamais entendu son nom. Après un tel roman, nul doute que dorénavant, je vais le guetter.

Franchement, ce qui me vient le plus en tête après ma lecture, c'est 20/20 en construction et narration romanesque, avec une imagination des plus délicieuses. A lire, évidemment !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 23 Mai 2026

Roman - Editions Gallimard - 336 pages - 22 €

Parution en janvier 2026

Mon pitch : Un samedi soir, Thomas rejoint son ami Nathan dans un resto parisien... A son retour chez lui, il réalise que le téléphone qu'il tient dans la main n'est pas le sien. La même marque, le même modèle mais pas le sien. Panique à bord... Sans son portable, Thomas est perdu... En appelant son propre numéro, il finit par tomber sur Romane Monnier, qui est effectivement en possession du téléphone de Thomas... Elle viendra lui rendre dans sa boutique. Par contre, elle le supplie de garder le sien, sans explication. Elle lui confie même ses codes d'accès. Etonné, Thomas commence à entrer dans les entrailles du portable, et donc dans la vie de Romane.

 

 

Tentation : Un roman de Delphine de Vigan, c'est pour moi incontournable

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : L'échange de portable par erreur, on peut trouver cela attendu... Mais si ce n'est pas une erreur, et qu'en plus l'une des deux parties ne souhaite pas récupérer son portable, là, nous sommes dans un roman très original ou flotte tout de suite un parfum énigmatique. Qu'est-ce qui peut mener une jeune femme à se débarrasser ainsi de cet objet devenu incontournable.

Après "les enfants sont rois" où il était question de l'ultra exposition des enfants sur des chaines youtube par des mères youtubeuses, Delphine de Vigan s'attaque à l'importance qu'ont pris les téléphones portables dans nos vies en deux décennies. Toutes nos vies sont dans nos portables. Les portables remplacent tout (le réveil, l'appareil photo, l'agenda etc) et occupe chaque instant vide. En 2026, on pourrait dire "montre-moi ton portable je te dirai qui tu es". Le portable surveille votre vie, votre sommeil, votre poids, le nombre de pas faits dans une journée, et votre utilisation étant surveillée également, elle oriente forcément vos choix de vie, de consommation etc. L'algorithme  guide vos pas... et vos doigts...

Tout cela, Delphine de Vigan le détaille et le démontre parfaitement bien, à travers le personnage de Thomas. Paniqué par la perte de son portable... Puis captivé par celui de Romane qu'il fouille chaque soir, appli après appli... Et c'est en lisant ses textos, en écoutant ses enregistrements, en lisant les notes et les historiques de recherche qu'il parvient à dresser un portrait de Romane. Il reconstruit sa personnalité en fonction de toutes les données fournies par l'engin et peu à peu, il commence à imaginer, ou à deviner pourquoi Romane n'a pas voulu récupérer son smartphone. Et en contrepoint de ses découvertes, Thomas relit sa propre vie, et s'interroge sur celle que mène sa fille de 26 ans qui vient de prendre son envol. 

Pour nous lecteurs, tout cela se traduit par des pages purement narratives sur Thomas et d'autres qui sont des extraits des textes/conversations lus ou écoutés par Thomas sur le smartphone de Romane. Donc c'est en même temps que Thomas que nous nous faisons une idée de Romane et de sa motivation à abandonner l'objet en question... Et nous la comprenons... Et nous partageons bien souvent sa fatigue, sa lassitude, sa déception devant ce que l'époque devient et fait de nous. Une époque où le mensonge et l'hypocrisie sont partout, où une photo n'est plus forcément vérité et preuve, une époque où l'on bouffe de l'image à longueur de journée, en passant du chaton tout mimi à l'attentat meurtrier pour arriver ensuite sur une influenceuse qui vous promet des lèvres pulpeuses et une jeunesse éternelle. Avant, tout avait une fin... La fin de mois, la fin d'un livre, la fin d'un film, la fin d'un repas, la fin d'une année... Même les puits ont tout de même un fond...Mais l'Homme a inventé le premier truc sans fin, ce truc qui vous bouffe votre temps, qui vous kidnappe presque contre votre volonté, qui se joue de vos émotions et de vos intérêts pour vous y figer... J'ai nommé le fil.... le fil de Facebook, le fil d'Instagram et une armée d'algorithme.... Vous pouvez scroller et scroller encore jusqu'à user votre doigt, vous n'arriverez jamais au bout. 

C'est ces thèmes là - parmi d'autres- que développe Delphine de Vigan à travers deux personnages, Thomas le visible et Romane l'invisible qui a eux deux, cartographient pas mal notre époque. L'autrice montre une fois de plus avec intelligence l'acuité de son regard sur ses semblables et sans doute sur elle-même... Car cette histoire est de plus universelle.... D'où le titre... Il fut une époque où nous étions tous Charly... Et maintenant, nous sommes tous un peu Romane, avec l'envie régulière de balancer ce putain de téléphone, de tout envoyer balader, d'être à bout de souffle dans ce monde de fou. Oui, on est tous un peu Romane, sauf que chaque matin, on recommence comme la veille.

Un roman original, une lecture très plaisante et fluide qui incite à faire le point sur soi-même et notre usage des nouvelles technologies. Pas un coup de coeur car il m'a peut-être manqué quelques grammes d'émotions. Mais mine de rien, Je suis Romane Monnier est un roman fichtrement bien construit.

 

L'avis de Violette  et de Philisine

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 21 Mai 2026

Témoignage - Editions L'Iconoclaste - 256 pages - 20.90 €

Parution le 2 avril 2026

Le sujet : Dalie Farah est autrice et professeur de lettres... En 2023, elle a cinquante ans, est épuisée et ne supporte plus grand chose. C'est la chute... Après un long chemin, le diagnostic tombe : Dalie Farah est porteuse d'autisme et est en plein burn out autistique. Cette révélation est un choc. Au point que les symptômes explosent et s'intensifient. A travers cette nouvelle lumière, elle relit sa vie et son histoire. Cette quête personnelle devient collective. 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Point commun entre l'autrice et moi : diagnostiquée toutes les deux autistes à 50 ans (49 pour moi) après une vie des plus "normales" vue de l'extérieur. Le diagnostic médical oui, mais ensuite, aucun suivi, aucune aide psychologique dans un pays où sur ce syndrome (et sa connaissance et son acceptation par l'univers médical), on est en retard d'au moins deux décennies.  Différence entre elle t moi : les origines raciales et sociales qui font qu'une vie est différente, qu'elle n'est pas le même combat pour tous, que l'une part avec plus de différences que l'autre. Dalie Farah est d'origine sociale très modeste, de culture et d'apparence maghrébine, et sa jeunesse ne fut que violence physique... Moi, je suis blanche depuis des générations, et j'ai grandi dans un lotissement de banlieue tranquille.

Dans ce livre, Dalie Farah met le ressenti de sa condition particulière, le masking (camouflage social, imitation) et la sur adaptation durant tout une vie, ce qui mène à l'épuisement. Il y a une vision du monde et surtout, une main qui écrit la douleur, la souffrances, les regards suspicieux, les non aménagements, l'incompréhension, le rejet, la méconnaissance, l'intolérance à la différence et à ceux qui représentent 80% des personnes reconnues comme handicapées : celles porteuses de handicap "invisible". Invisible à qui ne veut voir, ne sait pas voir, dont les difficultés sont reniées ou mises sous le tapis par l'individu, le collectif ou la cellule familiale. Des handicap reconnus administrativement mais méconnus dans la conscience et la perception collective. Des porteurs de handicap invisible qui ne cessent d'avoir à argumenter et prouver, alors qu'ils sont.

Il y a l'effondrement qui mène au diagnostic TSA et la suite...  Comme lors d'un déni de grossesse, il est courant que les symptômes se manifestent beaucoup plus et rendent encore plus difficile, ou impossible, ce qui l'était avant. D'autant que la cinquantaine, c'est aussi la période de la ménopause et que cette crise hormonale intensifie aussi les manifestations autistiques... Mais cela, personne ne vous le dit...

Bref, sur le fond, je me suis beaucoup retrouvée dans cette sentinelle que personne ne relève (titre très bien choisi par ailleurs). Mais sur la forme, je suis plus mitigée.

L'écriture de Dalie Farah est très soignée, très littéraire, et peut-être trop pour moi et pour un tel sujet. Les autistes ont du mal à comprendre l'implicite et ces pages n'en manque pas, que ce soit sous forme poétique ou métaphorique. Ce qui a nui à la fluidité de ma lecture, à mon empathie envers la narratrice, à la compréhension de certaines sentences. J'aurais eu besoin de plus de limpidité dans le récit, si toutefois c'était possible par rapport au mode de fonctionnement de Dalie Farah.

Certes, l'autisme est compliqué car aussi diverse qu'il y a d'autistes, mais j'espérais trouver dans ces pages un soutien pour expliquer à mon entourage ma réalité quotidienne sans m'entendre dire, dès que j'explique un détail "oh tu sais, on est tous un peu autiste"... Mais si je peux conseiller ce livre pour sa puissance et sa qualité littéraire, je ne peux le faire en tant qu'outils d'éclairage limpide du Trouble du Spectre autistique sans déficience intellectuelle. Certes, je me sens moins seule dans le diagnostic tardif (assez courant pourtant parce que féminin donc différent), mais ne me sens pas plus armée pour affronter efficacement et sans me perdre les sceptiques. Même si le livre montre parfaitement l'errance et la solitude médicale, un passé qui s'éclaire mais un présent et un avenir des plus confus, j'aurai eu besoin d'un peu plus d'ordre. D'ailleurs, Dalie Farah s'interroge (p204) "Ai-je écrit des livres qui ne peuvent accéder à leur pleine force que s'ils sont lus par ceux qui sont câblés comme moi ou qui ont une hypersensibilité atypique"?

Ma réponse est non... Puisque par diagnostic, je suis câblée comme elle. Et l'hypersensibilité atypique est des plus multiples. Si ça se trouve, cet ouvrage sera plus apprécié dans son entièreté par un lectorat neurotypique qui y verra un très bel ouvrage littéraire, parce qu'il n'y cherchait pas outil d'information, de sensibilisatio et d'explication pour son entourage.

 

« Je suis une de ces femmes diagnostiquées tardivement, une de ces femmes qui a fait avec ce qu'elle était sans savoir comment faire, je suis une de ces rescapées qui doit de nouveau apprendre à vivre après plus de 50 ans. Je suis une sentinelle qu'on ne relève jamais et je voudrais écrire ici pour toutes les sentinelles. Celles qui, depuis l'enfance, apprennent à être dans un monde hostile et inadapté. Celles qui portent en elles une vigilance ancienne, une sentinelle intérieure qui ne dort pas, qui observe, qui ressent, qui souffre de ressentir et de ne pas comprendre qui elle est. »

"L'autiste a un monde en lui. Ne pas y accéder ne veut pas dire qu'il n'existe pas."

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Mai 2026

Roman - Editions Lizzie - 7h06 d'écoute - 19.99 €

Parution d'origine en 2021  et Lizzie en 2024

Mon pitch : Qui est ce presque septuagénaire dont les doigts agiles courent sur les pianos publics dans les gares devant des spectateurs voyageurs médusés par tant de talent ?...

Joe (Joseph) raconte son histoire, qui a commencé plus d'un demi-siècle plus tôt. Ses parents et sa soeur meurent dans un crash d'avion. Seul, Joseph est placé dans un orphelinat lugubre aux confins des Pyrénées en mai 1969...

Mais au dehors dans une grande demeure, vit Rose, fille d'un des mécènes de l'orphelinat... 

C'est pour elle que joue Jo chaque jour que dieu fait, au cas où Rose reviendrait, et reconnaitrait sa façon unique d'interpréter Beethoven.

Tentation : une seconde chance

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Il y a quelques années "ma reine", premier roman (multiprimé) de Jean-Baptiste Andréa m'avait laissée insensible malgré une belle plume. Aussi depuis, j'ai ignoré cet auteur, malgré son prix Goncourt en 2023. Et puis, la possibilité de lire ce titre en audio m'a incité à m'intéresser de nouveau à cet écrivain... Oui, en audio, comme ça, si je n'aime pas, pas grave, je fais autre chose en même temps. Et cette fois, Andréa m'a bien séduite.

Ce n'est pas tant la forme narrative choisie qui m'a plu... Le côté Jo a 70 ans et il se rappelle. L'aspect présent n'apporte pour moi pas grand-chose d'autre que du romanesque dans cette histoire dont le coeur se suffit à lui-même. Par contre, le récit de la jeunesse puis de l'adolescence de Jo, son arrivée dans cet orphelina catholique, son "intégration", sa rencontre avec ses paires d'âges variés (qui donnent lieu à de beaux portraits de gamins cabossés par la vie), tout cela m'a emportée et bouleversée. Parce que c'est bien écrit et que cela touche en plein coeur, parce que la tension augmente au fur et à mesure, parce que c'est dur, violent... Ces dernières années, langues se délient, les archives s'ouvrent... Et les traitements accordés par les religieux à la tête de ce type d'établissement n'ont plus de secret pour personne hélas, même si cela parait toujours ahurissant. Et c'est pareil quel que soit le pays (l'Irlande, le Canada, la France etc).

On s'attache diablement à cette petite bande de gamins, à leurs rêves, à leurs mensonges, leur espoir. On tremble pour l'un ou pour l'autre... Les mauvais traitements ne sont jamais loin. Il y a emprise, harcèlement, violence physique, privation, enfermement, humiliation, soumission... et tout cela sous la bénédiction et au nom de Dieu... Point question de réelle éducation et encore moins d'affection.

Et puis il y a Rose, qui un temps, sera l'échappatoire de Joe... Son immense talent pour le piano oblige les pères à accepter que celui-ci aille donner quelque cours à Rose, fille d'un mécène de l'établissement.

Jo fait partie des enfants les plus âgés... Et puis avec les années, il a analysé avec maturité cette époque-là. Et pour l'auteur, c'est l'occasion d'aborder le sujet pas si manichéen que ça du bien et du mal, des diables et des saints... Dans ce livre évidemment, on sait très vite qui se cache derrière chacun, malgré les apparences... Mais la réflexion est poussée... sur le mal et sa fabrication "héréditaire" en quelque sorte. Des passages subtils où l'auteur constate, explique, sans condamner personne.

Un roman qui serre le coeur, qui tient en haleine, qui parle de deuil, d'adolescence, d'amitié, de résilience et d'avenir. On sait désormais ce qu'il s'est passé dans ces lieux, mais il faut toujours le lire pour le croire, tant c'est indicible. Sincère, sans misérabilisme exacerbé, vraiment beau et bien mené. Servi par une plume des plus agréables.

 

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 9 Mai 2026

Roman - Editions Lizzie - 9h12 d'écoute - 17.71 €

Parution Lizzie & Albin Michel en février 2024

Mon pitch : 1960, Réno dans le Névada.

Pauline, originaire de Paris, est femme de chambre au Mapes Hôtel. Une de ses collègues étant blessée, elle est appelée en remplacement pour s'occuper de la suite 614. Pauline commence le ménage alors qu'elle croit la chambre vide, une femme, hagarde, apparaît dans son plus simple élément... Pauline ne le sait pas encore, mais il s'agit de Mrs Arthur Miller, alias Marilyn Monroe. Une rencontre qui va bouleverser à jamais la vie de la jeune femme... Qui quarante ans après, alors que le fameux hôtel est démoli, se souvient de cette année-là...

Tentation : Pourquoi pas ?!

Fournisseur : La bib de St Lu

Mon humble avis : De Marilyn Monroe, je ne savais pas grand-chose... Des images, des photos, une réputation, un happy birthday Mr President bouboupidou, et une liaison avec Yves Montant, dont il y est aussi question, de loin, dans ces pages. En les écoutant, j'ai aussi réalisé que je n'ai vu aucun film de Marilyn...

Poussière blonde m'a donc permis de faire plus ample connaissance avec cette star mythique. Marilyn passe deux mois à Reno pour tourner "Les désaxés" qui verra la fin de son mariage avec Arthur Miller.

Tatiana de Rosnay nous offre deux facettes de la star... Celle illuminée et très maquillée dans tous les sens du terme côté célébrité, et celle plus sombre, pleine de fêlures et d'addictions, mais plus sincère et profonde, côté intimité... Et quelle bonne idée, pour développer cet aspect-là de cette icône que de créer le personnage d'une femme de chambre qui pénètre quotidiennement dans l'intimité de Marilyn...

"Être femme de chambre, c'était précisément cela : faire intrusion sans le vouloir dans l'intimité d'autrui, voir le contenu des corbeilles à papier, remarquer les titres des livres, lire les premières phrases des cartes, lettres et petits mots qui traînent. Tout était là, en pâture ; la vie entière de quelqu'un, dissimulée dans une chambre d'hôtel. »

Pauline, toute jeune mère célibataire nouera avec l'actrice un lien très particulier loin des projecteurs qui lui permettra de connaître et d'apprécier la femme derrière l'actrice. Un lien qui changera sa vie, et lui permettra de s'émanciper de sa petite condition sous emprise d'un homme. On découvre d'abord une Pauline timide et soumise... Sa rencontre et les moments qu'elle passe avec Marilyn dans sa suite, leurs conversations, les conseils de la star la transformeront et, et s'est une jeune femme qui s'affirme qui se déploie au fil de l'histoire.

Outre le portrait de deux femmes qui n'auraient jamais dû se rencontrer si la destinée ne s'en n'était pas mêlée, Poussière blonde offre un flash-back dans les années 1955 - 1960 dans la plus grande des petites villes, en plein milieu du désert : Réno. Il est aussi beaucoup question des fameux chevaux sauvages de la région : Les mustangs. Leurs violentes captures, le trafic et la maltraitance qu'ils subissaient à l'époque (notamment pour les besoins du tournage) sont ici dénoncés. Enfin, l'autrice revient sur les causes possibles du décès de Marilyn Monroe.

Le début de ma lecture ne m'a pas captivée parce que je ressentais une impression de mièvrerie. Et puis, au fil des heures d'écoute, je me suis surprise à éprouver un réel plaisir, à me sentir bien dans cette histoire. Car oui, même si ce n'est pas le roman du siècle, cette amitié fictive qui illustre à quel point une rencontre des plus incertaine peut changer une vie fait du bien. Poussière blonde, sans éviter les lieux communs, reste une une belle histoire, c'est déjà pas mal. Par contre, je ne suis pas sûr que les aficionados de Marilyn y trouvent leur compte.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 17 Avril 2026

Roman - Editions Pocket - 192 pages - 8.00 €

Parution Pocket janv 2025 -Julliard janv 2024

Mon pitch : Eté 1985 sur l'île de Ré. Philippe, François et Christian trois jeunes amis, se retrouvent et accueillent Nicolas dans leur bande. Plus tard ils lient connaissance avec Alice et son frère Marc, des parisiens en vacances avec leurs parents.

Cinq garçons et une fille... Qui profitent de la vie, de leur jeunesse, entre fêtes, discothèque et plages.

On se regarde sans forcément voir celui ou celle qui nous regarde. 

Des désirs montent, d'autres se découvrent, et sans doute d'autres aussi se taisent.

Et puis un soir, c'est le drame, sans que personne n'ait rien vu venir...

 

Tentation : J'aime la plume de Philippe Besson

Fournisseur : Achat à la braderie de ma médiathèque l'été dernier

Mon humble avis : Philippe Besson revient à l'autofiction, ce qui n'est pas le genre de lequel je le préfère. Mais il n'empêche, il le fait parfaitement bien.

Philippe Besson convoque ses souvenirs de l'été 1985, celui de ses dix-huit ans, après une année harassante en prépa. Comme chaque année, avec ces parents, c'est destination l'île de Ré, chez des amis de toujours. Il y retrouve ses deux potes qui travaillent déjà, l'un dans le camion boucherie de son père, l'autre sur le bateau de pêche de paternel. Et puis il y a Nicolas, un nouveau résident sur l'île... C'était l'époque où l'île de Ré n'était pas encore un bastion de luxueuses résidences secondaires, où le must du must, c'était le camping du coin... Ré était encore une île sans pont.

Il y a dans ce livre la nostalgie de cette époque, où se retrouver dans un lieu fréquenté restait aléatoire faute de téléphone portable. Pas de portable non plus pour occuper les moments d'ennuis, les nouvelles arrivent par les journaux ou la radio, et quand 5 gars et une fille sont à une terrasse d'un café, personne ne prend de selfie souvenir, personne ne regarde un écran. Cette époque-là, je l'ai vécue, et j'avoue que j'en suis nostalgique pour tout cela, même si j'utilise bien des techniques modernes même dans mes divertissements.  Alors j'étais bien dans cette ambiance, et évidemment, la play list et les souvenirs cinéma m'ont bien parlé !

Dans ce roman, il y a aussi les différences sociales, entre les résidents annuels, qui sont alors de vrais provinciaux, et les vacanciers, souvent parisiens... Les uns et les autres ne se fréquentent pas, ou peu, il y a comme un dédain mutuel. Et puis il y a ceux qui s'apprêtent à être transfuges de classe, via leurs études supérieures et les autres, qui se pensent englués à jamais dans une profession héréditaire.

Philippe Besson nous conte des amitiés de toujours ou d'autres qui se créent pour durer à jamais ou le temps d'un été. A l'âge où si l'on ne travaille pas, on paraisse langoureusement. Une période de l'année où l'on profite juste de l'instant présent, on se pense adulte tout en jouissant inconsciemment d'une totale insouciance. Certains se sont trouvés et assument, d'autres se cherchent, tout le monde vit ses premiers émois. Une époque où l'on était libre de s'ennuyer sans s'en rendre compte, juste parce qu'on ne faisait rien de spécial, qu'on vivait dans la légèreté.

Et puis il y a ce drame qui écourte ce bonheur simple, et qui brise à jamais ce sentiment s'insouciance et d'immortalité, que rien n'est grave... Ce drame qui propulse ces jeunes de plein pied et sans retour en arrière possible dans l'âge adulte. Ce drame qui interroge autant qu'il rompt cette innocence en basculant vers des pensées de possible culpabilité... Pourquoi n'a-t-on rien vu ? Que savons-nous de l'autre ? Sommes nous trop nombrilistes, centrés sur nos petites préoccupations, regarde -t-on vraiment l'autre. Malgré une amitié partagée, qu'y montrons nous de nous même, de nos fissures et de notre part de mystère derrière une apparences de légèreté... Laissons nous la place et l'occasion à l'autre de se dire dans son entièreté ? Est-ce qu'une attention particulière peut éviter un drame ? Tant de questions que ces jeunes vont se poser, et si peu de réponses...

De son écriture élégante, souvent poétique et parfois crue, Philippe Besson évoque avec intelligence et délicatesse cet été 1985, les drames qui coupent la vie en deux par un avant et un après...  Et les absences qui hantent encore longtemps après et dont l'une d'elle a inspiré ce livre doux amères très touchant. Un roman sincère et réussi, mais qui n'a pas la force de "Vous parler de mon fils" ou de "Ceci n'est pas un fait divers".

« A un moment, Christophe dit : « on est bien, là, non ? » « François répond en notre nom à tous : « oui, on est bien, là »
Quand j'y repense, ces mots, ces mots tout simples, étaient justes, profondément justes. On avait été bien »

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Avril 2026

Roman - Editions Audiolib - 5h48 d'écoute - 14.99 €

Parution le 21 août 2024

Mon pitch : Dans le hameau qu'on appelle "Les montées", vit durement la famille des deux jumelles Ambre et Aelis, leurs enfants, ainsi que la veille Rose. La vie est rude, d'autant que les Montées se trouve sur les terres d'un Seigneur qui réclame son dû, et de son fils qui sème la terreur.

Jusqu'au jour où la famille découvre à l'orée de la forêt une petite fille sauvage et affamée. La voici adoptée et prénommée Madelaine. Certes, c'est une bouche de plus à nourrir, mais Madelaine se montre courageuse, travailleuse, efficace.... Mais aussi, rebelle. Cette insoumission à l'ordre du monde signera -t-elle le début d'un drame ?

Tentation : Blogo et médias

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis :  J'avais classé ce roman, l'un des plus attendus de la Rentrée littéraire septembre 2024 dans ma liste des "non urgents"... Les multiples billets que j'avais lus à l'époque allaient des plus enthousiastes aux plus mitigés... Et voilà que j'en ai trouvé la version audio, donc hop hop hop ! 

Troisième roman que je lis de Sandrine Collette, après "On était des loups" et "Juste après la vague" .

Une fois de plus, l'autrice à l'art de nous happer, voire de nous enfermer dans un univers bien à elle, glaçant, atemporel, qui semble sans issue, au coeur d'une nature hostile, isolée. C'est un presque huis-clos, sans dialogue entre les quelques protagonistes bien malmenés, par les épreuves insurmontables que leur autrice leur fait vivre. Mais les personnages que crée Sandrine Collette ne sont pas du genre à se laisser abattre, ils se battent bec et ongle contre vents et marée... Ils sont dans la survivance.

Ici, nous sommes dans un hameau où vivent quelques familles... On ne sait pas où, ni quand.... Cela pourrait être une histoire moyenâgeuse comme post apocalyptique... Aucune technologie moderne, même le soc de charrue n'est pas une évidence pour les paysans. La terre est désolée, donne peu, les hivers sont glacés, puis les pluies diluviennes etc... Il est vrai que les descriptions de ce contexte de misère impitoyable (famine, froid, maladie etc...) et de lutte quotidienne pour la survie sont insistantes. Mais même temps, elles décrivent un quotidien qui reprend dès chaque levé du jour, même avant l'aube... Il n'empêche elles sont parfois lourdes à supporter, même si elles concourent à sombre atmosphère du roman. 

Et puis, dans toute cette misère, arrive Madelaine la sauvageonne aussi forte qu'un garçon... que la petite communauté adopte et apprivoise. Qui deviendra un rayon de soleil qui va chambouler l'équilibre du hameau. Madelaine la différente, la courageuse et l'insoumise, dont le caractère bien trempé va bouleverser l'ordre des choses et semer la graine de la révolte et peut-être, des représailles.

Le drame est annoncé des les premières pages, mais c'est à la toute fin du roman que l'on en découvre la teneur et ses conséquences. Ce qui fait qu'effectivement, le rythme peut paraître lent et l'intrigue retenue. Madelaine avant l'aube est donc plus un roman d'atmosphère sur les liens familiaux, la domination des puissants, et la place des femmes dans une société. On l'apprécie ou pas pour son âpreté, la beauté de son écriture qui emprunte parfois à la poésie, son originalité et son personnage principal... Madeleine, une jeune fille en avance sur son temps, qui ne se laisse pas faire, éprise de justice...

J'ai aimé cette audiolecture, sans être forcément transportée. J'ai eu du mal à discerner les personnages masculins des uns des autres (peut -être à cause du support de lecture). Et j'aurais aimé en savoir un peu plus sur Madelaine... D'où vient elle, qu'elle fut sa vie avant d'être trouvée proche du hameau. Et ce cumule de misère est effectivement par moments lourd à supporter.

Et je me dis que dans quelques années, Sandrine Collette pourrait nous donner des nouvelles de Madelaine un peu moins sombres... J'ai déjà le titre : Madelaine après le crépuscule !!! Et même si je n'ai pas été bouleversée par cette histoire, je serais alors au rendez-vous, car Madelaine reste un personnage fort, attachant, marquant. Et puis dans cette histoire atemporelle, presque sous forme de conte cruel, Sandrine Collette évoque des sujets vieux comme le le monde, mais toujours contemporains.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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