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Publié le 13 Juillet 2021

Littérature, roman, Aline Dieudonné, Kérozène, avis, chronique, blog

Roman - Editions L'Iconolaste - 258 pages - 20 €

Parution le 1er avril 2021 

L'histoire : Une station service, le long de l'autoroute, un soir d'été. Il est 23h12 et ils sont 15 à se croiser, si l'on compte le cheval et le cadavre planqué dans le coffre d'un gros Hummer noir.

Une minute encore, et tout bascule...

 

tentation : la blogo

Fournisseur : la bib de Dinard

 

Mon humble avis : A force de lire le nom d'Adeline Dieudonné sur la blogo, ma curiosité a été piquée ! Et quand j'ai aperçu ce roman à la bibliothèque... Ben je l'ai pris, voilà tout ! Et je n'aurais peut-être pas dû, car ce genre de littérature ne semble pas être pour moi. Oh, c'est correctement écrit, ça se laisse lire au début, il y a une relative suite dans les idées que je perçois à peu près mais qui n'aboutit pas... Mais voilà c'est style de lecture dont il me parait que je ne tire rien....

En fait, il y a comme une tromperie sur la marchandise. Cet ouvrage est présenté comme un roman... Sauf qu'il n'en n'a pas la forme, s'approchant bien plus du recueil de nouvelles, composées de portraits de personnages qui se croisent, mais qui n'interagissent pas entre eux, ou si peu, et pas forcément pour le meilleur. Chaque personnage a le droit à un ou deux chapitres, qui présentent soit sa vie dans l'ensemble, soit l'événement ou l'action qui l'a mené dans cette station-service. L'idée de base me plaisait. En effet, on est tous parfois un personnage dans ce genre de lieu et de scène.

La 4ème de couv dit : "Adeline Dieudonné se joue des codes"... Effectivement, ce roman est un peu un OLNI à mes yeux... Pas de rythme précis, pas d'objectif manifeste, aucune leçon ni morale à en tirer. "Kérozène est drôle comme une comédie"... Euh, je n'ai pas ri une seule fois, ni même souri, tant les situations décrites sont tristes à mourir, ou pathétiques et souvent vulgaires. "tendu comme un thriller"... Certes, on espère que ces chapitres aboutiront à un final relativement explosif... Et bien non. "Mordant comme le réel"... Mouais... Un réel qui plonge bien des fois dans l'acadabrantesque, pas du tout réaliste, comme avec cette famille de gynécos complètement givrés. Là, c'est même devenu indigeste pour moi.  "Mordant comme le réel", et bien c'est triste de penser que sur 15 "personnes" dans une station-service, aucune d'entre elle n'est bien dans sa tête, aucune ne mène une vie sereine et relativement tranquille, sans violence, aucune n'est heureuse en fait... Même si la vie ne fait pas de cadeau, le réel est tout de même moins glauque que ce roman.

Certes, certains portraits m'ont touchée, pour être parfois gâchés par une suite dans un chapitre suivant. Certes, il m'a semblé qu'Adeline Dieudonné souhaitait nous montrer que nombre de gens n'ont pas le courage de changer leur vie de merde, quand d'autres ont le courage de mener une vie de merde par sacrifice, pour améliorer le quotidien des leurs, comme cette nounou philippine qui subit tout pour pouvoir payer des études à ses enfants restés aux pays.

Mais à part cela, je n'ai pas compris où voulait vraiment en venir l'auteure ni ce qu'elle voulait nous dire. Dommage, rendez-vous manqué ! Il me reste une impression de malaise, avec un sentiment de gâchis humains et de noirceur exagérée. A quoi bon ? Je sors vide de cette lecture... Elle m'a prise mon énergie et ne m'a rien apportée.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Juillet 2021

roman, littérature, Pierre Lemaitre, le miroir de nos peine, avis, chronique

Roman - Editions Audiolib - 14h d'écoute - 21.45 €

Parution Audiolib et Albin Michel en 2020

L'histoire : Celle de Louise et de différents personnages, qui plonge dans la folie et le désastre d'une période historique sans équivalent : avril 1940... La guerre, l'exode... Période qui fait émerger les héros et les salauds, les menteurs et les lâches et quelques hommes de bonnes volontés. Le tout, avec les secrets du passé qui ressurgissent pour certains d'entre eux.

 

 

Tentation : L'envie pardit !

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : C'est avec "Le miroir de nos peines" que s'achève la magnifique, puissante et captivante trilogie de Pierre Lemaître, "Les enfants du désastre"... Dont, je le rappelle, chaque tome peut se lire indépendamment. Il y eu la révélation d'"Au revoir là-haut", prix Goncourt et adaptation ciné par Dupontel, il y eu "Couleurs de l'incendie", et voici le Miroir de nos peines... Qui se déroule cette fois-ci au début de la deuxième Guerre Mondiale.

Nous suivons Louise, qui était une enfant dans Au revoir-là haut. Elle a maintenant dans les 35 ans, est célibataire et surtout sans enfant, son drame. Sa mère vient de décéder. Elle est institutrice et le Week end, aide Monsieur Jules son voisin restaurateur à "la petite bohème". Au cours du roman, elle apprend qu'elle a un demi-frère... Qui passe de mort-né à abandonné puis recueilli par quelqu'un connu de Louise (je me tais !!!)

Il y a Gabriel, prof de maths mobiliser, soldat digne, fidèle, courageux mais pas téméraire un homme de devoir.

Il y a Raoul, soldat également, impulsif compagnon d'infortune de Gabriel, mais qui pratique la roublardise de haute voltige... Il évolue au cours du roman, et de détestable, il devient aimable, car Pierre Lemaître nous livre et lui livre son passé.

Il y a Désiré, l'insaisissable, que l'on retrouve au fil du roman sous diverses identités et professions... Un bel usurpateur dans toute sa splendeur. Excellent personnage, j'ai adoré !

Il y a Fernand, garde mobile à Paris, qui est tiraillé entre son devoir et l'amour pour sa femme Alice, soi-disant cardiaque...

Ils sont tous attachants dans leurs défauts et leurs qualités, dans leur tiraillement devant la triste réalité. Pierre Lemaitre montre ainsi le pire et le meilleur qui peut émaner de chacun en période particulière comme la guerre. Et tous ces personnages sont de "petites gens", des gens du peuple.

Puis pléthore de personnages secondaires, notamment militaires, le plus souvent détestables.

Tous ces personnages ont eu raison propre de se trouver sur la route du sud, celle de l'exode, celle des déplacements de prisonniers militaires. 

Et l'on se doute qu'à un moment ou un autre, Pierre Lemaître réunira ses personnages principaux. Oui, je vous laisse découvrir où et comment !

Contexte et décor historiques sont grave, mais néanmoins, Pierre Lemaître y lâche quelques touches de légèreté et d'humour. Par moment, il règne presque une atmosphère "la 7ème compagnie", par d'autres, on a l'impression d'être dans "attrape-moi si tu peux", le film de Spielberg.  Mais ces passages sont évidemment suivis de situations dramatiques.

L'ensemble est parfaitement documenté, qui informe et décris avec clarté et simplicité le quotidien au début de la Guerre de 40. Pierre Lemaître s'inspire évidemment de faits réels, même pour les plus surprenants... Notamment ces fake news diffusées à la radio pour remonter le moral des français, ou encore, cette colonne de plus de 10000 prisonniers militaires français, traités comme des bêtes et envoyés sur la route en pleine débâcle et exode.

Avec le Miroir de nos peines, le maître Pierre Lemaître nous livre une fois de plus un roman passionnant, haletant, divertissant et profondément émouvant. Une véritable fresque historique et romanesque, très épique ! Le bonus, c'est qu'en épilogue, Lemaître nous donne des nouvelles des personnages, des années plus tard. C'est franchement sympa.

Inutile de préciser qu'une fois de plus, je vous conseille de découvrir cette oeuvre via son format audio, tant l'interprétation qu'en fait Pierre Lemaître est vivante, incarnée, habitée, entraînante. Le formidable conteur qu'est Pierre Lemaître excelle prodigieusement dans cette lecture. C'est vraiment un plus !

Une trilogie se déroulant durant les 30 Glorieuses est en préparation, chouette !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 1 Juillet 2021

Roman, Le baby-sitter, Jean-Philippe Blondel, avis, chronique, blog

Roman - Editions Pocket -  256 pages - 6.95 €

Parution d'origine : Buchet / Chastel en 2010

 

L'histoire : A 19 ans, Alex, étudiant en fac d'anglais, a bien du mal à joindre les deux bouts, bien avant la fin du mois. Il dépose donc, à la boulangerie de son quartier, une annonce qui propose ses services de baby-sitter, histoire de gagner quelque argent. Un baby-sitter, voilà qui en étonne plus d'un. Mais Alex va devenir le baby-sitter régulier de quelques familles... Est-ce le hasard ou la présence d'Alex , mais dans chacune d'entre elles, la vie va changer, voire même être bouleversée.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

Mon humble avis : Jean-Philippe Blondel est un romancier dont j'ai vivement apprécié toutes mes lectures, sauf la dernière : La grande escapade.

Ces derniers temps, j'ai été plutôt malchanceuse dans mes choix de livres qui se sont souvent révélés laborieux à achever.  Aussi, ce roman de Blondel semblait adéquat pour sortir de cette spirale, d'autant que la 4ème de couv indique "un roman plein d'humanité et de tendresse".

Et c'est vrai... Mais cette humanité dépeinte dans ce roman est assez cruelle, en tout cas, difficile... Dans cette histoire, chaque personnage va vivre une épreuve ponctuelle ou durable, en tout cas, un chamboulement dans la vie... dont il est parfois difficile, voire impossible de se remettre. Le drame va en effet très loin, même s'il est entouré d'une révélation surprenante par la suite, il est tout de même bien bouleversant.

Avec Alex, on entre donc dans l'intimité de plusieurs familles, intimités fort bien dépeintes par Jean-Philippe Blondel. L'une sur-couve l'enfant unique né après des années de mariage, une autre se sépare, une autre subit l'éloignement géographique pour le travail (et ses conséquences), dans une autre, on semble fuir un fantôme mystérieux etc. Blondel nous parle intelligemment de personnes lambdas, comme vous et moi... Que rien ne semble distinguer des autres et pourtant... Chacun a son histoire, ses difficultés, sa légende, sa détresse, ses faiblesses et sa force. Car oui, entre baby-sitter et confident, il n'y a qu'un pas.

J'avoue, j'ai eu du mal à apprécier Alex. Je l'ai trouvé mou, manquant de caractère, d'ambition, de suite dans les idées. J'ai été surprise de constater, à travers ce roman, que nombre d'étudiants considèrent leur arrivée à la fac comme l'accès à l'indépendance... également financières. Pour moi, celle-ci est la suite logique des études, mais elle n'est pas concomitante... En tout cas, elle n'est pas un but, même si elle est parfois une obligation par manque de moyens pécuniers familiaux.

Je suis entrée dans ce roman, qui démarre presque sur les chapeaux de roues, avec allégresse, les pages se tournaient toutes seules, l'écriture est évidemment agréable... Et puis le rythme a faibli et certaines situations sont devenues redondantes à mes yeux. Le sujet principal reste la parentalité, sous toutes ses formes et avec toutes ses conséquences, même les plus discrètes, même les moins spectaculaires, même les plus inattendues, même les plus dramatiques. Mais aussi le passage à l'âge adulte et la rencontre de deux générations.

Mais cette histoire à une belle fin, symboliquement réussie !

 

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 6 Juin 2021

Eric Emmanuel Schmitt, roman, Félix et la source de l'invisible, avis, chronique, blog

Roman - Editions Albin Michel - 204 pages - 17 €

Parution en janvier 2019

L'histoire : Felix a 12 ans, il vit à Paris avec sa merveilleuse et bienveillante mère Fatou. Fatou tient à Belleville le bistro de quartier "Au boulot". Oui mais depuis quelque temps, rien ne va plus. Fatou est en dépression, comme morte de l'intérieur. Quand on a essayé la médecine et les marabouts, il reste la psychologie... C'est à dire : observer et comprendre. Dans la psychologie, il y a le vécu et les racines... Cela va mener Felix et sa mère à la source de l'invisible, en Afrique.

 

 

Tentation : mon adoration pour l'auteur

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Ouvrir un roman d'Emmanuel Schmitt est pour moi comme un retour dans un cocon dans un pays de mille merveilles, toujours sources d'émerveillement, de douceur, d'humour bienveillant, de découverte, de réflexion, de philosophie tranquille. Bref, je me sens toujours bien dans le monde de Schmitt, ma planète à moi !

Encore une fois, Eric-Emmanuel Schmitt m'éblouit dans ces trouvailles pour brosser ses personnages, les principaux comme les secondaires. Ils sont ici haut en couleurs, notamment Madame Simone, Le Saint Esprit, Monsieur Robert Larousse. Même le nom du troquet prête à sourire : "Au boulot". Comme cela, quand patrons ou épouses appelle ses clients pour leur demander où ils sont, ces derniers peuvent répondre sans mentir "au boulot". Bref, tout ça pour dire que dans la grande première partie de ce roman, il règne un peu une ambiance à "La vie devant moi". D'ailleurs, Félix fait un peu penser à Momo !

Cette histoire, sous forme de conte, peut-être lue à de différents degrés, en fonction de nos croyances, de notre ouverture d'esprit, de nos "peut-être possibles je ne sais pas". C'est entre-autres ce que j'aime chez Schmitt. Il n'impose rien, il soumet. Sous certaines cultures, cela existe et fait partie des croyances ancrées. Sous d'autres cultures, ce serait de l'hérésie ou presque. Chacun se pose là où il veut, là où il se veut dans la vie, là où il s'accepte le temps d'une lecture ! Mais de quoi je parle ? Et bien vous lirez le roman pour le savoir.

Sachez que ce roman fait partie d'un tout, "le cycle de l'invisible", dont chaque texte peut être lu indépendamment (comme je le fais d'ailleurs). Ici, Eric Emmanuel Schmitt évoque l'animisme... D'où ce voyage salutaire en Afrique, au Sénégal.

Mais ce que nous dit Schmitt avant tout, et ceci est valable toutes cultures et confessions confondues c'est que... lorsqu'on coule, que l'énergie nous a quitté, que l'on est en dépression... Il ne faut pas oublier de se poser et de se pauser, de vérifier que l'on est en équation avec soi-même, avec nos racines, nos besoins, notre histoire... Vérifier aussi si l'on a bien digéré toute notre histoire personnelle, si l'on n'en n'a rien oublié en chemin ou au contraire, si un événement passé nous empêche d'avancer. Bref, se relier à soi-même et à sa terre, aux éléments. Et pour cela, il faut parfois se relire, ou entreprendre un long voyage pour comprendre et en revenir comme une belle plante, aux profondes racines, que rien n'empêchera de grandir.

Une très belle histoire, fraiche et résolument optimiste grâce au formidable conteur qu'est Eric-Emmanuel Schmitt ! Pour moi, Felix et la source invisible fait partie de ces livres "amis".

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 21 Mai 2021

Tahar Ben Jelloun, roman, le mariage de plaisir, islam, racisme, avis, critique, blog

Roman - Editions Ecouter Lire - 7h07 d'écoute - 19 €

Parution d'origine Gallimard 2017

L'histoire : Dans l'islam, il est permis à un homme qui part en voyage de contracter un mariage à durée déterminée pour ne pas être tenté de fréquenter les prostituées. On le nomme "mariage de plaisir". C'est dans ces conditions qu'Amir, un commerçant prospère de Fès, épouse temporairement Nabou, une Peule de Dakar, où il vient s'approvisionner chaque année en marchandises. Mais voilà qu'Amir se découvre amoureux de Nabou et lui propose de la ramener à Fès avec lui. Nabou accepte, devient sa seconde épouse et donne bientôt naissance à des jumeaux. L'un blanc, l'autre noir. 

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib'

Mon humble avis : Un roman comme une saga familiale qui s'ouvre comme un conte. Nous suivons trois générations de personnages au Maroc, depuis la fin des années quarante à nos jours. 

Même s'il y a quelques longueurs par moments, ce roman se lit (s'écoute pour mon cas) agréablement, avec plaisir et intérêt, car il offre un autre regard sur la société marocaine, et ce regard, j'en ignorais tout ou presque, du moins, je ne me l'imaginais pas, ne me posais pas la question. J'ai trop souvent tendance à limiter le racisme aux pays occidentaux envers le reste du monde. Or, celui-ci est partout.

Lorsqu'Amir ramène Nabou (son mariage de plaisir dont il est tombé amoureux) au Maroc, pour en faire sa deuxième épouse officielle et ainsi rester fidèle aux lois de l'Islam, Nabou va faire face à la jalousie, et même la haine de la première épouse... et vivre ainsi dans des conditions déplorables, qu'Amir n'aura ni la force ni le caractère de dénoncer.

Nabou va ensuite donner naissance à deux jumeaux, l'un blanc, l'autre noir.... Pourtant du même père et de la même mère, de la même famille, de la même éducation, ces deux enfants auront un destin diamétralement opposé.

Dans ce roman, Tahar Ben Jelloun dénonce le racisme primaire qui sévit au Maroc envers les noirs ou toute personne plus sombre de peau. Un racisme physique mais qui devient aussi racisme social, le racisme contre la misère et la pauvreté qui est souvent associé à la couleur épidermique. Le tout, sous la "bonne foi" des convictions, de la pratique des us et coutumes de la religion musulmane. (Parce que nous sommes ici au Maroc, mais les sentiments développés ici seraient exactement les mêmes en terres catholiques). Bref, l'hypocrisie des religions que chacun adapte à sa sauce pour préserver son bien-être, son "bien-vivre". Tahar Ben Jelloun démontre aussi que la plupart du temps, et même à notre époque, la couleur de peau conditionne la vie, le destin, souvent de tragique façon. Je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler. Mais il ne suffit pas d'"être né quelque part" pour être considéré de la même façon que les autres. Le roman s'achève le thème hélas très actuel de l'immigration clandestine.

Un roman riche et puissant, plaidoyer pour la tolérance face à la différence,  servi par une prose soignée, narrée sous forme de conte. A lire !

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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Publié le 13 Mai 2021

Littérature, roman, Victoria Mas, le bal des folles, psychiatrie, XIXème siècle, avis, chronique

Roman - Editions Livre de Poche - 235 pages - 7.40 €

Parution Poche avril 2021, Albin Michel 2019

L'histoire : 1885, à la Salpêtrière, c'est là que sont internées les aliénées de Paris, confiées aux bons soins de Charcot. Chaque année à la mi-carême, s'y tient le bal des folles... Le tout Paris bien né bien pensant s'y presse pour assister à ce sordide spectacle, histoire de satisfaire sa curiosité malsaine et hypocrite.

Quelques semaines avant le bal, la jeune Eugénie y est conduite par son père... Elle rencontrera Geneviève, que l'on appelle l'Ancienne, l'infirmière en chef depuis plus de vingt ans et bouleversera à jamais la vie de celle-ci.

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma CB dans la librairie de ma nouvelle ville !

 

Mon humble avis : Lors de sa sortie pour la rentrée littéraire de septembre 2019, Le Bal des folles a valsé sur la blogosphère avec le plus souvent, des avis très élogieux. L'édition poche récente m'a remis le titre en tête... Et heureusement... Comme j'ai aimé ce roman... A un point tel qu'il va m'être difficile d'en rendre vraiment compte.

Victoria Mas nous propose une immersion dans la psychiatrie du XIXème siècle, à La Salpêtrière, qui était à l'époque autant un asile pour femme qu'une prison.  On y enfermait tout ce que Paris et les riches familles ne pouvaient, ne voulaient pas gérer... Souvent, juste pour sauvegarder l'honneur d'un patronyme... Des indigentes, des handicapées, des prostituées, des criminelles, des femmes adultères, quelques vraies malades mentales, des victimes de viols. Bref, tout ce que la bonne société dérange et répudie... Sans grand espoir de sortir un jour de ces murs sordides, aussi jeunes puissent être ces femmes lorsqu'elles y entrent. Quant aux "soins" du Docteur Charcot et de ses acolytes, ils ressemblent beaucoup trop à des expérimentations elles aussi données en spectacle, ces femmes étaient vraiment des cobayes... Ca révolte, ça écoeure, ça attriste, ça bouleverse.

Les lecteurs qui rechercheraient ici des renseignements précis sur les méthodes "médicales" d'alors seront déçus... Car ce n'est pas le sujet. Le sujet, ce sont les femmes victimes de cet enfermement, et un portrait sans concession de la société cartésienne du XIXème siècle, où le doute et la différence n'ont pas droit de cité... Une société où la femme n'a d'ailleurs aucun droit : pas de celui de penser, pas celui de s'exprimer, pas celui de se révolter, pas celui d'être respectée, et encore moins celui d'être considérée à l'égal de l'homme.

Dans le Bal des Folles, nous allons suivre le destin de quatre femmes en particulier... Chacune de ces destinées m'a bouleversée et a provoqué en moi une profonde empathie.

Louise est encore adolescente lorsqu'elle est internée par sa tante suite à son viol par son oncle... La tante voit en elle un danger, une concurrente, peu importe que son mari soit un abruti alcoolique.

Thérèse est là depuis vingt ans. Ancienne prostituée, elle a jeté son amant maltraitant de l'époque dans la Seine. Thérèse ne veut pas quitter la Salpêtrière, elle s'y sent à l'abri du monde.

Eugénie est une jeune femme que son père aimerait voir mariée. Mais voilà, Eugénie est différente... Elle entend la voix des défunts... Sitôt que son père l'apprend, il l'enferme à la Salpêtrière et la bannit de la famille.

Enfin il y a Geneviève, l'infirmière en chef depuis toujours dans cet établissement, avant même l'arrivée de Charcot. Fille de médecin, Geneviève est cartésienne et ne croit qu'en la science.  C'est elle en fait le personnage central et l'intérêt principal de ce roman. Car Geneviève va se décorseter de ses convictions, de ses croyances pied à terre reçues en héritage familial. Elle va le payer cher... Le portrait de cette femme qui se remet en question et qui, qui s'affranchit de son éducation, en fait, qui s'ouvre à elle-même, à sa liberté d'être, de penser et de croire m'a profondément émue.

A travers ce roman, Victoria Mas dénonce les faits d'une époque dont certains ne sont pas forcément révolus, et mets en garde contre les convictions trop tenaces, les préjugés, les jugements de la différence, l'intolérance, la violence faite aux femmes, qu'elles soient physiques ou psychologiques, le tout dans une société résolument patriarcale. Et tout cela, Victoria Mas l'orchestre avec un réel brio, et une plume très agréable à lire, fluide, qui ne prend la place ni des personnages ni du message. Ce roman est également historique, car bien documenté sur les us et coutumes de l'époque.  

Un véritable coup de coeur pour moi, à lire de toute urgence pour vous si ce n'est déjà fait !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Mai 2021

Littérature, roman, Delphine de Vigan, les enfants sont rois, avis, critiques, chronique, blog

Roman - Editions Gallimard - 352 pages - 20 €

Parution le 4 mars 2021

L'histoire : Mélanie Claux est mère de deux jeunes enfants. Elle est surtout une des plus célèbre youtubeuse et instragrameuse française. Sur ses chaînes, elles y mets en scène tout son quotidien et surtout, ses enfants, Kimmy et Sammy, qui sont devenus de véritables stars en France, avec plusieurs millions de followers et des revenus à 7 chiffres. Tout semble parfaitement huilé pour le bonheur de tous jusqu'au jour où Kimmy est kidnappée.  Clara, jeune flic trentenaire à la vie diamétralement opposée à celle de Mélanie, mène l'enquête. Elle bascule alors dans un monde qu'elle n'imaginait pas !

Tentation : Delphine de Vigan est pour moi incontournable

Fournisseur : Ma CB dans ma nouvelle librairie dinardaise !

 

Mon humble avis : Quel livre ! Ahurissant ! Captivant !

Delphine de Vigan m'a de nouveau happée littéralement avec son nouveau roman. Pourtant, celui-ci est bien différent des précédents. Comme s'il y avait un tournant dans l'oeuvre de cette romancière que j'apprécie tant. Le tournant est déjà flagrant avec le changement de maison d'Editions. Mais cette fois ci, Delphine de Vigan n'évoque pas de sujet intime, on ne cherche pas à deviner où elle se cache entre ses lignes. Avec les enfants sont rois, Delphine de Vigan observe, tente d'expliquer et de comprendre un fait sociétal : You Tube, Instagram, l'hyper-connexion et l'étalage de la vie privée quotidienne qui devient un spectacle, qui se scénarise, qui se marchande et qui rapporte gros, pour quelques élus. L'auteure ne juge pas, elle expose et ne cache pas ses interrogations sur le sujet : l'ultra exposition sur les réseaux sociaux et ses conséquences.

La façon dont Delphine de Vigan mène son roman est magistrale et addictive. Oui, j'ai dévoré ce roman en étant souvent bouche bée, atterrée, abasourdie devant les comportements et usages décrits et expliquées par la romancière. J'ai découvert un monde dont j'ignorais tout sauf la vague existence... Je suis tombée de haut, jamais je n'avais imaginé que ces chaînes personnelles You Tube pouvaient aller si loin dans ce que j'appelle, (oui, je juge !), la bêtise totale, l'inconscience, la vacuité de valeur morale et d'éducation. Cette Mélanie, la mère des deux enfants, je l'aurais bien baffée et plongée dans l'eau glaciale tout au long du roman, malgré l'épreuve qu'elle traverse avec la disparition de sa fille. Dans le roman, Clara, la policière qui mène l'enquête, regarde donc des centaines de vidéos de Kimmy et Sammy. Elle dit : il faut le voir pour le croire. Moi je dis, il faut lire ce roman pour le croire.

Delphine de Vigan développe évidemment l'éthique autour de ses enfants stars d'internet, le travail dissimulé, l'exploitation, le droit à l'image... Les conséquences dans le quotidien de ces enfants sur-exposés (depuis leur vie sociale jusqu'à l'hyper consommation en tout genre), mais aussi, sur ces enfants lorsqu'ils atteignent l'âge adulte. Car dans la dernière partie du roman, on retrouve les personnages dans les années 2030, soit plus de 12 ans après... Et là... Surprise... Qui a ouvert les yeux, qui a continué à vivre en direct, qui développe un syndrome psychologique ? Qui est heureux ?

Un excellent roman, qui pose les bonnes questions, à lire absolument ! Une écrire toujours aussi jolie, soignée et fluide, et des personnages parfaitement construits et amenés. Un roman d'utilité publique à mettre dans toutes les mains... ce sera une bonne occasion de se déconnecter !... et d'ouvrir les yeux !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 1 Mai 2021

Chahdortt Djavann, La muette, roman, iran, avis, chronique, critique

Roman - Editions J'ai Lu - 125 pages - 6.60 €

Parution J'ai Lu 2011 (Flammarion 2008)

L'histoire : Elle a 15 ans, en Iran. Dans une geôle, elle attend sa sentence par pendaison. Discrètement, son gardien lui donne papier et stylo. Alors Fatemeh écrit son histoire, celle qui l'a amenée là, liée à l'amour fusionnel qu'elle voue a sa tante muette qui a osé aimé...  L'histoire d'un carnage dans l'Iran des mollahs.

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : Impossible de mettre ma joyeuse petite bannière coup de coeur pour ce roman. Car lorsque l'on achève de la lecture d'une telle histoire, point d'allégresse, d'enthousiasme débordant... On est à plat, abasourdi, atterré, K.O. Une fois de plus, on prend entièrement conscience de l'extraordinaire et vitale chance d'être né sous la bonne latitude, sous la bonne longitude.

Certes, c'est un roman... Mais pas écrit par n'importe qui ni sur un pays lambda... Chahdortt Djavann est une iranienne exilée en France. Aussi, l'Iran, elle la connait de l'intérieur, elle l'a vécue... Elle sait dont parfaitement de quoi elle parle... Et si l'histoire de Fatemeh nous est livrée via la forme d'un roman, nul doute que des milliers de jeunes femmes ont subi et subissent encore le même sort, et pour les mêmes raisons... dans les pays qui prônent la charia et pour qui les droits de l'Homme sont une notion plus que sommaire...

Le texte est fort, incisif et ne s'enrubanne pas de joliesse décorative. Fatemeh n'a ni temps ni beaucoup de papier devant elle, alors elle va droit à l'essentiel. Avant d'être traduit, son texte était écrit au kilomètre : sans ponctuation, sans paragraphe... A l'économie. J'ai beaucoup aimé la façon dont Chahdort Djavann introduit l'histoire de cette jeune fille... Un manuscrit remis en secret par une journaliste française en reportage à Téhéran. Ainsi on ne doute pas sa véracité, on le prend comme un témoignage vécu. On le lit quasi d'une traite, la gorge sèche, c'est un véritable coup de poing. La vie quotidienne  d'une jeune fille au pays des mollahs où aimer en dehors des conventions conduit à la peine de mort et où les femmes sont réduites au silence.

Bouleversant, inoubliable... Qui remet les pendules à l'heure pour les occidentaux vernis que nous sommes, malgré les difficultés que nous traversons actuellement, et que le mot "liberticide" est brandi à hue et à dia.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Avril 2021

Littérature, roman, marc dugain, transparence, anticipation, numérique, vie éternelle, avis, critique, chronique

Roman - Editions Folio -226 pages- 7.50 €

Parution Folio janv 2021 (Gallimard 2019)

L'histoire : En Islande, dans les années 2060. Cassandre est accusée de son propre assassinat par la police locale. Comment est-ce possible ? Cassandre est président de la start up qui vient d'aboutir au projet révolutionnaire sur l'immortalité : lors du décès d'un être humain, il est désormais possible de transplanter son âme dans une enveloppe corporelle artificielle, et d'ainsi, lui offrir l'immortalité... sous certaines conditions. Est-ce ainsi qu'il sera possible de sauver l'humanité ?

tentation : Pitch et blogo

Fournisseur : Ma CB dans la petite librairie de ma nouvelle ville :)

 

Mon humble avis : Allez hop ! Un coup de coeur ! Même si ce roman dystopique n'est pas parfait, que j'y ai trouvé quelques défauts que je ne pourrais dévoiler sous peine de spoiler l'essentiel et son issue.

Attention, Tansparence n'est pas de tout repos à lire. Il nécessite concentration, suite dans les idées pour prendre vraiment les mesures des tenants et des aboutissements des "théories" développées. L'ouvrage de Marc Dugain demande aussi que l'on s'y investisse car c'est avant tout une extraordinaire et complètement dément outil de réflexion tant personnelle, que collective. En fait, l'histoire est vraiment secondaire, elle est d'ailleurs ce que j'appelle une histoire prétexte pour dire, dénoncer et générer une réflexion constructive même si parfois malaisée. C'est ce que j'ai aimé dans ce roman, d'être ballotée dans certaines de mes certitudes, d'hésiter dans ce que je souhaite pour moi (entre l'idée et la réalité), de me demander sans cesse ce qui serait vraiment bon pour l'humanité en solutionnant les problématiques et les grosses imperfections de mon espèce, et la menace qu'elle représente pour notre planète Terre.

La clairvoyance de Marc Dugain sur notre monde actuel m'a permis de mettre des mots là où je n'avais que des sensations, des perceptions. Car c'est à travers ce que pourrait bien devenir notre futur que le romancier décortique notre présent, et il le fait avec autant de clarté que de cynisme, d'humour, d'autodérision, affliction et chagrin. Marc Dugain le visionnaire ! Mais il s'est tout de même trompé sur un point : Trump n'a pas été réélu !

Evidemment, au XXIème siècle, le nerf de la guerre est le numérique à outrance, les progrès technologiques, l'argent, l'enrichissement. Et d'un autre côté, il y a le réchauffement climatique qui réduit les portions habitables du monde, accompagné d'une surpopulation et d'une surconsommation (en piochant royalement dans les réserves épuisées d'une planète exsangue)... Marc Dugain dresse la liste de tout ce que l'Homme a fait de : depuis les religions, en passant par la vie quotidienne, via la pollution, l'ultra connexion, la mentalité individualiste etc. Mais aussi le savoir illimité via le numérique et les réseaux sociaux qui n'est autres qu'une superposition de tranches de savoir mais sans aucune compréhension et analyse personnelle. La production individuelles et collectives exponentielles de données... oui, on produit de vide qui vaut une fortune... Cette sensation de liberté via les réseaux, alors qu'en étant connecté sans cesse et partout, on soumet à un autre diktat et on donne tous les éléments nécessaires à notre manipulation économique, politique, consommatrice, journalistique etc...

L'Homme avait tout pour réussir ce la planète qu'il lui a été dévolu mais comme ce n'était pas assez, il a échoué. Il est tant non pas de changer, mais de tout reprendre à zéro. Alors la vie éternelle sur Terre pour celles et ceux qui le méritent sous certaines conditions serait-elle la solution ? A vous de vous faire votre idée !

C'est évidemment un cri d'alerte et un appel à une réelle prise de conscience suivie de fait que lance ici Marc Dugain. Bon, la fin m'a désappointée... mais vu ce qu'elle nous révèle (je n'en dirai pas plus ! et c'est là que j'ai trouvé quelques défauts, comme des éléments importants passés à la trappe de l'oubli) c'est peut-être mieux comme ça ? Quoique ? Arrf je ne sais plus trop ! Oui, non, mieux vaut arrêter les dégâts ! Bref à lire, à réfléchir, à méditer, mais aussi, à agir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 15 Avril 2021

Livre, roman, le liseur du 6h27, Jean-Paul Didierlaurent, avis, critique, chronique

Roman - Editions Folio - 193 pages - 7.50 €

Parution Folio 2015, Au Diable Vauvert 2014

L'histoire : Du lundi au vendredi, dans le R.E.R de 6h27 qui le mène à son travail, Guylain lit des textes à voix haute. Il tire ces textes d'une pochette où ils sont glissé entre deux buvards... Ces textes ne font qu'une page ou deux et n'ont aucun lien les uns avec les autres... Sauf, leur provenance... Ces lectures publiques ravissent les passagers et vont amener Guylain à de belles rencontres.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Lors de sa sortie, ce roman a vraiment fait un tabac jusqu'à envahir la blogosphère. Ensuite, on m'en a donné un exemplaire qui a attendu quelque temps dans ma PAL... Et je pense que j'aurais peut-être dû l'y laisser.

J'attendais beaucoup plus de cette histoire, que j'ai finalement lu un peu comme un poisson rouge dans un bocal, en tournant en rond, même si, au début, je tournais les pages aussi vite que le R.E.R changeait de stations. A mes yeux, le sujet, génial à la base, n'est pas assez exploité (nous ne rencontrerons en fait que deux auditrices du liseur), l'amour des livres de Guylain est à peine évoqué, on passe en fait assez peu de temps dans ce R.E.R de 6h27. J'ai eu l'impression que l'auteur se refuser à approfondir les sujets abordés et via des phrases où les adjectifs se multiplient et ou sonne une certaine redondance, il m'a semblé que Jean-Paul Didierlaurent voulait étirer l'instant au maximum.

Certes, la fin est sympa (mignonette), certes, j'ai beaucoup aimé le personnage d'Yvon, ce gardien qui dans sa guérite, ne s'exprime qu'en alexandrins, certes, le roman est distrayant mais me reste une sensation de vacuité et de longueurs... Notamment, lorsque "la chose", cette machine sur laquelle travaille Guylain est décrite, puis lorsque Guylain lit les écrits de Julie, qui ne nous épargnent aucun détail de ce qui se passent dans des toilettes publiques... Cela m'a semblé longuet et pas de très bon goût.

Bref, une idée et des trouvailles, aussi bonnes soient elles et c'est ici le cas, ne suffit pas à faire un bon roman, ou en tout cas un roman qui me plaise et me séduise.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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