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Publié le 19 Décembre 2020

roman, Olivia Ruiz, la commode aux tiroirs de couleurs, avis, critique, chronique, exil, transmission, mémoire

Roman - Editions JC Lattès - 200 pages - 19.90 €

Parution le 3 juin 2020

L'histoire : À la mort de sa grand-mère, une jeune femme hérite de l’intrigante commode qui a nourri tous ses fantasmes de petite fille. Le temps d’une nuit, elle va ouvrir ses dix tiroirs et dérouler le fil de la vie de Rita, son Abuela, dévoilant les secrets qui ont scellé le destin de quatre générations de femmes indomptables, entre Espagne et France, de la dictature franquiste à nos jours.

Tentation : Médias, interview de l'auteure et blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Sans être fan, j'apprécie énormément Olivia Ruiz, en tant que femme, chanteuse et auteure/compositrice. Elle a son monde, son originalité. Elle a des choses intéressantes à dire. Déjà, j'admire son don de raconter des histoires dans ses chansons... Et la voilà qui passe au format du roman, avec le même talent ! Ce premier ouvrage est vraiment une pépite qui se déguste tant pour 'histoire qu'il nous conte que  pour le style si vivant, si gracieux et sincère, si éloquent et en même temps, fluide, malicieux et profondément chaleureux... Très très agréable. Il n'y a pas de doute, Olivia Ruiz est une alchimiste. Ce roman, je le chéris très fort, autant que chacun de ses personnages, qui quelque part ont certainement existé. En tout cas, Olivia Ruiz leur donne vie. Sans doute a-t-elle pioché des événements et des portraits dans son propre passé familial, puisque ces origines espagnoles sont connues de tous et l'inspiraient déjà.

Ici, Olivia Ruiz nous narre l'histoire d'une lignée de femmes sur quatre générations. Une lignée qui s'est construite sur l'exil, l'absence, la différence, le rejet, l'intégration, la vie communautaire, le souvenir, la douleur, le courage, la persévérance, le travail, les rêves, les idéaux et les racines qui coulent dans les veines depuis toujours, et qui forgent une personnalité. Mais aussi, tout au long de ces décennies et génération, il y a toujours eu un mur de silence et de secrets de famille.

Au fil des tiroirs de la commode aux tiroirs en couleurs qu'elle ouvre, la jeune femme découvre ainsi la vie et le passé de ses aïeules... C'est l'Abuela (alias Rita), sa grand-mère décédée récemment, qui lui a rédigé un long texte à ton intention, un texte accompagné de quelques objets symboliques. Alors que ses parents luttaient contre El Caudillo, Rita, 10 ans, a dû fuir l'Espagne avec ses deux soeurs, traverser à pieds les Pyrénées pour atterrir dans un camp... Avant d'être recueillie avec ses soeurs dans un immeuble communautaires peuplés d'émigrés espagnols hauts en couleurs. Aussi, malgré la rudesse de cette vie, le ton n'est jamais dans le pathos. Au contraire, on y partage la chaleur humaine, la solidarité, respect, la force et la rage de vivre, malgré les multiples terribles épreuves qui émaillent la vie de L'Abuela. Et surtout, une énorme envie de LIBERTE !

De cet écrin littéraire, Olivia Ruiz nous offre une formidable histoire sur l'exil, la transmission, la mémoire, et la fidélité à nos racines. C'est un livre bouleversant et qui pourtant fait beaucoup de bien. Et mine de rien, il revient sur une époque et des faits historiques plutôt négligés dans les manuels scolaires : celui de la guerre civile espagnole et ses horreurs qui a vu des centaines de milliers d'espagnols s'expatrier, et parfois, sans pour autant renoncer au combat pour la liberté.

A lire, à offrir sans hésiter !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Décembre 2020

Muriel Barbery, roman, une rose seule, japon, temples, Kyoto, rentrée littéraire 2020, avis, chronique, critique, blog

Roman - Editions Actes Sud - 157 pages - 17.50 €

Parution le 19 août 2020 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Rose, jeune quadragénaire, se rend à Kyoto au Japon, pour réceptionner le testament de son père, marchand d'art contemporain... un homme qu'elle n'a jamais rencontré. Mais avant de rencontrer le notaire, Rose doit suivre un parcours préparé par son père et accompagné de son homme de confiance : aller de temple en temples  et peut-être ainsi aux confins d'elle-même.

 

Tentation : La GBL et ma libraire

Fournisseur : Ma CB

 

 

 

Mon humble avis : Pour une déception, c'en est une ! La preuve, les premières pages lues, je me suis déjà mise à lire certains passages en diagonale... Et tout au long de ma lecture, c'est plus de l'exaspération que j'ai ressenti que calme et sérénité liés aux visites des temples bouddhistes et zen... et je n'avais qu'une envie, en finir au plus vite.

L'écriture est raffinée. Trop, car elle en devient précieuse, étudiée, recherchée... Ce qui nuit à la fluidité et l'émergence d'émotions. Il me semble que normalement, c'est le style qui vient au service du sujet. Dans Une seule Rose, j'ai l'impression que c'est le sujet qui sert de prétexte pour développer un style sophistiqué et de ce fait, pas du tout fluide. C'était comme si je m'étais trouvée devant une vitrine d'objets fragiles où un petit carton prévient : "ne toucher qu'avec les yeux"... J'ai donc lu avec mes yeux, mais pas avec mon coeur, pas avec mes tripes. J'ai traversé sans émotion ce roman qui semble miser sur l'esthétisme à tout prix... Ce qui nuit à la beauté naturelle et n'apporte que froidure.

On est sensé assister à la métaphore d'une femme, que je ne suis pas parvenue à aimer, qui m'a même franchement agacée (je n'ai d'ailleurs éprouvé d'empathie pour aucun des personnages).... Je l'ai constatée certes, mais pas vécue, pas ressentie, elle ne m'a pas émue.

Et que dire de la narration ? Répétitive et monotone à souhait, tant dans les actions des personnages, leurs émois, que dans les descriptions des temples et la météo. J'ai frôlé l'indigestion. Et à côté de cela, Muriel Barbery use de métaphores sentencieuses pour sans cesse décrire la végétation et ces métaphores, je les aurais peut-être trouvé délicieuses si j'avais été sous LSD ou autres substances (Ex :" il fendait l'espace devenu liquide, y naviguait entre deux eaux de réel" - "il fendait l'espace devenu liquide, y naviguait entre deux eaux de réel"...) Pour moi, cela tourne plus au grotesque qu'à la poésie.

Bref, je suis passée complètement en dessous ou à côté de ce roman qui est pour moi proche de la "masturbation" cérébrale... Muriel Barbery s'est sans doute fait plaisir, mais méritait elle d'ouvrir cette nouvelle année de La Grande Librairie ? Je m'interroge vraiment sur le mérite de sa présence sur le plateau : François Busnel a -t-il vraiment aimé "Une rose seule" où est-ce une histoire de petits arrangements avec les attachés de presse ?

L'avis de Luocine

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Décembre 2020

Serge joncour, roman, littérature, avis, chronique, critique, l'homme qui ne savait pas dire non

Roman - Editions J'ai Lu - 253 pages - 6.20 €

Parution d'origine chez Flammarion en 2010

L'histoire :  Jeune divorcé quadragénaire, Grégoire Beaujour travail dans un institut de sondages où il est de plus en plus apprécier pour ses méthodes efficaces. Celles-ci sont en fait indépendantes de sa volonté... Beaujour a un problème depuis quelque temps, il ne sait plus ni prononcer ni écrire le mot "Non"... Evidemment, c'est très embarrassant, tant dans sa vie professionnelle que personnelle. Il pousse donc la porte d'un club d'écriture pour retrouver son mot :" l'ouvroir des mots perdus"

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Quel roman agréable, frais, très drôle mais pas que !

En effet, dans les premiers chapitre, il semble que Serge Joncour nous invite à partager une véritable farce : son héros est désormais incapable de prononcer le mot "non". Je vous laisse quelques secondes pour vous imaginer dans cette situation et constater alors la tournure que prendrait votre vie à la moindre petite occasion. Evidemment, Beaujour se retrouve donc continuellement à faire face à des circonstances ubuesques et /ou incongrues... Impossible en effet de refuser le cinquième café proposé par un énième collègue dans la matinée, impossible de décliner une deuxième invitation à déjeuner etc. C'est ainsi que se déroulent les premiers chapitres, légers, drôles comme une comédie burlesque. Bref, ne dire que oui semble simplifier la vie en premier lieu, mais finalement, elle conduit à des situations bien encombrantes et à une perte de liberté.

Bien sûr, l'objectif de Serge Joncour dépasse l'agréable divertissement. Puisque sous couvert de cette farce, le romancier nous convie à réfléchir sur nombre de sujets : la société qui est de plus en plus pensée et conçue pour générer nos "oui", ne serait-ce que par l'ultra sollicitation commerciale et visuelle, la tournure des phrases et des sondages faite pour vous embrouiller et vous inciter à répondre oui, quitte à aller à l'inverse de vos idéaux, le piège de son inverse, le "non" à tout prix et sur tous les sujets... qui conduit à un grand oui pour autre chose. La puissance bénéfique ou destructrice d'un oui ou d'un non pour celui qui le reçoit. La gentillesse excessive et son revers... Ceux qui disent oui tout le temps passent pour des gentils ou des personnes manquant de caractère. Bref, ces deux petits mots, oui et non, conditionnent votre vie et façonnent autant votre identité que le regard que les autres portent sur vous.

Si vous fouillez en peu plus les propos de Serge Joncour, vous remarquerez que cette histoire d'impossibilité du oui chez Beaujour est une parfaite métaphore pour les blocages psychologiques qui sévissent plus ou moins fort chez chacun de nous et qui nous empêchent d'avancer et réduisent de ce fait notre sentiment de liberté. Et ces blocages proviennent souvent de l'enfance, voire la petite enfance, et c'est via l'écriture de ses origines et de son histoire ancestrale (magnifiques passages d'ailleurs) que notre héros comprendra quand et où il a perdu l'usage du "Non", si toutefois il l'a acquis un jour. Aussi, Joncour nous conseille-t-il avec bienveillance de retrouver le petit enfant qui sommeille en nous et, et de lui dire que "c'est aux autres qu'il faut dire non, pas à soi-même, à ses désirs, à ses envies, à ses besoins, sans quoi, on n'en finit pas de se trahir". Et ce petit enfant qui savait parfaitement évoquer un "non" devant la purée de haricots verts qu'il détestait, saura vous apprendre les rênes de votre vie chaotique ou trop docile.

Un très chouette roman, superbe hommage aux mots, pas prise de tête mais qui ouvre à la réflexion sur le oui et le non... qui tombe donc à pique dans cette période contestataire malsaine.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 27 Novembre 2020

L'anomalie, roman, Hervé Le Tellier, Avis, critique, chronique, rentrée littéraire septembre 2020

Roman - Editions Gallimard - 327 pages - 20 €

Parution le 20 août 2020 - Rentrée Littéraire 2020

L'histoire : En juin 2021, le vol AF 006 Paris- New York subit des turbulences aussi violentes qu'inattendues, et qui cessent subitement sur un beau ciel bleu. Après avoir vu la mort en face, les 243 passagers ne sont pourtant ni au bout de leur peine ni de leurs surprises... Le vol est en effet dérouté vers une base militaire où les attendent tous les services possibles de la protection américaine... Leur vie est changée à tout jamais...

 

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib N°1

 

Mon humble avis : Quel roman exceptionnel, et ce dans tous les sens du terme ! Vraiment original et mené avec maestria du début à la fin, ce qui n'a pas dû être toujours aisé car l'Anomalie se révèle assez ambitieux et multiple. D'apparence très distrayante, il n'en n'est pas moins très enclin à provoquer nombre de réflexions personnelles et est même très propice à philosopher en usant de toutes les sciences dont nous disposons : depuis la théologie jusqu'à la chimie et j'en passe et des meilleurs.

L'anomalie est une "légère" anticipation, puisque nous sommes en juin 2021... Inquiétude pour moi car Hervé Le Tellier donne toujours au président Américain les traits d'un certain Donald. Il y a un petit côté science-fiction puisque nous faisons face à un phénomènes étrange, inexplicable malgré les moults hypothèses élaborées par le gratin des scientifiques américains.

Géraldine, attention, ne pas trop raconter l'histoire, laisse donc aux prochains lecteurs le plaisir et la surprise de la découverte... pas évident car cette histoire est tellement dingue et géniale que l'on a envie de la crier sur tous les toits pour susciter encore plus l'envie de la lire.

Parmi les 243 passager du vol AF006, Hervé Le Tellier s'intéresse à 11 d'entre eux. Aussi, le premier tiers du roman leur est consacré par chapitre. On ne s'y perd pas car ils sont tous bien distinguables et hétéroclites, mais on commence à parfois trouver le temps un peu long et à se demander où l'auteur veut bien nous emmener. Là, on fait confiance à l'enthousiasme des blogocopines pour parvenir jusqu'à la page 130. Et là, les turbulences s'abattent sur nous pour notre plus grand plaisir de lecteurs. Dès lors, on ne lâche plus ce roman, qui prend de sérieux airs de thriller et qui distille un suspense à couper le souffle. Un suspense multiplié par 11, puisque chacun des passagers va vivre et réagir différemment devant cette anomalie dont il est victime. Et c'est là que cette histoire joue son deuxième rôle après le divertissement : le questionnement individuel et collectif : qui sommes-nous en tant qu'humain ? Sommes-nous notre pire ennemie ou notre meilleur ami en tant qu'individu ? Comment acceptons-nous l'inexplicable ? Comment réagissons-nous face à l'inconnu ? Face à l'étranger ? Sommes-nous maîtres de nos vies ou plus ou moins programmés, sommes-nous une simulation ? Arrh, j'enrage de ne pouvoir développer plus chaque sujet philosophie inédit (et pour cause) abordés ici, sous peine de divulgâcher ! Mais comment réagirais-je si je me trouvais dans la même situation que les passagers du vol AF006 ? Bonne question ! Et je serais curieuses de savoir si les lecteurs parviennent une réponse précise et sans équivoque ! Il y aurait tant et tant à dire sur ce roman ! Mais un billet ne peut pas être trop long !

Je peux tout de même ajouter que l'Anomalie semble être un exercice de style et de narration particulier, truffé de références littéraires ou autres. Mais ça, ce sont mes blogo copines plus cultivées qui l'ont remarqué... Je n'ai rien vu de tout cela et cela ne m'a pas empêchée d'adorer ce roman, qui est lui-même mis en abyme dans ces pages... En effet, parmi les passagers figure un romancier, Victor Miesel, lui-même auteur d'un ouvrage intitulé "L'anomalie".

Ah, vraiment, vive la littérature ! Celle-ci n'a pas fini de me surprendre, de me captiver, et de m'interroger sur mes mille et une vie potentielle !

A l'heure où j'écris ce billet, L'anomalie est encore en lice pour le Prix Goncourt.  Je croise les doigts pour que les membres du jury misent cette année sur l'originalité d'une oeuvre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les avis de : Antigone, Krol, Keisha

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 21 Novembre 2020

Jean-Louis Fournier, Rentrée littéraire septembre 2020, merci qui ? merci mon chien, animaux, protection animale, condition animale

Divers - Editions Buchet Chastel -216 pages - 16 €

Parution le 15 octobre 2020 : Rentrée Littéraire

Le sujet : On ne dit jamais « merci » aux animaux. Pourtant, on devrait. Ils enchantent le ciel, la mer et la terre. Sans les animaux, il n'y aurait pas de paradis terrestre. Ils ne méritent pas l'ingratitude des hommes. Ils méritent leur reconnaissance. Alors, comme ils ne le demandent jamais, on va leur dire « merci ».

 

Tentation : Tout ! Titre, couv' et sujet !

Fournisseur : Ma CB

 

Mon humble avis : Quelle délicieuse lecture, délicieuse et parfois dure aussi, car tout n'est pas rose au pays des animaux. 

Jean-Louis Fournier est le créateur de "La Noiraude". Mais si, quadragénaires rappelez-vous ce court programme de télé : "Allo docteur, c'est la Noiraude à l'appareil" ! Je l'ignorais totalement ! Fournier nous offre ici un magnifique hommage, une généreuse et touchante déclaration d'amour à la gente animale ! Tous les animaux (à part les moustiques !) : de compagnie, d'élevage, sauvages. Les animaux qui partagent nos vies et ceux que l'on mange... Et oui, précision : les végétariens ne se retrouveront pas dans cet ouvrage. Jean-Louis Fournier est carnivore. Mais il n'empêche, il plaide ici pour un respect des animaux devant une condition animale de plus en plus insupportable et cruelle.  Cet ouvrage est bien sûr écrit sous l'oeil attentif, facétieux et avisé de sa chatte Artdéco.

De très courts chapitres se succèdent, développant chacun un sujet autour des animaux. Dans l'un, Fournier admire les performances animales (nid d'hirondelles, toile d'araignée), dans l'autre, il remet l'Homme à sa place, l'Homme qui se prend pour le roi de la jungle et se permet de disposer de tout. Dans l'un, Fournier déplore que l'Homme ne sache plus composer avec le sauvage et le naturel, qu'il ne sache même plus partager l'espace. Dans l'autre, il vénère le mystère, l'intelligence, l'élégance, la fidélité animales. Dans l'un, il écrit une lettre d'excuse à chien que son maître vient d'abandonner lâchement, dans l'autre, le courrier d'adresse à un chien d'aveugle à la retraite, ce chien qui a toujours suivi la route de son maitre et non sa propre route. Bref, j'en passe et des meilleurs ou des plus tristes, comme les mille vaches qui ne voient jamais le ciel... D'ailleurs les chapitres aux sujets douloureux sont entrecoupés de "petites leçons de savoir vivre avec les animaux" très amusantes, et terriblement éloquente sur la réalité, mais qui détendent l'atmosphère. Au fil des pages, les chasseurs, les braconniers, les maltraitants et Descartes (pour qui les animaux n'avaient ni âme ni intelligence) en prennent pour leur grade ! Fournier invite à la recherche des pistes pour penser une nouvelle alliance avec le sauvage.

Le tout est écrit avec un style jouissif, qui alterne dérision, humour, tendresse, amour, ironie, causticité, colère... Mais cela prend toujours aux tripes ! Ca se lit comme un bonbon, parfois avec la douceur du sucré parfois avec l'acidité d'autres friandises qui nous font fermer les yeux.

Un énorme coup de coeur pour cet ouvrage, à lire, relire, à offrir à ceux qui aiment les animaux mais qui ne renoncent pas à en manger de temps en temps, mais aussi à ceux qui n'ont aucune conscience du bien fait animal ou de la condition animale de notre époque.

J'ai lu une partie de ce livre avec ma chatte Aya tout contre moi... A un moment, écoutant les conseils de Jean-Louis Fournier, je lui ai dit "merci d'exister", pour changer des "ma toute belle, ma choupinette amour etc..." Et bien Aya a compris... la preuve, elle a cligné des yeux à l'écoute du mot "merci" ! Merci à mes 3 chats d'exister, car vraiment, ils ont changé ma vie, sans doute sans s'en rendre compte, juste en "étant".

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Novembre 2020

Paule constant, roman, des chauves-souris des singes et des hommes, avis, chronique, afrique, ébola

Roman - Editions Ecoutez Lire - 3h56 d'écoute - 15.99 €

Parution d'origine chez Gallimard en 2016

L'histoire : Dans un village reculé d'Afrique, une petite fille recueille une chauve souris. Des garçons sont fiers de rapporté le corps d'un grand singe au dos argenté. Pas très loin, une médecin française arrive au dispensaire pour effectuer une campagne de vaccination. Et elle affrontera ce qu'elle n'avait jamais imaginé, car un mal pernicieux se propage sur le village et ses alentours.

 

Tentation : Pitch et couv'

Fournisseur : Bib N°2

 

Mon humble avis : Je suis triste, je pensais aimer tellement ce roman... Oh, au début, sa magie m'a belle et bien envoutée. J'ai senti la touffeur, la chaleur, l'atmosphère, les saveurs, les odeurs, les crépuscules de l'Afrique. 

Et puis, j'ignore ce qui s'est passé, ma concentration s'est délitée un peu plus à chaque chapitre, au point que je ne suis plus parvenue à suivre vraiment ni l'histoire, ni le destin et le rôle de certains protagonistes. Le roman est-il confus ? Le support audio (en voiture sur de courts trajets) ne m'a sans doute pas aidée.

Pourtant, le style est magnifique, proche du conte, et l'interprétation de Marie-Christine Barrault est douce et agréable.

J'ai tout de même saisi en grande partie ce que Paule Constant souhaite souligner et dénoncer dans ces pages... Les méthodes médicales françaises en Afrique de l'époque coloniale... Les méthodes actuelles qui souffrent encore de tant de faiblesses et d'inappropriations par rapport à la géographie et le climat des lieux, mais aussi par rapport aux coutumes et croyances locales. Exemple frappant : Agrippine, la médecin française, constate en effet que si les vaccins sont envoyés en nombre suffisant, ils ne sont accompagnés que d'une seule seringue... Une jeune mère subit une césarienne, l'enfant décède et est enterré par les soeurs du dispensaire. La vie de la mère est sauvée certes, mais cette jeune femme n'a plus aucun avenir ni respect dans son village, d'autant qu'elle y est revenue sans le corps du nourrisson.

Toute cette histoire se déroule au Congo, le long du fleuve Ebola... Inutile donc de préciser la nature du mal pernicieux et alors inconnu qui s'abat sur ses riverains...

Voilà ce que j'ai pu retenir de cet ouvrage, qui je pense, régalera certainement les amateurs des très belles littératures, si celles-ci usent des conditions adéquates de calme et de disponibilité pour l'apprécier à sa juste valeur. Mais rendez-vous manqué pour moi. Dommage.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Novembre 2020

L'enfant céleste, roman, Maud Simonnot, rentrée littéraire septembre 2020, avis, chronique, critique, île de Ven, Suède, Tycho Brahe

Roman - Les éditions de l'Observatoire - 166 pages - 17 €

Parution le 19 août 2020 : Rentrée Littéraire

L'histoire : Sensible et rêveur, Célian ne s'épanouit pas à l'école. Sa mère, Mary peine à se remettre d'une rupture amoureuse. Ensemble, ils partent s'extraire du monde sur une petite île mystérieuse et mythique en mer Baltique : L'île de Ven. C'est sur Ven qu'a vécu Tycho Brahe, célèbre astronome du VIème siècle, qui y recartographia complètement le ciel. Tycho Brahe est aussi l'homme qui aurait inspiré Hamlet !

 

 

Tentation : Les conseils de ma nouvelle libraire

Fournisseur : Ma CB à ma nouvelle petite librairie

 

Mon humble avis : J'aime les histoires qui m'amènent en des lieux que je ne connais pas, voire même dont j'ignore l'existence, puisque tout est à découvrir et à imaginer. Et quand ce coin du monde est une île, je savoure encore plus. Avec ce roman, j'ai accompagné Mary et Célian sur l'île suédoise de Ven, qui fut en son temps Danoise et habitée par un scientifique renommé et déterminant, dont je n'avais jamais même entendu le nom : l'astrophysicien Tycho Brahe ! Un homme passionné au destin tragique, un homme à double face, contemporain de William Shakespeare qui se serait inspiré de lui pour créer la pièce d'Hamlet. Le roman de Maud Simonnot est bien documenté et assez érudit sur ces questions, mais dispense toujours une belle aura poétique.

L'histoire est assez classique mais elle est admirablement bien développée. L'écriture onctueuse la romancière enveloppe de sa délicatesse, de sa douce mélancolie, de son travail qui en fait un bijou bien poli. Elle convoque les sens qui s'exacerbent au coeur de cette nature isolée et préservée en pleine mer. On pourrait dire que "tout y est luxe, calme et volupté". Elle nous emmène dans les cieux étoilés avec poésie et onirisme.

Sur cet île, Mary et Célian vont s'apaiser... en menant en vie simple, calme, entourés de quelques îliens. La mère va évacuer les dernières douleurs d'une séparation amoureuse, et le fils va enfin trouver un environnement digne de lui, adapté à ses connaissances, sa curiosité, son envie d'en savoir toujours plus. Célian, l'enfant surdoué qui s'ennuie à l'école, va enfin s'épanouir simplement mais pleinement, aux contacts des éléments et de quelques personnes bien intentionnées, à l'écoute et surtout, qui ont du répondant instructif.

Avec ce magnifique roman (qui fit partie de la première sélection du Goncourt), Maud Simonnot nous murmure avec finesse et pudeur l'importance de prendre le temps d'observer l'infiniment grand comme l'infiniment petit, de découvrir ce qui est invisible à l'oeil pressé,  de percevoir le mouvement dans l'immobile ou l'immuable, d'être conscient de ce qui nous entoure. Il faut parfois s'extraire de notre monde qui ne laisse ni place ni temps au réel épanouissement individuel pour grandir, pour se défaire de ses blessures, renaître et se reconnecter autant à soi-même qu'au monde. La tête dressée vers le ciel permet de se dresser, de se redresser.

Un très beau roman, une parenthèse où fantasme et imaginaire n'ont pas de limite, et une ode à la nature... tout en douceur.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Octobre 2020

roman Ciao Bella, Serena Giuliano, Italie, avis, chronique, critique

Roman - Editions Pocket - 271 pages - 6.95 €

Parution d'origine au Cherche-Midi en mars 2019

L'histoire : Anna est angoisée phobique... De tout, de l'autoroute jusqu'aux pommes de terre germées ! Elle doit affronté une deuxième grossesse alors que son premier accouchement fut une véritable épreuve qui aurait pu mal finir. Aussi, la voilà à pousser la porte d'une psy et à fouiller les origines de ses phobies dans son enfance italienne, son déracinement, l'abandon de son père, les violences de celui-ci envers sa mère. C'est donc à une reconstruction que nous assistons au fils des séances psy et des années, jusqu'à un bel épanouissement !

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Les étagères d'Armelle, merci pour le prêt !

 

 

Mon humble avis : Cette aussi belle qu'intrigante couverture irrigue la blogo et les étals de librairies depuis plus d'un an. Aussi quand l'occasion de plonger dans ces pages s'est présentée, je me suis dit "Banco".

Et aucun regret, ne boudons pas le plaisir de se faire plaisir dans une relative légèreté. Je dis relative, car ce roman est bien plus profond qu'il n'y paraît. C'est d'ailleurs ce que semble nous dire la couverture : ne pas se fier aux apparences, et regardez bien sous la surface, où se cache la vérité des êtres et leur histoire.

Oui, le style peut paraître assez simple, mais il est soigné, agréable et vraiment pétillant. Il laisse une place de choix à l'humour, la dérision et l'autodérision. Aussi, entre deux passages très émouvants et même assez difficiles psychologiquement parlant, et bien on ne se prive pas de rire et d'apprécier les bons mots, les bonnes expressions de la romancière et sa façon de montrer du doigt les incohérences de notre époque. 

Chaque séance de psy est l'occasion pour Anna de plonger dans son passé et d'analyser son présent pour grandir et vivre mieux. Pour Serena Giuliano, c'est l'occasion d'aborder des sujets sensibles et actuels tels que la violence conjugale, l'inégalité des femmes, notamment dans le domaine professionnel, l'exil et l'intégration, le racisme. Suite à la séparation de ses parents, Anna l'adolescente italienne s'est retrouvée à vivre dans l'Est de la France. Aussi, ses souvenirs nous emmènent souvent en Italie et l'on goûte avec plaisir aux saveurs, au soleil, aux us et coutumes de cette région méditerranéenne.

Il a manifestement beaucoup d'autofiction dans ce livre. Car comme son personnage Anna, Serena Giuliano s'est fait connaître d'abord sur les réseaux sociaux puis via un blog dédié aux "Mamans en déroute". Ciao Bella est son premier roman, et je mettrais ma main au feu que cela ne sera pas le dernier.

Ciao Bella est donc un roman finement et astucieusement ficelé, qui alterne émotions et fous rires et cela fait du bien. Des personnages qui se relèvent et trouvent leur voie, qui n'oublient pas d'où ils viennent et qui vont apprendre à pardonner en écoutant l'autre, et en s'écoutant soi-même. On le déguste autant qu'on le dévore, donc cela mérite un coup de coeur pour une chouette histoire "décomplexante" et de bons moments de lecture !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Octobre 2020

David Foenkinos, Littérature, Rentrée Littéraire 2020, La famille martin

Roman - Editions Gallimard - 240 pages - 19.50 €

Parution le 1er octobre 2020, Rentrée Littéraire

 

L'histoire : Le narrateur est romancier et subit une fâcheuse panne d'inspiration... Alors, il décide alors de descendre dans la rue : la première personne rencontrée deviendra l'héroïne de son prochain roman. Il s'exécute, rencontre Madeleine Tricot, qui lui présente sa fille, Valérie Martin. Le narrateur pénètre alors au coeur de cette famille (Valérie, Patrick, Lola et Jérémie) somme toute banale, ce qui ne sera pas sans conséquences.

 

 

Tentation :J'adore Foenkinos, je le guette, je l'attends

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : Quel plaisir de retrouver l'univers charmant, frais, lunaire et décalé de David Foenkinos, sa fantaisie, ses manies d'écritures, ses sujets obsessionnels et son style bien à lui, son observation de détails qui semblent insignifiants mais qui, sous sa plume inimitable, deviennent des vérités capitales et souvent très drôles. Ces aspects-là s'étaient fait plus discrets dans les derniers opus de mon écrivain chouchou. 

La famille Martin est un roman original XXL, qui se déguste et se dévore en même temps. Certes, ce n'est pas le chef d'oeuvre du siècle mais le moment de lecture est savoureux, distrayant et très émouvant. J'ai lu sur la page FB de Gallimard que cette histoire est vraie, Foenkinos, lassé de la fiction, avait annoncé à son attachée de presse qu'il fonctionnerait ainsi pour son prochain roman. Après, où s'arrête la réalité de la fiction et la fiction de la réalité, je n'en n'ai aucune idée. Mais cette forme romanesque tient vraiment la route. La Famille Martin nous démontre évidemment que la réalité dépasse bien souvent l'imagination fictionnelle, et que tout le monde, vous, moi, peut devenir un personnage de roman. Il s'agit d'observer différemment, et de maîtriser l'exercice de l'écriture, du rythme etc... 

Et c'est ce qui va se passer dans ces pages, tant les confidences et l'évolution, voire les bouleversements qui surgissent dans la famille Martin dépassent les espoirs du romancier en quête d'inspiration ! Evidemment, pour notre narrateur, il n'est pas simple de rester neutre, de garder sa place d'observateur ! Bref, observer et recueillir l'intime sans y participer, dur, dur, notre romancier va être mis à rude épreuve. Et des personnages vivants et libres ne sont pas toujours évident à gérer !

Tout ceci ressemblerait presque à une chouette comédie de boulevard, sauf qu'en s'intéressant à des personnages réels, en entrant dans leur vie, Foenkinos est évidemment confronté à leur vrai quotidien, à leurs vrais problèmes... Qui peuvent être ceux de chacun d'entre nous : l'usure du couple, l'adolescence, le harcèlement moral et psychologique au travail, la routine, les souvenirs, les amours manqués. Foenkinos s'attaque donc avec justesse et fausse légèreté aux contradictions et maux sociétaux de notre époque. Mais n'ayez crainte, il n'oublie pas de nous parler d'amour, de la très belle relation touchante qu'il noue avec Madeleine. C'est vrai quoi, après tout, un auteur irait bien au bout du monde pour un de ses personnages ! Je n'en dis pas plus, et vous laisse découvrir.

Juste un petit bémol... j'ai trouvé quelques longueurs dans le schéma narratifs. En effet, chaque soir, l'auteur reporte par écrit ce qu'il a appris sur ces personnages. Sauf que juste avant, les rencontres avec ces derniers sont contées... Cela amène des redondances pas toujours utiles à mes yeux. Ah oui, j'allais oublier... Etant donnée la forme de ce "faux roman", il est évidemment souvent question du travail du romancier, la part de réalité et de fiction dans chaque livre.

En tout cas, ce fut un plaisir de retrouver mon chouchou dans cette histoire résolument optimiste et tendre ! Car non seulement, la famille Martin ne s'en sort pas mal, mais le romancier pense renouer avec la fiction... Ce qui annonce de belles heures de lecture dans les prochaines années !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 20 Octobre 2020

Grégoire Delacourt, Danser au bord de l'abîme, roman, littérature, critique, avis, chronique

Roman - Editions Audiolib - 6h54 d'écoute - 19.45 €

Parution d'origine chez JC Lattès en décembre 2016

L'histoire : Emma vit à Bondues, travaille à Lille. Mère de trois enfants, elle dépasse juste la quarantaine. Lors d'un déjeuner dans une brasserie, elle croise le regard d'un homme. Aussitôt, elle sait. Elle sait qu'elle irait pour lui au bout du monde, au bout d'un monde, même s'il n'est pas très loin.

 

 

 

Tentation : Pourquoi pas

Fournisseur : La bib'

 

 

Mon humble avis : Il est plus subjectif que jamais ! Car je reconnais qu'il y a là une véritable oeuvre, formidablement écrite et l'antagonisme et la force dévastatrice des sentiments très bien analysés. Mais voilà, je ne suis pas (ou plus) faite pour ce genre de roman, à moins que ce soit ce genre de roman qui ne soit plus fait pour moi... Ce qui revient au même résultat.

Les histoires d'amours passionnelles ne m'émeuvent plus, pire, elles m'agacent... Surtout quand tout y est si délicat, si subtile, si contemplatif, si minimaliste dans les échanges, si implicite, si intérieur... et si maniéré dans les descriptions qui en sont données. Les lèvres à peine effleurer une fois décident de tout quitter : travail, enfants, mari. Personnellement, je trouve cela très romanesque... mais je n'y crois pas trop, où je ne comprends pas (plus), cette confiance aveugle et ce don total de soi. Ceci représente la première partie du roman, première partie qui n'est pas épargnée par les drames présents ou passés.

La deuxième partie n'est pas plus joyeuse et je l'ai vraiment subie, puisqu'elle m'a "obligée" à revivre une expérience douloureuse : une longue agonie suite à un cancer. Dans le livre, celui d'Olivier, le mari d'Emma. Dans ma vie, celle de mon père, il y a vingt-cinq ans... Que je n'ai pas su vivre correctement à l'époque (si toute fois il y a une façon correcte d'affronter ce genre de situation) et que je n'ai pas envie de revivre, même en littérature. Grégoire Delacourt ne lésine pas sur les détails de cet déchéance (in)humaine et pourtant, parvient à mettre de la poésie là où pour moi il n'y en a pas. Et que c'est long ! A croire que Grégoire Delacourt aime se regarder écrire. D'ailleurs, je n'ai pas apprécié le style de narration choisi par l'auteur... Un décompte numéraire qui annonce chaque petit chapitre, puis ensuite, un compte progressif jusqu'à la fin... Je n'en n'ai pas compris l'utilité, sauf que cela alourdit l'ensemble. Reste le parallèle avec l'histoire de la chèvre de Monsieur Seguin qui ne profite qu'une journée de sa liberté. Assez sympa.

Bref, je n'ai ressenti aucune empathie pour Emma, qui au contraire m'a agacée au plus haut point. Les personnages secondaires (surtout ceux de "L'hôtel de plein air) sont caricaturaux. Je n'ai pas adhéré à ce roman sur l'adultère, l'envie de liberté, la passion, le désir mais surtout la maladie et m'y suis ennuyée. Pas pour moi donc, trop irréaliste et trop de pathos. Pas d'émotion ni d'instruction à travers cette lecture pour moi. Dommage. J'avais tant aimé la fraîcheur "La liste de mes envies", je n'ai jamais retrouvé un tel plaisir de lecture avec les autres romans de Grégoire Delacourt qui j'ai pu lire depuis.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Livres audio, lectures audio, #Littérature française

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