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Publié le 26 Mai 2023

Roman - Editions L'Iconoclaste - 282 pages - 20 €

Parution le 6 avril 2023

L'histoire : S passe quelques jours avec M, son amant, dans un chalet au bord d'un lac en montagne. Un matin, après sa baignade habituelle, M flotte sans vie sur l'eau.

S est incapable de se séparer d'M... Aussi, elle garde son corps six jours, pour que leur amour se poursuive. Et c'est son "périple" que nous suivons, à travers les deux lettres qu'elle adresse à l'épouse de son amant.

 

 

Tentation : Achat compulsif

Fournisseur : Ma CB

Mon humble avis : A la librairie, une PLV (Publicité sur lieu de vente) annonce une prochaine séance de dédicace d'Adeline Dieudonné ! Pour une fois qu'un auteur vient par chez moi... je me saisis donc du livre, sans savoir vraiment de quoi il retourne, la 4ème de couv restant assez évasive.

Finalement, je ne suis pas allée à la dédicace. Car quelle lecture inconfortable, glauque à souhait, malsaine à mes yeux, et qui du coup me divise vraiment. Donc pas envie de dialoguer avec l'écrivaine sur un livre qui ne m'a pas franchement plu, ni de jouer les hypocrites.

Nous passons donc 6 jours avec S et le corps de M, dont elle prend grands soins, qu'elle lave etc, à qui elle parle, contre lequel elle se sert, pour prolonger leur amour et éviter à M la froideur de funérailles dans une chambre mortuaire, pour éviter que des mains étrangères, qui ne le connaissent et ne l'aiment pas, s'occupent de lui. On reste un peu dans le chalet, puis on part en voiture pour un petit road trip sans destination réelle, une errance plutôt, avec quelques rencontres, S étant évidemment perdue et ne sachant où aller. Et bien sûr, pendant ce temps, la putréfaction du corps défunt s'installe...

Donc glauque oui, sans morale oui, d'ailleurs l'autrice l'annonce dès la 4ème de couv... Plus tard, les psy diront que S était en bouffée délirante. Il est bien sûr question du deuil, de l'amour conjugal et extraconjugal, de maternité et de détresse maternelle malgré l'amour pour l'enfant, de la place de la femme et des relations intersexes etc. Tous ces sujets sont abordés par S dans les 2 lettres qu'elle écrit à Camille, l'épouse, via des flash-backs sur sa vie, ses expériences, ses questionnements, ses erreurs, ses effrois.

Et pourtant, ce roman, je l'ai dévoré ou presque. Parce qu'il est très bien mené et écrit, que certains passages restent beaux. Et puis, évidemment au fil des pages, une certaine tension naît dans la tête du lecteur, qui se demande où cette histoire peut bien aller, peut bien mener, et où elle s'arrêtera. Après, je me suis demandé si ma démarche de lectrice, à rester dans ces pages qui ne me convenaient pas mais que je tournais presque frénétiquement, ne relève pas d'un voyeurisme un peu malsain, comme celui qui attire vers les faits divers, ou celui qui fait ralentir quand il y a un accident routier "pour voir"...

Ce livre reste très inconfortable pour moi, aussi, je suis bien incapable de le conseiller chaleureusement. D'autant que je n'ai éprouvée aucune empathie pour S, sauf lors des récits de ses nuits blanches et de sa fatigue post partum.  Mais dans la situation qu'elle vit précisément dans cette histoire, j'ai plus eu envie de la baffer pour la réveiller un bon coup, tant pour moi tout cela va très ou trop loin, et ne fait pas partie l'envisageable, quelle que soit la situation.

C'est à chacun de voir jusqu'où il aime d'être malmené par un roman, d'être emporté loin de sa zone de confort mental et moral.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Mai 2023

Roman - Editions Audiolib - 9h09 d'écoute - 20.70 €

Parution Editions Héloïse d'Ormesson et Audiolib 2016

L'histoire : Ile de Groix en Bretagne. Jo cardiologue retraité depuis peu, enterre Lou, son amour d'épouse de 57 ans décédée d'une maladie qui mène à l'oubli.

Devant Jo et ses deux grands enfants, le notaire lit le testament de Lou. Dans une lettre, Lou laisse entendre que Jo l'aurait trahie. Dans une autre uniquement adressée à Jo, elle lui laisse une mission : s'assurer que ses enfants et petits enfants sont heureux, ou qu'ils le deviennent.

Tentation : Envie/besoin de lecture facile, donc pourquoi pas !

Fournisseur : Ma PAL Audio (Bib de Rennes)

Mon humble avis : Si j'avais su que j'aurais autant aimé ce roman, il y a belle lurette que je l'aurais audiolu, depuis le temps qu'il attendait sur mon disque dur ... Mais pas de regret, cette méprise a sans doute permis que je le lise exactement au bon moment.

J'ai aimé ce livre à la folie, au point de m'y sentir si bien, d'avoir envie d'y retourner dès que possible... Et je pense que l'interprétation qui en est faite n'est pas étrangère à ce fait, tant la voix de Jo me pénétrait, me transperçait, me chamboulait, me réchauffait.

Entre Ciel et Lou est un roman polyphonique. Chaque personnage s'exprime à son tour... Même les personnages plus que secondaires ou "figurants", qui ne font que passer. Et pourtant, on n'est jamais perdu, car chaque court chapitre annonce le narrateur, et sa situation géographique (entre Groix, Lorient, région parisienne et Rome). Même Lou, depuis "là où l'on va après" prend la parole. Le style est vivant, le rythme ne faiblit jamais, Lorraine Fouchet nous embarque vraiment dans les méandres de cette famille. Les personnages sont très attachants, mêmes ceux qui paraissent les plus abjectes ou les plus psychorigides. Car on apprend au fil des pages qu'ils ont chacun leur blessure, leur traumatisme, leur peur, leur incompréhension de certains événements. Bref, ils sont tous cabossés...

La lecture du testament mène cette famille au clash. C'était voulu par Lou. Pour obliger chacun à se découvrir, à se rencontrer, à se connaître vraiment, à se confronter. C'était Lou la gardienne de la famille, le lien, le centre, la vigie, celle qui veillait sur chacun, parfois discrètement. Toute sa vie Jo a travaillé, a soigné ses patients, a passé plus de temps en blouse à l'hôpital qu'aux fêtes d'écoles etc... Un homme qui ne s'était pas interrogé sur le bonheur des siens... Aussi, à l'ouverture du testament, il tombe de haut... Et après une petite "enquête", il réalise qu'il y a du pain sur la planche pour que sa famille soit heureuse et unie, et que les non-dits nombreux soient réparés. Mais via quelques subterfuges, Jo remplira sa mission, et chaque personnage se révèlera dans son entière vérité à lui-même, aux autres, et au lecteur. Ce roman est vraiment bien construit et mené d'une main de maître. Mais il est surtout servi par une écriture que j'ai trouvée sublime. Tranchante et incisive quand la vie est cruelle, lumineuse quand elle est enfantine, vivifiante quand elle est tempêtueuse, poétique, touchante... Parfaite à mes yeux pour chaque instant de cette belle histoire.

C'est la première fois que je lis Lorraine Fouchet (que je ne connaissais pas du tout), et ce n'est certainement pas la dernière fois. Entre Ciel et Lou est riche de sujets, plein d'humanité mais sans niaiserie. Il m'a vraiment enveloppée durant mes heures d'écoute. Des personnages qui rappellent qu'avec un peu d'échange, de partage, d'écoute, de temps consacré aux autres, malgré des apparences parfois trompeuses, la famille peut redevenir un nid réconfortant, et un point de repère.

Et surtout, entre Ciel et Lou me dit l'urgence d'aller passer quelques jours à Groix pour découvrir cette île, presque personnage à part entière de cette histoire. Et un profond coup de coeur, mon 2ème depuis le début de l'année.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 11 Mai 2023

Roman - Editions Audiolib - 7h16 d'écoute - 20.45 €

Parution Albin Michel 2021 - Audiolib 2022

L'histoire : A bientôt 40 ans, Lise vient de tout perdre suite à une sale histoire... Son restaurant, sa réputation, l'étoile qu'elle était sur le point d'obtenir, son contrat télé pour une émission culinaire. Elle est en une des médias, pas les meilleurs et pas pour la gloire non plus. 

Elle se réfugie au Pays Basque, sur les traces de sa mère et de son histoire personnelle. Là-bas, elle rencontre un curieux personnage, dandy et fantasque, qui lui confie les clés de son restaurant, une gargote dont il n'est que le propriétaire. La mission de Lise est "simple : faire de ce lieu une adresse gastronomique, et pour cela, elle devra s'entendre avec Peyo, le chef très bourru actuel.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Suite à mon hospitalisation pour Névrite vestibulaire, ma fatigue et ma difficulté de concentration, il me fallait un livre "facile" et audio. J'ai donc pioché celui-ci dans ma PAL. Ca faisait aussi un moment que je voyais le nom d'Anne-Gaëlle Huon sur les étals des libraires, avec de très belles couvertures, qui donnent autant envie que le ton du roman.

La trame de l'histoire n'est pas particulièrement inédite, il y a un côté "ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda et de bien d'autres titres. Des êtres brisés qui se reconstruisent ensemble, dans la bienveillance, l'entraide inter générationnelle etc, le tout avec pas mal de bons sentiments parfois un peu trop superposés à mon goût. Je n'en ferais pas mon style de roman de prédilection, mais là et /ou de temps en temps, je dois avouer que j'ai apprécié cette lecture pour ce qu'elle est : elle m'a divertie, m'a fait du bien. Une lecture fluide et doudou, très bien écrite, bien menée et rythmée.

Les chapitres alternent sur les deux personnages principaux... Lise et le dandy Etchegoyen. Le mystère des liens qui les unissent se devine assez vite... tout comme l'issue finale qui n'est pas des plus surprenantes ni des plus réalistes. Peu importe, là n'est pas l'essentiel.

Celui-ci est dans le partage, l'entraide, l'écoute des autres... Et surtout ici, l'amour de sa région et la passion dans ce que l'on fait... En l'occurrence, le Pays Basque et la cuisine, qu'elle soit gastronomique ou pas, étoilée ou pas ! A travers les personnages de Lise et de Peyo, Anne-Gaëlle Huon montre à quel point la cuisine gastronomique est exigeante, prenante, envahissante, au point parfois de gâcher la vie personnelle. Elle montre aussi à quel point ce milieu est encore terriblement misogyne et à quel point il peut aussi se révéler cruel, si l'on ne tombe pas dans une bonne brigade, ou sous les ordres d'un chef tortionnaire. Une profession qui gagnerait tout à se féminiser !

Quant aux étoiles du titre, elles sont doublement symboliques : les astres, et les étoiles Michelin !

Pour conclure, un moment de lecture agréable, assez gustatif dans certains passages, sans être révolutionnaire. Et je pense qu'en ce sens, Anne-Gaëlle Huon réussit ses romans et fidélise ses lecteurs.

PS : Je découvre en rédigeant ce billet que "Ce que les étoiles doivent à la nuit" est la suite du roman "Les demoiselles".

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 5 Mai 2023

Roman - Editions Gallimard - 288 pages - 20 €

Parution en avril 2022

L'histoire : On l'appelait "Le mage du Kremlin". Pendant plus de 15 ans, Vadim Baranov fut l'éminence grise du Tsar (alias Poutine) son bras droit... Celui qui a aidé et participé la stature du Tsar, et à la création de la "nouvelle Russie. Après sa démission, il avait disparu, laissant place à toutes les rumeurs possibles, jusqu'à ce que le narrateur de ce roman le rencontre et écoute cette histoire... au coeur du Kremlin.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Dinard

 

Mon humble avis : Le Mage du Kremlin est je crois le roman que j'ai le plus vu sur la blogosphère ces derniers mois, et celui qui partageait le plus les lecteurs. Et malgré ces avis divergeant, j'avais plus qu'envie de le lire... 

Ce roman est-il imparfait ? Sans doute oui. Peut-être quelques longueurs sur la fin... Et puis, finalement, il me semble que l'on perçoive assez peu le rôle joué par Baranov dans l'édification de la nouvelle Russie.

Ce roman est-il passionnant et instructif ? CARREMENT ! Bref, j'ai adoré, j'ai dévoré ce livre jusqu'à ce que ma lecture soit interrompue par mon hospitalisation.

Le personnage de Baranov est librement inspiré de Vladislav Yuryevich Surkov, qui fut le conseillé de Poutine. L'auteur est conseillé politique et prof à Science Po... Il sait donc de quoi il parle. Le Mage du Kremlin est donc un livre historique romancé... Dont on connaît hélas l'issue...avec la récente guerre en Ukraine.

Pourquoi ai-je tant aimé ce roman ? Parce qu'il m'a permis de comprendre facilement là où les médias m'emmêlent les pinceaux. Comprendre l'Histoire russe contemporaine, et la mentalité Russe. Réaliser à quel point la chute de l'empire soviétique et du communisme, et l'avènement du capitalisme (du coup à outrance) fut un véritable séisme pour le peuple russe... et quelque part un autre traumatisme, comme les purges stalinistes. Avant le capitalisme, un Russe ne cherchait pas l'argent, mais les privilèges... Et les privilèges sont une prison, car ils exigent la soumission...

Ce qui est terrible, c'est que lorsque Poutine apparaît dans l'Histoire (et l'histoire), sa droiture et sa rigueur le rendrait presque "sympathique", ou plutôt admirable et manifestement plein de qualité pour mener à bien sa "mission". Mais au fil des pages que nous passons à ses côtés, il devient glaçant et tel qu'on le "connaît" à travers ses apparitions médiatiques et ses tristes actions.

C'est donc un passionnant roman sur la Russie contemporaine que Da Empoli nous livre ici, mais bien plus aussi. C'est une magistrale réflexion, très étayée, sur la démocratie, sur la lutte des blocs Est/Ouest qui n'a en fait jamais vraiment cessé, sur la lutte d'influence, et surtout, surtout, sur le pouvoir. Et au final, tout cela fait vraiment froid dans le dos. Alors pour se rassurer, on peut se dire que ce n'est qu'un roman. Sauf que... On peut retrouver bien des faits narrés ici par 2 clicks sur Google et You tube.

Fiction réelle ou pas, à lire vraiment !!!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 3 Mai 2023

Roman - Editions Audiolib - 9h23 d'écoute - 19.70 €

Parution Audiolib 2015 -Rivage 2013

L'histoire : A travers l'immensité des prairies vierges du Far-West, les chemins des Indiens, des pionniers, des cow-boys et des brigands se croisent aux abords d'une ville naissante, où tous convergent. Les frères Jeff et Brad, le médecin Gifford, le bandit Quibble, l'Indienne Eau-qui-court-sur-la-plaine, l'aventureux Elie...

 

 

 

tentation : La blogo à l'époque... dans mes souvenirs !!!

Fournisseur : La bib de Rennes, autrement dit, ma PAL audio !

 

Mon humble avis : Après 2 abandons de livres audios (juste pas possible !!!) je pioche celui-ci, en me disant que les grands espaces, les cow-boys et les indiens, ça devrait me plaire ! Bref, un western littéraire !

Ecoute commencée en février, interrompue longuement, reprise à zéro, de temps à autre, jamais je n'ai vraiment mis le pied à l'étrier. Pire, j'ai traversé ce roman et .... Rien ! Pas de repères, pas d'émotions, pas d'empathies, et rien saisi de l'histoire réelle ni de l'objectif de la romancière, si toutefois il y en a un.

Beaucoup trop de personnages, nommés tantôt par leur prénom, par leur diminutif ou par le patronyme... je ne m'y suis jamais vraiment retrouvée, d'autant qu'ils mettent un certain temps à se rencontrer et à se confronter.

Je n'ai détecté ni la tendresse ni le burlesque annoncés par la 4ème de couv, à peine quelques touches d'humour.

Bon l'écriture est belle, on imagine bien l'immensité des paysages du Far West. et l'époque est certainement très bien mise en scène. Je me suis amusée un peu à coller sur les personnages des "gueules" vus dans les Westerns,  et me suis fait ma B.O avec le Best of d'Ennio Morricone pour tromper mon terrible et profond ennui. Une rencontre complètement ratée pour moi ! Dommage...

Keisha avait adoré

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 11 Avril 2023

Roman - Editions Pocket - 222 pages - 6.75 €

Parution Pocket octobre 2022 (Les presses de la cité 2021)

L'histoire : Neven, ancien aviateur reconverti en mécano sur un aérodrome, et Andie, jeune détective privée, sont recrutés par un richissime homme d'affaires pour mener une enquête et résoudre un mystère vieux de plusieurs décennies : Qui a tué le Petit Prince, et qui a tué Antoine de Saint Exupéry ? A bord d'un Falcon, d'îles en îles, ils parcourent la planète et rencontre les membres du club 612, celui des fans et experts du Petit Prince.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Cadeau de Noël

 

Mon humble avis : J'ai vu ce livre sur la blogo, puis sur les étals des libraires, alors hop, direction sous le sapin !

Bon je vais être directe, la rencontre ne s'est pas vraiment faite, et à bien manqué ne pas se faire du tout. Les premières pages m'ont amusée, la suite m'a lassée, j'avais l'impression de brasser de l'air, que les questions comme les situations se répétaient sans cesse, et que chacun contredisait l'autre, bref, que l'on tournait en rond. Est-ce le Petit Prince qui a tué St Exupéry ou St Exupéry qui a tué le Petit Prince ?

Et puis les 40 dernières pages ont inversé la situation et réveillé mon intérêt et mon plaisir de lecture. Mais je pense que je suis partiellement coupable de ce manque d'enthousiasme. Peut-être que je n'ai pas su lire ce roman avec l'enfant qui est en moi, que j'ai laissé toute la place à l'adulte. Et puis, j'avoue, je crois que je n'ai jamais lu le Petit prince, je n'en connais que quelques bribes, les plus célèbres. Honnêtement, je pense que si j'avais lu (ou relu) le Petit prince récemment, j'aurais peut-être trouvé admirable la construction du roman, je pense très parallèle (tant dans l'aspect voyage îles / planètes que dans les personnages, depuis Neven et Andie, jusqu'aux membres du club 612, qui sont tous une "réincarnation" de ceux du roman le plus traduit et le plus vendu au monde !)

Jusqu'à maintenant, Saint Ex se résumait pour moi à l'aéropostale, à vol de nuit, au Petit Prince. Aussi, je suis contente de mieux connaître sa vie, son oeuvre etc. J'ai apprécié aussi les dialogues à portée philosophique entre les personnages, toujours en rapport avec l'oeuvre d'Antoine de St Ex sur la rose, etc. Bref, c'est une explication / vision du texte très intéressante tout de même proposée ici par Michel Bussi, toujours d'actualité, voire plus que jamais, dans la portée humaniste, écologique etc. Et je ne considèrerais plus jamais les fameuses citations : "On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible pour les yeux" et "Tu es responsable de ce que tu as apprivoisé"... Je vous laisse le plaisir de découvrir ce que pourrait être les sens réels de ces phrases que l'on connaît tous.

Bon ben c'est pas tout, moi, il me reste à lire le Petit Prince du coup. Et je pense que toutes celles et tous ceux qui liront code 612 auront envie de redécouvrir le petit prince à la lueur d'un autre réverbère.

PS : Evidemment, ce qu'écrit Michel Bussi est inspiré d'une longue recherche et d'une grande documentation sur le sujet. Bref, y'a du boulot derrière !!!

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 29 Mars 2023

Roman - Editions Gallimard - 176 pages - 18 €

Parution le 18 août 2022 : Rentrée littéraire

L'histoire : Elsa Feuillet, lyonnaise, est une romancière méconnue, fan de la célèbre Béatrice Blandy, écrivaine renommée. Fan au point de lire et relire ses romans, mais pas au point de faire la queue dans un salon pour la rencontrer.

Béatrice Blandy décède d'un cancer. Quelque temps plus tard, Elsa rencontre l'époux de la défunte. Une idylle naît entre eux. Elsa va peu à peu se glisser dans la vie de son autrice fétiche...

 

Tentation : Le hasard

Fournisseur : La bib' de Dinard

Mon humble avis : Le hasard fait parfois bien les choses. L'autre jour, je passais par la médiathèque, voir les romans disponibles sur la table des nouveautés. Pas grand-chose... Je ne connais l'écrivaine Carole Fives que de nom, aussi, je me suis dit qu'elle avait peut-être quelque chose à me dire !

Et je ne me suis pas trompée, j'ai dévoré ce roman en 24 heures. Et cette lecture rythmée, prenante, addictive même, m'a fait beaucoup de bien.

Pourtant, le point de départ de l'histoire n'est pas exceptionnellement original et la direction qu'il prend non plus... Il y en a eu déjà, des livres mettant en scène des écrivains et des possibles usurpation d'identité.

Mais tout est mené avec maestria, la tension monte, tout en restant supportable et distrayante, laissant au lecteur le plaisir d'établir ses propres suppositions quant à l'issue finale... Qui évidemment, surprend je pense tout le monde, même les plus fins esprits.

A un certain moment, l'atmosphère n'est pas sans rappeler "Rebecca" de Daphné du Maurier, d'ailleurs, la référence est tout à fait assumée, le personnage d'Elsa y faisant allusion à plusieurs reprises. Nous ne sommes pas dans un thriller à proprement parler à mes yeux, mais l'ambiance s'en approche dangereusement !!!

Ce roman interroge aussi sur la littérature... le talent, sa source, le droit du lecteur, les petits arrangements entre éditeurs, la différence entre l'inspiration naissant d'une admiration et le plagia etc. Je ne développe pas plus, sous peine de spoiler.

Certes, Carole Fives en dit assez peu sur ses personnages. Cela ne m'a pas dérangée, bien au contraire. Cela évite des descriptions et des digressions interminables, et surtout, cela permet au lecteur de se glisser dans la peau du personnage, celle-ci étant assez lisse pour accueillir quiconque. Un livre vite lu bien lu, ça me va très bien !

La plume est fluide, agréable, directe, elle ne s'encombre pas du superflu, j'ai beaucoup aimé, et je pense que je lirai d'autre roman de Carole Fives, et cette fois-ci, ce ne sera plus par hasard !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 16 Mars 2023

Roman - Editions Livre de poche - 337 pages - 8.40 €

Parution poche Mars 2021 , Calman Levy 2020

L'histoire : New York, Flora Conway est une romancière primée, mais aussi discrète et légendaire.  Un jour d'avril, sa fille de 3 ans, Carry, disparaît de son appartement pourtant fermé à clé de l'intérieur. L'enquête policière ne donne rien... Six mois plus tard, au bord de la folie, Flora réalise que tout cela dépasse vraiment l'entendement, et que sans doute quelqu'un tire les ficelles et la manipule.

Pendant ce temps, il semble qu'à Paris, un écrivain qui traverse une très mauvaise passe familiale, détienne les clés de l'énigme et du désarroi de Flora.

 

 

Tentation : Pourquoi pas une bonne lecture bien distrayante ?

Fournisseur : La boite à livres en bas de chez moi.

Mon humble avis : Et oui, j'aime varier les genres et les plaisirs. Chez moi, on peut passer du Prix Nobel de Littérature avec Annie Ernaux à Guillaume Musso, et dans quelques jours, on arrivera à Jonathan Coe !

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce roman est vraiment original avec une sacrée structure qu'il fallait imaginer ! On met un certain temps à saisir où Guillaume Musso veut nous mener, quand il se joue de nous lecteurs etc. On pense trouver et puis non, ou pas tout à fait. Il est difficile de démêler le vrai du faux, le vrai fictionnel du faux réel etc. On est parfois égaré par les retours en arrière, les changements de narrateurs, les extraits d'articles de presse Il est souvent question de littérature dans cette histoire, les principaux protagonistes étant écrivains ou éditeurs... Musso y aborde la célébrité très étiquetée dans le domaine littéraire, peut-être aussi une certaine lassitude d'être cantonné à un même genre, la fiction invasive dans la vie, la créativité, le mythe de l'écrivain forcément sympa, le rapport du romancier avec ses personnages. Bref, il y a beaucoup de Musso dans ces lignes, jusqu'au changement de maison d'édition, l'envie d'autre chose.... Le romancier a annoncé il y a quelque temps vouloir ralentir la cadence habituelle de parution... Tout cet aspect-là est assez intéressant, et les multiples rebondissements romanesques et révélations tiennent assez en haleine.

La vie est un roman est vraiment une mise en abymes à tous les étages, avec des romans dans le roman, de vrais faux personnages, vrais faux romanciers, vrais faux romans, du fictif qui devient réel et du réel qui nourrit le fictif. Bon pas mal de choses m'ont fait un peu tiquée, comme tirées par les cheveux, mais après tout, dans un roman, tout est possible et l'auteur trouvera bien une explication. Ceci pour aborder le sujet de la liberté d'un auteur, et de l'éternel débat (qui me laisse de glace, car je crois qu'il y a un peu trop de mystification là-dedans) : qui mène le bal, qui tire les ficelles, le romancier où ses personnages... Les réponses des écrivains varient... 

C'est évidemment une lecture amusante et globalement agréable, qui fait son job. Quelques réserves sur les lamentations de l'écrivain parisien qui fonctionne au doliprane, sur des passages qui m'ont paru trop mielleux, sur l'impression que tout va dans tous les sens sans continuité manifeste... J'ai un peu ronchonné sur le style, les envolées pseudo poétiques qui me paraissent souvent comme des phrases toutes prêtes à placer en introduction de chapitre et l'aspect un peu violon. Bref, original mais tout de même un peu déconcertant... Comme la vie peut l'être parfois. J'ai lu d'autres Musso plus prenants.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Mars 2023

Roman - Editions Folio - 114 pages - 6.10 €

Parution d'origine chez Gallimard en 1983

L'histoire : Annie Ernaux retrace ici la vie et la mort de son père. Pour ne pas oublier ses origines modestes, et leur rendre hommage. Ce père qui n'était jamais entré dans un musée, qui a eu une vie de labeur, qui a tout fait gravir les marches qui lui étaient possibles pour atteindre, mériter et garder sa place, sans jamais espérer l'inaccessible, l'autre côté. Qui se contentait de ce que la place lui accordait de confort, un peu plus doux au fil des décennies, et qui a accepté que sa fille s'éloigne, pour gagner une autre place, plus haute que la sienne.

Tentation : l'actualité littéraire

Fournisseur : Kdo de Noël

 

 

Mon humble avis : D'Annie Ernaux, je n'avais lu jusqu'ici que "L'autre fille", que j'avais beaucoup aimé. C'était il y a déjà plus de 10 ans ! Et voilà que 2022 couronne Annie Ernaux du Prix Nobel de Littérature ! Il me fallait à tout prix en découvrir un peu plus de cette grande dame.

La place, ce n'est pas un lieu. C'est la position. Le rang. La classe sociale. Celle du père d'Annie Ernaux et par extension de sa mère, de sa famille. Né paysan pauvre au début du XXème siècle, il deviendra ouvrier, puis petit commerçant d'une ville de province normande. Sa fille, Annie, sera scolarisée, puis étudiante... et deviendra professeur de lettres modernes. Un fossé qui s'élargit entre la place de la fille, et celle du père, un gouffre qui éloigne encore un peu deux êtres que la vie et l'époque ont toujours séparés d'une distance silencieuse.

J'ai aimé ce texte, énormément. Le contexte, les décennies qui défilent, les villes et leurs centres qui évoluent, les méthodes de consommation qui changent aussi. Le confort plus que rudimentaire, voire inexistant dans l'enfance du père, qui s'étoffe petit à petit, alors que le père monte une marche dans le rang social, gagne un peu plus après avoir tant réfléchis, transpiré, osé, pour mener sa famille à bon port, et mériter le respect... Et surtout, avoir la tête haute, sans se la jouer non plus, sans imposture. Rester à sa place quoiqu'il en soit. Faire attention au regard de l'autre. Et puis il y a tous ces us et coutumes qui sont maintenant d'un autre temps, et qu'il est utile de rappeler... Oui, la vie fut comme cela à une époque... 

J'ai aimé la description subtile, sans reproche ni fierté déplacée, de la migration d'Annie, depuis un milieu populaire, où l'on ne cause pas toujours un français correct, vers un entourage estudiantin, professionnel et personnel intellectuel et bourgeois.

Enfin, j'ai aimé cette écriture, épurée, narrative, pudique aussi, qui ne s'encombre pas de fioritures ni de détours. Pourtant, certaines phrases ou assertions claquent et s'impriment dans l'esprit du lecteur. Une langue presque abrupte pour rester au plus près de ce que les choses ont été, ne pas trahir... mais tout en restant à une certaine distance. 

Mais pour moi, ce texte reste un bel hommage au père, un homme droit, qui grâce aux classes sociales acquises par son labeur, alliées à l'évolution des droits républicains, a permis à sa fille de s'élever encore plus... même si cela signifiait : s'éloigner, et ne plus forcément se comprendre.

Un livre qui peut parler à tous et toutes...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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Publié le 7 Mars 2023

Roman - Editions Livre de poche - 278 pages - 7.20 €

Parution Poche 2011 (Grasset & Fasquelle 2009)

L'histoire : Emilie prépare un dîner aux chandelles pour ses 25 ans de mariage. Dans la cave, elle déballe une bouteille d'une feuille de journal... Sur ce feuille, une annonce attire son attention... Ni une, ni deux, elle prend ses clés de voiture et prend la route, direction l'Italie. Cette annonce s'adresse forcément à elle. Dario, 1976, Aix en Provence... C'est son premier amour, alors qu'elle était lycéenne.

 

 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : J'ai aimé les quelques romans de Véronique Olmi que j'ai lui, il était temps que je règle le compte de celui-ci !

Une histoire qui n'est pas spectaculaire ni grandiloquente, mais qui charme, énormément. Je me suis sentie bien dans ces pages, avec Emilie, en direction de l'Italie. L'ouvrage commence un peu comme un road trip. On accompagne une femme quinquagénaire qui roule vers son amour d'adolescente. On pourrait la croire folle ou capricieuse... Partir comme ça, sur un coup de tête le soir de ses 25 ans de mariage. Il n'en n'est rien. Tout s'expliquera au fil des pages. Ce voyage vers le passé est comme un long regard dans le rétroviseur... Qu'a-t-elle fait de sa vie depuis cet été 1976, alors qu'elle est devenue épouse, mère, institutrice à Paris. Toutes les réflexions de ce personnage m'ont beaucoup parlé et touchée. Nos vies sont différentes, mais j'ai connu des départs subits et j'ai le même âge. Tout au long de la route, Emilie fera des rencontres, plus ou moins surprenantes, mais qui lui donneront un autre angle de vue sur la vie, le monde, elle-même. Et puis, il y a ce passage dans ce centre médicalisé, où vie Christine, sa grande petite soeur qui a un chromosome de plus.

Emilie arrive en Italie, sonne chez Dario... Et là, l'attend l'inattendu, elle qui avait tout imaginé durant son périple, et cet inattendu surprend vraiment le lecteur.

C'est un roman doux et dur à la fois, mais où je me suis sentie comme dans un cocon, écrit avec délicatesse et justesse, en plus de la langue joliment maniée et d'une fluidité agréable... Les personnages sont décrits avec subtilité, rien n'est laissé au hasard en fait. C'est l'histoire d'une femme qui vole vers son premier amour, celui qui lui a permis, jeune fille, de déployer ses ailes, et de commencer un long chemin pour se défaire du carcan familial stricte et religieux... de commencer à être elle, juste elle.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Littérature française

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