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Publié le 3 Mars 2026

Film d'Armelle et Emmanuelle Patron

Avec Miou Miou, André Dussolier, Arnaud Ducret, Thomas Solivérès, Pauline Clément

Synopsis : Quand Alice et Vincent Gauthier convoquent en urgence leurs trois enfants, la fratrie débarque affolée craignant le pire … mais, bonne nouvelle, leurs parents ont en fait touché le Jackpot ! Le problème : ils ne comptent pas leur donner un centime.

Mon humble avis : Ce film est l'adaptation de la pièce éponyme à succès, vu par plus de 500 000 spectateurs en France, entre Paris et la province.

Chers parents m'a régalée du début à la fin. J'ai souri ou ri de bon coeur, sans exagération, sans me sentir forcée. Parce qu'en fait, le scénario est bien plus subtil et fin qu'il n'y paraît. Et par le biais de plusieurs twists qu'on ne voit pas venir, il ne manque pas de rythme, de surprises, et de situations des plus inattendues. C'est cynique, caustique, drôle et tellement vrai en fait car satirique à souhait. C'est un presque huis-clos familial qui va complètement dégénérer... A cause de quoi ? De l'argent bien sûr.... Cet argent tombé du ciel par millions, qui va révéler petits et grands travers des uns et des autres, qui va réveiller de vieilles rancunes ou jalousies. Bref, lorsque le pognon paraît, quand on n'en n'a jamais vraiment manqué, et bien tout par en live.

Ce film a donc l'éternel sujet "L'argent ne fait pas le bonheur"... Il le traite de façon subtile en posant clairement la question aux trois grands enfants... Quelle somme vous manque t-il pour être heureux... Chaque enfant réagit différemment... L'un veut une Porsche (je caricature à peine), l'autre pense à remplacer sa machine à laver. On voit ainsi qui de la fratrie est le plus matérialiste ou autre. Mais, ce que le film nous dit aussi, c'est que tant que la dépense d'une telle somme est pensée individuellement, elle ne mène pas à grand-chose. Par contre, quand on y pense collectivement, des projets vraiment intéressants et équilibrés pour tous apparaissent.

Autre sujet du film... Les grands enfants adultes qui revendiquent leur liberté et leur indépendance mais qui ont toujours besoin d'un soutien affectif et/ou financier.

Chaque comédien est parfaitement à sa place, dont Arnaud Ducret en ignoble grand-frère. Mais celle qui brille le plus tout en discrétion, c'est Miou Miou. Elle est tout simplement géniale ! Quant aux dialogues, ils sont fichtrement bien sentis !

Bref, la famille reste et restera un sacré terreau d'inspiration créative, tant dans ce petit microcosme, tout ce que l'humain fait de mieux et de pire est bien présent.

En ces temps où tout pète partout, ce film est un bol d'air qui pose de bonnes questions, amuse beaucoup. Il est donc à consommer sans modération ! L'argent ne fait pas le bonheur, mais s'il permet déjà deux heures de plaisir au ciné, c'est déjà pas mal !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 23 Février 2026

Film d'Alice Winocour

Avec Angelina Jolie, Louis Garrel, Vincent Lindon, Anyier Anei

Synopsis : A Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud‐soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire.

Mon humble avis : Un synopsis qui me plait, une grosse promo, avec la présence de la star Américaine Angelina Jolie sur les plateaux TV etc... Et surtout, un énorme coup de coeur pour "Revoir Paris", précédent film de la réalisatrice Alice Winocour... et me voilà assise dans le noir sur un fauteuil de velours...

A regarder un film dont les images sont superbes, dont les actrices jouent très brillement leur rôle, un film qui montre quelques envers du décor derrière le glamour des grands défilés... où toutes ses superbes filles paraissent tellement femmes objets... Chacune des trois héroïnes possède une ou deux scènes marquantes, qui vont se jouer dans un regard, un sourire retenu, une courte phrase. Mais dans l'absolu, le film est beaucoup trop dans l'implicite et pas assez dans l'explicite par rapport au synopsis, et donc à la promesse... Car de cette solidarité féminine annoncée, on ne voit pas grand-chose, et il ne faut pas louper "les instants" qui ne reviendront pas... En résumé, chacune croise l'autre le temps de deux ou trois phrases et d'un mot d'encouragement... Les héroïnes se croisent, tracent leur route/rôle... Des destinées qui ne se rejoignent pas vraiment, si ce n'est le temps de quelques secondes, et c'est dommage... Parce que finalement, on ne va en relative profondeur que dans le coeur de Maxine... Ada et Angèle ne sont pas loin de la figuration, personnages à peine explorés mais nécessaires pour que ce film ne soit pas que sur cette américaine à Paris qui découvre qu'elle a un cancer du sein à un stade bien avancé.

Et puis, alors qu'on était dans le rationnel, pendant quelques instants... tout dérape dans l'incompréhensible et l'irréaliste, sans doute faut-il chercher bien profond une métaphore avec la vie des personnages, mais ça ne saute pas aux yeux... Une tempête, une tribune couverte qui s'effondre, mais des top models qui continuent à défilé sous la pluie, dans la boue, certaines avec une couverture de survie, mais toute avec un vêtement à plusieurs milliers d'Euros... Faut qu'on m'explique, tout comme l'arrivée du loup.

Et pourtant, on sent que réalisatrice comme actrice (Angélina jolie) évoquent des drames autobiographiques, cancer pour l'une, ablation préventive pour l'autre... Et cet aspect-là du film est franchement réussi, avec une Angélina Jolie qui est dite au sommet de son art. Je n'ai pas vu beaucoup de ses films, mais oui, son interprétation de Maxine est juste parfaite, touchante, avec ce qu'il faut de pudeur.

Un film qui parle de coutureS, au pluriel... Les personnages qui recousent leur vie et le milieu de la haute couture... Et pourtant, l'ensemble parait décousu.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 30 Janvier 2026

Film de Yann Gozlan

Avec Pierre Niney, Marion Barbeau, Anthony Bajon

Synopsis : Matt est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu'elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s'engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire...

Mon humble avis : Ce film nous plonge dans un univers que l'on nomme régulièrement et pour tout, mais dont j'ignorais l'étendue et l'influence : le Coaching... Oui, à notre époque, nombre de personnes s'autoproclament coach en tout, et sont aidés dans leur promotion par les réseaux sociaux pour attendre des dimensions industrielles. Mais jamais je n'aurais imaginé ces séminaires qui remplissent des hôtels entiers, ou aux USA, qui remplissent les salles de spectacles habituellement occupées par les fans de Madonna, Rihanna, Lady Gaga and co. C'est une véritable idolâtrie qui s'installe autour de ces personnages, avec la même ferveur que quand l'on a 15 ans lorsqu'on est fan d'un chanteur... Sauf que là, dans le public, tout le monde est bien majeur et vacciné. Et c'est cela qui fait peur, que des adultes puissent autant aduler un tel personnage dont évidemment, ils sont tombés sous le charme via une manipulation minutée, orchestrée etc...

Dans ces séminaires, les participants semblent trouver la galvanisation collective qui manque à leur vie, l'écoute, l'attention, l'empathie dont ils ont besoin et qu'on leur accorde le temps d'un instant, et surtout, moyennant quelques billets. En fait, c'est flippant de réaliser à quel point, dans notre société actuelle, les gens sont paumés, se sentent tellement seuls et incompris qu'ils ont l'impression qu'ils ont besoin de ces coachs de vie pour mener la leur.... Surtout pour entendre la traditionnelle réponse qui est sensée changer ta vie : "le pouvoir, la réponse sont en toi" ! C'est une réelle dépendance affective et émotionnelle qui se met en place... Et effectivement, les dérives sectaires possibles sont manifestes. Bref, ce sont mes réflexions d'après la séance.

Quid du film en lui-même ? J'ai adoré. Déjà, il faut dire que Pierre Niney déploie une énergie de dingue pour incarner à la perfection coach Matt, que ce soit dans la lumière ou dans sa part d'ombre. Franchement, je lui tire mon chapeau tant il a fait de son personnage un homme aussi charmant et fascinant en apparence que détestable, mégalo dans le fond... qui nous fait tout le temps surfer sur le doute entre la sincérité et le mensonge, alors que tout n'est qu'en fait tartuferie et égo XXL... Mais qui croit profondément en ce qu'il fait, là est toute l'ambiguïté. Et pourtant, tout ce qu'il dit n'est pas complètement faut ni complètement vrai... Tout dépend du contexte, de la nature et de l'état de la personne qui reçoit ses imprécations aussi magiques que vénéneuses... Et comme là il s'agit de séminaire avec des centaines de personnes... Pas de tri, tout le monde a droit à la même soupe.... La positivité toxique...

La réalisation impeccable montre parfaitement la dimension énergique, électrique, galvanisante jusqu'à la folie ou la transe de ces fameux séminaires. En dehors de ces scènes, le film plonge dans le côté obscur du coaching, la tension monte, et c'est bien dans un thriller que nous atterrissons et Matt Vasseur dans une spirale infernale. Et plus cela avance, plus cela fait froid dans le dos... Je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler. Un excellent film sur la puissance des mots sur l'esprit, puissance exponentielle quand elle est vécue en groupe. Et ce qui est terrible aussi, c'est que les méthodes de ce coaching ne sont pas des méthodes politiques qui mènent au populisme et aux extrêmes.

Pour moi, un film édifiant et captivant sur un phénomène de société terrifiant. Superbement mené et interprété, à voir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Janvier 2026

Film de Jean-Paul Salomé

Avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon, Pierre Lottin

Synopsis : Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France.

Mon humble avis : Film inspiré de faits réels... dont je n'avais jamais entendu parler mais qui à l'époque ont fait grand bruit.

L'histoire d'un grand faussaire qui fit trembler la banque de France dans les années d'après-guerre. Il règne dans ce film une atmosphère qui oscille entre Arsène Lupin, et Simenon pour l'époque. Parce que ce faussaire, qui fabriqua et éparpilla l'équivalent de 5 millions d'Euros, on l'aime, même s'il est soi- disant le méchant de l'histoire. Parce qu'il est né bon, que c'est un homme bien, mais que la société française n'a pas voulu embaucher parce qu'il avait un nom polonais... Et là, on se dit que c'est tout de même dingue et malheureux que les institutions se privent des talents et des génies de telle personnes sous prétexte qu'elles ne rentrent pas dans les cases administratives. Quel gâchis... Et pas étonnant que ces personnes talentueuses se tournent vers la filouterie pour exercer leur art, puisqu'il s'agit là vraiment d'art, et de chef d'oeuvre. D'ailleurs, des années après la fin de ce trafic de fausse monnaie, des "vrais-faux" billets de Bojarski étaient vendus aux enchères chez Drouot pour des sommes astronomique...  Le talent, le don extraordinaire de Bojanski fut reconnu comme celui d'un grand peintre comme Cézanne... D'autant que Jan ( Ceslaw dans la vraie vie), était un ingénieur et inventeur de génie qui n'a jamais pu déposer ses brevets, pour cause de patronyme étranger.

On suit donc la vie de cet homme faussement ordinaire, et sa famille, sur presque une trentaine d'années.

Des millions de Francs passent sous nos yeux, mais l'homme mène une vie simple et discrète, même si le travail est énorme et le coupe de tout : de sa famille, de ses amis, d'une certaine réalité... Mais ce qui ressort, c'est que Bojanski n'a jamais fait cela pour devenir richissime... Seulement par abnégation totale par amour de l'art, du défi et de la perfection. Il y a vraiment un aspect Gentleman faussaire, comme on dit Gentleman Cambrioleur pour évoquer Arsène Lupin.

Dans le rôle du personnage titre, on retrouve l'excellent Reda Kateb qui met sobriété nuances et délicatesse dans son jeu d'acteur. Son épouse est interprétée par Sara Giraudeau, un rôle fait pour elle !

Un film intéressant et très agréable à suivre, qui fait regretter tous ces talents gâchés ou perdus pour raison purement administrative.

Une histoire hors du commun d'un anti héro simplement fascinant. A voir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Décembre 2025

Film documentaire de Vincent Munier, 

Avec Michel, Vincent et Simon Munier

Synopsis : Après La Panthère des neiges, Vincent Munier nous invite au coeur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras.

Mon humble avis : La sortie de ce film était pour moi un événement attendu... Et l'attente a été à la hauteur du spectacle.

Quel film magnifique, que d'images splendides de au plus près de la nature et de ceux qui la peuplent, le plus souvent discrètement, car fuyant la présence nuisible de l'Homme. Des scènes auxquelles je rêve d'assister par moi-même.... Mais pour cela, il me faudrait le courage de me lever très tôt, et une patience que je n'ai pas. Et puis aussi, mon manque de connaissances de la faune sauvage la faune sauvage me ferait sans doute faire des erreurs, et tomber alors dans le dérangement de l'animal. Etre invisible n'est pas donné à tout le monde, mais Munier et les siens savent le faire, pour notre plus grand plaisir et le bonheur de nos regards.

Que de bruits, de sons, de cris, de chants, de grattement qui appartiennent au vivant de la terre, pour la plus part pas si loin de chez moi pour qui sait écouter, et attendre pour entendre et voir, et que je ne (re)connais pas ! 

Et puis, dans l'épure de ce film, la beauté est aussi dans la transmission intergénérationnelle, dans un chalet à la lueur des bougies, ou dans un affût de branches en pleine fort.  Tout est magnifiquement filmé, jusqu'au visage du grand-père Munier, jusqu'au regard lumineux du petit fils.

Evidemment, il y a un message de préservation et de protection de la nature, d'alerte renouvelée face aux changement climatique, et la disparition de certaines espèces de nos contrées, voire même, d'extinction à l'échelle mondiale. Cette année, le Courlis à bec grêle a été officiellement déclaré disparu de la surface terrestre...

Si vous n'êtes pas contemplatifs, si vous aimez l'action, si Dame Nature ne vous parle pas, n'allez pas voir ce film. Ou plutôt si, allez y, vous vous reconnecterez ainsi peut-être à l'essentiel et découvrirez tout un univers... si près de chez vous.

Et moi, jalouse je suis du talent photographique extraordinaire de Vincent Munier !

 

C'est avec ce billet et ce film magnifique que l'année 2025 se clôture sur mon blog. Je vous retrouve début 2026 ! En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances et de joyeuses fêtes de fin d'année.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 2 Décembre 2025

Film de Dominik Moll

Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich, Jonathan Turnbull

Synopsis : Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité... Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Mon humble avis : Un film inspiré de faits réels...  lors des manifestations des gilets jaunes à Paris en 2018...

Un film qui bouscule sacrément tant le collectif que l'individuel... Car même si l'injustice est criante, on ne sait plus quoi penser... Tant tout est la conséquence d'une accumulation de faits... Un peuple en colère, un gouvernement et des préfets dépassés, une police à bout de nerf, et aussi, une police désordonnée où ceux dont la mission est loin de l'ordre public se retrouve à devoir intervenir en manif, avec pour seule protection parfois, un casque de vélo acheté par l'agent chez Décathlon...  Et oui, c'est un film sur une société, une police, une justice, un système complet au bord de l'implosion.... Où la violence devient normalisée à tous les niveaux de la société, et qui s'enfonce dans une justice dysfonctionnelle et... à deux vitesses, suivant votre statut social...Avec au final, l'incompréhension de la famille de la victime.

Et ce qui est dingue, c'est que Dossier 137 est sorti sur les écrans la même semaine que le triste dixième anniversaire des attentats de Paris (Bataclan, Stade de France et Terrasse), où série TV, hommages officiels etc ont occupé les médias... Une semaine où on réapplaudit, comme à l'époque, certains des héros d'alors, les policiers de la B.R.I (entre autres) qui ont donné l'assaut au Bataclan... Et voilà que trois ans plus tard, quelques agents de la BRI se trouvent mêlé à une sale enquête de violences policières... Et la question se pose dans les couloirs de l'IGPN et des autorités... Peut-on accuser et salir les héros d'hier, même s'ils sont coupables. Et ces questions se posent dans la tête du spectateur en même temps : comment peut-on être héros un jour et bourreau le lendemain, peut on dire qu'il y a dans ce cas des circonstances atténuantes alors que des coups sont portés volontairement... Bref, ce film nous dit bien la difficulté et/ou l'hypocrisie de la justice. Là aussi, on peut débattre sur le fameux responsable mais pas coupable et vice et versa...  Il y a celui qui donne le coup et celui qui l'a amené dans cette situation ? Dans ce chaos, qui est coupable là-dedans, qui est responsable... 

Bref, ce film surfe sur la zone grise loin de tout manichéisme. Il pose des questions qui vont au-delà des apparences, des questions qui hantent longtemps après la séance parce qu'en fait, entre la loi, nos idéaux, nos valeurs, notre révolte, notre empathie XXL pour la victime, le contexte et bien on se retrouve bien en peine d'avoir une opinion précise, malgré notre écoeurement pour le système... On se retrouve bien démuni ou indécis.

Un film civilisationnel, nécessaire et méticuleux, sous tension, passionnant à suivre, qui tient en haleine, à voir absolument. D'autant qu'il est magistralement porté par la trop rare Léa Drucker et qu'il est filmé sobrement au plus proche de la réalité... un petit détail pour détendre l'atmosphère, petit détail que j'ai tout de même remarqué et apprécié... pour une fois, l'enquêtrice vit dans un appartement normal, avec du bordel du quotidien normal, du linge qui sèche etc... On est loin des maisons témoins ou autres lofts que le cinéma nous sert pour donner une image glamour...

Un des meilleurs films de l'année je pense, aux propos d'une fine intelligence et de nuance sur un sujet explosif, et l'importance de l'image pour résoudre une équation insolvable. Et une immersion très intéressante dans l'univers et la mission de l'IGPN. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Novembre 2025

Film d'Isabelle Carré

Avec Isabelle Carré, Tessa Dumond Janot, Alex Luth, Mélissa Boros

Synopsis : Élisabeth, comédienne, anime des ateliers d’écriture à l’hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l’a sauvée.

Mon humble avis : Ce film est librement inspiré du roman éponyme d'Isabelle Carré, lui-même inspiré de son internement pour tentative de suicide lorsqu'elle avait quatorze ans.

L'actrice anime des ateliers à l'hôpital avec des ado internés... Et dès qu'elle les rencontre, elle leur avoue être passée par là... Et voilà que les trois-quarts du film deviennent un flash-back dans les années 80, avec les événements qui ont abouti au désespoir d'Elisabeth (une trahison amoureuse et des parents dysfonctionnels), son geste et son internement... On sait que la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine actuelle, et que c'est encore pire pour la pédopsychiatrie. Manque de soins, de structures adaptées et de soignants sont mis en avant dans le film avec des statistiques finaux, qui juste avant le générique de fin, donnent froid dans le dos... La jeunesse actuelle va mal. Cette dénonciation est nécessaire.

En tout cela, le film est louable et nécessaire, franc tout en restant pudique. Il montre aussi qu'il existe des issues lumineuses et durables à ses passages noirs et que, notamment, la créativité, l'art, la musique, la lecture, le théâtre, aident à se comprendre, à comprendre le monde qui nous entoure, à se reconstruire, à vivre, pour ensuite partager son expérience.

Les comédiens sont tous bien en place, des plus jeunes aux plus expérimentés et le film évite les écueils du pathos sans pour autant nous laisser de glace, bien au contraire. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Et bien parce que je m'interroge sur le montage du film et son objectif... Démontrer les manquements de la pédopsychiatrie en France actuellement en prenant pour exemple un cas bien précis datant des années 80.... Je ne suis pas sûre que cela soit très représentatif. A part la distribution de médicaments, il n'est nullement question de soin, de thérapie, de dialogues avec les soignants sur le mal être qui a conduit les jeunes entre ces murs.

Enfin, nous assistons à très peu, trop peu d'échanges entre Elisabeth et les jeunes de l'atelier, et je pense que c'est cela qui aurait plus mérité d'être montré. On assiste d'un seul coup à l'interprétation d'un slam écrit par les jeunes patients sans avoir participé nous-mêmes à l'élaboration du texte qui aurait pu être le témoin d'une évolution chez chacun d'eux. Si dans le film les jeunes contemporains avaient eu l'occasion d'exprimer les raisons de leur mal-être, il eut été intéressant, pour moi, de les comparer avec celles des années 80 et tenter de déceler pourquoi la jeunesse se porte de plus en plus mal au niveau mental pour pouvoir y ébaucher un remède préventif.

Mais l'ensemble reste délicat, à l'image de sa réalisatrice. Et l'objectif du film est tout à fait louable et de plus en plus d'actualité.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Novembre 2025

Film de Jérôme Commandeur

Avec Jérôme Commandeur, Vanessa Paradis, Laurent Laffite, François Damien, Olivia Coste

Synopsis : Suite à un événement aussi loufoque que tragique, quatre anciens lycéens cabossés se télescopent et font face à leur passé. La force du groupe suffira-t-elle à les remettre droits ?

Véritable déclaration d’amour aux années 90, T’AS PAS CHANGÉ dresse le portrait hilarant et grinçant de ces quinquas que des retrouvailles vont bouleverser à jamais…

Mon humble avis : Alors, quand le synopsis dit "Hilarant" je dis stop... Ce film n'est pas hilarant, même si les réparties sont extrêmement bien senties et écrites. Grinçant ça oui, je confirme. On rit de temps et en temps, mais c'est en fait surtout l'émotion qui prime.

Le film est inégal, au début on a parfois l'impression de pédaler dans le yaourt, et puis on s'éprend de ces maladresses car on sent très fort les bonnes intentions de Jérôme Commandeur et l'importance qu'ont pour lui ce film et ce qu'il veut y dire et l'amour qu'il a pour ses personnages.

Je pense que ce film peut parler à tous, au présent comme au passé... je m'explique... Dans une salle de classe, il y a toujours (et c'est hélas de plus en plus prégnant avec l'usage des réseaux sociaux), des maltraités et des maltraitants à travers le harcèlement scolaire à une époque de la vie où les hormones chatouillent, où chacun voudrait ressembler à l'autre, ou personne ne veut être mis de côté, où l'importance est de trouver sa place. Les harceleurs d'aujourd'hui pourront y constater les dégâts de leurs actes sur le long terme et leur crétinerie leur sera renvoyée en pleine tronche. Les harcelés d'hier et d'aujourd'hui trouveront peut-être un réconfort, puisque ce film montre bien la stupidité et la méchanceté gratuite des harceleurs, qui ne sont en fait ni plus heureux ni mieux dans leur peau que les autres. Ce film montre parfaitement le pathétisme des harceleurs et finalement le sentiment de solitude de tout le monde.

Et T'as pas changé montre aussi que l'on n'est pas forcément les seuls à ne pas avoir mené la vie qu'on envisageait ou qui semblait nous être promise. Que sur une classe de 30, peu peuvent se targuer d'avoir réussi sa vie sur tous les plans.

C'est aussi un film sur la réconciliation... Celle entre les belligérants de l'époque, et celle avec ce que nous étions... Car les harcelés comprennent bien qu'ils n'y étaient pour rien et que leur harceleurs étaient juste de gros connards qui se sentaient supérieurs, et qui n'ont pas forcément mieux réussi dans la vie. Et les harceleurs réalisent la bêtise vaine de leur comportement d'alors et peuvent se racheter, s'en excuser... Par des petits ou grands gestes, une parole, une attention. Une fin qui réchauffe le coeur, qui fait du bien.

A mes yeux, le personnage le plus fort de ce film, celui qui crève l'écran, c'est le petit bout de femme qu'est Vanessa Paradis au milieu de ces 3 mecs. Elle est classe, lumineuse, drôle ou bouleversante suivant les moments... mais toujours intense.

A voir donc !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 31 Octobre 2025

Film de Thierry Klifa

Avec Isabelle Hupper, Marina Foïs, Laurent Laffite, Raphaël Personnaz

Synopsis : La femme la plus riche du monde : sa beauté, son intelligence, son pouvoir. Un écrivain photographe : son ambition, son insolence, sa folie. Le coup de foudre qui les emporte. Une héritière méfiante qui se bat pour être aimée. Un majordome aux aguets qui en sait plus qu’il ne dit. Des secrets de famille. Des donations astronomiques. Une guerre où tous les coups sont permis.

Mon humble avis : Je suis allée voir ce film à l'aveugle, il y a plusieurs semaines, en avant- première. Donc avant toute promotion médiatique. Et il ne faut pas longtemps, même sans avoir lu le synopsis, pour comprendre que l'on nous raconte dans ce film, librement, une partie de la vie de la famille Bettencourt (alias L'oréal parce que je le vaux bien)... Liliane B devient ici Marianne... Mais le reste y est, entre les conflits familiaux à retentissement médiatique, entreprise de cosmétiques, et pognon à ne plus savoir quoi en faire... Mais aussi, une lassitude, une forme d'ennui dans une vie terne et finalement solitaire... Qui de mieux qu'Isabelle Hupper pour camper cet impérial personnage ? Personne je pense. Jusqu'à ce que débarque Fantin, un journaliste photographe fantaisiste, survolté et qui ose tout... Et là, surprise, c'est Laurent Laffite, qui fut de la Comédie Française, qui s'y colle... franchement bien, un rôle étonnant dans sa filmographie, même si personnage absolument détestable, vaniteux et grossier, on devine qu'il a du bien se marrer à l'interpréter. Entre les deux, il y a Marina Foïs et Raphaël Personnaz, le calme entre les tempêtes, mais de tempérament orageux qui ne demande qu'à éclater.

Même si le fond est sérieux (argent, emprise, désamour etc) on se délecte de la drôlerie audacieuse de certaines scènes et de l'impertinence savoureuse de nombre de répliques. Les dialogues tantôt grinçants, tantôt bouffons, sont vraiment excellents.

Dans la réalisation, il y a un aspect assez théâtral... Oui, je verrai bien une pièce du même titre au théâtre puisque quasiment tout est en intérieur (luxueux)... Et les emphases du personnage Fantin se déclameraient parfaitement bien dans une salle à l'acoustique étudié.

On pourrait craindre le sujet... Encore des riches qui se ... Sauf que la richesse reste toujours un mystère attirant pour le spectateur lambda... Et que finalement, il reste des sujets assez universels qui n'attendent pas le nombre de zéro sur un compte en banque pour toucher tout le monde... Et le plus connu de tous est "l'argent ne fait pas le bonheur... même s'il y contribue". La femme la plus riche du monde reste un film populaire, qui s'adresse vraiment à tous. Et l'analyse du processus d'emprise, et de ses conséquences notamment sur l'entourage, est tout à fait digne d'intérêt

Un film caustique bien réussi, qui évite parfaitement les écueils où il aurait pu s'échouer... Au contraire, il nous embarque bien pour une séance de rire bienvenue

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Octobre 2025

Film de Cédric Jimenez

Avec Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulous, Roman Duris, Artus

Synopsis : Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia et Zem, deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.

Mon humble avis : Le film de Cédric Jimenez est librement adapté du roman éponyme de Laurent Gaudé.

Librement, ce qui signifie avec pas mal de différences... Nous voilà à Paris et non plus en Grèce et le contexte de l'histoire est bien moins complexe et fouillé que dans le livre. Il y a comme une simplification sans doute pour que le tout soit réalisable dans un film de moins de deux heures. Concentration sur le sujet des zones et de l'IA. Forget le dôme protecteur, forget le pays privatisé, forget les vols d'implants médicaux etc... Dommage tout de même car ce sont les ingrédients qui, à mes yeux, rendaient ce récit particulièrement intéressant et surtout original... Car j'ai déjà l'impression que les films traitant de l'IA sont déjà pléthores et nous disent déjà un peu tous la même chose. La fin me semble aussi différente, puisque Laurent Gaudé a publié la suite, Zem, fin août dernier pour cette rentrée littéraire.

Mais que l'on ne s'y trompe pas, j'ai passé un très bon moment de cinéma avec Chien 51. Ceux qui n'ont pas lu l'ouvrage de Gaudé trouveront néanmoins dans ce film un bon thriller dystopique divertissant, rondement mené et avec un casting de première classe ! Le spectacle, les effets visuels et le suspense sont garantis. Chien 51 coche toutes les cases de ce genre cinématographique, donc à ne pas bouder !

L'avis de Pascale

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Rédigé par Géraldine

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