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Publié le 2 Décembre 2025

Film de Dominik Moll

Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich, Jonathan Turnbull

Synopsis : Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité... Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Mon humble avis : Un film inspiré de faits réels...  lors des manifestations des gilets jaunes à Paris en 2018...

Un film qui bouscule sacrément tant le collectif que l'individuel... Car même si l'injustice est criante, on ne sait plus quoi penser... Tant tout est la conséquence d'une accumulation de faits... Un peuple en colère, un gouvernement et des préfets dépassés, une police à bout de nerf, et aussi, une police désordonnée où ceux dont la mission est loin de l'ordre public se retrouve à devoir intervenir en manif, avec pour seule protection parfois, un casque de vélo acheté par l'agent chez Décathlon...  Et oui, c'est un film sur une société, une police, une justice, un système complet au bord de l'implosion.... Où la violence devient normalisée à tous les niveaux de la société, et qui s'enfonce dans une justice dysfonctionnelle et... à deux vitesses, suivant votre statut social...Avec au final, l'incompréhension de la famille de la victime.

Et ce qui est dingue, c'est que Dossier 137 est sorti sur les écrans la même semaine que le triste dixième anniversaire des attentats de Paris (Bataclan, Stade de France et Terrasse), où série TV, hommages officiels etc ont occupé les médias... Une semaine où on réapplaudit, comme à l'époque, certains des héros d'alors, les policiers de la B.R.I (entre autres) qui ont donné l'assaut au Bataclan... Et voilà que trois ans plus tard, quelques agents de la BRI se trouvent mêlé à une sale enquête de violences policières... Et la question se pose dans les couloirs de l'IGPN et des autorités... Peut-on accuser et salir les héros d'hier, même s'ils sont coupables. Et ces questions se posent dans la tête du spectateur en même temps : comment peut-on être héros un jour et bourreau le lendemain, peut on dire qu'il y a dans ce cas des circonstances atténuantes alors que des coups sont portés volontairement... Bref, ce film nous dit bien la difficulté et/ou l'hypocrisie de la justice. Là aussi, on peut débattre sur le fameux responsable mais pas coupable et vice et versa...  Il y a celui qui donne le coup et celui qui l'a amené dans cette situation ? Dans ce chaos, qui est coupable là-dedans, qui est responsable... 

Bref, ce film surfe sur la zone grise loin de tout manichéisme. Il pose des questions qui vont au-delà des apparences, des questions qui hantent longtemps après la séance parce qu'en fait, entre la loi, nos idéaux, nos valeurs, notre révolte, notre empathie XXL pour la victime, le contexte et bien on se retrouve bien en peine d'avoir une opinion précise, malgré notre écoeurement pour le système... On se retrouve bien démuni ou indécis.

Un film civilisationnel, nécessaire et méticuleux, sous tension, passionnant à suivre, qui tient en haleine, à voir absolument. D'autant qu'il est magistralement porté par la trop rare Léa Drucker et qu'il est filmé sobrement au plus proche de la réalité... un petit détail pour détendre l'atmosphère, petit détail que j'ai tout de même remarqué et apprécié... pour une fois, l'enquêtrice vit dans un appartement normal, avec du bordel du quotidien normal, du linge qui sèche etc... On est loin des maisons témoins ou autres lofts que le cinéma nous sert pour donner une image glamour...

Un des meilleurs films de l'année je pense, aux propos d'une fine intelligence et de nuance sur un sujet explosif, et l'importance de l'image pour résoudre une équation insolvable. Et une immersion très intéressante dans l'univers et la mission de l'IGPN. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Novembre 2025

Film d'Isabelle Carré

Avec Isabelle Carré, Tessa Dumond Janot, Alex Luth, Mélissa Boros

Synopsis : Élisabeth, comédienne, anime des ateliers d’écriture à l’hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l’a sauvée.

Mon humble avis : Ce film est librement inspiré du roman éponyme d'Isabelle Carré, lui-même inspiré de son internement pour tentative de suicide lorsqu'elle avait quatorze ans.

L'actrice anime des ateliers à l'hôpital avec des ado internés... Et dès qu'elle les rencontre, elle leur avoue être passée par là... Et voilà que les trois-quarts du film deviennent un flash-back dans les années 80, avec les événements qui ont abouti au désespoir d'Elisabeth (une trahison amoureuse et des parents dysfonctionnels), son geste et son internement... On sait que la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine actuelle, et que c'est encore pire pour la pédopsychiatrie. Manque de soins, de structures adaptées et de soignants sont mis en avant dans le film avec des statistiques finaux, qui juste avant le générique de fin, donnent froid dans le dos... La jeunesse actuelle va mal. Cette dénonciation est nécessaire.

En tout cela, le film est louable et nécessaire, franc tout en restant pudique. Il montre aussi qu'il existe des issues lumineuses et durables à ses passages noirs et que, notamment, la créativité, l'art, la musique, la lecture, le théâtre, aident à se comprendre, à comprendre le monde qui nous entoure, à se reconstruire, à vivre, pour ensuite partager son expérience.

Les comédiens sont tous bien en place, des plus jeunes aux plus expérimentés et le film évite les écueils du pathos sans pour autant nous laisser de glace, bien au contraire. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Et bien parce que je m'interroge sur le montage du film et son objectif... Démontrer les manquements de la pédopsychiatrie en France actuellement en prenant pour exemple un cas bien précis datant des années 80.... Je ne suis pas sûre que cela soit très représentatif. A part la distribution de médicaments, il n'est nullement question de soin, de thérapie, de dialogues avec les soignants sur le mal être qui a conduit les jeunes entre ces murs.

Enfin, nous assistons à très peu, trop peu d'échanges entre Elisabeth et les jeunes de l'atelier, et je pense que c'est cela qui aurait plus mérité d'être montré. On assiste d'un seul coup à l'interprétation d'un slam écrit par les jeunes patients sans avoir participé nous-mêmes à l'élaboration du texte qui aurait pu être le témoin d'une évolution chez chacun d'eux. Si dans le film les jeunes contemporains avaient eu l'occasion d'exprimer les raisons de leur mal-être, il eut été intéressant, pour moi, de les comparer avec celles des années 80 et tenter de déceler pourquoi la jeunesse se porte de plus en plus mal au niveau mental pour pouvoir y ébaucher un remède préventif.

Mais l'ensemble reste délicat, à l'image de sa réalisatrice. Et l'objectif du film est tout à fait louable et de plus en plus d'actualité.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 10 Novembre 2025

Film de Jérôme Commandeur

Avec Jérôme Commandeur, Vanessa Paradis, Laurent Laffite, François Damien, Olivia Coste

Synopsis : Suite à un événement aussi loufoque que tragique, quatre anciens lycéens cabossés se télescopent et font face à leur passé. La force du groupe suffira-t-elle à les remettre droits ?

Véritable déclaration d’amour aux années 90, T’AS PAS CHANGÉ dresse le portrait hilarant et grinçant de ces quinquas que des retrouvailles vont bouleverser à jamais…

Mon humble avis : Alors, quand le synopsis dit "Hilarant" je dis stop... Ce film n'est pas hilarant, même si les réparties sont extrêmement bien senties et écrites. Grinçant ça oui, je confirme. On rit de temps et en temps, mais c'est en fait surtout l'émotion qui prime.

Le film est inégal, au début on a parfois l'impression de pédaler dans le yaourt, et puis on s'éprend de ces maladresses car on sent très fort les bonnes intentions de Jérôme Commandeur et l'importance qu'ont pour lui ce film et ce qu'il veut y dire et l'amour qu'il a pour ses personnages.

Je pense que ce film peut parler à tous, au présent comme au passé... je m'explique... Dans une salle de classe, il y a toujours (et c'est hélas de plus en plus prégnant avec l'usage des réseaux sociaux), des maltraités et des maltraitants à travers le harcèlement scolaire à une époque de la vie où les hormones chatouillent, où chacun voudrait ressembler à l'autre, ou personne ne veut être mis de côté, où l'importance est de trouver sa place. Les harceleurs d'aujourd'hui pourront y constater les dégâts de leurs actes sur le long terme et leur crétinerie leur sera renvoyée en pleine tronche. Les harcelés d'hier et d'aujourd'hui trouveront peut-être un réconfort, puisque ce film montre bien la stupidité et la méchanceté gratuite des harceleurs, qui ne sont en fait ni plus heureux ni mieux dans leur peau que les autres. Ce film montre parfaitement le pathétisme des harceleurs et finalement le sentiment de solitude de tout le monde.

Et T'as pas changé montre aussi que l'on n'est pas forcément les seuls à ne pas avoir mené la vie qu'on envisageait ou qui semblait nous être promise. Que sur une classe de 30, peu peuvent se targuer d'avoir réussi sa vie sur tous les plans.

C'est aussi un film sur la réconciliation... Celle entre les belligérants de l'époque, et celle avec ce que nous étions... Car les harcelés comprennent bien qu'ils n'y étaient pour rien et que leur harceleurs étaient juste de gros connards qui se sentaient supérieurs, et qui n'ont pas forcément mieux réussi dans la vie. Et les harceleurs réalisent la bêtise vaine de leur comportement d'alors et peuvent se racheter, s'en excuser... Par des petits ou grands gestes, une parole, une attention. Une fin qui réchauffe le coeur, qui fait du bien.

A mes yeux, le personnage le plus fort de ce film, celui qui crève l'écran, c'est le petit bout de femme qu'est Vanessa Paradis au milieu de ces 3 mecs. Elle est classe, lumineuse, drôle ou bouleversante suivant les moments... mais toujours intense.

A voir donc !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 31 Octobre 2025

Film de Thierry Klifa

Avec Isabelle Hupper, Marina Foïs, Laurent Laffite, Raphaël Personnaz

Synopsis : La femme la plus riche du monde : sa beauté, son intelligence, son pouvoir. Un écrivain photographe : son ambition, son insolence, sa folie. Le coup de foudre qui les emporte. Une héritière méfiante qui se bat pour être aimée. Un majordome aux aguets qui en sait plus qu’il ne dit. Des secrets de famille. Des donations astronomiques. Une guerre où tous les coups sont permis.

Mon humble avis : Je suis allée voir ce film à l'aveugle, il y a plusieurs semaines, en avant- première. Donc avant toute promotion médiatique. Et il ne faut pas longtemps, même sans avoir lu le synopsis, pour comprendre que l'on nous raconte dans ce film, librement, une partie de la vie de la famille Bettencourt (alias L'oréal parce que je le vaux bien)... Liliane B devient ici Marianne... Mais le reste y est, entre les conflits familiaux à retentissement médiatique, entreprise de cosmétiques, et pognon à ne plus savoir quoi en faire... Mais aussi, une lassitude, une forme d'ennui dans une vie terne et finalement solitaire... Qui de mieux qu'Isabelle Hupper pour camper cet impérial personnage ? Personne je pense. Jusqu'à ce que débarque Fantin, un journaliste photographe fantaisiste, survolté et qui ose tout... Et là, surprise, c'est Laurent Laffite, qui fut de la Comédie Française, qui s'y colle... franchement bien, un rôle étonnant dans sa filmographie, même si personnage absolument détestable, vaniteux et grossier, on devine qu'il a du bien se marrer à l'interpréter. Entre les deux, il y a Marina Foïs et Raphaël Personnaz, le calme entre les tempêtes, mais de tempérament orageux qui ne demande qu'à éclater.

Même si le fond est sérieux (argent, emprise, désamour etc) on se délecte de la drôlerie audacieuse de certaines scènes et de l'impertinence savoureuse de nombre de répliques. Les dialogues tantôt grinçants, tantôt bouffons, sont vraiment excellents.

Dans la réalisation, il y a un aspect assez théâtral... Oui, je verrai bien une pièce du même titre au théâtre puisque quasiment tout est en intérieur (luxueux)... Et les emphases du personnage Fantin se déclameraient parfaitement bien dans une salle à l'acoustique étudié.

On pourrait craindre le sujet... Encore des riches qui se ... Sauf que la richesse reste toujours un mystère attirant pour le spectateur lambda... Et que finalement, il reste des sujets assez universels qui n'attendent pas le nombre de zéro sur un compte en banque pour toucher tout le monde... Et le plus connu de tous est "l'argent ne fait pas le bonheur... même s'il y contribue". La femme la plus riche du monde reste un film populaire, qui s'adresse vraiment à tous. Et l'analyse du processus d'emprise, et de ses conséquences notamment sur l'entourage, est tout à fait digne d'intérêt

Un film caustique bien réussi, qui évite parfaitement les écueils où il aurait pu s'échouer... Au contraire, il nous embarque bien pour une séance de rire bienvenue

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 22 Octobre 2025

Film de Cédric Jimenez

Avec Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulous, Roman Duris, Artus

Synopsis : Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia et Zem, deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.

Mon humble avis : Le film de Cédric Jimenez est librement adapté du roman éponyme de Laurent Gaudé.

Librement, ce qui signifie avec pas mal de différences... Nous voilà à Paris et non plus en Grèce et le contexte de l'histoire est bien moins complexe et fouillé que dans le livre. Il y a comme une simplification sans doute pour que le tout soit réalisable dans un film de moins de deux heures. Concentration sur le sujet des zones et de l'IA. Forget le dôme protecteur, forget le pays privatisé, forget les vols d'implants médicaux etc... Dommage tout de même car ce sont les ingrédients qui, à mes yeux, rendaient ce récit particulièrement intéressant et surtout original... Car j'ai déjà l'impression que les films traitant de l'IA sont déjà pléthores et nous disent déjà un peu tous la même chose. La fin me semble aussi différente, puisque Laurent Gaudé a publié la suite, Zem, fin août dernier pour cette rentrée littéraire.

Mais que l'on ne s'y trompe pas, j'ai passé un très bon moment de cinéma avec Chien 51. Ceux qui n'ont pas lu l'ouvrage de Gaudé trouveront néanmoins dans ce film un bon thriller dystopique divertissant, rondement mené et avec un casting de première classe ! Le spectacle, les effets visuels et le suspense sont garantis. Chien 51 coche toutes les cases de ce genre cinématographique, donc à ne pas bouder !

L'avis de Pascale

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 29 Septembre 2025

Film de Marie-Hélène Roux

Avec Isaach de Bankolé, Vincent Macaigne, Manon Bresch

Synopsis : Interdit - 12 ans avec avertissement

Certains combats peuvent changer le cours de l'histoire. Denis Mukwege, médecin congolais et futur Prix Nobel de la paix, soigne — au péril de sa vie — des milliers de femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Sa rencontre avec Guy Cadière, chirurgien belge, va redonner un souffle à son engagement.

Mon humble avis : Le cinéma comme moyen de communication. Le cinéma comme moyen de témoignage, d'information, d'interpellation. Le cinéma comme appel au secours, à la mobilisation de chacun(e), et de l'Etat et de tous pays....

Et c'est en état de sidération que l'on regarde ce film, qui je pense a pour moi été le plus dur des films à voir. Parce que la violence psychologique et physique (même si cette dernière est plus suggérée que réellement montrée) est insupportable, intolérable.... Et pourtant, tellement vraie, puisque ce film est inspiré de faits réels et de la vie du gynécologue Congolais Denis Mukwege, devenu depuis, en 2018, Prix Nobel de la Paix. Et pourtant, depuis 2011- 2012, le monde entier est au courant de ces viols par centaines de milliers sur une décennie, l'ONU est présente, mais rien ne change. Parce... dans nos téléphones portables, il y a du Coltan, et que le Coltan est extrait au Congo Kinshasa, et que pour faire fuir les villageois pour pouvoir exploiter le Coltan du sol... L'arme de guerre est le viol des femmes et des fillettes et leurs mutilations sexuelles dans des proportions que l'on n'imagine pas. Et au milieu de ce chaos, il y a le docteur Mukwege et ses collègues qui tentent comme ils peuvent de réparer physiquement et psychologiquement ces femmes meurtries. Mukwege est ensuite rejoint quelques semaines par le chirurgien belge Cardière, sa fille et une autre médecin. Cardière a inventé une technique opératoire permettant de "réparer" l'appareil génital des femmes sans ouvrir le ventre, et donc en évitant toutes les complications possibles.

Je n'irai pas dans les détails du film... Est-il bien filmé etc ... Ce serait indécent... Quand je lis les critiques de certains magazines ou journaux (L'obs, Nice Matin, Les fiches du cinéma...) j'ai honte... Car c'est un film coup de poing qui vient nous remuer dans notre petit confort, un film éprouvant mais nécessaire, un film qui témoigne de la non vie de ces femmes qui sont pourtant pour la plupart, bien résilientes. C'est un film courageux sur deux hommes (et leur équipe) courageux, et sur des femmes bouleversantes et ô combien courageuses. Aller critiquer de la sorte un tel film, mais qu'est-ce que c'est petit. Qu'est-ce qu'on s'en fout de savoir si la caméra était bien placée, si le jeu de telle femme sur son lit d'hôpital est bon !

Parce que ce film, on le regarde en apnée, en tremblant, en pleurant sur la violence du monde et de l'Homme, en étant heureuse d'être Française, en ayant honte du comportement de nos politiques alors qu'ils se passent des choses inhumaines de par le monde et de plus en plus aussi par chez nous.

Par contre, on ne peut que saluer la performance d'Isaac de Bankolé dans le rôle du médecin Prix Nobel de la paix et l'intelligence d'avoir enfin donner à Vincent Macaigne un rôle fort, loin, bien loin des abrutis décalés dans lequel on a l'habitude de le voir. Et c'est une vraie réussite.

Le journal "Le monde" dit que ce film a quelque chose de choral et que peu de personnages en ressortent. Je ne suis pas du tout d'accord. Car j'ai bien l'impression que le visage de ces femmes, leurs mots, leurs douleurs vont me hanter bien longtemps.

Je ne sais pas si vous connaissez l'engagement humanitaire d'Angelina Jolie, mais sachez qu'elle est productrice du film...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 25 Septembre 2025

Film de Yann Gozlan

Avec Cécile de France, Lars Mikkelson, Anne Mouglalis, Mylène Farmer (voix)

Synopsis : Clarissa, romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway, son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire. Mais peu à peu, Clarissa éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes. Menace réelle ou délire paranoïaque ?

Mon humble avis : Tout comme je suis friande du genre "anticipation" en littérature, il en est de même au cinéma. Nous sommes ici dans sans doute pas très longtemps... Car les prémices de ce qui est dénoncé dans ce film sont déjà présents à notre époque...  Pandémie (genre covid) et tests, couvres feux mais diurnes pour cause de canicule, monde ultra connecté, surveillance, complotisme, Intelligence Artificielle, remplacement de l'homme par la machine, jusque dans les arts... Les arts où l'on n'imagine pas la capacité de l'IA à intervenir, faute de connaissance et de ressenti des émotions... Oui mais... vu tout ce que l'on confit plus ou moins volontairement de notre vie au virtuel, on peut imaginer que l'IA puisse en apprendre beaucoup, beaucoup sur l'humain et finir par le comprendre et donc... le remplacer.

Je ne le savais pas avant d'aller voir le film, mais celui-ci est une libre adaptation du roman "Les fleurs de l'ombre" de Tatiana de Rosnay, que j'aurais dû lire, car sûr que le roman m'aurait aussi embarqué !

Le spectateur oscille sans cesse avec la conviction qu'il a affaire à une histoire à la "Big brother is watching you", pour ensuite pencher plutôt pour la paranoïa de l'héroïne, et passant par le sentiment de manipulation. Et s'il y avait un peu de tout cela dans ce film ? Ce qui est accentué par une mise en scène subjective et immersive, au plus près de Clarissa et de son environnement telle qu'elle le voit, puis tel qu'une personne lambda pourrait le voir. Chacun se fera sa propre idée. A noter que l'esthétique du film est particulièrement réussi, dans l'aspect froid d'un lieu malgré une chaleur étouffante par exemple.

Ce qui est clair, c'est que Dalloway démontre à tel point nous sommes déjà addictes et dépendants de l'IA sitôt nos limites atteintes. Et le plus dérangeant, c'est que cette dépendance devient aussi affective dans la solitude... L'IA écoute, l'IA réponds, l'IA ne juge pas.... L'IA devient la confidente invisible... mais qui enregistre tout... C'est toute l'ambiguïté et la complexité du sujet IA qui est ici le sujet presque principal.

Cécile de France est une fois de plus bluffante et nous embarque dans son vertige et ses angoisses.  Quant à la participation de Mylène Farmer à ce film, elle est la voix de l'IA Dalloway, pour moi, cela reste anecdotique et plutôt argument marketing / promo.

Un thriller psychologique parfaitement mené, angoissant à souhait, au suspense qui va crescendo pour notre plus grand plaisir.... Car voilà un film qui pose de bonnes questions tout en restant distrayant. Un film qui partage, contrairement à d'autres qui restent dans l'entre-soi.

Une chose est sûre, quand on rentre chez soi après la séance, on est bien tenté de débrancher tout ce qui peut l'être chez nous, de couper la Wi fi, le portable etc...

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Septembre 2025

Film d'Emmanuel Poulain-Arnaud

Avec Audrey Fleurot, Dany Boon, Ewan Bourdelles, Nicolas Marié, Amalia Blasco

Synopsis : Chris et Antoine ont bien du mal à s’entendre depuis leur divorce. Mais, lorsqu’on leur annonce que leur fils de 16 ans est atteint d’une maladie rare, qui va lui faire perdre la vue, ils s’efforcent de mettre leurs rancœurs de côté. Les ex-conjoints embarquent leur fils pour des vacances inoubliables, bien décidés à lui offrir ses plus beaux souvenirs.

 

Mon humble avis : Un film sympathique et touchant faute d'être totalement bouleversant, ce qu'il aurait pu être avec un tel sujet. On peut saluer le fait que le film ne soit pas "tire larmes", que le pathos est évité. Mais le film peine à trouver un équilibre. Dommage qu'un des personnages secondaires (la nouvelle compagne d'Antoine) soit aussi grotesque, d'un comique lourdingue qui n'a rien à faire dans le film et qui du coup, exaspère. Sans cette fameuse Isabelle, véritable caillou dans la chaussure, Regarde aurait gagné dans le style "doux amer".

Mais l'on suit avec plaisir l'histoire de cette famille éclatée qui tente de se réunir autour du fils promis très vite à la cécité. D'ailleurs, les passages entre Milo et son grand-père sont vraiment savoureux. Les prises de vue sont superbes : La côte Landaise avec ces maisons en bord de plage à l'heure jaune, avec cette impression de bout du monde déserté et hors tu temps, les magnifiques scènes de surf et les gigantesques vagues océaniques sont très bien filmées. A noter : le film a justement été tournée dans les landes là où se pratique le handi-surf pour personnes malvoyantes.

Malgré la maladie, Milo garde un aspect insouciant pour profiter de ses priorités d'adolescent : Le sport, les copains, les premières amours.

Le couple Feurot /Boon fonctionne bien, même s'il va me falloir du temps, j'ai l'impression, pour oublier de voir Morgane (HPI) dès que je vois Audrey. Mais le couple prend parfois trop de place au détriment du jeune Milo, parfois refoulé en rôle secondaire, alors qu'il aurait dû être le personnage principal. D'ailleurs, saluons le casting jeunesse, car Ewan Bourdelles et Amalia Blasco sont vraiment convaincants (Amalia est particulièrement lumineuse) et donnent envie de les revoir sur grand écran.

Bref, le film est agréable mais il y manque un gros quelque chose (que je suis incapable de préciser) pour un faire un excellent film de cinéma. Là, je dirai qu'on est plus dans le bon téléfilm.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Septembre 2025

Film de Carlos Abascal Peiro

Avec Jean Chevalier, Karine Viard, Alex Luth, François Cluzet

Synopsis : Une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre. Nino, jeune attaché parlementaire ambitieux, est missionné pour convaincre son père, Lionel Perrin d’accepter le poste. Mais cet éternel perdant a coupé les ponts avec la politique…et son fils. Nino se retrouve embarqué dans une course effrénée où tous les coups sont permis. Il a 24h pour sauver sa carrière, son couple et si possible l’avenir de la France !

Suite à une erreur de manip hier, le contenu de mon billet ne s'affichait pas...

Mon humble avis : Un film comme la politique... Alléchant sur le programme, mais ensuite rien. Un film comme en politique : un entre-soi où l'on se fiche de l'intérêt du spectateur que l'on perd très vite.

Je ne sais pas ce qu'a voulu faire le réalisateur... Une satire comique, ce n'est pas drôle... Un pamphlet sur le monde politique : encore faudrait-il qu'il soit compréhensible (et sans sombrer dans le ridicule et dans la caricature), dans le fond et dans la forme...  Le fond, tout va à une vitesse délirante qui ne laisse pas le temps d'analyser et de comprendre vraiment les tenants et aboutissants de ce qui se déroule devant nous dans un style très confus. La forme : soit les acteurs n'articulent pas assez, soit le son est mauvais, mais innombrables sont les phrases dont on ne perçoit pas la fin... Ce qui est très gênant, surtout dans des situations loin d'être limpides. Seules deux ou trois réparties sont bien senties et on rit une ou deux fois... Et l'on saisit à peu près que chacun veut tirer la couverture à soi.  Ah oui, il y a aussi un personnage féminin dont on dont on ne saisi jamais le rôle ni la position.

Après j'ai compté les gens qui sortaient de la salle vraiment pas bien pleine : 2 personnes...

Quant à la fin du film : Une scène tellement banale et téléphonée... et une autre, d'une vulgarité sans nom inappropriée qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Scène de très mauvais goût.

Je me demande vraiment ce que Karine Viard et François Cluzet, qui sont pour moi gage de qualité et de bons films, sont allés faire là-dedans...

En fait, si c'est pour montrer que la politique c'est un poisson noyé dans la sauce, et bien c'est réussi ! Comme en politique, on ne devient que simple spectateur qui ne participe plus, qui n'éprouve aucune empathie, dont l'intérêt s'étiole pour disparaitre au profit de l'agacement et la lassitude... dans l'attente du générique de fin.

C'est dommage, car le postulat de départ était bon, qui plus est très actuel, même si le film a été écrit avant que la valse à trois mois ou a quatre temps des premiers ministres français...

L'avis de Pascale

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Juillet 2025

Film de Quentin Dupieux

Avec Adèle Exarchopoulos, Jérôme Commandeur, Sandrine Kiberlain

Synopsis : Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux. Après un accident grave survenu sur le tournage d'une de ses vidéos, Magalie s'isole à la montagne avec Patrick, son assistant personnel, pour faire un break. Une journaliste détenant une information sensible commence à lui faire du chantage… La vie de Magalie bascule.

Mon humble avis : Tout part d'un accident de piano, dont seule la deuxième partie du film dévoilera les circonstances et conséquences !

Premier film de ce réalisateur que je vois, et j'ai beaucoup aimé. Même si, c'est vrai, c'est space ! Mais ça fonctionne diablement. Les images envoient une impression surannée, comme un film de série B des années 80. L'accident de piano est un film complètement décalé, qui flirte avec le pastiche du film d'horreur, avec l'absurde, le tout sur un ton glacial et très détaché... Ce qui rend l'ensemble comique parce que cynique et grotesque. Mais cette farce, qui peut se regarder au premier degré comme au dixième, est bien réfléchie, comme le prouve les dialogues percutants. Avec peu de moyen et sans y aller par quatre chemins Dupieux prend pour cible deux contre médias : les influenceurs (ou créateur de contenu) du Web, et la presse. La premier, pour le néant qu'ils proposent (pour vous j'ai testé gnagnagna...) et la presse pour sa volonté à vouloir comprendre, et analyser ce néant. Bref, l'accident de Piano est un film sur la vacuité de notre époque, sur les artisans de ce vide qui est tant regardé et admiré qu'il génère un pognon de dingue à coup de likes et d'algorithmes.... Voilà ce que nous dit Dupieux... En 2025, ce qui compte c'est l'argent... et bien souvent, dans le divertissement et la "culture" via les réseaux sociaux, cette manne financière ne repose sur rien. Sans parler des fans et groupies qui vénèrent ces créateurs de contenue, donc ce vide.

L'exemple de Magalie (l'anti héroïne bien barrée, par une Adèle méconnaissable) est parlant. La caricature est poussée à son paroxysme, c'est féroce, drôle, c'est noir et très clair et lucide... dans les propos !

Bref, j'ai passé un très bon moment, et maintenant que j'ai découvert le cinéma de Dupieux, je compte bien rester à table !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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