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Publié le 19 Mai 2026

Film d'Asghar Farhadi

Avec Isabelle Huppert, Virgnie Efira,  Pierre Niney, Vincent Cassel, Adam Bessa

Synopsis : En quête d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie espionne ses voisins d’en face. Quand elle engage le jeune Adam pour l’aider dans son quotidien, elle ignore que celui-ci va bouleverser sa vie et son travail, jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse leur réalité à tous.

Mon humble avis : Film en compétition en Festival de Cannes... le pitch, la bande annonce, l'interview de l'équipe sur le plateau de C à vous en direct de Cannes et le casting de dingue étaient des plus prometteurs, donc hop hop, direction le ciné, puisque la sortie nationale du film est concomitante avec son passage au Festival.

Bon ben je suis vite redescendue sur terre pour tomber dans un ennui étouffant dans un film très parisien.

Pendant les deux premiers tiers du film, on se demande vraiment où l'on veut nous emmener. Le dernière tiers s'éclaircit et spectatrice que je suis, je réveille mon intérêt qui ne sera néanmoins jamais assouvi et qui sera même déconcerté par la fin.

Certes, j'ai aimé découvrir les scènes de bruitages de cinéma...  Mais le reste demeure très parisien et entre soi... Et n'a fait naître en moi aucune émotion. Et je me suis même demandé à quoi servait un tel casting, pour tenir des rôles qui me semblaient pouvoir être tenus sans faillir (sans sarcasmes de ma part), par des comédiens de téléfilms. Pour moi, Cassel, Niney, Efira sont sous exploités ici. Adam Bessa, moins connu tire son épingle du jeu.... Je lui ai trouvé une ressemble et une force de jeu proche de Tahar Rahim, ce qui est prometteur.

Isabelle Huppert, en vieille écrivaine fantasque et recluse dans la crasse, est comme d'habitude.

Certes, le film à tiroirs nous dit le pouvoir que l'imagination et la fiction peut prendre dans la vie.... Mais rien de bien nouveau, et l'ensemble et poussif et étouffant.... Et pourtant, ce film est présenté en sélection officielle à Cannes.... Cannes et ses mystères... Bon en même temps, Télérama a aimé... Ceci explique cela... En général, Télérama et moi ne sommes pas d'accord... Parce qu'avant l'élitisme germanopratin, je suis en quête de plaisir et de divertissement, sans forcément être abêtie... et si, c'est possible. Mais pas avec ce film ci, mauvaise pioche !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 5 Mai 2026

Film de David Roux

Avec Mélanie Thierry, Arnaud Valois, Eric Caravaca, Jérémie Renier

Synopsis : Voilà Marianne aujourd’hui : femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ?

Mon humble avis : Une chose est sûre, malgré l'absence de soleil, ce n'est pas la lumière qui aurait plombé le budget. Que l'on soit en intérieur ou extérieur, tout est sombre ou dans une relative pénombre, ce qui donne un poids supplémentaire à la lourde atmosphère du film. A ce niveau-là, quand on voit la "non" vie que mène Marianne, à plusieurs reprises je me suis dit "mon dieu, c'est horrible, qu'est-ce que c'est lugubre"... Nous sommes, pendant une heure trente, dans la grande demeure et dans l'environnement d'une famille de grands bourgeois catholiques de province... Et mon dieu que c'est étouffant. Il y a dans cette famille tellement de mépris de l'autre, tant d'assurance de supériorité et de perfection, tant de conventions ancestrales et surtout patriarcales...

On entre très vite en empathie avec Marianne, cette femme minimalisée, anesthésiée par ce climat et ses obligations tant familiales que sociales. Sa parole n'est pas entendue, son avis ne compte pas. C'est son mari, l'aîné de la famille, qui prend la place du père et prend toutes les décisions dans cette famille ou l'affection semble s'acheter. Alors qu'elle n'a manifestement aucun horizon, la "prison" se referme de plus en plus sur elle. Un surgissement du passé va la réveiller, la sortir de sa léthargie, et s'installer dans le refus de sa condition, se révolter, jusqu'à prendre la bonne décision.

Ce film montre toute la toxicité et l'hypocrisie de certaines de ses familles pétries de certitude, mais également, et prouve que l'incapacité et la difficulté à quitter un conjoint méprisant n'est réservée aux femmes physiquement maltraitées.

Mélanie Thierry est bouleversante en Marianne réduite juste à son rôle de "femme de", qui n'est qu'un élément du décor, déconsidéré, mais un élément indispensable... Son jeu est alors très minimaliste, tout en discrètes nuances... Et puis on remarque les graines de son émancipation...Dans ses changements vestimentaires subtiles, dans son sens de la répartie qu'elle ne retient plus etc...

Quant à Eric Caravaca, qui joue le mari et le nouveau chef de tribu, il est royalement imbuvable, très souvent proche de la bêtise... Tout au long de la séance, on n'a qu'une envie, c'est lui donner des paires de baffes... mais qui ne servirait à rien... Et comme Marianne, les bras nous en tombent.

J'ai regretté à la fin de ne pas revoir le personnage de Lili, seule membre intéressante et sortie du moule de cette fratrie.

Un beau portrait de femme dans une solitude familiale, tout en délicatesse. Une réalisation réussie.

Mais cette famille et cette maison, avec le parquet qui craque et les portes qui grincent autant que les dents, j'en frémis encore !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Avril 2026

Film d'Olivier Nakache et Eric Toledano

Avec Camille Cottin, Louis Garrel, Simon Boublil, Alexis Rosenstiehl, Pierre Lottin

 

Synopsis : Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.

Une comédie sur cette période de l’enfance où l’espoir de changer le monde n’était pas “Juste une illusion…”

 

Mon humble avis : Les noms des deux réalisateurs - Nakache et Toledano sont pour moi synonymes de films à voir, car qualité garantie.... dans des genres qui me plaisent. On leur doit "Intouchable", "Hors norme", "le sens de la fête", des films que j'ai adoré, et qui ont tous connus un grand succès.
Nous voici avec juste une illusion, une histoire familiale qui se déroule au milieu des années 80... Nostalgie la voilà, les téléphones à fil, les looks improbables etc... Et une bande originale qui régale de tubes inoubliables qui nous font taper du pied en rythme dans la salle de ciné, et même, donnent envie de chanter.
On ne va pas se mentir, j'ai trouvé que la mayonnaise tardait à prendre... avant de devenir des plus savoureuse, aussi drôle que tendre et subtile. Car oui, on a peut-être l'illusion que cette famille est dysfonctionnelle, quand elle se met à parler et à partager, elle se révèle des plus unies, de plus complices, des plus aimantes. On est aussi à une période où les femmes commencent franchement à s'émanciper professionnellement, et à ne pas vouloir être secrétaire /haut talons / café en réunion toute leur vie. Il y a aussi ceux qui pensent faire illusion en maintenant standing et habitudes de vie mais dont peu sont dupes. Il est aussi question de la période de sortie de l'enfance pour l'adolescence, et sortie de l'adolescent pour l'âge adulte responsable.
Les deux réalisateurs ont pioché dans leurs souvenirs de jeunesse, mais aussi dans de nombreux documents pour être le plus fidèle possible dans la reconstitution de l'époque où "être cadre" était le graal et était censé assurer avenir et respect.
Les dialogues sont aux petits oignons. Et si, sur l'affiche, ce sont les noms des acteurs stars et confirmer qui prend toute la place, il faut bien préciser que le personnage principal est Vincent, (alias Simon Boulbil) et que vraiment, il capte la lumière et occupe l'écran sans fausse note. Dans le rôle de son grand frère, Alexis Rosenstiehl, vu récemment dans "Ceux qui comptent" ou je l'avais trouvé bon, sans plus. Ici, il est parfait, et il m'a rappelé tant de souvenirs !
Deux petits regrets, que les réalisateurs n'aient pas utilisé la chanson "Juste une illusion" de Jean Louis Aubert comme générique de fin... peut-être parce qu'elle n'était pas encore sortie en 1985, et que Téléphone était encore un groupe. Enfin, j'aimerais bien que le monde du cinéma offre d'autres rôles que des personnages de beaufs à Pierre Lottin.  Car même s'il y excelle, il est capable de bien d'autres choses, et je trouve que le monde du cinéma l'enferme un peu dans des rôles types (en tous cas, pour les films que j'ai pu voir.)
Quoiqu'il en soit, Juste une illusion est un film à voir, parce que qu'il parle de nous, de notre jeunesse, de ce que vivais nos parents à cette époque-là, et quelle époque : les années 80 ! 
Un film qui fait du bien, qui dose chaque ingrédient sans jamais en mettre trop.
 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 10 Avril 2026

Film de Yann Samuell

Avec Alexandra Lamy, Julien Le Berre, Mélanie Doutey

Synopsis : Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée.

Inspiré d’une histoire vraie.

Mon humble avis : Un film inspiré en fait d'histoire(s) vraie(s) au pluriel. Au départ, il y a le livre /récit de Bernard Ollivier "Marche et invente ta vie". Puis le réalisateur a créé le personnage d'Adam à partir des témoignages qu'il a recueillis auprès de certains jeunes qui ont fait cette fameuse marche de rupture... Marcher jusqu'à Compostelle avec un adulte référent et éviter ainsi la prison.

Dans ce film, l'adulte (Sublime, puissante et lumineuse Alexandra Lamy) n'est pas en rupture, mais en reconstruction après un échec marital et un autre professionnel. Elle est aussi égarée que Adam, mais son âge et son expérience lui ancrent les pieds bien sur terre, elle n'est pas en rupture.

Nous suivons donc Adam et Fred sur le chemin, dans les gites, dans les galères, dans les moments de complicité, dans les disputes, dans la violence pas toujours contenue d'Adam. Ce n'est pas de tout repos, ni physiquement, ni psychologiquement... Car Adam est très dur, et on a toujours l'impression d'être sur un fil avec lui, et que tout peut basculer à tout moment... Avec lui, Fred (Alexandra Lamy) fait trois pas en avant, trois pas en arrière, puis trois pas en avant, puis deux pas en arrière... Ce qui signifie qu'au fil de leur cheminement, Fred parvient tant bien que mal à se rapprocher d'Adam, et lui, à s'apaiser un peu, à retrouver le sourire, une lueur dans les yeux et à apprécier vraiment certains moments...

C'est une très belle aventure humaine qui nous est proposée, entre moments qui drôles et d'autres d'une tension émotionnelle terrible... Long est le chemin vers le respect et l'attachement, même si entre deux, il y a des moments de grâce. Compostelle pose la bonne question : que faire de tous ces jeunes en total rupture sociale, qui multiplient les passages au tribunal sans que rien ne change... Et que lorsqu'ils passent par la case prison pour de petits délits, c'est la grande délinquance qui les attend à leur sortie. Alors que 60 % des jeunes qui ont participé à ce programme de réinsertion ont trouvé un vrai chemin de vie...

Compostelle... C'est la destination... Evidemment c'est le chemin qui compte.

Compostelle, c'est aussi ce que les initiés appellent simplement "Le chemin"

Et ce chemin, c'est le parcourt de chacun vers lui-même, vers l'autre, vers un lieu, vers son futur à construire ou reconstruire. C'est s'éloigner du monde pour se rencontrer... mais aussi à travers d'autres rencontres.

Un très joli film même s'il semble parfois un peu trop pétri de bons sentiments et que quelques détails m'ont fait tiquée (genre la quantité de vêtements différents des protagonistes alors qu'ils portent leur sac à dos pour 3 mois... Je connais des personnes qui ont fait le chemin, et je peux vous dire qu'ils voyagent le plus léger possible...) Enfin, j'ai trouvé étrange que dans le foyer/prison pour adolescents, les chambres de filles soient contigües aux chambres des garçons.

Mais peu importe, ce film nous embarque et les paysages sont somptueux. Vive les drones qui ne servent pas qu'à faire la guerre, mais aussi à nous montrer comme notre Terre est belle. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 31 Mars 2026

Film de Jean-Baptiste Leonetti

Avec Sandrine Kiberlain, Pierre Lottin, Louise Labeque

Synopsis : Rose et Jean n’ont rien en commun. Rose est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Elle campe avec ses 3 enfants à l’étage de l’hôtel de famille qui ne leur appartient plus, et non, ils ne sont pas pauvres, ils sont fauchés. C’est temporaire. Jean est un homme solitaire et taciturne qui a fini par enfouir son grand cœur sous des couches de pudeur et de résignation. Quand il arrive malgré lui dans cette famille hors norme, il va très vite devenir indispensable. Qu’attendaient-ils avant de se rencontrer ? Sans doute plus rien. Et pourtant, ensemble, tout va devenir possible.

 

Mon humble avis : Comme dans mon ciné, c'est séance offerte le jour de votre anniversaire, forcément, j'ai un film à mon programme de cette journée récente. Je voulais une histoire qui me fasse rire ou sourire, passer un bon moment, me détendre et me changer les idées.... Et puis, Sandrine Kiberlain étant au générique, pour moi, c'était les yeux fermés.

Grosse erreur de ma part et grosse déception. Que ce film, pas si long que ça, est lent et paraît interminable. Les silences dans les dialogues se prolongent et mettent mal à l'aise. Pourtant j'ai lu sur Allociné qui le réalisateur voulait un film dynamique et un insuffler comme une pulsation cardiaque... Et bien je ne l'ai pas ressenti.

Les quelques dialogues percutants sont dans la bande annonce... Qui laisse vraiment penser à une comédie... Et bien nom, je me suis retrouvée prisonnière d'un drame (il est question de cancer, donc vraiment pas divertissant) qui s'achève en tire larmes. Je n'ai pas cru aux situations qui m'ont paru forcées (donc pas fluides) et n'ai pas adhéré au scénario des plus improbables. En fait le personnage de Rose (et ses enfants) m'a fait penser à Morgane dans la série HPI, comme si l'inspiration venait de là.

Et pourtant, les comédiens font ce qu'ils peuvent pour sauver ce film. Peut-être même que ce coup-ci, Sandrine en fait un peu trop, et Pierre Lottin pas tout à fait assez, parce que le rôle a été écrit comme cela : minimaliste.  Un détail qui m'a plu cependant : le blouson de cuir de Pierre Lottin émet plus de sons que le personnage lui-même. Comme si le bruit du frottement du cuire suffisait à dire sa présence. Ca, j'ai aimé.

J'ai comme l'impression que Sandrine Kiberlain est surexploitée dans ce film, quand Pierre Lottin y est sous exploité.

Mais ça ne fait pas beaucoup tout de même.

Nous étions 4... Deux ont aimé, deux n'ont pas aimé... Un film qui divise, mais que, pour ma part, j'oublierai vite.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 19 Mars 2026

Film de Rémy Bezançon

Avec Laetitia Casta, Gilles Lellouche, Guillaume Gallienne

Synopsis : Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François, écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque, et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair. Alors, y a-t-il vraiment eu un crime au 3 e étage ?

Mon humble avis : Et bien il est mitigé. Parce que le film m'a semblé très long à démarrer, avec un style poussif dans lesquels les comédiens paraissaient plus s'amuser que nous. Bref, la première moitié du film, je me suis ennuyée, mais j'ai choisi de faire confiance à ses sacrées têtes d'affiche pour ne pas être allées se fourrer dans un navet. Il devait forcément y avoir une étincelle qui me ferait voir le film différemment. Et elle est arrivée cette étincelle, en la personne de Hitchcock himself, qui dans une interview (réelle ou pas), donne une leçon de suspense au cinéma, entre autres en voix off... pendant que sur l'écran, l'intrigue qui se déroule illustre parfaitement les paroles du maître. Les bons moments de suspense ou d'humour commence enfin à s'empiler sans tomber dans la lourdeur. 

Le crime du 3ème étage est un film à références cinématographiques multiples, un mélange de genres (comédie, enquête, roman avec personnage en abîme dans d'autres temps etc). L'hommage au septième art est manifeste. Je salue donc la véritable originalité du scénario mais regrette qu'il ne m'ait pas embarquée plus vite. Le film s'ouvre sur un Lellouche plus qu'agaçant et méprisant que j'ai craint de ne pas supporter longtemps.  il se ferme sur un duo qui fonctionne à merveille, auquel on s'est finalement attaché. Le tout avec un aspect suranné qui n'est pas sans rappeler la trilogie policière des années 2000, incarnée par André Dussollier et Catherine Frot  (Le crime est notre affaire etc...). Et mine de rien, le crime du 3ème étage nous dit joliment que fiction et imagination fertile sont le début d'un réveil, quand la vie est inanimée.

Un film particulier, qui n'est pas un thriller, pas une grosse comédie mais qui pastiche les deux genres et flirte avec un loufoque raffiné. Maladroit, long puis plaisant il manque les petits trucs qui auraient pu en faire un super bon film. Ici, le but ne semble pas complètement atteint. Quoiqu'il en soit, Le crime du 3ème étage n'est pas ordinaire, et c'est déjà pas mal.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 3 Mars 2026

Film d'Armelle et Emmanuelle Patron

Avec Miou Miou, André Dussolier, Arnaud Ducret, Thomas Solivérès, Pauline Clément

Synopsis : Quand Alice et Vincent Gauthier convoquent en urgence leurs trois enfants, la fratrie débarque affolée craignant le pire … mais, bonne nouvelle, leurs parents ont en fait touché le Jackpot ! Le problème : ils ne comptent pas leur donner un centime.

Mon humble avis : Ce film est l'adaptation de la pièce éponyme à succès, vu par plus de 500 000 spectateurs en France, entre Paris et la province.

Chers parents m'a régalée du début à la fin. J'ai souri ou ri de bon coeur, sans exagération, sans me sentir forcée. Parce qu'en fait, le scénario est bien plus subtil et fin qu'il n'y paraît. Et par le biais de plusieurs twists qu'on ne voit pas venir, il ne manque pas de rythme, de surprises, et de situations des plus inattendues. C'est cynique, caustique, drôle et tellement vrai en fait car satirique à souhait. C'est un presque huis-clos familial qui va complètement dégénérer... A cause de quoi ? De l'argent bien sûr.... Cet argent tombé du ciel par millions, qui va révéler petits et grands travers des uns et des autres, qui va réveiller de vieilles rancunes ou jalousies. Bref, lorsque le pognon paraît, quand on n'en n'a jamais vraiment manqué, et bien tout par en live.

Ce film a donc l'éternel sujet "L'argent ne fait pas le bonheur"... Il le traite de façon subtile en posant clairement la question aux trois grands enfants... Quelle somme vous manque t-il pour être heureux... Chaque enfant réagit différemment... L'un veut une Porsche (je caricature à peine), l'autre pense à remplacer sa machine à laver. On voit ainsi qui de la fratrie est le plus matérialiste ou autre. Mais, ce que le film nous dit aussi, c'est que tant que la dépense d'une telle somme est pensée individuellement, elle ne mène pas à grand-chose. Par contre, quand on y pense collectivement, des projets vraiment intéressants et équilibrés pour tous apparaissent.

Autre sujet du film... Les grands enfants adultes qui revendiquent leur liberté et leur indépendance mais qui ont toujours besoin d'un soutien affectif et/ou financier.

Chaque comédien est parfaitement à sa place, dont Arnaud Ducret en ignoble grand-frère. Mais celle qui brille le plus tout en discrétion, c'est Miou Miou. Elle est tout simplement géniale ! Quant aux dialogues, ils sont fichtrement bien sentis !

Bref, la famille reste et restera un sacré terreau d'inspiration créative, tant dans ce petit microcosme, tout ce que l'humain fait de mieux et de pire est bien présent.

En ces temps où tout pète partout, ce film est un bol d'air qui pose de bonnes questions, amuse beaucoup. Il est donc à consommer sans modération ! L'argent ne fait pas le bonheur, mais s'il permet déjà deux heures de plaisir au ciné, c'est déjà pas mal !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Février 2026

Film d'Alice Winocour

Avec Angelina Jolie, Louis Garrel, Vincent Lindon, Anyier Anei

Synopsis : A Paris, dans le tumulte de la Fashion Week, Maxine, une réalisatrice américaine apprend une nouvelle qui va bouleverser sa vie. Elle croise alors le chemin d’Ada, une jeune mannequin sud‐soudanaise ayant quitté son pays, et Angèle, une maquilleuse française aspirant à une autre vie. Entre ces trois femmes aux horizons pourtant si différents se tisse une solidarité insoupçonnée. Sous le vernis glamour se révèle une forme de révolte silencieuse : celle de femmes qui recousent, chacune à leur manière, les fils de leur propre histoire.

Mon humble avis : Un synopsis qui me plait, une grosse promo, avec la présence de la star Américaine Angelina Jolie sur les plateaux TV etc... Et surtout, un énorme coup de coeur pour "Revoir Paris", précédent film de la réalisatrice Alice Winocour... et me voilà assise dans le noir sur un fauteuil de velours...

A regarder un film dont les images sont superbes, dont les actrices jouent très brillement leur rôle, un film qui montre quelques envers du décor derrière le glamour des grands défilés... où toutes ses superbes filles paraissent tellement femmes objets... Chacune des trois héroïnes possède une ou deux scènes marquantes, qui vont se jouer dans un regard, un sourire retenu, une courte phrase. Mais dans l'absolu, le film est beaucoup trop dans l'implicite et pas assez dans l'explicite par rapport au synopsis, et donc à la promesse... Car de cette solidarité féminine annoncée, on ne voit pas grand-chose, et il ne faut pas louper "les instants" qui ne reviendront pas... En résumé, chacune croise l'autre le temps de deux ou trois phrases et d'un mot d'encouragement... Les héroïnes se croisent, tracent leur route/rôle... Des destinées qui ne se rejoignent pas vraiment, si ce n'est le temps de quelques secondes, et c'est dommage... Parce que finalement, on ne va en relative profondeur que dans le coeur de Maxine... Ada et Angèle ne sont pas loin de la figuration, personnages à peine explorés mais nécessaires pour que ce film ne soit pas que sur cette américaine à Paris qui découvre qu'elle a un cancer du sein à un stade bien avancé.

Et puis, alors qu'on était dans le rationnel, pendant quelques instants... tout dérape dans l'incompréhensible et l'irréaliste, sans doute faut-il chercher bien profond une métaphore avec la vie des personnages, mais ça ne saute pas aux yeux... Une tempête, une tribune couverte qui s'effondre, mais des top models qui continuent à défilé sous la pluie, dans la boue, certaines avec une couverture de survie, mais toute avec un vêtement à plusieurs milliers d'Euros... Faut qu'on m'explique, tout comme l'arrivée du loup.

Et pourtant, on sent que réalisatrice comme actrice (Angélina jolie) évoquent des drames autobiographiques, cancer pour l'une, ablation préventive pour l'autre... Et cet aspect-là du film est franchement réussi, avec une Angélina Jolie qui est dite au sommet de son art. Je n'ai pas vu beaucoup de ses films, mais oui, son interprétation de Maxine est juste parfaite, touchante, avec ce qu'il faut de pudeur.

Un film qui parle de coutureS, au pluriel... Les personnages qui recousent leur vie et le milieu de la haute couture... Et pourtant, l'ensemble parait décousu.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Janvier 2026

Film de Yann Gozlan

Avec Pierre Niney, Marion Barbeau, Anthony Bajon

Synopsis : Matt est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu'elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s'engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire...

Mon humble avis : Ce film nous plonge dans un univers que l'on nomme régulièrement et pour tout, mais dont j'ignorais l'étendue et l'influence : le Coaching... Oui, à notre époque, nombre de personnes s'autoproclament coach en tout, et sont aidés dans leur promotion par les réseaux sociaux pour attendre des dimensions industrielles. Mais jamais je n'aurais imaginé ces séminaires qui remplissent des hôtels entiers, ou aux USA, qui remplissent les salles de spectacles habituellement occupées par les fans de Madonna, Rihanna, Lady Gaga and co. C'est une véritable idolâtrie qui s'installe autour de ces personnages, avec la même ferveur que quand l'on a 15 ans lorsqu'on est fan d'un chanteur... Sauf que là, dans le public, tout le monde est bien majeur et vacciné. Et c'est cela qui fait peur, que des adultes puissent autant aduler un tel personnage dont évidemment, ils sont tombés sous le charme via une manipulation minutée, orchestrée etc...

Dans ces séminaires, les participants semblent trouver la galvanisation collective qui manque à leur vie, l'écoute, l'attention, l'empathie dont ils ont besoin et qu'on leur accorde le temps d'un instant, et surtout, moyennant quelques billets. En fait, c'est flippant de réaliser à quel point, dans notre société actuelle, les gens sont paumés, se sentent tellement seuls et incompris qu'ils ont l'impression qu'ils ont besoin de ces coachs de vie pour mener la leur.... Surtout pour entendre la traditionnelle réponse qui est sensée changer ta vie : "le pouvoir, la réponse sont en toi" ! C'est une réelle dépendance affective et émotionnelle qui se met en place... Et effectivement, les dérives sectaires possibles sont manifestes. Bref, ce sont mes réflexions d'après la séance.

Quid du film en lui-même ? J'ai adoré. Déjà, il faut dire que Pierre Niney déploie une énergie de dingue pour incarner à la perfection coach Matt, que ce soit dans la lumière ou dans sa part d'ombre. Franchement, je lui tire mon chapeau tant il a fait de son personnage un homme aussi charmant et fascinant en apparence que détestable, mégalo dans le fond... qui nous fait tout le temps surfer sur le doute entre la sincérité et le mensonge, alors que tout n'est qu'en fait tartuferie et égo XXL... Mais qui croit profondément en ce qu'il fait, là est toute l'ambiguïté. Et pourtant, tout ce qu'il dit n'est pas complètement faut ni complètement vrai... Tout dépend du contexte, de la nature et de l'état de la personne qui reçoit ses imprécations aussi magiques que vénéneuses... Et comme là il s'agit de séminaire avec des centaines de personnes... Pas de tri, tout le monde a droit à la même soupe.... La positivité toxique...

La réalisation impeccable montre parfaitement la dimension énergique, électrique, galvanisante jusqu'à la folie ou la transe de ces fameux séminaires. En dehors de ces scènes, le film plonge dans le côté obscur du coaching, la tension monte, et c'est bien dans un thriller que nous atterrissons et Matt Vasseur dans une spirale infernale. Et plus cela avance, plus cela fait froid dans le dos... Je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler. Un excellent film sur la puissance des mots sur l'esprit, puissance exponentielle quand elle est vécue en groupe. Et ce qui est terrible aussi, c'est que les méthodes de ce coaching ne sont pas des méthodes politiques qui mènent au populisme et aux extrêmes.

Pour moi, un film édifiant et captivant sur un phénomène de société terrifiant. Superbement mené et interprété, à voir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Janvier 2026

Film de Jean-Paul Salomé

Avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon, Pierre Lottin

Synopsis : Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France.

Mon humble avis : Film inspiré de faits réels... dont je n'avais jamais entendu parler mais qui à l'époque ont fait grand bruit.

L'histoire d'un grand faussaire qui fit trembler la banque de France dans les années d'après-guerre. Il règne dans ce film une atmosphère qui oscille entre Arsène Lupin, et Simenon pour l'époque. Parce que ce faussaire, qui fabriqua et éparpilla l'équivalent de 5 millions d'Euros, on l'aime, même s'il est soi- disant le méchant de l'histoire. Parce qu'il est né bon, que c'est un homme bien, mais que la société française n'a pas voulu embaucher parce qu'il avait un nom polonais... Et là, on se dit que c'est tout de même dingue et malheureux que les institutions se privent des talents et des génies de telle personnes sous prétexte qu'elles ne rentrent pas dans les cases administratives. Quel gâchis... Et pas étonnant que ces personnes talentueuses se tournent vers la filouterie pour exercer leur art, puisqu'il s'agit là vraiment d'art, et de chef d'oeuvre. D'ailleurs, des années après la fin de ce trafic de fausse monnaie, des "vrais-faux" billets de Bojarski étaient vendus aux enchères chez Drouot pour des sommes astronomique...  Le talent, le don extraordinaire de Bojanski fut reconnu comme celui d'un grand peintre comme Cézanne... D'autant que Jan ( Ceslaw dans la vraie vie), était un ingénieur et inventeur de génie qui n'a jamais pu déposer ses brevets, pour cause de patronyme étranger.

On suit donc la vie de cet homme faussement ordinaire, et sa famille, sur presque une trentaine d'années.

Des millions de Francs passent sous nos yeux, mais l'homme mène une vie simple et discrète, même si le travail est énorme et le coupe de tout : de sa famille, de ses amis, d'une certaine réalité... Mais ce qui ressort, c'est que Bojanski n'a jamais fait cela pour devenir richissime... Seulement par abnégation totale par amour de l'art, du défi et de la perfection. Il y a vraiment un aspect Gentleman faussaire, comme on dit Gentleman Cambrioleur pour évoquer Arsène Lupin.

Dans le rôle du personnage titre, on retrouve l'excellent Reda Kateb qui met sobriété nuances et délicatesse dans son jeu d'acteur. Son épouse est interprétée par Sara Giraudeau, un rôle fait pour elle !

Un film intéressant et très agréable à suivre, qui fait regretter tous ces talents gâchés ou perdus pour raison purement administrative.

Une histoire hors du commun d'un anti héro simplement fascinant. A voir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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