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Publié le 29 Septembre 2025

Film de Marie-Hélène Roux

Avec Isaach de Bankolé, Vincent Macaigne, Manon Bresch

Synopsis : Interdit - 12 ans avec avertissement

Certains combats peuvent changer le cours de l'histoire. Denis Mukwege, médecin congolais et futur Prix Nobel de la paix, soigne — au péril de sa vie — des milliers de femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Sa rencontre avec Guy Cadière, chirurgien belge, va redonner un souffle à son engagement.

Mon humble avis : Le cinéma comme moyen de communication. Le cinéma comme moyen de témoignage, d'information, d'interpellation. Le cinéma comme appel au secours, à la mobilisation de chacun(e), et de l'Etat et de tous pays....

Et c'est en état de sidération que l'on regarde ce film, qui je pense a pour moi été le plus dur des films à voir. Parce que la violence psychologique et physique (même si cette dernière est plus suggérée que réellement montrée) est insupportable, intolérable.... Et pourtant, tellement vraie, puisque ce film est inspiré de faits réels et de la vie du gynécologue Congolais Denis Mukwege, devenu depuis, en 2018, Prix Nobel de la Paix. Et pourtant, depuis 2011- 2012, le monde entier est au courant de ces viols par centaines de milliers sur une décennie, l'ONU est présente, mais rien ne change. Parce... dans nos téléphones portables, il y a du Coltan, et que le Coltan est extrait au Congo Kinshasa, et que pour faire fuir les villageois pour pouvoir exploiter le Coltan du sol... L'arme de guerre est le viol des femmes et des fillettes et leurs mutilations sexuelles dans des proportions que l'on n'imagine pas. Et au milieu de ce chaos, il y a le docteur Mukwege et ses collègues qui tentent comme ils peuvent de réparer physiquement et psychologiquement ces femmes meurtries. Mukwege est ensuite rejoint quelques semaines par le chirurgien belge Cardière, sa fille et une autre médecin. Cardière a inventé une technique opératoire permettant de "réparer" l'appareil génital des femmes sans ouvrir le ventre, et donc en évitant toutes les complications possibles.

Je n'irai pas dans les détails du film... Est-il bien filmé etc ... Ce serait indécent... Quand je lis les critiques de certains magazines ou journaux (L'obs, Nice Matin, Les fiches du cinéma...) j'ai honte... Car c'est un film coup de poing qui vient nous remuer dans notre petit confort, un film éprouvant mais nécessaire, un film qui témoigne de la non vie de ces femmes qui sont pourtant pour la plupart, bien résilientes. C'est un film courageux sur deux hommes (et leur équipe) courageux, et sur des femmes bouleversantes et ô combien courageuses. Aller critiquer de la sorte un tel film, mais qu'est-ce que c'est petit. Qu'est-ce qu'on s'en fout de savoir si la caméra était bien placée, si le jeu de telle femme sur son lit d'hôpital est bon !

Parce que ce film, on le regarde en apnée, en tremblant, en pleurant sur la violence du monde et de l'Homme, en étant heureuse d'être Française, en ayant honte du comportement de nos politiques alors qu'ils se passent des choses inhumaines de par le monde et de plus en plus aussi par chez nous.

Par contre, on ne peut que saluer la performance d'Isaac de Bankolé dans le rôle du médecin Prix Nobel de la paix et l'intelligence d'avoir enfin donner à Vincent Macaigne un rôle fort, loin, bien loin des abrutis décalés dans lequel on a l'habitude de le voir. Et c'est une vraie réussite.

Le journal "Le monde" dit que ce film a quelque chose de choral et que peu de personnages en ressortent. Je ne suis pas du tout d'accord. Car j'ai bien l'impression que le visage de ces femmes, leurs mots, leurs douleurs vont me hanter bien longtemps.

Je ne sais pas si vous connaissez l'engagement humanitaire d'Angelina Jolie, mais sachez qu'elle est productrice du film...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 25 Septembre 2025

Film de Yann Gozlan

Avec Cécile de France, Lars Mikkelson, Anne Mouglalis, Mylène Farmer (voix)

Synopsis : Clarissa, romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway, son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire. Mais peu à peu, Clarissa éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes. Menace réelle ou délire paranoïaque ?

Mon humble avis : Tout comme je suis friande du genre "anticipation" en littérature, il en est de même au cinéma. Nous sommes ici dans sans doute pas très longtemps... Car les prémices de ce qui est dénoncé dans ce film sont déjà présents à notre époque...  Pandémie (genre covid) et tests, couvres feux mais diurnes pour cause de canicule, monde ultra connecté, surveillance, complotisme, Intelligence Artificielle, remplacement de l'homme par la machine, jusque dans les arts... Les arts où l'on n'imagine pas la capacité de l'IA à intervenir, faute de connaissance et de ressenti des émotions... Oui mais... vu tout ce que l'on confit plus ou moins volontairement de notre vie au virtuel, on peut imaginer que l'IA puisse en apprendre beaucoup, beaucoup sur l'humain et finir par le comprendre et donc... le remplacer.

Je ne le savais pas avant d'aller voir le film, mais celui-ci est une libre adaptation du roman "Les fleurs de l'ombre" de Tatiana de Rosnay, que j'aurais dû lire, car sûr que le roman m'aurait aussi embarqué !

Le spectateur oscille sans cesse avec la conviction qu'il a affaire à une histoire à la "Big brother is watching you", pour ensuite pencher plutôt pour la paranoïa de l'héroïne, et passant par le sentiment de manipulation. Et s'il y avait un peu de tout cela dans ce film ? Ce qui est accentué par une mise en scène subjective et immersive, au plus près de Clarissa et de son environnement telle qu'elle le voit, puis tel qu'une personne lambda pourrait le voir. Chacun se fera sa propre idée. A noter que l'esthétique du film est particulièrement réussi, dans l'aspect froid d'un lieu malgré une chaleur étouffante par exemple.

Ce qui est clair, c'est que Dalloway démontre à tel point nous sommes déjà addictes et dépendants de l'IA sitôt nos limites atteintes. Et le plus dérangeant, c'est que cette dépendance devient aussi affective dans la solitude... L'IA écoute, l'IA réponds, l'IA ne juge pas.... L'IA devient la confidente invisible... mais qui enregistre tout... C'est toute l'ambiguïté et la complexité du sujet IA qui est ici le sujet presque principal.

Cécile de France est une fois de plus bluffante et nous embarque dans son vertige et ses angoisses.  Quant à la participation de Mylène Farmer à ce film, elle est la voix de l'IA Dalloway, pour moi, cela reste anecdotique et plutôt argument marketing / promo.

Un thriller psychologique parfaitement mené, angoissant à souhait, au suspense qui va crescendo pour notre plus grand plaisir.... Car voilà un film qui pose de bonnes questions tout en restant distrayant. Un film qui partage, contrairement à d'autres qui restent dans l'entre-soi.

Une chose est sûre, quand on rentre chez soi après la séance, on est bien tenté de débrancher tout ce qui peut l'être chez nous, de couper la Wi fi, le portable etc...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 23 Septembre 2025

Film d'Emmanuel Poulain-Arnaud

Avec Audrey Fleurot, Dany Boon, Ewan Bourdelles, Nicolas Marié, Amalia Blasco

Synopsis : Chris et Antoine ont bien du mal à s’entendre depuis leur divorce. Mais, lorsqu’on leur annonce que leur fils de 16 ans est atteint d’une maladie rare, qui va lui faire perdre la vue, ils s’efforcent de mettre leurs rancœurs de côté. Les ex-conjoints embarquent leur fils pour des vacances inoubliables, bien décidés à lui offrir ses plus beaux souvenirs.

 

Mon humble avis : Un film sympathique et touchant faute d'être totalement bouleversant, ce qu'il aurait pu être avec un tel sujet. On peut saluer le fait que le film ne soit pas "tire larmes", que le pathos est évité. Mais le film peine à trouver un équilibre. Dommage qu'un des personnages secondaires (la nouvelle compagne d'Antoine) soit aussi grotesque, d'un comique lourdingue qui n'a rien à faire dans le film et qui du coup, exaspère. Sans cette fameuse Isabelle, véritable caillou dans la chaussure, Regarde aurait gagné dans le style "doux amer".

Mais l'on suit avec plaisir l'histoire de cette famille éclatée qui tente de se réunir autour du fils promis très vite à la cécité. D'ailleurs, les passages entre Milo et son grand-père sont vraiment savoureux. Les prises de vue sont superbes : La côte Landaise avec ces maisons en bord de plage à l'heure jaune, avec cette impression de bout du monde déserté et hors tu temps, les magnifiques scènes de surf et les gigantesques vagues océaniques sont très bien filmées. A noter : le film a justement été tournée dans les landes là où se pratique le handi-surf pour personnes malvoyantes.

Malgré la maladie, Milo garde un aspect insouciant pour profiter de ses priorités d'adolescent : Le sport, les copains, les premières amours.

Le couple Feurot /Boon fonctionne bien, même s'il va me falloir du temps, j'ai l'impression, pour oublier de voir Morgane (HPI) dès que je vois Audrey. Mais le couple prend parfois trop de place au détriment du jeune Milo, parfois refoulé en rôle secondaire, alors qu'il aurait dû être le personnage principal. D'ailleurs, saluons le casting jeunesse, car Ewan Bourdelles et Amalia Blasco sont vraiment convaincants (Amalia est particulièrement lumineuse) et donnent envie de les revoir sur grand écran.

Bref, le film est agréable mais il y manque un gros quelque chose (que je suis incapable de préciser) pour un faire un excellent film de cinéma. Là, je dirai qu'on est plus dans le bon téléfilm.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Septembre 2025

Film de Carlos Abascal Peiro

Avec Jean Chevalier, Karine Viard, Alex Luth, François Cluzet

Synopsis : Une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre. Nino, jeune attaché parlementaire ambitieux, est missionné pour convaincre son père, Lionel Perrin d’accepter le poste. Mais cet éternel perdant a coupé les ponts avec la politique…et son fils. Nino se retrouve embarqué dans une course effrénée où tous les coups sont permis. Il a 24h pour sauver sa carrière, son couple et si possible l’avenir de la France !

Suite à une erreur de manip hier, le contenu de mon billet ne s'affichait pas...

Mon humble avis : Un film comme la politique... Alléchant sur le programme, mais ensuite rien. Un film comme en politique : un entre-soi où l'on se fiche de l'intérêt du spectateur que l'on perd très vite.

Je ne sais pas ce qu'a voulu faire le réalisateur... Une satire comique, ce n'est pas drôle... Un pamphlet sur le monde politique : encore faudrait-il qu'il soit compréhensible (et sans sombrer dans le ridicule et dans la caricature), dans le fond et dans la forme...  Le fond, tout va à une vitesse délirante qui ne laisse pas le temps d'analyser et de comprendre vraiment les tenants et aboutissants de ce qui se déroule devant nous dans un style très confus. La forme : soit les acteurs n'articulent pas assez, soit le son est mauvais, mais innombrables sont les phrases dont on ne perçoit pas la fin... Ce qui est très gênant, surtout dans des situations loin d'être limpides. Seules deux ou trois réparties sont bien senties et on rit une ou deux fois... Et l'on saisit à peu près que chacun veut tirer la couverture à soi.  Ah oui, il y a aussi un personnage féminin dont on dont on ne saisi jamais le rôle ni la position.

Après j'ai compté les gens qui sortaient de la salle vraiment pas bien pleine : 2 personnes...

Quant à la fin du film : Une scène tellement banale et téléphonée... et une autre, d'une vulgarité sans nom inappropriée qui tombe comme un cheveu sur la soupe. Scène de très mauvais goût.

Je me demande vraiment ce que Karine Viard et François Cluzet, qui sont pour moi gage de qualité et de bons films, sont allés faire là-dedans...

En fait, si c'est pour montrer que la politique c'est un poisson noyé dans la sauce, et bien c'est réussi ! Comme en politique, on ne devient que simple spectateur qui ne participe plus, qui n'éprouve aucune empathie, dont l'intérêt s'étiole pour disparaitre au profit de l'agacement et la lassitude... dans l'attente du générique de fin.

C'est dommage, car le postulat de départ était bon, qui plus est très actuel, même si le film a été écrit avant que la valse à trois mois ou a quatre temps des premiers ministres français...

L'avis de Pascale

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 7 Juillet 2025

Film de Quentin Dupieux

Avec Adèle Exarchopoulos, Jérôme Commandeur, Sandrine Kiberlain

Synopsis : Magalie est une star du web hors sol et sans morale qui gagne des fortunes en postant des contenus choc sur les réseaux. Après un accident grave survenu sur le tournage d'une de ses vidéos, Magalie s'isole à la montagne avec Patrick, son assistant personnel, pour faire un break. Une journaliste détenant une information sensible commence à lui faire du chantage… La vie de Magalie bascule.

Mon humble avis : Tout part d'un accident de piano, dont seule la deuxième partie du film dévoilera les circonstances et conséquences !

Premier film de ce réalisateur que je vois, et j'ai beaucoup aimé. Même si, c'est vrai, c'est space ! Mais ça fonctionne diablement. Les images envoient une impression surannée, comme un film de série B des années 80. L'accident de piano est un film complètement décalé, qui flirte avec le pastiche du film d'horreur, avec l'absurde, le tout sur un ton glacial et très détaché... Ce qui rend l'ensemble comique parce que cynique et grotesque. Mais cette farce, qui peut se regarder au premier degré comme au dixième, est bien réfléchie, comme le prouve les dialogues percutants. Avec peu de moyen et sans y aller par quatre chemins Dupieux prend pour cible deux contre médias : les influenceurs (ou créateur de contenu) du Web, et la presse. La premier, pour le néant qu'ils proposent (pour vous j'ai testé gnagnagna...) et la presse pour sa volonté à vouloir comprendre, et analyser ce néant. Bref, l'accident de Piano est un film sur la vacuité de notre époque, sur les artisans de ce vide qui est tant regardé et admiré qu'il génère un pognon de dingue à coup de likes et d'algorithmes.... Voilà ce que nous dit Dupieux... En 2025, ce qui compte c'est l'argent... et bien souvent, dans le divertissement et la "culture" via les réseaux sociaux, cette manne financière ne repose sur rien. Sans parler des fans et groupies qui vénèrent ces créateurs de contenue, donc ce vide.

L'exemple de Magalie (l'anti héroïne bien barrée, par une Adèle méconnaissable) est parlant. La caricature est poussée à son paroxysme, c'est féroce, drôle, c'est noir et très clair et lucide... dans les propos !

Bref, j'ai passé un très bon moment, et maintenant que j'ai découvert le cinéma de Dupieux, je compte bien rester à table !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 1 Juillet 2025

Film de Cédric Klapish

Avec Suzanne Lindon, Julia Piaton, Abraham Wapler

Synopsis : Aujourd’hui, en 2025, une trentaine de personnes issues d’une même famille apprennent qu’ils vont recevoir en héritage une maison abandonnée depuis des années. Quatre d'entre eux, Seb, Abdel, Céline et Guy sont chargés d’en faire l'état des lieux. Ces lointains "cousins" vont alors découvrir des trésors cachés dans cette vieille maison. Ils vont se retrouver sur les traces d'une mystérieuse Adèle qui a quitté sa Normandie natale, à 20 ans. Cette Adèle se retrouve à Paris en 1895, au moment où cette ville est en pleine révolution industrielle et culturelle. Pour les quatre cousins, ce voyage introspectif dans leur généalogie va leur faire découvrir ce moment si particulier de la fin du XIXe siècle où la photographie s'inventait et l’impressionnisme naissait. Ce face à face entre les deux époques 2025 et 1895 remettra en question leur présent et leurs idéaux et racontera le sens de : La venue de l’avenir.

Mon humble avis : J'ai fini, tardivement, par voir le nouveau film de Cédric Klapisch, réalisateur que j'aime énormément. Mais là, grande déception. Pourtant, sur le papier, l'histoire pouvait être alléchante, et originale. Mais une fois dans la salle obscure, Dieu que le temps m'a paru long. Et même si l'on est au cinéma, les improbabilités m'ont sauté aux yeux.

Pourtant, cela démarrait bien avec une scène d'ouverture franchement drôle dans son aspect dérision de notre époque. En cours de film, quelques passages sympas sur l'art photographique et la présence douce et lumineuse de la chanteuse Pomme. Vers la fin, une scène très émouvante de départ à la retraite d'un professeur de Français (le toujours discrètement génial Zinédine  Soualem). A part cela, et bien voici :

- Vincent Macaigne fait du Vincent Macaigne. Certes, il le fait bien, comme d'habitude, mais ce n'est plus surprenant du tout. Il serait temps que les réalisateurs l'imaginent dans d'autres rôles.

- Suzanne Lindon a encore de sacrés progrès à faire en expression émotionnelle. Elle ne m'a pas touchée.

- Paul Kirshner (qui joue Anatole) n'est guère plus expressif et la fausse moustache qu'il porte fait tellement postiche que l'on ne voit que ça.

-  Avec le notaire et cie, quatre membres d'une famille entrent dans une masure qui n'a pas été ouverte depuis les années 40... Certes, les tapisseries sont d'un autre âge et en lambeaux mais sinon tout va bien... Rien ne s'effondre, rien n'est moisi, pas de rats, pas de toiles d'araignées etc...

- La moitié de du film se déroule à Paris en 1895... Et là, les clichés s'accumulent, les décors font vraiment carton pâtes, même les figurants semblent mal dirigés tant leur présence ne parait pas naturelle. On est plus dans une succession de tableau que dans un film fluide. Certaines expressions usitées par les personnages, des dialogues paraissent tout à fait anachroniques.

Bref, quand je m'ennuie, je vois tous les défauts, si ça se trouve, peut-être même que j'en invente.

Seuls Julia Piaton (j'adore), la chanteuse Pomme, Abraham Wepler et Zinedine Soualem tirent leur épingle du jeu et sauvent, à mon humble avis, ce film d'un marasme absolu.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 27 Juin 2025

Film de Johann Dionnet

Avec Baptiste Lecaplain, Alison Wheeler, Lyes Salem

Synopsis : Comédien en perte de vitesse, Stéphane débarque avec sa troupe au Festival d’Avignon pour jouer une pièce de boulevard. Il y recroise Fanny, une comédienne de renom, et tombe sous son charme. Profitant d’un quiproquo pour se rapprocher d’elle, Stéphane s’enfonce dans un mensonge qu’il va devoir faire durer le temps du festival…mais qui va très vite le dépasser !

Mon humble avis : Comme en Mai, j'ai visité la ville d'Avignon, évidemment, je ne pouvais que voir ce film. Déjà, pour le plaisir de revoir rues, places et ruelles où je me suis baladée, même si le contexte est un peu différent : nous sommes ici en plein festival d'Avignon, donc les rues sont pleines, l'animation de la ville est à son paroxysme. Et c'est bien sympa le temps d'une séance, de se retrouver sous ce soleil, d'apercevoir des artistes de rue, mais aussi, de bénéficier de superbes vues aériennes. Bon, ça c'est pour le visuel !

Avignon est une douce comédie romantique, rafraichissante malgré le soleil de plomb qui règne sur le Palais des Papes. L'histoire est un peu diesel. Au début, j'ai craint un côté un peu trop limite et gags et en fait pas du tout.  Le scénario gagne en finesse tout au long du film et s'achève sur une fin des plus inattendues.

Avignon est aussi porteur de messages... Il est question de la précarité du monde théâtrale, du métier de comédien, du flux tendu financier permanent qui menace l'existence ou la disparition d'une oeuvre. On y voit aussi la passion qui régit la vie d'acteur non connu du grand public. Mais surtout, et c'est là tout le sel de l'histoire qui dénonce les perpétuelles barrières d'un genre par rapport à un autre. Dans ce film, les comédiens qui interprètent des classiques regardent de haut avec un mépris non dissimulé leurs "confrères" qui joue dans des comédies de boulevard. Comme si un genre d'art était supérieur à l'autre. Et le plus souvent, ce mépris émane de personnes qui ne connaissent que le genre qu'il défende et représente. Sans penser dire que le public a le droit de choisir sans être forcément débile pour son choix, que le public peut aimer les deux, que le public peut tantôt aimer assister à une représentation du Cid et le lendemain, se diriger vers le divertissement total avec une bonne comédie, qui détend les zygomatiques... Sans pour autant remettre en cause le talents des comédiens. Cette frontière qui existe dans tous les styles d'art m'exaspère. Elle est aussi présente en musique par exemple ou en littérature. Les livres qui se vendent le plus en France sont souvent bien dénigrés par ceux qui ne vont lire que de "la grande, ou de la vraie littérature". Sans se dire qu'il y a de la place pour tout le monde et qu'il en faut pour tous les goûts. Personnellement, je fais toujours attention à dire "je n'aime pas" et j'évite de dire "c'est nul".

Les personnages du film sont pour la plupart représentatifs de ce fameux débats qualitatifs mais au niveau humain. Une fois qu'on apprend à les connaitre, une fois qu'ils ont les moyens d'exprimer ce qu'il y a de meilleurs en eux, ils deviennent très attachants, profondément humain, et courageux quelque part.

Un bon film à voir en ce début d'été ! 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 16 Juin 2025

Film de Fabienne Godet

Avec Denis Podalydès, Salif Cissé, Aure Atika

Synopsis : Baptiste, imitateur de talent, ne parvient pas à vivre de son art. Un jour, il est approché par Pierre Chozène, romancier célèbre mais discret, constamment dérangé par les appels incessants de son éditeur, sa fille, son ex-femme... Pierre, qui a besoin de calme pour écrire son texte le plus ambitieux, propose alors à Baptiste de devenir son ‘répondeur’ en se faisant passer pour lui au téléphone… Peu à peu, celui-ci ne se contente pas d’imiter l’écrivain : il développe son personnage !

Mon humble avis : Si j'ai voulu voir ce film en urgence entre mon retour de vacances et un nouveau départ de quelques jours, cette fois-ci pour des funérailles, c'est parce que j'ai lu et adoré le livre éponyme dont il est l'adaptation. Pour retrouver ma chronique du roman de Luc Blanvillain, c'est ICI.

Si l'idée de départ peut paraître farfelue, le film n'en n'est rien et ne part jamais dans le déjanté ou l'ubuesque. Tout sonne en fait très juste, le dosage est délicat et parfait, même si évidemment les situations cocasses où l'affaire pourrait glisser ne manquent pas et nous amusent bien.

Un film très humain et une histoire qui dit beaucoup sur nous autres bipèdes... Depuis le parasitage du téléphone portable dans nos vies, jusqu'aux droits ou devoirs que nous avons de nous immiscer dans la vie des autres, pour leur bien évidemment ! Il est aussi bien sûr de confiance et de son non abus, puisque mine de rien, Chozène donne son téléphone et donc toute sa vie à Baptiste. Et oui, maintenant, toute notre vie est dans un téléphone. Baptiste en abusera-t-il ou pas ? Et bien sûr, il y a le gros sujet principal, le mensonge... Qui parfois, arrange bien tout le monde, même le bonheur quand ses "victimes" ont du mal à lui laisser une place.

Cette comédie douce et bienveillante est avant tout une étude des moeurs, des liens familiaux et franchement, il fait du bien. D'autant que son casting est aux petits oignons. Podalydès, on sait de quoi il est capable, mais la grande surprise, voire la grande découverte pour moi est Salif Cissé ! Au-delà de personnage très attachant qu'il a su créer, il y a aussi derrière un formidable travail sur la voix et la gestuelle... Pour cela, son coach a été Michael Gregorio, rien que ça, excusez du peu !!!

A voir, et pendant la séance, n'oubliez pas de mettre votre portable sur le mode répondeur !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Mai 2025

Film de Maël Piriou

Avec Julia Piaton, Grégory Gadebois et Quentin Dolmaire

Synopsis :  Mélanie, avocate, atteinte d’une maladie incurable, a décidé qu’il était temps de profiter de la vie ! Elle embarque Benjamin, son ami de toujours, dans un périple vers l’Espagne pour explorer enfin leur sensualité dans une maison close. Les voici à bord d’un van délabré, conduit par Lucas, un chauffeur bourru sorti de prison la veille. Contrairement à Mélanie, Benjamin ne semble pas pressé d’arriver et fait d’ailleurs tout pour prolonger cet improbable voyage à ses côtés…

Mon humble avis : "Encore" un road movie... je dis "encore" car il n'y a pas si longtemps, je voyais le film "On ira" . Dans ce dernier, le voyage était "motivé" par la fin de vie, l'envie d'en finir avec la maladie, la douleur etc. Ici, dans Une pointe d'amour, c'est l'envie de vivre avant qu'il ne soit trop tard qui signe le top départ de ce voyage pour ce trio improbable : un repris de justice, son avocate et le meilleur ami de celle-ci. Tous les deux en fauteuil roulant... Mais ils ont pour eux la jeunesse.
Les deux films s'attaquent à des sujets tabous... le premier : la fin de vie... Le deuxième, l'amour, la sensualité, le désir, la sexualité chez les personnes en situation de handicap physique. On ne peut que saluer ces démarches.
Le sujet est ici traité avec pudeur, délicatesse, tendresse, bienveillance, un peu d'humour (juste ce qu'il faut) et plein d'amour, pas qu'une pointe !
Le film ne m'a pas bouleversée, mais il m'a beaucoup touchée. Si j'ai par moment regretté un certain manque de rythme, et un scénario un tantinet timide, j'ai été complètement conquise par ce trio d'acteur. Une telle osmose, chacun a sa place mais aucun ne tenant sans l'autre. Julia Piaton, on la voit de plus en plus et c'est tant mieux, car on sent qu'elle aime ses personnages et qu'elle leur donne toute son énergie. Sa beauté naturelle, pleine de charme, loin des stéréotypes est pour moi un réel atout. Quentin Dolmaire, je ne le connaissais pas. Il joue si bien que pendant le film, je me demandais s'il n'était pas réellement tétraplégique. Quant à Grégory Gadebois en repris de justice, faux infirmier et vrai chaperon malgré lui... Que dire, pour moi, il devient au fil des films un pilier du cinéma français. Discret, mais bien pilier. Son nom sur une affiche suffit à me faire entrer en salle, "les yeux fermés". D'ailleurs, ce rôle a été écrit spécialement pour lui, donc logique qu'il lui aille autant comme un gant. 
Luca, son personnage, évolue avec ses deux comparses sans jamais s'appesantir de leur condition, sans déployer en empathie démesurée. Il s'occupe d'eux évidemment, les porte etc... Mais jamais il ne les regarde comme des personnes handicapées.
Ce film montre avec justesse que le sentiments et l'amour, que l'on soit valide ou en fauteuil, sont toujours source de questions, de doutes, de détresses, de joie, de bonheur, de partage... Sauf que pour les personnes en fauteuil et dépendant, il y a une peur supplémentaire de rejet et surtout, la difficulté physique et matérielle du passage à l'acte.
Malgré mes tous petits reproches, ce premier film salutaire et utile et une réussite, bien agréable à regarder.
 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Mai 2025

Film d'Elsa Bennett et Hippolyte Dard

Avec Valérie Bonneton, Clovis Cornillac, Michèle Laroque, Sabrina Ouazani

Synopsis : A la suite d’un accident de voiture, Suzanne perd la garde de ses trois enfants. Elle n’a plus le choix et doit se soigner dans un centre pour alcooliques. A peine arrivée, elle y rencontre Alice et Diane, deux femmes au caractère bien trempé… Denis, éducateur sportif, va tenter de les réunir autour du même objectif : participer au rallye des Dunes dans le désert marocain. Il devra s’armer de beaucoup de patience et de pédagogie pour préparer cet improbable équipage à atteindre son objectif.

Mon humble avis : La Bande annonce laisse un peu penser à une comédie, que nenni. Ce film n'en n'est pas une, même si quelques situations ou bons mots comiques détendent l'atmosphère... tendue... Car tout au long du film, on sent qu'on est sur un fil, que la situation collective ou individuelle de l'une de ses femmes pourrait basculer d'un instant à l'autre... Chacune d'entre elle et toutes ensembles, elles sont une poudrière. Même la sororité qui s'installe entre elles semblent pouvoir voler en éclat à chaque instant.

Des jours meilleurs est un film dur, magnifique et bouleversant sur l'alcoolisme des femmes (sujet plutôt tabou...) qui est plus caché, à l'abri des regards et qui, socialement, semble plus "condamnable" que celui des hommes.

J'ai trouvé l'ensemble et les détails fichtrement bien ficelés. On n'est pas jamais dans la caricature. Les origines, les âges, les situations personnelles et les CSP de toutes ces femmes sont si variés que cela démontre bien que l'alcoolisme peut toucher tout le monde, quelle que soit la classe sociale. Le déclencheur de cet alcoolisme varie aussi d'une femme à l'autre, mais les conséquences sont les mêmes.

S'il n'y avait pas ce projet de participation à ce fameux rallye du désert, on pourrait être dans une chronique sociale. Mais finalement, cette idée de rallye qui peut paraître farfelue sur le papier s'intègre autant dans le film que dans la démarche de chacun de personnage, dans la démarche de résilience... Donner un but, l'atteindre ou pas, faire équipe, se dépasser... Etre loin de son quotidien... Se relever.

Tout est dit et montré avec justesse, délicatesse et respect. Sans jugement. On ne peut que déplorer et se sentir impuissants devant le mal être des personnages, et admiratif devant le combat que chacune doit mener contre elle-même, contre la maladie... puisque le film le rappelle : l'alcoolisme, comme toutes les addictions, est une maladie. 

Toutes ces femmes passent devant la caméra pour un face à face avec la psychiatre, que l'on ne voit pas. Elles sont donc face caméra et témoignent avec un naturel poignant de leur chemin dans l'alcoolisme. D'ailleurs, nombre des rôles secondaires sont d'anciennes femmes alcooliques qui racontent donc leur propre histoire. Toutes sont bouleversantes.

Et que dire de Valérie Bonneton qui est là où on ne l'attend pas et où on ne la voit quasiment jamais. Elle est d'une justesse incroyable et montre qu'elle peut être plus que brillante et saisissante de vérité loin du rôle de la femme bavarde qu'on lui donne souvent. Pour moi, elle est vraiment LA révélation de ce film.

Que dire d'autre sinon que "des jours meilleurs" devrait être vu par le plus grand nombre possible, au féminin comme au masculin... Car oui, c'est aussi un film qui, sans être moralisateur, fait réfléchir sur notre propre consommation d'alcool, et la place que celle-ci prend en société, pour ce qui est de l'alcoolisme dit "mondain", trop souvent ignoré que ce soit par les individus, ou l'entourage. 

Chapeau, j'ai adoré ce film courageux et nécessaire qui m'a captivée, touchée, embarquée, émue. Et ce soir, j'aurais pu, mais je n'ai pas pris d'apéro

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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