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Publié le 26 Novembre 2025

BD - Editions Futuropolis - 160 pages - 24 €

Parution le 8 octobre 2025

Le sujet : Elle s'appelle Françoise Roy. Son métier consiste à accompagner les personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer et leurs proches dans leur vie quotidienne. Étienne Davodeau trouve que c'est là un métier passionnant. Alors il a demandé à Françoise de lui raconter au plus près les heures et les journées qu'elle passe dans l'intimité de ces femmes et ces hommes pour qui la qualité de l'instant présent est essentielle. Il lui a dit : "Là où tu vas, chaque jour, tu seras mes yeux et mes oreilles". 

 

 

Tentation : Nom de l'auteur = qualité

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Les BD de Davodeau, je les attends comme les romans de mes auteurs favoris. Il y a deux ans, je m'étais régalée avec les splendides dessins de Loire. La couverture de "Là où tu vas" annonçait le même ravissement. Hélas, sitôt l'ouvrage ouvert, on réalise qu'à l'intérieur, tout y est en noir et blanc. Dommage. Dommage même si, ici, les paysages et dessins sont relativement secondaires. Ce qui importe le plus, c'est le texte des bulles. En cela, "Là où tu vas" est bien dense et ne se lit pas sur le mode divertissement. Ici, on est dans le partage et l'information, celle qui est nécessaire. Car le titre peut être lu à différents degrés... Là où tu vas... Comme dit dans le pitch, c'est là où se rend tous les jours Françoise, pour son travail. A noter que Françoise est aussi la compagne de Davodeau et la mère de ses enfants. Aussi, dans quelques cases, voit on le couple discuter de ce projet de livre dans la cuisine ou sur une montagne enneigée. Là où tu vas... C'est aussi ce monde mystérieux où vont ceux qui subissent des maladies neurodégénératives. Et c'est aussi là où chacun de nous allons... Le grand âge, le pays de la mémoire qui flanche... 

Cet album est profondément humain et empathique. Il prend le temps, comme Françoise prend le temps d'apprivoiser ces nouveaux "patrons". Car oui, elle est bien embauchée par les personnes dont elle s'occupe, même si celles-ci n'en n'ont pas conscience. Françoise insiste bien pour que l'on ne dise pas "les malades", mais "les personnes malades". Car malade d'Alzheimer (ou d'autres troubles cognitifs) ou pas, chacun est avant tout et reste une personne. Auparavant infirmière en milieu hospitalier puis à domicile, Françoise a choisi de se former (notamment au Canada), à l'accompagnement des personnes atteintes de trouble cognitifs et de leur famille, qui sont souvent en grand désarroi. Evidemment, les "cas" évoqués ici sont loin d'être exhaustifs, puisqu'il s'agit de personnes toujours à domicile. Il n'empêche, tout est très instructif tout en restant pudique et bienveillant, jusque dans la "méthode" utilisée par Françoise, inspirée de Montessori pour maintenir au maximum des habitudes et les participations des patients dans leur quotidien.

Un ouvrage très utile aussi bien pour les personnes qui ne sont pas encore concernées par ces maladies, que pour les familles et les aidants, car il ouvre réellement des pistes d'accompagnement non intrusif.

Là où tu vas, en mettant les mots justes au bon endroit est aussi un magnifique hommage à ces hommes et femmes qui s'occupent quotidiennement de nos aînés...

Nécessaire et incontournable évidemment. Pourquoi se priver du regard avisé et bienveillant de Davaudeau sur les différents maux de notre société.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Novembre 2025

BD - Editions Kana - 168 pages - 25.90 €

Parution en septembre 2024

L'histoire : Le Capitaine Flam, l’androïde Mala, le robot Crag et le professeur Simon accompagnés de l’agent spéciale Johann Landore, entament une course contre la montre.
Sur la planète Dénef, une terrible épidémie fait des ravages dans la population. Il faut trouver le remède qui stoppera les effroyables mutations. Pour toute piste, quelques mots prononcés par un agent contaminé : “L’Empereur Éternel, rétrogradation de l’espèce”.
Le Capitaine Flam et ses compagnons parviendront-ils a` revenir sains et saufs de cette mission ? Devant aller au-delà` de ses limites pour faire face au mystérieux Empereur Eternel, Flam, hante´ par son passe´, risque d’y perdre son âme

Tentation : Nostalgie

Fournisseur : La bib de St Lunaire

« Au fin fond de l'Univers, à des années et des années-lumière de la Terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle quand il n'est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : le Capitaine Flam ! »

Mon humble avis : J'ai trouvé cette BD à ma bib par hasard lors de son déménagement, et m'en suis saisie immédiatement, même s'il n'y avait aucun ordi pour scanner mon emprunt. Non, mais le Capitaine Flam !!!

Je vous présente l'homme qui, dès mes 9 ans (1981), devint l'homme de ma vie et de tous mes fantasmes pour quelques années... Le héros d'un générique que je "chantais" en moult circonstances, notamment, parait-il (c'est devenu une légende familiale) pour échapper à quelques corvées domestiques. Aussi, quand j'ai vu cette BD, vous comprendrez que mon coeur s'est mis à battre la chamade et que j'ai retrouvé mon enfance... Une lecture donc très madeleine de Proust !

Et bien plus de 40 ans après, le Capitaine Flam n'a pas pris une ride (contrairement à moi) et même il s'est modernisé, ou en tous cas, mis au goût du jour que ce soit pour l'usage de tablette, où même dans son vocabulaire... Il est question de fake news, de dark net, d'IA etc... A part cela, les dessins sont très respectueux de l'original, clairs, faciles à suivre et beaux !

On retrouve donc le vaisseau le plus rapide de l'espace, alias le Cyberlab et le Cosmolem, et les personnages de Johann, Mala, Crab, Ken etc... et nous voici à Mégara, capitale de la planète Dénef. Une épidémie y sévit. Ses conséquences, des mutations et une rétrogradation des humains en hommes singes ultra violents. 

Ce premier tome (j'espère qu'il y en aura d'autres, correspond aux quatre premiers épisodes de la série (merci Wikipédia), avec quelques ajustements. Et fortes de mes décennies, c'est aussi d'un autre oeil que j'ai lu cet album, où plutôt avec un cerveau plus abouti que je l'ai reçu... Et j'y ai découvert les thèmes profonds que je n'analysais sans doute pas à l'époque... Au-delà de la découverte spatiale qui était obsessionnelle à l'époque, il est question de colonisation et donc d'invasion, de vivre ensemble, de manipulation des foules et des plus faibles, de systèmes de "castes" et d'exploitation. Et tout ça, le Capitaine Flam il n'aime pas, lui qui voue sa vie et son combat à la justice et l'équité intersidérale !

Bref, je me suis régalée de ma lecture et me suis dit que Capitaine Flam, c'était un peu l'Agence tous risques de l'espace !!! Ah mes références de jeunesse. 

Je remercie encore Wikipédia qui m'informe que le dessin animé est inspiré du roman SF et space opera Captain Futur and the space emperor d'Edmond Hamilton paru aux USA en 1940 et publié en France en 2017 (ed Le Bélial). Tiens, peut-être une idée de lecture !

En tous cas, plus de 40 ans après le dessin animé, je suis encore tombé sous le charme de Capitaine Flam et de ses aventures !

En cadeau, pour bien vous le mettre dans la tête pour toute la journée, le générique ! (Musique de Jean-Jacques Debout)

Et du coup, il devient évident qu'avec cette lecture, je participe, certes tardivement,  au Challenge Objectif SF 2025 de Sandrine Tête de lecture

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Octobre 2025

BD - Editions Fluide glacial - 56 pages - 13.90 €

Parution en avril 2022

Le pitch : Vous avez fait le tour de l'humour absurde ? Que nenni. Découvrez en la quintessence. Après le succès de Faut pas prendre les cons pour des gens, nous vous proposons aujourd'hui de remonter dans le temps et de découvrir les histoires d'Emmanuel Reuzé avant les Cons ! Des univers complètement barrés, des jeux olympiques du crime, une passion fiévreuse entre experts comptables ou encore les aventures de l'homme mal cadré... Reuzé parvient à repousser les frontières d'un humour complètement décalé encore plus loin.

 

Tentation : Titre et couv'

Fournisseur : Bib de St Lunaire

Mon humble avis : Fluide Glacial, magazine ou éditions de BD, un univers connu de moi jusqu'à ce jour que de réputation : un humour décomplexé, satirique et sans limite. Je n'en savais donc pas p

Bon et bien j'ai testé avec cet opus et comment dire, je suis perplexe... Pas sûr que cet univers me corresponde... Je n'ai pas ri une seconde, à peine souri de temps en temps. La première page dit "humour à tous les étages"... j'ai l'impression de ne pas être montée bien haut et pour certaines planches et saynètes, de ne pas avoir dépasser le niveau "caca pipi prout"... Ou alors, c'est que j'ai lu cette BD sans être dans l'humeur nécessaire.

Certes, quelques passages sont bien sentis et la société bien égratignée  (la discrimination, la pauvreté, la précarité, les différents milieux sociaux etc), mais pour "l'album le plus drôle depuis l'invention de zygomatiques", je m'attendais à autre chose...

La plupart de ces pages ont déjà été publiées dans des mensuels entre 2007 et 2008... Peut-être que cette forme d'humour est un peu passée, en tout cas, elle ne m'a pas touchée.

En fait, ce que j'ai préféré, voire beaucoup aimé, c'est le Grand concours de préfaces qui ouvrent cet ouvrage... Là oui, on se marre... Entre Jean-Jacques Rousseau, Albert Camus, Duras, Houellebecq et Kafka qui s'essaient à cet exercice de préface avec leur style excellement pastiché par Vincent Haudiquet et... Pascal Fioretto, le même qui, il y a quelques années, nous régalaient ainsi de quelques livres de pastiches. Donc les pages qui m'ont éclatée ne sont pas d'Emmanuel Reuzé...

La couverture promet beaucoup, de même qu'en qualité de graphisme, l'intérieur est tout autre, et bien plus proche du vieux comics... Et la scène ne figure dans aucune des histoires de cet album.

J'aime l'absurde mais peut-être pas assez pour apprécier cette BD. Et autre possibilité aussi, mon inculture dans le domaine Fluide glacial a pu être un frein à mon appréciation.

Faudrait tout de même que j'essaie la série de Reuzé "Faut pas prendre les gens pour des cons", comme c'était mon projet initial !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Octobre 2025

BD - Editions Glénat - 160 pages - 26 €

Parution en janvier 2025

L'histoire : Le continent européen est victime de catastrophes multiples, des réfugiés de tous les pays s'amassent au port du Havre, lieu de transit vers un hypothétique salut. L'Islande est encore épargnée, mais pour combien de temps ? Liam, qui a déjà tout perdu, va tenter sa chance en subtilisant le pass d'une migrante, sans savoir que l'Islande aussi se déchire à leur sujet. Ballotté dans le chaos du monde, Liam découvrira qu'il a pris la place d'une femme impliquée dans un mystérieux projet, "Islander" ; sa rédemption, si Liam et ses nouveaux compagnons parviennent à survivre.

 

Tentation : Le nom de Caryl Ferey

Fournisseur : La bib de St Lunair

Mon humble avis :  Caryl Ferey... Je n'ai encore lu aucun de ses thrillers... Par contre, j'ai adoré une précédente BD : Sangoma, les damnés de Cape Town.  D'où le choix de cet album, Islander, l'exil... dont il faudra attendre les tomes suivants (2 et 3) pour en connaître l'issue.

Une histoire d'anticipation, futur plus ou moins proche, très réaliste... Puisqu'il est question de migration. Nous passons beaucoup de temps avec ses candidats, que ce soit dans des camps, ou encore sur des bateaux malmenés où tous les coups semblent permis.

Nous sommes dans un univers de chaos et glacial, très bien représenté par le graphisme sublime, mais qui n'empêche pas un sacré sentiment de confusion. Celle très réaliste des situations vécues par les protagonistes, mais qui réclame une certaine attention.

Seule l'Islande, l'Irlande et l'Ecosse semblent exemptes de ce chaos européen... Aussi deviennent-elles les destinations ultimes de l'exile.

Nous passons également du temps avec le gouvernements Islandais dont les membres d'étripent sur la politique à tenir face à ce flux migratoire...   Il y a les radicaux répressifs (tuons donc ces migrants qui veulent tout nous prendre) et les libéraux qui prônent un accueil organisé mais plus chaleureux... Tiens tiens, très contemporain ce sujet.

Et au milieu de tout cela, un fameux professeur détenteur d'un message important pour une grande botaniste, message qui pourrait changer le monde...

Mais pour en savoir plus, il faudra attendre... Ce tome 1 reste nébuleux et est vraiment une entrée en matière pour présenter le contexte et les personnages. Le fond réel de l'intrigue n'est pas encore franchement dévoilé.

Cependant, avec ces sublimes dessins et Caryl Ferey au scénario, on fait confiance pour aboutir à une histoire de dingue et fichtrement bien ficelée, et l'on poursuit sa lecture !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Octobre 2025

BD - Editions Glénat - 190 pages - 26 €

Parution en janvier 2024

Le pitch : Mon corps, mon choix : un procès historique
En 1972, Marie-Claire Chevalier, enceinte à la suite d’un viol, est dénoncée pour avortement clandestin par son propre agresseur. L’avortement est encore, à cette époque pas si lointaine, un délit passible d’une très forte amende et même d’incarcération. Sa mère qui a tout mis en œuvre pour lui venir en aide, ainsi que des femmes ayant pris part aux événements, comparaissent elles aussi devant la justice, pour complicité. Cette affaire dramatique tristement banale devient l’un des grands procès historiques par le concours de Gisèle Halimi, avocate de toutes les grandes causes féministes et antiracistes. Elle s’empare de l’histoire de Marie-Claire et de sa mère, pour créer un électrochoc médiatique, public et sociétal

 

Tentation : Sandrine, la responsable de ma médiathèque

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Voici un roman graphique qui se dévore, aussi captivant que nécessaire. 

Il revient sur l'un des procès de Bobigny en 1972, celui d'une mineure, accusée d'avoir avortée alors qu'elle était enceinte suite à un viol. L'adolescente et sa mère sont alors défendues par la célèbre avocate Giselle Halimi.

Voici une histoire réelle, même si quelques libertés ont pu être prise pour la fluidité du récit, récit mené avec brio par les deux autrices. Il est en effet aéré, pas trop bavard, des dessins agréables et très évocateurs. Ce roman graphique est très clair, ce qui permet au lecteur de ce vraiment se concentrer sur ce grave sujet, et les aberrations qui ont été dite par la cour de justice lors de cette affaire.... la justice alors représentée uniquement par des hommes, qui jugent là quatre femmes.

On croise dans ces pages Giselle Halimi bien entendu, mais aussi Françoise Giroux, Simone de Beauvoir, l'actrice et réalisatrice Delphine Seyring, le député Michel Rocard... pour les plus célèbres. Quelques flash-backs nous ramènent dans la jeunesse de Giselle Halimi, et nous découvrons ainsi la genèse de son militantisme féministe et de son combat pour la justice envers les femmes.

De même, au fur et à mesure qu'avance le procès, d'autres flash-backs nous narrent petit à petit ce qui a mené Marie Claire à être violée et l'enfer pour subir un avortement clandestin, dans des conditions précaires et avec des conséquences infectieuses etc...  Bref, le calvaire d'une jeune fille qui n'a rien demandé, juste de pouvoir vivre sa vie de jeune fille, d'étudier etc... et qui pourtant, se retrouve sur le banc des accusés...

A travers le film Simone, le voyage du siècle, j'avais découvert le climat politique d'alors, les ignorances masculines, les propos ignoblement machistes, sexistes et patriarcaux des politiques dans les hémicycles

Les pages de Bobigny m'ont révélé une autre injustice... A cette époque, seules les femmes de petites conditions étaient jugées pour avortement illégal... Jamais une bourgeoise, une femme de ministre ou de médecin n'a été montrée du doigt ni accusée de quoique ce soit par l'Etat français. D'ailleurs, tout au long du procès de Marie-Claire, Giselle Halimi ne cessera d'évoquer cette terrible injustice et hypocrisie sociale et législative. A l'époque, le nombre d'avortements annuels, réalisés dans la clandestinité, était estimé entre 500 000 et un million.

Le procès de Bobigny 1972 était un premier pas juridique, qui a abouti, trois ans plus tard, à la promulgation de la loi Veil. 

Cinquante-trois ans plus tard, certes le droit des femmes a évolué, mais il reste encore beaucoup de préjugés à combattre et l'égalité n'est pas encore là....Et de part et d'autre de la planète, se même droit est toujours bafoué, voire remis en question... Donc rien n'est acquis dans la liberté... D'où l'importance indéniable de cet ouvrage et le courage de toutes les figures féminines de cette histoire comme celui d'autres femmes invisibles ou méconnues.

Comme l'a dit Simone de Beauvoir "N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question."

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 13 Septembre 2025

BD - Editions Futuropolis - 152 pages - 22 €

Parution en février 2023

L'histoire Marina et Victor ont fugué. Les deux adolescents sont partis avec sacs à dos et duvets dans les bois, fuyant un univers familial toxique. Elle vit seule avec son père, lui est en famille d'accueil. Cette fugue est abondamment commentée dans ce petit village de campagne... d'autant qu'à la même période, une attaque de cheptel est attribuée au loup. Victor et Marina espèrent surtout qu'en leur absence les adultes finiront par parler et qu'on comprendra les raisons qui les ont poussés à quitter leur famille. 

 

 

Tentation : Les dessins

Fournisseur : La bib de Dinard

 

 

Mon humble avis : Point majeur, cette BD, même si elle est imparfaite, m'a ravie par son graphisme : les dessins sont de toutes beautés, qu'il s'agisse de rues d'un village, de la nature, des saisons qui passent... Les coups de pinceau et la peinture acrylique d'Aude Samama sont juste d'une splendeur inouïe.

Les seules imperfections à mes yeux sont liées aux visages, dont la maturité ou la jeunesse ne sont pas toujours limpides à distinguer.

Nous sommes dans une petite ville rurale française, aux abords de la forêt. Les deux adolescents disparaissent, la gendarmerie déploie ses forces pour les retrouver. Et dans la ville, tout le monde parle, suppose, suggère, interprète, répète.... tout ce qui se dit, ou ne se dit pas, de cette fugue... Et cet aspect-là est diablement bien représenté par les deux auteurs. Car le sujet principal de ce très bel album est... la rumeur.... La rumeur qui devient une meute, qui se transforme aussi en légende. Tout le monde pense savoir mais personne ne bouge. Depuis la pharmacie, le salon de coiffure, la sortie de l'école en passant par le bistro ou le domicile que visite une infirmière c'est la même rengaine : "A la radio ils ont dit que... Mme untel qui a une amie qui connait très bien la psychologue qui participe à l'enquête" etc... Tous ces cancans sont tellement bien rendus et rédigés que, malgré la situation dramatique, ils prêtent à sourire, tant tout sonne juste. Les gens se parlent mais ne s'écoutent pas, les discussions se mélangent entre la possible présence du loup et la disparition des deux jeunes, ce qui ne les empêche pas de répéter ce qu'ils croient avoir entendu... Une certaine façon de se sentir vivant et important. C'est pathétique et pourtant réaliste.

Au-delà de la rumeur, La meute nous parle du mal-être de certains enfants ou adolescents, des familles dysfonctionnelles, et de la surdité et/ou de l'aveuglement des adultes face à ce mal-être, voire même cette détresse. Il est également question de la légitimité de la présence du loup sur nos terres, et de la colère des éleveurs. Tout au long des pages, qui alternent, entre qu'en dira-t-on et la fugue de Victor et Marina, Cyril Herry multiplie les points de vue... depuis la rue, jusqu'en dans l'intimité des maisons, voire des chambres...

Et, de cette petite ville qui paraissait sans histoire, émanent non-dits, rancoeurs, souvenirs douloureux, les aigreurs.... Mais il y a aussi ceux qui, même s'ils ont souffert, sont loin de toute cette mesquinerie et sont prêts à recevoir le monde, et à s'émouvoir de la beauté naturelle qui les entoure, ce qui nous offre, à nous lecteurs, de superbes scènes contemplatives...

Bref, un album magnifique, subtile et émouvant, souvent implicite, qui par un effet de miroir, incite chacun à réfléchir sur son propre comportement dans ce que l'on appelle aussi "l'effet de meute"... Et qui dit aussi que l'animal protège bien plus son petit que l'Homme son enfant.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 30 Août 2025

BD - Editions Rue de Sèvres - 132 pages - 20 €

Parution en 2018

Le Pitch : Fabienne et Roland débarquent à Palavas pour passer la semaine. Roland a tout payé, tout organisé et scrupuleusement consigné chaque étape du séjour dans un carnet. Ils s'apprêtent à déposer leurs bagages à l'appartement. Soudain, elle se retrouve seule. Stupeur, déni... Contre toute attente, elle décide de rester.

Tentation : Pitch et dessins

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Un scénario que l'on peut presque qualifier d'osé... de plus, traité avec une certaine distance. Imaginez... un couple arrive pour passer quelques vacances à Palavas... Les bagages ne sont même pas sortis du coffre qu'un coup de vent se lève, qu'une tôle s'envole et décapite Roland... Et pourtant non, on n'est ni dans une BD burlesque, ni dans du gore. C'est juste un postulat de départ radical... qui permet aux lecteurs de découvrir les réactions on ne peut plus décalées de Fabienne. Décalées car absentes en fait. Fabienne n'a aucune réaction, et son possible chagrin n'est pas du tout traité... en apparence. Même son visage est inexpressif. C'est ce qui fait le sel de cette BD, l'étonnement puis l'adhésion du lecteur qui se retrouve libre de penser, d'interpréter. Fabienne décide de mener ses vacances comme Roland les avait si bien préparées. Dans ces déambulations, dans ces visites de la ville, dans les spectacles auxquels elle assiste, on suit Fabienne, seule dans la multitude, la foule, l'animation estivale, les gens heureux... Et tout ceci, cette solitude au milieu de ce tout est superbement rendu par les dessins, qui représentent à peu près tous les "clichés" de vacances balnéaires (les cornets de glace, les baignades, les parties de volley, les concerts de fanfare, les marchés etc)... Les dessins sont lumineux, chauds, virevoltants. Ce qui montre que quoiqu'il se passe, le monde continue de tourner, de rire, de vivre...

Mais dans son errance, Fabienne fera une belle et étonnante rencontre, avec l'énigmatique mais très attachant Paco, une figure locale, qui fuit les spots touristiques mais n'est jamais loin du chemin de Fabienne avec une bienveillance et des façons attachantes. 

Et au lecteur de se faire son idée... L'attitude de Fabienne relève-t-elle du déni, de l'hommage à l'homme qui avait tant préparé ces vacances ou au choix de ne pas répondre aux dictats qu'impose la société dans ces événements très ritualisés et de faire juste ce dont elle a besoin, ce dont elle a envie pour rester debout.

Une BD très agréable à lire car très peu bavarde, qui laisse donc une grande place aux réflexions du lecteur sur un sujet délicat. Et aussi, une très belle histoire, touchante, de celles qui restent en mémoire et marquent vraiment. Fabienne et Paco, des personnages qui restent en mémoire. Et malgré le délicat sujet, des pages où l'on se sent bien, que l'on n'a pas vraiment envie de quitter.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Août 2025

BD - Editions 6 pieds sous terre - 80 pages - 18 €

Parution en septembre 2021

L'histoire : Hollywood, années 50. Au cœur de l’usine à rêves du cinéma, l’immense actrice Betty Pennyway est victime d’un crime sans précédent et particulièrement abominable. L’affaire fait la une de toute la presse et l’Amérique entière est en émoi.
La police de l’Etat fait appel au peu orthodoxe inspecteur Hernie Baxter pour mener cette délicate enquête qui secoue tout le petit monde du 7ème Art.

Tentation : Une BD de Fabcaro ne se refuse pas !

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Cette parution de Fabcaro m'avait échappée ! Diable ! C'eut été vraiment dommage de manquer ce pur moment de bonheur et de détente pour mes zygomatiques ! 

La recette reste à peu près la même, mais me fait toujours autant marrer ! On retrouve dans Moon River l'humour à première vue potache, mais très second degré et, de coutume, bien déjanté... Bref, c'est bien à l'ouest que nous emmène cet album... Voire même au Far West, à Moon river... Moon river, c'est en fait le titre d'un film en tournage. Un matin l'actrice principale se réveille et constate qu'elle a été victime d'une agression : une b*te a été dessinée sur son visage... 

Alors il y a enquête, interrogation des témoins etc...

Les pages alternent entre le tournage du film, avec en prime les conséquences de l'agression, l'enquête et... Fabcaro chez lui, planchant sur cette BD, entouré d'amis ou de sa famille qui lui supplient d'arrêter là : non mais, tu vas pas écrire une histoire de "bi*e sur un visage.

A travers Moon River, Fabcaro reprend les codes des films noirs des années 50, mais aussi ceux des grandes sagas romantiques, pour mieux les briser, les prendre à contre-courant et s'en moquer ! On est dans la pure parodie. Seuls les personnages ne se rendent pas compte de la débilité ubuesque des situations qu'ils vivent, ou de la stupidité de leurs répliques grandiloquentes assenées avec tout le sérieux du monde. Ce qui fait aussi penser à certaines émissions de téléréalité. Bref, Fabcaro se moque bien de tout cela autant que de lui-même, et nous garantit de bons fous rires, ainsi qu'un chouette moment de divertissement...

Du Fabcaro en grande forme ! Pas un coup de coeur parce que plus vraiment surprenant pour moi, mais tout de même, que ce fut bon !

A noter que l'objet est lui-même magnifique, avec cette couverture sobre, élégante et rembourrée... Bref on a envie d'y enfouir le pousse !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Juillet 2025

BD - Editions Pataquès / Delcourt - 64 pages - 13.50 €

Parution en avril 2022

L'histoire : Dans Une bonne comédie romantique française, Yann Rambaud détourne avec un humour absurde irrésistible les codes du genre en offrant une véritable histoire d'amour, aidé d'un narrateur qui nous accompagne pour nous expliquer les rouages d'un scénario, les techniques de mise en scène. Nul doute qu'après la lecture de ce livre nous ne regarderons plus les comédies romantiques de la même façon.

Tentation : La 4ème de couv'

Fournisseur : La bib de St Lunaire

 

Mon humble avis : Allez, ne tournons pas autour du pot, ne coupons pas un cheveu en 4, coup de coeur ! Tant cette BD est une énormissime bonne surprise sous ses aspects discrets et tant je me suis amusée à la lire !... en plus, quelques jours après avoir vu "L'accident de piano" de Dupieux... J'ai donc poursuivi dans l'humour absurde mais tellement vrai !

On suit Baptiste dans ses (mes)aventures. Baptiste est le personnage principal, mais aussi le potentiel héro d'un scénario en construction et en abîmes dans ces pages.

L'un des plus gros problèmes de Baptiste, sa honte, c'est qu'il est fan de ... Pascal Obispo. Ca tient de l'addiction et quand le manque se fait trop sentir, il pousse le bouchon jusqu'à écouter les albums live ! "A ce stade du récit, on comprend que Baptiste est un français moyen... ce qui facilite l'empathie du spectateur pour le personnage de Baptiste - #jesuisbaptiste".

Bon vous voyez le ton... On n'est pas loin du style désopilant de Fabcaro... Et je suis étonnée que cet album n'ait pas fait plus de bruit lors de sa sortie... Ou alors, j'ai peut-être été sourde.

L'ouvrage s'ouvre sur deux planches newyorkaises.... Il y a là un début de scénario. Mais stop Monsieur le scénariste, recréer le New York des années 70 coûte bien trop cher... Du coup, l'histoire se déroulera dans un petit coin tranquille de France, avec son marché, ses produits locaux, son musée de la peluche de nombril. Déjà là, on se marre ! Un film coûte cher mais tout y est possible. Une BD est moins chère mais tout n'y est pas possible. "Si le cinéma est un train dans la nuit, la BD est une Twingo à Grenoble"... "Pas assez bon pour n'être que de la peinture, pas assez bien écrit pour n'être que de la littérature... la Bd est un genre de biathlon culturel".... Voilà le ton de cet album qui nous donne la recette pour écrire un excellent scénario d'une comédie romantique française (comprendre qui plaise au plus grand nombre et dans laquelle chacun puisse s'identifier) : tous les ingrédients sont bien passés à rebrousse-poil. "Il faut 200 grammes d'acteur connu, comme Romain Duris ou Guillaume Canet... Ah ! Attendez, y'a une promo sur François Cluzet !"Et entre deux, si vous vous lassez, Rambaud passe à la recette du gâteau au yaourt. De plus, c'est bourré de références ciné/musique soit très bien senties soit hilarantes.

C'est décalé, c'est cynique, c'est ironique, c'est 1er et 3ème degré, mais pas vraiment méchant, c'est délicieux ! Alors, si vous voulez défouler vos zygomatiques, foncez, lisez et faites tourner, ça vaut la peine !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Juin 2025

BD - Editions Grand Angle - 96 pages - 18.90 €

Parution en janvier 2024 

L'histoire : Max tient une librairie sur le tourisme alors qu’il n’est jamais parti nulle part. Ce garçon qui a peur de l’avion, mène une vie rangée qui semble tout à fait lui convenir. Mais un soir d’hiver, tout bascule. Le mystérieux incendie de sa librairie l’incite à prendre une décision inattendue et radicale : simuler sa mort et partir loin de tout ! Max dont le quotidien était fait d’habitudes, s’envole désormais vers une île lointaine où un royaume oublié attend son retour. Un lieu perdu où le temps qui passe semble en suspens. Un lagon paradisiaque où ses souvenirs d’enfance sont restés figés.Une île intemporelle où le Roi n’existe plus...

 

Tentation : Couv et titre

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : J'ai vraiment adoré la première moitié qui me racontait "juste" une belle histoire... Nombre de faits me portaient à m'identifier à Max, notre héro libraire et quelque peu décalé par rapport à son entourage. Il est aussi très humaniste notre Max, qui est le seul à s'intéresser, parler, et voir Ulysse, le SDF du quartier, et même à lui porter secours, même si cela a des conséquences inattendues. La petite bande d'amis de Max est aussi très sympa et attachante.

 Les dessins, aux couleurs chatoyantes, sont sublimes, vraiment de ceux qui me plaisent et permettent une lecture aussi douce que fluide. Et puis, cerise sur le gâteau, Max peint beaucoup sur son cahier à dessins. Et chacune de ses aquarelles, de toute beauté, ouvre les chapitres.

Et puis advient la disparition de Max. Et là, l'histoire prend une dimension onirique, ou imaginaire ou, attention spoiler "Hypnotique" qui m'a un peu égarée, tout en restant très jolie, et intrigante... mais sans grandes émotions pour moi et sans m'embarquer vraiment. Les limites entre l'inconscient et le réel sont déconcertantes ici. Pour plus de clarté, il aurait peut-être fallu développer ou expliquer plus cet aspect-là qui est assez elliptique. Le grand voyage de Max est surtout un retour sur son passé, pour être en paix avec l'enfant qu'il était, ses traumatismes, ses manques, ses abandons, ses rêves oubliés. Pour enfin s'engager dans sa vie d'adulte et oser aimer. Une quête de soi au message est assez simpliste en somme mais qui reste beau, vrai et touchant.

L'île où le roi n'existe plus est en fait l'âge adulte... En effet, au contraire de l'enfant, l'adulte n'est pas roi en soin royaume...

Peut-être aussi que le public visé est plus youngadult...

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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