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Publié le 12 Octobre 2021

BD - Bamboo Editions - 72 pages - 16.90 €

Parution en mars 2020

L'histoire : À Reclesme, dans un petit village au cœur de la France, Abel vit seul avec son chien, ses deux vaches et ses chèvres. Il n'a jamais quitté son village. Pourtant, toute sa vie, il a rêvé de parcourir le monde, et imaginé de lointains voyages. En ce mois de septembre, et ce malgré son âge, Abel a décidé de partir en Éthiopie.

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : Bib de Dinard

 

Mon humble avis : J'étais en manque de BD... alors direction la bib'... Je tombe sur ce titre, dont le mot "voyage" me capte de suite. La 4ème de couv confirme mon intérêt...

Voilà une bien belle histoire, agréable à lire, malgré sa sobriété picturale... Des dessins blancs, noirs et bleutés, où parfois, une petite touche d'une autre couleur apparait... ainsi que d'un certain humour bien senti.

Nous partageons la vie d'Abel, plus tout jeune, qui fatigue... Il a repris contraint et forcé la ferme familiale, les autres candidats potentiels ayant désertés. Une vie solitaire avec ses bêtes et son chien ont rendu Abel un peu rude et aigri... D'autant que les conversations du bistrot du coin ne volent pas très haut... Abel s'ennuie au milieu des siens et s'évade par la pensée, en rêvant à son périple prochain. Heureusement, il y a la boulangère et la charcutière, ses deux rayons de soleil. Mais tout ça a peu d'importance, car Abel va enfin partir en voyage. D'ailleurs, il vient de recevoir le guide sur l'Ethiopie qu'il a commandé...

Le voyage d'Abel, ou une chronique de vie simple et âpre qui nous dit que rêver et imaginer, c'est déjà voyager, et que le plus beau des voyages est celui que l'on ne fera jamais.

Un très chouette interlude entre deux romans !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Septembre 2021

BD -Editions Delcourt - 264 pages - 27.95 €

Parution en mai 2018 

Le sujet : Fin du XVIe siècle. Jacques Le Moyne, jeune cartographe, intègre une expédition française pour la Floride. Le projet, initié par les Huguenots, est un échec. Une fois installé à Londres avec sa famille, Jacques ne confie son expérience à personne, pas même à son épouse. Mais de nobles anglais rêvent d'un avenir colonial pour l'Angleterre et sont prêts à toutes les manipulations pour y parvenir...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : J'aime apprendre ou réviser l'histoire via ce genre d'album de "vulgarisation", que permet un accès condensé à certaines périodes et événements souvent absent des ouvrages scolaires.  C'est une fois de plus le cas avec cette très belle oeuvre de Jean Dytar. 

Mais attention, cet album est plus instructif que distrayant et sa lecture nécessite une réelle attention, surtout quand on part de rien, d'aucune connaissance sur les faits relatés, comme c'est mon cas. Il n'est pas toujours aisé de s'y retrouver dans les personnages historiques et les rôles qu'ils ont joué dans la Grande Histoire. Une fois de plus, le cahier de postface éclaire beaucoup et est incontournable si l'on veut vraiment s'enrichir de cette lecture.

La France était bien absente de la colonisation de l'Amérique, occupée qu'elle était alors par les guerres en Italie. Une fois celles-ci achevées, des missions furent montées pour coloniser, entre autres, la Floride... Qui à l'époque, dépassait ses frontières actuelles pour aller jusqu'aux Etats de Caroline.

Mon intérêt s'est trouvé concentré et réel sur la partie où Jacques Lemoine raconte vraiment à son épouse ce qu'il a vécu et ce à quoi il a survécu lors de l'expédition à laquelle il a participer en tant que cartographe. On réalise vraiment l'enfer que ces hommes d'alors ont vécu, entre nature hostile, mauvaise gestion, erreur de stratégie, maladies, faims, guerres et assauts espagnols, égos surdimensionnés de certains, mutineries... Sans compter sur les sentiments mal vécus notamment de Jacques Lemoine, sentiments d'illégitimité de la présence française en ces terres habités par les amérindiens... Amérindiens plus que manipulés par les Européens menés par une cupidité exacerbée. L'or, il faut de l'or ! Nous ne pouvons rentrer sans or. S'il n'est pas nommé car n'était pas connu comme tel à l'époque, il est aussi question de l'Etat de Stress Post Traumatique.

Florida est donc un album imparfait (il manque toujours un trombinoscope et une frise chronologique qui seraient très utile pour s'y retrouver en cours de lecture) mais néanmoins incontournable, pour se pencher sur des détails qui font l'Histoire et une époque... Qui trouve encore des conséquences dans le présent et qui, hélas se répète encore, même si c'est différemment ! Le tout est servi par des dessins agréables, très parlants, très justes.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Juillet 2021

BD - La chambre de Lautréamont

BD - Editions Futuropolis - 136 pages - 20 €

Parution en 2017

L'histoire : "Un poète maudit, une plante hallucinogène, un piano qui parle, une écriture révélée par le feu, des relations sulfureuses entre deux poètes..." Attention, vous entrez dans un livre terriblement... réjouissant ! Dans l'esprit des nouvelles de l'époque, d'Edgar Poe à Villiers de l'Isle-Adam, Edith et Corcal proposent un récit fantastique et fantaisiste, qui plonge avec délectation dans le monde foutraque, virevoltant et bouillonnant des artistes de la fin du XIXᵉ siècle, en lutte contre les arts académiques.

Tentation : Curiosité culturelle

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Un album au double intérêt... L'histoire qu'il raconte, comme une autofiction, en total trompe l'oeil comme nous le révèle le cahier final. Mais aussi son histoire à lui, en tant qu'objet tombé dans l'oubli pendant des décennies... Retrouvé par hasard en Australie en fond d'un carton de vieux 45 tours, par un étudiant français et sa mère... qui n'est autre qu'Edith... Le vieil ouvrage, daté de 1921, s'intitulait "la chambre de Lautréamont et se disait être une réédition d'un livre de 1874.... Et qui serait l'une des toutes premières bandes dessinées, même si on les appelait alors "Figuration autobio-poético-narrative".

Edith, Corcal vont entreprendre de restaurer complètement l'oeuvre (couleurs effacées, traits disparus, textes parfois illisibles. Un troisième homme, Bernard Maisonnée va entreprendre d'immenses recherches dans les archives pour retrouver les pages manquantes, censurées à l'époque... Ainsi, la Chambre de Lautréamont est ressortie des limbes...

On y rencontre les auteurs d'origine, Auguste Bretagne et Eugène de T.S, mais aussi Charles Cros, Rimbaud, la poétesse Emilie Parkinson, tous membres alors du cercle Zutiste

Auguste Bretagne, qui était à l'époque feuilletonniste pour la Gazette de Paris, vivait alors dans l'ancienne chambre d'Isidore Ducasse, alias Le comte de Lautréamont, décédé depuis peu... Fort des mystères des textes que Bretagne retrouve de Lautréamont, il nous livre ici une histoire qui fleurte avec le fantastique... Mais qui met aussi en scène les us et coutumes des artistes d'alors et notamment, l'usage du peyotl...

De Lautréamont, je ne connaissais que le patronyme et vaguement sa réputation. Cet ouvrage m'a donné un aperçu de ses oeuvres... heu... comment dire, je n'ai pas trop envie d'approfondir.

La chambre de Lautréamont se lit avec plaisir et intérêt culturel, mais ce qui rend cet ouvrage complètement fascinant, ce sont ses pré-et post face qui explique ce magistral piège littéraire ! Il y aurait encore beaucoup à dire, le plus simple est que vous lisiez cet album unique en son genre !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Juillet 2021

BD - Editions Glénat -64 pages - 15.50 €

Parution en octobre 2017

Le sujet : En 1535, Jacques Cartier arrive pour la deuxième fois dans le golfe du Saint-Laurent. S’il veut conquérir ces nouveaux territoires pour le compte du roi de France, il sait que cela devra se faire avec le concours des tribus indiennes locales. C’est pourquoi il renforce ses relations avec le chef Donacona qu’il avait déjà rencontré lors de sa première expédition et qui le suivra plus tard en France. En fréquentant les Iroquois, Cartier découvre qu’en plus d’une nature florissante, ces terres abritent un peuple sédentaire et bien plus évolué qu’il ne l’imaginait...

Tentation : Un peu de culture historique ne nuit pas à la santé

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Depuis que j'habite Dinard, donc à proximité de St Malo, j'entends beaucoup plus parler de Jacques Cartier. Alors, je me suis dit que cette BD permettrait de combler mes lacunes...

Le but n'est que partiellement atteint... Certes, je suis bien moins ignare après ma lecture qu'avant, mais c'est tout de même en bilan en demi-teinte...

Le graphisme rend les visages pas toujours facilement reconnaissables... Donc c'est fatiguant à suivre... Les queues des bulles sont positionnées de façon bien étrange... De ce fait, il n'est pas aisé de savoir de qui proviennent les paroles... Donc fatiguant à lire....

Les noms des autochtones et des lieux se ressemblent, rien de permet de les distinguer et de les retenir, pour mieux les situer... Il manque clairement à cette album une carte et un trombinoscope en début de récit. Certes, à la fin, un cahier de quelques pages revient sur les faits historiques... Peut-être aurais-je dû commencer par celui-ci pour mieux profiter de ma lecture. (d'ailleurs, dommage, plusieurs coquilles remarquées dans ce cahier).

Mais on en apprend tout de même sur Jacques Cartier, personnage dont on ne sait officiellement que très peu... Même sa date de naissance varie d'un document à l'autre.... Et nul ne sait ce qu'il advint de lui après ses trois voyages en terre canadienne. Il semble que Jacques Cartier fut l'un des premiers et des seuls à cette époque, parmi les découvreurs, à être humaniste. Certes, certains propos restent néanmoins choquants dans cet album, mais il faut tout de même les replacer dans leur contexte historique.

J'ignorais pourquoi, à l'époque, la France était le plus souvent absente des grandes découvertes territoriales.... Elle était alors occupée à combattre en Italie, pour y gagner ou y garder quelques lopins et influences !

J'ignorais aussi qu'il existait les Iroquois et les Iroquoiens, qui sont en fait deux nations amérindiennes bien distinctes.

Cet album fait par partie d'une collection qui couvre ainsi différents grands personnages historiques.  J'y piocherai un autre titre. On verra ! Car j'aime m'instruire via la BD, tout en me distrayant !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Juin 2021

BD - Editions Dargaud - 56 pages - 6.90 €

Parution en 2004

L'histoire :  Elle s'appelle Nina. Ses charmantes collègues la surnomment "Grande Gueule". C'est vrai que son caractère exalté pourrait bien la pousser vers la porte des Transports Doublet ("Transports Doublet, la passion de la route"). La route, il en mange tous les jours : il est chauffeur chez Doublet. On l'appelle Castor. Castor a fait du zèle. À cause de ça, il devra laisser son volant. Le monde est mal fait. Seulement voilà. Pas plus Nina que Castor ne peuvent envisager une seconde de se retrouver à la rue. Ils sont prêts à aller très loin pour éviter ça. Et qui va devoir résoudre ce problème ? Samuel Faure, directeur des ressources humaines. Un métier pas facile.

Tentation : Le nom "Davodeau"

Fournisseur : La bib'

Mon humble avis : Cette BD ne date pas d'hier ! Mais, comme j'aime bien Davodeau, quand je trouve une de ces oeuvres que je n'ai pas encore lue, je prends !

On sent que cet album n'est pas récent, car depuis, Etienne Davodeau a fait mille fois mieux, et plus abouti !

L'intention est bonne : une satire sociale du monde du travail et de sa précarité, à travers le personnage principal de Nina... Qui se prétend autre auprès de sa famille pour ne pas la décevoir. On s'attache à cette femme, ainsi qu'à son père et sa petite fille. 

Puis le personnage de Castor prend plus de place... Et l'histoire devient bancale, pas très réaliste et le comportement des protagonistes pas crédibles du tout... La question que pose Davodeau est : jusqu'où peut-on être prêt pour garder ou obtenir un travail ? Je ne pense pas que quiconque puisse aller jusqu'à l'enlèvement d'enfant ou la séquestration, sachant la peine encourue, pour un poste qui, en cherchant, peut se trouver ailleurs.

Mais dans ces pérégrinations, si l'on regarde de plus près, c'est une somme de solitudes que l'on voit, des solitudes et des détresses qui découlent de raisons diamétralement opposées. On se dit que quelque chose de beau peut émaner de cette union de solitudes, mais non... La fin survient abruptement, sans être très limpide... une queue de poisson quoi ! Dommage, le sujet aurait pu donner un album plus intéressant, plus constructif.

Cette lecture reste divertissante et rapide, surtout après un roman éprouvant. Je suis contente de découvrir encore des titres de cet auteur que j'apprécie, même si ce ne sont pas ces meilleurs !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Mai 2021

Tout est bon dans le  breton, album, humour, bretagne, tourisme, avis

Album - Editons Casa - 95 pages - 14.95 €

Parution le 13 mai 2021

Le sujet : Ce livre dénué de tout chauvinisme vous apprendra que passer à côté d'un Breton, c'est frôler la perfection ! A travers ses expressions bien salées, ses légendes originales et ses histoires humoristiques, il vous invite à faire le tour de la plus belle région du monde, pour vous rappeler (ou vous le faire admettre) que "tout est bon dans le Breton" !

 

 

Tentation : Gilles Paris

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi 

Mon humble avis : Vous êtes nostalgiques de vos dernières vacances en Bretagne, ce livre est fait pour vous ! Vous vous apprêtez à passer vos prochaines vacances en Bretagne, avec un peu d'appréhension devant tant d'inconnu, ce livre est fait pour vous. Vous êtes un Breton exilé en mal du pays, ce livre est fait pour vous. Vous êtes breton d'adoption et avez encore tant de chose à apprendre sur votre nouvelle région, ce livre est aussi fait pour vous ! Bref, un livre pour tous, jeune, moins jeune.

En tant que Bretonne d'adoption, j'ai évidemment accepté de suite la proposition de Gilles Paris de découvrir cet ouvrage. Bien m'en a pris. Je me suis bien amusée et j'ai comblé certaines lacunes béantes de ma culture bretonne.

Il s'agit plus d'un livre illustré que d'une BD. Tout commence par un Abécédaire qui donne le ton de la suite. On retient mieux avec de l'humour. Rien n'est approfondi, ce n'est pas le but ici, qui est celui d'un tour d'horizon de toutes les spécificités bretonnes, depuis sa langue régionale, ses expressions, sa gastronomie, sa mentalité, en passant par climat, ces légendes "réelles" ou non ! Pas un coin de Bretagne n'échappe à ce petit guide touristique bien spécial, qui avance département par département, que ce soit côté terre, côté mer, ou en centre-ville (souvent fortifié !)

Mon seul petit bémol est qu'à la longue, l'humour m'a paru parfois un peu lourd.

Un livre à lire avant de partir en Bretagne, à emmener avec soi lors du voyage pour réviser au fur et à mesure. A offrir, ou à laisser trainer sur sa table de salon pour occuper les inviter !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 11 Mai 2021

BD - Editions Futuropolis - 80 pages - 17 €

Parution en août 2018

L'histoire : Didier vit avec sa soeur Soazig dans une petite ferme bretonne. Il est très malheureux : à 45 ans, il n'a toujours pas connu le grand amour. Alors qu'il doit acheter une moissonneuse à la vente aux enchères du matériel agricole de Régis, copain de beuverie et fermier en faillite, il revient sans matériel mais avec son copain. Soazig, furieuse, l'inscrit à son insu sur un site de rencontres. Rapidement, le profil de Didier fait une touche : la très entreprenante "Coquinette"...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib'

 

Mon humble avis : C'est une belle histoire que nous propose ici les deux auteurs, Ravard et Rabaté. Une histoire très actuelle, qui se déroule dans le monde paysan. Les difficultés et drames inhérents sont évidemment évoqués : les faillites, les suicides, le célibat, la solitude, le dur labeur, qui chaque jour de l'année, empêche une certaine ouverture au monde et de profiter des possibilités de celui-ci. On sent une très belle justesse dans cet ouvrage, qui se révèle être un hommage sincère à ces gens qui travaillent courageusement la terre.

Le tout avec des personnages très bien croqués et attachants et bien sûr une belle dose d'humour bienvenu. Certaines bulles, bien trouvées, m'ont fait franchement rire et la cocasserie de nombre de scènes est remarquable. Bon pour Didier, ce n'est pas gagner, il y a du travail !

Malgré l'âpreté de la vie, on sent qu'elle n'est pas dénuée de tendresse ni d'amour et de belles surprises du destin... Et surtout, le grand Amour n'y est pas une fin en soi. Lorsque l'on est bien entouré, la vie ne manque ni de douceur ni de piquant.

Je n'ai pas été fan des dessins, un peu trop caricaturaux pour moi.

Un pourrait croire que l'histoire est triste, mais à chaque coup dur vécu par nos trois personnages principaux, suit des moments qui prêtent à rire ou à s'émouvoir. Aussi, cette BD se révèle-t-elle être un bon divertissement feel good sur fond sérieux entre deux lectures plus conséquentes.

L'avis de Noukette 

Une planche pour Luocine 😉

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 3 Mai 2021

BD - Jean Claude Servais - Le fils de l'ours - avis, critique, chronique

BD - Editions Dupuis - 72 pages - 17.50 €

Parution en octobre 2019

L'histoire : Lorsque l'Empereur Charles III le Gros répudie sa femme Richarde en 880, elle retourne dans son Alsace natale suite à une vision. Là où une ourse gratte la terre pour enterrer son petit, elle devra construire une abbaye. Quelques années plus tard, l'abbaye d'Andlau sort de terre et sera liée à cet animal, roi des forêts. Bien des années plus tard, en 1760, en plein coeur de la vallée de Munster, un village festoie. Le plus important fermier de la région pense avoir tué le dernier ours de la vallée... Et pourtant...

Tentation : le dessin

Fournisseur : ma nouvelle bib'

 

Mon humble avis : De Servais, j'ai déjà lu "Le chalet bleu" et "Le jardin de glace", deux magnifiques BD qui dont immanquablement tomber en amour pour les dessins de Jean-Claude Servais : quelle finesse dans les traits, dans les détails, dans le rendu aussi bien des villes que de la nature profonde. C'est un régal pour les yeux, on est avec les personnages ! Servais possède vraiment un coup de crayon inégalable. Si vous n'avez jamais admiré ses planches, je vous conseille d'y remédier au plus vite.

L'histoire s'ouvre à l'époque des Carolingiens... et le destin de Sainte Richarde. Quelques pages plus tard, nous faisons un bond dans le temps, et nous voici à la fin du XVIIIème siècle, dans les Vosges... Entre temps, les dogmes de l'Eglise sont passés par là, et l'Ours n'est plus le roi du bestiaire animal occidental. L'Eglise impose le lion et diabolise l'ours, qui se retrouve chassé et pourchassé dans ses moindres retranchements.

C'est cela que nous raconte savamment Servais, en usant d'un savoureux mélange de vérités historiques, de mythes et de légendes de l'époque et de fiction.  Dans la vallée de Munster, vivent deux jumelles, Eva et Maria. Qui s'y ressemblent à s'y méprendre. D'ailleurs, le jeune Matthis, malgré l'interdiction de son père le fameux fermier, en fréquentera une d'un peu trop près... et se trompera de soeur... ce qui sera lourd de conséquences, à découvrir dans cette belle histoire, qui, après une vengeance méritée du fils de l'Ours, libérera la vérité et les esprits, pour vivre enfin sereinement. Je n'en dis pas plus, le sel de ce conte se découvre page après page dans ce roman dessiné envoûtant, et qui réhabilite l'ours comme roi de nos forêts !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Avril 2021

Bd - Roman graphique - peau d'homme - avis, chronique

BD - Editions Glénat BD - 160 pages - 27 €

Parution en juin 2020

L'histoire : Dans l’Italie de la Renaissance, Bianca, demoiselle de bonne famille, est en âge de se marier. Ses parents lui trouvent un fiancé à leur goût : Giovanni, un riche marchand, jeune et plaisant. Le mariage semble devoir se dérouler sous les meilleurs auspices même si Bianca ne peut cacher sa déception de devoir épouser un homme dont elle ignore tout. Mais c’était sans connaître le secret détenu et légué par les femmes de sa famille depuis des générations : une « peau d’homme » ! En la revêtant, Bianca devient Lorenzo et bénéficie de tous les attributs d’un jeune homme à la beauté stupéfiante. Elle peut désormais visiter incognito le monde des hommes et apprendre à connaître son fiancé dans son milieu naturel. Mais dans sa peau d’homme, Bianca s'affranchit des limites imposées aux femmes et découvre l'amour et la sexualité.

Tentation : La blogo

Fournisseur : Mon ancienne bib'

Mon humble avis : Lecture qui date un chouillat, car lue avant mon déménagement. 

Je plussoie l'enthousiasme de la blogo envers ce très bel album, ce roman graphique qui se déroule en pleine renaissance italienne.  Avec délicatesse et humour, les auteurs mettent en images et en histoire le drame de nombreuses vies, via entre autre, l'erreur d'orientation sexuelle... A l'époque, mais c'est quelque part toujours très actuel. La différence peut-être est que maintenant, la religion n'a plus le pouvoir de diriger le monde ni la vie des êtres, sauf évidemment dans les familles et milieux très conservateurs. L'obscurantisme religieux n'a plus de pouvoir en France et en Europe, sauf dans le giron familial et communautaire. Et là où il sévit, il est virulent.

Peau d'homme montre à quel point les hommes et les femmes sont différents et se connaissent très mal, envisagent très peu l'intime de l'autre sexe. Et cependant, ils partagent les mêmes envies, les mêmes besoins, même si ces derniers s'expriment ou s'assouvissent différemment.  Cet album évoque la sexualité des deux sexes, mais aussi l'homosexualité et la bisexualité, en s'appuyant sur la part masculine et féminine de chacun.

Les religions ont fait de la femme un être de tentation charnelle, un être démoniaque soi- disant responsable à lui seule de toutes les déviances masculines. Aussi, on les couvre, on les enferme, on les cache et les accuse de tous les maux. Alors que l'homme est libre de ses désirs, ceux de la femme sont méprisés et montrés du doigt.

Bref, j'ai beaucoup aimé cette histoire animée et passionnante. On s'attache vraiment aux personnages, et on constate avec plaisir leur évolution au fur et à mesure qu'ils ouvrent les yeux, une fois qu'ils ne pourront plus être châtiés par l'Eglise en place. Avec des couleurs chatoyantes et de belles touches d'humour, Hubert et Zanzim se penchent sur la question du genre, du poids de la religion, du sexe, de l'amour, du fantasme, de l'amitié aussi. Du droit individuel qu'à chacun de vivre la vie qu'il souhaite et d'aimer comme il l'entend. Je ne veux pas divulgâcher mais vraiment cette histoire est autant prenante que surprenante. Quant à la fin, elle est vraiment touchante.  Un roman graphique intelligent, couronné par de multiples prix, sur la libération des moeurs , le poids de la bienséance et des coutumes, la morale et la tolérance. A lire !

Il y a quelques jours, j'ai fait une balade à thème dans St Malo... En effet, des personnages et des scènes de l'album ont été collés sur des murs de St Malo intramuros. Le jeu était de se balader tranquillement aux hasards des rues et ruelles à la recherche des personnages ! Très sympa et ludique... Et en cette période de confinement et de boutiques fermées, nous avions St Malo quasiment pour nous seuls ! (L'expo durait un mois, j'y suis allée vers la fin, donc il y avait eu quelques dégradations par endroits...)

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Avril 2021

BD, Album, La cosmologie du futur, Alessandro Pignocchi, avis, critique, chronique

BD - Editions Steinkis - 126 pages - 16 €

Parution en mai 2018

Le sujet : Des mésanges punks qui se mêlent de politique, Des hommes politiques plus animistes que des Indiens d'Amazonie, Un anthropologue jivaro qui tente de sauver ce qui reste de la culture occidentale, Voici quelques habitants de ce monde nouveau où le concept de "nature" a disparu, où les plantes et les animaux sont considérés comme des partenaires sociaux ordinaires et où le pouvoir n'exerce plus aucun attrait. Après la lecture de ce livre, vous ne regarderez plus jamais les mésanges et les hommes politiques de la même façon.

 

Tentation : Suite de "Petit traité d'écologie sauvage"

Fournisseur : Bib N°1

Mon humble avis : Alessandro Pignocchi poursuit son observation ethnologique et écologique de notre société actuelle... à travers les yeux, les remarques, l'étonnement et l'incompréhension d'un anthropologue jivaro ! Les dessins sont de la même excellente qualité (pour le bonheur des yeux lorsqu'il s'agit de la nature) que dans le premier tome "Petit traité d'écologie sauvage" . Entre la parution du tome 1 et celui-ci, eut lieu en France un grand événement : la campagne présidentielle !!! Et outre-atlantique, et Trump a montré de quoi il est "capable" ! Inutile de dire que l'auteur sans donne à coeur joie, et que nous lecteur, rions à gorge déployée !

Ce tome est tout aussi déjanté et hilarant que le premier... Et sonne toujours aussi juste derrière cet humour cynique. C'est cinglant et effroyablement intelligent.

A travers cet ouvrage incontournable, Pignocchi nous renvoie en pleine figure l'absurdité de notre comportement dans l'état actuel de notre planète, et nous invite à repenser notre place dans le monde, et celui de la nature... De ne pas oublier que nous ne formons qu'un et qu'à l'avenir, le progrès sera certainement dans la marche arrière. Bref, il est urgent de changer nos comportements, et d'établir une nouvelle forme de vie... De préparer la cosmologie du futur et de s'y adapter. Le futur qui prend racine autant dans le passé que dans le présent.

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Rédigé par Géraldine

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