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Publié le 28 Septembre 2022

BD - Editions Soleil - 96 pages - 19.99 €

Parution en octobre 2019

L'histoire : En ces temps fort lointains habitait dans la ville de Solidor Illian, jeune apprenti sculpteur. Son habileté ravissait l'impitoyable Maître Koppel, délesté ainsi de la plupart des tâches de sculpture. Les habitants de Solidor avaient développé une passion pour les oiseaux exotiques, et chaque maison comportait au moins une cage en bois, avec au moins un oiseau. Les écouter enchantait Illian. Un soir, tandis qu'il fignolait un petit rossignol sculpté dans un rebut de bois, Maître Koppel surgit, furieux, avant d'être apaisé par sa fille, émerveillée par la sculpture. Une sculpture dont ils étaient, à cet instant, loin d'imaginer les répercussions sur toute la ville...

Tentation : Le sujet, les piou piou

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : Encore une magnifique bande dessinée ! Graphisme, dessins et présentation superbes, de ceux que j'aime, une histoire prenante, touchante, intelligente, qui dit tant de nous, humains.

Le récit se déroule comme un conte, dans tes temps fort lointains, mais qui, s'ils n'étaient ces décors, ces costumes etc, pourrait être maintenant.

Plusieurs thèmes sont abordés dans cet ouvrage...

Celui de l'exploitation des pauvres par les riches (ici le petit apprenti qui travaille comme un damné pour son maître). On peut éventuellement y voir celles des enfants qui travaillent dans les pays en voie de développement pour fabriquer jouets et autres pour le bonheur inconscient des enfants des pays nantis. De ce fait, les auteurs abordent la lutte des classes, évidemment.

La beauté et la passion de l'art du bois bien sûr.

Mais surtout, cet album est une satire de notre société contemporaine dans son aspect ultra consumériste... Avoir tout comme tout le monde, s'enthousiasmer pour une nouveauté et l'abandonner quelque temps après au profit d'une autre nouveauté qui nous rend "considérables" aux yeux des autres et nous donne une impression de réussite.

Enfin cet album porte aussi sur les conséquences néfastes du comportement humain sur son environnement et la nature... sur l'instrumentalisation des animaux etc... 

Bref, une très belle oeuvre, qui met en scène les bonnes questions et certaines bonnes réponses ;) Un deuxième et dernier tome a paru, je le lirai avec plaisir si je le trouve à la bibliothèque

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Septembre 2022

BD - Editions Paquet - 104 pages - 20 €

Parution le 24 août 2022

Le sujet :1870, étudiant de l’Université d’Edimbourd, Robert Louis Stevenson a 20 ans. Il s’apprête à poursuivre l’œuvre familiale dans les pas de  ses grand-père, père et oncle, illustres ingénieurs bâtisseurs de phares. Quelque part aux confins de l’Ecosse victorienne, en visite sur une île perdue, base arrière de la construction d’un “enfer” conçu par son  père, le jeune Louis va décider, contre vents et marées, de vouer sa vie à l’écriture… “Merry Men” évoque cette année particulière et devient peu à peu une ballade fantasmée dans la nouvelle qu’il écrira en 1882 :  “The  Merry men”.

Tentation : Le sujet

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

Mon humble avis : Parfois, il en faut peu pour se diriger vers une lecture. En l'occurrence, j'aime les phares ! Et puis, de Robert Louis Stevenson, j'ignore presque tout, sauf qu'il est l'auteur de "L'île au Trésor" et de "Dr Jekyll et Mr Hyde".

Grace à cet ouvrage, me voici moins ignorante à propos de Stevenson. Ici, nous le suivons alors qu'il a tout juste 20 ans... L'héritage familial et les études qu'il poursuit devraient faire de lui un ingénieur en conception et construction de phares, comme son père, son grand-père, qui étaient à l'époque mondialement reconnus pour leur génie. Mais Robert Louis mène une vie jugée comme dépravée et à d'autres rêves... Pour le remettre sur le "droit chemin", son père l'exile quelques temps sur une île écossaise hostile chargée de légendes et de mystères, battue par les vents.... Près de laquelle un phare est en construction. Contre toute attente, l'ïle d'Erraid aura presque l'effet d'un électrochoc sur le jeune homme, qui s'y plaira énormément. Fasciné par cette île, il y trouvera inspiration et muse.

Cet album est déjà un magnifique "objet" de qualité très soignée... Couverture, matière, papier... Graphismes et dessins sont somptueux, vraiment, et nous mènent vraiment dans ce bout du monde, avec des paysages époustouflants de rocs et de landes, ses courants marins dangereux, ses tempêtes, et de possibles trésors suite aux nombreux échouages de navires. etc...

En premier lieu, Merry Men (le récif si dangereux de l'ile d'Erraid) est une nouvelle de R.L Stevenson. Ici, Chanouga, l'auteur, choisit d'y mêler biographie de Stevenson, explications sur l'histoire des phares et leur construction, onirisme, fantasmagorie et l'oeuvre littéraire d'origine. Le héros central est vraiment Stevenson lui-même, même si par moment, la frontière entre l'écrivain et son personnage de papier est ténue. J'imagine que l'on peut dire que l'oeuvre de Stevenson est né sur cette île sauvage.

Un magnifique ouvrage, intéressant et agréable à lire... Tiens, mon petit doigt me souffle que d'ici quelques semaines, les fêtes de Noël reprendront leur place commerciale... Et bien en voilà une belle idée de cadeau, si autour de vous, on aime la BD, la littérature, l'évasion, le voyage, l'Histoire !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 1 Juillet 2022

BD - Editions Paquet - 296 pages - 27 €

Parution le 29 juin 2022

Le sujet : Voici l'histoire d'Hipparchia, l'une des premières femmes philosophes... Elle commence à Moroneia, dans le Nord de la Grèce, au IVème siècle avant Jésus-Christ, au temps d'Alexandre Le Grand. 

Hipparchia ne sait pas encore que sa vie est sur le point de prendre un tournant radical

Tentation : le sujet

Fournisseur : Gilles Paris, merci pour l'envoi

 

 

Mon humble avis : C'est un énorme coup de coeur que je ressens pour ce magnifique album !

Déjà, l'objet est superbe, de qualité, agréable au toucher... Le graphisme est simple, presque minimaliste, mais suffisant... De même, les dessins sont presque d'un style naïf... et là aussi, c'est tout à fait adapté au récit... Le visuel est plaisant, coloré, mais ne fait pas d'ombre aux textes, qui sont là essentiels. Les bulles sont claires, jamais trop longues... La police de caractère est très lisible, nul besoin de plisser les yeux... Donc une lecture reposante...

Mais surtout, une lecture passionnante. Barbara Stok (Néerlandaise), nous emmène dans l'antiquité grecque et nous conte la vie d'Hipparchia, qui fut l'une des premières femmes philosophes à une époque où les femmes étaient quantités négligeables sans droit... D'ailleurs, à Athènes, pour compter le nombre d'habitants, on ne prenait en compte que les hommes non étrangers et non esclaves.

Hipparchia est passionnée de lecture, et surtout de philosophie... Une tête très bien faite, donc, trop bien faite même... Du coup, son père peine à la marier. Un riche athénien accepte de la rencontrer. Elle ira donc vivre chez son frère Métroclès (étudiant en philosophie) à Athènes, ce dernier ayant la mission d'obtenir que le riche athénien épouse sa soeur.

Mais Hipparchia n'est pas une femme soumise comme les autres... Elle réfléchit, se pose des questions existentielles... Elle va directement à l'encontre des normes de l'époque pour vivre son idéal. Elle va croiser la route du philosophe Cratès, et cela changera radicalement sa vie.

L'histoire est divisée en différents chapitres dont les titres annoncent autant "l'action" que les réflexions philosophiques : le bonheur, déconstruire le système des valeurs, la nature, l'autosuffisance, liberté de parole, paix intérieure. Je précise qu'il n'est nullement utile d'être avertie en philosophie pour apprécier cet album, à la portée de tous. Et ce qui est assez terrible, c'est que les questions posées ici et les arguments de réponses sont toujours extrêmement actuels. Le monde change dans l'apparence, mais pas dans le fond.

Cratès et Hipparchia appartenaient au mouvement philosophique cynique... Cynique à l'époque ne signifiait pas "moqueur". En grec ancien, il signifie "chien"... Et comme ces philosophes vivaient simplement dans la rue comme des chiens...  Le terme a changé de sens ensuite, sans doute du fait des moqueries donc les "cyniques" étaient victimes.

Oh, je pourrais encore disserter longtemps sur cet album, j'ai tu tant de choses et de personnages évoqués. Mais vraiment, Barbara Stok retranscrit à merveille et avec simplicité les détails de l'antiquité. Dans une post face, elle nous explique sa motivation à se mettre à un tel ouvrage, mais aussi ses méthodes de recherches. De plus amples explications sont aussi données pour étayer les situations vécues par les personnages.

Vraiment, j'ai adoré. N'habitant pas un palace, en général, les BD que je reçois, je les offre à ma Bibliothèque municipales une fois lues, pour qu'elles aient une longue vie. Celle-ci, je vais la garder précieusement, et sans doute, de temps en temps, m'y replonger !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 28 Mars 2022

BD- Editions Vents d'Ouest - 168 pages - 22 €

Parution en janvier 2021 

L'histoire : Après avoir réalisé des films et des séries pendant 20 ans, Benoit Cohen sent qu’il a besoin de prendre un nouveau départ. En 2014, il déménage pour New-York et décide de devenir chauffeur de taxi pour les besoins de l’écriture d’un scénario. En plongeant au cœur de la ville, en se nourrissant de la richesse de la métropole, il espère retrouver l’inspiration. Pour cela, il décide de devenir chauffeur de taxi... Il n'est ni au bout de ses peines ni de ses surprises.

 

Tentation : Curiosité

Fournisseur : Bib de Dinard

 

Mon humble avis : Tout arrive dans la vie, j'ai enfin lu une BD de Chabouté !

Et le moment fut certes assez agréable, mais surtout intéressant !

Si je dis assez agréable, c'est que j'ai toujours un peu de mal avec les albums en noir et blanc. Le jaune que l'on voit en couverture est absent à l'intérieur.

Cette BD est la version bulles d'un récit de Benoit Cohen paru chez Flammarion, récit qui devait à la base, devenir un film... Dont il est souvent question dans ces pages, puisque le personnage Benoit veut vivre la vie des chauffeurs de taxi pour nourrir un futur scénario et étoffer son héroïne. Il est donc régulièrement question ici de l'aspect créatif d'une oeuvre... Mais ce n'est pas cet aspect-là qui m'a intéressée, je dirais même que je l'ai survolé.

Par contre, l'aspect immersion dans l'environnement, le quotidien et la vie des chauffeurs de taxi new yorkais m'a captivée et fait réaliser que ce sont effectivement des hommes invisibles, que l'on ne regarde pas, sur qui on ne se questionne pas alors qu'ils ont eux aussi toute une histoire bien souvent. Chabouté montre bien le rôle social qu'est le leur, ainsi que les dangers qu'ils encourent en pratiquant un tel métier dans une telle ville...où le taux d'homicides et d'agressions sur les chauffeurs de taxi est très important. La première partie de l'album se déroule entre le moment ou Benoit trouve l'idée de devenir chauffeur de taxi et le moment où il le devient vraiment, où il monte dans une voiture et réalise sa première course... Tout ça pour dire que l'album insiste bien sur le labyrinthe administratif infernal, à faire devenir fou... Et encore, Benoit Cohen n'est pas dans l'urgence financière, il est instruit et parle un bon anglais... Qu'en est-il pour les prétendants en grande précarité, le plus souvent immigrants etc.

Autre aspect de cet album évidemment : Un portrait de la Grande Pomme et de ses habitants, dans leur extrêmes, pour le meilleur et pour le pire !

Sympa donc ! Je conseille !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Mars 2022

BD - Tananarive - Avis - chronique

BD - Editons Glénat - 116 pages - 19.50 €

Parution en septembre 2021

L'histoire : Au soir d’une vie rangée et précautionneuse, un notaire en retraite va partir à l’aventure pour la première fois de son existence. Petite aventure, mais véritable odyssée pour lui. Lancé aussi vite que ses vieux os le lui permettent sur les traces d’un hypothétique héritier, au volant d’un coupé qui n’avait jamais quitté le garage et accompagné d’un curieux passager, il va découvrir qu’il n’est jamais trop tard pour en apprendre sur les autres... et sur soi-même.

 

Tentation : Le titre ! et le pitch

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Celles et ceux qui espèreraient un voyage à Madagascar, comme moi, en seront pour leurs frais. Car ici, on ne va pas plus loin que Lille !!! Ma ville d'origine, et c'est bien amusant de la voir dessinée dans des cases de BD ! Mais peu importe, cet album reste un excellent divertissement et un agréable moment de détente... Ce qui est aussi très bon pour la santé.

Amédée, ancien notaire très tranquille, écoute chaque soir, avec un bon verre, les récits de son voisin Joseph. Celui-ci lui narre une vie d'aventure, depuis Tananarive en passant par Caracas et Hanoï, de légion étrangère etc... Bref, une vie de héros...  Mais quelques jours plus tard, Joseph meurt d'une crise cardiaque. Amédée a entendu Joseph parlé d'un possible fils illégitime...  Alors, pour régler la succession, Amédée par mène l'enquête et part à la recherche de ce possible fils. Nous voilà donc parti dans un road trip donc avec Amédée dans sa vieille décapotable qui n'a pas roulé depuis des années. Un road trip du 

Cette enquête ne sera pas de tout repos pour lui, ce qui est souvent assez amusant pour nous lecteurs. Il y a pas mal d'humour dans cet album, mais pas de l'humour gaguesque. Non, c'est en finesse et cela laisse une belle place à l'émotion quand Amédée découvre ce qu'était vraiment son ami, ou plutôt ce qu'il n'était pas. Mais après tout, grâce à Joseph et son imagination (euh là, on peut dire mythomanie), Amédée n'a-t-il pas rêver et voyager, vécu l'aventure par procuration ?!

Même si les dessins sont un peu caricaturaux au niveau des visages, ils sont très agréables et gais, et donnent une réelle puissance aux expressions des personnages. Le tout est bien rythmé et nous rappelle que l'Aventure peut commencer au bout de la rue, et à tout âge !

Vraiment sympa !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Mars 2022

BD , Penss et les plis du monde, Jérémie Moreau, avis, chronique.

BD - Editions Delcourt - 232 pages - 25.95 €

Parution en septembre 2019

L'histoire : À l'aube des temps, Penss, piètre chasseur, passe ses journées à contempler la beauté de la nature. Rejeté par son clan, il est contraint à la survie en solitaire et promis à une mort certaine. Mais au printemps, il arrache à la terre son plus grand secret : tout dans le monde se déplie inéluctablement. Une nouvelle vie commence pour Penss et, il en est certain, un nouvel avenir pour l'humanité...

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Dinard 

Mon humbles avis : Il y a quelques années, j'avais beaucoup aimé La saga de Grimr, de Jérémie Moreau, avec juste un bémol envers le graphisme, qui n'est pas de ceux que j'apprécie.

Pour Penss et les plis de monde, mes reproches vont également aux dessins, rien de grave, je le savais avant de commencer... Chaque auteur de BD a sa signature picturale. Après c'est l'histoire que l'on me conte qui compte. Je suis moins enthousiaste ici, même si la lecture reste un moment assez agréable et divertissant. J'ai eu la sensation d'être bombardée de "leçons" plus ou moins philosophique ou sociale, sans parvenir à saisir leur sens réel et implicite quelque part. Certes, il est question de l'entraide dans un clan, l'entraide pour grandir évoluer et survivre. Il est aussi question de cultiver son jardin.

Nous sommes au temps de la préhistoire, dans des contrées presque désertes d'hommes et forcément de toutes constructions humaines etc. Les éléments, juste les éléments et leur rudesse hivernale. Avec Penss, nous assistons à la période charnière où, de chasseur cueilleur nomade, l'Homme va devenir cultivateur et tendre à la sédentarité.

Les textes de bulles sont au début joliment poétiques lorsque Penss observe la beauté du monde. Puis plus familière dans les dialogues et très contemporaine, ce qui cloche un peu.

En fait, autant Grimr était en union et communion avec la nature, autant Penss est en guerre contre elle, pense pouvoir la dominer, se croit supérieur à elle. Et dans ce sens, Penss n'est pas un personnage que l'on trouve très sympathique. Il est arrogant et il le paiera cher. Et ainsi, Jérémie Moreau nous montre que dès que l'Homme se mesure et veut contraindre la nature, les dégâts commencent.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Février 2022

BD - L'île aux remords - avis - chronique

BD- Editions Grand Angle - 78 pages - 18.90 €

Parution en octobre 2017

L'histoire : 1958. Les Cévennes sont la proie d'inondations gigantesques. Jean, médecin de campagne, va porter secours à son père qui vit encore dans les collines. Mais cela fait 25 ans qu'il est parti brutalement, sans donner la moindre nouvelle, pour entrer dans l'armée coloniale. A mesure que l'eau monte, la colline devient une île où père et fils sont contraints de se parler et de faire le point sur une histoire familiale compliquée. Aux froides certitudes de Jean, le père oppose un humanisme ancré dans la terre. Les certitudes de Jean risquent d'être emportées par la crue, et les a priori avec !

Tentation : Couv, pitch et dessins

Fournisseur : bib de Dinard

 

Mon humble avis : Ce duo d'auteurs m'avait déjà procurer un joli coup de coeur avec un autre opus : Facteur pour femmes. Et il réitère avec cette très belle histoire, qui nous mène dans les Cévennes inondées, mais aussi, par le passé, dans différents bagnes français.

Et c'est là que j'ai appris, beaucoup. Dans mon esprit, le bagne, c'était Cayenne et la Guyane, c'est tout. J'ai donc découvert ici que les bagnes étaient à l'époque presque aussi nombreux que les drapeaux français plantés en terres lointaines. Ici, il est question des bagnes de l'Indochine, d'Algérie et de Guyane. L'intrigue nous amène à comprendre et visualiser le fonctionnement horrible et inhumain de ces derniers, et un cahier final étoffe les informations à ce propos.

Et puis il y a cette belle histoire de filiation, d'identité et de quête qui se déroule lors de conversation alors que le père et le fils, entourés d'eau, n'ont pas d'échappatoire. Un père adoptif fier de sa terre, de ses origines, de sa vie de labeur campagnarde... Et ce fils qui a fui pendant 25 ans. Le père qui rêve d'îles à travers ses lectures, le fils qui a bourlingué. Le père humaniste, le fils colonialiste. Et le fils, qui ignorait jusqu'alors ses origines réelles, réalise que toutes les années où il les a cherchées dans une fuite perpétuelle, elles étaient devant lui, qu'il les a ignorées, et pire encore, méprisées...

Le tout illustré par de splendides dessins, doux et dépaysants... Une BD à lire, évidemment !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 2 Février 2022

BD - Mary Jane - Avis - Chronique - Franck Le Gall - Angleterre début 19ème siècle

BD - Editions Futuropolis - 88 pages - 18 €

Parution en Février 2020

L'histoire : C'est l'histoire d'une tragédie. Celle de Mary Jane Kelly. Une des victimes désignées de la misère sociale sévissant alors dans l'Angleterre de la fin du XIXᵉ siècle. Veuve à dix-neuf ans, elle fuit le pays de Galles et la misère pour rejoindre Londres. Pour son malheur, elle y rencontrera la prostitution et le couteau d'un tueur en série, devenu célèbre depuis : Jack l'éventreur.

 

 

Tentation : Pourquoi pas, graphisme agréable !

Fournisseur : Bib de Dinard 

Mon humble avis : Voici un bien bel album, même s'il est sombre, l'histoire étant inspirée de faits réels...

Les dessins m'ont beaucoup plu : détaillés, réalistes, et assez doux, malgré l'âpreté et la misère qu'ils mettent en scène.

C'est une immersion dans la face cachée du Londres victorien que les auteurs nous proposent avant tout : celui de la misère qui fait face à l'opulence des nouveaux riches et des bourgeois.

A cette époque, les indigents pouvaient bénéficier de la "charité publique" proposée par l'Union ("les familles sont séparées et les enfants y meurent à coups de fouet, ou violé par les portiers. On y mange debout dans le froid et les hommes travaillent à casser des pierres comme des bagnards). Alors, à l'époque, nombres de nécessiteux prenaient la route en rodeur à la recherche d'un travail digne de ce nom...

Et pour les femmes, bien peu de portes de sortie, si ce n'est la prostitution.

Nous suivons ainsi la jeune Mary Jane, qui a 19 ans lorsque son mari aimant meurt dans une explosion au fond de la mine. La voici sur la route pour Londres, comme on le lui a conseillé. Elle est mignonne, elle est pure et naïve, mais éduquée. Elle tombera dès son arrivée à la capitale sur une mauvaise personne qui la vendra à une maison close. Le cercle infernal commence alors pour Mary Jane et seul l'abus de Gin lui permet (comme toutes les autres) de tenir... Jusqu'à la rencontre fatale avec le célèbre assassin de Whitechapel, Jack l'Eventreur. Mary Jane fut l'une des 5 victimes du monstre. Ce monstre, il en est très peu question ici, l'auteur considérant que l'on sait déjà tout, et trop, de lui, vu la fascination qu'il exerce sur certains. Par contre, de ses victimes, que savons-nous ? Rien. Franck Le Gall leur redonne donc vie et identité, nous rappelle qu'avant d'être victime elles étaient des femmes, qui avaient leur propre histoire. Et pour cela, il a choisi Mary Jane, la dernière victime.

Cette biographie imaginée est là pour rendre hommage à ces femmes et rappeler les conditions de vie des petites gens dans une époque et contexte social bien précis : les années 1880 en Angleterre, et plus précisément à Londres.

Intéressant, agréable à lire et à regarder, c'est un album nécessaire qui a mis presque 30 ans à voir le jour !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Janvier 2022

BD - Blanc autour - Lupano - Avis - chronique - critique

BD - Editions Dargaud - 144 pages - 19.99 €

Parution en janvier 2021 

L'histoire : 1832... Canterbury dans le Connecticut. Prudence Crandall est institutrice dans son école de jeunes filles. Un jour, elle y accueille Sarah, en jeune fille noire, qui ne demande qu'à apprendre et comprendre. La population blanche locale est outrée par l'acte de Prudence... Qui répond de la façon suivante : A la rentrée scolaire après les vacances, seules les jeunes filles de couleur seront acceptées dans sa classe et son internat. Les blancs feront tout, même l'inimaginable pour que ferme cette école... première école pour filles de couleur 30 ans avant l'abolition de l'esclavage.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Dinard 

Mon humble avis : Voici un formidable album qui devrait être mis dans les mains du plus grand nombre. 

Cette histoire est inspirée de fait réels... et en fin d'album, un cahier dresse la biographie de Prudence et de certaines de ses élèves de couleur qui ont été répertoriées et retrouvée dans les archives... Celles-ci ont toutes suivi des études secondaires, ont été à l'université, ont enseigné, ont été des fers de lance du mouvement abolitionniste etc... D'autres encore ont participé à la construction du Underground Railroad (il faut donc que je me décide rapidement à lire le roman de Colson Whitehead) !

Cet album nous replonge donc dans l'Histoire Américaine (en 1832), à une époque où l'esclavage n'est plus pratiqué dans la plupart des états du Nord, mais où la population blanche reste hantée par la boucherie perpétrée par Nat Turner  (un esclave noir de Virginie, instruit, qui savait lire et écrire et qui prit la tête d'une révolte sanglante un an plus tôt).

Certaines des bulles émises par les citoyens blancs font froid dans le dos de bêtise, de haine, de suprématie. D'ailleurs le mot citoyen n'est pas nécessaire dans la phrase puisqu'à l'époque, les noirs ne sont pas reconnus comme citoyens... mais comme des moins que rien... Mais la peur et le racisme semblent donner tous les droits...

Nous suivrons tous les méfaits, le harcèlement, le rejet, les sabotages, les intimidations que subiront Prudence et ses élèves.

L'utilisation du format BD est très judicieuse pour revenir sur cette époque peu connue en France. Et le fait que ce soit une BD, et bien c'est simple, ça claque, ça rentre... Ca ne s'oublie pas.

Mon seul bémol va au graphisme que je n'ai pas apprécié... Il rend difficilement reconnaissables certains personnages, et parfois même, j'hésitais sur la couleur de peau, me rendant compte que j'étais trompée par une ombre sur un visage... Définitivement, je préfère les dessins les plus "réalistes" possibles.
Quoiqu'il en soit, cette BD qui rappelle l'extrême importance du droit à l'éducation et l'instruction, est à lire absolument !

L'avis de Noukette

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Décembre 2021

BD - Editions Bamboo - 72 pages - 16.90 €

Parution en février 2017

L'histoire : "Amis pour la vie", rien ne semble pouvoir séparer Will, un jeune blanc pas fait pour les études, et Abe, son copain noir à l'esprit vif : ni l'hostilité de leur famille respective ni le racisme haineux qui gangrène l'ensemble de la société américaine. Un pacte est même scellé : Abe aidera Will pour ses devoirs, et Will trouvera toujours du travail à Abe. Au fil des ans, malgré la pression et la violence du racisme quotidien qui les entourent, les deux hommes s'attachent à rester amis. Mais ce fragile équilibre risque d'être mis à mal

Tentation : Couv et graphisme

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Quel album magnifique !

Une belle histoire d'amitié entre un enfant blanc et un enfant noir... Dans les années 30... Donc en encore en pleine période de ségrégation, dans un Etat où le KKK est loin d'être un mythe...

Un jour, Will, le jeune blanc, sauve Abe, son copain noir, de la noyade...  Ils sont liés à vie. Will est connu pour être un gros plein de muscle à la tête vide... Abe sait lire et écrire... Abe aidera donc Will à faire ses devoirs puis à étudier et plus tard, Will aidera Abe à trouver du travail, dans l'entreprise familiale. On suit donc les deux protagonistes sur une vingtaine d'années, durant laquelle cette amitié devra restée secrète sous peine de coups parentaux etc... Alors, une fois adulte, Will doit jouer un rôle... En public, il devra traiter son ami Abe comme un chien, comme moins qu'un chien... pour ensuite le retrouver en cachette et partager des verres. Et la situation se gâtera encore plus lorsque Will se mariera... avec une femme des plus racistes...

Cet album ne nous épargne pas les violences raciales de l'époque, qui sont par endroit hélas encore bien contemporaines. Certains passages sont difficiles à supporter, ça pique dans le coeur et dans la gorge...

Le récit est sous forme de double alternance... L'enfance et les souvenirs, l'âge adulte, contés une fois sur deux par chacun des deux héros de cette histoire... Ils sont socialement opposés, mais subissent les mêmes maux au sein de leur propre famille. Les dessins, semi -réalistes, sont très agréables et comme ils tirent parfois sur la caricature, on distingue très facilement les bons des méchants et aucun risque de confondre les personnages. La lecture est donc bien fluide et agréable.

L'album s'ouvre sur une scène de la "presque fin" de l'histoire, elle est très violente et laisse craindre le pire... Mais c'est résolument une très belle histoire dans un contexte difficile, une histoire qui réserve de belles surprises. Oui, parfois, l'amitié est tout de même plus forte que tout, mais à quel prix !?

Un beau sujet, douloureux, mais traité avec subtilité et sans fard.

 

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Rédigé par Géraldine

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