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Publié le 22 Janvier 2022

BD - Blanc autour - Lupano - Avis - chronique - critique

BD - Editions Dargaud - 144 pages - 19.99 €

Parution en janvier 2021 

L'histoire : 1832... Canterbury dans le Connecticut. Prudence Crandall est institutrice dans son école de jeunes filles. Un jour, elle y accueille Sarah, en jeune fille noire, qui ne demande qu'à apprendre et comprendre. La population blanche locale est outrée par l'acte de Prudence... Qui répond de la façon suivante : A la rentrée scolaire après les vacances, seules les jeunes filles de couleur seront acceptées dans sa classe et son internat. Les blancs feront tout, même l'inimaginable pour que ferme cette école... première école pour filles de couleur 30 ans avant l'abolition de l'esclavage.

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib de Dinard 

Mon humble avis : Voici un formidable album qui devrait être mis dans les mains du plus grand nombre. 

Cette histoire est inspirée de fait réels... et en fin d'album, un cahier dresse la biographie de Prudence et de certaines de ses élèves de couleur qui ont été répertoriées et retrouvée dans les archives... Celles-ci ont toutes suivi des études secondaires, ont été à l'université, ont enseigné, ont été des fers de lance du mouvement abolitionniste etc... D'autres encore ont participé à la construction du Underground Railroad (il faut donc que je me décide rapidement à lire le roman de Colson Whitehead) !

Cet album nous replonge donc dans l'Histoire Américaine (en 1832), à une époque où l'esclavage n'est plus pratiqué dans la plupart des états du Nord, mais où la population blanche reste hantée par la boucherie perpétrée par Nat Turner  (un esclave noir de Virginie, instruit, qui savait lire et écrire et qui prit la tête d'une révolte sanglante un an plus tôt).

Certaines des bulles émises par les citoyens blancs font froid dans le dos de bêtise, de haine, de suprématie. D'ailleurs le mot citoyen n'est pas nécessaire dans la phrase puisqu'à l'époque, les noirs ne sont pas reconnus comme citoyens... mais comme des moins que rien... Mais la peur et le racisme semblent donner tous les droits...

Nous suivrons tous les méfaits, le harcèlement, le rejet, les sabotages, les intimidations que subiront Prudence et ses élèves.

L'utilisation du format BD est très judicieuse pour revenir sur cette époque peu connue en France. Et le fait que ce soit une BD, et bien c'est simple, ça claque, ça rentre... Ca ne s'oublie pas.

Mon seul bémol va au graphisme que je n'ai pas apprécié... Il rend difficilement reconnaissables certains personnages, et parfois même, j'hésitais sur la couleur de peau, me rendant compte que j'étais trompée par une ombre sur un visage... Définitivement, je préfère les dessins les plus "réalistes" possibles.
Quoiqu'il en soit, cette BD qui rappelle l'extrême importance du droit à l'éducation et l'instruction, est à lire absolument !

L'avis de Noukette

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Décembre 2021

BD - Editions Bamboo - 72 pages - 16.90 €

Parution en février 2017

L'histoire : "Amis pour la vie", rien ne semble pouvoir séparer Will, un jeune blanc pas fait pour les études, et Abe, son copain noir à l'esprit vif : ni l'hostilité de leur famille respective ni le racisme haineux qui gangrène l'ensemble de la société américaine. Un pacte est même scellé : Abe aidera Will pour ses devoirs, et Will trouvera toujours du travail à Abe. Au fil des ans, malgré la pression et la violence du racisme quotidien qui les entourent, les deux hommes s'attachent à rester amis. Mais ce fragile équilibre risque d'être mis à mal

Tentation : Couv et graphisme

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Quel album magnifique !

Une belle histoire d'amitié entre un enfant blanc et un enfant noir... Dans les années 30... Donc en encore en pleine période de ségrégation, dans un Etat où le KKK est loin d'être un mythe...

Un jour, Will, le jeune blanc, sauve Abe, son copain noir, de la noyade...  Ils sont liés à vie. Will est connu pour être un gros plein de muscle à la tête vide... Abe sait lire et écrire... Abe aidera donc Will à faire ses devoirs puis à étudier et plus tard, Will aidera Abe à trouver du travail, dans l'entreprise familiale. On suit donc les deux protagonistes sur une vingtaine d'années, durant laquelle cette amitié devra restée secrète sous peine de coups parentaux etc... Alors, une fois adulte, Will doit jouer un rôle... En public, il devra traiter son ami Abe comme un chien, comme moins qu'un chien... pour ensuite le retrouver en cachette et partager des verres. Et la situation se gâtera encore plus lorsque Will se mariera... avec une femme des plus racistes...

Cet album ne nous épargne pas les violences raciales de l'époque, qui sont par endroit hélas encore bien contemporaines. Certains passages sont difficiles à supporter, ça pique dans le coeur et dans la gorge...

Le récit est sous forme de double alternance... L'enfance et les souvenirs, l'âge adulte, contés une fois sur deux par chacun des deux héros de cette histoire... Ils sont socialement opposés, mais subissent les mêmes maux au sein de leur propre famille. Les dessins, semi -réalistes, sont très agréables et comme ils tirent parfois sur la caricature, on distingue très facilement les bons des méchants et aucun risque de confondre les personnages. La lecture est donc bien fluide et agréable.

L'album s'ouvre sur une scène de la "presque fin" de l'histoire, elle est très violente et laisse craindre le pire... Mais c'est résolument une très belle histoire dans un contexte difficile, une histoire qui réserve de belles surprises. Oui, parfois, l'amitié est tout de même plus forte que tout, mais à quel prix !?

Un beau sujet, douloureux, mais traité avec subtilité et sans fard.

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Novembre 2021

BD - Christian Lax - La maternité rouge - art - Afrique - Mali - Avis - Critique - chronique

BD - Editions Futuropolis - 144 pages - 22 €

Parution en janvier 2019

L'histoire : Au Mali, une Maternité rouge, sculpture datant du XIVᵉ siècle, est sauvée de la folie destructrice des islamistes par Alou, un jeune chasseur de miel. En compagnie d'autres migrants, soeurs et frères d'infortune, Alou prend tous les risques pour rejoindre l'Europe. Son but et son obsession : confier la précieuse statuette au musée du Louvre...

Tentation : Couv et pitch

Fournisseur : Bib de Dinard

 

Mon humble avis : Je suis plutôt en veine dans mes lectures BD ces derniers temps ! Voici un magnifique album, tant par les dessins que par son histoire et les multiples sujets, souvent dramatiques hélas, qu'il traite.

L'ouvrage s'ouvre sur l'époque coloniale... Quand les Français raflaient toutes les oeuvres d'art des colonies pour garnir les musées parisiens. Puis un bon dans le temps, nous accompagnons Alou, qui chasse le miel dans les ruches que lui montre l'oiseau Indicateur (une espèce qui existe réellement et qui collabore avec l'humain : il montre les nids d'abeilles, à conditions d'avoir sa part de miel). Suite à la rencontre explosive d'Alou avec les islamistes qui sèment la terreur, Alou découvre une statuette de très ancienne, et de grande valeur... Qui se retrouve donc en grand danger de destruction dans ce climat islamiste. Un vieux sage missionne Alou... Traverser le désert, se rendre à Paris. Que le Louvre accueille cette "Maternité rouge" et la protège de la furie des fous de Dieu.

Avec cet album prenant, puissant, émouvant, instructif, Christian Lax nous fait traverser l'Afrique, la Méditerranée, une partie de l'Europe, et nous montre les conditions de vie des migrants campant dans Paris, l'aide de certains bénévoles et comment le voisinage les regarde et les traite...

Il y ait aussi question d'Art évidemment, nous visitons quelques salles du Louvre, salles dédiées à l'art primaire Africain, avec des professionnels et découvrons les conditions requises et les examens nécessaires à l'acceptation d'une oeuvre d'Art au Louvre.

On ne peut que s'attacher au personnage d'Alou... Et évidemment, cet album est on ne peut plus d'actualité... Tant pour les drames humains des migrants... que pour l'Art. En effet, depuis quelques semaines, la France s'emploie à rendre des objets d'Art "empruntés" à l'époque colonial à leurs pays d'origines, notamment au Bénin, à ce que j'ai pu voir dans les médias. C'est une très bonne chose bien sûr, mais avec cette lecture, je me dis que ce retour aux sources et aux origines doit se faire avec beaucoup de vigilance, pour que ces traces du passé ne soient pas détruites un jour par ces fanatiques religieux qui rase tout ce qui touche de près ou de loin à l'art, partout où ils passent... Que ce soient en Syrie, en Afghanistan, au Mali...

Une très belle histoire, enrichie encore par un cahier final très intéressant. A lire !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 7 Novembre 2021

BD - Gustave Caillebote - Impressionnisme - Peinture - avis - Chronique

BD - Editions Glénat - 56 pages - 14.95 €

Parution en juillet 2017

L'histoire : Paris, 1875. Alors que ses Raboteurs de parquet sont refusés par le jury de l’Académie des Beaux-Arts, Gustave Caillebotte est invité à exposer aux côtés des « intransigeants » tous refusés au Salon de Paris. Collectionneur et mécène, Caillebotte participera à l’essor de ce courant naissant : l'Impressionnisme.

Tentation : Pitch, couv et dessins

Fournisseur : bib' de Dinard

 

 

 

Mon humble avis : Un énorme coup de coeur pour moi ! Cette BD est un véritable ravissement pour les yeux et un délice pour l'esprit.

Les dessins sont somptueux et chaque case est proche de l'oeuvre d'art, pourrait être un tableau accroché dans un grand musée. Je n'y connais pas grand-chose dans ce domaine, mais j'ai l'impression que Laurent Colonnier s'est inspiré des illustres artistes que l'on croise ici, et quel beau monde : Pissaro, Renoir, Sisley, Degas, Manet, Monet et quelques autres.

Les bulles sont emplies de délicatesse, de bons mots, d'ironie, d'humour et instruisent fortement bien sûr. Ceux qui ont pris pour nom "les Impressionnistes" étaient très moqués à leur époque, personne n'aurait misé un centime sur leur oeuvre, les gens s'outrer même devant cette hardiesse inédite.  Mais Degas et Cie étaient visionnaires, comme l'avenir le confirmera. Il n'empêche que certains d'entre eux vivaient dans une relative pauvreté et ne parvenaient pas à joindre les deux bouts. Cette période de transition artistique et culturelles et décrite et dépeinte ici, tout comme l'atmosphère "belle époque" parisienne... Avant cela, l'art était réservé à la religion, aux mythes... Les Impressionnistes osent le quotidien, la sensualité, le corps, l'extérieur, la nature. Oui c'est à cette époque-là que les peintres commencent à quitter leurs ateliers pour peindre dehors, en pleine ville, fête ou campagne. Ils cassent les codes avec une belle harmonie !

Et parmi eux, il y a Gustave Caillebote, le protagoniste principal de cet album. Je ne suis même pas si je connaissais son nom, alors son oeuvre encore moins. Et pourtant, quel sacré personnage ! Talentueux, mécène, collectionneur et évidemment visionnaire ! Originaire d'une famille bourgeoise et argentée, c'est lui qui a aidé financièrement nombre de ses amis peintres dans le besoin, c'est lui qui leur a acheté leurs toiles constituant ainsi une magnifique collection, qu'il lèguera à sa mort, et sous certaines conditions, à l'Etat Français, concourant ainsi à la reconnaissance, puis à la célébrité du mouvement Impressionniste.

Un magnifique ouvrage à découvrir de toute urgence si ce n'est pas déjà fait, complété à la fin par un cahier qui donnent de plus amples renseignements sur Caillebote, sa vie, son oeuvre, son influence, tout aussi passionnant que la BD elle-même !

 

L'avis de Violette 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Octobre 2021

BD - La mystérieuse affaire Agatha Christie - avis - chronique

BD - Editions Vents d'Ouest - 72 pages - 15.95 €

Parution en octobre 2019

L'histoire : Décembre 1926. Agatha Christie, alors écrivaine à succès, disparaît sans laisser de traces. Toute la presse britannique s’empare du drame et une véritable enquête, digne de ses meilleurs romans, est menée pour la retrouver. Suicide d'une femme délaissée, meurtre commandité par son époux infidèle ou coup de publicité d'une romancière voulant renforcer le succès de ses livres ? Les hypothèses ne manquent pas pour élucider l’affaire et surtout tenter de résoudre l’énigme Agatha Christie...

Tentation : La blogo

Fournisseur : La bib' de Dinard

Mon humble avis : Un bien bel album, divertissant, qui revient sur la vie de la Reine du crime, mais qui flirte entre onirisme et biographie...

Les illustrations sont magnifiques, très agréables au regard, avec des décors somptueux, qu'ils soient anglais ou exotiques. Les textes et le scénario révèlent une bonne documentation des deux auteurs.

Tous ceux qui s'intéressent de près à Agatha Christie savent qu'à une période de sa vie, elle a disparu quelques jours... Et que cette disparition, qui déchaîna presse et passions à l'époque, est propice à l'épanouissement de l'imagination. Il y a donc une enquête de police. Cette dernière interroge ses proches : son mari Archi, sa soeur, sa secrétaire... Et curieusement, ils dressent tous un portrait différent d'Agatha et de son caractère.

C'est donc l'occasion de relire la vie de la romancière à travers ses témoignages... Son enfance, où l'imagination et la curiosité la taraudaient, et l'évasion la sauvait déjà... Son éducation, le décès de son père, puis de sa mère... Sa rencontre avec Archi et ainsi de suite...

Puis Agatha Christie est retrouvée... Mais cette fugue ne restera pas sans effet sur son couple. Elle décide alors de partir seule en voyage... Et nous voici complètement dépaysés, en Irak, sur des fouilles archéologiques. Inutile de préciser que ce sont nombre des sources d'inspirations de l'écrivain qui se déroulent devant nous et qui sont devenus des personnages ou des lieux de romans.

L'ensemble est savoureux, doux, qui s'intéresse avant tout à l'intime, à la force de caractère et à la part de mystère de la romancière la plus lue dans le monde. Je recommande, pour les adultes autant que les ados par exemple.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 12 Octobre 2021

BD - Bamboo Editions - 72 pages - 16.90 €

Parution en mars 2020

L'histoire : À Reclesme, dans un petit village au cœur de la France, Abel vit seul avec son chien, ses deux vaches et ses chèvres. Il n'a jamais quitté son village. Pourtant, toute sa vie, il a rêvé de parcourir le monde, et imaginé de lointains voyages. En ce mois de septembre, et ce malgré son âge, Abel a décidé de partir en Éthiopie.

Tentation : Titre et pitch

Fournisseur : Bib de Dinard

 

Mon humble avis : J'étais en manque de BD... alors direction la bib'... Je tombe sur ce titre, dont le mot "voyage" me capte de suite. La 4ème de couv confirme mon intérêt...

Voilà une bien belle histoire, agréable à lire, malgré sa sobriété picturale... Des dessins blancs, noirs et bleutés, où parfois, une petite touche d'une autre couleur apparait... ainsi que d'un certain humour bien senti.

Nous partageons la vie d'Abel, plus tout jeune, qui fatigue... Il a repris contraint et forcé la ferme familiale, les autres candidats potentiels ayant désertés. Une vie solitaire avec ses bêtes et son chien ont rendu Abel un peu rude et aigri... D'autant que les conversations du bistrot du coin ne volent pas très haut... Abel s'ennuie au milieu des siens et s'évade par la pensée, en rêvant à son périple prochain. Heureusement, il y a la boulangère et la charcutière, ses deux rayons de soleil. Mais tout ça a peu d'importance, car Abel va enfin partir en voyage. D'ailleurs, il vient de recevoir le guide sur l'Ethiopie qu'il a commandé...

Le voyage d'Abel, ou une chronique de vie simple et âpre qui nous dit que rêver et imaginer, c'est déjà voyager, et que le plus beau des voyages est celui que l'on ne fera jamais.

Un très chouette interlude entre deux romans !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Septembre 2021

BD -Editions Delcourt - 264 pages - 27.95 €

Parution en mai 2018 

Le sujet : Fin du XVIe siècle. Jacques Le Moyne, jeune cartographe, intègre une expédition française pour la Floride. Le projet, initié par les Huguenots, est un échec. Une fois installé à Londres avec sa famille, Jacques ne confie son expérience à personne, pas même à son épouse. Mais de nobles anglais rêvent d'un avenir colonial pour l'Angleterre et sont prêts à toutes les manipulations pour y parvenir...

 

 

Tentation : La blogo

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : J'aime apprendre ou réviser l'histoire via ce genre d'album de "vulgarisation", que permet un accès condensé à certaines périodes et événements souvent absent des ouvrages scolaires.  C'est une fois de plus le cas avec cette très belle oeuvre de Jean Dytar. 

Mais attention, cet album est plus instructif que distrayant et sa lecture nécessite une réelle attention, surtout quand on part de rien, d'aucune connaissance sur les faits relatés, comme c'est mon cas. Il n'est pas toujours aisé de s'y retrouver dans les personnages historiques et les rôles qu'ils ont joué dans la Grande Histoire. Une fois de plus, le cahier de postface éclaire beaucoup et est incontournable si l'on veut vraiment s'enrichir de cette lecture.

La France était bien absente de la colonisation de l'Amérique, occupée qu'elle était alors par les guerres en Italie. Une fois celles-ci achevées, des missions furent montées pour coloniser, entre autres, la Floride... Qui à l'époque, dépassait ses frontières actuelles pour aller jusqu'aux Etats de Caroline.

Mon intérêt s'est trouvé concentré et réel sur la partie où Jacques Lemoine raconte vraiment à son épouse ce qu'il a vécu et ce à quoi il a survécu lors de l'expédition à laquelle il a participer en tant que cartographe. On réalise vraiment l'enfer que ces hommes d'alors ont vécu, entre nature hostile, mauvaise gestion, erreur de stratégie, maladies, faims, guerres et assauts espagnols, égos surdimensionnés de certains, mutineries... Sans compter sur les sentiments mal vécus notamment de Jacques Lemoine, sentiments d'illégitimité de la présence française en ces terres habités par les amérindiens... Amérindiens plus que manipulés par les Européens menés par une cupidité exacerbée. L'or, il faut de l'or ! Nous ne pouvons rentrer sans or. S'il n'est pas nommé car n'était pas connu comme tel à l'époque, il est aussi question de l'Etat de Stress Post Traumatique.

Florida est donc un album imparfait (il manque toujours un trombinoscope et une frise chronologique qui seraient très utile pour s'y retrouver en cours de lecture) mais néanmoins incontournable, pour se pencher sur des détails qui font l'Histoire et une époque... Qui trouve encore des conséquences dans le présent et qui, hélas se répète encore, même si c'est différemment ! Le tout est servi par des dessins agréables, très parlants, très justes.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 20 Juillet 2021

BD - La chambre de Lautréamont

BD - Editions Futuropolis - 136 pages - 20 €

Parution en 2017

L'histoire : "Un poète maudit, une plante hallucinogène, un piano qui parle, une écriture révélée par le feu, des relations sulfureuses entre deux poètes..." Attention, vous entrez dans un livre terriblement... réjouissant ! Dans l'esprit des nouvelles de l'époque, d'Edgar Poe à Villiers de l'Isle-Adam, Edith et Corcal proposent un récit fantastique et fantaisiste, qui plonge avec délectation dans le monde foutraque, virevoltant et bouillonnant des artistes de la fin du XIXᵉ siècle, en lutte contre les arts académiques.

Tentation : Curiosité culturelle

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Un album au double intérêt... L'histoire qu'il raconte, comme une autofiction, en total trompe l'oeil comme nous le révèle le cahier final. Mais aussi son histoire à lui, en tant qu'objet tombé dans l'oubli pendant des décennies... Retrouvé par hasard en Australie en fond d'un carton de vieux 45 tours, par un étudiant français et sa mère... qui n'est autre qu'Edith... Le vieil ouvrage, daté de 1921, s'intitulait "la chambre de Lautréamont et se disait être une réédition d'un livre de 1874.... Et qui serait l'une des toutes premières bandes dessinées, même si on les appelait alors "Figuration autobio-poético-narrative".

Edith, Corcal vont entreprendre de restaurer complètement l'oeuvre (couleurs effacées, traits disparus, textes parfois illisibles. Un troisième homme, Bernard Maisonnée va entreprendre d'immenses recherches dans les archives pour retrouver les pages manquantes, censurées à l'époque... Ainsi, la Chambre de Lautréamont est ressortie des limbes...

On y rencontre les auteurs d'origine, Auguste Bretagne et Eugène de T.S, mais aussi Charles Cros, Rimbaud, la poétesse Emilie Parkinson, tous membres alors du cercle Zutiste

Auguste Bretagne, qui était à l'époque feuilletonniste pour la Gazette de Paris, vivait alors dans l'ancienne chambre d'Isidore Ducasse, alias Le comte de Lautréamont, décédé depuis peu... Fort des mystères des textes que Bretagne retrouve de Lautréamont, il nous livre ici une histoire qui fleurte avec le fantastique... Mais qui met aussi en scène les us et coutumes des artistes d'alors et notamment, l'usage du peyotl...

De Lautréamont, je ne connaissais que le patronyme et vaguement sa réputation. Cet ouvrage m'a donné un aperçu de ses oeuvres... heu... comment dire, je n'ai pas trop envie d'approfondir.

La chambre de Lautréamont se lit avec plaisir et intérêt culturel, mais ce qui rend cet ouvrage complètement fascinant, ce sont ses pré-et post face qui explique ce magistral piège littéraire ! Il y aurait encore beaucoup à dire, le plus simple est que vous lisiez cet album unique en son genre !

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Juillet 2021

BD - Editions Glénat -64 pages - 15.50 €

Parution en octobre 2017

Le sujet : En 1535, Jacques Cartier arrive pour la deuxième fois dans le golfe du Saint-Laurent. S’il veut conquérir ces nouveaux territoires pour le compte du roi de France, il sait que cela devra se faire avec le concours des tribus indiennes locales. C’est pourquoi il renforce ses relations avec le chef Donacona qu’il avait déjà rencontré lors de sa première expédition et qui le suivra plus tard en France. En fréquentant les Iroquois, Cartier découvre qu’en plus d’une nature florissante, ces terres abritent un peuple sédentaire et bien plus évolué qu’il ne l’imaginait...

Tentation : Un peu de culture historique ne nuit pas à la santé

Fournisseur : Bib de Dinard

Mon humble avis : Depuis que j'habite Dinard, donc à proximité de St Malo, j'entends beaucoup plus parler de Jacques Cartier. Alors, je me suis dit que cette BD permettrait de combler mes lacunes...

Le but n'est que partiellement atteint... Certes, je suis bien moins ignare après ma lecture qu'avant, mais c'est tout de même en bilan en demi-teinte...

Le graphisme rend les visages pas toujours facilement reconnaissables... Donc c'est fatiguant à suivre... Les queues des bulles sont positionnées de façon bien étrange... De ce fait, il n'est pas aisé de savoir de qui proviennent les paroles... Donc fatiguant à lire....

Les noms des autochtones et des lieux se ressemblent, rien de permet de les distinguer et de les retenir, pour mieux les situer... Il manque clairement à cette album une carte et un trombinoscope en début de récit. Certes, à la fin, un cahier de quelques pages revient sur les faits historiques... Peut-être aurais-je dû commencer par celui-ci pour mieux profiter de ma lecture. (d'ailleurs, dommage, plusieurs coquilles remarquées dans ce cahier).

Mais on en apprend tout de même sur Jacques Cartier, personnage dont on ne sait officiellement que très peu... Même sa date de naissance varie d'un document à l'autre.... Et nul ne sait ce qu'il advint de lui après ses trois voyages en terre canadienne. Il semble que Jacques Cartier fut l'un des premiers et des seuls à cette époque, parmi les découvreurs, à être humaniste. Certes, certains propos restent néanmoins choquants dans cet album, mais il faut tout de même les replacer dans leur contexte historique.

J'ignorais pourquoi, à l'époque, la France était le plus souvent absente des grandes découvertes territoriales.... Elle était alors occupée à combattre en Italie, pour y gagner ou y garder quelques lopins et influences !

J'ignorais aussi qu'il existait les Iroquois et les Iroquoiens, qui sont en fait deux nations amérindiennes bien distinctes.

Cet album fait par partie d'une collection qui couvre ainsi différents grands personnages historiques.  J'y piocherai un autre titre. On verra ! Car j'aime m'instruire via la BD, tout en me distrayant !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Juin 2021

BD - Editions Dargaud - 56 pages - 6.90 €

Parution en 2004

L'histoire :  Elle s'appelle Nina. Ses charmantes collègues la surnomment "Grande Gueule". C'est vrai que son caractère exalté pourrait bien la pousser vers la porte des Transports Doublet ("Transports Doublet, la passion de la route"). La route, il en mange tous les jours : il est chauffeur chez Doublet. On l'appelle Castor. Castor a fait du zèle. À cause de ça, il devra laisser son volant. Le monde est mal fait. Seulement voilà. Pas plus Nina que Castor ne peuvent envisager une seconde de se retrouver à la rue. Ils sont prêts à aller très loin pour éviter ça. Et qui va devoir résoudre ce problème ? Samuel Faure, directeur des ressources humaines. Un métier pas facile.

Tentation : Le nom "Davodeau"

Fournisseur : La bib'

Mon humble avis : Cette BD ne date pas d'hier ! Mais, comme j'aime bien Davodeau, quand je trouve une de ces oeuvres que je n'ai pas encore lue, je prends !

On sent que cet album n'est pas récent, car depuis, Etienne Davodeau a fait mille fois mieux, et plus abouti !

L'intention est bonne : une satire sociale du monde du travail et de sa précarité, à travers le personnage principal de Nina... Qui se prétend autre auprès de sa famille pour ne pas la décevoir. On s'attache à cette femme, ainsi qu'à son père et sa petite fille. 

Puis le personnage de Castor prend plus de place... Et l'histoire devient bancale, pas très réaliste et le comportement des protagonistes pas crédibles du tout... La question que pose Davodeau est : jusqu'où peut-on être prêt pour garder ou obtenir un travail ? Je ne pense pas que quiconque puisse aller jusqu'à l'enlèvement d'enfant ou la séquestration, sachant la peine encourue, pour un poste qui, en cherchant, peut se trouver ailleurs.

Mais dans ces pérégrinations, si l'on regarde de plus près, c'est une somme de solitudes que l'on voit, des solitudes et des détresses qui découlent de raisons diamétralement opposées. On se dit que quelque chose de beau peut émaner de cette union de solitudes, mais non... La fin survient abruptement, sans être très limpide... une queue de poisson quoi ! Dommage, le sujet aurait pu donner un album plus intéressant, plus constructif.

Cette lecture reste divertissante et rapide, surtout après un roman éprouvant. Je suis contente de découvrir encore des titres de cet auteur que j'apprécie, même si ce ne sont pas ces meilleurs !

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Rédigé par Géraldine

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