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Publié le 27 Février 2026

BD - Editions Futuropolis - 224 pages - 29 €

Parution en novembre 2025 

Le pitch : Treize ans après Voyage aux îles de la désolation, l'auteur raconte son retour aux terres australes, dans les îles Kerguelen, où il est invité par Christophe Guimet, responsable des programmes éléphants de mer, pour rendre compte de leur travail. Son récit témoigne des changements à l'oeuvre sur ces terres à cause du réchauffement climatique et de l'évolution de la société locale.

 

Tentation : Le dernier Lepage, enfin, quoi !!!

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : L'année dernière, j'avais déjà embarqué sur le Marion Dufresne avec Emmanuel Lepage via sa merveilleuse BD "Voyage aux îles de la désolation". Il y était surtout question de logistique, le Dufresne allant d'île et île des TAAF (Terres Australes et Antarctiques Françaises) pour les ravitailler et assurer les rotations humaines des scientifiques hivernants etc... 

Cette fois-ci, c'est focus sur un archipel, les Kerguelen, puisque Lepage y reste près d'un mois. L'album réclame du temps et une attention de lecture. Parce que les dessins sont toujours aussi sublimes, ils sont à eux seuls des chefs d'oeuvre que l'on admire en détails. Mais également parce que les bulles sont aussi importantes et intéressantes que les traits de pinceaux.

Cet album est centré sur deux sujets principaux : le vivre ensemble dans une région de désolation, avec très peu, avec des personnes d'origines, d'âges, de sexes, d'expériences et de caractères différents. Tous sont là avec une mission et un rôle bien précis, tous sont là volontairement : pour la plupart, c'est un rêve, ou une parenthèse ou un aboutissement... Mais tous repartent transformés par cette expérience humaine et naturelle hors du commun.  D'ailleurs, ils insistent bien sur le terme expérience, et n'usent pas de celui d'aventure. Et surprise pour Emmanuel Lepage en arrivant à Kerguelen... Sa BD "Voyage aux îles la désolation" a suscité des vocations !!!

Les temps changent... Il y a maintenant des femmes scientifiques qui viennent en TAAF là où, il y a quelques décennies, l'univers étaient exclusivement masculin. Les balises GPS posées sur quelques oiseaux ou lions de mer n'existaient pas. Il n'est plus question de sonder les sols à la recherche de richesses, mais juste de comprendre, d'étudier, de protéger, de préserver... ou de remettre en état. Car ce n'est que maintenant que l'on réalise les erreurs passées, lors des premières missions, avec l'introduction d'espèces animales et végétales européennes... Ce qui est un désastre pour l'écosystème local. Dans ces pages, le gros problème, c'est le chat, introduit à la base pour lutter contre les rongeurs... mais qui a désormais une influence catastrophique sur la faune aviaire qui se reproduit sur place.

C'est donc une multitude de portraits et de dialogues avec toutes ces personnes qui vivent le temps d'une année sur les îles Kerguelen que nous offre ici Emmanuel Lepage. On est vraiment tourné vers l'humain, la façon et le choix de vivre l'éloignement etc. Il est sans cesse question d'émerveillement, de passion même si chacun travaille dur dans des conditions difficiles. Mais chaque personne est consciente de sa chance d'être là, dans une atmosphère joyeuse, faite de solidarité, de concessions, de passages de relais, d'entre aide, de débrouille et d'amusement avec les moyens du bord sans jamais oublier les précautions de sécurité... ou de respect de l'environnement naturel (par ex, le soir, chaque cabanon ferme systématiquement les rideaux pour ne pas déranger la faune par la lumière électrique.) Evidemment, chacun(e) de ces scientifiques témoignent des effets du réchauffement climatique, et regrette que la communauté du savoir et de la recherche soit écoutée mais si peu entendue...

Et pourtant, je trouve qu'il y a beaucoup d'espoir dans ces pages... Parce que la plupart des personnes dessinées et interrogées sont jeunes, très jeunes... Très loin de l'image des glandeurs à capuches et scooter de mon quartier, très loin aussi de tous ces influenceurs qui passent leur vie devant un écran à nous vendre des choses dont on n'a pas besoin, et encore plus loin de ceux qui font régner la terreur pour de la poudre blanche dans certaines zones de grandes villes. Oui, passer du temps avec Lepage et tous ces jeunes qui ont tant à m'apprendre même s'il leur reste encore toute une vie de découverte, ça m'a fait chaud au coeur, malgré le vent glacial qui s'abattait sur les îles.

On aimerait être avec eux, pour discuter plus longtemps, ne pas se contenter d'extraits de conversation, pouvoir poser des questions etc... Car évidemment, même s'il aborde moult sujets, Lepage ne peut pas tout dire ni tout approfondir. Cet album est trop court en fait ! et ce billet pourrait faire trois pages !

"Je fais des livres pour ne pas désespérer du monde...pour trouver de la beauté malgré tout... pour tisser des liens et vivre plus intensément avec eux... je fais des livres sur des gens qui cherchent et qui se cherchent... Pour apprendre à penser autrement... pour être un peu moins con" (Emmanuel Lepage)

Et moi, c'est pour cela que j'aime tant lire les ouvrages de ce grand Monsieur au talent exceptionnel. A lire, à découvrir, à offrir... Et ne pas hésiter à lire ou relire "voyage aux îles de la désolation" en premier... Cela permet d'appréhender différemment ce tome ci, avec déjà quelques connaissances sur les TAAF dans notre caboche.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Janvier 2026

BD - Editions Dargaud - 208 pages - 30 €

Parution le 28 mars 2025

Le pitch : 1962. Antoine, 8 ans, voit son père – Georges de Caunes – tout quitter et partir sur une île déserte, Eiao, située à mille lieues du premier être humain, pour y tenir une chronique quotidienne sur la vie d’un Robinson moderne.

2025. Antoine de Caunes, 71 ans, se rappelle son choc d’enfance et s’inspire avec son coauteur des chroniques diffusées par son père et du journal intime que tenait alors ce dernier pour nous raconter une aventure hors du commun.

Tentation : Le passage de De Caunes à C à vous

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Dans la famille De Caunes, je connais plus "le père" Antoine et la fille Emma que l'aïeul Georges... Lorsque ce dernier était à la une des magazines ou sur les écrans TV, j'étais très jeune, donc aucun souvenir.

Il n'empêche, cette BD, je voulais la lire, parce qu'entre autre elle se passe sur une île, qu'elle répond au fantasme individuel mais tellement collectif de "partir sur une île déserte" quand tout déborde.

Georges De Caunes l'a fait, même si rien ne débordait, juste par goût du challenge, de l'expérience... Il voulait vivre une robinsonnade sans naufrage. Sauf que la seule île sur laquelle il a été autorisé à mener son expérience était loin du chimérique lagon tropical ombragé de palmiers et caressé par les alizés imaginés par Daniel Defoe.

Eiao, dans les Marquises, est des plus inhospitalière... Un seul arbre, des moutons, des moustiques et autres bestioles en tous genre et un soleil de plomb.

Et voilà Georges débarqué avec quelque matériel et son chien Eder, pour un séjour solitaire d'un an, dont il devait faire le rapport chaque soir à la radio. Et même s'il est seul avec son chien, les dangers ne sont pas pour autant absents...

Antoine De Caunes (aux textes) et Xavier Coste (aux dessins, magnifiques et chatoyants) retracent cette (més)aventure, à l'aide d'archives, de carnets de bord retrouvés après la mort de Georges et des souvenirs d'enfance d'Antoine. D'ailleurs, celui-ci apparaît régulièrement en l'enfant qu'il était, imaginant son père tel un héros, mais un héros qui l'a abandonné à Paris. Ces pages-là sont en noirs et blancs, avec toujours un vêtement rouge. Les autres pages sont très colorés, qui représentent l'île déserte, la mer, les oiseaux etc...

L'humour n'est pas absent de ces pages, puisque De Caunes imagine les pensées du chien, qui se retrouve bien malgré lui dans cette galère.

Outre l'hommage à un père fantasque, cet album est aussi et surtout une belle réflexion sur la solitude, l'isolement physique, géographique, social et intellectuel. Sur le besoin qu'a l'homme de pousser toujours plus loin ses limites, de se mettre en danger pour se sentir exister. Il est aussi question de routine que l'on fuit et que l'on finit toujours par retrouver. Ce à quoi l'on veut échapper sans le dire, en prétextant l'aventure. Il est question d'aveuglement de nos propres limites, d'obstination qui mène aux portes de la folie. Sur les prisons, même à ciel ouvert, que l'homme se crée lui-même, même s'il est en quête de liberté. La liberté peut aussi devenir une prison. Et il y a aussi la part d'égo, d'égoïsme dans ces tentations d'héroïsme.

J'ai aimé le leitmotiv que Georges De Caunes ne cesse de clamer... L'essentiel n'est pas d'arriver, mais de partir. Jusqu'au jour où il réalise et accepte enfin que l'essentiel n'est pas d'arriver, mais de savoir arrêter.

J'ai aimé aussi que sur l'île, Georges constate que la présence de son chien n'est pas que réconfort, mais aussi source de soucis... Et oui, il est responsable de lui devant les dangers et son chien ne manque pas de lui flanquer plusieurs frousses.

Une BD qui rappelle qui ne faut pas croire tout ce que nous dit la littérature... Car la littérature est là pour nous évader d'un quotidien, nous faire rêver, pas forcément pour être vécue.

Bref, une bien belle BD sur une aventure et un homme hors du commun, qui incite à la réflexion, même si elle ne donne pas toutes les réponses. Georges De Caunes s'est éteint avec encore bien des mystères en lui.

Pour ma part, j'aurais préféré un format BD plus classique, fait de planches et de cases, mais qui je le reconnais aurait peut-être été "trop" classique pour cette histoire très proche d'un récit de voyage.

Des documents d'époque forment un cahier post face bien intéressant.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Janvier 2026

BD - Editions Bamboo - 64 pages - 15.90 €

Parution en janvier 2025

Le sujet : Joue-t-il à l'idiot ou est-il réellement bête ? Mystère ! En 1980, l'ancien acteur de Western, Ronald Reagan, est élu président des États-Unis. Incapable de se concentrer, maîtrisant mal ses dossiers, amateur de grasses matinées, de siestes, passant ses week-ends dans son ranch de Californie, Reagan n'est pas vraiment un bourreau de travail. En revanche, c'est une bête de communication, multipliant les blagues - qu'il collectionne et apprend par coeur - et apparaissant ainsi comme un président sympathique. Son comportement sans filtres décontenance Gorbatchev qui ne voudra plus négocier qu'avec ses conseillers. Qu'importe. Reagan se présente comme grand vainqueur et comme l'homme qui a gagné la guerre froide...

Tentation : Le titre

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : J'avais neuf ans quand Reagan est arrivée à la maison blanche, et dix-sept ans quand il l'a quittée en janvier 1989... A neuf ans, j'ignorai qu'il y avait une guerre froide. A dix-sept, je le savais, on me l'avait appris au collège et au lycée. Mais cette guerre froide ne changeait pas ma vie du tout et était très très loin des préoccupations familiales, peut-être aussi parce qu'à l'époque, pas d'internet, donc pas de bombardement d'informations et de fake news.

J'ignore jusqu'où cette BD est réaliste mais le titre y va fort !  C'est en tout cas avec elle que j'ai réalisé que Trump n'était pas le premier bouffon élu à la présidence Américaine. Mais là où Trump est salé, je dirai que Reagan était sucré, n'ayant que des "bonnes" blagues à la bouche dans les situations les plus sérieuses etc. Et Reagan voulait vraiment la paix, alors que Trump veut exciter tout le monde, est méprisant et méprisable, et s'éloigne de plus en plus du modèle démocratique... Et surtout, quand Reagan négociait vraiment pour la paix, Trump négocie avant tout des investissements économiques. La géopolitique a bien changé, et cette BD rappelle bien celle des années 80. En cela, elle est vivement enrichissante et intéressante. On croise dans ces pages Trump jeune magnat de l'immobilier, Bush père, et aussi, évidemment Gorbatchev. Au regard de ces dernières années et de là où je suis, je pense que Trump est profondément méchant et mauvais, là ou Reagan était un trublion fainéant, mais intransigeant vis à vis des Russes, décidé à ne rien lâcher. Il faut avouer que le côté clown de Reagan amène dans ces pages de multiples occasions de rire ou de sourire, même s'il est question d'événements majeurs ou graves.

Cette BD montre également le travail titanesque des petites mains de la diplomatie, ces hommes (le plus souvent) et ces femmes qui doivent en plus jongler avec les égos et défaillances de leurs patrons. Mais mines de rien, ces petites main, Reagan et Gorbatchev y sont parvenues.... A une paix à peu près sereine entre l'Est et l'Ouest qui aura duré près de 35 ans...

Une BD que je recommande donc chaleureusement, même si, à mes yeux, elle n'est pas exempte de petits défauts... Elle est très bavarde, et la police de caractère dans les bulles pas bien grande. Si les dessins sont très réalistes, ils ne permettent pas toujours de distinguer un visage d'un autre selon les plans et les axes... Aussi, dans ces cas-là, ce sont les couleurs des cravates et des costumes qui m'ont aidée à me repérer.

Bref, c'est une BD qui se lit avec attention, et qui vous renvoie parfaitement dans la situation politique internationale des années 80. Une BD intelligente, instructive, et grâce à ce personnage décidemment bien hors norme, un peu amusante.

Dommage que les hommes politiques ne retiennent rien de l'Histoire...

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Janvier 2026

BD - Editions Glénat - 128 pages -22 €

Parution en janvier 2025

Le sujet : La photographie du Duce et de sa maîtresse Clara Petacci pendus par les pieds sur la place Loreto de Milan a fait le tour du monde. Et la résonance de ce cliché a souvent occulté dans la mémoire collective la dernière cavale de Mussolini sur les bords du lac de Côme… Mussolini n’est pas mort à Milan. Fuyant la résistance italienne comme les forces alliées, Mussolini et Clara Petacci tentent de rejoindre la Suisse en compagnie de quelques fidèles du régime. Cette fuite désespérée, proche du grotesque, prendra fin une soirée d’avril 1945, sous une pluie fine, en Lombardie.

 

Tentation : Le sujet

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : ... Qui sera court ! Sur le papier, je me disais que cette BD allait être excellente et très instructive, mes connaissances à propos de Mussolini étant bien maigres et remontant globalement à mes années lycée. Qui plus est, je suis rarement déçue par les parutions Glénat et les avis sur les réseaux étaient positifs.

Et bien en fait, cela faisait longtemps que je n'avais pas autant détesté une BD... La lecture n'est pas agréable du tout, l'ensemble est confus pour qui ne connaît pas bien la réalité historique du sujet. Du coup, j'ai passé mon temps à tenter de comprendre qui était qui, car qui plus est, les dessins (à mes yeux moches par-dessus le marché) n'aident pas à une lecture aisée. On révise un peu d'Histoire mais en survolant et on n'apprend finalement très peu. Car ce roman graphique donne une large place à l'amour, pardon l'appétit vorace de Mussolini pour les femmes qu'il malmène et maltraite pour la plupart.  Il avait un réel pouvoir de fascination sur la gente féminine. Au fil des pages, nombreux sont les dessins de Mussolini en train de copuler plutôt violemment, et une case est même réservée, en gros plan, à la verge de Mussolini en pleine éjac*lation !!!! 

Non mais allo quoi !!! Ce détail répugnant est-il nécessaire pour cerner un personnage historique. Bref, j'ai trouvé cela de très mauvais goût. Et c'est péniblement que je suis arrivée au bout de ces pages.

Comme cette BD est prêtée à ma Bib par la médiathèque départementale, j'ai conseillé à ma responsable de la retirer de notre catalogue et de la renvoyer à l'expéditeur...

Dommage car historiquement et avec des dessins plus lisibles et explicatifs, cette BD aurait pu être passionnante, là elle est plutôt proche du porno sur pas mal de planches...

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 18 Décembre 2025

BD - Editions Dargaud - 80 pages - 18.50 €

Parution en novembre 2022

L'histoire : Tous les habitants, les mieux lotis comme les plus démunis, s’apprêtent à fêter Noël.  Tous, à l’exception de Scrooge. Aux yeux de cette riche commerçante, insensible au malheur des autres comme à l’atmosphère de liesse qui baigne la cité, seuls le travail et l’argent ont de l’importance. On la dit radine, égoïste et mesquine. Elle préfère considérer qu’elle a l’esprit pratique. Et tandis que les festivités illuminent la ville et le cœur de ses habitants, Scrooge rumine sa misanthropie… Une nuit, des esprits viennent lui rendre visite. Ils l’emmènent avec eux, à la rencontre de la jeune fille qu’elle était, quelques années plus tôt, lorsque la cupidité n’avait pas encore rongé son cœur. Mais aussi à la découverte de celle qu’elle aurait pu devenir si elle avait choisi la voie de la bonté…

Tentation : Les dessins et la mention Dickens

Fournisseur : La bib de Dinard

Mon humble avis : De Dickens, je n'ai jamais rien lu, alors j'ai tout de suite pensé que cette BD tout à fait d'actualité pouvait combler un peu mon inculture (au moins pour la notion d'univers) et me donner envie de m'attaquer aux oeuvres d'origine... un de ces quatre ! Et bien mission remplie !

Nous sommes à Londres en 1843 la veille de Noël. Dans la rue, il neige, il fait froid et chacun s'active pour célébrer le réveillon, depuis les pauvres en guenilles jusqu'aux bourgeois chapeautés. 

Nous sommes ici dans une libre adaptation de la nouvelle éponyme de Dickens. En effet, un prologue annonce quelques aménagements... Scrooge, le personnage principal est devenu femme dans cette BD... Ce qui donne à l'ouvrage un aspect plus contemporain, féministe, émancipé etc... Cela ne m'a point dérangée vu que je partais avec aucune idée précise de ce que j'allais trouver dans ces pages...

Les dessins et les couleurs sont des plus somptueux, de ce que j'aime particulièrement. Ils nous mettent tout de suite dans l'ambiance de l'hiver, et dans l'époque. Puis les esprits apparaissent, et ils sont sublimement représentés.

Scrooge est un personnage détestable, et pourtant l'on s'y attache. Parce que ce qui la rend insupportable a forcément une explication dans son for intérieur, dans son passé. Les esprits qui lui rendent visite la veille de Noël vont l'emmener dans un voyage temporel... Auprès de la jeune fille qu'elle fut, de la femme qu'elle est, et de celle qu'elle pourrait devenir. Et sous ses airs revêches, elle ne reste pas insensible à ce qu'elle voit et pressent... Elle évoluera, tout en gardant le droit de rester la même, sans se vanter de sa nouvelle générosité.

J'ai adoré l'atmosphère fantasmagorique, et ce conte de Noël loin de faste mais si près de la misère... Et cette histoire de deuxième chance, que l'on saisit... ou pas... Ma lecture fut des plus plaisante. Reste à lire Dickens, un jour !!!!

En attendant, c'est une très belle adaptation !

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 8 Décembre 2025

BD - Editions Glénat - 88 pages - 19 €

Parution en juin 2025

Le pitch : États-Unis, 24 novembre 1971. La veille de Thanksgiving, un homme voyageant sous le nom de Dan Cooper monte à bord d’un Boeing 727-051 de la compagnie Northwest Orient Airlines décollant de l’aéroport international de Portland. A priori, rien d’anormal, sauf que l’homme menace de faire exploser l’avion. Sa demande : deux cent mille dollars en petites coupures, et quatre parachutes. Pour ne pas risquer la vie des passagers, le FBI préfère s’exécuter. L’avion repart de Seattle-Tacoma en direction du Mexique. Le pirate de l’air saute du Boeing alors qu’il fait nuit et qu’une tempête s’abat sur le nord-ouest des États-Unis. Ses chances de survie sont quasi nulles. Et pourtant, 50 ans plus tard, le FBI est bien obligé de le reconnaître : jamais personne n’a réussi à mettre la main sur ce pirate du ciel. On perd toute trace de lui quand il ouvre son parachute au-dessus de la forêt. En 2016, le FBI annonce la fin des recherches et classe l’affaire Dan Cooper, mais l’enquête non résolue continue d’intriguer l’opinion publique.

Tentation : Le pitch

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Les auteurs s'inspirent d'un fait divers dont j'ignorais tout. Une affaire qui tient le FBI en échec depuis 50 ans, autant dire un sacré mystère qui intrigue toujours autant outre-Atlantique.

Il faut dire que l'histoire est sacrément romanesque et bluffante et semble sortir d'un scénario d'Hollywood avec Tom Cruise comme interprète principal !!! La première partie de l'album narre les derniers temps avant le braquage -détournement, les dernières préparations de Dan Cooper et de sa complice, une jolie blonde qui espère beaucoup, en se trompant ou non ? Puis il y a le saut, l'atterrissage mouvementé (que l'on a du mal à saisir. La suite est donc pure invention, suggestion des auteurs qui partent du principe qu'après quelques temps dans une ferme, Dan Cooper se serait caché au Mexique pour y couler des jours heureux, mais simple, car finalement, faute d'argent. Il faut préciser que Dan Cooper est un nom d'emprunt, sans doute inspiré d'une bande dessinée et que donc même l'identité réelle de l'homme est inconnue de tous.

Si les dessins classiques, permettent une lecture fluide m'ont plu, si j'ai tout d'abord été bien embarquée par l'histoire, la fin m'a laissée sur ma faim, me laissant dire : mouais, tout ça pour ça... J'aurais peut-être aimé que les auteurs multiplient les suggestions plutôt que de se limiter à une seule, celle du Mexique, qui est, qui plus est, relativement banale et attendue. Un peu plus d'imagination sur le destin de cet incroyable mais vrai personnage aurait été sympa. Mais bon, comme le mystère plane toujours, en attendant, lire cette BD n'est pas désagréable non plus ! Le moment est rythmé et divertissant et nous rappelle un fait hallucinant bien oublié par chez nous.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 26 Novembre 2025

BD - Editions Futuropolis - 160 pages - 24 €

Parution le 8 octobre 2025

Le sujet : Elle s'appelle Françoise Roy. Son métier consiste à accompagner les personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer et leurs proches dans leur vie quotidienne. Étienne Davodeau trouve que c'est là un métier passionnant. Alors il a demandé à Françoise de lui raconter au plus près les heures et les journées qu'elle passe dans l'intimité de ces femmes et ces hommes pour qui la qualité de l'instant présent est essentielle. Il lui a dit : "Là où tu vas, chaque jour, tu seras mes yeux et mes oreilles". 

 

 

Tentation : Nom de l'auteur = qualité

Fournisseur : La bib de St Lunaire

Mon humble avis : Les BD de Davodeau, je les attends comme les romans de mes auteurs favoris. Il y a deux ans, je m'étais régalée avec les splendides dessins de Loire. La couverture de "Là où tu vas" annonçait le même ravissement. Hélas, sitôt l'ouvrage ouvert, on réalise qu'à l'intérieur, tout y est en noir et blanc. Dommage. Dommage même si, ici, les paysages et dessins sont relativement secondaires. Ce qui importe le plus, c'est le texte des bulles. En cela, "Là où tu vas" est bien dense et ne se lit pas sur le mode divertissement. Ici, on est dans le partage et l'information, celle qui est nécessaire. Car le titre peut être lu à différents degrés... Là où tu vas... Comme dit dans le pitch, c'est là où se rend tous les jours Françoise, pour son travail. A noter que Françoise est aussi la compagne de Davodeau et la mère de ses enfants. Aussi, dans quelques cases, voit on le couple discuter de ce projet de livre dans la cuisine ou sur une montagne enneigée. Là où tu vas... C'est aussi ce monde mystérieux où vont ceux qui subissent des maladies neurodégénératives. Et c'est aussi là où chacun de nous allons... Le grand âge, le pays de la mémoire qui flanche... 

Cet album est profondément humain et empathique. Il prend le temps, comme Françoise prend le temps d'apprivoiser ces nouveaux "patrons". Car oui, elle est bien embauchée par les personnes dont elle s'occupe, même si celles-ci n'en n'ont pas conscience. Françoise insiste bien pour que l'on ne dise pas "les malades", mais "les personnes malades". Car malade d'Alzheimer (ou d'autres troubles cognitifs) ou pas, chacun est avant tout et reste une personne. Auparavant infirmière en milieu hospitalier puis à domicile, Françoise a choisi de se former (notamment au Canada), à l'accompagnement des personnes atteintes de trouble cognitifs et de leur famille, qui sont souvent en grand désarroi. Evidemment, les "cas" évoqués ici sont loin d'être exhaustifs, puisqu'il s'agit de personnes toujours à domicile. Il n'empêche, tout est très instructif tout en restant pudique et bienveillant, jusque dans la "méthode" utilisée par Françoise, inspirée de Montessori pour maintenir au maximum des habitudes et les participations des patients dans leur quotidien.

Un ouvrage très utile aussi bien pour les personnes qui ne sont pas encore concernées par ces maladies, que pour les familles et les aidants, car il ouvre réellement des pistes d'accompagnement non intrusif.

Là où tu vas, en mettant les mots justes au bon endroit est aussi un magnifique hommage à ces hommes et femmes qui s'occupent quotidiennement de nos aînés...

Nécessaire et incontournable évidemment. Pourquoi se priver du regard avisé et bienveillant de Davaudeau sur les différents maux de notre société.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 14 Novembre 2025

BD - Editions Kana - 168 pages - 25.90 €

Parution en septembre 2024

L'histoire : Le Capitaine Flam, l’androïde Mala, le robot Crag et le professeur Simon accompagnés de l’agent spéciale Johann Landore, entament une course contre la montre.
Sur la planète Dénef, une terrible épidémie fait des ravages dans la population. Il faut trouver le remède qui stoppera les effroyables mutations. Pour toute piste, quelques mots prononcés par un agent contaminé : “L’Empereur Éternel, rétrogradation de l’espèce”.
Le Capitaine Flam et ses compagnons parviendront-ils a` revenir sains et saufs de cette mission ? Devant aller au-delà` de ses limites pour faire face au mystérieux Empereur Eternel, Flam, hante´ par son passe´, risque d’y perdre son âme

Tentation : Nostalgie

Fournisseur : La bib de St Lunaire

« Au fin fond de l'Univers, à des années et des années-lumière de la Terre, veille celui que le gouvernement intersidéral appelle quand il n'est plus capable de trouver une solution à ses problèmes, quand il ne reste plus aucun espoir : le Capitaine Flam ! »

Mon humble avis : J'ai trouvé cette BD à ma bib par hasard lors de son déménagement, et m'en suis saisie immédiatement, même s'il n'y avait aucun ordi pour scanner mon emprunt. Non, mais le Capitaine Flam !!!

Je vous présente l'homme qui, dès mes 9 ans (1981), devint l'homme de ma vie et de tous mes fantasmes pour quelques années... Le héros d'un générique que je "chantais" en moult circonstances, notamment, parait-il (c'est devenu une légende familiale) pour échapper à quelques corvées domestiques. Aussi, quand j'ai vu cette BD, vous comprendrez que mon coeur s'est mis à battre la chamade et que j'ai retrouvé mon enfance... Une lecture donc très madeleine de Proust !

Et bien plus de 40 ans après, le Capitaine Flam n'a pas pris une ride (contrairement à moi) et même il s'est modernisé, ou en tous cas, mis au goût du jour que ce soit pour l'usage de tablette, où même dans son vocabulaire... Il est question de fake news, de dark net, d'IA etc... A part cela, les dessins sont très respectueux de l'original, clairs, faciles à suivre et beaux !

On retrouve donc le vaisseau le plus rapide de l'espace, alias le Cyberlab et le Cosmolem, et les personnages de Johann, Mala, Crab, Ken etc... et nous voici à Mégara, capitale de la planète Dénef. Une épidémie y sévit. Ses conséquences, des mutations et une rétrogradation des humains en hommes singes ultra violents. 

Ce premier tome (j'espère qu'il y en aura d'autres, correspond aux quatre premiers épisodes de la série (merci Wikipédia), avec quelques ajustements. Et fortes de mes décennies, c'est aussi d'un autre oeil que j'ai lu cet album, où plutôt avec un cerveau plus abouti que je l'ai reçu... Et j'y ai découvert les thèmes profonds que je n'analysais sans doute pas à l'époque... Au-delà de la découverte spatiale qui était obsessionnelle à l'époque, il est question de colonisation et donc d'invasion, de vivre ensemble, de manipulation des foules et des plus faibles, de systèmes de "castes" et d'exploitation. Et tout ça, le Capitaine Flam il n'aime pas, lui qui voue sa vie et son combat à la justice et l'équité intersidérale !

Bref, je me suis régalée de ma lecture et me suis dit que Capitaine Flam, c'était un peu l'Agence tous risques de l'espace !!! Ah mes références de jeunesse. 

Je remercie encore Wikipédia qui m'informe que le dessin animé est inspiré du roman SF et space opera Captain Futur and the space emperor d'Edmond Hamilton paru aux USA en 1940 et publié en France en 2017 (ed Le Bélial). Tiens, peut-être une idée de lecture !

En tous cas, plus de 40 ans après le dessin animé, je suis encore tombé sous le charme de Capitaine Flam et de ses aventures !

En cadeau, pour bien vous le mettre dans la tête pour toute la journée, le générique ! (Musique de Jean-Jacques Debout)

Et du coup, il devient évident qu'avec cette lecture, je participe, certes tardivement,  au Challenge Objectif SF 2025 de Sandrine Tête de lecture

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Octobre 2025

BD - Editions Fluide glacial - 56 pages - 13.90 €

Parution en avril 2022

Le pitch : Vous avez fait le tour de l'humour absurde ? Que nenni. Découvrez en la quintessence. Après le succès de Faut pas prendre les cons pour des gens, nous vous proposons aujourd'hui de remonter dans le temps et de découvrir les histoires d'Emmanuel Reuzé avant les Cons ! Des univers complètement barrés, des jeux olympiques du crime, une passion fiévreuse entre experts comptables ou encore les aventures de l'homme mal cadré... Reuzé parvient à repousser les frontières d'un humour complètement décalé encore plus loin.

 

Tentation : Titre et couv'

Fournisseur : Bib de St Lunaire

Mon humble avis : Fluide Glacial, magazine ou éditions de BD, un univers connu de moi jusqu'à ce jour que de réputation : un humour décomplexé, satirique et sans limite. Je n'en savais donc pas p

Bon et bien j'ai testé avec cet opus et comment dire, je suis perplexe... Pas sûr que cet univers me corresponde... Je n'ai pas ri une seconde, à peine souri de temps en temps. La première page dit "humour à tous les étages"... j'ai l'impression de ne pas être montée bien haut et pour certaines planches et saynètes, de ne pas avoir dépasser le niveau "caca pipi prout"... Ou alors, c'est que j'ai lu cette BD sans être dans l'humeur nécessaire.

Certes, quelques passages sont bien sentis et la société bien égratignée  (la discrimination, la pauvreté, la précarité, les différents milieux sociaux etc), mais pour "l'album le plus drôle depuis l'invention de zygomatiques", je m'attendais à autre chose...

La plupart de ces pages ont déjà été publiées dans des mensuels entre 2007 et 2008... Peut-être que cette forme d'humour est un peu passée, en tout cas, elle ne m'a pas touchée.

En fait, ce que j'ai préféré, voire beaucoup aimé, c'est le Grand concours de préfaces qui ouvrent cet ouvrage... Là oui, on se marre... Entre Jean-Jacques Rousseau, Albert Camus, Duras, Houellebecq et Kafka qui s'essaient à cet exercice de préface avec leur style excellement pastiché par Vincent Haudiquet et... Pascal Fioretto, le même qui, il y a quelques années, nous régalaient ainsi de quelques livres de pastiches. Donc les pages qui m'ont éclatée ne sont pas d'Emmanuel Reuzé...

La couverture promet beaucoup, de même qu'en qualité de graphisme, l'intérieur est tout autre, et bien plus proche du vieux comics... Et la scène ne figure dans aucune des histoires de cet album.

J'aime l'absurde mais peut-être pas assez pour apprécier cette BD. Et autre possibilité aussi, mon inculture dans le domaine Fluide glacial a pu être un frein à mon appréciation.

Faudrait tout de même que j'essaie la série de Reuzé "Faut pas prendre les gens pour des cons", comme c'était mon projet initial !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #BD...

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Publié le 20 Octobre 2025

BD - Editions Glénat - 160 pages - 26 €

Parution en janvier 2025

L'histoire : Le continent européen est victime de catastrophes multiples, des réfugiés de tous les pays s'amassent au port du Havre, lieu de transit vers un hypothétique salut. L'Islande est encore épargnée, mais pour combien de temps ? Liam, qui a déjà tout perdu, va tenter sa chance en subtilisant le pass d'une migrante, sans savoir que l'Islande aussi se déchire à leur sujet. Ballotté dans le chaos du monde, Liam découvrira qu'il a pris la place d'une femme impliquée dans un mystérieux projet, "Islander" ; sa rédemption, si Liam et ses nouveaux compagnons parviennent à survivre.

 

Tentation : Le nom de Caryl Ferey

Fournisseur : La bib de St Lunair

Mon humble avis :  Caryl Ferey... Je n'ai encore lu aucun de ses thrillers... Par contre, j'ai adoré une précédente BD : Sangoma, les damnés de Cape Town.  D'où le choix de cet album, Islander, l'exil... dont il faudra attendre les tomes suivants (2 et 3) pour en connaître l'issue.

Une histoire d'anticipation, futur plus ou moins proche, très réaliste... Puisqu'il est question de migration. Nous passons beaucoup de temps avec ses candidats, que ce soit dans des camps, ou encore sur des bateaux malmenés où tous les coups semblent permis.

Nous sommes dans un univers de chaos et glacial, très bien représenté par le graphisme sublime, mais qui n'empêche pas un sacré sentiment de confusion. Celle très réaliste des situations vécues par les protagonistes, mais qui réclame une certaine attention.

Seule l'Islande, l'Irlande et l'Ecosse semblent exemptes de ce chaos européen... Aussi deviennent-elles les destinations ultimes de l'exile.

Nous passons également du temps avec le gouvernements Islandais dont les membres d'étripent sur la politique à tenir face à ce flux migratoire...   Il y a les radicaux répressifs (tuons donc ces migrants qui veulent tout nous prendre) et les libéraux qui prônent un accueil organisé mais plus chaleureux... Tiens tiens, très contemporain ce sujet.

Et au milieu de tout cela, un fameux professeur détenteur d'un message important pour une grande botaniste, message qui pourrait changer le monde...

Mais pour en savoir plus, il faudra attendre... Ce tome 1 reste nébuleux et est vraiment une entrée en matière pour présenter le contexte et les personnages. Le fond réel de l'intrigue n'est pas encore franchement dévoilé.

Cependant, avec ces sublimes dessins et Caryl Ferey au scénario, on fait confiance pour aboutir à une histoire de dingue et fichtrement bien ficelée, et l'on poursuit sa lecture !

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Rédigé par Géraldine

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