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Publié le 5 Septembre 2022

Thriller - Editions Points - 333 pages - 8.40 €

Parution Points : Mai 2022 (Seuil 2021)

L'histoire : Nina Kircher, veuve d’un photographe mondialement célèbre, séjourne dans un hôtel de luxe dans le sud de la France. Son destin bascule lorsque, sortant de la piscine où elle vient de se baigner, elle s’engage dans les pas d’un homme jusqu’à son bungalow puis, sans raison apparente, le poignarde avec une violence inouïe, avant de s’enfermer dans un mutisme complet. Pour tenter de comprendre cet acte insensé, son fils Théo décide de mener sa propre enquête. Jusqu’à découvrir des secrets inavouables...

Tentation : Le pitch + nom de l'auteur

Fournisseur : Ma CB 

 

Mon humble avis : En début d'année, j'avais "découvert" Valentin Musso avec cet éprouvant et rondement bien mené thriller "Une vraie famille". Aussi, en parcourant la 4ème de couv de "Qu'à jamais j'oublie", je pensais y retrouver la même atmosphère très oppressante. Et bien non ! Je dirais qu'ici, il ne s'agit pas vraiment d'un thriller, mais d'une enquête dans les méandres et les secrets d'une famille et surtout d'une femme, Nina Kircher. On va dire que le danger et l'horreur sont passés, mais que les conséquences ressurgissent des décennies plus tard. Alors oui, il y a du suspense, et oui, les pages se tournent très bien... Et oui, le lecteur est tout de même bouleversé par ce qu'il lit et apprend.

Pour écrire ce roman, Valentin Musso s'est appuyé sur une terrible réalité historique, je pense méconnue en France... Au XXème siècle jusqu'en 1981, en Suisse, il y a eu au moins 60 000 personnes internées administrativement et arbitrairement, sans qu'aucun crime ni délit n'ait été commis et sans jugement... Il suffisait d'être pauvre, d'être "rebelle" ou "dépravée, d'avoir fugué, d'être mendiante etc... Les internements soient disant éducatifs se faisaient dans des conditions inhumaines d'humiliation, de servitude, de manque de soin, de maltraitance et ... d'abus sexuels.

Lorsque Théo commence son enquête pour découvrir pourquoi sa mère a brutalement et à priori sans raison assassiné un homme inconnu de sa famille, il découvre assez vite que sa mère fut l'une de ces internées à la fin des années 60. Des flash-backs nous ramènent à l'époque dans le foyer Sainte Marie et nous donnent quelques longueurs d'avance sur Théo. Tout comme Théo, nous allons de révélations en stupéfactions devant les horreurs commises et le sort de ces pauvres jeunes filles sans défense, abandonnées de tous, et surtout de leurs familles, blessées ou détruites à vie.

Valentin Musso développe donc le pourquoi du comment de ces institutions d'alors (mais c'était tout de même il n'y a pas si longtemps), décrit leur fonctionnement et leur soi-disant utilité sociale. C'est donc la violence faites aux femmes que l'auteur dénonce ici, tout en prouvant que, malgré le silence des uns et l'aveuglement des autres, les conséquences, parfois faussement latentes toute une vie sous le poids du secret, mettent parfois des décennie à exploser. Valentin Musso s'emploie aussi à démontrer l'impact, bien souvent inconscient, des secrets de famille sur les enfants.

Des divulgations jusqu'au bout, pour le pauvre Théo qui découvre que toute sa vie n'est basée que sur le mensonge, au nom du secret et des promesses. C'est franchement chamboulant, bien mené, et hélas, tristement instructif sur une époque pas si lointaine.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 27 Juin 2022

Policier - Editions Sixtrid - 7h40 d'écoute - 19.95 €

Parution Sixtrid en 2019 (Editions du Seuil en 2018)

L'histoire : Le propriétaire d'un bar à chats lillois et retrouvé mort, gisant dans une mare de sang... une balle ayant eu raison de lui... La thèse du suicide est vite reboutée par le médecin légiste. De plus, Ruru, la star du bar à chats, un persan, est porté disparu... Une enquête où la commissaire Romano et son adjoint Tellier vont devoir faire preuve de finesse et de persévérance !

 

 

Tentation : Le titre et le pitch

Fournisseur : La bib de Rennes

Mon humble avis : Le titre m'a fait me saisir de ce livre et la 4ème de couv m'a décidée : l'enquête se déroule à Lille et ses environs, région où j'ai grandi jusqu'à mes 25 ans environ, même si j'avais arrêté de grandir depuis longtemps !

Voici une enquête vraiment sympa à lire ou à écouter... Elle est narrée avec une certaine nonchalance, nous épargne les horreurs qui peuvent être inhérentes au genre policier. Et Sophie Chabanel n'est pas avare d'humour et de quelques loufoqueries.

L'histoire laisse une place certaines à la vie privée des personnages, vie privée qui parfois rejoint le coeur du sujet, ce qui permet d'avoir des protagonistes consistants et bien croqués... Et de plus, bien sympathiques, chacun à sa manière. D'autant que la commissaire et son adjoint sont à l'opposé l'un de l'autre, mais moderne aussi chacun à sa manière : l'une en étant libérée, l'autre en refusant la modernité de notre époque... ce qui leur permet de former une équipe efficace qui surmonte les quiproquos et décalages qui amusent gentiment le lecteur

Les pistes se multiplient, qu'elles soient fausses ou bonnes et maintiennent l'intérêt tout au long de la lecture.

J'ai vivement apprécié parcourir ma région d'origine.  Et "les griffes du chat" s'attarde un peu mais pas trop sur l'Histoire vécue par la ville de Bailleul lors de la Grande Guerre, ce qui m'a intéressée vivement.

Internet me dit que la Commissaire Romano est devenue un personnage récurrent de la romancière ! A voir donc !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français, #Livres audio, lectures audio

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Publié le 4 Mai 2022

Policier - Editions Charles Corlet - 279 pages - 12 €

Parution en 2001

L'histoire : A Granville, Le journaliste Germain Sol est agressé par un mystérieux démon. Le commissaire Blandint, en l’apprenant, a éclaté d’un long rire sceptique. Pourtant, l’enquête sera haletante, aussi bien sur terre qu'en mer, et sur les îles Chausey

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

 

Mon humble avis : A mon retour du Kenya, il me fallait une lecture facile, puisque j'avais plus la tête à me plonger dans mes photos que dans la littérature... Ce roman du terroir, du local, traînait dans ma PAL depuis une dizaine d'années et ma visite des îles Chausey. Je l'ai cru idéal pour mon besoin du moment... Grossière erreur ! Il m'a fallu plus d'une semaine pour en venir à bout.

Pourtant, le plaisir d'arpenter des lieux que je connais était là (Les îles Chausey, Le Bec d'Andaine, Saint Malo, Le Barrage de la Rance, la Baie du Mont Saint Michel). Pas besoin de se créer des images dans la tête, elles y sont déjà implantées ! 

L'histoire démarrait bien et l'intrigue aurait pu être intéressante si elle avait été menée autrement, de façon plus ordonnée. Si certaines descriptions d'actions physiques avaient été plus courtes, compréhensibles et moins répétitives. Si la première fin n'était pas aussi ridiculement grandiloquente (on ne met pas de la sauce James Bond n'importe où !) et la vraie fin hyper décevante, qui advient comme un cheveu sur la soupe et semble n'être là que pour excuser les faiblesses et les contradictions précédentes.

Mais la palme de mon exaspération grandissante lors de ma lecture revient au style... Complètement irrégulier et du coup, pas du tout fluide, fatiguant à suivre tant on s'interroge sur de potentielles erreurs dans les choix des temps de conjugaison usités, dans la construction des phrases etc... Bref, j'ai passé mon temps à réécrire le roman dans ma tête à ma façon pour que cela soit agréable à lire, sans passer par des moments ampoulés ou d'autres très familiers ou très, trop basiques, entrecoupés par des formules très académiques voire scolaires. Ah oui, dernier point, il vaut mieux maîtriser le vocabulaire de navigation marine pour ne pas être trop perdu... Bref, j'ai trouvé que par moment, il y avait trop étalage de vocabulaire ou de connaissance, et que cela plombait le récit.

Bon que l'on se rassure, ce titre était le dernier dans le genre régional dans ma PAL. Même si j'en avais acheté plusieurs à l'époque, je sais désormais que cette littérature ne me convient pas, donc on ne m'y reprendra plus ! 

Et depuis, j'ai entamé un roman paru récemment... que je dévore, malgré sa relative épaisseur !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 8 Janvier 2022

Thriller - Editions Sixtrid - 10h10 d'écoute - 19.90 €

Parution Sixtrid 2016 - Editions du Seuil 2015

L'histoire : Les Vasseurs, couple de parisiens, se sont retirés dans leur résidence secondaire en Bretagne suite à un drame personnel qui a laissé François affaibli et boiteux. Un jour, François crève en voiture... Ludovic, un auto-stoppeur, l'aide à changer le pneu. Quelques jours plus tard, François et Mathilde embauche Ludovic pour des travaux de jardinage, puis pour la réfection de toute une partie de leur maison en appartement privé pour leur fille Camille, afin qu'elle ait sa tranquillité lors de ses passages chez eux... Ludovic s'installe donc chez les Vasseur, le temps des travaux... A eux trois, ils forment presque une vraie famille, c'est ainsi que le ressent Ludovic. Quelque temps plus tard, François découvre que Ludovic ne s'appelle pas ainsi, qu'il a menti sur son identité... Et pour cause, il est recherché par la police suite à une affaire de moeurs dans le Nord...

Tentation : Envie de découvrir la plume du frère du fameux Musso G !

Fournisseur : Bib de Rennes

Mon humble avis : Cela faisait un longtemps que je voulais découvrir l'oeuvre de Valentin Musso, frère de Guillaume du même nom. Les livres de Valentin Musso sont classés dans les rayons polars/thrillers, et ce, vraiment à juste titre. Rien à voir avec le frère, que j'apprécie cependant aussi de temps en temps, pour me distraire facilement.

Nous avons ici un vrai thriller psychologique, qui se met en place petit à petit, peut-être un peu longuement au début... Mais la fin justifie justement cette petite longueur qui n'a d'autre but de se jouer du lecteur en ne dévoilant qu'une infime partie du voile des personnages.

Petit à petit, on s'enfonce dans une espèce de huis-clos de plus en plus oppressant, qui semble même atteindre le point de non-retour à certains moments. On se dit que cela ne peut pas être pire... et bien si !

A mi parcourt, la situation se retourne complètement, et de façon on ne peut plus imprévisible, comme toutes les révélations et évènements qui nous mènent au final... Une histoire vraiment remuante, sur la perte, le traumatisme qui mène à la folie et au déni.

Les personnages sont bien fouillés, le rythme va en accélérant, la plume est agréable comme le sont celles des thrillers et l'intrigue tient parfaitement la route, elle est même magistralement menée et originale, bien trouvée,  vu les multiples rebondissements qui nous attendent au fil des pages...  Que de suspense ! On ne voit rien venir, rien n'est téléphoné ! Rien de se déroule comme le lecteur peut s'amuser à l'imaginer. L'histoire est facile à suivre et à comprendre, on ne se perd pas dans une myriade de personnages. Et cette histoire nous dit que l'habit de fait pas le moine, qu'il faut se méfier de l'eau qui dort... En dire plus serait spoiler et gâcherait votre lecture...

Un très bon thriller que je recommande pour ceux qui aime avoir un bon coup de stress et de paranoïa en lecture ! Si l'occasion m'est donnée, c'est avec plaisir que je lirai d'autres ouvrages de Valentin Musso !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 2 Décembre 2021

Polar - Editions J'ai Lu - 220 pages - 6.90 €

Parution d'origine Editions Viviane Hamy 1996

L'histoire : Depuis 4 mois, apparaissent sur les trottoirs parisiens des cercles de craie bleue, avec en leur centre, un objet sans intérêt, oublié, un déchet. C'est au petit matin que ces cercles sont découverts... Même la presse s'empare du mystère qui amuse tout le monde sauf... Adamsberg... Qui flaire autre chose... D'ailleurs, un matin, c'est une femme égorgée qui est retrouvée au coeur d'un de ces cercles bleus... Adamsberg et Danglard mènent l'enquête, chacun avec leur méthode bien particulière.

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : L'homme aux cercles bleus, deuxième roman publié par Fred Vargas et premier ou figure celui qui deviendra son héros récurrent : le commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, tout juste débarqué à Paris depuis ses Pyrénées d'origine.

On découvre ici le célèbre commissaire insaisissable, d'une apparence mais trompeuse nonchalance, avec des manies et des manières qui ne sont qu'à lui. Il ne manque pas de déstabiliser ses nouveaux collègues, dont Danglard l'éthylique qui oscille entre admiration et incompréhension envers son chef.

Un premier meurtre dans les cercles bleus, puis un deuxième et un troisième, et l'enquête qui semble tourner en rond... Et pourtant non, elle avance dans la tête d'Adamsberg dont le flair est déjà bien reconnu. L'intrigue est franchement originale, bien menée et captivante, d'autant plus que son dénouement est des plus inattendus. Sacrée construction romanesque, machiavélique même ! Fallait vraiment y penser !

Après, et bien c'est du Vargas, on aime ou pas, on s'habitue ou pas... Elle a vraiment une plume bien à elle, que l'on reconnait notamment par les délires, les bavardages, le verbiage même de ses personnages, que ce soit lors des dialogues qui semblent n'avoir ni queue ni tête que dans les pensées propres aux protagonistes. Parfois cela amuse beaucoup, mais par moment, cela agace aussi. Oui, il y a de l'humour à saisir à  divers degrés si vous y êtes sensibles. Mais, alors que le mystère s'éclaircit, on se rend compte que ces bavardages insensés prennent finalement sens, et que peut-être, ils délivrent plus d'indices que l'on n'en a remarqués. Et puis dans ces lignes, Fred Vargas distille pas mal de clairvoyance sociétale.

Si l'on divise ce polar en trois parties, la première m'a amusée et intriguée, la deuxième m'a ennuyée, la troisième, c'est simple, je l'ai dévorée ! Mais on est vraiment dans du "Rompol" décalé, mieux vaut être prévenus.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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Publié le 24 Septembre 2021

Madame B, thriller, Sandrine destombes, avis, chronique, blog

Thriller - Editions Pocket - 360 pages - 7.60 €

Editions Pocket Mars 2021 (Hugo & Cie 2020)

L'histoire : Blanche Barjac, dite Madame B, elle nettoyeuse... Que quelque chose d'illégale vous dérange, elle débarrasse et laisse place nette... Que ce soit un cadavre, des plants de illicite avant une descente de police... Autant dire que ses clients ne sont pas des anges... Hors un jour, l'une de ses missions dérape et un maître chanteur se mêle à la danse... Elle ne sait même plus si elle peut encore se fier au seul être qui compte pour elle : Adrian, son beau père, dont elle est la digne successeur et qui lui a tout appris.

Tentation : Le titre

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Parfois, un titre me suffit à dégainer ma carte bleue ! C'est le cas de celui-ci... Et oui, mon patronyme commence par la lettre B et dans la famille, il y a une "private joke" à ce propos. Aussi, cela m'a amusée.

Voici un thriller original...  Le personnage principal est Blanche, une nettoyeuse... Comme Victor dans Nikita de Luc Besson... Plane aussi l'ombre d'un Léon, comme dans Léon de Luc Besson !!! Autant dire que dans ces pages, on ne fréquente que des aigrefins, puisque l'on peut y ajouter une dose de mafia italienne, une espèce de mère maquerelle toute puissante etc... Ici, les méchants sont "les bons" et les "bons" sont devenus méchants à cause des "bons". Bref, ce sont des personnes dans le fond peu recommandables qui deviennent ici victimes. Et malgré leur soi-disant "code d'honneur", le lecteur s'interroge bien sûr sur leur fiabilité dans ce méli-mélo !

L'histoire commence sur des chapeaux de roue, elle tient en haleine, se suit avec plaisir, les pages se tournent toutes seules, le mystère s'opacifie de plus en plus et devient même pluriel. Et puis, à mi-parcours, le soufflet est un peu retombé, même si le dénouement est intéressant, on a un peu de mal à y croire... d'autant que trop de "comme par hasard" m'ont semblé se superposer. Autre petit hic, j'ai trouvé quelques contradictions, notamment chronologiques. Enfin, les personnages auraient pu être un peu plus creusés... Entre autre, Blanche parait être un peu trop ingénue par rapport à son "métier"...

Il n'empêche, Madame B reste un divertissement sympathique, j'en avais besoin ! Sans être exceptionnel ni provoquer des nuits blanches (pas vraiment de stress pour le lecteur), ce thriller vaut surtout par la singularité professionnelle de ses protagonistes et une histoire tout de même bien trouvée.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Juillet 2021

Franck Thilliez, thriller, Le Syndrome [E], avis, chronique

Thriller - Editions Pocket - 512 pages - 8.40 €

Parution Pocket 2011, Fleuve Noir 2010

L'histoire : A Lille, un film mystérieux et malsain rend aveugle Ludovic qui le regarde.

Près de Rouen, 5 cadavres atrocement mutilés sont déterrés ?

Quel lien y a-t-il entre ces de faits ? C'est ce que le commissaire Sharko et la lieutenant Lucie Hennebel vont devoir découvrir, sans imaginer que ce sera pour eux ue véritable plongée dans les ténèbres humaines.

 

 

 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

Mon humble avis : Hop hop hop ! Allez, un bon petit thriller dans la valise des vacances, voilà qui se lira bien ! 

Effectivement, ce thriller se lit très bien, et évidemment, de plus en plus vite, de plus en plus tard. Car le mystère est vraiment bien épais... On se demande bien jusqu'où il va nous mener et comment les forces de l'ordre vont le démêler.

Pour cela, on voyage un peu, au Caire, puis à Montréal. On voyage aussi dans le temps, puisque c'est dans les années 1950 que se trouvent les racines du mal, ici, au Québec... lors de la période noire de son histoire... Celle véridique, citée et inspirante dans le roman, des orphelins de Duplessis... Effroyable... le pouvoir du gouvernement lié à celui de l'Eglise...

Avec le Syndrome [E], Frank Thilliez nous plonge dans le cerveau humain et ses possibilités, ses manipulations, l'influence et le pouvoir de l'image tant implantés dans chaque instant de nos vies et ce que la science peut en faire, sous couvert ou non de l'armée et du gouvernement. Sous le signe du progrès, ou sous le signe purement commercial avec le neuromarketing.

C'est dans ce roman que les deux héros récurrents de Thilliez, Sharko et Hennebel, se rencontrent et se lancent dans une enquête haletante, dangereuse mais sincèrement intéressante pour le lecteur.

Mais j'ai tout de même deux bémols. Le premier, sur la forme, le style en fait. J'ai trouvé très lassantes, très répétitives et parfois même un peu mièvres ces parties de textes qui remplissent, ne font en rien avancer l'action et sont sensés nous expliquer les ressentis intimes des personnages. J'ignore combien de fois le mot "ténèbres" est utilisé, mais j'en avais ras la casquette. Le livre aurait pu économiser une bonne trentaine de pages, et conserver son intact son rythme et son attrait, sans agacement pour le lecteur. J'ignore si, dans ses récents ouvrages, Franck Thilliez use toujours des stéréotypes de la littérature policière.

Deuxième bémol : la fin, un cliffhanger... Et oui, il y a une suite... même plusieurs. Qui ont certes toutes paru depuis un moment, mais que je n'ai pas envie de lire maintenant, même si j'aimerais bien savoir tout de même !

Bref, j'ai donc hésité entre 4 et 3 pattes de chats. A vous de voir !

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 24 Mai 2021

Thriller, littérature française, Bernard Minier, Soeurs, avis, chronique, blog

Thriller - Editions Audiolib - 12h58 d'écoute - 21.50 €

Parution d'origine chez X.O en 2018

L'histoire : En 1993, deux soeurs sont retrouvées assassinées, vêtues d'aubes de communiantes.  Martin Servaz, qui vient d'intégrer la P.J de Toulouse, s'intéresse de près à Erik Lang, auteur à succès de thrillers, dont l'un des romans comporte une scène étrangement similaire au meurtre des deux jeunes filles.

En février 2018, Erik Lang découvre sa femme assassinée, elle aussi habillée en communiante. Martin Servaz a pris du galon depuis... C'est lui qui mène l'enquête.  Y-a-t-il un lien entre les crimes de 1993 et celui de 2018... L'enquête de l'époque aurait elle été bâclée ?

Tentation : Le pitch

Fournisseur : la bib

 

Mon humble avis : C'est avec "Soeurs" que je plonge pour la première fois dans l'univers de Bernard Minier, auteur prolifique de thriller, de très bonne réputation, dont certaines oeuvres sont aussi portées à l'écran.

L'enquête, menée sur deux époques, est réellement intéressante. Elle ne manque ni de révélations, ni de coups de théâtre. Bref, c'est bien pensé, bien construit.

Oui mais voilà, j'espérais autre chose, un texte plus haletant qui m'aurait fait trembler, m'interdisant ainsi d'interrompre trop souvent ma lecture pour justement dépasser ces moments au suspens intenable... Et cela, je ne l'ai pas trouvé, l'ensemble étant pour moi plutôt "plan-plan" dans la méthode et le déroulement des faits. Plus polar que thriller en fait. 

L'histoire aurait gagné à être plus concise et moins longuette, allongée qu'elle est par des descriptions et des digressions qui ne semble être là que pour justifier les scènes finales. Renseignement pris, Servaz est un personnage récurent de Minier.... Aussi, logique tout de même que le romancier étoffe son héro au fil des romans... mais quand on en prend un au hasard comme cela, on ne voit pas bien l'intérêt de décrire autant sa vie personnelle, sauf le volume que cela génère.

Bref, pour moi, cette lecture manque de contraste et de peps malgré une intrigue bien ficelée. Je tenterai sans doute un autre titre de Bernard Minier, plus tard.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Avril 2021

Roman, Thriller, la femme du monstre, Jacques Expert

Thriller - Editions Livre de Poche - 219 pages - 7.40

Parution Anne Carrère 2007 - LDP 2009

L'histoire : Quand elle a épousé le monstre, toute étonnée qu'un tel homme puisse la choisir elle, elle n'avait que 22 ans. Seize ans de vie commune en tant qu'épouse et mère dévouée de deux enfants, à priori sans histoire... un couple normal aux yeux des autres. Pouvait elle se douter qu'un jour, la police viendrait arrêter Simon et que deux ans plus tard, se tiendrait le retentissant procès du monstre, où elle se tiendra à la barre en qualité de témoin ? Témoin ? Uniquement ? Vraiment ? 

Tentation : Ma PAL

Fournisseur : Ma PAL

 

 

Mon humble avis : Un roman qui glace, qui agace, qui met à mal, qui interroge. L'apprécie -t-on vraiment, je ne saurai dire. Par contre, on ne peut être qu'admirative du talent et de la maîtrise de Jacques Expert pour développer, mettre en scène et animer son sujet.

Quelque part, ce texte m'a fait penser à une autre lecture récente : Les choses humaines, de Karine Tuile. Point du tout pour la forme et les faits narrés. Mais pour le fond et les interrogations qu'il génère. Le sujet de "La femme du monstre" est la notion de la culpabilité, qu'elle soit morale ou légale. Et tout au long des pages, on se demandera si la femme du monstre est coupable de silence ou victime de son aveuglement. Réponse dans les dernières phrases... Coup dans le plexus.

C'est la femme du monstre qui raconte.... Au présent lors du procès, et en flash-back, elle égrène les souvenirs majeurs de ses seize années de mariage avec Simon. Elle le fait avec son style à elle, et les émotions, analyses et observations dont elle est capable...

Jacques Expert nous glace vraiment avec ce portait d'une femme à priori sans problème... sous le joug d'un homme impitoyable. Le lecteur oscillera avec des impressions de soumission, de maltraitance, de faiblesse, de bêtise même, d'ignorance... A moins que tout ne soit que calcul et stratégie par intérêt, celui de garder un certain standing de vie...  Au début, on prend vraiment en pitié cette femme du monstre, puis on a envie de la baffer... Car oui, elle est oui, ignare elle l'est sans aucun doute, mais elle se révèle aussi méchante et mesquine, égocentrique. Tout aussi monstrueuse que son mari, même si elle a les mains propres. Du coup, coupable légalement ou non ? A priori sans preuves réelles, se doutait-elle vraiment de l'ampleur de la vie de son mari ? J'ai eu vraiment du mal à me faire ma propre opinion.

Vraiment rondement mené et psychologiquement très abouti.

 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 15 Décembre 2020

Olivier Norek, Roman, Entre deux mondes, thriller, Jungle de Calais, Migrants, avis, chronique, critique

Thriller - Editions Pocket - 376 pages - 7.60 €

Parution d'origine chez Michel Lafon en 2017

L'histoire : Il existe un endroit en France où l'on peut tuer sans conséquences... C'est la Jungle de Calais. Deux flics le découvrent. Bastien, nouvellement installé à Calais... Et Adam, qui vient d'arriver, après 6000 kilomètres parcourus depuis la Syrie où il fut policier. Ces deux là vont se rencontrer... entre deux mondes... 

 

Tentation : envie d'approfondir Norek

Fournisseur : Ma CB

 

 

Mon humble avis : Impossible de sortir indemne de ce roman qui est un électrochoc, qui est presque un match de boxe, avec un lecteur très vite proche du K.O mais qui résiste par respect pour les personnages. Et parce que ce roman, très réaliste, est extrêmement bien ficelé et rédigé.

La 4ème de couv d'origine du roman en dit très peu... Aussi, on entre dans ce livre sans savoir où l'on met les pieds. On le découvre bien vite... Et là, je me suis demandé si j'avais vraiment envie de lire "ça" "maintenant", si j'étais taillée pour le match... En fait, on ne l'est jamais. Mais comment se dire humaine, empathique, concernée et révoltée par le sort du monde si l'on ne sait pas ne serait-ce qu'être malmenée par un roman.

Dans ce thriller, il n'y a pas d'enquête à proprement parler... et pourtant, la tension est on ne peut plus palpable.  Olivier Norek nous emmène entre deux mondes... Là où les hommes ne sont pas encore en Angleterre, et ne sont plus en Syrie, au Soudan, en Afghanistan... Et on pourrait même ajouter qu'ils ne sont pas vraiment en France non plus... Ils survivent dans cette Jungle de Calais, et administrativement, ils ne sont rien ni personne. Norek nous emmène donc en immersion dans cette Jungle et dans ces environs... Et pour être vrai et au plus proche de la réalité, Olivier Norek a fait ce "voyage". Il est allé dans cette jungle, il y a rencontré les migrants et les policiers. Et c'est juste intenable, quel que soit le côté où l'on se trouve. Les migrants usés, les policiers désabusés et à bouts de nerfs... le tout dans une équation inextricable sur une poudrière. En fait, cette histoire est comme un documentaire, plutôt comme dix documentaires réunis... Puisqu'ici Norek couvre l'entièreté du sujet "migrants"... Leur vie dans leur pays d'origine et ce qui les poussent à émigrer... Le grand voyage, la traversée, les passeurs... Le quotidien des migrants dans la Jungle dans des conditions de vie et d'hygiène innommables... Les barrages enflammés et l'assaut des poids lourds de nuits pour y grimper en espérer passer ainsi douanes et frontières. Les échanges musclés avec la police. La police qui n'en peut plus, tous les soirs, la même chose, aucune solution ni politique ni sociale ni sanitaire, la police où se multiplient les arrêts pour dépression et les tentatives de suicide, à qui on refuse même les mutations faute de remplaçants volontaire pour venir à Calais... Le roman évoque aussi la position des calaisiens, qui voient leur ville désertée par les touristes, leurs magasins fermer, leurs biens saccagés ou volés... Et enfin, les bénévoles humanitaires qui contre vents et marées essaient d'apporter chaque jour le sourire dans cette Jungle, en plus d'un repas et des biens de première nécessité. Comme un documentaire donc, sauf qu'il y a une histoire, des personnages qui se rencontrent et auxquels on s'attache profondément, des personnages dont Norek nous livre le plus profond de l'âme, de leur coeur, de leurs espoirs, de leur désespérance, de leur bonté... et même de leur grandeur ! "Même si l'on ne parvient à en sauver qu'un, ça vaut la peine"... Pour rester humain, fidèle à soi-même, à ses idéaux. Ca ne change pas le monde mais ça permet de se regarder dans une glace.

Au niveau polar pur et suspense, l'action tournera autour d'un grand recruteur de Daesh que la DGSI veut choper (et oui, la Jungle est hélas un lieu idéal de recrutement pour l'E.S), et le sauvetage d'un gamin soudanais qu'Adam veut sauver des griffes des Afghans et prend sous son aile, mais qui court un grand danger. Il faut donc absolument le faire passer en Angleterre.

Rhaa, je suis encore une fois longue et pourtant, j'ai l'impression de n'avoir pas dit grand- chose, en tout cas pas l'essentiel... mais je pense que cet essentiel est indicible. Même s'il est humainement très dur à supporter, ce roman est à lire et à mettre dans de nombreuses mains pour le témoignage très éloquents sur la vie des migrants et l'impuissance générale, qu'elle soit individuelle, collective ou politique et géopolitique. Ce roman nous rappelle bien la chance d'être né au bon endroit pour notre époque.

Effectivement, le problème des migrants qui tentent de traverser la mer pour rejoindre le Royaume Unis semble insoluble... Et pourtant, pendant ma lecture, le journal télévisé a annoncé un nouvel accord entre la France et l'Angleterre pour lutter contre ces traversées : augmenter le nombre de navires patrouilles de surveillance. Hum hum ? "Une solution" qui laisse vraiment un goût amer...

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Thrillers - polars français

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