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Publié le 25 Septembre 2026

Film de Jeanne Herry

Avec Adèle Exarchopoulos, Sara Giraudeau

 

Synopsis : Garance est une jeune actrice mais qui n’est pas une vedette. Elle gère et assure tout de son mieux, vaillante, joyeuse, soldate, et elle trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. Garance change de vie et commence alors un parcours de huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Une révolution intime, amicale et sexuelle, mais elle consomme toujours plus. Jusqu’à la potentialité de la mort.

Mon humble avis : Jeanne Herry est la réalisatrice des excellents Pupille et Je verrai toujours vos visage. Ajoutez à cela un casting de rêve, toutes les raisons étaient réunies pour aller voir Garance, l'histoire de cette comédienne qui se noie autant dans l'alcool que dans le déni.

Ce film est un chouia moins bons que les deux précédents sus- cités... Je l'ai trouvé moins bouleversant et souffrant d'un peu de longueur, malgré le nombre d'ellipses... La preuve, je n'avais pas compris que le film se déroulait sur huit années... Peut-être est il plus sombre, se concentrant sur une seule héroïne totalement inconsciente de son état, dans un déni qui est peu -être le pire de l'histoire. Il offre moins de respiration, puisqu'il faudra attendre que Garance accepte son état pour entrevoir un peu de lumière. Garance s'enfonce tout de même pendant les 4/5ème du film.

Les ravages de cet alcoolisme pernicieux qui prend de plus en plus de place dans la vie de Garance sont parfaitement illustrés et évidemment magistralement interprétés par Adèle Exarchopoulos, qui est vraiment bluffante de réalisme, d'une intensité exceptionnelle. Et arrive dans sa vie Pauline (Sara Giraudeau, dieu qu'elle ressemble à ses deux parents, c'est terrible, on ne parvient pas à l'oublier pendant le film), qui est l'exacte opposé de Garance...

Le film montre aussi l'impuissance de l'entourage... Ceux qui pensent bien faire en ne faisant rien et en acceptant Garance telle qu'elle est, ceux qui subissent le même aveuglement que l'alcoolique, et ceux qui tentent de la réveiller.

Il est aussi question du métier de comédien... De celui que pratique une foule "d'anonyme" dans un certaine précarité, loin du la cérémonie des Césars ou des plateaux de télé... Les galériens... Les intermittents du spectacle...

Pas de pathos ni de misérabilisme, quelques pointes d'humour dans des dialogues bien sentis.

Un sujet rarement traité au cinéma, et pourtant loin d'être une niche, puisqu'il commence souvent par l'alcoolisme mondain sous estimé... Le portrait réussi d'une femme contemporaine, volontaire, fêtarde. Une femme qui semble pouvoir se relever de tout, qui rayonne en soirée, qui aime son métier même s'il est loin des paillettes. Une femme aussi fragile que forte qui puise force et faiblesse dans sa dépendance. Sa dépendance pour combler un vide, et qui devient auto destructif. Une dépendance qui paraît être au second plan...mais qui finalement, envahi tout de l'intérieur. Une mise en scène très soignée et percutante, loin des traditionnels clichés qui accompagnent le sujet. De l'observation mais point de jugement. Du Jeanne Herry, de la délicatesse, de la pudeur... Il m'a juste manqué un petit quelque chose pour en faire un grand film.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 15 Septembre 2026

Film de Charline Bourgeois-Tacquet

Avec Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling, Marie-Christine Barrault

Synopsis : Gabrielle se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu'une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?

Mon humble avis : Un beau film, portée par deux actrices extraordinaires...  Léa Drucker, dans l'action et l'efficacité, et Mélanie Thierry dans la retenue et le mystère...

La vie d'une femme, c'est le portrait de Gabrielle, quinquagénaire indépendante, chirurgienne maxillo-facial, qui gère un service, des patients, sa vie, son couple, une ONG ukrainienne, l'hôpital public en faillite... Le tout, d'une main de maître et avec un sacré caractère. Elle va bien, est équilibrée et heureuse, malgré la charge mentale qu'elle porte. Elle a choisi et montre qu'elle ne manque de rien. Même si elle a fait le choix de ne pas enfanter, cela ne l'empêche pas d'être épanouie... Elle gère aussi sa mère (bouleversante Marie Christine Barrault) Alzheimer en fin de vie. La vie de Gabrielle semble tracée en ligne droite, jusqu'à sa rencontre avec Frida, une écrivaine qui souhaite s'immerger dans son service hospitalier pour ensuite écrire un roman. La vie et les certitudes de Gabrielle se trouvent bouleversées, elle sort de sa zone de confort... Pour toujours ou pour un temps ? Une escapade sans lendemain,  un nouveau chemin, ou un segment vécu qui laissera à jamais des traces, voire des regrets qu'il se soit arrêter ainsi... ?

Ce qui m'a le plus bouleversée dans ce film, c'est l'immersion dans ce service hospitalier, où des sur-femmes et des sur-hommes font tout ce qu'ils peuvent scientifiquement et humainement pour sauver des vies, avec des moyens de plus en plus restreints. La passion qui les animent, même si parfois, guette le découragement. Le film montre bien à quel point l'Etat est loin de la réalité hospitalière... Et puis la spécialité de Gabrielle apporte des réflexions vraiment intéressantes sur la réparation et la reconstruction faciale qui sont rarement à l'identique.  Il est donc question de l'identité etc.

J'ai aimé l'apparition d'Erri de Luca, qui ne dure que quelques minutes. Mais je l'ai reconnu sitôt qu'il a cité une phrase de son roman "Les règles du mikado" (un de mes coups de coeur).

J'ai vivement apprécié que la réalisatrice montre qu'une femme peut se réaliser, être heureuse, bien dans sa tête et sans regret même si elle n'a pas répondu au diktat de la société : enfanter.

Et puis il y a l'inattendu, qui trouve toujours une place même dans une vie bien remplie.

Tout est filmé avec justesse, délicatesse et pudeur. Un bel hommage à toutes ces femmes extraordinaires et à la fois ordinaires, comme il y en a beaucoup, loin de la lumière.

J'ai été un peu dérangée par le découpage du film en chapitres et les nombreuses ellipses.

Mais on est touchée par la vie de cette femme... Et fascinée par le talent de Léa Drucker qui, c'est dernières années, devient une figure incontournable du cinéma français et gage de qualité. Et chapeau aussi au cinéma Français qui ne met pas au placard les femmes de plus de 40 ans. On contraire je trouve qu'il offre de plus en plus de rôle puissant à ces actrices et femmes auxquelles une bonne partie de la population peut s'identifier.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 11 Septembre 2026

Film de Hüseyin Aydin Gürsoy

Avec Lionel Erdogan, Charles Berling, Metehan Aygün

Synopsis : Mathieu s’est éloigné de sa communauté turque pour grimper l’échelle sociale. Avocat déterminé, il travaille dur pour devenir associé dans un influent cabinet d’affaires parisien. L’irruption dans sa vie d’un jeune turc en situation précaire ayant besoin d’aide va le précipiter dans une affaire de corruption mettant en péril tout ce qu’il a bâti. 

Mon humble avis : Un thriller politique et sociétal qui commence doucement, puis qui monte qui monte qui monte autant que son personnage principal dégringole. Une véritable spirale infernale qui accroche bien le spectateur à son fauteuil. Le scénario est donc à multiple rebondissements. Quand on pense que Matthieu va enfin pourvoir souffler, et bien non. On imagine qu'il a touché le fond de l'enfer, non, la descente se poursuit... Et quand il peut enfin souffler, et bien il n'a plus rien, il n'est plus rien sauf ce poids qui pèsera sur sa conscience toute sa vie durant. Et pourtant, Matthieu est un bon gars à la base, qui a vu l'occasion, quand sa soeur lui a demandé d'aider légalement un jeune turc, d'allier cette affaire et une autre suivie par son cabinet d'avocats. Bref, il passe sous les radars, gagne en promotion et pense satisfaire le jeune Turc. Sauf que non. Ce que veut ce dernier c'est une vraie justice, même si c'est David contre Goliath, puisque c'est contre le fils d'un député qu'il veut porter plainte... D'où le glissement sur la pente politique du film, avec les petits arrangements entre tout le monde pour gagner le silence et que tout le monde soit gagnant-gagnant.

Quelques infos sont peut-être un peu trop suggérées à mon goût, dans des scènes qui passent trop vite, sans laisser au spectateur le temps de deviner comment "on en arrive là". (je n'en dirai pas plus pour ne pas spoiler).

Il n'empêche, ce film est à voir pour son scénario bien ficelé, son interprétation impeccable et son originalité... Et oui, chose rare, c'est la communauté turque de France qui est ici mise en avant. Le réalisateur raconte son histoire (une partie de la sienne comme de sa communauté). Une affaire turque développe donc les sujets de l'immigration et l'intégration, de l'identité, de loyauté, du racisme systémique, de l'exil, la famille, les us et coutumes, les contradictions, les transfuges de classes dont tantôt on est fier, et tantôt on a honte.... Honte de celui qui, devenu un bon petit français, semble oublier de quel côté du périph il vient.

Mais ce qui est bien, c'est qu'en tant que spectateur, on ne juge pas, on ne peut que déplorer l'ampleur que prend cette histoire. On respecte la volonté de l'un et l'on comprend quelque part, le raisonnement de Matthieu, qui pense bien faire sans se rendre compte que ce qu'il perd en premier c'est son intégrité, qu'il troque malhabilement contre la réussite... et que l'intégrité, c'était le socle de sa vie. Et pourtant, dans le fond, il n'avait pas vraiment tort Matthieu, il a juste été un peu trop sûr de lui et il s'est juste un peu trop éloigné des valeurs de sa communauté.

Un thriller efficace, intelligent, dans un environnement peu courant sur les écrans. A voir donc s'il passe encore près de chez vous ou en VOD dans quelques mois.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 1 Juillet 2026

Film de Laetitia Masson

Avec Elodie Bouchez, Stanislas Merhar, Romane Bohringer, Alphonse Roberts

Synopsis : Alice, chercheuse en sociologie découvre qu’elle est enceinte. Vladimir, son mari, exulte. Ce sera un garçon ! Ils l’appelleront Ulysse. Sauf qu’à un an, Ulysse ne rentre pas dans les courbes. Trop petit, trop maigre. Les pédiatres s’interrogent et le verdict tombe : syndrome génétique. Ulysse ne sera pas comme les autres. Mais comment sera-t-il ? Mystère. Commence alors la très particulière odyssée d’Ulysse : marcher, parler, apprendre, comprendre, s’épanouir. Alice se lance dans l’aventure, déterminée à ce qu’Ulysse trouve sa place dans le monde.

Mon humble avis : Un très beau film, touchant, par moment même bouleversant tant il atteint un certain état de grâce. J'ai eu la larme à l'oeil.

Ulysse est en fait l'adaptation libre de la propre expérience de Laetitia Masson, la réalisatrice, avec son fils porteur d'un handicap génétique. D'ailleurs, Alphonse Roberts, qui joue le rôle d'Ulysse adolescent et jeune adulte, est le fils de la réalisatrice, qui a accepté de jouer son propre rôle "pour rendre service à sa mère".

On suit la trajectoire d'un couple devant la différence de son enfant dans la jungle sociale et sociétale inadaptée à accueillir la différence malgré tous les grands discours politiques. Car ce parcours du combattant de cette mère courage qu'est Elodie Bouchez montre bien à quel point la société enferme les différences, part battue d'avance, se noie dans le pessimisme, ne croit pas à une évolution possible de ces jeunes enfants différents... Tout simplement par manque de moyens mis en place. Et même dans les structures dites spécialisées, qu'elles soient publiques ou privées, on vous parle de l'impossibilité de faire du cas par cas, de rendement, et de la nécessité que l'handicapé s'adapte au rythme de la structure et non l'inverse.

Dès que les différences d'Ulysse se font sentir et sont identifiées médicalement, le père panique et penche pour la surprotection, là où la mère, Elodie Bouchez, monte au front pour que son fils soit stimulé, qu'il progresse et soit le plus possible intégré au monde typique... Elle se bat parfois avec ce qui lui reste, l'énergie du désespoir. Mais cela paie. Ulysse progresse, et la relation entre cette mère combattante et ce fils différent est sublimement tangible à l'écran tant elle est filmée avec justesse et tendresse.

C'est une belle déclaration d'amour à son fils que nous livre ici Laetitia Masson. Mais aussi un avertissement aux pouvoirs public et une dénonciation du fait que la prise en charge du handicap devient un business et une manne financière parfois... Mais c'est surtout un message de soutien et d'espoir aux familles qui vivent avec le handicap. Car malgré ce drame filmé par moments tel un documentaire sans pathos, Ulysse reste un film lumineux, qui donne à voir à hauteur d'enfants différents et qui montre que quelques initiatives individuelles peuvent changer une partie du monde, en montrant que dans notre société, il peut y avoir une place pour tous, quelques soient les difficultés des uns ou des autres à intégrer.

Et puis, et puis, et surtout... il y a Elodie Bouchez... Cette formidable actrice qui n'a pas son pareil pour interpréter la tendresse, la bienveillance, le combat, la subtilité, la persévérance... avec toujours cette impression de calme intérieur malgré l'ébullition de la situation. Merveilleuse et lumineuse actrice qu'est Elodie Bouchez, et dont le seul nom m'a suffi pour me rendre à ma séance de cinéma. Car Elodie Bouchez sait aussi très bien choisir ces films... A moins qu'elle ait toujours la chance d'être choisie pour de très bons ou beaux films. 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 19 Mai 2026

Film d'Asghar Farhadi

Avec Isabelle Huppert, Virgnie Efira,  Pierre Niney, Vincent Cassel, Adam Bessa

Synopsis : En quête d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie espionne ses voisins d’en face. Quand elle engage le jeune Adam pour l’aider dans son quotidien, elle ignore que celui-ci va bouleverser sa vie et son travail, jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse leur réalité à tous.

Mon humble avis : Film en compétition en Festival de Cannes... le pitch, la bande annonce, l'interview de l'équipe sur le plateau de C à vous en direct de Cannes et le casting de dingue étaient des plus prometteurs, donc hop hop, direction le ciné, puisque la sortie nationale du film est concomitante avec son passage au Festival.

Bon ben je suis vite redescendue sur terre pour tomber dans un ennui étouffant dans un film très parisien.

Pendant les deux premiers tiers du film, on se demande vraiment où l'on veut nous emmener. Le dernière tiers s'éclaircit et spectatrice que je suis, je réveille mon intérêt qui ne sera néanmoins jamais assouvi et qui sera même déconcerté par la fin.

Certes, j'ai aimé découvrir les scènes de bruitages de cinéma...  Mais le reste demeure très parisien et entre soi... Et n'a fait naître en moi aucune émotion. Et je me suis même demandé à quoi servait un tel casting, pour tenir des rôles qui me semblaient pouvoir être tenus sans faillir (sans sarcasmes de ma part), par des comédiens de téléfilms. Pour moi, Cassel, Niney, Efira sont sous exploités ici. Adam Bessa, moins connu tire son épingle du jeu.... Je lui ai trouvé une ressemble et une force de jeu proche de Tahar Rahim, ce qui est prometteur.

Isabelle Huppert, en vieille écrivaine fantasque et recluse dans la crasse, est comme d'habitude.

Certes, le film à tiroirs nous dit le pouvoir que l'imagination et la fiction peut prendre dans la vie.... Mais rien de bien nouveau, et l'ensemble et poussif et étouffant.... Et pourtant, ce film est présenté en sélection officielle à Cannes.... Cannes et ses mystères... Bon en même temps, Télérama a aimé... Ceci explique cela... En général, Télérama et moi ne sommes pas d'accord... Parce qu'avant l'élitisme germanopratin, je suis en quête de plaisir et de divertissement, sans forcément être abêtie... et si, c'est possible. Mais pas avec ce film ci, mauvaise pioche !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 5 Mai 2026

Film de David Roux

Avec Mélanie Thierry, Arnaud Valois, Eric Caravaca, Jérémie Renier

Synopsis : Voilà Marianne aujourd’hui : femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ?

Mon humble avis : Une chose est sûre, malgré l'absence de soleil, ce n'est pas la lumière qui aurait plombé le budget. Que l'on soit en intérieur ou extérieur, tout est sombre ou dans une relative pénombre, ce qui donne un poids supplémentaire à la lourde atmosphère du film. A ce niveau-là, quand on voit la "non" vie que mène Marianne, à plusieurs reprises je me suis dit "mon dieu, c'est horrible, qu'est-ce que c'est lugubre"... Nous sommes, pendant une heure trente, dans la grande demeure et dans l'environnement d'une famille de grands bourgeois catholiques de province... Et mon dieu que c'est étouffant. Il y a dans cette famille tellement de mépris de l'autre, tant d'assurance de supériorité et de perfection, tant de conventions ancestrales et surtout patriarcales...

On entre très vite en empathie avec Marianne, cette femme minimalisée, anesthésiée par ce climat et ses obligations tant familiales que sociales. Sa parole n'est pas entendue, son avis ne compte pas. C'est son mari, l'aîné de la famille, qui prend la place du père et prend toutes les décisions dans cette famille ou l'affection semble s'acheter. Alors qu'elle n'a manifestement aucun horizon, la "prison" se referme de plus en plus sur elle. Un surgissement du passé va la réveiller, la sortir de sa léthargie, et s'installer dans le refus de sa condition, se révolter, jusqu'à prendre la bonne décision.

Ce film montre toute la toxicité et l'hypocrisie de certaines de ses familles pétries de certitude, mais également, et prouve que l'incapacité et la difficulté à quitter un conjoint méprisant n'est réservée aux femmes physiquement maltraitées.

Mélanie Thierry est bouleversante en Marianne réduite juste à son rôle de "femme de", qui n'est qu'un élément du décor, déconsidéré, mais un élément indispensable... Son jeu est alors très minimaliste, tout en discrètes nuances... Et puis on remarque les graines de son émancipation...Dans ses changements vestimentaires subtiles, dans son sens de la répartie qu'elle ne retient plus etc...

Quant à Eric Caravaca, qui joue le mari et le nouveau chef de tribu, il est royalement imbuvable, très souvent proche de la bêtise... Tout au long de la séance, on n'a qu'une envie, c'est lui donner des paires de baffes... mais qui ne servirait à rien... Et comme Marianne, les bras nous en tombent.

J'ai regretté à la fin de ne pas revoir le personnage de Lili, seule membre intéressante et sortie du moule de cette fratrie.

Un beau portrait de femme dans une solitude familiale, tout en délicatesse. Une réalisation réussie.

Mais cette famille et cette maison, avec le parquet qui craque et les portes qui grincent autant que les dents, j'en frémis encore !

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Avril 2026

Film d'Olivier Nakache et Eric Toledano

Avec Camille Cottin, Louis Garrel, Simon Boublil, Alexis Rosenstiehl, Pierre Lottin

 

Synopsis : Nous sommes en 1985, Vincent, bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant et des parents en conflit permanent. Alors qu’il n’est « déjà plus » un enfant et qu’il n’est « pas encore » un adulte nous allons partager ses questions et ses doutes sur l’identité, l’amitié, la famille, la religion, le désir et les premiers élans amoureux.

Une comédie sur cette période de l’enfance où l’espoir de changer le monde n’était pas “Juste une illusion…”

 

Mon humble avis : Les noms des deux réalisateurs - Nakache et Toledano sont pour moi synonymes de films à voir, car qualité garantie.... dans des genres qui me plaisent. On leur doit "Intouchable", "Hors norme", "le sens de la fête", des films que j'ai adoré, et qui ont tous connus un grand succès.
Nous voici avec juste une illusion, une histoire familiale qui se déroule au milieu des années 80... Nostalgie la voilà, les téléphones à fil, les looks improbables etc... Et une bande originale qui régale de tubes inoubliables qui nous font taper du pied en rythme dans la salle de ciné, et même, donnent envie de chanter.
On ne va pas se mentir, j'ai trouvé que la mayonnaise tardait à prendre... avant de devenir des plus savoureuse, aussi drôle que tendre et subtile. Car oui, on a peut-être l'illusion que cette famille est dysfonctionnelle, quand elle se met à parler et à partager, elle se révèle des plus unies, de plus complices, des plus aimantes. On est aussi à une période où les femmes commencent franchement à s'émanciper professionnellement, et à ne pas vouloir être secrétaire /haut talons / café en réunion toute leur vie. Il y a aussi ceux qui pensent faire illusion en maintenant standing et habitudes de vie mais dont peu sont dupes. Il est aussi question de la période de sortie de l'enfance pour l'adolescence, et sortie de l'adolescent pour l'âge adulte responsable.
Les deux réalisateurs ont pioché dans leurs souvenirs de jeunesse, mais aussi dans de nombreux documents pour être le plus fidèle possible dans la reconstitution de l'époque où "être cadre" était le graal et était censé assurer avenir et respect.
Les dialogues sont aux petits oignons. Et si, sur l'affiche, ce sont les noms des acteurs stars et confirmer qui prend toute la place, il faut bien préciser que le personnage principal est Vincent, (alias Simon Boulbil) et que vraiment, il capte la lumière et occupe l'écran sans fausse note. Dans le rôle de son grand frère, Alexis Rosenstiehl, vu récemment dans "Ceux qui comptent" ou je l'avais trouvé bon, sans plus. Ici, il est parfait, et il m'a rappelé tant de souvenirs !
Deux petits regrets, que les réalisateurs n'aient pas utilisé la chanson "Juste une illusion" de Jean Louis Aubert comme générique de fin... peut-être parce qu'elle n'était pas encore sortie en 1985, et que Téléphone était encore un groupe. Enfin, j'aimerais bien que le monde du cinéma offre d'autres rôles que des personnages de beaufs à Pierre Lottin.  Car même s'il y excelle, il est capable de bien d'autres choses, et je trouve que le monde du cinéma l'enferme un peu dans des rôles types (en tous cas, pour les films que j'ai pu voir.)
Quoiqu'il en soit, Juste une illusion est un film à voir, parce que qu'il parle de nous, de notre jeunesse, de ce que vivais nos parents à cette époque-là, et quelle époque : les années 80 ! 
Un film qui fait du bien, qui dose chaque ingrédient sans jamais en mettre trop.
 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 10 Avril 2026

Film de Yann Samuell

Avec Alexandra Lamy, Julien Le Berre, Mélanie Doutey

Synopsis : Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée.

Inspiré d’une histoire vraie.

Mon humble avis : Un film inspiré en fait d'histoire(s) vraie(s) au pluriel. Au départ, il y a le livre /récit de Bernard Ollivier "Marche et invente ta vie". Puis le réalisateur a créé le personnage d'Adam à partir des témoignages qu'il a recueillis auprès de certains jeunes qui ont fait cette fameuse marche de rupture... Marcher jusqu'à Compostelle avec un adulte référent et éviter ainsi la prison.

Dans ce film, l'adulte (Sublime, puissante et lumineuse Alexandra Lamy) n'est pas en rupture, mais en reconstruction après un échec marital et un autre professionnel. Elle est aussi égarée que Adam, mais son âge et son expérience lui ancrent les pieds bien sur terre, elle n'est pas en rupture.

Nous suivons donc Adam et Fred sur le chemin, dans les gites, dans les galères, dans les moments de complicité, dans les disputes, dans la violence pas toujours contenue d'Adam. Ce n'est pas de tout repos, ni physiquement, ni psychologiquement... Car Adam est très dur, et on a toujours l'impression d'être sur un fil avec lui, et que tout peut basculer à tout moment... Avec lui, Fred (Alexandra Lamy) fait trois pas en avant, trois pas en arrière, puis trois pas en avant, puis deux pas en arrière... Ce qui signifie qu'au fil de leur cheminement, Fred parvient tant bien que mal à se rapprocher d'Adam, et lui, à s'apaiser un peu, à retrouver le sourire, une lueur dans les yeux et à apprécier vraiment certains moments...

C'est une très belle aventure humaine qui nous est proposée, entre moments qui drôles et d'autres d'une tension émotionnelle terrible... Long est le chemin vers le respect et l'attachement, même si entre deux, il y a des moments de grâce. Compostelle pose la bonne question : que faire de tous ces jeunes en total rupture sociale, qui multiplient les passages au tribunal sans que rien ne change... Et que lorsqu'ils passent par la case prison pour de petits délits, c'est la grande délinquance qui les attend à leur sortie. Alors que 60 % des jeunes qui ont participé à ce programme de réinsertion ont trouvé un vrai chemin de vie...

Compostelle... C'est la destination... Evidemment c'est le chemin qui compte.

Compostelle, c'est aussi ce que les initiés appellent simplement "Le chemin"

Et ce chemin, c'est le parcourt de chacun vers lui-même, vers l'autre, vers un lieu, vers son futur à construire ou reconstruire. C'est s'éloigner du monde pour se rencontrer... mais aussi à travers d'autres rencontres.

Un très joli film même s'il semble parfois un peu trop pétri de bons sentiments et que quelques détails m'ont fait tiquée (genre la quantité de vêtements différents des protagonistes alors qu'ils portent leur sac à dos pour 3 mois... Je connais des personnes qui ont fait le chemin, et je peux vous dire qu'ils voyagent le plus léger possible...) Enfin, j'ai trouvé étrange que dans le foyer/prison pour adolescents, les chambres de filles soient contigües aux chambres des garçons.

Mais peu importe, ce film nous embarque et les paysages sont somptueux. Vive les drones qui ne servent pas qu'à faire la guerre, mais aussi à nous montrer comme notre Terre est belle. 

 

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 31 Mars 2026

Film de Jean-Baptiste Leonetti

Avec Sandrine Kiberlain, Pierre Lottin, Louise Labeque

Synopsis : Rose et Jean n’ont rien en commun. Rose est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Elle campe avec ses 3 enfants à l’étage de l’hôtel de famille qui ne leur appartient plus, et non, ils ne sont pas pauvres, ils sont fauchés. C’est temporaire. Jean est un homme solitaire et taciturne qui a fini par enfouir son grand cœur sous des couches de pudeur et de résignation. Quand il arrive malgré lui dans cette famille hors norme, il va très vite devenir indispensable. Qu’attendaient-ils avant de se rencontrer ? Sans doute plus rien. Et pourtant, ensemble, tout va devenir possible.

 

Mon humble avis : Comme dans mon ciné, c'est séance offerte le jour de votre anniversaire, forcément, j'ai un film à mon programme de cette journée récente. Je voulais une histoire qui me fasse rire ou sourire, passer un bon moment, me détendre et me changer les idées.... Et puis, Sandrine Kiberlain étant au générique, pour moi, c'était les yeux fermés.

Grosse erreur de ma part et grosse déception. Que ce film, pas si long que ça, est lent et paraît interminable. Les silences dans les dialogues se prolongent et mettent mal à l'aise. Pourtant j'ai lu sur Allociné qui le réalisateur voulait un film dynamique et un insuffler comme une pulsation cardiaque... Et bien je ne l'ai pas ressenti.

Les quelques dialogues percutants sont dans la bande annonce... Qui laisse vraiment penser à une comédie... Et bien nom, je me suis retrouvée prisonnière d'un drame (il est question de cancer, donc vraiment pas divertissant) qui s'achève en tire larmes. Je n'ai pas cru aux situations qui m'ont paru forcées (donc pas fluides) et n'ai pas adhéré au scénario des plus improbables. En fait le personnage de Rose (et ses enfants) m'a fait penser à Morgane dans la série HPI, comme si l'inspiration venait de là.

Et pourtant, les comédiens font ce qu'ils peuvent pour sauver ce film. Peut-être même que ce coup-ci, Sandrine en fait un peu trop, et Pierre Lottin pas tout à fait assez, parce que le rôle a été écrit comme cela : minimaliste.  Un détail qui m'a plu cependant : le blouson de cuir de Pierre Lottin émet plus de sons que le personnage lui-même. Comme si le bruit du frottement du cuire suffisait à dire sa présence. Ca, j'ai aimé.

J'ai comme l'impression que Sandrine Kiberlain est surexploitée dans ce film, quand Pierre Lottin y est sous exploité.

Mais ça ne fait pas beaucoup tout de même.

Nous étions 4... Deux ont aimé, deux n'ont pas aimé... Un film qui divise, mais que, pour ma part, j'oublierai vite.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 19 Mars 2026

Film de Rémy Bezançon

Avec Laetitia Casta, Gilles Lellouche, Guillaume Gallienne

Synopsis : Colette, professeure de cinéma spécialisée dans l’œuvre de Hitchcock, soupçonne son nouveau voisin d’en face d’avoir tué sa femme. Réalité ou déformation professionnelle ? Son mari, François, écrivain de romans historico-policiers un peu désuets, est d’abord sceptique face à l’obsession de Colette pour ce prétendu crime. Il se laisse cependant embarquer dans cette enquête rocambolesque, et, à mesure que les indices s’accumulent et que le mystère s’épaissit, ce couple ordinaire se transforme en duo de détectives hors pair. Alors, y a-t-il vraiment eu un crime au 3 e étage ?

Mon humble avis : Et bien il est mitigé. Parce que le film m'a semblé très long à démarrer, avec un style poussif dans lesquels les comédiens paraissaient plus s'amuser que nous. Bref, la première moitié du film, je me suis ennuyée, mais j'ai choisi de faire confiance à ses sacrées têtes d'affiche pour ne pas être allées se fourrer dans un navet. Il devait forcément y avoir une étincelle qui me ferait voir le film différemment. Et elle est arrivée cette étincelle, en la personne de Hitchcock himself, qui dans une interview (réelle ou pas), donne une leçon de suspense au cinéma, entre autres en voix off... pendant que sur l'écran, l'intrigue qui se déroule illustre parfaitement les paroles du maître. Les bons moments de suspense ou d'humour commence enfin à s'empiler sans tomber dans la lourdeur. 

Le crime du 3ème étage est un film à références cinématographiques multiples, un mélange de genres (comédie, enquête, roman avec personnage en abîme dans d'autres temps etc). L'hommage au septième art est manifeste. Je salue donc la véritable originalité du scénario mais regrette qu'il ne m'ait pas embarquée plus vite. Le film s'ouvre sur un Lellouche plus qu'agaçant et méprisant que j'ai craint de ne pas supporter longtemps.  il se ferme sur un duo qui fonctionne à merveille, auquel on s'est finalement attaché. Le tout avec un aspect suranné qui n'est pas sans rappeler la trilogie policière des années 2000, incarnée par André Dussollier et Catherine Frot  (Le crime est notre affaire etc...). Et mine de rien, le crime du 3ème étage nous dit joliment que fiction et imagination fertile sont le début d'un réveil, quand la vie est inanimée.

Un film particulier, qui n'est pas un thriller, pas une grosse comédie mais qui pastiche les deux genres et flirte avec un loufoque raffiné. Maladroit, long puis plaisant il manque les petits trucs qui auraient pu en faire un super bon film. Ici, le but ne semble pas complètement atteint. Quoiqu'il en soit, Le crime du 3ème étage n'est pas ordinaire, et c'est déjà pas mal.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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