ULYSSE, film de Laetitia MASSON
Publié le 1 Juillet 2026
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Film de Laetitia Masson
Avec Elodie Bouchez, Stanislas Merhar, Romane Bohringer, Alphonse Roberts
Synopsis : Alice, chercheuse en sociologie découvre qu’elle est enceinte. Vladimir, son mari, exulte. Ce sera un garçon ! Ils l’appelleront Ulysse. Sauf qu’à un an, Ulysse ne rentre pas dans les courbes. Trop petit, trop maigre. Les pédiatres s’interrogent et le verdict tombe : syndrome génétique. Ulysse ne sera pas comme les autres. Mais comment sera-t-il ? Mystère. Commence alors la très particulière odyssée d’Ulysse : marcher, parler, apprendre, comprendre, s’épanouir. Alice se lance dans l’aventure, déterminée à ce qu’Ulysse trouve sa place dans le monde.
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Mon humble avis : Un très beau film, touchant, par moment même bouleversant tant il atteint un certain état de grâce. J'ai eu la larme à l'oeil.
Ulysse est en fait l'adaptation libre de la propre expérience de Laetitia Masson, la réalisatrice, avec son fils porteur d'un handicap génétique. D'ailleurs, Alphonse Roberts, qui joue le rôle d'Ulysse adolescent et jeune adulte, est le fils de la réalisatrice, qui a accepté de jouer son propre rôle "pour rendre service à sa mère".
On suit la trajectoire d'un couple devant la différence de son enfant dans la jungle sociale et sociétale inadaptée à accueillir la différence malgré tous les grands discours politiques. Car ce parcours du combattant de cette mère courage qu'est Elodie Bouchez montre bien à quel point la société enferme les différences, part battue d'avance, se noie dans le pessimisme, ne croit pas à une évolution possible de ces jeunes enfants différents... Tout simplement par manque de moyens mis en place. Et même dans les structures dites spécialisées, qu'elles soient publiques ou privées, on vous parle de l'impossibilité de faire du cas par cas, de rendement, et de la nécessité que l'handicapé s'adapte au rythme de la structure et non l'inverse.
Dès que les différences d'Ulysse se font sentir et sont identifiées médicalement, le père panique et penche pour la surprotection, là où la mère, Elodie Bouchez, monte au front pour que son fils soit stimulé, qu'il progresse et soit le plus possible intégré au monde typique... Elle se bat parfois avec ce qui lui reste, l'énergie du désespoir. Mais cela paie. Ulysse progresse, et la relation entre cette mère combattante et ce fils différent est sublimement tangible à l'écran tant elle est filmée avec justesse et tendresse.
C'est une belle déclaration d'amour à son fils que nous livre ici Laetitia Masson. Mais aussi un avertissement aux pouvoirs public et une dénonciation du fait que la prise en charge du handicap devient un business et une manne financière parfois... Mais c'est surtout un message de soutien et d'espoir aux familles qui vivent avec le handicap. Car malgré ce drame filmé par moments tel un documentaire sans pathos, Ulysse reste un film lumineux, qui donne à voir à hauteur d'enfants différents et qui montre que quelques initiatives individuelles peuvent changer une partie du monde, en montrant que dans notre société, il peut y avoir une place pour tous, quelques soient les difficultés des uns ou des autres à intégrer.
Et puis, et puis, et surtout... il y a Elodie Bouchez... Cette formidable actrice qui n'a pas son pareil pour interpréter la tendresse, la bienveillance, le combat, la subtilité, la persévérance... avec toujours cette impression de calme intérieur malgré l'ébullition de la situation. Merveilleuse et lumineuse actrice qu'est Elodie Bouchez, et dont le seul nom m'a suffi pour me rendre à ma séance de cinéma. Car Elodie Bouchez sait aussi très bien choisir ces films... A moins qu'elle ait toujours la chance d'être choisie pour de très bons ou beaux films.
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