LA FEMME DE, film de David ROUX

Publié le 5 Mai 2026

Film de David Roux

Avec Mélanie Thierry, Arnaud Valois, Eric Caravaca, Jérémie Renier

Synopsis : Voilà Marianne aujourd’hui : femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ?

Mon humble avis : Une chose est sûre, malgré l'absence de soleil, ce n'est pas la lumière qui aurait plombé le budget. Que l'on soit en intérieur ou extérieur, tout est sombre ou dans une relative pénombre, ce qui donne un poids supplémentaire à la lourde atmosphère du film. A ce niveau-là, quand on voit la "non" vie que mène Marianne, à plusieurs reprises je me suis dit "mon dieu, c'est horrible, qu'est-ce que c'est lugubre"... Nous sommes, pendant une heure trente, dans la grande demeure et dans l'environnement d'une famille de grands bourgeois catholiques de province... Et mon dieu que c'est étouffant. Il y a dans cette famille tellement de mépris de l'autre, tant d'assurance de supériorité et de perfection, tant de conventions ancestrales et surtout patriarcales...

On entre très vite en empathie avec Marianne, cette femme minimalisée, anesthésiée par ce climat et ses obligations tant familiales que sociales. Sa parole n'est pas entendue, son avis ne compte pas. C'est son mari, l'aîné de la famille, qui prend la place du père et prend toutes les décisions dans cette famille ou l'affection semble s'acheter. Alors qu'elle n'a manifestement aucun horizon, la "prison" se referme de plus en plus sur elle. Un surgissement du passé va la réveiller, la sortir de sa léthargie, et s'installer dans le refus de sa condition, se révolter, jusqu'à prendre la bonne décision.

Ce film montre toute la toxicité et l'hypocrisie de certaines de ses familles pétries de certitude, mais également, et prouve que l'incapacité et la difficulté à quitter un conjoint méprisant n'est réservée aux femmes physiquement maltraitées.

Mélanie Thierry est bouleversante en Marianne réduite juste à son rôle de "femme de", qui n'est qu'un élément du décor, déconsidéré, mais un élément indispensable... Son jeu est alors très minimaliste, tout en discrètes nuances... Et puis on remarque les graines de son émancipation...Dans ses changements vestimentaires subtiles, dans son sens de la répartie qu'elle ne retient plus etc...

Quant à Eric Caravaca, qui joue le mari et le nouveau chef de tribu, il est royalement imbuvable, très souvent proche de la bêtise... Tout au long de la séance, on n'a qu'une envie, c'est lui donner des paires de baffes... mais qui ne servirait à rien... Et comme Marianne, les bras nous en tombent.

J'ai regretté à la fin de ne pas revoir le personnage de Lili, seule membre intéressante et sortie du moule de cette fratrie.

Un beau portrait de femme dans une solitude familiale, tout en délicatesse. Une réalisation réussie.

Mais cette famille et cette maison, avec le parquet qui craque et les portes qui grincent autant que les dents, j'en frémis encore !

 

Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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M
Un film dur mais à voir donc, j'aime bien ces acteurs...et j'imagine très bien cette ambiance que tu nous décris.
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I
La présence de Mélanie Thierry est aussi en ce qui me concerne un argument en faveur de ce film. L'atmosphère semble très réussie, pour t'avoir ainsi marquée... ça fait penser à Chabrol, non ?
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S
C'est tentant, d'autant que Mélanie Thierry comme Éric Caravaca sont des acteurs que j'aime beaucoup !
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