COMPOSTELLE, film de Yann SAMUELL
Publié le 10 Avril 2026
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Film de Yann Samuell
Avec Alexandra Lamy, Julien Le Berre, Mélanie Doutey
Synopsis : Fred et Adam, un adolescent en rupture, ne se connaissent pas. Pourtant, grâce à une association, ils entreprennent ensemble le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. Elle cherche à apaiser son passé, il tente de canaliser sa colère et son sentiment d’abandon. Au fil des kilomètres, entre affrontements et instants suspendus, un lien fragile se tisse. Face aux épreuves du chemin, chacun découvre en lui une force insoupçonnée.
Inspiré d’une histoire vraie.
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Mon humble avis : Un film inspiré en fait d'histoire(s) vraie(s) au pluriel. Au départ, il y a le livre /récit de Bernard Ollivier "Marche et invente ta vie". Puis le réalisateur a créé le personnage d'Adam à partir des témoignages qu'il a recueillis auprès de certains jeunes qui ont fait cette fameuse marche de rupture... Marcher jusqu'à Compostelle avec un adulte référent et éviter ainsi la prison.
Dans ce film, l'adulte (Sublime, puissante et lumineuse Alexandra Lamy) n'est pas en rupture, mais en reconstruction après un échec marital et un autre professionnel. Elle est aussi égarée que Adam, mais son âge et son expérience lui ancrent les pieds bien sur terre, elle n'est pas en rupture.
Nous suivons donc Adam et Fred sur le chemin, dans les gites, dans les galères, dans les moments de complicité, dans les disputes, dans la violence pas toujours contenue d'Adam. Ce n'est pas de tout repos, ni physiquement, ni psychologiquement... Car Adam est très dur, et on a toujours l'impression d'être sur un fil avec lui, et que tout peut basculer à tout moment... Avec lui, Fred (Alexandra Lamy) fait trois pas en avant, trois pas en arrière, puis trois pas en avant, puis deux pas en arrière... Ce qui signifie qu'au fil de leur cheminement, Fred parvient tant bien que mal à se rapprocher d'Adam, et lui, à s'apaiser un peu, à retrouver le sourire, une lueur dans les yeux et à apprécier vraiment certains moments...
C'est une très belle aventure humaine qui nous est proposée, entre moments qui drôles et d'autres d'une tension émotionnelle terrible... Long est le chemin vers le respect et l'attachement, même si entre deux, il y a des moments de grâce. Compostelle pose la bonne question : que faire de tous ces jeunes en total rupture sociale, qui multiplient les passages au tribunal sans que rien ne change... Et que lorsqu'ils passent par la case prison pour de petits délits, c'est la grande délinquance qui les attend à leur sortie. Alors que 60 % des jeunes qui ont participé à ce programme de réinsertion ont trouvé un vrai chemin de vie...
Compostelle... C'est la destination... Evidemment c'est le chemin qui compte.
Compostelle, c'est aussi ce que les initiés appellent simplement "Le chemin"
Et ce chemin, c'est le parcourt de chacun vers lui-même, vers l'autre, vers un lieu, vers son futur à construire ou reconstruire. C'est s'éloigner du monde pour se rencontrer... mais aussi à travers d'autres rencontres.
Un très joli film même s'il semble parfois un peu trop pétri de bons sentiments et que quelques détails m'ont fait tiquée (genre la quantité de vêtements différents des protagonistes alors qu'ils portent leur sac à dos pour 3 mois... Je connais des personnes qui ont fait le chemin, et je peux vous dire qu'ils voyagent le plus léger possible...) Enfin, j'ai trouvé étrange que dans le foyer/prison pour adolescents, les chambres de filles soient contigües aux chambres des garçons.
Mais peu importe, ce film nous embarque et les paysages sont somptueux. Vive les drones qui ne servent pas qu'à faire la guerre, mais aussi à nous montrer comme notre Terre est belle.
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