Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Synopsis : Marie, 80 ans, en a ras le bol de sa maladie. Elle a un plan : partir en Suisse pour mettre fin à ses jours. Mais au moment de l’annoncer à Bruno, son fils irresponsable, et Anna sa petite-fille en crise d’ado, elle panique et invente un énorme mensonge. Prétextant un mystérieux héritage à aller chercher dans une banque suisse, elle leur propose de faire un voyage tous ensemble. Complice involontaire de cette mascarade, Rudy, un auxiliaire de vie tout juste rencontré la veille, va prendre le volant du vieux camping car familial, et conduire cette famille dans un voyage inattendu.
Mon humble avis : Un film sur un sujet délicat, plutôt tabou, très actuel et qui divise... Et pourtant, Enya Baroux réussit un film lumineux, qui ne tombe ni dans le pathos ni dans les clichés, ni dans les excès. Elle parvient à distiller de la légèreté et de l'humour dans la gravité, aussi, elle ne perd jamais son spectateur, ni dans un sens ni dans un autre. Le tout, sans jugement de valeur, ni prise de position. Chapeau. Nous voilà dans un road movie dont l'issue est inéluctable : la mort. Et pourtant, ce film est bien vivant et pétille... Et le spectateur l'est tout autant, avec une sensation d'apaisement, en sortant de la salle.
En dehors du sujet du choix de fin de vie en dignité, il est surtout question de communication, ou du manque de communication au sein d'une famille... Ce qui donne entre autres une bonne dose de quiproquos et de scènes désopilantes qui détendent l'atmosphère.
Il y a les trois membres de la famille et "l'étranger", l'auxiliaire de vie, qui se retrouve malgré lui dans cette aventure. Il observe les trois autres, colmate les brèches. Il a forcément une distance émotionnel autre face à ce qui se passe, puisqu'il n'est pas directement concerné par le décès prochain de Marie. Cet auxiliaire de vie, un peu la place que pourrait prendre chaque spectateur (le regard extérieur). Et ce personnage est d'ailleurs très attachant, lui qui donne tant en écoute, délicatesse et tendresse contenue alors que son seul et meilleur ami est... un rat... Il vit une histoire de famille alors qu'il s'est éloigné de la sienne.
Un film aussi grave que lumineux qui doit aussi sa réussite à son casting de premier choix, Hélène Vincent et Pierre Lottin en tête. Celui-ci n'a pas fini de nous surprendre et de nous séduire à chacune de ses prestations !
Reprise de mon blog en mode aléatoire (car rythme avenir inconnu), pour un temps.
Aucune évolution dans mes problèmes avec le chien voisin, même si j'ai eu le Maire de ma commune au téléphone, rien ne bouge... Donc pour me décharger mentalement et accélérer les choses, j'ai pris un avocat. Et oui, il faut en arriver là...
J'ai pris aussi une semaine de vacances "loin" de chez moi, de mon traumatisme, des aboiements de mon agresseur et de la possibilité de le rencontrer dans et autour de mon immeuble. Oh, je ne suis pas allée bien loin : chez ma mère à 4 km et 2 jours aux environs de Rennes. J'ai pu retrouver le plaisir de la photo, celui de la lecture n'est pas encore revenu.
Et ces derniers temps, je suis allée deux fois au cinéma...
Film de Mathias Mlékuz
Avec Mathias Mlékuz, Philippe Rebbot, Josef Mlékuz
Synopsis : De l’Atlantique à la mer Noire, Mathias embarque son meilleur ami Philippe et son chien dans un road trip à bicyclette. Ensemble ils vont refaire le voyage que Youri, son fils, avait entrepris avant de disparaitre tragiquement. Une épopée qu’ils traverseront avec tendresse, humour et émotion.
Mon humble avis : Incontournable, puissant, émouvant, hilarant (par moments), déchirant, burlesque, beau, intelligent, philosophique, sensible... et surtout spontané. Ce road moovie n'est pas tout à fait un film, pas tout à fait un documentaire, ni vraiment un témoignage, et pourtant il est le tout en même temps... et surtout terriblement humain.
L'histoire est vraie... Dans le sens où l'acteur/réalisateur a réellement perdu son fils un an plus tôt, et qu'il a réellement proposé à son meilleur ami l'acteur Philippe Rebbot d'entreprendre avec lui ce voyage à vélo, sur les traces de celui effectué par son défunt fils quelques années plus tôt, et d'en faire un film. Philippe Rebbot a accepté et le voilà parti à pédaler pour le meilleur et pour le pire. Le scénario est tracé par les étapes du voyage mais le reste doit tout ou presque à l'improvisation (le script d'origine n'étant que de 3 pages) aux rapports et aux échanges réels entre les deux amis, jusque dans leurs engueulades.. On est tellement dans l'intime que l'on fait un bon dans l'universel. Tout est d'une simplicité rare au cinéma, pas d'effet recherché, pas de plateau de tournage, pas de décor en carton-pâte. Juste le monde et les hommes tels qu'ils sont. De l'image et de l'émotion à l'état brut, sans artifice. A bicyclette est vraiment un OVNI dans le PAF français et donne à méditer, avec les deux hommes sur tant de sujets... La vie, la mort, la paternité, le sens de la vie, la vie qui ne s'arrête pas forcément avec la mort, la foi, le deuil, la résilience, l'envie de grandir et de s'améliorer en tant qu'humain, et surtout, oui surtout l'amitié... Car finalement, plus qu'un film sur le deuil, j'ai trouvé que sa colonne vertébrale était l'amitié. Un film simplement spirituel et profondément sincère et bouleversant... Une ode à la vie à ne pas manquer. Il y a comme un côté "Rendez-vous en terre inconnu" mais itinérant, dans ce film. Et la rencontre, celle qui nous attend dans ce film, ce sont ces deux hommes brisés qui se relèvent : Mathias et Philippe.
Film d'Anne Le Ny
Avec Elodie Bouchez, Omar Sy, José Garcia, Vanessa Paradis
Synopsis :Au bout de quinze ans de mariage, une crise met à l’épreuve l’union de Julien et Marie. Dans le couple, cette dernière a toujours été celle qui aimait le plus, aussi, au moment où Anaëlle, le grand amour de jeunesse de son mari Julien, réapparait dans le paysage, Marie panique. Perdue dans une spirale infernale de jalousie et d’autodépréciation, Marie se laisse entraîner dans une aventure avec Thomas, son nouveau supérieur hiérarchique. Celui-ci va se révéler aussi manipulateur que dangereux, jusqu’à faire basculer leur liaison dans le fait-divers.
Mon humble avis : Si son sujet n'est pas spécialement original, il n'en reste pas moins que ce thriller psychologique est diablement efficace et nous cloue aux sièges de velours. La tension augmente crescendo et le rythme ne faiblit jamais, même s'il n'est pas dans l'action, mais dans les regards, les silences, les sous-entendus. On se demande vraiment tout au long du film comment Anne Le Ny va bien pouvoir le conclure, et franchement, la fin est inattendue et fonctionne à merveille. Il est surtout question ici de manipulation et d'emprise, et notamment sur le lieu de travail...
Elodie Bouchez est comme d'habitude remarquable avec naturel, Vanessa Paradis est parfaite dans ce rôle discret et presque anecdotique. Quant à José Garcia, il avait déjà prouvé qu'il pouvait être génialement inquiétant dans un rôle de méchant... Il renouvelle l'exploit. Et puis il y a Omar Sy, fidèle à lui-même.
La touche relativement inédite est qu'ici, c'est le mari trompé qui va devoir faire équipe avec son épouse pour tenter de la sauver du piège dans lequel elle est tombée. Des sentiments rudement mis à l'épreuve !
Synopsis : Dans un dialogue amical et passionné, le docteur Augustin Masset et l’écrivain Fabrice Toussaint se confrontent pour l’un à la fin de vie de ses patients et pour l’autre à sa propre fatalité. Emportés par un tourbillon de visites et de rencontres, tous deux démarrent un voyage sensible entre rires et larmes : une aventure humaine au cœur de notre vie à tous.
Mon humble avis : Bon, ce n'est pas le film le plus joyeux ni le plus divertissant à voir, mais il était le seul qui me tentait et qui ne durait pas 3h30 (comme le film actuel d'Adrian Brody). En même temps, un film qui parle de la mort, et de la fin de vie, parle évidemment de la vie et de l'inéluctable, à plus ou moins brève échéance pour chacun de nous.
Le dernier souffle est assez proche du documentaire en fait, un documentaire profondément humaniste. C'est la propre histoire du personnage de l'écrivain, puis la relation entre ce dernier et le médecin qui apportent la touche cinématographique.
Mon seul réel bémol va au fait, qu'une fois de plus, certains dialogues m'ont paru pas assez articulés, trop chuchotés, donc non compréhensibles dans leur entièreté et c'est dommage (A moins que ce ne soit un problème de dosage de son). Car ce qui est dit est sensible, sensé, beau, philosophique. C'est une ouverture à une réflexion individuelle et collective à une époque où l'on fuit toujours le sujet, où la science retarde souvent l'inexorable. Il y a ce que la société tolère ou n'imagine pas tolérer, il y a ce que les familles des patients espèrent toujours et refusent d'entendre, il y a ce que le patient veut mais qui n'est pas toujours possible... Et au milieu de tout cela, il y a le dialogue entre le patient et le médecin, l'humanité, l'échange.
A travers les témoignages du Docteur Masset et ses visites quotidiennes dans ce centre de soins palliatifs, nous suivons plusieurs patients. Tous n'en sont pas au même stade de leur vie, même si tous s'approchent du stade ultime. Aussi, on trouve chez certains sagesse et mise en paix avec soi-même et l'après, quand chez d'autres, plus jeunes, beaucoup trop jeunes, c'est la peur et la révolte qui prennent toute la place.
Toute vie s'achève par une mort... Donc ce film (sauf pour les patient trop jeunes) n'est pas forcément dur. Non il est plutôt doux et comportent nombre d'instants de grâce bien lumineux ou profondément touchant.
Et la rencontre entre un médecin et un philosophe le rend vraiment intéressant.
Une question revient souvent dans ce film... La mort idéale, qu'elle est-elle ? Elle est différente pour chacun. Je ne pense pas craindre la mort, ce que je crains, c'est la souffrance physique.
Le casting de ce film est impeccable. Je trouve qu'amener ce sujet au cinéma, sans pour autant tomber dans l'esbrouffe ou la comédie, être juste dans le ton, c'est assez audacieux... Costa Gavras, le réalisateur a 92 ans. Et il fait de la dignité le centre de son film. Partir en toute dignité, un sujet très actuel, que nos politiques, lorsqu'ils auront terminé leur tour de manège, se remettront à étudier et peut-être légiférer différemment. Un film à méditer.
Avec Franck Dubosc, Laure Calamy, Benoît Poelvoorde
Synopsis : Michel et Cathy forment un couple usé par le temps et les difficultés financières. Un jour, Michel, pour éviter un ours sur la route, heurte une voiture et tue les deux occupants. Dans le coffre, ils trouvent 2 millions en billets usagés...
Mon humble avis : Que mon année 2025 commence bien au cinéma ! Pourvu que ça dure. J'ai adoré ce film, que je suis allée voir à l'aveugle, sans savoir de quoi il retournait, mais étonnée que l'amie que j'accompagnais souhaite voir un film de et avec Franck Dubosc.
Je me suis régalée, j'ai ri, je n'ai pu m'empêcher d'insulter haut et fort l'un des personnages en disant "Mais quel con" ! Car il y a quelque part dans le rôle de Dubosc un côté François Pignon, sans le physique, ni les manies, ni les expressions, ni la vie de l'emploi. Mais ce n'est pas compliqué, dès qu'il y a une connerie à faire ou à dire, il ne la loupe pas. Ce sont les situations qui sont drôles, pas les personnages.
Et pourtant, nous ne sommes pas dans un film de gags bien lourdauds en cascade, loin de là. Un ours dans le Jura est une comédie noire, à humour encore plus noir et décalé, qui frôle parfois le glauque exultant et drôle (les plus jeunes ne seront pas les bienvenus dans la salle). Et évidemment, l'ensemble est d'une amoralité délicieuse !
Toutes les situations improbables prennent leur source dans une toute première : un ours dans le Jura provoque quelques accidents... Sauf qu'au départ, personne ne croit à cette présence, sauf ceux qui l'ont vue. Et ces circonstances invraisemblables vont se succéder non-stop, dans tous les domaines et dans toutes les apparences... Depuis les actions, jusqu'aux réactions parfois très placides des personnages. C'est un chapelet de rebondissements que nous offre ici Franck Dubosc, sans que jamais le spectateur puisse prédire le suivant.
Mais il n'y a pas que cela dans ce film... Qui traite aussi beaucoup de la condition et des rapports humains... L'usure du couple, la fatigue d'un travail peu rémunérateur, le quotidien répétitif, les dettes, la solitude, l'adolescence, le père dépassé, et surtout, la cupidité des uns et des autres. Il est aussi question de migrants, de trafic de drogues et les cadavres s'accumulent (7 aux total)...
Les dialogues sont aux petits oignons, et les comédiens, principaux ou secondaires, sont tous pile poils dans le rôle. Aucun n'en fait trop, personne n'en fait pas assez. Juste parfait, et souvent touchant, mine de rien.
Résultat, un film inattendu, original, jubilatoire, corrosif, bien mené... A voir bien sûr !
Film de Raphaële Moussafir et Christophe Offenstein
Avec Camille Lellouche, Mélanie Doutey, Chantal Lauby, Gérard Darmon
Synopsis : Les cadeaux… La plupart d’entre nous les attendent avec impatience. D’autres les redoutent, voire les oublient. A deux jours de Noël, chez les Stain, on redouble d'idées mais elles sont loin d'être toutes bonnes. Et si le pire cadeau était encore à venir ?
Mon humble avis : Un petit billet en passant, pour cause d'un ciné imprévu ce dimanche, un film en avant-première qui sortira mercredi.
A ne pas bouder si vous voulez aller au ciné pendant cette période de fêtes sans vous prendre la tête et sans tomber non plus dans le débilisant...
L'originalité du film... Il se déroule surtout avant Noël et se penche sur le fameux sujet des cadeaux, et ce qu'il dit de ceux qui les offrent, et de ceux qui les reçoivent.
Un film drôle sans être hilarant, qui sous couvert de la comédie satirique en dit long et plus profond qu'il n'y parait sur notre société et nos difficultés à vivre ensemble malgré nos différences. Un film qui montre que derrière les apparences, il y a du bon en chacun de nous, et peu importe si l'on ne coche pas toutes les cases.
Globalement, dialogues et réparties sont bien sentis, tout comme les situations. Point de burlesque ni de gros gags bien lourds. Et forcément, des souvenirs vécus ou des craintes justifiées et bien mis en scène.
Vraiment sympa, malgré quelques petites longueurs vite oubliées. Un film de Noël ça fait toujours du bien !
Avec Jean-Paul Rouve, Pierre Richard, Madeleine Beauvois
Synopsis :Passionné de voile, Jean-Paul traverse une passe difficile. Il accumule les dettes et s’éloigne des siens. Bien décidé à reprendre sa vie en main, il s’inscrit à Virtual Regatta la course virtuelle du Vendée Globe. Il se met dans les conditions d’un vrai skipper en s’isolant pendant 3 mois sur son bateau dans son jardin… Ce voyage pas comme les autres, lui permettra de renouer avec sa famille mais surtout avec lui-même.
Mon humble avis : Un avis en demi-teinte pour ce film au point de départ original. Même si j'ai vu récemment un reportage sur un Monsieur qui faisait la même chose que Jean Paul quelque part en Mayenne me semble -t-il.
Faire le tour du monde tout en restant dans son jardin... La symbolique est forte à plus d'un point. Pas besoin de partir loin pour voyager, la nouveauté et l'inattendu peut être au bout de notre rue, peu importe la destination c'est le trajet qui compte etc... Ici, Jean Paul va surtout faire un voyage intérieur et se défaire de ses nombreux démons. Du coup, le film n'est pas vraiment gai ni festif et manque un peu d'engouement et même de passion. Si on sent l'admiration sans borne de Jean-Paul pour tous ces grands marins et sa connaissance mémorable de toutes ces grandes courses au large, on ne sent pas sa passion pour sa participation virtuelle à ce Vendée Globe, on le voit très peu ébaucher ses stratégies de navigation, étudier la météo etc... Pas de partage à ce niveau-là, du coup, je n'ai pas vraiment embarqué. Finalement, le sujet du film paraît plus être l'alcoolisme et la dépression que l'enthousiasme pour une idée ubuesque. Et c'est ce qui se passe à "à terre", entre le grand-père et ses petits-enfants qui est en fait le plus intéressant. C'est l'entourage de Jean-Paul qui m'a paru le plus investi dans cette course et qui apporte un peu d'oxygène, ou de grand air du large, même si c'est du fond d'une cuisine de restaurant.
Bref, j'aurais préféré suivre un personnage réellement fantasque qui m'aurait embarquée dans son délire. Alors que là, c'est plutôt triste, même la météo n'apporte pas grand soleil (forcément, le Vendée Globe partant en novembre, quand on reste dans son jardin, peu de chance d'avoir le soleil et les alizés et le bleu des tropiques !)
Mais cette histoire reste touchante, même si la fin n'est pas des plus surprenante, si l'on n'attend pas une comédie ou un film sur l'exploit en lui-même, et évidemment, avec de tels acteurs à l'affiche, l'ensemble n'est pas déplaisant non plus. D'autant que c'était un sacré défi de tourner dans un aussi petit espace. A noter, la participation des grands navigateurs Jean Le Cam et Michel Desjoyaux.
Synopsis :Thibaut est un chef d’orchestre de renommée internationale qui parcourt le monde. Lorsqu’il apprend qu’il a été adopté, il découvre l’existence d’un frère, Jimmy, employé de cantine scolaire et qui joue du trombone dans une fanfare du nord de la France. En apparence tout les sépare, sauf l’amour de la musique. Détectant les capacités musicales exceptionnelles de son frère, Thibaut se donne pour mission de réparer l’injustice du destin. Jimmy se prend alors à rêver d’une autre vie…
Mon humble avis : Un film magnifique, même s'il n'élude pas les épreuves de la vie, qu'elles soient médicales, sociales, économiques. Mais en Fanfare est une très belle histoire, réaliste, en tout cas qui devrait l'être, sur la réelle fraternité, sur le vivre ensemble et surtout, sur le faire ensemble. Le faire ensemble, qu'elles que soient nos différences, nos origines, nos vies, nos opinions, notre culture. En fanfare montre que l'on peut faire un chef d'oeuvre et un moment de grâce, ensemble. Nos politiciens devraient en prendre de la graine. D'ailleurs, des moments de grâces, il y en a plusieurs disséminés au fil du film. Notamment, lorsque Thibaut fait faire des essais de voix aux ouvriers et ouvrières dans une usine fermée et vidée de ses machines. Et là, de ces femmes et de ses hommes qui sont en train de tout perdre, émane pour quelques secondes une voix cristalline ou de ténor bouleversantes... Comme quoi, sous le casque d'ouvrier et le gilet de "gréviste", il s'en cache des talents inexploités, et pour la plupart inconnus de ceux qui le portent.
En Fanfare est un film "simple", sans effet spéciaux ni cascades, sans décors majestueux, mais il est fortement fédérateur et devrait être vu par tous pour en faire le succès qu'il mérite amplement. C'est un film qui touche, qui fait sourire, qui émeut, qui bouleverse, et qui sert la gorge et mouille les yeux. Un tel final sur un Boléro de Ravel, et bien ça ne laisse pas indifférent !
Un film profondément humaniste, tout aussi populaire que délicat, porté par des acteurs d'exceptions, que ce soit dans les rôles principaux, mais aussi dans les rôles secondaires, dont certains sont amateurs.
Moi je dis que dans le climat actuel, finir l'année En Fanfare, ça ne se refuse pas !
Synopsis : Pauline est la maman d’Andréa, 6 ans et demi, un petit garçon formidable à qui on a diagnostiqué un TSA : un « trouble du spectre autistique ». Il n’est pas vraiment au niveau mais il est toujours scolarisé et s’apprête à faire sa rentrée en grande section de maternelle. Pour Pauline, sans revenus fixes et récemment séparée de Fabrice, le père d’Andréa, tout semble concourir à faire de sa vie une succession d’échecs. Or pour Andréa, c’est une année cruciale qui va déterminer s’il peut ou non rester scolarisé et obtenir ainsi une meilleure chance de voir son état s’améliorer. Mais pour cela, Andréa a besoin de stabilité et pour Pauline, la lui apporter, c’est un peu (beaucoup) gravir l’Himalaya en tongs…
Mon humble avis : Ce film est une livre adaptation de la pièce de théâtre éponyme de Marie-Odile Weiss, où celle-ci raconte son quotidien de mère célibataire d'un jeune garçon autiste.
Dans ce film, on va des larmes au sourire, en passant par quelques instants de rire. Heureusement, il y a dans l'entourage de Pauline des personnages bien salés qui prête donne par moments des aspects comiques à cette chronique quasi quotidienne.
Audrey Lamy, qui est de toutes les scènes, est bouleversante et très convaincante en mère courage dépassée. Quant au jeune Eden Lopes, qui interprète le petit Andréa, il est tout simplement bluffant. Certes, il a été coaché pour acquérir démarche, gestes, débit de parole d'un enfant lourdement autiste, il n'empêche, on ne peut que saluer sa prestation qui apporte tant à la réussite de ce film.
Ce film devrait être vu par tous, pour qu'enfin l'autisme soit réellement connu dans toute sa diversité, dans toutes ses conséquences, et loin de clichés et lieux communs distillés par les médias parce que spectaculaires. Dans cette histoire, on voit parfaitement la détresse parentale devant les obstacles que la vie et les administrations dressent face aux parents d'enfants différents. Manque d'accompagnement, de structure, de compréhension de la part du citoyen lambda. Ici, tout se déroule sur une année scolaire... Il est donc question d'école inclusive... Sauf que le problème est que manifestement, les maitresses d'école ne sont pas formées, et encore moins informées sur la nature réel du handicap qu'est l'autisme. En début d'année l'institutrice d'Andréa pense que celui ci joue du piano tel un prodige etc... Alors que l'enfant ne sait pas tracer un cercle. En France, on manque cruellement d'informations réelles, non médiatiques.
Au pied de l'Himalaya est un très beau film, très touchant, une belle déclaration d'amour à cet enfant différent, et un hommage à ces parents et les quelques aidants qui les entourent. Entre gravité et légèreté, il peut séduire tout le monde. Des passages très forts m'ont fait venir la larme à l'oeil. A voir sans hésiter.
Synopsis : Alors qu'un homme se retrouve juré d'un procès pour meurtre, il découvre qu'il est à l'origine de cet acte criminel. Il se retrouve face à un dilemme moral entre se protéger ou se livrer.
Mon humble avis : Depuis le temps qu'on le dit, ce film est sans doute vraiment la dernière réalisation de Clint Eastwood, 94 ans... Et quel final ! Quel film ! Quelle puissance psychologique ! On en sort K.O, avec besoin de parler, de se questionner, de se rassurer sur la justice en général et... sur soi-même... Peut-on savoir jusqu'où va notre éthique, voilà la grande question du film.
Car oui, ce film s'adresse d'abord au plus profond de notre être, à la bonne opinion que nous avons en général de notre morale personnelle, sans que jamais nous n'ayons été confrontés au pire, à un cas de dilemme aux conséquences potentielles dévastatrices pour soi, notre entourage, ou pour l'autre. Il y a dans ce film l'éternelle question que résume parfaitement JJ. Goldman dans sa chanson culte "Et si j'étais né en 17 à Leidenstadt"... Sur ce sujet, Juré N°2 est vraiment un film magistral, qui bouleverse, remue... Et donne peut-être les limites de la moralité... et de la justice... Qu'un homme soit de suite jugé pour ce qu'il est et non pour ce qu'il a peut-être fait et qu'un autre ne le soit pas parce qu'il est "bien sous tous rapports". La moralité fait pencher dans un sens... mais... Eastwood laisse chacun se débrouiller avec l'ambiguïté morale.
Juré N°2 est un film de procès, mais surtout de délibération du jury, puisque c'est là qu'il s'étend le plus, c'est là que tout peut basculer dans un sens ou dans l'autre, c'est là que la tension, le suspense et l'inconnu montent, montent, montent... Et Eastwood de pointer du doigt la faillibilité d'un système judiciaire dont dépend le reste de la vie d'un homme : Enquête bâclée, jurés qui n'ont pas envie d'être là et ne pensent pour certains qu'à retourner au plus vite chez eux, visées et conséquences politiques pour un magistrat... Eastwood démonte l'ordre établi, les certitudes d'une justice et de son système pensées pour les privilégiés, distille du doute là où la société n'en met plus... Et montre que la justice, sans preuve irréfutable, est parfois bien illusoire.
La réalisation de ce huis clos est parfaite, épurée mais ne néglige aucun détail. Tout est limpide pour le spectateur qui n'est jamais perdu ni dans la procédure, ni dans ce qui est dit. Et pourtant, le trouble est partout, jusque dans les expressions faciales du jurés N°2 qui ne peut partager avec personne son effroi et son débat intérieur.
En fait, ce film donne le vertige... Le vertige devant ce qui s'y passe, et devant ce dont personne n'est à l'abri, où qu'il soit assis dans le tribunal. Et moi, je me dis que jamais ô grand jamais, je ne voudrais être juré d'un procès.
Un film captivant, implacable et magistral, à ne pas manquer !
A noter tout de même, tout ce drame prend naissance à cause d'un téléphone portable dans une voiture... 2 secondes d'inattention et...
Avec François Civil, Adèle Exarchopoulos, Mallory Wanecque, Malik Krikah
Synopsis : Certaines scènes violentes peuvent heurter un jeune public
Les années 80, dans le nord de la France. Jackie et Clotaire grandissent entre les bancs du lycée et les docks du port. Elle étudie, il traine. Et puis leurs destins se croisent et c'est l'amour fou. La vie s'efforcera de les séparer mais rien n'y fait, ces deux-là sont comme les deux ventricules du même cœur...
Mon humble avis : Un film qui me divise, alors on va prendre la bonne vieille méthode du pour et du contre !
Pour : L'originalité ! C'est certain qu'on ne voit pas souvent ce genre de film dans les productions françaises, cette espèce de mélange des genres : Romance, violence, gangsters, drame social, adolescence, musical. Il est évoqué une comédie romantique ultra violente. Le côté comédie je ne l'ai pas vu, parce que l'humour, bien présent par moments, notamment dans des dialogues, est purement situationnel et non général dans le ton du film... qui lui est plutôt grave. Pour moi, la prédominance reste dramatique.
La bande originale, excellente !
Un visuel parfaitement réussi, on est au coeur des années 80/90, tant au niveau des lumières que des décors, que de m'ambiance. La caméra est maitrisée, et le montage hallucinant, fougueux et frénétique. On est par moment comme dans un clip, ou sur une pochette de disque de l'époque.
Un casting de haute volée. Du côté des comédiens déjà plus que confirmés, pas surprenant. Mais du côté des jeunes... Il y a la de la graine de star. Mallory Wanecque, que j'ai déjà vue dans plusieurs films, a déjà tout d'une grande. Sûr qu'une grande et belle carrière l'attend, si elle fait les bons choix.
Contre : La longueur... 2h40, alors qu'on n'est ni dans un péplum, ni dans un film historique etc... Et encore, Gilles Lellouche a coupé 1h de rush... Franchement, nombre de scène de gangsters auraient pu être écourtées, voire supprimées.
A trop mélanger les genres, le risque est de perdre ceux qui ne sont pas fan d'un certain genre. En l'occurrence, les films de gangsters ultra violents, ce n'est pas ma came. Avec un titre comme "l'amour ouf" je pensais avoir plus d'amour que de battes de base-ball. Si la première partie, plutôt charmante, peut toucher, la deuxième n'est quasi que violence de gang et l'amour y est bien absent. Un tel titre et si peu d'amour à l'écran, c'est un peu trompeur. Certaines scènes sont très violentes, même si suggérées car le visuel nous est souvent épargné, psychologiquement, c'est bien là. Trop de coups de poings, pas assez d'amour.
En fait, je retiens surtout le gâchis de ce drame social. Mais ai-je été bouleversée par cet amour ouf, non. Car il est pour moi trop absent de l'écran. Peut-être qu'il y a un peu trop de tout pour avoir le temps de s'émouvoir. Cependant, je ne regrette pas ma séance, ne serait-ce que pour l'aspect visuel du film, et cette plongée dans les années de ma jeunesse, même si je ne les ai pas vécues dans le même milieu social.