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Publié le 8 Avril 2019

Film d'Eric Lavaine

Avec Alexandra Lamy, José Garcia, Michaël Youn, Anne Marivin

 

Synopsis :  Béatrice célèbre avec les siens la sortie de son livre, dans lequel elle raconte l’accident de son mari qui a bouleversé leur vie. Frédéric a perdu la vue et ne peut s’empêcher de dire tout ce qu’il pense : c’est devenu un homme imprévisible et sans filtre bien que toujours aussi drôle et séduisant. Mais ce livre, véritable hymne-à-la-vie, va déclencher un joyeux pugilat car même si Béatrice a changé les noms, chacun de ses proches cherche à retrouver son personnage. Le groupe d’amis et la famille tanguent… mais certaines tempêtes sont salutaires.

 

 

Mon humble avis : La presse n'est pas vraiment tendre envers ce film... Et bien moi, je vais l'encenser !... Par ce qu'il le vaut bien.

Il y a un peu "des petits mouchoirs", des "Bronzés", "du Prénom", du "Barbecue" dans ce film, avec toute une galerie de personnages "bien campés"...

Un film sur des potes en vacances.... Donc forcément, de l'humour, des personnalités que s'exacerbent, des piques affectueuses et d'autres beaucoup moins. 

Mais attention, il y a aussi et surtout le handicap... A savoir, José Garcia qui est devenu aveugle 5 ans plus tôt suite à un accident de scooter. Aveugle mais pas que... Une atteinte neurologique le désinhibe dans les gestes et la parole... Il possède la mémoire du passé mais celle du présent s'efface au fur et à mesure.

Alors, il y a le comportement de l'entourage, les soutiens étouffants, les absents (et l'on apprend pourquoi). Ce film est avant tout un formidable hommage aux accompagnants (aidants) des handicapés, en l'occurrence, ici, celui de l'épouse. L'admirable et lumineuse Alexandra Lamy, malgré le poids qui pèse sur ses épaules. Le jeu de José Garcia est aussi très bluffant.

Et puis il y a ce fameux livre écrit par Béatrice sur l'histoire de son mari et ses conséquences, cette autofiction où les noms ont été modifiés et où chacun des amis semblent si reconnaître, pas forcément dans le bon personnage, et sans forcément saisir le sens des mots de l'auteur...

Il y a vraiment de bonnes répliques très drôle et d'autres qui transpercent le coeur, qui montre la bêtise humaine, la jalousie et l'incapacité des uns à se mette à la place des autres... L'un des personnages balance tout de même à Béatrice : "Tout le monde n'a pas la chance d'avoir eu de l'argent qui tombe du ciel"... En l'occurrence, cet argent est celui de l'assurance suite à l'accident qui a bouleversé la vie de Béatrice et son mari...

Ce film, qui ne va pas dans le pathos mais qui met les choses au clair est très subtil, fin, délicat et très intelligent... L'humour est là pour le rendre évidemment tout public et pour qu'il ne soit pas plombant. Et puis il montre aussi que malgré tout, la vie reprend, la vie continue, même si différemment. Et c'est avant tout un film plein d'amour et je le redis, un merveilleux hommage aux accompagnants  (aidants) des personnes en situation de handicap. A voir bien sûr !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 31 Mars 2019

film Rebelles Allan Mauduit cinéma

Film d'Allan Mauduit

Avec Yolande Moreau, Cécide de France, Audrey Lamy

 

Synopsis :  Sans boulot ni diplôme, Sandra, ex miss Nord-Pas-de-Calais, revient s'installer chez sa mère à Boulogne-sur-Mer après 15 ans sur la Côte d'Azur. Embauchée à la conserverie locale, elle repousse vigoureusement les avances de son chef et le tue accidentellement. Deux autres filles ont été témoins de la scène. Alors qu'elles s'apprêtent à appeler les secours, les trois ouvrières découvrent un sac plein de billets dans le casier du mort. Une fortune qu'elles décident de se partager. C'est là que leurs ennuis commencent...

 

 

Mon humble avis : Et oui, c'est assez longtemps après sa sortie (par rapport à d'habitude) que je vous présente ce film... j'ai été quelque peu immobilisée par une opération chirurgicale et la convalescence.

Curieusement, j'attendais un peu autre chose de ce film. Un peu plus ? Différent ? Je ne saurais trop dire... Rebelles est en fait un film de gangsters un peu déjanté, rock'n roll et humour noir. Les femmes y tiennent le premier rôle, ça c'est le côté fun et assez inédit du film. Ensuite, la force de Rebelles est son trio d'actrices... Délicieux, redoutable, équilibré dans les différents caractères et hilarant...évidemment !

Ce film, un peu polar, un peu thriller, un peu comédie féministe, est aussi une chronique sociale, qui une fois de plus et à mon regret, se passe dans le ch'nord, oups, les Hauts de France.... A travers le cinéma, on dirait vraiment que la misère sociale n'existe que dans ma région natale... Et une fois de plus, ça me gonfle un peu... Même si cela montre aussi une autre image de nouzotes, la débrouillardise, la solidarité etc...

Bon c'est parfois un peu décousu, ça part un peu dans tous les sens, mais Rebelles reste un bon divertissement et un excellent jeu de comédiennes !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 26 Mars 2019

Film, cinéma, Daniel Auteuil
Qui m'aime me suive

Film de José Alcala

Avec Catherine Frot, Daniel Auteuil, Bernard Le Coq, Solam Dejean Lacréole

 

Synopsis :  Gilbert et Simone vivent une retraite agitée dans un village du Sud de la France. Le départ d'Étienne, son voisin et amant, le manque d'argent, mais surtout l'aigreur permanente de son mari, poussent Simone à fuir le foyer. Gilbert prend alors conscience qu'il est prêt à tout pour retrouver sa femme, son amour.

 

 

Mon humble avis : Qui m'aime me suive ! Pour moi, un bon petit film charmant, avec un léger côté Road Moovie (ben oui, il faut la suivre Mamie Simone). Un genre de cinéma qui m'est très agréable, même s'il ne me transporte pas non plus dans le firmament. 

De superbes paysages, une luminosité solaire qui fait du bien, et des comédiens que l'on aime, dont le nom sur une affiche suffit à nous amener au cinéma.

C'est une comédie avec de bonnes répliques, quelques bons rires, mais ce n'est pas un gag à la minute. Pas de lourdeur. Et une grande affection qui grandit pour chacun des personnages, aussi antipathiques puissent- ils paraître en début de film.

J'aime ces histoires où l'enfant qui parait va apprivoiser le vieux bourru qui semble incurable. J'aime ces personnages qui sont à un tournant de leur vie (ici la retraite) et qui se retrouvent libres ou non de prendre de nouvelles décisions, aspirant à autre chose, en regrettant d'autres, qui savent désormais dire non à une vie routinière et subie... Et c'est ce "non" qui va changer les choses, même si rien n'est facile, et que la nouveauté s'use vite aussi, et que l'amour et 35 ans de vie commune ne s'efface pas d'un coup de baguette magique. Et ce "non" ouvre aussi les yeux des autres et amène de belle réflexion et remise en cause personnelle.

Qui m'aime me suivre est donc un film plein de générosité, de tendresse, d'humour, de douceur amère, et de joyeuses fantaisies. Un film qui fait du bien, à voir donc !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 6 Mars 2019

Film de Safy Nebbou

Avec Juliette Binoche, François Civil, Nicole Garcia, Guillaume Gouix

 

Synopsis :  Pour épier son amant Ludo, Claire Millaud, 50 ans, crée un faux profil sur les réseaux sociaux et devient Clara une magnifique jeune femme de 24 ans. Alex, l’ami de Ludo, est immédiatement séduit. Claire, prisonnière de son avatar, tombe éperdument amoureuse de lui. Si tout se joue dans le virtuel, les sentiments sont bien réels. Une histoire vertigineuse où réalité et mensonge se confondent.

 

 

Mon humble avis : Je suis allée voir ce film avec la simple motivation de "prendre l'air" lors d'un dimanche pluvieux... Et j'en suis ressorti ébahie (je ne sais pas si c'est vraiment le mot exacte). Quel film ! Quel scénario judicieux, intelligent,  juste, dense et surprenant jusqu'à la toute dernière seconde ! Un film tout en faux-semblants, où l'on ne sait évidemment pas ce qui tient du réel, de l'imaginé, de l'écrit, du vécu, du rêvé. Un film que chacun pourra voir et interprété comme il le souhaite... Toute comme cette fin qui pourrait être si multiple !

Celle que vous croyez est l'adaptation du roman éponyme de Camille Laurens, paru en 2016. Livre que je n'ai pas lu, aussi, je suis bien incapable de dire si le film est tout à fait fidèle à cette genèse.

Ce film captive et bouleverse à plus d'un titre, tant finalement, les sujets qu'il aborde sont vastes, universels et ancrés dans notre époque actuelle... Celle des réseaux sociaux, de leurs dérives, mais aussi des possibilités qu'ils offrent... Notamment, celle de s'inventer une nouvelle vie, un autre moi... Pour séduire, se rassurer, vivre la vie que l'on voudrait, que l'on estime mériter ou que l'on considère, comme notre vraie vie en fait... Avoir le droit d'être heureux et/ou d'entrer dans des liaisons dangereuses... Oh, ici, pas de psychopathe et tout le monde est majeur et vacciné. Mais il y a le fantasme de l'image et l'addiction à ce fantasme, à cette vie en fait non vécue, car derrière un écran... qui devient un piège destructeur.

Et à travers tout cela, c'est de l'image de soi dont il est question : celle qu'on ressent, celle que l'on est et celle que les autres perçoivent. Notre âge est-il celui de nos rides, de notre Histoire, de notre façon de vivre, de rêver ou d'espérer. De quoi l'autre tombe-t-il amoureux ?

Bref, ce film est un magnifique portrait d'une femme complexe, de notre époque (et presque de ma génération) et cette femme, c'est une Juliette Binoche en état de grâce, qui m'a vraiment bluffée et émue en amoureuse perdue entre son double et elle. Il y a tant à dire sur ce film aussi profond qu'haletant et captivant, ses rebondissements (ou autres possibilités - à vous de voir comment vous les percevrez) et je l'ai tant aimé que rien de ce que je pourrai dire ne lui rendra vraiment justice.  Je suis incapable d'expliquer tous les tenants et les aboutissants de ce film, tant tout y est finesse et ressenti. Allez voir par vous-même !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 4 Mars 2019

Film de Mohamed Hamidi

Avec Gilles Lellouche, Malik Bentalah, Sabrina Ouazani, Camille Lou

 

Synopsis :  Fred Bartel est le charismatique patron d’une agence de communication parisienne branchée, Happy Few. Après un contrôle fiscal houleux, il est contraint par l’administration de délocaliser du jour au lendemain son entreprise à La Courneuve. Fred et son équipe y font la rencontre de Samy, un jeune de banlieue qui va vite se proposer pour leur apprendre les règles et usages à adopter dans ce nouvel environnement. Pour l’équipe d’Happy Few comme pour les habitants, ce choc des cultures sera le début d’une grande histoire où tout le monde devra essayer de cohabiter et mettre fin aux idées préconçues.

 

 

Mon humble avis : Ah, quelle chouette comédie et bon moment de cinéma, qui donne la banane, qui détend, divertit et permet une relâche bienvenue après une heure d'embouteillage pour arriver au ciné... Une fois assise dans le fauteuil rouge, on rentre dans le film et on oublie le reste !

J'aurais juste aimé que la phrase titre du film soit citée à un moment, car pour moi, elle est une des répliques phare du 7ème art (Souvenez-vous, Miou Miou, dans Mariage )

Ce film traite du choc des cultures entre deux côtés du périphérique parisien... Les quartiers chics de Paris VS La Courneuve, le tout (comédie oblige) à force de quiproquos, de situations plus ou moins absurdes et de répliques bien salées et parfois sucrées, piquantes ou touchantes mais toujours bien senties. A noter, les scènes de recrutement vraiment hilarantes mais aussi émouvantes qui mèneront à l'embauche notamment d'une jeune fille sur-diplômée cantonnée au Mc Do pour cause de couleur et de lieux de résidence.

Bien rythmé, ce film est parfaitement interprété, que ce soit pour les rôles principaux et les secondaires, bien exploité et qui forment un excellent caléidoscope, même si non exhaustif, de la société actuelle.

Evidemment, le film joue un peu sur les clichés mais pour mieux les démonter ensuite.... sans jamais stigmatiser...pour démontrer le vivre ensemble, au-delà des apparences... J'ai particulièrement apprécié l'évolution des personnages "des deux camps" au contact de l'autre, et surtout celui de Fred et de son gamin qui, au premier abord, à tout du sale gamin gâté pourri... On se rendra compte qu'en fait, il s'ennuie...

Et puis Mohamed Hamadi s'emploie à prouver que préjugés ou mauvaises réputations sont souvent basés sur un ver pourri dans la pomme... 

Bref, un film très humain et drôle, qui n s'éparpille pas, qui a gagné le prix du public au dernier festival de l'Alpe d'Huez... C'est dire s'il est sympa et agréable. Allez-y, tout ira bien, c'est réjouissant !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 16 Février 2019

Film de Philippe de Chauveron

Avec Christian Clavier, Chantal Lauby, Ary Abittan, Frédérique Bel...

 

Synopsis :  Le retour des familles Verneuil et Koffi au grand complet !
Claude et Marie Verneuil font face à une nouvelle crise.
Leurs quatre gendres, Rachid, David, Chao et Charles sont décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l’étranger.
Incapables d’imaginer leur famille loin d’eux, Claude et Marie sont prêts à tout pour les retenir.
De leur côté, les Koffi débarquent en France pour le mariage de leur fille. Eux non plus ne sont pas au bout de leurs surprises… 

 

 

Mon humble avis : Comme souvent, lorsqu'un film rencontre un succès phénoménal et qu'un N° 2 sort... Et bien la surprise n'est plus là, et l'originalité n'est plus inédite. Aussi, même si l'on prend plaisir à retrouver cette famille hors du commun mais tout à fait contemporaine, la mayonnaise met plus de temps à prendre. Les rires sont là, mais plus discrets et moins collectifs dans la salle.

Le but du film est comme pour le premier, se moquer des à priori raciaux et communautaires en appuyant encore plus sur les clichés pour mieux les démonter. Après les regards suspicieux de Mr Verneuil envers ses gendres multi raciaux dans le premier opus, ici, l'objectif est de montrer que, malgré les tensions, l'herbe n'est pas moins verte en France qu'ailleurs et que l'on peut tous trouver sa place et vivre ensemble.

L'humour est bien là, les dialogues aussi savoureux que piquants fusent de partout, on se régale de la présence toujours un peu décalée et lunaire de Chantal Lauby et les rebondissements relancent toujours le rythme qui, une fois lancé, ne faiblit pas. Mais bon, la surprise n'est plus là et mon bémol irait envers Christian Clavier, qui fait du Christian Clavier, ou du Jacquouille la Frippouille.

Un bon moment de détente tout de même, et ça fait du bien parce qu'au final, l'essentiel est de s'aimer non ?!

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 12 Février 2019

Film d'Antoine Raimbault

Avec Marina Foïs, Olivier Gourmet, Laurent Lucas

 

Synopsis :  Depuis que Nora a assisté au procès de Jacques Viguier, accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre l'injustice. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

 

 

Mon humble avis : Un film judiciaire français, il y avait longtemps, et cela change de ce type de film américain que nous voyons bien plus souvent et dont nous connaissons les codes presque par coeur.

Oui, ici, nous sommes dans les arcanes de la justice française, au coeur d'un procès retentissant, dans une cours d'assise, là où les caméras de télévision ne pénètrent pas et où nous citoyens, nous contentons des dessins des dessinateurs judiciaires pour imaginer ce qui se passe à l'intérieur de notre justice...

Notre justice... oui, car c'est bien de celle des Hommes dont il est question ici. Un homme est accusé de meurtre... sans preuve irréfutable et encore moins de cadavre... Tout se joue sur l'intime conviction, et c'est là qu'est le danger. Oui, c'est glaçant quand on entend l'avocat général demander aux jurés d'avoir de l'imagination ! L'avenir, la vie d'un homme et d'une famille aux mains de l'imagination d'une poignée d'hommes et de femmes. Oui, en fait, ça fait peur, ça questionne beaucoup sur un certain fonctionnement d'une certaine justice et ses manquements parfois ubuesques où la vie d'un homme est déjà jouée par la rumeur, les médias etc...

Une intime conviction est inspirée d'une histoire vraie, seul le personnage de Nora (la grande Marina Foïs, toujours surprenante et juste) est partiellement inventé. Olivier Gourmet qui joue le célèbre avocat Dupont Moretti est presque plus vrai que nature, donc forcément fascinant, captivant, qui rend bien compte de ce qu'est être avocat dans ce type d'affaire.

Ce film est parfaitement réalisé (à part quelques moments où l'articulation des personnages est limite et m'a amenée à ne pas saisir toutes les phrases), sans effets, sauf ceux d'un naturel et d'un réalisme appréciable. L'ensemble est captivant, la tension est palpable et réelle. Un thriller judiciaire ou un film judiciaire en mode thriller, à vous de choisir, mais à voir. Une bonne leçon sur le doute et cette fameuse présomption d'innocence si souvent oubliée, que ce soit dans la justice ou dans notre petite vie quotidienne et des événements plus anodins. Fascinant et implacable et efficace, vraiment.

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 4 Février 2019

Film de Philippe Godeau

Avec Omar Sy, Lionel Louis Basse, Fatoumata Diawara, Germaine Acogny

 

Synopsis :  Depuis son village au nord du Sénégal, Yao est un jeune garçon de 13 ans prêt à tout pour rencontrer son héros : Seydou Tall, un célèbre acteur français. Invité à Dakar pour promouvoir son nouveau livre, ce dernier se rend dans son pays d’origine pour la première fois. Pour réaliser son rêve, le jeune Yao organise sa fugue et brave 387 kilomètres en solitaire jusqu’à la capitale. Touché par cet enfant, l’acteur décide de fuir ses obligations et de le raccompagner chez lui. Mais sur les routes poussiéreuses et incertaines du Sénégal, Seydou comprend qu’en roulant vers le village de l’enfant, il roule aussi vers ses racines.

 

 

Mon humble avis : Tiens, un troisième road-movie d'affilé, après La mule et Green Book. Et encore un très beau film... Cette rentrée ciné 2019 nous gâte bien !

Cette fois-ci, ce sont les routes (ou les pistes) du Sénégal que nous parcourront ! Sous un soleil de plomb et pourtant, grâce au personnage de Yao, cette histoire est fraîche autant que son sourire est grand avec ses dents bien blanches.

J'aime que le point de départ de ce film soit la lecture d'un livre par Yao, même si c'est le livre d'un acteur français d'origine Sénégalaise, Omar Sy. Comme quoi, la lecture ouvre au monde et donne des ailes.

Aucun pathos dans ce film qui montre le Sénégal tel qu'il est, entre modernité et traditions, avec de superbes arrêts sur images... Comme lorsque le taxi se retrouve "prisonnier" en pleine rue par tout un peuple en prière. Ou encore lorsqu'au bord du fleuve, Omar Sy assiste à la prière dansée (et ô combien pleine de grâce) de Germaine Acogny.

Yao est un film sur la fidélité, la famille, les racines, les croyances, l'attachement, les énormes différences culturelles entre les Sénégalais et les français d'origine Sénégalaise, les Bounty (noir à l'extérieur, blanc dedans)... Et pourtant, tout le monde se rejoint dans les émotions.

Mais le sujet principal reste le rapport au temps qui diffère évidemment entre les cultures. L'européen qui court après les temps... Le sénégalais qui laisse le temps au temps. Il reviendra bientôt... pour l'européen, c'est dans la demi-heure... pour le Sénégalais, c'est juste à un moment...

Yao est un film qui fait du bien, sur une belle complicité naissante qui deviendra un lien indéfectible; nourri par des dialogues délicieux avec un enfant autant naïf que très intelligent, toujours naturel, et un adulte qui découvre un autre monde, celui dont il vient !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Janvier 2019

Film d'Olivier Assayas

Avec Guillaume Canet, Juliette Binoche, Vincent Macaingne, Christa Théret

 

Synopsis :  Alain, la quarantaine, dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Leonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard… Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer.

 

 

Mon humble avis : J'ai beaucoup aimé ce film, même si je ne pense pas qu'il puisse plaire à un large public. D'ailleurs, je suis allée le voir seule, mes amies n'étant pas tentées ! En effet, "Doubles vies" est un film très parisien : se déroule à Paris, personnages typiquement parisiens et un sujet qui l'est également : l'édition. 

C'est pour ce sujet d'ailleurs que je suis allée au cinéma. Car dit édition, dit écrivains, éditeurs, lecteurs... Mais ce film est bien plus que ça. Il dresse le tableau de nos époques et l'analyse, via les avis des différents protagonistes, qui ont tous raison et tort à la fois. Nos époques... Parce que tout bouge très vite. Ce qui était vrai hier (l'essor monumental du livre numérique) n'est déjà plus vrai aujourd'hui. Le livre numérique est déjà en forte baisse et ne remet plus du tout en cause l'existence du livre papier. Et voilà celui que personne n'attendait... le livre audio qui connait un énorme succès...

Ce film explore donc, et dissèque l'évolution de notre rapport à l'art (qu'il soit littéraire, musical etc... qui, sous prétexte de démocratisation, devrait devenir gratuit. Le respect de l'art et de son créateur passe sous la trappe de la consommation à coup de click...

L'évolution de l'art de faire de la politique et/ou de l'information est aussi passée au scanner. Et au centre de tout cela, l'hyper connexion et les réseaux sociaux qui chamboulent tout et font de notre époque celle où l'on n'a jamais autant écrit, mais jamais aussi mal écrit. En fait, Olivier Assayas a approché sa loupe sur toutes les formes de communication, anciennes, comme modernes, ou encore , atemporelles finalement. Car oui, nous sommes attachés à nos bonnes vieilles traditions qui ont bien fait leurs preuves

Il est aussi question des critiques littéraires VS les blogueurs, des limites de l'autofiction, du droit d'y mettre en scène de vraies personnes sans leur demander leur avis, sous prétexte que tout est camouflé sous des pseudonymes.

Les dialogues sont très très présents dans ce film, riches et très intenses, les divers protagonistes dissertant régulièrement de tous ces sujets lors d'apéro dînatoires semi-mondain. Ceux-ci sont passionnants et demandent de l'attention pour les assimiler et y glisser, pour nous-mêmes, nos avis sur les questions. D'ailleurs, j'avoue que j'aurais bien aimé participer à ces "joutes verbales" tant ces sujets m'intéressent et me concernent.

Donc, si vous êtes lecteurs, blogueurs, écrivains (en herbe ou en prairie verte), sensibles à la question des modes de communication et de de consommation, Doubles vies vous ravira. En cas contraire, je crains qu'il vous ennuie un peu.

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 9 Janvier 2019

Film de Gilles de Maistre

Avec Daniah De Villers, Mélanie Laurent, Langley Kirkwood

 

Synopsis :  Mia a onze ans quand elle noue une relation hors du commun avec Charlie, un lion blanc né dans la ferme de félins de ses parents en Afrique du Sud. Tous deux grandissent comme frère et sœur et deviennent vite inséparables. Trois ans plus tard, Charlie est devenu un lion imposant. Mia découvre alors le secret que cache la ferme : son père vend les lions à des « chasseurs de trophées ». Mia n’aura désormais qu’une obsession : sauver Charlie, à tout prix.

 

Mon humble avis : On peut aisément deviner, entre le synopsis, et la bande annonce que ce film est beau, même très beau. Emouvant bien sûr, dépaysant aussi, de par les paysages de la savane sud-africaine. Oui, tout est magnifique, captivant et fascinant. Mon seul petit bémol est que, comme ce film est aussi destiné aux enfants, j'ai trouvé quelques passages un peu gnian-gnian... A moins que ce soit la traduction et les voix enfantines choisies qui donnent cet effet. Mais sinon, rien à redire... Nous avons une belle histoire, entre conte et fiction, bien ancrée dans les préoccupations écologiques et de protection des espèces actuelles.

Mais à dire, il y en aurait beaucoup... Alors je vais me concentrer sur deux choses... Cette formidable amitié qui lie Mia et Charly, le lion blanc. Il faut savoir que celle-ci est réelle et qu'il n'y a aucun trucage. En fait, ce film a été tourné sur trois ans, avec le même lion, excepté le tout bébé. Ainsi, la jeune actrice et l'acteur qui joue le rôle de son frère ont vécu en imprégnation avec le lion dès son plus jeune âge et ce pendant les trois années de tournage afin que cette amitié soit réelle et crédible. Et c'est l'équipe du film qui s'est adapté aux caprices, à la force ou au danger potentiel de l'animal, dans le respect de son intégrité naturelle. Le film montre parfaitement que l'amitié avec un animal (quel qu'il soit) est vraiment vécue par l'humain et par l'animal. Il démontre aussi que l'animal est doué de sentiments et d'émotions.

Par ce film, j'ai découvert l'existence de chasses en enclos... J'étais déjà rouge de rage, de dégoût et de colère devant ces photos d'Européens posant fièrement devant leur trophée lors d'un safari, non pas photo, mais chasse... Et bien en fait, il y a des fermes qui élèvent des lions... pour que ceux -ci soient amenés dans un enclos et que le connard d'occidental puissent lui tirer une flèche ou une balle bien à l'abri, sans transpirer... Et prendre la pause tout en cachant le grillage qui forme l'enclos, pour faire croire qu'on a vécu une terrible aventure... C'est répugnant, c'est dégueulasse, mais hélas, c'est légal, là-bas... Ce qui est outrant également, c'est d'apprendre dans le générique que la population de lion sauvage baisse chaque année un peu plus et que, pourtant, l'espèce n'est pas considérée comme menacée...

Pour en revenir au film, le message, certes un peu idyllique, mais réel et bienvenu, est que chacun peut changer le monde, par un petit pas, en tenant à ses rêves, ou en se dressant face à une injustice.

A voir évidemment, et pour les sensibles, à part une scène difficile, qui est d'ailleurs plus suggérée que montrer, il n'y a pas d'image difficile à supporter, public enfant oblige de toutes façons.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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