Lectures, BD, cinéma, voyages, photos, chats, oiseaux, nature bref mon petit monde ! .................. " C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante" (Le petit prince)
Avec Daphné Patakia, Benoît Poelvoorde, Agnès Jaoui
Synopsis : Mimi a presque trente ans et rêve toujours à ce qu'elle pourrait faire quand elle sera grande. Alors qu'elle se décide à chercher du travail, elle fait la connaissance de Paul, un avocat sur la touche. Ensemble ils vont tenter de défendre Christophe, un petit arnaqueur qui clame son innocence. Si Paul voit dans cette affaire un moyen de se refaire, Mimi y voit, elle, une mission, un chemin vers la justice et la vérité.
Mon humble avis : Je suis allée voir ce film parce qu'il pleuvait, parce que j'aime beaucoup deux des acteurs principaux, et que la bande annonce semblait sympa et figurer un film léger et un peu drôle...
Bon, et bien mauvais choix... Je me suis ennuyée... Malgré la bonne surprise d'y voir quelques scènes tournées dans ma ville Dinard et ses environs, le tout sous le soleil. Mais je n'ai pas ri, j'ai concédé quelques sourires. Soit le film est complètement décalé et cela m'a échappé (bon il l'est un peu ça c'est sûr), soit il manque de consistance, d'ampleur, de régularité.
Quelques réparties sont bien senties, mais d'autres sont murmurées et l'on n'en entend pas la fin, cela m'agace profondément. Comme si une fois le montage fait, seules des personnes connaissant les dialogues par coeur regardaient le film, et ne se rendaient pas compte que nombre de phrases sont inintelligibles. Le film aurait gagné à être complètement burlesques, ou alors juste drôle. Mais il n'est rien de tout cela vraiment, puisque l'on apprend très vite que Mimi souffre d'une pathologie psychiatrique, qu'elle sort de clinique, qu'elle est donc en souffrance. Et quoiqu'il en soit, l'ensemble paraît très invraisemblable.
Reste le charme indubitable et le talent de Daphné Patakia, qui porte l'ensemble, même ses collègues ultra confirmés qui donnent l'impression de patauger.
Bref, je ne conseille pas... Bof bof, malgré un début prometteur.
Synopsis : Paris, métro bondé, un soir comme les autres. Une femme bouscule un homme, ils se disputent. Très vite le courant électrique se transforme… en désir brûlant. Les deux inconnus sortent de la rame et font l’amour dans la cabine d’un photomaton. La nuit, désormais, leur appartient. Dans ce Paris aux rues désertées, aux heures étirées, faudra-t-il se dire au revoir ?
Mon humble avis : Difficile de trouver des films qui me fassent vraiment envie ces derniers, temps, car toutes les productions ne passent pas à Dinard / La Richardais. Alors je me suis laissée tentée par "Une nuit", qu'Alex Luth m'avait bien "vendu" lors de son passage dans "C'est à vous" sur France 5 il me semble.
Le film s'ouvre fidèlement à ce que l'on "attend" ou imagine de lui... Les réparties claquent, et la situation incongrue capte l'attention. Après le coït photomaton, Karine Viard et Alex Luth errent toute une nuit dans Paris. Et comme la nuit permet tout, surtout sans promesse de lendemain, ils se livrent, discutent intimement... Ce sont donc des conversations existentielles qu'ils partagent, sur le couple, le chemin parcouru dans une vie, le tout parfois avec un brin de provocation, histoire de pousser l'autre dans ces retranchements et d'émotions aussi.
Oui, mais voilà au bout d'une demie heure, l'ensemble s'étiole, les dialogues ne paraissent plus si travaillés, les conversations se suivent sans jamais vraiment aboutir en apparence... J'ai eu des impressions de fausseté dans les situations, même si certaines donnent à réfléchir... Et j'ai fini par m'ennuyer ferme... On sait que cette histoire s'achèvera au matin, alors il me tardait que le soleil le lève, pour que je puisse quitter mon siège...
Et voilà que le soleil parait, et que les dernières minutes du film, très révélatrices, donnent une toute autre vision de cette histoire, qui d'un seul coup, bouleverse et donnerait même envie de revoir le film, à travers le filtre de cette fin, et de l'apprécier ainsi à sa juste valeur.
Dans les débats plus ou moins philosophique, revient souvent la question : qu'est le plus important, le chemin ou la destination finale... Logiquement, il est de bon ton de répondre que ce qui compte, c'est le chemin, peu importe où il mène. Et bien avec Une nuit, je dirai que c'est la destination qui prime, avec un chemin pas tout à fait adroit à mes yeux. On est ici très loin d'une simple ou d'une énième histoire d'adultère...
Avec Agnès Jaoui, Géraldine Nakache, Jonathan Zaccaï
Synopsis : Noémie retrouve Vincent, son amour de jeunesse, dans l'école de cinéma dont il est désormais directeur. A travers une masterclass hors norme, elle va apprendre à Vincent et ses élèves que l'art d'écrire un scénario c'est l'art de vivre passionnément.
Mon humble avis : Ce film est plus ou moins l'adaptation de l'essai d'Alain Layrac intitulé "Atelier d'écriture - cinquante conseil pour réussir son scénario sans rater sa vie". Etrangement, il a mis du temps à être diffusé sur Dinard, près de 3 semaines après sa sortie nationale. Mais je tenais vraiment à le voir, voilà pourquoi je l'évoque si tardivement.
Ma motivation pour aller voir "le cours de la vie" ?... Agnès Jaoui, impeccable et naturelle comme toujours... et le sujet... Master class de cinéma en parallèle avec la vie.
Je suis un peu partagée. Le film est lent, mais pas long. Il est délicat, calme, posé, même si parfois, la tension semble monter dans les échanges entre Noémie et les élèves qui assistent à sa master class, suite à des divergences d'opinion, et des différences de génération. Mais l'on sent bien l'importance de vivre passionnément, avec curiosité pour faire du cinéma. La leçon de vie et d'art est là, tout en abordant les actes manqués, les personnes perdues, le temps qui passe (notamment avec Noémie qui retrouve Vincent, trente ans après l'avoir quitté.). L'influence du cinéma dans nos vies, et de nos vies dans le cinéma. Vie et cinéma s'inspirent mutuellement. La caméra n'hésite pas à filmer en gros plans, ces plans qui montrent aussi le temps qui passe sur les corps, les visages, et la nostalgie dans les regards.
Tout cela est bien rendu. Oui mais, il y a quelque chose de bancal dans ce film, qui empêche la sauce de prendre tout à fait. Frédéric Sojcher a fait le choix de contenir toute "l'action" du film sur une seule journée. Et là est le hic principal... En tant que spectatrice, j'ai eu du mal à trouver un repère temporel... J'avais l'impression que l'histoire se déroulait sur plusieurs jours, au moins 2, étant donné le nombre de pauses, de rencontres dans la cour de l'école, dans le bureau etc. Et en même temps, le fait de contenir l'ensemble de cette master class (entre-coupée par l'histoire et les rapports entre les personnages principaux) sur une journée, fait que les sujets abordés par cette master class ne sont que survolés, ou stoppés parfois au moment où cela aurait pu émouvoir plus par exemple... Dommage. De même, en début de journée, seuls quelques élèves, à qui cela a plutôt été imposé, et qui sont là avec des pieds de plomb, sont présents à cette master class. Et comme par magie (Ok, y a twitter mais tout de même), à la fin de la journée, la salle est pleine. On n'y croit donc pas trop.
Un film original, attachant, mais pas vraiment abouti, et un peu maladroit.
Avec Virginie Efira, Melvil Poupaud, Dominique Raymond, Romane Bohringer
Synopsis :
Avertissement : des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs
Ce film est présenté à Cannes Première au Festival de Cannes 2023.
Quand Blanche croise le chemin de Gregoire, elle pense rencontrer celui qu’elle cherche. Les liens qui les unissent se tissent rapidement et leur histoire se construit dans l’emportement. Le couple déménage, Blanche s’éloigne de sa famille, de sa sœur jumelle, s’ouvre à une nouvelle vie. Mais fil après fil, elle se retrouve sous l’emprise d’un homme possessif et dangereux.
Mon humble avis : Ce film est l'adaptation du roman éponyme d'Eric Reinhardt (Gallimard), que je n'ai pas lu. Je ne peux donc pas vous dire si le film est fidèle à 100% au roman.
4 pattes de chat, j'aurais pu en mettre 5, car rien à redire sur le film... Mais celui-ci est tellement inconfortable et effroyable que je ne le regarderai pas lorsqu'il passera à la télé. A voir c'est sûr, à revoir, c'est une autre histoire !
Sans le savoir, sans rien voir ni deviner, Blanche (Virginie Efira), noue sa vie à celle du pervers narcissique Grégoire. Mariage, déménagement, enfants... Le spectateur connait le sujet du film, donc est à l'affût et reconnait assez vite des signes avant-coureurs de l'enfer que va vivre Blanche. Mais effectivement, la réelle personnalité de Grégoire met du temps à se révéler. Et la tension monte, monte. On est dans un vrai thriller psychologique, qui hélas, n'est pas que du cinéma, mais très réaliste. Ce genre de situation conduit parfois au féminicide. Aussi, l'amour et les forêts est un film absolument utile, qui montre et démontre le mécanisme de la manipulation, l'emprise psychologique, la violence physique conjugale.
Après, est-ce que les femmes qui subissent cela iront voir ce film avec leur mari ? Je ne pense pas. Sans leur mari, encore moins... Aussi, c'est surtout à l'entourage des femmes victimes de cette emprise psychologique de prendre ce film comme un avertissement, une alerte, pour tenter d'agir... Même si les issues semblent bien difficiles à atteindre dans ce genre de situation, où le monstre peut exploser à tout moment.
Melvil Poupaud excelle dans le personnage plus que glaçant (il fout vraiment les jetons), et Virginie Efira est une fois de plus bouleversante dans cette détresse contenue.
Un film parfait mais glaçant, tellement glaçant. Qui révolte et qui, en même temps, montre l'impuissance des victimes, de l'entourage, et sans doute même de la justice, tant cette perversité laisse peu de preuves.
Synopsis : Jeanne Vaubernier, fille du peuple avide de s’élever socialement, met à profit ses charmes pour sortir de sa condition. Son amant le comte Du Barry, qui s’enrichit largement grâce aux galanteries lucratives de Jeanne, souhaite la présenter au Roi. Il organise la rencontre via l’entremise de l’influent duc de Richelieu. Celle-ci dépasse ses attentes : entre Louis XV et Jeanne, c’est le coup de foudre… Avec la courtisane, le Roi retrouve le goût de vivre – à tel point qu’il ne peut plus se passer d’elle et décide d’en faire sa favorite officielle. Scandale : personne ne veut d’une fille des rues à la Cour.
Mon humble avis : Avant d'aller voir le film, je m'interrogeais plutôt ironiquement sur la présence de Johnny Depp au casting, me disant, les américains engageraient ils un acteur français pour interpréter Washington par exemple ? Puis j'ai appris que deux comédiens Français avaient déclinés l'offre de Maïwenn... Alors pourquoi pas ? Jeanne du Barry a apporté de la fantaisie à la cours, Maïwenn amène la sienne.
Jeanne du Barry, favorite de Louis XV, jusqu'à maintenant pour moi un nom, une vague époque, un personnage flou... Aussi, je suis très contente d'avoir vu ce film, qui comble un peu mes lacunes (à moins que ce ne soient des oublis) en Histoire de France.
J'ai vraiment été bluffée par l'ambition de ce film qui est à mes yeux à la hauteur de cette dernière. Et tout ça initié par une femme, Maïwenn ! On peut se dire que le monde, et le cinéma change enfin, petit à petit... Le spectacle est visuellement époustouflant et l'on ne peut qu'être admiratif devant la tonne de travail effectué par mille et un métiers, grandes et petites mains. Costumes, décors, coiffures, maquillages, on en prend plein les yeux.
Maïwenn nous offre ici une immersion dans le quotidien de la cour sous Louis XV... Protocole, rigidité, oisiveté, rumeurs, stratégies, us et coutumes, hypocrisie. Depuis notre époque, que cela parait désuet, ridicule, obscène même tous ces ors etc. Mais Maïwenn a su tourner tout cela avec une touche de modernité dans ce classicisme, tant dans les dialogues, le rythme assez énergique, etc... Et puis il y est vraiment question de la condition de la femme, de l'évasion d'une origine sociale. Aucun ennui dans ces presque deux heures.
Les comédiens sont tous parfaits, avec une mention spéciale pour Benjamin Lavernhe, toute en retenue en premier valet de chambre. Johnny Depp fait le job, sans esbrouffe. On trouve Maïwenn sublime... ou agaçante avec ces "minauderies". Quant aux filles de Louis XV, elles passent pour de parfaites greluches écervelées ! L'étaient-elles à ce point ou Maïwenn s'est-elle amusée à quelque caricature ?
Et puis il y le romanesque, et le romantisme tragique de l'histoire dans l'Histoire... Jeanne du Barry et Louis XV s'aimaient vraiment, mais l'étiquette et les origines sociales de Jeanne du Barry ont laissé cette dernière au rang de "vulgaire maîtresse" du roi. Maïwenn filme très bien cela, c'est vraiment touchant, émouvant.
J'ai adoré le personnage peu conventionnel, plein de vie et de fantaisie, de Jeanne du Barry en pleine rigidité monarchique. Un esprit libre et bien vivant, dans un lieu mortifère, ça fait du bien.
Un très beau film donc, une plongée dans une époque coté "cour", comprendre côté doré... Une petite leçon d'Histoire, en surface, qui me suffit, que j'espère retenir !
Synopsis : Tridan Lagache a passé sa vie au Club Med, à changer d’amis tous les 8 jours. À 50 ans, il démissionne du club de vacances mexicain où il est né, bien décidé à retrouver, 42 ans plus tard, son grand amour d’enfance, Violette. Il débarque à Paris, naïf et perdu mais heureux d’être hébergé chez Louis, un demi-frère dont il ignorait l’existence. Pour se débarrasser d’un Tridan encombrant, Louis supplie une de ses conquêtes, Roxane, de se faire passer pour Violette que Tridan croit reconnaître au premier regard.
Mon humble avis : En tant que ch'ti, j'ai toujours plaisir à voir les films de Dany Boon, dans lequel je retrouve la mentalité de ma région. Bon Ok, dans sa filmographie, il y a du très bon et du moins bon. Avec "La vie pour de vrai", on revient dans l'excellence ! Tout est réussi dans ce film à mes yeux ! D'accord, cela reste une comédie familiale sans grande prétention, le genre de film que les critiques officielles aiment assassiner car pas assez intellectuel... Comme si le cinéma ne pouvait plus être plaisir et rire...
Car oui, qu'est-ce que j'ai ri, qu'est-ce ce je me suis esclaffée, qu'est-ce que je me suis bidonnée, réfrénant des fous rires ! Et je n'étais pas la seule, mais bien de concert avec la salle. Ce n'est pas bien compliqué, durant une heure trente, j'ai complètement oublié mon triste état médical actuel.
C'est un film gentil, bienveillant, qui donne la banane, fait du bien. On sait déjà que le duo Boon /Mérad fonctionne, on a plaisir à le retrouver ! Et l'atout charme Charlotte Gainsbourg frappe en plein coeur.
Les situations plus drôles les unes que les autres se suivent, sans lourdeur aucune. Il y a vraiment de belles trouvailles d'humour, avec ce personnage sorti de 50 ans de Club Med, et donc complètement inadapté à la vie. Mais à travers ce film, Dany Boon nous montre aussi le ridicule de la frénésie dans les grandes métropoles, et surtout, il invite quiconque non pas à se regarder différemment, mais à se regarder vraiment... Et de se parler. Simpliste pensez-vous ? Et bien non, car de plus en plus rare. Cela donne des scènes aussi cocasses que très touchantes et tellement vraies... Des petites leçons d'humanité toutes simples, de celles qui, si elles ne changent pas le monde, changent au moins la journée.
Une comédie diablement réussie à mes yeux, avec des dialogues aux petits oignons.
Merci Mr Boon, vous m'avez fait oublier ma vie actuelle de convalescente pendant 1h30 et m'avez montré que mon comportement social habituel n'est pas si ridicule et ne devrait pas être perçu comme inadapté !
Avec François Civil, Romain Duris, Vincent Cassel, Pio Marmaï, Eva Green, Lyna Khoudri
Synopsis : Du Louvre au Palais de Buckingham, des bas-fonds de Paris au siège de La Rochelle… dans un Royaume divisé par les guerres de religion et menacé d’invasion par l’Angleterre, une poignée d’hommes et de femmes vont croiser leurs épées et lier leur destin à celui de la France.
Mon humble avis : The job is done ! Le très bon divertissement est là, des décors somptueux, des costumes magnifiques, une interprétation impeccable avec un casting de rêve, de l'action, de l'humour juste ce qu'il faut. Une version bien rythmée et remise au goût du jour du célèbre roman de Dumas.
Dès le générique de début, je me suis dit ça commence bien, car un court texte nous rappelle la situation géopolitique de l'époque. Ensuite, l'histoire du collier de la Reine etc, on la connaît, on la suit avec plaisir et étrangement avec toujours autant de suspense (et oui, on tremble tout de même du fait que D'Artagnan puisse ne pas arriver à temps !!!).
Par contre, ce sera mon seul reproche sur ce film... Ce qui est autour des 3 mousquetaires et de cette affaire de collier reste assez nébuleux et pas très limpide à bien comprendre. On a du mal à saisir qui est qui dans les rôles secondaires (à part le roi et la reine évidemment), l'influence de ses personnages qui semblent éminents... De même, beaucoup de scènes sont tournées dans l'obscurité, et empêche peut-être de bien saisir les tenants et les aboutissements de celles-ci. Pour le spectateur qui voudrait comprendre dans le détail les histoires politiques qui se jouent, et bien sans scénario dans les mains, ce n'est pas évident.
Mais mine de rien, on ne peut être qu'admirative devant l'énorme travail et toute la mise en oeuvre exceptionnelle pour réaliser un film aussi ambitieux. Titanesque ! En fait, je me demande : depuis la naissance du projet de film à son aboutissement, tous métiers confondus, combien de personnes ont travaillé sur ce film !!! Ca doit être énorme !
Certaines scènes ont été tournées à St Malo. Pas facile de savoir lesquelles... je pense aux scènes nocturnes et pluvieuses ainsi que quelques unes diurnes dans des ruelles...
Avec Leïla Bekhti, Miou-Mioy, Gilles Lellouche, Dali Benssalah, Adèle Exarchopoulos, Elodie Bouchez, Fred Testot
Synopsis : Depuis 2014, en France, la Justice Restaurative propose à des personnes victimes et auteurs d’infraction de dialoguer dans des dispositifs sécurisés, encadrés par des professionnels et des bénévoles comme Judith, Fanny ou Michel.
Nassim, Issa, et Thomas, condamnés pour vols avec violence, Grégoire, Nawelle et Sabine, victimes de homejacking, de braquages et de vol à l'arraché, mais aussi Chloé, victime de viols incestueux, s’engagent tous dans des mesures de Justice Restaurative.
Mon humble avis : Depuis début 2023, j'ai plus de chance avec les choix de films que mes choix de lecture !
Ce film est à voir absolument. Bon, il n'est pas fun, pas divertissant, mais tellement instructif. C'est le genre de film qui ne s'arrête pas avec le générique de fin, mais qui poursuit son chemin de réflexion et de questionnement bien après...
J'ignorais tout à propos de la Justice Restaurative, même son existence. Jeanne Herry met en scène et filme parfaitement ce long processus. Parole est donnée aux victimes, et aux délinquants (ici vols avec violence, et un cas de viol incestueux)... Mais nous ne sommes pas dans un palais de justice, et point de témoignages cadrés mais ici sécurisés, ni de langage journalistique. Des mots, des vrais, pas calculés, sur l'instant.
C'est le coeur, l'âme, le cerveau qui s'expriment librement, dans un respect de quelques règles, mais dans des dialogues constructifs... Petite digression, on se prend à rêver que nos politiciens se comportent aussi bien que ces victimes qui rencontrent des bourreaux... Chacun demande le bâton de parole et ne s'exprime que quand il tient le bâton entre les mains. Personne ne coupe personne, les phrases vont jusqu'au bout... Ainsi, c'est clair, et constructif.
L'aspect inédit de cette justice restauratrice pour nous dans ce film, c'est qu'il donne aussi la parole aux coupables, ce qui permet au spectateur de comprendre leur fonctionnement, leur motivation, leur façon de penser... Sans évidemment les excuser. Mais cela permet à chacun, victimes, coupables et ici le spectateur, de faire un tour sur une rive inconnue, d'observer, d'écouter. Ce sont des vies ratées qui rencontrent des vies gâchées et vice et versa.
Les dialogues sont extrêmement soignés et percutants, ils clouent parfois aux sièges, car c'est là que se joue la tension du film. Car que ce soit du côté des victimes ou des agresseurs, on a affaire à des personnes à fleur de peau, sur le fil, avec qui mille précautions sont à prendre pour éviter explosion ou implosion.
Certaines phrases dites par les coupables font froid dans le dos... Certains se savent coupables mais ne se sentent pas responsables... Or, il y a une quinzaine d'années (ou plus ?) les hommes politiques liés au scandale du sang contaminé se déclaraient responsables mais pas coupables. Et l'on peut se demander à quel niveau de la hiérarchie sociale on peut être responsable et coupable à la fois... Mais ce qui est clair, c'est que l'on ne nait pas tous égaux au niveau de l'intelligence, de l'éducation, de l'empathie... même si ceci n'excuse pas cela. Chacun est censé être responsable de ses choix et de ses actes, ou enfermé en HP.
Mais ce film, inspiré de faits réels, prouve qu'une graine de solution existe... Et elle s'appelle le dialogue et l'écoute, qui mènent parfois à une prise de conscience réelle du mal qui a été fait et de ses conséquences multiples. Mais tout cela prend du temps, et nécessite du cas par cas, et nous sommes dans une société qui courre et ne peut pas s'offrir ce luxe du cas par cas.
Alors certes, la fin est peut-être trop "belle", trop "positive" pour être franchement réaliste, mais elle met une graine d'espoir dans une société désunie qui en manque sacrément. Et puis, on est tout de même dans une salle de cinéma, donc la réalisatrice nous montre des exemples où la justice restaurative réussit. On peut imaginer qu'il y a aussi des échecs.
Inutile de s'étendre sur les comédiens, ils sont juste tous parfaits, au diapason. Ils incarnent vraiment leurs personnages, on oublie que l'on a affaire à des comédiens. Quel casting hors-pair !
Et, je tiens à rendre hommage aux professionnels et aux bénévoles qui gèrent cette justice restauratrice, et qui vont ainsi au-devant de situations bien difficiles et délicates, mais qui, après un très long travail, aboutissent à des "soulagements" des victimes par la prise de conscience réelle du crime commis par les agresseurs. La reconstruction des victimes peut alors commencer.
Un film humaniste, proche du documentaire, d'une intelligence et d'une finesse exceptionnelles que je conseille donc très fortement... et qui n'est pas plombant, soit dit en passant, qui nous cloue à notre fauteuil, qui nous fait souvent retenir notre respiration...
Synopsis : Un soir d’ivresse, Pierre, écrivain explorateur, fait une chute de plusieurs étages. Cet accident le plonge dans un coma profond. Sur son lit d’hôpital, revenu à la vie, il se fait la promesse de traverser la France à pied du Mercantour au Cotentin. Un voyage unique et hors du temps à la rencontre de l'hyper-ruralité, de la beauté de la France et de la renaissance de soi.
Mon humble avis : C'est un beau film certes, mais j'en attendais un peu plus... Le rythme est lent, logique, on suit Sylvain Tesson pas à pas et donc à pied, mais les incessants flash-back sur l'accident, les temps qui l'ont précédé et suivi cassent un peu cette sérénité qui nous atteint. Plutôt que ces incursions citadines et souvent bruyantes, j'aurais préféré partager un peu plus des rencontres paysannes et locales que Tesson a dû faire en chemin.
Un film sur la reconstruction d'un homme au corps blessé, qui doit le réparer pour garder libre son âme vagabonde. On n'enferme pas Sylvain Tesson.
Les paysages traversés sont magnifiques... et vides... En sortant de la salle, je ne suis demandée pourquoi nous montrer une nature qui paraît aussi morte... A part un rapace à un moment, pas un animal sauvage, pas de pépiement d'oiseaux, alors que la solitude et la discrétion de Tesson ont certainement été propices à quelques rencontres sauvages.
Les réflexions sur notre époque, notre société, la solution de la fuite font mouche et l'on y reconnait bien le personnage Tesson quand on le connaît un peu via ses livres, ses apparitions télé, ou cinématographiques (CF la panthère des neiges).
Jean Dujardin fait bien le job, sobrement, dans un personnage épuré.
Il m'a semblé qu'à un moment, Sylvain Tesson fait une courte apparition en tant que figurant.
Mais cela reste un beau film sur la réparation, l'endurance, le courage. Un film qui montre aussi que la vie peut être gâchée par quelques instants de bêtise... Un film qui donnerait bien envie de prendre le temps, et de parcourir ces chemins noirs loin de toute cette agitation actuelle.
Synopsis : Après avoir raté le concours d’entrée en médecine, Léopold intègre par défaut l’école des sage-femmes en cachant la vérité à son entourage. Alors qu’il s’engage sans conviction dans ce milieu exclusivement féminin, sa rencontre avec Nathalie, sage-femme d’expérience au caractère passionné, va changer son regard sur cet univers fascinant et bouleverser ses certitudes.
Mon humble avis : J'ai adoré ce film qui m'a captivée, émue, bouleversée, donné le sourire, parfois le rire (mais ce n'est pas du tout l'objectif premier), m'a serré la gorge, m'a rebellée une fois de plus contre le système administratif français sclérosé et injuste, qui court à sa perte sous le poids des process (etc), et contre le connerie de certain de mes concitoyens ...
Sage homme est magnifique hommage aux femmes... Celles qui donnent la vie, celles qui font naître la vie, celles qui accompagnent, qui travaillent durent sans compter leurs heures malgré parfois le manque de moyen. C'est aussi un film qui montre que ce monde de femmes pourrait tout à fait être mixte.
Sage homme nous montre aussi le courage d'un jeune homme pour sortir de sa condition sociale, malgré le jugement de son environnement... Les potes qui le taclent, le père qui espère peut-être trop sans prendre conscience des conditions minimales nécessaire pour réussir. Et pour Léopold, devenir sage-femme dans le monde macho qui est le sien, et bien ce n'est pas facile ni à accepter, ni à avouer.
Sage homme, c'est avant tout la transmission du savoir, de la passion, de la conception humaine de son travail d'une génération à une autre. C'est l'apprentissage d'un métier, et pas n'importe lequel. Et cela devient, au delà du respect, une relation qui oscille entre tutoriat, admiration, et amitié.
Et ce que ce film nous dit avant tout, c'est que peu importe nos choix, peu importe l'orientation professionnelle (ou autre) pour laquelle on opte, ce qui compte avant tout, c'est l'engagement que l'on n'y met.
Un film magnifique, avec des scènes bouleversantes et quelques unes plus dures, et oui, dans une maternité, tout ne se passe pas toujours bien.
Karin Viard est une nouvelle fois grandiose, et Melvin Boomer nous touche beaucoup, dans l'évolution et le questionnement qui sont les siens tout au long du film. Et comme il émeut, notamment lorsqu'il lave son premier nouveau-né.
A voir ! Sauf peut-être, si l'on travail dans le milieu hospitalier /obstétrique et que l'on a besoin de se changer les idées !