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Publié le 20 Janvier 2026

Film de Jean-Paul Salomé

Avec Reda Kateb, Sara Giraudeau, Bastien Bouillon, Pierre Lottin

Synopsis : Jan Bojarski, jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei, meilleur flic de France.

Mon humble avis : Film inspiré de faits réels... dont je n'avais jamais entendu parler mais qui à l'époque ont fait grand bruit.

L'histoire d'un grand faussaire qui fit trembler la banque de France dans les années d'après-guerre. Il règne dans ce film une atmosphère qui oscille entre Arsène Lupin, et Simenon pour l'époque. Parce que ce faussaire, qui fabriqua et éparpilla l'équivalent de 5 millions d'Euros, on l'aime, même s'il est soi- disant le méchant de l'histoire. Parce qu'il est né bon, que c'est un homme bien, mais que la société française n'a pas voulu embaucher parce qu'il avait un nom polonais... Et là, on se dit que c'est tout de même dingue et malheureux que les institutions se privent des talents et des génies de telle personnes sous prétexte qu'elles ne rentrent pas dans les cases administratives. Quel gâchis... Et pas étonnant que ces personnes talentueuses se tournent vers la filouterie pour exercer leur art, puisqu'il s'agit là vraiment d'art, et de chef d'oeuvre. D'ailleurs, des années après la fin de ce trafic de fausse monnaie, des "vrais-faux" billets de Bojarski étaient vendus aux enchères chez Drouot pour des sommes astronomique...  Le talent, le don extraordinaire de Bojanski fut reconnu comme celui d'un grand peintre comme Cézanne... D'autant que Jan ( Ceslaw dans la vraie vie), était un ingénieur et inventeur de génie qui n'a jamais pu déposer ses brevets, pour cause de patronyme étranger.

On suit donc la vie de cet homme faussement ordinaire, et sa famille, sur presque une trentaine d'années.

Des millions de Francs passent sous nos yeux, mais l'homme mène une vie simple et discrète, même si le travail est énorme et le coupe de tout : de sa famille, de ses amis, d'une certaine réalité... Mais ce qui ressort, c'est que Bojanski n'a jamais fait cela pour devenir richissime... Seulement par abnégation totale par amour de l'art, du défi et de la perfection. Il y a vraiment un aspect Gentleman faussaire, comme on dit Gentleman Cambrioleur pour évoquer Arsène Lupin.

Dans le rôle du personnage titre, on retrouve l'excellent Reda Kateb qui met sobriété nuances et délicatesse dans son jeu d'acteur. Son épouse est interprétée par Sara Giraudeau, un rôle fait pour elle !

Un film intéressant et très agréable à suivre, qui fait regretter tous ces talents gâchés ou perdus pour raison purement administrative.

Une histoire hors du commun d'un anti héro simplement fascinant. A voir !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 21 Décembre 2025

Film documentaire de Vincent Munier, 

Avec Michel, Vincent et Simon Munier

Synopsis : Après La Panthère des neiges, Vincent Munier nous invite au coeur des forêts des Vosges. C’est ici qu’il a tout appris grâce à son père Michel, naturaliste, ayant passé sa vie à l’affut dans les bois. Il est l’heure pour eux de transmettre ce savoir à Simon, le fils de Vincent. Trois regards, trois générations, une même fascination pour la vie sauvage. Nous découvrirons avec eux cerfs, oiseaux rares, renards et lynx… et parfois, le battement d’ailes d’un animal légendaire : le Grand Tétras.

Mon humble avis : La sortie de ce film était pour moi un événement attendu... Et l'attente a été à la hauteur du spectacle.

Quel film magnifique, que d'images splendides de au plus près de la nature et de ceux qui la peuplent, le plus souvent discrètement, car fuyant la présence nuisible de l'Homme. Des scènes auxquelles je rêve d'assister par moi-même.... Mais pour cela, il me faudrait le courage de me lever très tôt, et une patience que je n'ai pas. Et puis aussi, mon manque de connaissances de la faune sauvage la faune sauvage me ferait sans doute faire des erreurs, et tomber alors dans le dérangement de l'animal. Etre invisible n'est pas donné à tout le monde, mais Munier et les siens savent le faire, pour notre plus grand plaisir et le bonheur de nos regards.

Que de bruits, de sons, de cris, de chants, de grattement qui appartiennent au vivant de la terre, pour la plus part pas si loin de chez moi pour qui sait écouter, et attendre pour entendre et voir, et que je ne (re)connais pas ! 

Et puis, dans l'épure de ce film, la beauté est aussi dans la transmission intergénérationnelle, dans un chalet à la lueur des bougies, ou dans un affût de branches en pleine fort.  Tout est magnifiquement filmé, jusqu'au visage du grand-père Munier, jusqu'au regard lumineux du petit fils.

Evidemment, il y a un message de préservation et de protection de la nature, d'alerte renouvelée face aux changement climatique, et la disparition de certaines espèces de nos contrées, voire même, d'extinction à l'échelle mondiale. Cette année, le Courlis à bec grêle a été officiellement déclaré disparu de la surface terrestre...

Si vous n'êtes pas contemplatifs, si vous aimez l'action, si Dame Nature ne vous parle pas, n'allez pas voir ce film. Ou plutôt si, allez y, vous vous reconnecterez ainsi peut-être à l'essentiel et découvrirez tout un univers... si près de chez vous.

Et moi, jalouse je suis du talent photographique extraordinaire de Vincent Munier !

 

C'est avec ce billet et ce film magnifique que l'année 2025 se clôture sur mon blog. Je vous retrouve début 2026 ! En attendant, je vous souhaite de bonnes vacances et de joyeuses fêtes de fin d'année.

 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 2 Décembre 2025

Film de Dominik Moll

Avec Léa Drucker, Guslagie Malanda, Mathilde Roehrich, Jonathan Turnbull

Synopsis : Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie, enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité... Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Mon humble avis : Un film inspiré de faits réels...  lors des manifestations des gilets jaunes à Paris en 2018...

Un film qui bouscule sacrément tant le collectif que l'individuel... Car même si l'injustice est criante, on ne sait plus quoi penser... Tant tout est la conséquence d'une accumulation de faits... Un peuple en colère, un gouvernement et des préfets dépassés, une police à bout de nerf, et aussi, une police désordonnée où ceux dont la mission est loin de l'ordre public se retrouve à devoir intervenir en manif, avec pour seule protection parfois, un casque de vélo acheté par l'agent chez Décathlon...  Et oui, c'est un film sur une société, une police, une justice, un système complet au bord de l'implosion.... Où la violence devient normalisée à tous les niveaux de la société, et qui s'enfonce dans une justice dysfonctionnelle et... à deux vitesses, suivant votre statut social...Avec au final, l'incompréhension de la famille de la victime.

Et ce qui est dingue, c'est que Dossier 137 est sorti sur les écrans la même semaine que le triste dixième anniversaire des attentats de Paris (Bataclan, Stade de France et Terrasse), où série TV, hommages officiels etc ont occupé les médias... Une semaine où on réapplaudit, comme à l'époque, certains des héros d'alors, les policiers de la B.R.I (entre autres) qui ont donné l'assaut au Bataclan... Et voilà que trois ans plus tard, quelques agents de la BRI se trouvent mêlé à une sale enquête de violences policières... Et la question se pose dans les couloirs de l'IGPN et des autorités... Peut-on accuser et salir les héros d'hier, même s'ils sont coupables. Et ces questions se posent dans la tête du spectateur en même temps : comment peut-on être héros un jour et bourreau le lendemain, peut on dire qu'il y a dans ce cas des circonstances atténuantes alors que des coups sont portés volontairement... Bref, ce film nous dit bien la difficulté et/ou l'hypocrisie de la justice. Là aussi, on peut débattre sur le fameux responsable mais pas coupable et vice et versa...  Il y a celui qui donne le coup et celui qui l'a amené dans cette situation ? Dans ce chaos, qui est coupable là-dedans, qui est responsable... 

Bref, ce film surfe sur la zone grise loin de tout manichéisme. Il pose des questions qui vont au-delà des apparences, des questions qui hantent longtemps après la séance parce qu'en fait, entre la loi, nos idéaux, nos valeurs, notre révolte, notre empathie XXL pour la victime, le contexte et bien on se retrouve bien en peine d'avoir une opinion précise, malgré notre écoeurement pour le système... On se retrouve bien démuni ou indécis.

Un film civilisationnel, nécessaire et méticuleux, sous tension, passionnant à suivre, qui tient en haleine, à voir absolument. D'autant qu'il est magistralement porté par la trop rare Léa Drucker et qu'il est filmé sobrement au plus proche de la réalité... un petit détail pour détendre l'atmosphère, petit détail que j'ai tout de même remarqué et apprécié... pour une fois, l'enquêtrice vit dans un appartement normal, avec du bordel du quotidien normal, du linge qui sèche etc... On est loin des maisons témoins ou autres lofts que le cinéma nous sert pour donner une image glamour...

Un des meilleurs films de l'année je pense, aux propos d'une fine intelligence et de nuance sur un sujet explosif, et l'importance de l'image pour résoudre une équation insolvable. Et une immersion très intéressante dans l'univers et la mission de l'IGPN. 

 

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 20 Novembre 2025

Film d'Isabelle Carré

Avec Isabelle Carré, Tessa Dumond Janot, Alex Luth, Mélissa Boros

Synopsis : Élisabeth, comédienne, anime des ateliers d’écriture à l’hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l’a sauvée.

Mon humble avis : Ce film est librement inspiré du roman éponyme d'Isabelle Carré, lui-même inspiré de son internement pour tentative de suicide lorsqu'elle avait quatorze ans.

L'actrice anime des ateliers à l'hôpital avec des ado internés... Et dès qu'elle les rencontre, elle leur avoue être passée par là... Et voilà que les trois-quarts du film deviennent un flash-back dans les années 80, avec les événements qui ont abouti au désespoir d'Elisabeth (une trahison amoureuse et des parents dysfonctionnels), son geste et son internement... On sait que la psychiatrie est le parent pauvre de la médecine actuelle, et que c'est encore pire pour la pédopsychiatrie. Manque de soins, de structures adaptées et de soignants sont mis en avant dans le film avec des statistiques finaux, qui juste avant le générique de fin, donnent froid dans le dos... La jeunesse actuelle va mal. Cette dénonciation est nécessaire.

En tout cela, le film est louable et nécessaire, franc tout en restant pudique. Il montre aussi qu'il existe des issues lumineuses et durables à ses passages noirs et que, notamment, la créativité, l'art, la musique, la lecture, le théâtre, aident à se comprendre, à comprendre le monde qui nous entoure, à se reconstruire, à vivre, pour ensuite partager son expérience.

Les comédiens sont tous bien en place, des plus jeunes aux plus expérimentés et le film évite les écueils du pathos sans pour autant nous laisser de glace, bien au contraire. Alors pourquoi seulement trois pattes de chats ? Et bien parce que je m'interroge sur le montage du film et son objectif... Démontrer les manquements de la pédopsychiatrie en France actuellement en prenant pour exemple un cas bien précis datant des années 80.... Je ne suis pas sûre que cela soit très représentatif. A part la distribution de médicaments, il n'est nullement question de soin, de thérapie, de dialogues avec les soignants sur le mal être qui a conduit les jeunes entre ces murs.

Enfin, nous assistons à très peu, trop peu d'échanges entre Elisabeth et les jeunes de l'atelier, et je pense que c'est cela qui aurait plus mérité d'être montré. On assiste d'un seul coup à l'interprétation d'un slam écrit par les jeunes patients sans avoir participé nous-mêmes à l'élaboration du texte qui aurait pu être le témoin d'une évolution chez chacun d'eux. Si dans le film les jeunes contemporains avaient eu l'occasion d'exprimer les raisons de leur mal-être, il eut été intéressant, pour moi, de les comparer avec celles des années 80 et tenter de déceler pourquoi la jeunesse se porte de plus en plus mal au niveau mental pour pouvoir y ébaucher un remède préventif.

Mais l'ensemble reste délicat, à l'image de sa réalisatrice. Et l'objectif du film est tout à fait louable et de plus en plus d'actualité.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 10 Novembre 2025

Film de Jérôme Commandeur

Avec Jérôme Commandeur, Vanessa Paradis, Laurent Laffite, François Damien, Olivia Coste

Synopsis : Suite à un événement aussi loufoque que tragique, quatre anciens lycéens cabossés se télescopent et font face à leur passé. La force du groupe suffira-t-elle à les remettre droits ?

Véritable déclaration d’amour aux années 90, T’AS PAS CHANGÉ dresse le portrait hilarant et grinçant de ces quinquas que des retrouvailles vont bouleverser à jamais…

Mon humble avis : Alors, quand le synopsis dit "Hilarant" je dis stop... Ce film n'est pas hilarant, même si les réparties sont extrêmement bien senties et écrites. Grinçant ça oui, je confirme. On rit de temps et en temps, mais c'est en fait surtout l'émotion qui prime.

Le film est inégal, au début on a parfois l'impression de pédaler dans le yaourt, et puis on s'éprend de ces maladresses car on sent très fort les bonnes intentions de Jérôme Commandeur et l'importance qu'ont pour lui ce film et ce qu'il veut y dire et l'amour qu'il a pour ses personnages.

Je pense que ce film peut parler à tous, au présent comme au passé... je m'explique... Dans une salle de classe, il y a toujours (et c'est hélas de plus en plus prégnant avec l'usage des réseaux sociaux), des maltraités et des maltraitants à travers le harcèlement scolaire à une époque de la vie où les hormones chatouillent, où chacun voudrait ressembler à l'autre, ou personne ne veut être mis de côté, où l'importance est de trouver sa place. Les harceleurs d'aujourd'hui pourront y constater les dégâts de leurs actes sur le long terme et leur crétinerie leur sera renvoyée en pleine tronche. Les harcelés d'hier et d'aujourd'hui trouveront peut-être un réconfort, puisque ce film montre bien la stupidité et la méchanceté gratuite des harceleurs, qui ne sont en fait ni plus heureux ni mieux dans leur peau que les autres. Ce film montre parfaitement le pathétisme des harceleurs et finalement le sentiment de solitude de tout le monde.

Et T'as pas changé montre aussi que l'on n'est pas forcément les seuls à ne pas avoir mené la vie qu'on envisageait ou qui semblait nous être promise. Que sur une classe de 30, peu peuvent se targuer d'avoir réussi sa vie sur tous les plans.

C'est aussi un film sur la réconciliation... Celle entre les belligérants de l'époque, et celle avec ce que nous étions... Car les harcelés comprennent bien qu'ils n'y étaient pour rien et que leur harceleurs étaient juste de gros connards qui se sentaient supérieurs, et qui n'ont pas forcément mieux réussi dans la vie. Et les harceleurs réalisent la bêtise vaine de leur comportement d'alors et peuvent se racheter, s'en excuser... Par des petits ou grands gestes, une parole, une attention. Une fin qui réchauffe le coeur, qui fait du bien.

A mes yeux, le personnage le plus fort de ce film, celui qui crève l'écran, c'est le petit bout de femme qu'est Vanessa Paradis au milieu de ces 3 mecs. Elle est classe, lumineuse, drôle ou bouleversante suivant les moments... mais toujours intense.

A voir donc !

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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Publié le 31 Octobre 2025

Film de Thierry Klifa

Avec Isabelle Hupper, Marina Foïs, Laurent Laffite, Raphaël Personnaz

Synopsis : La femme la plus riche du monde : sa beauté, son intelligence, son pouvoir. Un écrivain photographe : son ambition, son insolence, sa folie. Le coup de foudre qui les emporte. Une héritière méfiante qui se bat pour être aimée. Un majordome aux aguets qui en sait plus qu’il ne dit. Des secrets de famille. Des donations astronomiques. Une guerre où tous les coups sont permis.

Mon humble avis : Je suis allée voir ce film à l'aveugle, il y a plusieurs semaines, en avant- première. Donc avant toute promotion médiatique. Et il ne faut pas longtemps, même sans avoir lu le synopsis, pour comprendre que l'on nous raconte dans ce film, librement, une partie de la vie de la famille Bettencourt (alias L'oréal parce que je le vaux bien)... Liliane B devient ici Marianne... Mais le reste y est, entre les conflits familiaux à retentissement médiatique, entreprise de cosmétiques, et pognon à ne plus savoir quoi en faire... Mais aussi, une lassitude, une forme d'ennui dans une vie terne et finalement solitaire... Qui de mieux qu'Isabelle Hupper pour camper cet impérial personnage ? Personne je pense. Jusqu'à ce que débarque Fantin, un journaliste photographe fantaisiste, survolté et qui ose tout... Et là, surprise, c'est Laurent Laffite, qui fut de la Comédie Française, qui s'y colle... franchement bien, un rôle étonnant dans sa filmographie, même si personnage absolument détestable, vaniteux et grossier, on devine qu'il a du bien se marrer à l'interpréter. Entre les deux, il y a Marina Foïs et Raphaël Personnaz, le calme entre les tempêtes, mais de tempérament orageux qui ne demande qu'à éclater.

Même si le fond est sérieux (argent, emprise, désamour etc) on se délecte de la drôlerie audacieuse de certaines scènes et de l'impertinence savoureuse de nombre de répliques. Les dialogues tantôt grinçants, tantôt bouffons, sont vraiment excellents.

Dans la réalisation, il y a un aspect assez théâtral... Oui, je verrai bien une pièce du même titre au théâtre puisque quasiment tout est en intérieur (luxueux)... Et les emphases du personnage Fantin se déclameraient parfaitement bien dans une salle à l'acoustique étudié.

On pourrait craindre le sujet... Encore des riches qui se ... Sauf que la richesse reste toujours un mystère attirant pour le spectateur lambda... Et que finalement, il reste des sujets assez universels qui n'attendent pas le nombre de zéro sur un compte en banque pour toucher tout le monde... Et le plus connu de tous est "l'argent ne fait pas le bonheur... même s'il y contribue". La femme la plus riche du monde reste un film populaire, qui s'adresse vraiment à tous. Et l'analyse du processus d'emprise, et de ses conséquences notamment sur l'entourage, est tout à fait digne d'intérêt

Un film caustique bien réussi, qui évite parfaitement les écueils où il aurait pu s'échouer... Au contraire, il nous embarque bien pour une séance de rire bienvenue

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 22 Octobre 2025

Film de Cédric Jimenez

Avec Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulous, Roman Duris, Artus

Synopsis : Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia et Zem, deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.

Mon humble avis : Le film de Cédric Jimenez est librement adapté du roman éponyme de Laurent Gaudé.

Librement, ce qui signifie avec pas mal de différences... Nous voilà à Paris et non plus en Grèce et le contexte de l'histoire est bien moins complexe et fouillé que dans le livre. Il y a comme une simplification sans doute pour que le tout soit réalisable dans un film de moins de deux heures. Concentration sur le sujet des zones et de l'IA. Forget le dôme protecteur, forget le pays privatisé, forget les vols d'implants médicaux etc... Dommage tout de même car ce sont les ingrédients qui, à mes yeux, rendaient ce récit particulièrement intéressant et surtout original... Car j'ai déjà l'impression que les films traitant de l'IA sont déjà pléthores et nous disent déjà un peu tous la même chose. La fin me semble aussi différente, puisque Laurent Gaudé a publié la suite, Zem, fin août dernier pour cette rentrée littéraire.

Mais que l'on ne s'y trompe pas, j'ai passé un très bon moment de cinéma avec Chien 51. Ceux qui n'ont pas lu l'ouvrage de Gaudé trouveront néanmoins dans ce film un bon thriller dystopique divertissant, rondement mené et avec un casting de première classe ! Le spectacle, les effets visuels et le suspense sont garantis. Chien 51 coche toutes les cases de ce genre cinématographique, donc à ne pas bouder !

L'avis de Pascale

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 29 Septembre 2025

Film de Marie-Hélène Roux

Avec Isaach de Bankolé, Vincent Macaigne, Manon Bresch

Synopsis : Interdit - 12 ans avec avertissement

Certains combats peuvent changer le cours de l'histoire. Denis Mukwege, médecin congolais et futur Prix Nobel de la paix, soigne — au péril de sa vie — des milliers de femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo. Sa rencontre avec Guy Cadière, chirurgien belge, va redonner un souffle à son engagement.

Mon humble avis : Le cinéma comme moyen de communication. Le cinéma comme moyen de témoignage, d'information, d'interpellation. Le cinéma comme appel au secours, à la mobilisation de chacun(e), et de l'Etat et de tous pays....

Et c'est en état de sidération que l'on regarde ce film, qui je pense a pour moi été le plus dur des films à voir. Parce que la violence psychologique et physique (même si cette dernière est plus suggérée que réellement montrée) est insupportable, intolérable.... Et pourtant, tellement vraie, puisque ce film est inspiré de faits réels et de la vie du gynécologue Congolais Denis Mukwege, devenu depuis, en 2018, Prix Nobel de la Paix. Et pourtant, depuis 2011- 2012, le monde entier est au courant de ces viols par centaines de milliers sur une décennie, l'ONU est présente, mais rien ne change. Parce... dans nos téléphones portables, il y a du Coltan, et que le Coltan est extrait au Congo Kinshasa, et que pour faire fuir les villageois pour pouvoir exploiter le Coltan du sol... L'arme de guerre est le viol des femmes et des fillettes et leurs mutilations sexuelles dans des proportions que l'on n'imagine pas. Et au milieu de ce chaos, il y a le docteur Mukwege et ses collègues qui tentent comme ils peuvent de réparer physiquement et psychologiquement ces femmes meurtries. Mukwege est ensuite rejoint quelques semaines par le chirurgien belge Cardière, sa fille et une autre médecin. Cardière a inventé une technique opératoire permettant de "réparer" l'appareil génital des femmes sans ouvrir le ventre, et donc en évitant toutes les complications possibles.

Je n'irai pas dans les détails du film... Est-il bien filmé etc ... Ce serait indécent... Quand je lis les critiques de certains magazines ou journaux (L'obs, Nice Matin, Les fiches du cinéma...) j'ai honte... Car c'est un film coup de poing qui vient nous remuer dans notre petit confort, un film éprouvant mais nécessaire, un film qui témoigne de la non vie de ces femmes qui sont pourtant pour la plupart, bien résilientes. C'est un film courageux sur deux hommes (et leur équipe) courageux, et sur des femmes bouleversantes et ô combien courageuses. Aller critiquer de la sorte un tel film, mais qu'est-ce que c'est petit. Qu'est-ce qu'on s'en fout de savoir si la caméra était bien placée, si le jeu de telle femme sur son lit d'hôpital est bon !

Parce que ce film, on le regarde en apnée, en tremblant, en pleurant sur la violence du monde et de l'Homme, en étant heureuse d'être Française, en ayant honte du comportement de nos politiques alors qu'ils se passent des choses inhumaines de par le monde et de plus en plus aussi par chez nous.

Par contre, on ne peut que saluer la performance d'Isaac de Bankolé dans le rôle du médecin Prix Nobel de la paix et l'intelligence d'avoir enfin donner à Vincent Macaigne un rôle fort, loin, bien loin des abrutis décalés dans lequel on a l'habitude de le voir. Et c'est une vraie réussite.

Le journal "Le monde" dit que ce film a quelque chose de choral et que peu de personnages en ressortent. Je ne suis pas du tout d'accord. Car j'ai bien l'impression que le visage de ces femmes, leurs mots, leurs douleurs vont me hanter bien longtemps.

Je ne sais pas si vous connaissez l'engagement humanitaire d'Angelina Jolie, mais sachez qu'elle est productrice du film...

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 25 Septembre 2025

Film de Yann Gozlan

Avec Cécile de France, Lars Mikkelson, Anne Mouglalis, Mylène Farmer (voix)

Synopsis : Clarissa, romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway, son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire. Mais peu à peu, Clarissa éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes. Menace réelle ou délire paranoïaque ?

Mon humble avis : Tout comme je suis friande du genre "anticipation" en littérature, il en est de même au cinéma. Nous sommes ici dans sans doute pas très longtemps... Car les prémices de ce qui est dénoncé dans ce film sont déjà présents à notre époque...  Pandémie (genre covid) et tests, couvres feux mais diurnes pour cause de canicule, monde ultra connecté, surveillance, complotisme, Intelligence Artificielle, remplacement de l'homme par la machine, jusque dans les arts... Les arts où l'on n'imagine pas la capacité de l'IA à intervenir, faute de connaissance et de ressenti des émotions... Oui mais... vu tout ce que l'on confit plus ou moins volontairement de notre vie au virtuel, on peut imaginer que l'IA puisse en apprendre beaucoup, beaucoup sur l'humain et finir par le comprendre et donc... le remplacer.

Je ne le savais pas avant d'aller voir le film, mais celui-ci est une libre adaptation du roman "Les fleurs de l'ombre" de Tatiana de Rosnay, que j'aurais dû lire, car sûr que le roman m'aurait aussi embarqué !

Le spectateur oscille sans cesse avec la conviction qu'il a affaire à une histoire à la "Big brother is watching you", pour ensuite pencher plutôt pour la paranoïa de l'héroïne, et passant par le sentiment de manipulation. Et s'il y avait un peu de tout cela dans ce film ? Ce qui est accentué par une mise en scène subjective et immersive, au plus près de Clarissa et de son environnement telle qu'elle le voit, puis tel qu'une personne lambda pourrait le voir. Chacun se fera sa propre idée. A noter que l'esthétique du film est particulièrement réussi, dans l'aspect froid d'un lieu malgré une chaleur étouffante par exemple.

Ce qui est clair, c'est que Dalloway démontre à tel point nous sommes déjà addictes et dépendants de l'IA sitôt nos limites atteintes. Et le plus dérangeant, c'est que cette dépendance devient aussi affective dans la solitude... L'IA écoute, l'IA réponds, l'IA ne juge pas.... L'IA devient la confidente invisible... mais qui enregistre tout... C'est toute l'ambiguïté et la complexité du sujet IA qui est ici le sujet presque principal.

Cécile de France est une fois de plus bluffante et nous embarque dans son vertige et ses angoisses.  Quant à la participation de Mylène Farmer à ce film, elle est la voix de l'IA Dalloway, pour moi, cela reste anecdotique et plutôt argument marketing / promo.

Un thriller psychologique parfaitement mené, angoissant à souhait, au suspense qui va crescendo pour notre plus grand plaisir.... Car voilà un film qui pose de bonnes questions tout en restant distrayant. Un film qui partage, contrairement à d'autres qui restent dans l'entre-soi.

Une chose est sûre, quand on rentre chez soi après la séance, on est bien tenté de débrancher tout ce qui peut l'être chez nous, de couper la Wi fi, le portable etc...

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Rédigé par Géraldine

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Publié le 23 Septembre 2025

Film d'Emmanuel Poulain-Arnaud

Avec Audrey Fleurot, Dany Boon, Ewan Bourdelles, Nicolas Marié, Amalia Blasco

Synopsis : Chris et Antoine ont bien du mal à s’entendre depuis leur divorce. Mais, lorsqu’on leur annonce que leur fils de 16 ans est atteint d’une maladie rare, qui va lui faire perdre la vue, ils s’efforcent de mettre leurs rancœurs de côté. Les ex-conjoints embarquent leur fils pour des vacances inoubliables, bien décidés à lui offrir ses plus beaux souvenirs.

 

Mon humble avis : Un film sympathique et touchant faute d'être totalement bouleversant, ce qu'il aurait pu être avec un tel sujet. On peut saluer le fait que le film ne soit pas "tire larmes", que le pathos est évité. Mais le film peine à trouver un équilibre. Dommage qu'un des personnages secondaires (la nouvelle compagne d'Antoine) soit aussi grotesque, d'un comique lourdingue qui n'a rien à faire dans le film et qui du coup, exaspère. Sans cette fameuse Isabelle, véritable caillou dans la chaussure, Regarde aurait gagné dans le style "doux amer".

Mais l'on suit avec plaisir l'histoire de cette famille éclatée qui tente de se réunir autour du fils promis très vite à la cécité. D'ailleurs, les passages entre Milo et son grand-père sont vraiment savoureux. Les prises de vue sont superbes : La côte Landaise avec ces maisons en bord de plage à l'heure jaune, avec cette impression de bout du monde déserté et hors tu temps, les magnifiques scènes de surf et les gigantesques vagues océaniques sont très bien filmées. A noter : le film a justement été tournée dans les landes là où se pratique le handi-surf pour personnes malvoyantes.

Malgré la maladie, Milo garde un aspect insouciant pour profiter de ses priorités d'adolescent : Le sport, les copains, les premières amours.

Le couple Feurot /Boon fonctionne bien, même s'il va me falloir du temps, j'ai l'impression, pour oublier de voir Morgane (HPI) dès que je vois Audrey. Mais le couple prend parfois trop de place au détriment du jeune Milo, parfois refoulé en rôle secondaire, alors qu'il aurait dû être le personnage principal. D'ailleurs, saluons le casting jeunesse, car Ewan Bourdelles et Amalia Blasco sont vraiment convaincants (Amalia est particulièrement lumineuse) et donnent envie de les revoir sur grand écran.

Bref, le film est agréable mais il y manque un gros quelque chose (que je suis incapable de préciser) pour un faire un excellent film de cinéma. Là, je dirai qu'on est plus dans le bon téléfilm.

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Rédigé par Géraldine

Publié dans #Cinéma Français

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