DALLOWAY, film de Yann GOZLAN
Publié le 25 Septembre 2025
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Film de Yann Gozlan
Avec Cécile de France, Lars Mikkelson, Anne Mouglalis, Mylène Farmer (voix)
Synopsis : Clarissa, romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway, son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire. Mais peu à peu, Clarissa éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes. Menace réelle ou délire paranoïaque ?
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Mon humble avis : Tout comme je suis friande du genre "anticipation" en littérature, il en est de même au cinéma. Nous sommes ici dans sans doute pas très longtemps... Car les prémices de ce qui est dénoncé dans ce film sont déjà présents à notre époque... Pandémie (genre covid) et tests, couvres feux mais diurnes pour cause de canicule, monde ultra connecté, surveillance, complotisme, Intelligence Artificielle, remplacement de l'homme par la machine, jusque dans les arts... Les arts où l'on n'imagine pas la capacité de l'IA à intervenir, faute de connaissance et de ressenti des émotions... Oui mais... vu tout ce que l'on confit plus ou moins volontairement de notre vie au virtuel, on peut imaginer que l'IA puisse en apprendre beaucoup, beaucoup sur l'humain et finir par le comprendre et donc... le remplacer.
Je ne le savais pas avant d'aller voir le film, mais celui-ci est une libre adaptation du roman "Les fleurs de l'ombre" de Tatiana de Rosnay, que j'aurais dû lire, car sûr que le roman m'aurait aussi embarqué !
Le spectateur oscille sans cesse avec la conviction qu'il a affaire à une histoire à la "Big brother is watching you", pour ensuite pencher plutôt pour la paranoïa de l'héroïne, et passant par le sentiment de manipulation. Et s'il y avait un peu de tout cela dans ce film ? Ce qui est accentué par une mise en scène subjective et immersive, au plus près de Clarissa et de son environnement telle qu'elle le voit, puis tel qu'une personne lambda pourrait le voir. Chacun se fera sa propre idée. A noter que l'esthétique du film est particulièrement réussi, dans l'aspect froid d'un lieu malgré une chaleur étouffante par exemple.
Ce qui est clair, c'est que Dalloway démontre à tel point nous sommes déjà addictes et dépendants de l'IA sitôt nos limites atteintes. Et le plus dérangeant, c'est que cette dépendance devient aussi affective dans la solitude... L'IA écoute, l'IA réponds, l'IA ne juge pas.... L'IA devient la confidente invisible... mais qui enregistre tout... C'est toute l'ambiguïté et la complexité du sujet IA qui est ici le sujet presque principal.
Cécile de France est une fois de plus bluffante et nous embarque dans son vertige et ses angoisses. Quant à la participation de Mylène Farmer à ce film, elle est la voix de l'IA Dalloway, pour moi, cela reste anecdotique et plutôt argument marketing / promo.
Un thriller psychologique parfaitement mené, angoissant à souhait, au suspense qui va crescendo pour notre plus grand plaisir.... Car voilà un film qui pose de bonnes questions tout en restant distrayant. Un film qui partage, contrairement à d'autres qui restent dans l'entre-soi.
Une chose est sûre, quand on rentre chez soi après la séance, on est bien tenté de débrancher tout ce qui peut l'être chez nous, de couper la Wi fi, le portable etc...
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