TANT MIEUX, d'Amélie NOTHOMB
Publié le 27 Septembre 2025
Roman - Editions Albin Michel - 216 pages - 19 €
Parution le 20 août 2025 : Rentrée littéraire
Mon pitch : "Tant mieux (la version joyeuse du sang froid) est le leitmotiv d'Adrienne, 4 ans , et lui permet de survivre à un été chez sa sorcière de grand-mère qui ne lui épargne aucun sévice. Nous sommes en 1942 à Bruxelles... Autour, la 2ème Guerre Mondiale fait rage...
De retour chez elle, Adrienne retrouve son aînée et ses parents qui forment un couple dysfonctionnel.... malgré tout, elle protège sa mère, et fait tout pour que personne ne la soupçonne des multiples disparitions de chats dans le quartier.
Adrienne était la Maman d'Amélie Nothomb.
Tentation : Mon Nothomb annuel !
Fournisseur : La bib de St Lunaire
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Mon humble avis : Depuis quelques années, les romans d'Amélie Nothomb me laissaient d'humeur chafouine et déçue... Cela traduisait même un certain désamour, car à cela, s'ajoutait ma lassitude de ses interviews menées par des journalistes qui posent les mêmes questions depuis 20 ans...
Aussi, étant plutôt fauchée et mes étagères remplies menaçant de devenir qu'un lieu de collection des romans de l'écrivaine à chapeau, cette année, pour la première fois depuis plus de 20 ans, je me suis dit : "je n'achète pas, je prends en bib"... Voilà qui est fait et c'est ballot, car cette année, j'aurais bien gardé ce livre chez moi, car il est à mes yeux de très bon cru.
Certes, il est une fois de plus question de la famille de l'autrice... Mais cette fois ci, c'est la figure maternelle qu'explore l'autrice, quelque temps le décès de sa mère. Et elle réutilise un procédé qu'elle manie à merveille : la forme du conte. On retrouve donc des personnages fort en couleur, en symbolique, en caractère et les situations à priori ubuesques auxquels Amélie Nothomb nous a déjà habitués... Mais derrière ses prénoms d'emprunts, se cachent les parents, grands-parents, tantes de l'autrice... Et ces situations qui oscillent entre incroyables et inhumaines ont pour la plupart été vécues par ces derniers dans un environnement familial très toxique, où plane l'ombre d'une certaine folie. Et là les lecteurs que nous sommes ce disent, stupéfiés : comme il y a des gens vraiment mauvais et complètement barrés sur terre... Et comment se construire sur de telles fondations ? Déjà avec Premiers sang, on trouvait la famille du père d'Amélie Nothomb bien assaisonnée. Ici c'est de la famille de la mère dont il est question, jusqu'à la rencontre avec le père, le mariage et des décennies d'amour. La famille maternelle n'a pas grand-chose à envier à celle des Nothomb et il est hallucinant de découvrir ce bagage familial si lourd au fil des générations.
Le dernier quart du roman change du tout au tout... Fini le conte et les personnages plus ou moins farfelus, ces non amours ou mauvais amour etc... Là, c'est Amélie qui "reprend" les rênes du récit et sans qu'il n'y ait plus forme de conte, de roman ou même d'un récit strictement organisé, Amélie se confie sur sa Maman, telle qu'elle était, sur leur amour, sur leur relation, sur son départ, sur son absence... Sans aucune esbrouffe, d'un ton d'un parfait naturel, presque verbal, sans filtre, comme si nous étions attablés avec elle dans un lieu calme et feutré, à discuter ensemble de nos relations avec nos mères et non plus dans un livre. Et là, Amélie m'a sacrément chamboulée après ce conte qui procure autant de rire que d'effroi à son lecteur. Bref, j'ai retrouvé dans ce texte ce que je cherche quand j'ouvre un roman d'Amélie Nothomb, avec des personnages dont certaines souffrances, problématiques, situations, pensées, réactions peuvent ou pourrait être miennes, et j'ai pu alors redéployer ma totale empathie pour eux, qui étaient des bouts de moi, toute proportion gardée évidemment.
A mes yeux, Amélie is back !
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